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Verchain’s Justice : The O’Bannon Trial – Episode 3

Ed O’Bannon vs. The NCAA. The Trial. Episode 3. Les compte-rendus d’audience. Sauce Verchain. Avec beaucoup de virgules, de parenthèses et de points de suspension…

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Bonjour à toutes. Oui, à tous aussi. Votre ami Verchain, le gars qui parle de lui à la troisième personne et aime à se coltiner pour The Blue Pennant tous les –vrais- scandales du football universitaire (s’il devait faire la revue des arrestations et des exclusions de joueurs, il y passerait ses journées) et leurs répercussions judiciaires, s’est porté volontaire pour vous retranscrire, de manière la plus simple possible et en mettant les choses en perspective lorsque nécessaire, les différentes phases du procès présenté par certains comme le plus important de l’histoire du sport (rien que ça…) : Ed O’Bannon vs. The NCAA.

En direct live différé d’Oakland, California, voici donc les compte-rendus d’audience. Sauce Verchain. Avec beaucoup de virgules, de parenthèses et de points de suspension…

Dans les épisodes précédents, on a encore et toujours tourné autour des mêmes éléments… Les étudiants-athlètes sont-ils d’abord des étudiants ou des athlètes ? That is the question…

Day Seven

Avocat échaudé craint l’eau froide. En vertu de ce vieil adage, les avocats de la NCAA se sont contentés de quelques formalités avant d’expédier Morticia hors de ma vue. Juste le temps de faire préciser à la professeur de Drexel que, selon elle, les étudiants-athlètes hors de la Division 1 de basket de Division FBS en football n’étaient pas concernés par son acception que lesdits joueurs consacraient un temps fou à leur sport… L’avocat de la NCAA Luis Li était revenu à de meilleures disposition de la veille et a finalement mis en doute le témoignage de Morticia en produisant des données de la NCAA qui indiquent que les joueurs de Division 2, Division 3 ou d’autres sports consacrent autant de temps que les footballeurs ou les basketteurs à leur sport… Et même que les joueurs de baseball en consacrent plus, en Division 1. Et pour contrer l’argument des taux de réussite aux diplômes, Li a sorti des données montrant une amélioration des taux de réussite des étudiants-athlètes supérieurs en 2006 que ce qu’ils étaient dans les années 80. Morticia est mortifiée.

La place était donc laissée à Chris Plonsky.

Miss Plonsky est la Director of Athletics à Texas, pour la section féminine. Citée par la NCAA en sa qualité d’experte en sports universitaire pour appuyer le fait que les règles empêchant la rémunération des étudiants-athlètes permet l’imbrication du sport et des études. Chris est également responsable du marketing et de la communication pour l’ensemble du département des sports des Longhorns. Au cours de son témoignage, elle a affirmé que les coaches à Texas recevaient la consigne de recruter des joueurs qui étaient ‘sérieux dans leurs études’ qui pourraient ‘avoir leur diplôme en poche lorsque leur éligibilité serait terminée’ et que les étudiants-athlètes ne progressaient pas dans leurs années d’étude au bénéfice de leur statut mais qu’ils devaient ‘tracer leur chemin vers un diplôme’.

Elle a ajouté que rémunérer les basketteurs et footballeurs créerait une fracture au sein de la population des étudiants-athlètes et des étudiants en général. Interrogée sur la possibilité de mettre en place une rémunération des étudiants-athlètes, Plonsky a affirmé que l’Université du Texas pencherait pour refuser cela et qu’elle refuserait la professionnalisation des sports universitaires.

En cela, elle confirmait un point évoqué dans les discussions préparatoires par la NCAA : plusieurs universités seraient dans le même cas que Texas.

Les plaignants attendaient le contre-interrogatoire avec impatience. Ils avaient en effet quelques documents à produire. Notamment un email de Plonsky, daté de 2009, adressé à Mike Beeby, alors comissionner de la Big 12, indiquant au sujet de la plainte O’Bannon que cette plainte était ‘le résultat d’une impression de droit créée par notre politique de négociation des droits télé, et que (les plaignants) menaçaient les carrières des joueurs d’aujourd’hui en voulant récupérer de l’argent pour leurs carrières aujourd’hui terminées’. ‘A partir de là, pourquoi ne pas imaginer qu’ils (les plaignants et les joueurs actuels) viennent réclamer une part de nos recettes télévisées’.

Un autre e-mail émanant de Elizabeth Altmeier, ancienne représentante d’Iowa dans le groupe de travail commercial de la Big 12, a été produit. Lizzy affirmait qu’il fallait envisager de donner une partie des droits merchandising aux étudiants-athlètes. Ce à quoi, dans un autre email, Graham Spanier, alors président de Penn State et responsable du groupe de travail, indiquait au président de la NCAA d’alors David Berst, qu’il ne reprendrait ‘jamais cette idée dans le rapport final du groupe de travail’, et ne le mentionnerait même pas.

Au sortir de la salle de Judge Claudia, les avocats des plaignants étaient plutôt contents de leurs effets, allant jusqu’à affirmer que Ponsky était ‘un de leurs témoins’…

Day Eight

La journée d’audience a commencé avec un témoin de la NCAA, le prix Nobel d’économie James Heckman qui est venu affirmer que les assertions des plaignants sur l’absence d’intégration études et sport ainsi que sur les faibles taux de diplômes des étudiants-athlètes sont totalement fausses. Et particulièrement pour les étudiants-athlètes issus de familles défavorisés, qui ont 38% de chances de plus d’obtenir leur diplôme qu’un étudiant lambda issu lui aussi d’une famille défavorisée. Il présente également des statistiques issues de ses propres recherches affirmant que le salaire à l’embauche d’un ancien athlète universitaire est plus élevé de 13% que celui d’un étudiant lambda, même sans diplôme.

Les plaignants ont contre-attaqué en insistant sur l’absence de discernement dans les chiffres du prix Nobel qui n’étaient pas répartis par division universitaire. Heckman a essayé de se défendre en affirmant avoir affiné ses statistiques dans des études ultérieures, ce à quoi Judge Claudia a martelé que ces études ne pouvaient être prises en compte… Bref… Rien de bien nouveau…

Les plaignants ont ensuite eu le droit de citer Joel Litzner…

On commence avec une bonne nouvelle : le directeur juridique d’Electronic Arts est venu affirmer au tribunal que son entreprise souhaiterait négocier des droits avec les joueurs pour remettre sur le marché un jeu utilisant les universitaires. En football, sans doute, car le jeu de basket ne marchait pas vraiment sur le marché. Les avocats des plaignants sont parvenus à lui faire affirmer qu’il existait bien une valeur de droit à l’image pour les joueurs, et qu’EA, qui a signé un accord avec les plaignants pour 40 millions de dollars qui doit encore recevoir l’aval du juge Wilken.

Retour à un témoin des défendeurs : le Président de South Carolina, Harris Pastides. Pas très surprenant, le témoignage du gars… Il considère qu’on pourrait rémunérer un peu les étudiants-athlètes à travers une bourse d’un montant plus élevé qui couvrirait ‘le coût complet’ des études et de la vie sur et hors campus. Tout serait question de ‘niveau’ de ce complément, mais payer véritablement une grosse fraction des droits télé aux étudiants-athlètes n’est pas envisageable. South Carolina serait sans doute très ennuyée si elle devait payer ses joueurs (cela pourrait entraîner des coupes budgétaires dans de nombreux programmes sportifs mineurs), mais pas au point d’envisager de quitter la Division FBS, l’engagement au plus haut niveau faisant partie de l’identité de la fac… Pastides a même à moitié plaisanté en affirmant que son conseil d’administration le virerait s’il venait à leur proposer d’abandonner la division FBS. Interrogé sur les augmentations de salaire de Coach Spurrier, Pastides a répondu que le niveau de revenu de la fac permettait de payer le coach comme les Gamecocks le font…

La NCAA appelle ensuite Bernard Muir, le director of athletics de Stanford, qui vient vendre sa came comme quoi les étudiants-athlètes à The Farm viennent avant tout pour la qualité des études et zzzzz…

On commence à s’ennuyer, non ???

Wait… What ????

Seulement voilà… La cession s’est achevée un peu plus tôt que les autres jours… Parce que Judge Claudia avait rendez-vous dans une autre salle de tribunal pour s’occuper d’un paquet d’autres plaintes en anti-trust contre la NCAA… Toutes ont en commun de revendiquer que la NCAA est un cartel qui limite volontairement les bourses universitaires en-dessous du coût complet pour les étudiants-athlètes de leurs études et carrière sportive universitaire. Parmi les plaignants, Shariff Floyd, des Vikings de Minnesota et ancien Gator de Florida… Elles ont en commun de toutes citer en plus de la NCAA entre cinq et dix conférences de la division FBS… Toutes ces plaintes ont été déposées dans différents états, mais la cour fédérale a décidé de les réattribuer à Judge Claudia, qui est donc considérée comme une experte en matière d’anti-trust et de sports universitaires…

Un cas supplémentaire lui a été affecté, celui de Martin Jenkins, ancien cornerback de Clemson. Lui, ses co-plaignants et ses avocats tapent plus fort. Les limites imposées par la NCAA quant au droit à l’image et à sa rémunération permettent à la NCAA et ses membres de s’enrichir sur le dos des étudiants-athlètes. La plainte comprend les termes ‘substantial damages’, ce qui implique que les plaignants veulent réclamer des millions de dollars en dommages et intérêts….

