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Verchain’s Justice : The O’Bannon Trial – Episode 2

Ed O’Bannon vs. The NCAA. The Trial. Episode 2. Les compte-rendus d’audience. Sauce Verchain. Avec beaucoup de virgules, de parenthèses et de points de suspension…

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Bonjour à toutes. Oui, à tous aussi. Votre ami Verchain, le gars qui parle de lui à la troisième personne et aime à se coltiner pour The Blue Pennant tous les – vrais – scandales du football universitaire (s’il devait faire la revue des arrestations et des exclusions de joueurs, il y passerait ses journées) et leurs répercussions judiciaires, s’est porté volontaire pour vous retranscrire, de manière la plus simple possible et en mettant les choses en perspective lorsque nécessaire, les différentes phases du procès présenté par certains comme le plus important de l’histoire du sport (rien que ça…) : Ed O’Bannon vs. The NCAA.

En direct live différé d’Oakland, California, voici donc les compte-rendus d’audience. Sauce Verchain. Avec beaucoup de virgules, de parenthèses et de points de suspension…

Dans les épisodes précédents, le showman Robert Noll a captivé l’audience, et séduit Judge Claudia avec ses nombreux propos incompréhensibles et ses multiples blagounettes, avant qu’un ancien receveur ne vienne démontrer qu’il n’avait aucun droit à sa propre image, celle qui vaut 10 dollars par cliché.

Aujourd’hui :

Day Four

En ce quatrième jour, après le show Noll, place à un ancien cadre de NBA TV, Ed Desser. L’objectif des plaignants en citant ce monsieur est de démontrer qu’il existe un vrai ‘marché’ parmi les programmateurs TV pour les droits d’exploitation des images des joueurs. Ed Desser est aujourd’hui consultant spécialisé. C’est à dire qu’il est rémunéré pour venir témoigner.

Malgré les protestations des avocats de Fox présents à l’audience, Judge Claudia a autorisé les plaignants à présenter les clauses du contrat liant le network à la Big 12. Un autre contrat entre la NCAA et CBS/Turner pour la diffusion de la March Madness de basket a été également évoqué.

Les deux contrats évoqués ont été négociés en 2009, soit après le premier dépôt de plainte d’O’Bannon, bien qu’à l’origine, la démarche du camp des plaignants ne portait pas fortement sur les milliards des droits télé (ce n’est qu’en 2012 que les plaignants ont renforcé leur position sur ce point). Les contrats datent de 2010 (Fox) et 2011 (CBS).

Le contrat de Fox contient une clause indiquant que la conférence donne à la chaîne « tous les droits sur l’image et les noms des joueurs » qui sont « raisonnables et nécessaires » pour que la chaîne diffuse les matchs en direct.

Desser a également affirmé que le contrat de la Fox contient une clause « de confort » pour la chaîne limitant les impacts pécuniers d’une éventuelle procédure judiciaire relative aux droits cédés.

Le contrat de la NCAA avec CBS indique la NCAA garantit qu’il ne viole aucune loi relative au droit à l’image des joueurs et des coaches.

Desser a également affirmé qu’une clause dans le contrat de CBS prévoit des dispositions financières d’indemnisation du network en cas de souci judiciaire. Nouveau numéro comique digne du théâtre de boulevard avec l’avocat de CBS qui pénètre dans le prétoire depuis les chaises de l’assistance et réclame que cette clause et ses dispositions demeurent secrètes. Les parties s’entendent finalement pour qu’une partie du contrat demeure confidentielle.

Desser déclare également que l’image des joueurs est l’essence même de ce qu’achètent les chaînes de télé pour diffuser les matchs, arguant que ‘aucune chaîne ne veut montrer un stade vide ou un match dans lequel elle devrait flouter les joueurs’.

Au cours du contre-interrogatoire, l’avocat de la NCAA a fait admettre à Desser que de nombreux contrats de droits sportifs universitaires ne font pas mention de ‘l’image, le nom, l’apparence’ des joueurs. L’avocat a également indiqué que la loi californienne ne reconnaît pas de droit à l’image pour la diffusion d’événements sportifs. L’un des arguments de la NCAA est d’affirmer que de nombreux états sont dans le même cas.

La NCAA n’emploie d’ailleurs jamais le terme ‘joueur’ dans ses contrats, mais le terme de ‘participant’. Un ‘participant’ recouvre donc plus de personnes que l’ensemble des joueurs (les coaches… Verchain ajouterait les cheerleaders bien sur. Et oui, il est prêt à payer pour les cheerleaders d’Oregon, mais c’est une autre affaire).

Ce à quoi Desser a répondu : ‘je crois que l’activité des joueurs sur le terrain est quelque chose qui a une valeur, sinon les diffuseurs n’accepteraient pas de payer pour diffuser’.

Ceci a permis à l’expert NCAA en matière de TV, un autre consultant nommé Neal Pilson, ancien président de CBS Sports, qui est passé à la barre, d’affirmer que le fait de mettre en place une compensation financière des joueurs ferait passer les sports concernés pour simplement ‘juste d’autres sports professionnels’, ce qui nuirait ‘à l’intérêt porté par le public à ces sports’. C’est l’une des positions de la NCAA. Limiter l’intérêt du public limiterait les gains potentiels et donc ne permettrait plus d’investir dans les installations universitaires ou la rémunération de professeurs compétents, ce qui limiterait les possibilités de recrutement d’étudiants-athlètes. Car, it is known, les étudiants-athlètes se recrutent en fonction du potentiel scolaire de chaque fac…

Le témoignage de Pilson aura permis une petite bataille de déclarations devant les micros à la sortie de l’audience, chaque camp restant bien évidemment sur sa position, les plaignants se moquant ouvertement de l’expert en affirmant que sa position n’existait que dans sa tête et pas dans le monde réel…

Day Five

Le lendemain, le camp des plaignants a appelé à la barre un autre ancien joueur nommément plaignant, Chase Garnham, ancien joueur de Vanderbilt. Oui, un linebacker pour ceux qui ne connaîtraient pas cette mégastar…

Comme pour O’Bannon et Prothro qui avaient témoigné avant lui, l’objectif des avocats des plaignants était de démontrer que Garnham, comme les autres, était d’abord un athlète avant d’être un étudiant. Ils lui ont fait dire qu’il avait du prendre des médicaments donnés par le staff médical de l’équipe de football avant chaque match de ses saisons junior et senior à cause de blessures et qu’il avait pu observer son avatar dans un jeu vidéo et qu’il n’avait aucun doute sur le fait que c’était lui qui était représenté à l’écran.

