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NFL Draft

Les Espoirs de la Draft NFL 2018 – #2

Chaque semaine, Loïc Baruteu vous présente un tour d’horizon de l’actualité de la draft NFL 2018 : First pick, Who’s hot, who’s not, Top 32 et bien d’autres choses. Vous saurez tout sur les futures stars de la NFL.

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Comme on aime bien croire qu’on peut prédire l’avenir à TBP, on analyse chaque semaine les prospects qui font du pied à la NFL et on rapporte ce qu’on a vu. Parce qu’on a sans doute plus de crédibilité que Migos, qui prédisait une saison sans défaite à Rutgers.

La grande foire aux QB

La saison NFL a finalement démarré, après une pré-saison absolument passionnante, qui a au moins le mérite de permettre aux Browns de gagner des matches.

En parlant de losers magnifiques justement ; quelle franchise aura le premier choix ? S’il reste évidemment du chemin à parcourir, certaines équipes semblent déjà prêtes à en découdre pour avoir la primeur d’ouvrir la draft en 2018 et sélectionner un QB, un vrai qui sait lancer la balle.

Il y a forcément les New York Jets, qui n’ont visiblement ni jeu au sol, ni jeu aérien. Le choix des bookmakers pour le first pick. Attention tout de même aux San Francisco 49ers en embuscade à l’extérieur du virage et aux Washington Redskins, qui échangeront peut être cette fois-ci une décennie de choix du premier tour pour grimper dans la draft.

En tout cas, la course aux quarterbacks sera passionnante tant il paraît que la moitié des équipes de la Ligue ont besoin d’un nouveau gars sûr à ce poste. Eli Manning pourrait bien finir cassé en deux, à son grand âge, complètement livré à lui-même derrière une ligne offensive qui se croit encore à la plage. Les New York Giants ont néanmoins sélectionné Davis Webb l’an dernier pour assurer la relève quand Manning aura encaissé le sack de trop.

Les Arizona Cardinals seront probablement intéressés eux-aussi, alors que Carson Palmer devient gâteux et qu’il confond ses receveurs avec les defensive backs adverses. Les Buffalo Bills auront leur mot à dire, surtout avec les choix de premier et second tours qu’ils ont cumulé pour probablement monter un échange. Selon les perfs de Goff, les Los Angeles Rams montreront peut être de l’intérêt pour un QB à la draft, surtout si c’est pour choper Sam Darnold, qui remplit deux fois plus le Coliseum que les Rams, ou le voisin Josh Rosen.

Who’s hot?

WR Simmie Cobbs, Indiana
En Week 1, Simmie Cobbs a mis à l’envers la secondary d’Ohio State avec ses 149 yards en 11 réceptions et 1 touchdown. En Week 2, il s’est contenté de 5 réceptions pour 62 yards et 1 touchdown dans la victoire à Virginia. Indiana a montré du potentiel en ce début de saison, bien poussé dans le dos par son receveur vedette.

QB Baker Mayfield, Oklahoma
Il faut se rendre à l’évidence, Baker Mayfield est probablement plus qu’un simple prétendant au Heisman. On l’a dit et on le répète, cette classe de quarterbacks est bourré de jeunes garçons de qualité. Face à l’effrayante ligne défensive d’Ohio State, Mayfield a joué sa partition comme le chef d’orchestre qu’on attend qu’il soit à Oklahoma. Avec des stats admirables face à un concurrent pour les playoffs et surtout une victoire qui vaut pas mal de points, Baker a planté son drapeau dans le cœur des scouts NFL.

TE Hayden Hurst, South Carolina
Visiblement, Hayden Hurst provoque beaucoup d’émoi chez les scouts NFL. Passé en ligue mineure de baseball avant de retourner à l’école à South Carolina, le tight end de 24 ans possède une combinaison de vitesse et de puissance rare à son poste. Surtout, il est aussi bon pour bloquer que pour recevoir le ballon, à l’heure où la plupart des TE sont avant tout des receveurs XXL. Si son âge canonique pourrait être un frein pour certaines franchises, sa maturité devrait néanmoins être appréciée par d’autres. On devrait entendre parler de Hurst plus souvent, en particulier s’il continue de piquer le taff des running backs à South Carolina.

Who’s not?

FS Ben Edwards, Stanford
Des plaquages ratés en open field, notamment deux sur des big gains de USC dont un touchdown, Ben Edwards s’est fait victimiser par l’implacable QB des Trojans et son escouade de receveurs qui avait pourtant commencé la saison à côté de ses pompes. Le safety originaire de Floride n’a jamais été une présence dissuasive en défense mais on attendait de lui qu’il prenne une nouvelle dimension en 2017. Il fait peu de doute qu’Edwards restera à Stanford pour sa saison senior l’an prochain afin de multiplier ses chances de sélection, même si l’on n’est jamais à l’abri d’une décision farfelue.