Si O’Bannon ne fait pas trop peur à la NCAA, ses membres se font beaucoup de souci autour du cas Jenkins… Du fait de la composition de son groupe d’avocats. En effet, en plus du légendaire Jeff Kessler, l’homme par qui la free agency NFL a vu le jour et David Greenspan, avocat réputé, Jenkins a dans son camp Tim Nevius. Whodat ? Tim Nevius est l’un des anciens enquêteurs de la NCAA dans le cas du Tattoo Five d’Ohio State, celui qui a mené l’interrogatoire de Jim The Vest Tressel dans le cadre de l’investigation touchant la fac de mon grand ami Gordon E. Gee… C’est à dire que le camp Jenkins a un vrai insider, qui connaît tout des protocoles NCAA, mais aussi tous les non-dits, tous les secrets de fabrication et saura quels documents demander et présenter si le cas Jenkins aboutit à un procès…

Et le camp Jenkins espère bien avoir droit à un procès qui se tiendra au New Jersey, là où la plainte a été déposée à l’origine. Parce que Jenkins et compagnie veulent tout simplement lever toutes les restrictions quant au recrutement des étudiants-athlète. Marché libre, pas de limite de nombre ou de montant de bourses universitaires distribuables. Armageddon pour le football universitaire tel que nous le connaissons.

Voilà de quoi en faire LE PROCES LE PLUS IMPORTANT DE L’HISTOIRE DU SPORT UNIVERSITAIRE. Ça ne vous rappelle rien ???

Days Nine and Ten

And there he was… Mark Emmert, dans le box. Droopy en personne…

Bon, il ne fallait pas s’attendre à un grand show. Juste un type avec le charisme d’une moule qui vient débiter le texte qu’il a appris par cœur, et répondre avec le peu de mauvaise foi qu’il faut dans ce genre de circonstances. On n’a rien appris…

Tout juste a-t-on un peu rigolé en voyant Marky Mark se tortiller sur sa chaise et répondre à Judge Claudia qui lui demandait ce qui se passait que cette foutue chaise n’arrêtait pas de remonter toute seule. Une chaise piégée !!

Oh, bien sur, Droopy y est allé de sa petite gaffe, en déclarant au cours de la session de contre, que, bien que les règles de la NCAA ont évolué ces dernières années, la vertu cardinale demeurait d’être… ‘des athlètes à plein temps’… Ce à quoi l’avocat des plaignants a répondu : ‘vous voulez dire ‘étudiants’, non ?’… Emmert, rougissant, s’est excusé… Sa langue avait fourché…

Judge Claudia y est allée de ses petites questions, demandant notamment si cela poserait problème de créer un fonds pour rémunérer les joueurs à la fin de leur carrière. Emmert a répondu que oui, et que ça reviendrait, en payant pendant ou après la carrière, à transformer les sports universitaires en Ligue Mineure pour le football et le basket…

Ce à quoi Judge Claudia a répondu par une nouvelle question, à savoir si Emmert considérait que les étudiants-athlètes seraient ‘exploités’ par des société commerciales si on les rémunérait… Ce à quoi Emmert a répondu : ‘oui’.

Emmert est remonté dans le box le vendredi matin, et les avocats des plaignants se sont bien amusés à mettre Droopy devant ses contradictions… En se connectant en direct sur le site des Seminoles, et en tapant ‘Winston’ dans la barre de recherche, l’avocat des plaignants s’est retrouvé en direct sur une page proposant d’acheter une trading card à l’effigie du Heisman… En allant sur le site marchand lié à celui des Ducks, il a ensuite fait remarquer qu’on mettait en avant un maillot frappé du numéro 8, et demandé à Emmert s’il savait que ce numéro était celui de Marcus Mariota. Ce à quoi Emmert a répondu : « Non, vous savez, je suis un Husky (de Washington)… Donc, non.. »

Bref, on a joué sur les mots, et pas vraiment avancé…

Le temps était venu de faire monter dans le box une autre personnalité représenant le Cartel : Jim Delany, le comissionner de la Big Ten. Yup, le type qui a inventé le concept de Leaders and Legends pour nommer les divisions de sa conférence…

Une nouvelle fois, pas de surprise…

Payer les joueurs, voilà qui creuserait des fossés entre les facs et les étudiants-athlètes, entre les étudiants-athlètes et les étudiants, et avec le public… No surprise… Delany était presque émouvant en racontant son passé de joueur de basket à North Carolina, où il a reçu une bourse universitaire…

On a ressorti une lettre de Delany à ses homologues plaidant pour une remise à niveau des bourses, et indiquant le risque d’exploitation de l’image des joueurs par les équipementiers, notamment Adidas. Delany déclarait ne pas vouloir que Adidas étale son logo sur le dos de ses maillots.

Au cours du contre-interrogatoire, Hausfeld a demandé à Delany si Adidas avait obtenu le droit de mettre sa virgule sur le devant des maillots. Objection des avocats de la NCAA : « Ce sont des bandes » (le logo Adidas). La salle était morte de rire…

On a enfin parlé gros sous avec un cadre de la NCAA, Petr, et distribution des revenus télés… Je vous épargnerai les détails…

To Be Continued…

Après trois années à commenter le football sous toutes ses formes, Verchain a rejoint la rédaction de The Blue Pennant en 2013 pour vous proposer son College Football Report et quelques autres fantaisies, en exclusivité.

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2 commentaires

2 Comments

  1. Guerlouche

    26 juin 2014 at 23h36

    je trouve ça super interessant,mais d’après toi qui a l’avantage dans cette affaire?aura t’on un jour un nouveau jeu NCAA Football?

  2. Verchain

    3 juillet 2014 at 08h53

    Mes réponses dans le dernier article de la série… Ou pas…

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Strength of Schedule : Concept & Impact du Covid-19

Comment est calculé l’indice permettant d’évaluer la difficulté du calendrier d’une équipe ? Quel impact a eu la révision des calendriers 2020 en raison de la pandémie de la COVID-19 sur le SOS de chaque équipe ? Étude de cas : la Pac-12.

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Mi-juillet dernier, la direction de la conférence PAC-12 annonçait que la saison aurait bien lieu, mais avec un calendrier modifié. En lieu et place du calendrier normal, ce nouveau planning adapté à la pandémie ne contient que 10 matches (contre 12 initialement), tous intra-conférences.

Instinctivement, on pense tout de suite aux équipes qui vont bénéficier de cette situation : avec cette décision, USC enlève 2 défaites probables de son calendrier (contre Alabama et Notre Dame). De même, Oregon évite les chocs de début de saison contre Ohio State et North Dakota State (FCS). D’autres équipes, comme Arizona State, avaient fait le pari inverse quand ils ont booké leurs matches hors-conférence : en jouant Northern Arizona (FCS), UNLV et BYU (Group of Five), les Sun Devils espéraient probablement engranger 3 victoires en autant de matches.

Cet article vise à répondre aux questions suivantes : dans le cas de la PAC-12, quelles sont les équipes qui ressortent avec un calendrier allégé de cette période de Covid-19 ? A l’inverse, quelles équipes vont être handicapées par la décision prise par les décisionnaires de la conférence ?

L’indice dit de Strength of Schedule (qu’on peut traduire par dureté / difficulté du calendrier), attribue au calendrier de chaque équipe une valeur chiffrée, un ratio qui oscille entre 0 et 1 et qui permet donc de comparer la difficulté des calendriers entre eux. C’est cette méthode, que nous allons d’abord détailler, et qui va ensuite nous servir à répondre à notre problématique.

Concept de base, logique et formule mathématique

L’indice de Strength of Schedule (SOS) est composé de deux inputs. Le premier, abrégé OR pour Opponents Record (Bilan des Adversaires, en français), représente le taux de victoires total sur la saison 2019 des adversaires qu’une équipe a prévu d’affronter en 2020.

La logique derrière est simple : je regarde le calendrier 2020 de mon équipe, je consulte mes adversaires un par un et je vais tenir compte de leurs performances la saison passée pour savoir si le calendrier va être dur à jouer ou pas. Je somme donc l’ensemble des victoires de l’ensemble de mes adversaires puis je le divise par le nombre total de matches qu’ils ont joué sur la période concernée.