Garnham a poursuivi en témoignant que la moitié des joueurs de sa classe d’âge à Vanderbilt avaient pris la même dominante que lui – développement humain et organisationnel. Il a également affirmé s’être disputé avec plusieurs représentants du département des sports des Comodores, dont le directeur des sports David Williams, avant sa saison senior au sujet de la signature d’un accord abandonnant ses droits d’image et de nom nécessaire pour qu’il puisse jouer.

Day Six

Le contre-interrogatoire de Garnham s’est déroulé lundi, à la réouverture du procès. L’avocate de la NCAA a démonté point par point tout ce qui avait été avancé par l’avocat des plaignants.

L’avocate de la NCAA, c’est Carolyn Luedtke. Qui a un nom imprononçable et qui fait peur…

On a donc eu droit au fait que la dominante choisie par Garnham est très populaire parmi les étudiants de Vandy (qu’ils soient sportifs ou non), à l’exposition de deux images issue du jeu vidéo (NCAA Football d’EA, pour ne pas le nommer) représentant celui que Garnham avait identifié comme son avatar vidéoludique et un autre sensé représenter un joueur de Stanford devant lesquelles le linebacker a reconnu que les visages en pixels étaient identiques, à l’exposition du compte Twitter du joueur commentant des émissions TV populaires pour prouver qu’il passait beaucoup de temps devant ces trucs (ce qui tendrait à démontrer que le football ne consommait pas tout son temps, et pas celui qu’il aurait du investir à étudier, ce branleur…), pour finalement conclure sur le fait que Garnham reconnaissait avoir reçu une bourse de 50 000 dollars et avoir terminé son cursus sans avoir de dettes liées à sa scolarité.

L’objectif était une nouvelle fois d’appuyer sur deux des quatres lignes de défense de la NCAA : limiter la compensation financière des étudiants-athlètes permet de préserver l’intégration des études et du sport et l’importance de l’amateurisme permettant de distinguer les sports universitaires des sports pros et donc de préserver l’intérêt du public pour ces événements sportifs…

Bref…

Les plaignants se devaient d’en remettre une couche. Enter Ellen Staurowsky.

Verchain n’a aucune raison, mais alors aucune, d’aller poser ses fesses dans ce prétoire. Paie ton train fantôme…

Professeur de management du sport à Drexel, celle que nous nommerons désormais Morticia est venue parler gros sous et affirmer qu’il y a une demi-douzaine de raisons pour lesquelles on peut considérer que les étudiants-athlètes sont des athlètes d’abord, et des étudiants ensuite. Vous le sentez, là, le comique de répétition ?

Pour faire bon effet, l’avocat des plaignants, Rosenthal, nous a livré une lecture des règles de la NCAA. Deux points plus particuliers, sur le fait de maintenir le sport comme une partie intégrante du cursus universitaire et sur le principe de l’amateurisme qui doit protéger les étudiants-athlètes de l’exploitation des firmes commerciales (bouhhhh!!!).

Ce petit préambule juste pour permettre à Morticia de nous servir sa soupe attendue. Les conférences majeures reçoivent des millions de dollars par an des chaînes de télévision. Et ce sont ces millions qui dictent l’établissement des calendriers des rencontres et a pousser les universités à décider d’ajouter un douzième match de saison régulière dans le courant des années 2000. Citant les études de USA Today ou du Sports Business Journal, Morticia a ensuite discouru sur les augmentations folles des salaires des coaches et sur les sommes englouties dans l’amélioration des installations sportives des facs.

Tout cela pour en arriver à son temps fort, citer les six raisons pour lesquelles les joueurs de football et de basket masculin sont des athlètes avant d’être des étudiants…

  • Le temps consacré au sport (en se basant sur des données publiées par la NCAA)

  • L’accent mis par les universités sur le sport, en citant une autre étude de la NCAA indiquant que seuls 15% des étudiants-athlètes choisiraient leur dominante universitaire actuelle s’ils n’étaient pas membres des équipes sportives.

  • La façon dont sont distribuées les bourses universitaires, citant une étude indiquant que très peu de facs utilisent la possibilité d’offrir des bourses garanties sur plusieurs années (ce qui implique qu’elles se couvrent contre les risques de blessures mettant fin aux carrières des joueurs, en somme).

  • La différence du niveau d’admission entre les étudiants-athlètes des grosses facs et les étudiants lambda dans les mêmes universités.

  • Les taux de réussite aux diplômes qui sont inférieurs pour les joueurs de football et de basket que pour les autres populations universitaires, y compris les étudiants-athlètes des autres sports. Elle se base sur des données NCAA et des études fédérales.

  • Le regroupement massif des étudiants-athlètes dans certaines dominantes universitaires (sous-entendu ‘moins exigeantes’) par rapport aux autres étudiants, en se basant sur une étude menée par Morticia elle-même et ses étudiants pour le compte de USA Today, alors qu’elle était professeur à Ithaca.

Les défendeurs ont employé la vieille technique que vous avez sans doute vu dans toutes les séries judiciaires. Décrédibiliser le témoin.

Plutôt que d’attaquer les arguments de Morticia, l’avocat Luis Li (eh oui) s’est employé à questionner le fait qu’elle basait son témoignage sur des données fournies dans des articles de presse. Tout ça pour démontrer que Morticia n’était pas une experte dans le domaine sur lequel elle témoignait (hé, même Verchain sait tout ce que Morticia rapporte à la barre, c’est dire…). Jusqu’à aller au gag visuel, en fournissant au témoin un téléphone portable, pour qu’elle puisse utiliser sa fonction ‘calculatrice’ pour étayer et vérifier ses chiffres.