RB Justin Jackson, Northwestern
La définition d’un match pourri : 18 yards en 7 courses, avec un touchdown quand même pour soigner les stats, un sack concédé comme bloqueur en situation de passe, Justin Jackson a été d’une aide précieuse aux Wildcats qui avaient visiblement envie de se faire défoncer par Duke. C’est la honte contre une fac de basket. Bouh.

DE Marcell Frazier, Missouri
Un paquet d’experts placent Marcell Frazier au premier tour de la prochaine draft, ce qui en fait forcément l’un des pass rushers les plus scrutés du pays. Face à South Carolina, il ressemblait plutôt à un undrafted free agent en galère pour se trouver un employeur en NFL. 1 plaquage, voilà la stat de Frazier contre les Gamecocks, qui n’a ni pesé dans le pass rush, ni dans la défense contre la course. Pas besoin de préciser qu’il faudra vraiment se sortir les doigts pour conserver ce statut de petit chouchou des scouts.

Top 32

1. QB Sam Darnold, USC (=)
Trois ans que USC se faisait fumer par Stanford. Le Cardinal avait même remporté sept des neuf dernières rencontres entre les deux équipes, signe des temps en Pac-12. Mais toutes les bonnes choses ont une fin et l’équipe de David Shaw savait bien que faire face au fils prodigue Sam Darnold était probablement son plus gros défi cette année. Finalement, ce fut une large défaite par 18 points d’écart. Parce que le QB californien a encore sorti des actions zinzins quand il fallait, malgré deux interceptions sur des passes forcées, pour une onzième victoire consécutive des Trojans. Darnold ressemble à ces robots exterminateurs de l’humanité dans les films : impassible, mécanique, impitoyable.

2. QB Josh Rosen UCLA (=)
« The Rosen One » continue de faire pleurer de joie Jim Mora qui avait déjà oublié que le destin de son QB est de lui sauver les miches. Bon, il faut avouer qu’une rencontre contre Hawaii fait plutôt office de match amical où les coaches de programmes majeurs en profitent pour faire jouer des mecs qui ont vu le terrain deux minutes en trois saisons. Heureusement, il y avait Josh Rosen pour apporter de l’intérêt à ce duel ; Josh met son casque, Josh marque un touchdown, Josh met sa casquette pour éviter un coup de soleil, et ça cinq fois dans le match. L’élu a donc déjà marqué environ trente fois plus de points depuis le début de la saison que tous les running backs de UCLA réunis.

3. DE Arden Key, LSU (=)
Pas de nouvelle, bonne nouvelle. Sauf qu’on entend parler d’Arden Key à peu près cinq fois par jour. Bonne nouvelle quand même ? Ouais, le pass rusher devrait faire ses débuts face à Mississippi State cette semaine. On croise les doigts.

4. RB Saquon Barkley, Penn State (=)
Todd McShay, qui est un peu le gourou suprême de la secte des augures qui anticipent la draft, a parlé : « si j’avais le premier choix, je prendrais Saquon Barkley plutôt que n’importe quel QB. » Si on peut se foutre de lui avec les énormités qu’il débite régulièrement pour alimenter la twittosphère, il faut reconnaitre ses choix osés comme GM. C’est déjà assez miraculeux de voir un running back sélectionné dans le top 5, alors en première position c’est presque une intervention divine. Saquon Barkley est tout de même de très, très loin le meilleur RB de cette draft, on est d’accord Todd.

5. SS Derwin James, Florida State (=)
La NFL a écrit un article sur Derwin James. Avec une vidéo en plus. Trop bien. Mais les avocats de TBP nous ont conseillé d’éviter un procès avec la Ligue donc on évite de piquer leur matos. Allez voir. On en apprend un peu plus sur James, notamment qu’il a reçu une bourse pour Florida State alors qu’il avait encore l’âge de renifler des bâtons de colle. On apprend également que la maman du joueur a eu une vision qui lui faisait voir son garçon devenu un monsieur important dans la NFL. Beware the Ides of March.