Tableau 1 : formule de l’indice Strength of Schedule

Le second input, appelé OOR pour Opponents’ Opponents Record (Bilan des Adversaires de « mes » Adversaires), est légèrement plus tricky. Si, dans ma formule, je tiens uniquement compte de l’OR, cela voudra dire qu’une équipe comme Alabama qui a un record de 10-2 sur la saison régulière 2019 va compter autant qu’Air Force, également à 10-2 en 2019, bien qu’Air Force soit dans une conférence bien plus faible qu’Alabama. On peut facilement accepter le fait qu’une victoire contre une équipe moyenne de SEC « vaut plus » qu’une victoire contre une équipe moyenne de Mountain West. L’OOR est donc là pour corriger les éventuels effets d’échelle qu’il existe entre les conférences.

L’OOR est donc le taux de victoires des adversaires 2019 de mes adversaires 2020. Admettons que je sois California et que j’affronte Stanford (parmi d’autres) en 2020. Je vais prendre en compte le bilan de Stanford en 2019 (à savoir 4-8 soit 0,333 ou 33,3% de victoires) et je vais corriger les éventuels biais en sommant le record de tous ses adversaires en 2019 pour en ressortir un ratio de victoires :

Tableau 2 : calcul de l’OOR individuel de Stanford en tant qu’adversaire

Maintenant que j’ai mon OR et mon OOR, je vais pouvoir les intégrer dans une seule et même formule. Je vais simplement faire la somme des deux inputs en pondérant cependant l’OR à 2 tiers et l’OOR à 1 tiers. Si on accorde une plus grande part à l’OOR, on prend le risque de trop biaiser l’OR qui reste quand même notre input principal. Inversement si on donne une part plus grande à l’OR, l’effet de l’OOR sera négligeable et sa présence dans la formule ne servira à rien. Il n’y a pas nécessairement de bonne réponse, cette répartition deux tiers – un tiers est arbitraire mais s’est relevée cohérente avec la réalité au fil des années.

L’indice SOS est principalement utilisé en NFL où il est beaucoup plus pertinent car moins biaisé par les effets d’échelles qu’on retrouve en college football : les divisions y sont relativement homogènes (enfin, ça dépend des années, cf. la AFC East tout le long des années 2010…). L’indice a également été pendant longtemps un outil parmi d’autres qui servait à identifier les équipes éligibles pour les bowl games de fin de saison ainsi que les deux équipes qui allaient disputer le BCS National Championship game. Le système a été définitivement abandonné au moment de la réforme de 2014 quand le format des playoffs à 4 équipes a été instauré pour la première fois.

Application au cas de la saison 2020 de PAC-12

Le tableau brut qui répertorie les valeurs SOS, OR et OOR avant et après le changement de calendrier est assez barbare. Pas de panique, nous allons le décortiquer ensemble. Pour les plus courageux, le voici :

Tableau 3 : SOS, OR et OOR pre- et post-Covid pour les équipes de la PAC-12 et calcul des écarts nominaux et en pourcentage pour chacune des trois mesures

Ce qui est important de retenir, c’est que les valeurs du SOS varient globalement entre 0,5 et 0,6. Plus le ratio est élevé, plus les adversaires que j’affronte sont statistiquement bons. On peut considérer un calendrier avec un SOS de 0,5 comme un calendrier normal, avec d’extrêmes (que ça soit hauts ou bas) en faible quantité qui se compensent. Prenons par exemple le cas du calendrier pre-Covid de California. On y retrouve seulement deux équipes à plus de 10 victoires en 2019 (Oregon et Utah) et 4 équipes entre 3 et 4 victoires (UNLV, Cal Poly, Stanford et UCLA) qui permettent d’atteindre un niveau de quasi-équilibre.

Tableau 4 : calendrier pre-Covid de California qui répertorie aussi les wins et losses des adversaires et adversaires d’adversaire

Proche du 0,6 avec son 0,573, Washington avait un calendrier plus ardu. On y retrouve également Oregon et Utah qui tire l’indice vers le haut mais également Michigan (9 victoires et un OOR à 0,6) ainsi que Utah State (7 victoires mais un OOR aussi à 0,6 du fait des matches contre LSU – 12 wins, Air Force – 10W, San Diego State – 9W et Boise State – 11W).

Tableau 5 : calendrier pre-Covid de Washington qui répertorie aussi les wins et losses des adversaires et adversaires d’adversaire.

Au bout du compte, on obtient les deux classements suivants :

Tableaux 6 & 7 : tableau ordonné par SOS décroissant des équipes de PAC-12 pre- et post-Covid

La première observation qu’on peut faire, c’est que le SOS des équipes de PAC-12 s’est considérablement homogénéisé : on passe d’un écart entre le premier et le dernier de 0,05 à 0,028, soit presque divisé de moitié. Quand on y pense, c’est logique. Le nouveau calendrier contient 10 matches intra-conférences. Donc chaque équipe affrontera tous ses rivaux de conférence une fois sauf pour une onzième équipe qui reste sur le carreau à chaque fois. Cela signifie que les SOS sont tous interdépendants et que les seuls petits écarts qu’on va retrouver sont liés à des équipes qui vont affronter Utah (11-1 en 2019) plutôt qu’Arizona (4-8) par exemple.

Afin de mieux contextualiser les chiffres, tentons de comprendre ce que représente une hausse standard de 1% du SOS pre- et post-Covid-. Prenons donc UCLA qui est dans ce cas : son SOS est passé de 0,528 à 0,534 soit environ +1%. De l’ancien au nouveau calendrier, les Bruins perdent New Mexico State, Hawaii et San Diego State qui avaient un record moyen de 6,67 victoires pour 5,67 défaites. UCLA récupère un match contre Washington (7-5 l’an dernier.). Le reste du calendrier ne subit pas de changement. Ainsi dans ce cas, une hausse de 1% va s’expliquer par le passage d’un calendrier de 12 matches à un calendrier à 10 matches avec un nouvel adversaire légèrement plus fort en termes de bilan et avec un OOR plus élevé (0,495 pour le trio d’adversaires hors-conférence, 0,566 pour Washington).

Les principaux bénéficiaires de ce nouveau calendrier sont logiquement Oregon, Washington et USC dont on évoquait les gros matches hors-conférences prévus initialement. Par ailleurs, les grands perdants de cette mesure sont California et Washington State. Les Cougars perdent par exemple leurs matches contre Houston (4-8) et Idaho (5-7) et récupèrent un match contre USC (8-4). De même Cal perd UNLV, TCU et Cal Poly qui combinent à eux trois pour seulement 12 victoires (soit un OR très faible de 0,333).

Tableau 8 : Rappel des écarts nominaux et en pourcentage des SOS pre- et post-Covid

On peut finalement résumer la situation avec les deux tableaux suivants qui présentent l’effet du changement de calendrier sur le SOS des équipes de PAC-12 répartis entre Division North & South :

Tableau 9 : Impact de la décision de changement de calendrier relative au Covid-19 sur l’indice de Strength of Schedule des équipes de PAC-12 Division North
Tableau 10 : Impact de la décision de changement de calendrier relative au Covid-19 sur l’indice de Strength of Schedule des équipes de PAC-12 Division South

On comprend donc que la décision de passer à un calendrier full intra-conférence fait logiquement converger la difficulté du calendrier des équipes de la PAC-12. Les équipes qui devaient affronter des adversaires plus costauds que la moyenne de la conférence vont profiter de cette mesure tandis que les programmes qui avaient planifié des matches contre des adversaires faibles auront un calendrier plus dur que prévu. A en juger par le tableau des quartiles, on constate que cette divergence s’effectue un tout petit peu en dessus de la moyenne : le Q4 est en nette baisse tandis que le Q1 et le Q2 augmentent de peu. Le Q3 est identique au millième près.

Tableau 11 : tableau des quartiles de SOS pre- et post-Covid

Bien que les variations de l’indice SOS ne soient pas particulièrement importantes (comprises entre -7% et +7%), elles traduisent pourtant des effets qui peuvent se sentir sur un, deux, voire même trois matches. Quand on sait à quel point la PAC-12 devait être ouverte en 2020, la pandémie a probablement encore plus resserré la compétition pour l’année à venir…

Bonus – Limite du modèle : quid de la distinction FBS – FCS ?

Les plus perspectifs me reprocheront d’avoir mis sous clef l’exemple de Sacramento State et ses 9 victoires au moment où je parlais du calendrier pre-Covid de Washington. Ce que je propose, afin de rendre les indices SOS plus réalistes, c’est d’attribuer une pondération, qui serait différentes selon que l’adversaire soit une équipe de FBS ou de FCS : coefficient de 3 pour la FBS, coefficient de 1 pour la FCS. Pour ainsi dire, une victoire contre une équipe de FBS vaut 3 fois plus que contre une équipe de FCS, bien que ça ne soit pas tout le temps le cas (on peut considérer que les bas-fonds de la FBS sont inférieurs au haut du panier de FCS – si jamais North Dakota State affrontait New Mexico State, quel serait votre pronostic ?).