Un vrai, beau sketch de prétoire. Le genre de truc qui peut t’amener la sympathie d’un jury…

Ouais… Sauf que dans le tribunal de Judge Claudia… Il n’y a pas de jury…

On en était tellement dans le comique que Morticia s’est même permise de demander à Li ce que ses questions sur ses qualifications avaient à voir avec le cas… Judge Claudia likes this…

Les avocats bien chers de la NCAA se sont donc manqués sur ce coup, en ne testant pas la validité des arguments. Un point pour les plaignants…

La fin du contre-interrogatoire est à suivre…

Coming Next :

Mark Emmert. Oui, le président de la NCAA, qui a tout de même tendance à faire parfois n’importe quoi, sera appelé à la barre jeudi. Can’t wait… Oh, et il y aura la suite de l’interrogatoire de Morticia Staurowsky… Et plein d’autres surprises… Stay tuned !

‘Til next time, take care of yourself, and each other…

Après trois années à commenter le football sous toutes ses formes, Verchain a rejoint la rédaction de The Blue Pennant en 2013 pour vous proposer son College Football Report et quelques autres fantaisies, en exclusivité.

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[rivalry] Michigan et Michigan State à la conquête du Paul Bunyan Trophy

Deux universités, deux campus, deux programmes, pour un trophée, pour un Etat. Michigan versus Michigan State, Wolverines versus Spartans, Ann Arbor versus East Landing. Chaque année, cette confrontation tient en haleine le monde du football universitaire

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Deux universités, deux campus, deux programmes, pour un trophée, pour un Etat. Michigan versus Michigan State, Wolverines versus Spartans, Ann Arbor versus East Lansing. Chaque année, cette confrontation tient en haleine le monde du football universitaire.

La rivalité entre Michigan et Michigan State possède une histoire riche. La première confrontation entre les 2 universités remonte à plus d’un siècle, 1898 plus exactement. Depuis cette date, 105 confrontations ont été jouées, et Michigan tient largement les commandes avec un bilan de 68-32-5 en sa faveur.

Ce n’est qu’à partir de 1953 et l’arrivée de Michigan State dans la Big Ten Conference que les 2 universités se disputent le Paul Bunyan Trophy. Ce trophée, représentant le bucheron géant Paul Bunyan, symbolise l’histoire du Michigan, autrefois un Etat majeur dans la production du bois.

L’histoire commune entre Wolverines et Spartans débute donc en 1898. Dès le début, Michigan semble être plusieurs crans au dessus de Michigan State. De 1898 à 1933, Michigan remporte 23 rencontres, pour seulement 2 défaites et 3 nuls. En 1902, les Wolverines l’emporteront d’ailleurs sur un score record de 119 à 0. Michigan sera élu champion national cette année là, comme en 1901, 1903 et 1904.

Entre 1934 et 1937, les Spartans enchainent 4 victoires d’affilée contre Michigan, avant de sombrer 10 fois de suite jusqu’en 1949.

Les années 1950 et 1960 représentent la période de domination de Michigan State. Dans les années 1950, les Spartans sont l’une des meilleures équipes du football universitaire au niveau national. Guidés par coach Clarence Munn et par des joueurs comme Lynn Chandnois, Dorne Dibble, Bob Carey ou encore Don Coleman, MSU termine les saisons 1951 et 1952 invaincu, avec le titre national en poche (partagé avec Tennessee en 1951). Les Spartans remporteront également le Rose Bowl de 1954 et 1956, sous les ordres de coach Duffy Daugherty. Michigan State est à nouveau élu champion national en 1965 (malgré une défaite contre UCLA au Rose Bowl) et en 1966 (co-champion avec Notre Dame, suite au match nul 10 à 10 dans le « Game of the Century »). De 1950 à 1969, les Spartans domineront logiquement les Wolverines avec 14 victoires pour seulement 4 défaites et 3 nuls.

1970 marque un tournant. L’arrivée de Bo Schembechler à la tête des Wolverines va radicalement changer la donne. Michigan devient à nouveau une place forte du football universitaire durant cette décennie. Classé dans le top 10 (au classement AP Top 25) des équipes universitaires de 1970 à 1979, Michigan prendra le dessus sur Michigan State 8 fois sur 9 (défaite en 1978, année où les 2 universités se partageront le titre de la Big Ten Conference). Les années se suivent et se ressemblent, puisque Michigan remportera 8 des 10 matchs joués durant les années 1980.

Le match de 1990 marque un moment important dans l’histoire de la rivalité. Classé #1, UM reçoit MSU à Ann Arbor. Favoris, les Wolverines sont menés 28 à 21 dans la dernière minute. Un touchdown d’Elvis Grbac pour Derrick Alexander permet à Michigan de revenir à un point. Gary Moeller, le coach des Wolverines, joue la gagne avec une tentative de conversion à 2 points. Dans une action très confuse, les arbitres oublieront une pass interference d’Eddie Brown sur Desmond Howard. Le score ne changera plus malgré une dernière Hail Mary de Grbac qui sera d’ailleurs interceptée. Après le match, les arbitres appelleront Moeller afin de s’excuser pour la mauvaise décision arbitrale ayant couté le match à Michigan.

Les années 1990 restent tout de même à l’avantage des Wolverines. Classé dans le top 10 de l’AP Top 25 jusqu’en 1997, Michigan dominera son rival avec un bilan de 7-4 entre 1990 et 2000. Les Wolverines, guidés par le quarterback Brian Griese et le vainqueur du trophée Heisman Charles Woodson, seront même champions nationaux en 1997.

L’arrivée des années 2000 marque par la même occasion l’arrivée d’un certain nombre de belles confrontations, à la fois serrées et intenses, entre les 2 rivaux.