6. OT Trey Adams, Washington (=)
7. FS Minkah Fitzpatrick, Alabama (+2)
8. WR Calvin Ridley, Alabama (=)
9. WR Equanimeous St. Brown, Notre Dame (-2)
10. QB Lamar Jackson, Louisville (+4)
11. WR Christian Kirk, Texas A&M (-1)
12. DT Da’Ron Payne, Alabama (-1)
13. DT Trenton Thompson, Georgia (=)
14. DT Christian Wilkins, Clemson (+1)
15. CB Iman Marshall, USC (+2)
16. OT Mike McGlinchey, Notre Dame (-4)
17. DE Dorance Armstrong, Kansas (-1)
18. CB Kevin Toliver, LSU (+1)
19. DE Bradley Chubb, NC State (+4)
20. OG Quenton Nelson, Notre Dame (=)
21. DT Andrew Brown, Virginia (-3)
22. DE Harold Landry, Boston College (=)
22. LB Cameron Smith, USC (+1)
23. OT Connor Williams, Texas (-3)
24. WR Courtland Sutton, SMU (N)
25. DT Vita Vae, Washington (=)
26. CB Tarvarus McFadden, Florida State (=)
27. TE Hayden Hurst, South Carolina (N)
28. LB Matthew Thomas, Florida State (+1)
29. DE Sam Hubbard, Ohio State (-2)
30. RB Derrius Guice, LSU (-2)
31. WR Parris Campbell, Ohio State (=)
32. WR Antonio Callaway, Florida (N)

Le duel à suivre

Louisville vs. Clemson

Au-delà de savoir si Louisville possède le niveau requis pour s’inviter en playoffs, cette affiche devrait nous donner une nouvelle indication des capacités de QB Lamar Jackson face à une grosse écurie du college football.

Opposé à une ligne adverse composée de DT Christian Wilkins, DE Austin Bryant et DE Clelin Ferrell, qui ont tous les trois largement participé au massacre du backfield d’Auburn la semaine passée, le quarterback sera rudement mis sous pression.

Si CB Jaire Alexander revient de blessure à temps pour affronter les Tigers, son duel avec WR Deon Cain pourrait ajouter un intérêt supplémentaire à cette rencontre. Cette confrontation sera également l’occasion d’observer DE James Hearns, qui s’est bien planté face à la ligne offensive de North Carolina et qui devrait trouver en Clemson un adversaire de taille pour redorer son blason.

Les rookies NFL

Qui aurait cru que le match entre Pittsburgh et Cleveland se terminerait avec un écart aussi minime ? Peut être deux ou trois parieurs fous de Las Vegas. Alors qu’on s’attendait à ce que les Steelers mettent une branlée aux Browns, le petit nouveau QB DeShone Kizer (Cleveland Browns) a confirmé ce qu’on avait vu en pré-saison. Avec un touchdown à la passe et un autre à la course, il a marqué des points à tous les niveaux. Seule ombre au tableau, la première interception en carrière de LB T.J. Watt (Pittsburgh Steelers), le frangin de J.J., à un moment assez crucial. Sans oublier 2 sacks et 7 tackles à ajouter à l’addition. Cette famille est flippante.

Sinon, il faut avouer que cette classe de running backs a de la gueule. RB Kareem Hunt (Kansas City Chiefs), catapulté titulaire par miracle, a plus que participé à la démolition des Patriots, les champions régnants, avec trois touchdowns au total. RB Leonard Fournette (Jacksonville Jaguars) est parvenu à atteindre de justesse la barre des 100 yards derrière une ligne offensive pas terrible qui double son mérite. RB Christian McCaffrey (Carolina Panthers) a été aligné un peu partout sur le terrain donc on ne sait plus trop s’il est running back mais ses adversaires aimeraient sans doute qu’il se contente de porter un peu le ballon.

On peut aussi souligner l’entrée dans le game de QB Deshaun Watson (Houston Texans), champion national en titre avec Clemson, appelé à la rescousse alors que Tom Savage sabotait le match des Texans. Il n’a pas pu empêcher les Jaguars de s’imposer mais a déjà marqué des points pour une future titularisation.

Enfin, on l’a gardé pour finir tellement c’est beau, RB Tarik Cohen (Chicago Bears), dont on évitera les blagues sur le nom, a mis la misère aux Falcons du haut de son mètre et quelques au garrot. Intenable en attaque et en special teams, il a déjà plus que justifié sa sélection au quatrième tour. Bravo.

Le futur grand

CB Byron Murphy, Washington
Après les deux premières rencontres de sa carrière universitaire, le redshirt freshman affiche des statistiques surprenantes : 2 plaquages, 3 passes défendues et 2 interceptions. Recrue de choix en 2016, Byron Murphy était attendu comme le messie au sein d’une secondary qui a vu ses fondations s’écrouler après les départs de plusieurs titulaires. Si la défense a surtout affronté des peintres jusqu’ici, on a hâte de voir le tournant que prendra la première saison de Murphy au moment d’affronter les attaques de Pac-12 qui balancent autant de missiles que la Corée du Nord ces derniers temps.