Tableau 12 : Comparatif des SOS et OR entre calcul pre-Covid initial, calcul pre-Covid FBS/FCS-ajusted et rang des équipes dans les deux cas de figure (ordonné par SOS pre-Covid FBS/FCS-ajusted décroissant)

Dans le cadre du calendrier pre-Covid, les places vont légèrement changer, mais fondamentalement, l’analyse reste la même. Washington, Oregon et USC conserve les calendriers les plus durs. Stanford, Arizona et Washington State gardent leurs places 4, 5 et 6. Les seuls effets un minimum significatifs se trouvent en bas du tableau. Oregon State et California vont grimper de quelques places, Utah va descendre à la dernière. Pour autant, tentons de prendre un peu de recul. Les 6 SOS pre-Covid non-ajustés les plus bas se tiennent tous dans une fourchette « courte » de 0,008 (le 0,532 de Colorado minus le 0,524 de California. Après ajustement il n’y a aucune variation qui excède plus ou moins 2% dans ce package d’équipes, ce qui signifie que les fluctuations en termes de classement sont en fait négligeables… Le seul écart qui excède 2% parmi toutes les équipes, c’est Oregon, du fait de NDSU. Vu que NDSU est une équipe très compétitive probablement même à l’échelle de la FBS, on ne tiendra pas compte de ce biais car il ne fait pas sens.

Bonus – Limite du modèle : Oregon & Utah, ça vaut toujours 10 victoires en 2020 ?

La seconde grosse limite qu’on peut opposer au modèle, c’est le fait que le niveau des équipes peut beaucoup varier d’une année à l’autre du fait de la structure même du sport universitaire. Ainsi, Utah sort d’une saison 2019 probante avec un bilan de 11-1 et une apparition en finale de conférence contre Oregon. Jusqu’à cette finale de conférence, Utah était d’ailleurs classé dans le Top 10 du Ranking AP. Pourtant les analystes sont assez pessimistes pour Utah en 2020 qui enregistre le départ en NFL de 12 cadres dont Zack Moss (RB), Tyler Huntley (QB), Jaylon Johnson (CB)… Comment pourrait-on donc tenir compte de cette éventuelle baisse de performance ?

ESPN a mis au point le (College) Football Power Index (ou FPI), un indice qui cherche, avec le plus de précision possible, à prédire l’issue des matches d’une saison à venir. Le FPI rating de chaque équipe est composé par les prévisions de contribution de chaque unit (offense, defense, special team) en termes de points contre un adversaire FBS moyen.

Les composantes de chacune des units incluent différents critères tels que les performances sur la saison précédente, le nombre de starters de retour pour la saison à venir, la nouvelle classe de recrutement, l’ancienneté du coaching staff, etc. Pour la PAC-12, on obtient le tableau suivant :

Tableau 13 : Classement ordonné décroissant des indices FPI des équipes de PAC-12 pour la saison 2020

On constate qu’Oregon reste l’équipe la plus susceptible de réaliser la meilleure saison 2020 suivi par USC et Utah (qui a donc été dévalué). Washington State et Arizona frôlent avec le 0 tandis que Colorado et Oregon State sont les deux seules équipes à avoir un FPI négatif (ce qui signifie que ce sont les seules équipes dont on attend qu’elles perdent contre une équipe moyenne de FBS). On peut également noter les indices FPI corrects de Washington (2e meilleure classe de recrues de PAC-12 en 2019 et 2020 et arrivée de Jimmy Lake) et de Stanford (respectivement 4e et 3e meilleure classe de recrues PAC-12 en 2019 et 2020 et année senior de son QB ex-prospect 5-étoiles David Mills).

Tableau 14 : Détail étape par étape de l’obtention du SOS post-Covid FPI-ajusted et classement ordonné décroissant par FPI-ajusted SOS des équipes

Afin d’injecter l’indice FPI dans la formule du SOS, on réalise plusieurs opérations arbitraires (qui sont contestables et loin d’être universelles) :

  1. Les écarts de FPI étant très élevés (les valeurs vont de -1,3 à 21,3), on peut appliquer une fonction logarithme afin de les lisser une première fois (ajouter préalablement 3 au FPI permet d’avoir des valeurs uniquement positives et d’appliquer le logarithme à toutes les équipes).
  • Gardons en tête que l’objectif est d’obtenir pour chaque équipe un coefficient déduit du FPI qu’on va appliquer dans la formule du SOS, plus particulièrement dans le calcul de l’OR : si j’affronte Oregon, je vais tenir compte de son OR individuel (à savoir 0,833) mais je veux aussi actualiser cette valeur avec la prévision pour 2020, donc avec le FPI.

Par conséquent, on propose de normaliser toutes les valeurs obtenues via le logarithme en fonction de la valeur la plus élevée, celle d’Oregon. Après cette normalisation, le coefficient d’Oregon vaut 1 (ou 100%) et chaque autre coefficient sera une fraction de ce coefficient : le record d’Oregon vaudra pour 100% de sa valeur avant manipulation.

  • Si on regarde bien, on constate qu’à ce stade, Oregon est à 100% quand Colorado est à 16%, ce qui veut dire que la valeur de Colorado va être dépréciée près de 6 fois par rapport à Oregon. On décide donc que cet écart est encore trop élevé, c’est pourquoi on va appliquer une nouvelle fois la fonction logarithme.

On sait que le logarithme « sort » des valeurs négatives quand X est entre 0 et 1 mais on sait également que la fonction est croissante donc pour conserver notre intervalle de 0 à 1 et l’ordre de nos équipes, on ajoute simplement 1 à la fin (cela permet de garder une valeur de 1 pour Oregon in fine). A la suite de cette dernière manipulation, les écarts se sont résorbés : Colorado est par exemple passé de 16% à 22%, ce qui est déjà plus acceptable.

Tableau 15 : calendrier post-Covid de California qui répertorie aussi les wins et losses des adversaires et adversaires d’adversaire ainsi que les coefficient FPI-induced et détail du calcul du FPI-ajusted SOS

Le tableau ci-dessus expose ensuite la manière dont on va utiliser ces nouveaux coefficients. Le SOS post-Covid initial de California est en case AJ7. Ses OR et OOR associés sont respectivement en case AI9 et AI11. On va uniquement appliquer les coefficients déduits du FPI (en violet) à l’OR sous forme de somme pondérée pour le total de victoires et le total de défaites (AH9 et AH10 – valeurs initiales, AJ9 et AJ10 – valeurs ajustées). De la même manière qu’au début on va donc ensuite pouvoir calculer l’OR ajusté (en cellule AK9) puis le SOS ajusté (AK7) qui va reprendre l’OR ajusté et l’OOR initial (car on n’a pas appliqué le coefficient FPI-induced au OOR).

Ainsi pour le cas de California en post-Covid on passe d’un SOS de 0,548 à 0,563 soit une hausse de 0,015 (3%).

Tableau 16 : Rappel du SOS post-Covid initial et classement ordonné décroissant par SOS post-Covid initial

Plus généralement, en comparant les tableaux 14 et 16, on constate que la manipulation a fait légèrement augmenter les indices SOS, certains plus que d’autres. Utah et Stanford ont désormais un calendrier un plus dur qu’Oregon et UCLA qui trustent les dernières places. Le reste du classement demeure inchangé. On comprend donc que même avec une approche qui se veut réaliste, tenir compte de l’actualisation de la valeur des équipes à travers un indice tel que le FPI proposé par ESPN ne va pas nécessairement changer grand-chose aux conclusions précédemment émises…

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Dossier

UConn dans la Big East : quel avenir pour le programme de football ?

La Big East a officiellement annoncé le retour de l’université du Connecticut au sein de la conférence à partir de 2020.

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Crédit photo : Ian Bethune/The UConn Blog

Après les rumeurs de la semaine dernière, la Big East a officiellement annoncé le retour de l’université du Connecticut au sein de la conférence à partir de la saison 2020/21.

UConn fût l’un des membres fondateurs de la conférence Big East dont elle a fait partie entre 1979 et 2013.

Toutes les sections sportives de l’université du campus de Storrs (Connecticut) sont concernées… à l’exception du programme de football. La Big East n’organise plus de compétition de football depuis 2013.

Aux abois depuis plusieurs années, les Huskies sont-ils sous respiration artificielle ou ont-ils des chances de survivre à ce camouflet ? Analyse.

Un retour aux sources attendu

Lundi 24 juin, les présidents d’université de la Big East ont voté, à l’unanimité, une proposition visant à inviter l’université Connecticut à retrouver sa place dans une conférence qu’elle a quittée en 2013. Tout s’accélère dès le mercredi 26 juin. Le Board of Trustees (conseil d’administration) de l’université accepte cette offre déclenchant immédiatement le processus de départ de la conférence American (AAC).