Le match de 2001 par exemple, aussi appelée le « Clockgate », restera à jamais dans les mémoires des deux camps. Menés 24 à 20 à 3 minutes de la fin, les Spartans recupèrent le ballon au milieu de terrain. Après une penalité contre Michigan pour un facemask et une autre pour avoir mis 12 joueurs sur le terrain, MSU a une occasion rêvée de passer devant à 17 secondes de la fin. Jeff Smoker, le quarterback des Spartans, tente une course mais est stoppé sur la ligne des 1 yards, avec l’horloge qui tourne. Michigan State se dépêche pour « spiker » la balle afin d’arrêter la montre. Le chronomètre indique qu’il reste 1 seconde à jouer, avec donc une dernière tentative pour les Spartans. Sur la dernière action du match, Smoker trouve T.J. Duckett pour le touchdown, permettant à Michigan State de l’emporter 26 à 24.

Le commentateur radio de Michigan, Frank Beckmann, qualifiera le match de « criminel » et critiqua fortement les arbitres. Malgré les réclamations de Beckmann, il a été prouvé que la décision arbitrale était bonne et qu’il restait bien du temps au moment du « spike ». Beckmann insista tellement que Bob Stehlin, le Clock Operator (responsable de l’horloge), était à deux doigts de poursuivre Beckmann en justice pour diffamation et calomnie. Finalement, aucune plainte n’a été portée et tout est rentré dans l’ordre.

Trois ans plus tard, Michigan et Michigan State s’opposent à Ann Arbor, dans un match qui se décidera en 3 prolongations (ce qui n’est jamais arrivé auparavant au Michigan Stadium). Les Wolverines l’emporteront 45 à 37, portés par leur receveur star Braylon Edwards (11 réceptions pour 189 yards et 3 touchdowns) et leur running back Mike Hart (224 yards en 33 courses).

L’année suivante, la rencontre se décidera à nouveau en prolongations. Ce match est spécial car c’est la première fois depuis 1968 que Michigan State est classé (#11) dans l’AP Top 25 alors que Michigan ne l’est pas (au moment de l’opposition). Cela n’empêchera cependant pas les Wolverines de dominer le début de match, en menant au score 14 à 0 puis 21 à 7. Les Spartans réagissent et parviennent à revenir à la hauteur de leur adversaire. Le temps réglementaire se finit sur un score de parité 31 à 31. En prolongations, MSU aura l’occasion de passer devant sur un field goal, mais le kicker John Goss est maladroit. Cela va couter très cher aux Spartans vu que le kicker de Michigan, Garrett Rivas, permettra à son équipe de l’emporter sur un field goal de 35 yards.
La suprématie de Michigan sur son rival se prolongera jusqu’en 2007, avec deux nouvelles victoires 31 à 13 et 28 à 24, portant ainsi la série victorieuse des Wolverines à 6 victoires d’affilée.

A partir de 2008, la tendance s’inverse. Michigan State va dominer son rival pendant 4 longues années, avec notamment des victoires inattendues en 2009 et 2011. Michigan parviendra à stopper l’hémorragie en 2012 en l’emportant 12 à 10 face aux Spartans, le tout sans scorer le moindre touchdown durant le match avant d’être ridiculisé 29-6 par Michigan State en 2013 qui a sacké le quarterback des Wolverines à 7 reprises forçant ainsi le programme d’Ann Arbor à terminer avec une abominable fiche de… -48 yards au sol !

Samedi, un nouveau chapitre du Paul Bunyan Trophy s’ouvrira à East Lansing. Ce sera la 114ème confrontation entre les 2 universités, pour notre plus grand bonheur.

L’anecdote : Les Spartans sont la « football factory »

Au début des années 1950, les Michigan State Spartans sont considérés comme l’une des meilleures équipes du pays. Ils gagnent même le surnom de « football factory », que l’on pourrait traduire comme « l’usine à football ».

Ce surnom n’est cependant pas pris au hasard. En effet, les années 1950 sont marquées par le développement de l’industrie automobile à Detroit, la principale ville de l’Etat du Michigan. C’est donc en référence à la ville leader de fabrication automobile que les Spartans étaient appelés la « football factory ».

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Réalignement et Recrutement : rejoindre le Power Five est-il une bonne affaire ?

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Crédit photo : Scott Sommerdorf

La FBS est en passe de vivre son premier gros realignment de la décennie 2020, après celui du début des années 2010. Le départ de Texas et Oklahoma vers la SEC a logiquement provoqué un effet boule de neige. Outre la pseudo alliance Big Ten – Pac 12 – ACC qui vise à rééquilibrer les rapports de force dans le paysage du College Football, la Big 12 est désormais engagée une course contre-la-montre : amputée de ses deux programmes les plus populaires, elle doit désormais agir pour conserver sa compétitivité sportive et son attractivité auprès des téléspectateurs.

Les rumeurs se sont confirmées vendredi dernier : Cincinnati, UCF, Houston et BYU vont rejoindre la Big 12 dans les prochaines années, soit trois têtes de gondole du Group of Five et une équipe historique indépendante. Au-delà du gain de légitimité indéniable qu’une adhésion au Power 5 représente pour Cincinnati (rétroactivement playoffable ?…) et UCF (rétroactivement champion national ?…), on pourrait instinctivement se dire que cela serait bénéfique pour ces programmes du point de vue du recrutement.

Profitons donc de ce feuilleton qui a animé notre été pour faire un petit retour en arrière et observer quelles ont été les conséquences d’une adhésion à une conférence du Power 5 par le passé, en étudiant la chute de la Big East ainsi que le réalignment de la Mountain West.