Pendant six ans, Connecticut a tourné le dos à ses valeurs, à ses origines, à ce qui a fait que la Direction athlétique était respectée à travers le pays. Un retour de lucidité semble avoir remis les idées en place d’une université qui a cru pouvoir réussir en football en sacrifiant ses racines : le basketball.

En mai 1979, UConn fût l’un des membres fondateurs de la nouvelle conférence Big East composée alors de Boston College, Georgetown, Providence, St. John’s, Seton Hall et Syracuse. L’objectif de l’époque : constituer une conférence référence au niveau national… pour le basketball !

Ce n’est d’ailleurs qu’en 1991 qu’a été organisée la première saison de football lorsque Rutgers, Miami, Temple, Virginia Tech et West Virginia se sont ajoutés à Boston College, Pittsburgh et Syracuse, qui étaient alors les seuls membres de la Big East avec un programme de football de haut niveau. Et il faudra attendre presque dix ans avant que UConn fasse le grand saut en intégrant son programme de football dans la Division I-A (ex-FBS).

Les années passent jusqu’à l’année 2013. La Big East était au bord de l’explosion lorsque Louisville, Syracuse et Rutgers ont annoncé leur départ pour l’AAC et la Big Ten respectivement. Sept universités privées membres de la Big East sans programme de football dans l’élite (DePaul, Georgetown, Marquette, Providence, Seton Hall, St. John’s et Villanova) ont alors voulu faire bande à part en créant une nouvelle conférence, la nouvelle Big East (à laquelle se sont ajoutés Butler, Creighton et Xavier).

Les universités Cincinnati, South Florida, Temple et UConn ont alors rejoint la conférence American (AAC) nouvellement créée. Ces quatre universités ne voulaient pas sacrifier leur programme de football dans lequel elles voulaient encore investir. Les lucratifs contrats TV leur faisaient les yeux doux et même si le football ne faisait pas partie de la Tradition de UConn, elle prit la décision consciente de se joindre à une conférence hétérogène, sans continuité géographique et sans rivalités. Un énorme risque. Une aberration. Les six années suivantes en seront la preuve implacable…

UConn, une fac de basketball

Connecticut et le basketball universitaire sont intrinsèquement liés. En plus d’être un membre fondateur de la Big East, les Huskies y ont brillé pendant de nombreuses années.

De 1996 à 2004, ils ont remporté 5 titres de champions de conférence en 9 ans. De 1999 à 2014, UConn a été sacré 5 fois champion national en remportant la March Madness. Les exploits de Ray Allen, Richard Hamilton, Emeka Okafor, Ben Gordon ou Kemba Walker ont mis le feu au Gampel Pavilion.

L’équipe féminine de basketball fait également partie de l’élite nationale depuis la prise de pouvoir de Geno Auriemma en 1985. Depuis 1995, elle a remporté 11 titres de champion national !

Crédit photo : Jamie Squire/Getty Images

Mais depuis leur dernier titre de champion national (2014), l’équipe masculine des Huskies ne cessent de régresser. Ils ne semblent pas chez eux dans la conférence American. Le Gampel Pavilion se vident. Pire, UConn n’a plus été invitée à participer à la March Madness depuis 2016 en raison de résultats insuffisants.

Dès lors, l’université Connecticut a repris les choses en main en se réconciliant avec ses origines. Bye-bye l’AAC.

En terme de rivalités et de distance géographique, cette décision de rejoindre la Big East est une évidence. Même chose pour le recrutement. Il sera nettement plus attirant de « vendre » des matchs contre des cadors de la côte Est comme Villanova ou Georgetown que des matchs contre East Carolina et Tulsa.

La Big East réalise également un bon coup. Plusieurs programmes de basketball font régulièrement partie du Top 25 mais ajouter un membre comme UConn place assurément la conférence parmi les trois meilleures du pays. Les rivalités UConn/Villanova ou UConn/Providence vont encore améliorer un « produit » qui a déjà trouvé ses fidèles depuis de nombreuses saisons.

En réintégrant la Big East, UConn veut relancer son programme de basketball… quitte à sacrifier celui de football…

Un programme de football en décomposition avancée

Sous les ordres de coach Randy Edsall, le programme de football semblait avoir trouvé une certaine stabilité à la fin des années 2000. Les Huskies ont d’abord remporté le Music City Bowl en 2004, lors de leur première saison dans la Big East (le programme a été indépendant de 2000 à 2004). Puis, UConn a remporté deux titres partagés de champion de conférence Big East en 2007 et 2010. Les Huskies ont même joué le Fiesta Bowl en 2010 (perdu 48-20 contre Oklahoma). Probablement le baiser de la mort.

Car, la direction athlétique a alors cru que le football serait l’avenir de la fac. Quelle erreur ! Ces bons résultats n’étaient qu’un épiphénomène. Le départ de Randy Edsall à Maryland, en 2011, a fait tout dérailler. Les coachs Paul Pasqualoni et Bob Diaco ont plongé le programme dans un désarroi sans fin forçant le retour de Randy Edsall en 2016. Il était déjà trop tard.

Crédit photo : MARY SCHWALM

En six saisons dans la conférence American, UConn n’a participé qu’une seule fois à un bowl et n’a jamais terminé une seule fois avec un bilan positif. Pire, les Huskies ont terminé avec trois victoires ou moins à cinq reprises ! Mais plus que les résultats ou l’affiliation à telle conférence, c’est le manque de culture football sur le campus de Storrs qui semble irrémédiablement condamner le programme.

Malgré les contrats TV juteux de l’AAC, l’université du Connecticut a eu besoin de 7.5 millions de $ de subventions publiques en 2014 pour éponger son déficit annuel d’environ 40 millions de $ afin de garder en vie ses sections sportives. Or, c’est bien le football qui plombe les finances de la Direction athlétique. Les installations flambant neuves, les rénovations du stade, 85 scholarships à financer et surtout les déplacements à l’autre bout du pays (Dallas, Houston, La Nouvelle-Orléans, Memphis, Orlando) causés par la composition de l’AAC sans proximité géographique en sont les raisons principales.

Le football est devenu un boulet dont le basketball ne veut plus payer les frais.

L’impact sur la conférence American

Dès l’annonce du départ de UConn de la conférence American, le commissionnaire Mike Aresco a été clair : les Huskies ne seront pas autorisés à conserver leur programme de football dans l’AAC. 

« L’université du Connecticut vient d’annoncer son retrait de la conférence américaine. Nous lui souhaitons bonne chance. » – Mike Aresco, commissionnaire de la conférence Big East.

Le programme de football de UConn n’est pas sa préoccupation principale. Les Huskies ont terminé la saison 2018 avec un bilan de 1-11. Rien à ajouter.

« Nous allons nous assurer que les clauses de départ de l’un de nos membres seront respectées. Notre conférence continuera de soutenir ses objectifs en supportant les sections de football, basketball et tous les sports olympiques ». – Mike Aresco, commissionnaire de la conférence Big East.

Le programme de football de UConn n’est plus en odeur de sainteté dans l’AAC.

Qui pour remplacer UConn ?

L’AAC a effectué un formidable travail en s’affirmant comme la meilleure conférence du Group of Five. Certains proposent même de l’ajouter aux cinq conférences de l’élite pour en faire le Power Six. Ces dernières années, Houston et Central Florida ont régulièrement fait chuter des programmes de la Big 12 ou de la SEC. Central Florida s’est même auto-déclaré champion national en 2017 ! Longtemps indépendant, Navy a également réussi son intégration.

Deux noms reviennent régulièrement pour remplacer UConn : Army et Brigham Young.

Pour Army, c’est évident. Faire de cette rivalité annuelle un match de conférence American serait un énorme coup médiatique pour l’AAC. De plus, les Black Knights sont sur un élan positif depuis quelques saisons. Brigham Young est à la recherche d’une conférence lui garantissant des revenus annuels grâce à un contrat TV. Les Cougars sont non-affiliés à une conférence depuis 2010 depuis leur départ de la Mountain West.

Toutefois, plusieurs présidents d’universités de l’AAC ne veulent pas se précipiter indiquant qu’un éventuel nouveau membre devra représenter un gain en valeur nette. Ajouter un programme uniquement pour des raisons logistiques ne fait pas partie des plans de l’AAC dans l’immédiat.

Du coup, la conférence American devrait être composée de 11 membres lorsque la saison 2020 va débuter. La possibilité d’avoir un calendrier « à la Big 12 » où toutes les équipes s’affrontent une fois au cours de la saison régulière avec les deux meilleures pour jouer la finale de conférence serait privilégiée.

Crédit photo : Twitter/@UConnFootball

Début de la fin pour le programme de football ?