Méthodologie

Cette étude porte sur sept programmes : Rutgers, Louisville, Syracuse, Pittsburgh et West Virginia tous issus de la défunte conférence Big East d’une part, et TCU et Utah d’autre part. Après une tentative ratée en AAC, Rutgers et Louisville ont respectivement rejoint la Big Ten et l’ACC. A l’implosion de la Big East, Pittsburgh et Syracuse avaient directement adhéré à l’ACC tandis que West Virginia avait opté pour la Big 12. De son côté, la Mountain West a perdu Utah en 2011 soit trois ans après la saison monumentale qui avait vu les Utes finir 2e de l’AP Poll et battre Alabama au Sugar Bowl, ainsi que TCU un an plus tard, qui avait à ce moment-là enchaîné trois titres de conférence d’affilée (accumulant au passage un bilan de 36 victoires pour 2 défaites).

Chaque année, le site 247Sports attribue aux équipes une note en fonction de leur classe de recrutement. Nous avons donc retenu cette mesure pour les 5 années qui ont précédé et suivi le realignment, ce qui nous donne un large scope de 10 ans, suffisant pour observer quelques tendances intéressantes.

En guise de repère, ayons à l’esprit qu’une note de 240 place généralement le programme dans le top 20 national. 200 serait une moyenne plutôt correcte pour l’ensemble du Power 5. 160 correspondrait à la partie haute du Group of Five. Enfin, une note de 120 correspond au haut du panier de FCS.

De plus, les graphiques plus bas retracent les notes annuelles des différentes équipes (en pointillés). Nous avons également ajouté une moyenne mobile (trait plein) afin de rendre compte de tendances plus durables.

De Rutgers à TCU, une absence de consensus

Le tableau ci-dessus nous permet de constater que les destins diffèrent nettement. La cote auprès des recrues d’équipes comme Louisville, Syracuse, Pittsburgh ou West Virginia varie peu (plus ou moins 5% maximum). A l’inverse, les trois équipes restantes méritent plus d’attention.

Rutgers, présenté sur le graphique ci-dessous, est de loin le grand perdant de cette vague de realignment. L’équipe passe globalement de 203 à 177 points, ce qui la glisser dans le bas de tableau de la FBS.

Bien que sa moyenne post-realignement soit plus élevée, le cas de TCU n’est pas si évident. En effet, on constate sur le graphique suivant que la progression des Horned Frogs démarre en Year -3. Ce nouveau standing se solidifie lors des années qui suivent mais aucun grand bon n’est observé à la suite de l’arrivée en Big 12. D’autres hypothèses peuvent être formulées quant à cette hausse : les trois titres d’affilée de Mountain West auraient par exemple permis à TCU d’ « avoir accès » à de meilleurs prospects au sein du réservoir texan.

Enfin, il en va de même pour Utah. On observe un grand bon entre les années -3 et -2, puis un effet de plateau jusqu’à l’année 2 avant de redescendre jusqu’à 160. Malgré tout, les Utes ont toujours été éligibles pour un Bowl Game entre 2014 et 2019 et constituent un contender régulier dans la division South de la Pac-12.

Conclusion

L’histoire récente nous montre que l’accession au Power 5 n’apporte pas de surplus de crédit aux programmes auprès des prospects. Il semblerait que les équipes « éligibles » à un passage à l’échelon supérieur aient opéré leur transition en amont, comme c’est probablement le cas actuellement à Cincinnati. Attention donc à l’éclatement de la bulle de hype qui entoure les Bearcats : lors de sa première saison en Pac-12, Utah avait fini avec un bilan de 7-5 (avec le bowl game) et 4 défaites sur ses 4 premiers matches de conférence.

Mais une chose est sûre. Grâce à ce futur realignment, les media toujours en quête de grain à moudre et les excités du bulbe qui pullulent sur Reddit auront enfin (encore ?) une réponse à la fameuse question : y a-t-il vraiment un biais entre le Power 5 et le Group of 5 ?…

Annexe : notes de recrutement 247Sports année par année

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Comment regarder les matchs de College Football en France ?

A quelques jours du début de la saison 2021 de College Football, nous vous proposons un tour d’horizon des différentes options que vous avez pour regarder des matchs à partir de la France.

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Note : The Blue Pennant n’a reçu et n’acceptera aucune rémunération pour avoir cité et recommandé un certain nombre de diffuseurs et services en ligne. Ceci n’est pas un article promotionnel mais uniquement un article informatif.

Vous avez été nombreux à nous solliciter via Twitter, Facebook ou par mail afin de connaitre les différentes options pour pouvoir suivre le football américain universitaire en direct ou à la demande.

L’offre TV en France est très limitée, inexistante même depuis que RMC Sport ne diffuse plus de matchs. C’est donc vers le streaming… en anglais qu’il faudra vous tourner. Si vous ne maitrisez pas un minimum la langue de Shakespeare, ça peut être un problème.

Que vous soyez un passionné ou que vous souhaitiez suivre quelques matchs à l’occasion, nous vous proposons de faire un tour d’horizon complet des différentes offres qui vous permettront de faire votre choix en fonction de votre intérêt et de votre budget.

Streaming

ESPN Player

C’est le seul service légal de streaming TV accessible en France. Il vous permet d’accéder aux très nombreux matchs de College Football diffusés par les chaines du groupe ESPN (ESPN, ESPN 2, ESPN 3, ESPN U, ABC) et de ses filiales (SEC Network, ACC Network, Longhorn TV) + Pac-12 Network.

ESPN Player vous permet aussi de regarder l’émission phare College Gameday (tous les samedis à de 15h à 18h en France), les bowls de fin de saison et le College Football Playoff.

Si vous aimez le basket NCAA et la March Madness, cela fait également partie du package. De nombreux documentaires produits par ESPN sont également disponibles à la demande.

Par contre, vous ne verrez pas le meilleur match de la semaine dans la SEC (diffusé sur CBS), ni certains gros matchs de la Big Ten et de la Big 12 (diffusés sur Fox), ni les matchs à domicile de Notre Dame (diffusés sur NBC).

Toutefois, ça reste un incontournable pour tous les fans de College Football.

➡️ https://www.espnplayer.com/

Prix : 79,99 euros par année ou 11,99 euros par mois.

Avantages :

  • Accessible sur ordinateur (Mac, PC), téléphone mobile (iOS, Android). Compatible avec AirPlay et Chromecast.
  • Matchs en live et à la demande.
  • Essai de 7 jours gratuits pour les nouveaux abonnés.
  • Excellente qualité d’image (1080p / 4K).