La Big East n’organisant pas de compétition de football (Georgetown et Villanova évoluent en FCS, respectivement dans la Patriot League et la CAA), quel sera l’avenir du programme de football de UConn ?

L’indépendance (non-affiliation à une conférence, donc) semble l’option la plus probable. Et elle n’est pas sans conséquences désastreuses pour un programme déjà aux abois.

Être affilié à une conférence, c’est la garantie d’avoir des revenus annuels issus d’un contrat TV. C’est aussi avoir l’assurance d’une participation à la postseason en vertu des accords entre les conférences et certains bowls. Même Notre Dame, programme indépendant par excellence, s’est rapproché de la conférence ACC pour ces raisons.

Toutefois, l’indépendance en compagnie de Army, BYU, New Mexico State, Liberty et Massachusetts, est probablement la meilleure option pour UConn, au moins de manière temporaire.

La conférence MAC et la conférence USA paraissent être des candidats logiques pour accueillir UConn notamment si l’un de leurs membres venait à remplacer les Huskies dans l’AAC. Toutefois, l’éloignement géographique sera encore rédhibitoire.

Malgré ses vestiaires flambant neufs, et si le Destin du programme de football de UConn était tout simplement… sa disparition pure et simple ?

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Dossier

Comment regarder les matchs de College Football en France ?

A quelques jours du début de la saison 2018 de College Football, nous vous proposons un tour d’horizon des différentes options que vous avez pour regarder des matchs à partir de la France.

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Note : The Blue Pennant n’a reçu et n’acceptera aucune rémunération pour avoir cité et recommandé un certain nombre de diffuseurs et services en ligne. Ceci n’est pas un article promotionnel mais uniquement informatif.

Vous avez été nombreux à nous solliciter via Twitter, Facebook ou par mail afin de connaitre les différentes options pour pouvoir suivre le football américain universitaire en direct ou à la demande.

L’offre TV en France est très limitée. C’est donc vers le streaming qu’il faudra vous tourner. Que vous soyez un passionné ou que vous souhaitiez suivre quelques matchs à l’occasion, je vous propose de faire un tour d’horizon complet des différentes offres qui vous permettront de faire votre choix en fonction de votre intérêt et de votre budget.

A la TV


Le 3 juillet 2018, le bouquet thématique SFR Sport a changé de nom après son rachat par Altice France devenant officiellement RMC Sport.

SFR Sport détenait les droits de diffusion exclusifs de la NCAA en France (basketball et football) jusqu’en 2019 reprenant le flambeau après l’arrêt d’ESPN America en aout 2013.

Si RMC Sport a déjà confirmé que les matchs de basketball seront diffusés cet automne sur RMC Sport 2, aucune information concernant la diffusion de matchs de football n’a été communiqué jusqu’à présent. Aucun match de la week 1 n’est pour le moment programmé sur RMC Sport 2.

A la demande

Vous pouvez également voir de très nombreux matchs sur les sites d’hébergement de videos comme Youtube, Dailymotion, etc…

The Blue Pennant possède sa propre plateforme video qui vous permet de retrouver tous les matchs disponibles en ligne dans une seule interface simple et mise à jour dès que les matchs sont disponibles (généralement 12h après la fin des matchs). Pas besoin de chercher indéfiniment, nous le faisons pour vous ! 😉 Et bien sûr : c’est GRATUIT !

➡️ http://video.thebluepennant.com/

Streaming


C’est le seul service légal de streaming TV accessible en France. Il vous permet d’accéder aux très nombreux matchs de College Football diffusés par les chaines du groupe ESPN (ESPN, ESPN 2, ESPN 3, ESPN U, ABC) et de ses filiales (SEC Network, Longhorn TV). Il vous permet aussi de regarder l’émission du samedi College Gameday, les bowls de fin de saison et le College Football Playoff. Si vous aimez le basket NCAA et la March Madness, cela fait également partie du package. C’est un incontournable pour tous les fans de College Football.

➡️ https://www.espnplayer.com/

Prix : 119,99 euros par année ou 21,99 euros par mois.

Avantages :

  • Accessible sur ordinateur (Mac, PC), téléphone mobile (iOS, Android). Compatible avec AirPlay et Chromecast.
  • Matchs en live et à la demande.
  • Essai de 7 jours gratuits pour les nouveaux abonnés.
  • Bonne qualité d’image (720p).

Inconvénients :

  • Pas d’accès aux matchs diffusés sur CBS (souvent le meilleur match de la semaine dans la SEC).
  • Pas d’accès aux matchs diffusés sur Fox et Fox Sports.
  • Pas d’accès aux matchs diffusés sur NBC (Notre Dame).

Via un VPN

C’est une option qui demande un peu plus d’effort (ça reste simple) mais qui, au final, est peut-être la formule la plus adaptée pour les passionnés !

C’est quoi un VPN ?
Virtual Private Network ou Réseau Privé Local en français. L’idée est très simple : grâce à un logiciel « agent », le but est de créer une connexion permanente, sécurisée et encryptée entre deux ordinateurs distants tel un tunnel. C’est totalement LÉGAL.

Ça sert à quoi ?
Un VPN permet de changer d’adresse IP sur internet puisque votre ordinateur/téléphone/tablet se retrouvera avec l’adresse IP de l’ordinateur sur lequel vous est connectés via le VPN. Cela permet de contourner les restrictions géographiques de certains services proposés sur Internet. Si vous êtes connectés à un serveur américain via un VPN, votre adresse IP sur internet sera localisée aux États-Unis !

Et c’est là tout l’intérêt : accédez à n’importe quel site Internet ou application, sans restrictions géographiques ni censure.

Tous les services américains de TV en ligne restreignent géographiquement leur accès. Seuls les résidents américains peuvent s’y abonner. Or, avec un VPN, vous êtes comme un américain (sur internet, en tout cas). Et hop, vous pouvez désormais y accéder moyennant un abonnement en ligne.

Quel service de VPN choisir ?
Je vous recommande très fortement ExpressVPN, le service de VPN le plus fiable au monde.

➡️ https://www.expressvpn.com/fr

Prix : 99,95 $/année ou 12,95 $/mois.

Avantages :

  • Très simple d’utilisation.
  • Ultra-rapide. Taux de fiabilité de 99,99%. Aucune limitation de bande passante.
  • 94 pays. Grâce à un débit illimité et des changements de serveurs à l’infini, vous pouvez vous connecter où que vous soyez dans le monde.
  • Assistance 24h sur 24.

Et après, je fais quoi avec mon VPN ?

Une fois votre VPN installé et connecté sur un serveur aux États-Unis, vous êtes comme un américain sur internet : vous pouvez accéder à des services qui sont généralement géobloqués hors des Etats-Unis.

Il vous faut alors vous abonner à un service de streaming TV (OTT). C’est la seconde étape. Je vous propose ci-dessous de découvrir les trois meilleurs services selon mon expérience : Sling TV, Hulu et Youtube TV.

Sling TV

➡️ https://www.sling.com/

C’est probablement le service de streaming TV en ligne (OTT) le plus complet. C’est celui que je vous recommande.

Trois formules disponibles :

  • 25$/mois : Sling TV Orange (comprenant ESPN, ESPN 2, ESPN 3, ACC Network). Pas intéressant par rapport à ESPNPlayer (voir plus haut).
  • 30$/mois : Sling TV Orange (ESPN, ESPN 2, ESPN 3, ACC Network) + Extras Sport  (BeIN, ESPNU, ESPN News, ESPN Goal line, SEC Network, SEC Network +, Pac-12 Network, NBA TV, NHL Network, Stadium).
  • 50$/mois : Sling TV Orange (ESPN, ESPN 2, ESPN 3) + Sling TV Bleu (Fox, Fox Sports 1 et 2, NBC, NBC Sport Network, NFL Network) + Extras Sport (BeIN, ESPNU, ESPN News, ESPN Goal line, SEC Network, SEC Network +, Pac-12 Network, NBA TV, NHL Network, NFL Red Zone, Stadium, Golf)

Avantages :

  • Accès à toutes les chaines détenant les droits du College Football (pas uniquement ESPN).
  • Pas d’engagement à long terme (possibilité de résilier l’abonnement chaque mois).
  • Prix abordable.
  • Service très stable et excellente qualité d’image (1080p, 4K ! ).
  • Possibilité de replay via une option CloudDVR à 5$/mois.
  • Accessible sur ordinateur (Mac, PC), téléphone mobile (iOS, Android) ou via Apple TV, Roku, XBox One, Android TV.

Inconvénients :

  • VPN requis (voir plus haut).
  • Pas accès à CBS et CBS Sports.
  • Obligation d’acheter des Sling TV Gift Card pour s’abonner (vous pouvez les acheter sur walmart.com sans restriction) car seules les cartes de crédit américaines sont autorisées pour payer l’abonnement sur le site sling.com.