Inconvénients :

  • Pas d’accès aux matchs diffusés sur CBS (souvent le meilleur match de la semaine dans la SEC).
  • Pas d’accès aux matchs diffusés sur Fox et Fox Sports.
  • Pas d’accès aux matchs diffusés sur NBC (Notre Dame).

Via un VPN

C’est une option qui demande un peu plus d’effort (ça reste simple) mais qui, au final, est peut-être la formule la plus adaptée pour les passionnés !

C’est quoi un VPN ?
Virtual Private Network ou Réseau Privé Local en français. L’idée est très simple : grâce à un logiciel « agent », le but est de créer une connexion permanente, sécurisée et encryptée entre deux ordinateurs distants tel un tunnel. C’est totalement LÉGAL.

Ça sert à quoi ?
Un VPN permet de changer d’adresse IP sur internet puisque votre ordinateur/téléphone/tablet se retrouvera avec l’adresse IP de l’ordinateur sur lequel vous est connectés via le VPN. Cela permet de contourner les restrictions géographiques de certains services proposés sur Internet. Si vous êtes connectés à un serveur américain via un VPN, votre adresse IP sur internet sera localisée aux États-Unis !

Et c’est là tout l’intérêt : accédez à n’importe quel site Internet ou application, sans restrictions géographiques ni censure.

Tous les services américains de TV en ligne restreignent géographiquement leur accès. Seuls les résidents américains peuvent s’y abonner. Or, avec un VPN, vous êtes comme un américain (sur internet, en tout cas). Et hop, vous pouvez désormais y accéder moyennant un abonnement en ligne.

Quel service de VPN choisir ?
Nous vous recommandons très fortement ExpressVPN, le service de VPN le plus fiable au monde (mais pas le moins cher, donc).

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Il existe d’autres fournisseurs de VPN comme NordVPN, CyberGhost ou Private Internet Access.

Et après, je fais quoi avec mon VPN ?

Une fois votre VPN installé et connecté sur un serveur aux États-Unis, vous êtes comme un américain sur internet : vous pouvez accéder à des services qui sont généralement géobloqués hors des Etats-Unis.

Il vous faut alors vous abonner à un service de streaming TV (OTT). C’est la seconde étape. Nous vous proposons ci-dessous de découvrir les trois meilleurs services selon notre expérience : Fubo TV, Sling TV et Hulu.

Fubo TV

➡️ https://www.fubo.tv/

C’est probablement le service de streaming TV en ligne (OTT) le plus complet pour les passionnés de sport.

Chaines disponibles : ABC, CBS, NBC, Fox, Big Ten Network, CBS Sports, ESPN, ESPN 2, ESPN 3, ESPNU, ESPN News, Fox Sports 1 et 2, NBC Sports, SEC Network, ACC Network, Pac-12 Network, NBA TV, NFL Network, MLB Network, BeIN.

Prix : 64,99$/mois.

Avantages :

  • Accès à toutes les chaines détenant les droits du College Football (pas uniquement ESPN).
  • Pas d’engagement à long terme (possibilité de résilier l’abonnement chaque mois).
  • Pas de restriction imposant une carte de crédit US pour l’abonnement.
  • Prix abordable.
  • Service très stable et excellente qualité d’image (1080p et 4K !).
  • Accessible sur ordinateur (Mac, PC), téléphone mobile (iOS, Android) ou via Apple TV, XBox One, Android TV.

Inconvénients :

  • VPN requis (voir plus haut).
  • Pas accès à Longhorn Network.

Sling TV

➡️ https://www.sling.com/

C’est le service de streaming TV en ligne (OTT) le moins cher mais également complet.

Trois formules disponibles :

  • 35$/mois : Sling TV Orange (comprenant ESPN, ESPN 2, ESPN 3, ACC Network). Pas intéressant par rapport à ESPNPlayer (voir plus haut).
  • 46$/mois : Sling TV Orange (ESPN, ESPN 2, ESPN 3, ACC Network) + Extras Sport  (BeIN, ESPNU, ESPN News, SEC Network, SEC Network +, Longhorn Network Pac-12 Network, NBA TV, NHL Network, Stadium).
  • 61$/mois : Sling TV Orange (ESPN, ESPN 2, ESPN 3) + Sling TV Bleu (Fox, Fox Sports 1 et 2, NBC, NBC Sport Network, NFL Network) + Extras Sport (BeIN, ESPNU, ESPN News, ESPN Goal line, SEC Network, SEC Network +, ACC Network, Longhorn Network, Pac-12 Network, NBA TV, NHL Network, NFL Red Zone, Stadium, Golf).

Avantages :

  • Accès à la quasi-totalité des chaines détenant les droits du College Football (pas uniquement ESPN).
  • Pas d’engagement à long terme (possibilité de résilier l’abonnement chaque mois).
  • Prix abordable.
  • Service très stable et excellente qualité d’image (1080p, 4K ! ).
  • Possibilité de replay via une option CloudDVR.
  • Accessible sur ordinateur (Mac, PC), téléphone mobile (iOS, Android) ou via Apple TV, Roku, XBox One, Android TV.

Inconvénients :

  • VPN requis (voir plus haut).
  • Pas accès à CBS et CBS Sports.
  • Obligation d’acheter des Sling TV Gift Card pour s’abonner (vous pouvez les acheter sur amazon.com sans restriction) car seules les cartes de crédit américaines sont autorisées pour payer l’abonnement sur le site sling.com.

Attention : ne créez pas de compte avant d’avoir votre Sling TV gift card. Une fois votre code de Sling TV gift card reçu, passez par https://www.sling.com/gift, puis « New user, redeem here ». Vous pourrez alors vous abonner en renseignant le code de Sling TV gift card dans le formulaire.

Hulu

➡️ https://www.hulu.com/

Autre service de streaming TV en ligne (OTT). Plus généraliste mais très complet donc plus cher.