Attention : ne créez pas de compte avant d’avoir votre Sling TV gift card. Une fois votre code de Sling TV gift card reçu, passez par https://www.sling.com/gift, puis « New user, redeem here ». Vous pourrez alors vous abonner en renseignant le code de Sling TV gift card dans le formulaire.

Hulu

➡️ https://www.hulu.com/

Autre service de streaming TV en ligne (OTT). Plus généraliste mais complet.

Chaines disponibles : ABC, CBS, NBC, Fox, Big Ten Network, CBS Sports, ESPN, ESPN 2, ESPNU, ESPN News, Fox Sports 1 et 2, SEC Network.

Prix : 39,99$/mois.

Avantages :

  • Accès à toutes les chaines détenant les droits du College Football (pas uniquement ESPN).
  • Pas d’engagement à long terme (possibilité de résilier l’abonnement chaque mois).
  • Prix abordable.
  • Service très stable et excellente qualité d’image (1080p, 4K ! ).
  • Accessible sur ordinateur (Mac, PC), téléphone mobile (iOS, Android) ou via Apple TV, XBox One, Android TV.

Inconvénients :

  • VPN requis (voir plus haut).
  • Pas accès à ESPN 3, Pac-12 Network, ACC Network, Longhorn Network.

 

Youtube TV

➡️ https://tv.youtube.com/

Autre service de streaming TV en ligne (OTT). Plus généraliste mais complet.

Chaines disponibles : ABC, CBS, NBC, Fox, Big Ten Network, CBS Sports, ESPN, ESPN 2, ESPNU, ESPN News, Fox Sports 1 et 2, NBC Sports, SEC Network, NBA TV, NESN, MLB Network.

Prix : 40,00$/mois.

Avantages :

  • Accès à toutes les chaines détenant les droits du College Football (pas uniquement ESPN).
  • Pas d’engagement à long terme (possibilité de résilier l’abonnement chaque mois).
  • Prix abordable.
  • Service très stable et excellente qualité d’image (1080p, 4K ! ).
  • Accessible sur ordinateur (Mac, PC), téléphone mobile (iOS, Android) ou via Apple TV, XBox One, Android TV.

Inconvénients :

  • VPN requis (voir plus haut).
  • Pas accès à ESPN 3, Pac-12 Network, ACC Network, Longhorn Network.

Attention, Youtube bloque désormais les connections à leur service TV via un VPN !

Il existe d’autres services identiques à ces deux-là : FuboTV (39,99$/mois), DirectTVNow (55$/mois) et PlaystationVue (44,99$/m). Comme pour Sling TV, Hulu et Youtube TV, vous devrez être connectés à un VPN pour y accéder. Nous vous recommandons de toujours tester l’accès à ces services via l’offre gratuite d’une semaine généralement offerte.

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Dossier

Notre Dame vs USC : une rivalité centenaire pour la conquête du Jeweled Shillelagh

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par Nicolas Meichel

USC-Notre Dame, Notre Dame-USC : un mot suffit pour qualifier cette rivalité. On parle ici d’un « classique ». Le terme classique est souvent utilisé dans le milieu de l’art, et correspond à une œuvre qui est devenue une référence. Ici, nous sommes dans le milieu du sport, mais un dénominateur commun est bien présent. Ce dénominateur commun est le mot « référence ». Lorsqu’on parle des Trojans de USC et des Fighting Irish de Notre Dame, on parle de programmes références, de confrontations références, et donc de rivalité référence. Oui, USC-Notre Dame, c’est le haut du panier, c’est la crème de la crème du football universitaire. 22 titres nationaux combinés pour les 2 programmes (11 chacun), 14 trophées Heisman, une multitude d’All-Americans et une flopée de Hall of Famers NCAA et NFL (dans le futur).

Les deux universités se rencontrent depuis 1926, et se disputent le Jeweled Shillelhag Trophy (trique de bois paré de bijoux) depuis 1952. Sur ce trophée se trouve les médaillons qui symbolisent chaque victoire de l’une des deux équipes. Lorsque les Trojans l’emportent, une tête de Trojan (chevalier troyen) est gravée dessus. Si c’est Notre Dame qui gagne, on gravera alors un trèfle à 3 feuilles. En cas de match nul, un mix des deux est réalisé. On retrouve aujourd’hui 44 trèfles, 35 têtes de Trojan, et 5 médaillons mixtes sur le trophée.

Tout commence donc en 1926. L’origine de la rivalité entre USC et Notre Dame est assez floue vu que plusieurs versions existent. La version que l’on pourrait qualifier d’officielle et qui est souvent retenue est celle qui nous raconte que l’origine de la rivalité puise sa source dans une « conversation entre épouses ». A l’époque, l’université d’USC était à la recherche d’un rival national. Le directeur athlétique de l’équipe, Gywnn Wilson, fut envoyé par les Trojans à Lincoln, dans le Nebraska, afin d’assister à la rencontre entre Nebraska et Notre Dame. Accompagné de son épouse, Wilson assista donc à cette rencontre qui se déroula le jour de Thanksgiving. Wilson proposa au coach des Fighting Irish, Knute Rockne, l’idée de créer une rencontre annuelle avec alternance de l’équipe qui reçoit (une fois le match se joue à South Bend, puis l’année suivante à Los Angeles et ainsi de suite). Contre cette idée, Coach Rockne expliqua que le voyage (en train à l’époque) était bien trop fatiguant pour son équipe. Cependant, l’épouse de Wilson réussira à convaincre l’épouse de Rockne qu’un voyage tous les 2 ans sous le soleil californien était bien plus agréable qu’un voyage dans l’environnement rugueux et neigeux du Nebraska. Mme Rockne en parla à son mari, qui accepta finalement cette proposition. C’est ainsi que depuis le 4 décembre 1926, USC et Notre Dame se rencontrent chaque année.

Le match inaugural de 1926 est déjà un aperçu de ce que la rivalité va offrir au football universitaire dans le futur. Dans un match ultra serré, Notre Dame prendra finalement le dessus pour s’imposer 13 à 12. Pour Rockne, c’est le plus grand match qu’il ait jamais vu de sa vie. L’année suivante, rebelote, avec une nouvelle victoire d’un point des Fighting Irish, sur le score de 7 à 6. Ce match s’est déroulé au Soldier Field de Chicago, devant pas moins de 120 000 personnes. L’affluence du public en ce jour de 1927 est considérée comme l’une des plus élevées de l’histoire de la NCAA.

A la fin des années 1920, l’opposition enter Notre Dame et USC est menacée, du à des soucis de logistique. En effet, les voyages en train entre South Bend à Los Angeles sont désespérément longs. Confronté au Conseil de la faculté de Notre Dame, Coach Ruckne argumenta en faveur de la rivalité, en disant que le jour où la majorité des équipes de football voyageront en avion arrivera très vite. L’opposition entre Notre Dame et USC est finalement maintenue.

Au début des années 1930, les Fighting Irish sont au sommet de la hiérarchie du football universitaire. Double champion en titre en 1929 et 1930, Notre Dame reste sur 26 victoires d’affilée au moment de recevoir USC en 1931. Le match débute parfaitement pour Notre Dame qui mène 14-0. Mais USC ne désespère pas, et sous l’impulsion de Gus Shaver et Orv Mohler, les Trojans parviennent à recoller au score avant de passer devant dans la dernière minute grâce à un field goal de 33 yards de Johnny Baker. Vainqueur 16 à 14, Les Trojans remportent le premier match de leur histoire à South Bend.

Suite à cette confrontation, le coach d’USC, Howard Jones, emmena l’ensemble de son équipe sur la tombe de Knute Rockne, mort dans un accident d’avion quelques mois auparavant, afin de respecter une minute de silence. A leur retour en Californie, plus de 300 000 fans attendaient les Trojans pour les féliciter.

Durant les années 1940, Notre Dame domine encore le monde du football universitaire, et par la même occasion la rivalité avec USC. Champions nationaux en 1943, 1946, 1947, 1949, les Fighting Irish ont remporté toutes leurs confrontations contre USC entre 1940 et 1949 (mise à part en 1948, où les 2 équipes se séparent par un nul).

De 1950 à 1961, Notre Dame continue à dominer USC, en remportant 9 des 12 matchs opposant les 2 universités.

En 1964, Notre Dame, classé #1, se déplace à Los Angeles dans le but de garder leur invincibilité (9-0 à ce moment là de la saison). USC n’étant pas classé, les Fighting Irish sont logiquement favoris, ce qu’ils prouveront en première mi-temps avec un avantage de 17 à 0. Cepedant, USC se réveille et remonte son retard. Les Trojans prennent l’avantage à 1 :35 de la fin du match grâce à un touchdown de Graig Fertig pour son receveur Rod Sherman, le tout sur un 4è down. Notre Dame tenta tant bien que mal de revenir sur un dernier drive, mais USC finit par l’emporter 20 à 17, brisant ainsi les rêves de titre des Fighting Irish.