Chaines disponibles : ABC, CBS, NBC, Fox, Big Ten Network, CBS Sports, ESPN, ESPN 2, ESPNU, ESPN News, Fox Sports 1, SEC Network, ACC Network. ESPN+ en option.

Prix : 70,99$/mois.

Avantages :

  • Accès à toutes les chaines détenant les droits du College Football (pas uniquement ESPN).
  • Pas d’engagement à long terme (possibilité de résilier l’abonnement chaque mois).
  • Prix abordable.
  • Service très stable et excellente qualité d’image (1080p, 4K ! ).
  • Accessible sur ordinateur (Mac, PC), téléphone mobile (iOS, Android) ou via Apple TV, XBox One, Android TV, Playstation.

Inconvénients :

  • VPN requis (voir plus haut).
  • Pas accès à ESPN 3, Pac-12 Network, Longhorn Network.

Il existe d’autres services identiques à mais attention, YoutubeTV et DirectTVNow bloquent désormais les connections à leur service TV via un VPN !

Nous vous recommandons de toujours tester l’accès à ces services via l’offre gratuite d’une semaine généralement offerte.

À la demande

Vous pouvez également voir de très nombreux matchs sur les sites d’hébergement de videos comme Youtube, Dailymotion, etc… Il suffit de chercher un peu.

La chaine Victors Valiant sur Youtube propose les meilleurs matchs de la semaine en condensé seulement quelques heures après la fin de la rencontre.

➡️ https://www.youtube.com/c/VictorsValiant/videos

Ça existe mais c’est illégal

Évidemment, il est également possible de voir tous les matchs de College Football sur le web sur des sites de streaming illicites donc c’est illégal…

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Dossier

Comprendre les lois NIL avec l’exemple du texte voté au Texas

La boîte de Pandore s’est ouverte dans le monde du sport universitaire avec l’entrée en vigueur des premières lois NIL. Étude de cas : l’État du Texas.

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Le 1er juillet dernier, la boîte de Pandore s’est ouverte dans le monde du sport universitaire avec l’entrée en vigueur des premières lois NIL – Name, Image & Likeness. Ces nouvelles règles passées à l’échelle des Etats constituent un changement de paradigme car il permet (enfin) aux étudiants-athlètes de capitaliser sur leur image et d’être rémunérés pour des prestations de sponsoring.

Les premiers deals ont rapidement été annoncés chez les footballeurs : Bryce Young a par exemple signé un partenariat avec une entreprise de cryptomonnaie et l’entière ligne offensive de Notre Dame est désormais sponsorisée par une chaîne de pizzeria (du génie soit dit en passant). D’autres accords soulèvent par ailleurs des interrogations. C’est le cas de celui de D’Eriq King avec la franchise de NHL des Florida Panthers ou bien de Kayvon Thibodeaux qui va collaborer avec Phil Knight… très proche du programme d’Oregon. Ces news en cascade sont donc l’occasion de se pencher plus en détails sur ce que contiennent ces nouveaux textes de loi.

Pour mieux comprendre le concept de NIL, nous allons étudier le texte voté dans l’Etat du Texas, grand bastion du College Football et immense réservoir de futurs stars universitaires et professionnels. Le texte original est consultable via le lien suivant : https://legiscan.com/TX/text/SB1385/id/2407682. Le long de l’article, nous citerons différents passages du texte puis les commenterons.

“SECTION 1 (3) The United States Congress has failed to act to provide uniform guidance to the states on the matter of intercollegiate athletes receiving compensation in exchange for the use of the athlete’s name, image or likeness”

Les législateurs de l’Etat du Texas prennent note de l’incapacité du Congrès américain à proposer un texte uniforme valable pour l’ensemble du pays. Ces derniers mois, on a donc vu fleurir des lois NIL dans plus d’une quinzaine d’Etats, une tendance loin d’être finie. Cet échec au niveau fédéral est susceptible d’avoir des conséquences dévastatrices : rien ne dit qu’il n’y aura pas des divergences entre les textes des différents Etats. On entre donc dans une logique où l’Etat qui réglemente le plus a perdu car il va donner moins de marge de manœuvre à ses programmes athlétiques que les Etats qui règlemente le moins. Par exemple, si l’Oklahoma décide de plafonner à 10 000 dollars par an les rémunérations des athlètes-étudiants et que le voisin Texas ne met pas en place de plafond, un prospect qui hésite entre la fac de Norman et celle d’Austin sera plus enclin à choisir les Longhorns, pour garantir le plus de revenus. Les Etats, surtout ceux qui souffrent d’un déficit compétitif en football (le Mississippi à l’échelle de la SEC ?…) vont donc être tenté de déréguler.

“(c) (1) (A) An institution to which this section applies may not adopt or enforce a policy, requirement, standard, or limitation that prohibits or otherwise prevents a student athlete participating in an intercollegiate athletic program at the institution from earning compensation for the use of the student athlete’s name, image, or likeness when the student athlete is not engaged in official team activities”

“(e) (1) A student athlete participating in an intercollegiate athletic program at an institution to which this section applies may not be disqualified from eligibility for a scholarship, grant, or similar financial assistance awarded by the institution because the student athlete earns compensation from the use of the student athlete’s name, image, or likeness when the student is not engaged in official team activities”

Grâce à ces deux paragraphes, on comprend que non seulement les rémunérations des étudiants athlètes sont désormais légales, mais que les établissements ne peuvent pas punir ceux-ci dans le cas où ils signent des contrats, notamment en leur enlevant leur scholarship (bourse d’études).