Les matchs de 1968 et de 1970 resteront également dans les annales. En 1968, USC (guidés par O.J. Simpson, vainqueur du trophée Heisman) et Notre Dame finiront sur un score de parité 21 à 21, dans un des matchs les plus vus dans l’histoire du football universitaire. En 1970, USC prendra le dessus sur l’université de Notre Dame (invaincue à ce moment là) 38 à 28, et ce malgré l’une des plus grandes performances de l’histoire de la part de Joe Theismann (526 yards à la passe).

Le match du 30 novembre 1974 restera à jamais comme l’un des plus incroyables de la rivalité entre ces 2 géants du football universitaire. Champion en titre, Notre Dame se déplace à Los Angeles pour affronter USC. Rapidement devant sur le score de 24-0, les Fighting Irish semblent se diriger tranquillement vers une victoire confortable contre leur rival. Mais un touchdown d’Anthony Davis juste avant la mi-temps va donner de l’élan aux californiens. Au retour des vestiaires, le même Davis s’en va retourner un touchdown sur kickoff. Inarrêtables, les Trojans vont scorer 35 points (!!) dans le seul et unique 3è quart-temps ! USC remportera ce match 55 à 24, avec 55 points d’affilée, inscrits en un temps record de 17 minutes. Cette victoire a depuis été baptisé « The Comeback », et est considéré à juste titre comme l’une des plus grandes victoires de l’histoire des Trojans.

4 ans plus tard, en 1978, une nouvelle page de la légende du Jeweled Shillelhag va s’écrire, et celle de Joe Montana par la même occasion. Mené 24 à 6 par USC dans le dernier quart-temps, Notre Dame réussit l’impensable en remontant au score sous l’impulsion de Montana, pour passer devant 25 à 24 à 45 secondes de la fin. La conversion à 2pts est cependant ratée, ce qui va couter très cher aux Fighting Irish. Sur le dernier drive des Trojans, le quarterback Paul McDonald perd la balle suite à un choc. Le fumble semble évident, sauf que les arbitres décident que c’est une passe incomplète, ce qui va permettre à USC d’avoir une nouvelle opportunité qu’ils ne gâcheront pas. A 4 secondes de la fin, Frank Jordan réussit le field goal victorieux, donnant un avantage définitif aux siens 27 à 25.

De 1978 à 1982, USC remportera 5 confrontations de suite contre Notre Dame.

A partir de 1983, la domination des Fighting Irish sera nette et sans bavure. Pendant une décennie, Notre Dame dominera USC en remportant 12 des 13 confrontations jusqu’en 1995 (pour un nul en 1994). Le match de 1988 fut un match au sommet, avec Notre Dame classé #1, et USC classé #2. Notre Dame, guidé par Tony Rice, remporta le match 27 à 10, avant de remporter le titre national cette année là.

Après 11 défaites d’affilées, USC va finalement briser cette série noire en 1996 lors du premier match avec prolongations de l’histoire de la rivalité. Les Trojans l’emporteront chez eux sur le score de 27 à 20. Ce sera le dernier match en tant qu’entraineur de Notre Dame de Lou Holtz, qui était invaincu contre USC avant ce match là.

Le match de 1999 est lui aussi l’un des grands moments lorsqu’on pense aux confrontations entre les 2 universités. 25 ans après l’incroyable comeback d’USC, c’est au tour de Notre Dame de faire une remontée spectaculaire. Menés 24 à 3 dans le troisième quart-temps, les Fighting Irish réussiront l’exploit (avec l’aide du vent, qui favorisa les kickers) de remonter pour s’imposer sur le score de 25 à 24.

A partir de 2002, les Trojans prendront très largement le dessus sur Notre Dame. De 2002 à 2011, USC remporta 9 des 10 confrontations contre les Fighting Irish, et le plus souvent dans des matchs à sens unique.

Sauf en 2005, où l’on assiste peut-être au plus grand match de l’histoire de cette incroyable rivalité.

USC, double champion en titre et sur une série de 27 victoires d’affilée, se déplace à South Bend avec sa « dream team », composée, entre autres, de Matt Leinart, Reggie Bush, Lendale White ou encore Dwayne Jarrett. Notre Dame, classé #9, espère faire chuter le grand favori de la saison devant un public en furie. Le match tiendra toutes ses promesses, et c’est le moins que l’on puisse dire. USC prendra l’avantage sur un premier touchdown de Reggie Bush, le futur meilleur joueur de la saison (même si son trophée Heisman lui sera retiré plus tard pour violations de règles NCAA*). Mais Notre Dame réagit vite, et se retrouve même en tête à la mi-temps, sur le score de 21 à 14. La seconde période est ultra serrée; les Trojans reprennent les commandes 28 à 24, grâce notamment à leur duo offensif Leinart-Bush. Mais Brady Quinn, le quarterback de Notre Dame, va aider son équipe à remonter le terrain avec un drive de 87 yards, qui se conclut sur un touchdown de Quinn à la course, donnant ainsi l’avantage 31 à 28 aux Fighting Irish, à 2 minutes de la fin.

Le match a déjà atteint des sommets, mais va monter encore plus haut. Sur l’ultime drive du match, les Trojans se retrouve face à un 4th & 9 sur leur ligne des 26 yards. C’est l’action qui décidera de la saison d’USC. Leinart fait signe à son receveur Jarrett qu’il sera en couverture individuelle, avant de lui lancer la balle que ce dernier attrapera pour avancer jusqu’à la ligne des 13 yards de Notre Dame. Les Trojans arrivent finalement sur la ligne des 2 yards. Sur l’action qui suit, Leinart tente de courir lui-même vers la end zone mais il est plaqué par le linebacker Corey Mays, provoquant ainsi un fumble qui, heureusement pour les Trojans, n’aura pas de conséquence puisque la balle sort du terrain, ce qui arrête la montre laissant 7 secondes de jeu (USC n’avait plus de time out à ce moment là). Cependant, le chronomètre du stade ne s’arrête pas, faisant ainsi croire à une victoire des locaux. Le terrain est envahi par les étudiants de Notre Dame, avant d’être évacué pour laisser les 7 dernières secondes se jouer. Dans la confusion totale, une dernière action a finalement lieu. USC tente un QB-sneak, et Leinart semble être stoppé par la défense de Notre Dame, avant que Reggie Bush ne pousse finalement son quarterback dans la terre promise. Cette dernière action est appelée depuis « The Bush Push ». USC s’imposera donc finalement 34-31 dans ce match que l’on baptisera logiquement le « Bush Push  Game ». Les Trojans finiront leur saison en perdant la finale nationale contre les Texas Longhorns de Vince Young.

Depuis ce match mémorable, la rivalité entre USC et Notre Dame n’a pas connu de très grandes confrontations, ce qui est du notamment au fait que les 2 programmes ne sont plus performants en même temps. Mais peu importe, les confrontations entre USC et Notre Dame resteront à jamais spéciales pour tout ce qu’elles représentent, à savoir le football universitaire à son apogée et à son meilleur.

L’anecdote : The « Bush Push »

Le « Bush Push » est aujourd’hui considéré comme l’une des plus grandes actions de toute l’histoire du football universitaire. Cependant, elle est aussi controversée et contestée, notamment par des fans de Notre Dame.

Selon la section 3, article 2b du livre des règles NCAA, « le coureur n’a pas le droit de pousser ou de porter un coéquipier pour l’aider à progresser dans le terrain ».

Une pénalité aurait donc pu (du ?) être signalée, même si ce n’est que très rarement le cas. Si les arbitres avaient jeté leur petit foulard jaune, USC aurait du reculer de 5 yards…

Les enjeux du match de samedi

– La suprématie de la rivalité est en jeu.
– Les Trojans de #12 USC (8-3, 7-2 Pac-12) sont encore en course pour le titre de division Pac-12 South mais ils n’ont pas leur Destin entre leurs mains. Ils doivent compter sur une défaite de #9 Colorado face à #22 Utah et s’imposer à domicile contre Notre Dame.
– Notre Dame (4-7) a l’occasion de finir en beauté une saison 2016 catastrophique. En battant leurs grands rivaux – et les privant au passage d’une éventuelle finale de conférence Pac-12 – les Fighting Irish se feraient pardonner par une base de fans en colère.

* : la NCAA a décidé le 10 juin 2010 de punir l’université d’USC pour avoir accordé des avantages en nature à Reggie Bush, de décembre 2004 à 2005. Le trophée Heisman remporté par Bush en 2005 lui a été retiré, et l’ensemble des victoires dans lesquelles Bush a participé durant cette période ont été annulées (14 victoires en tout). Il n’y a donc officiellement pas de vainqueur du trophée Heisman en 2005, ni de vainqueur du « Bush Push Game » de 2005, ce qui n’empêchera cependant pas ce dernier de rester graver dans les mémoires.

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