Par contre, on peut s’interroger sur le futur des scholarships. Celles-ci sont contingentées : une équipe ne peut pas offrir de scholarship à tous ces joueurs. Risque-t-on de se retrouver dans une dynamique de recrutement à deux vitesses ? D’un côté, les gros prospects rejoignent l’équipe en tant que walk-on (étudiant non-boursier), car la hype qui les entoure leur permettra de toucher des rémunérations qui dépasseront de loin le montant des scholarships. De l’autre côté, les joueurs moins en vue pourraient bénéficier d’une scholarship sans que le programme ne dépasse ses quotas. Ainsi, les actuels walk-on remplaçants et les third-string players qui quittent généralement de gros programmes pour obtenir du temps de gens et des scholarships ailleurs pourraient être tentés de rester dans les grosses écuries. Par conséquent, cette mesure peut indirectement permettre aux meilleurs programmes de densifier encore plus leur effectif.

“(g) (1) A student athlete participating in an intercollegiate athletic program at an institution to which this section applies shall, before entering into the contract, disclose to the institution, in the manner prescribed by the institution, any proposed contract the student athlete may sign for use of the student athlete’s name, image, or likeness” 

Une université peut choisir d’obliger un athlète-étudiant à l’informer avant de signer un quelconque contrat. L’athlète-étudiant ne peut donc pas agir dans le dos de son université. Ce paragraphe ne fait état que d’un droit à l’information en faveur de l’université. Il n’est pas dit qu’elle soit en mesure de bloquer un accord qui ne lui plairait pas.

“(g) (2) (B) (iv) A student athlete participating in an intercollegiate athletic program at an institution to which this section applies may not enter into contract for the use of the student athlete’s name, image, or likeness if the compensation for the use of the student athlete’s name, image, or likeness is provided in exchange for an endorsement of alcohol, tobacco, products, e-cigarettes or any other type of nicotine delivery device, anabolic steroids, sports betting, casino gambling, a firearm the student athlete cannot legally purchase, or a sexually oriented business”

L’extrait ci-dessus détaille les différents business avec lesquels un joueur ne peut pas traiter. On note par exemple que ceux-ci ne peuvent pas signer de contrat de sponsoring avec des entreprises de paris sportifs.

“(g) (2) (C) A student athlete participating in an intercollegiate athletic program at an institution to which this section applies may not enter into contract for the use of the student athlete’s name, image, or likeness if the duration of the contract extends beyond the student athlete’s participation in the intercollegiate athletic program”

Les contrats signés par les athlètes ne doivent pas dépasser la période durant laquelle ceux-ci jouent avec leur université. Ainsi, si Tate Martell signait un contrat pendant sa saison à UNLV mais décidait de transférer pour la énième fois à la fin de celle-ci, son contrat prendrait théoriquement fin. Par ailleurs, Nike ne peut pas signer le prochain Trevor Lawrence lors de sa saison freshman pour un deal de 10 ans qui s’étalerait sur tout le long de ses années universitaires puis le début de sa carrière pro.

“(g) (4) A student athlete participating in an intercollegiate athletic program at an institution to which this section applies may earn compensation from selling the student athlete’s autograph in a manner that does not otherwise conflict with a provision of this section”

*Johnny Football punchin air rn* Fin de l’aberration, les joueurs ont enfin le droit de vendre des autographes à des fans. Exit donc les Johnny Manziel sous investigation parce qu’ils auraient touché quelques milliers d’euros pour un gribouillis au marqueur sur une feuille.

“(i) An institution to which this section applies shall require a student athlete participating in an intercollegiate athletic program at the institution to attend a financial literacy and life skills workshop at the beginning of the student’s first and third academic years at the institution. The workshop must be at least five hours in duration and include information on financial aid, debt management, time management, budgeting, and academic resources available to the student athlete”

Sans ironie, ce paragraphe est probablement le plus intéressant car il vient confirmer que des jeunes joueurs de 20 ans ne sont pas en mesure de gérer seuls des opérations commerciales et revenus financiers d’envergure : ils ont besoin d’être formés et c’est la responsabilité de l’école. Celle-ci doit dispenser un atelier d’au moins cinq heures qui vise à donner à l’athlète les clefs pour gérer correctement les opportunités qu’il aura relatives à la loi NIL.

“(j) (1) No individual, corporate entity, or other organization may enter any arrangement with a prospective student athlete relating to the prospective student athlete’s name, image, or likeness prior to their enrollment in an institution of higher education”

Le champ d’application de la loi NIL se limite donc aux athlètes universitaires. Des lycéens ne peuvent en théorie pas signer de contrat en lien avec leur image. Ce dernier paragraphe a probablement aussi été pensé comme un garde-fou vis-à-vis des boosters qui pourraient mettre la main à la poche pour recruter des prospects. Phil Knight, patron de Nike et booster d’Oregon, n’a donc pas le droit de signer un partenariat avec un lycéen dans l’optique de le faire jouer par la suite avec les Ducks.

Ce texte novateur vient donc poser les bases d’une nouvelle ère dans le sport universitaire. Grâce à ces rémunérations, les athlètes-étudiants vont pouvoir « secure the bag » plus tôt avec plusieurs conséquences. Ils n’auront plus besoin de passer professionnel coûte que coûte et sacrifier leur santé à long terme ainsi que leurs études pour mettre leur famille à l’abris.

Cette loi vient aussi rééquilibrer le rapport de force entre les institutions et les athlètes et son impact se fera sentir bien au-delà du football. La loi NIL a été un sujet d’actualité dans l’optique des Jeux Olympiques. Aux Etats-Unis, nombre d’athlètes tels que des nageurs (Caeleb Dressel – Florida) ou des gymnastes (Suni Lee – UCLA) n’ont l’occasion de briller qu’une fois tous les quatre ans avec des carrières internationales très courtes. Cette loi offre donc de belles perspectives pour les athlètes-étudiants mais n’est pas non plus sans risque ni limite.

Pour en revenir à D’Eriq King, que serait-il arrivé si, au lieu de signer un deal avec les Florida Panthers, il avait signé avec les Miami Dolphins ? Tout ça pour découvrir que l’an prochain, il choisisse de renoncer à la draft pour signer un contrat d’undrafted free agent avec les Dolphins avec un faible rémunération « joueur » mais un énorme contrat de sponsoring à côté ?… Sortez le popcorn car l’âge de la NIL ne fait que commencer.

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