Le moment LOL

Quand on regarde l’histoire des Washington Redskins, on se dit que la franchise n’a franchement pas souvent été aidée par un front staff simplet. Entre la polémique autour du nom de la franchise vis-à-vis de ce qu’il reste de la communauté des Indiens d’Amérique, le refus de l’équipe d’engager des joueurs noirs il y a à peine quelques décennies ou encore le recrutement de l’insupportable Josh Norman, la plupart des décisions prises nous rappelle que n’importe qui peut diriger Washington, que ça soit la franchise NFL locale ou la Maison Blanche.

Credit photo : ASUCLA

En 1946, il semble que les Redskins n’avaient toujours pas pigé les règles de la draft, qui existait alors depuis déjà dix ans. Au premier tour d’une draft qui en compte une trentaine, l’équipe de la capitale sélectionne Cal Rossi, un running back de UCLA. Stupéfaction, tout le monde pense sans doute à une vanne mais non : les Skins ont choisi un athlète universitaire qui vient seulement d’achever sa saison junior et qui n’est donc pas éligible, selon les règles de l’époque. Un beau choix gâché donc, pour ce qui reste aujourd’hui comme l’un des moments les plus absurdes de l’histoire de la draft.

Mais Washington n’en démord pas et sélectionne à nouveau Cal Rossi l’année suivante, en 1947, avec un autre choix de premier tour. Le problème, c’est que le running back avait prévenu qu’il ne jouerait pas au football professionnel et, comme l’ancien Bruin est un homme de parole, il n’a donc pas porté une seule fois le maillot des Redskins. On pensait que le front staff de 2012 avait décroché la palme d’or avec le trade de trois choix du premier tour pour sélectionner Robert Griffin cette année-là, mais la tradition de se planter royalement à la draft est visiblement ancrée profondément dans l’ADN des Skins.

Membre de l'équipe de The Blue Pennant depuis septembre 2013, Loïc s'est trimballé à travers les États-Unis en 2017 pour mieux comprendre le pas-si-petit monde du college football. Seulement deux contraventions pour excès de vitesse sur 20 000 km. Intime de Mark Sanchez, Sam Darnold et des cheerleaders de Wisconsin, promo '76. Label qualité TBP et Sécurité routière.

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NFL Draft

Pourquoi faire l’impasse sur la saison 2020 est une mauvaise idée en vue de la draft NFL ?

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Crédit photo : USA Today

Les jours passent aux Etats-Unis sans que l’ampleur de la pandémie ne faiblisse. Dans ce contexte, on voit de plus en plus fleurir sur les sites spécialisés et dans leurs podcasts des scénarios possibles qui permettraient de faire face à la situation.

Le dernier recours avant l’apocalypse que constituerait une annulation totale de la saison est le report du calendrier de quelques semaines, voire de quelques mois. Un certain nombre de conférences en FCS et en D2 proposent de faire se dérouler la saison de football sur le premier semestre de 2021 à compter de janvier, en même temps que les sports dits « de printemps ».

Selon certaines sources, cette solution ne serait pas viable pour la FBS et son vivier pléthorique de futurs picks de draft. L’argument principal avancé est la rigidité du planning NFL qui, pour des raisons financières notamment, ne s’adaptera pas à ce calendrier décalé. Ainsi dans cette hypothèse, les joueurs disputeraient leurs matches de championnat universitaire entre janvier et avril tout en se rendant disponibles à compter de fin février pour la saison des combines puis pour la draft en avril. Certains observateurs pointent donc du doigt une surcharge du calendrier et un risque accru de blessure pour l’organisme des joueurs, allant jusqu’à suggérer que les joueurs feraient mieux de faire l’impasse sur la saison pour préparer convenablement leur transition vers le monde professionnel.

Par exemple, Trevor Lawrence pourrait faire partie des joueurs tentés par ce choix. Il est vrai que le quarterback ces Tigers de Clemson est un prospect attendu très haut, probablement un « top-5 lock », et que ses performances depuis deux saisons pourraient largement lui servir de garantie pour assurer son avenir en NFL.

Pour autant, certains arguments laissent penser que le cas de Trevor Lawrence tienne beaucoup plus de l’exception que de l’exemple et que la draft 2021 soit encore bien loin d’être scellée…

QB Trevor Lawrence, Clemson – Crédit photo : Rich Barnes-USA TODAY Sports

Parce que certains sont dos au mur et seront obligés de jouer

L’offseason 2020 a été animée par la valse des quarterbacks qui ont décidé de changer d’université. On peut citer les seniors Jamie Newman, D’Eriq King, KJ Costello ou encore Feleipe Franks, tous de très bons joueurs de College Football. Pourtant du fait du manque de linéarité dans leur parcours sportif, il est aujourd’hui très difficile de définir leur draft stock. Que vaut D’Eriq King, QB double menace si flamboyant et efficace en 2018 mais auteur d’une saison 2019 quasi blanche ? Serait-il raisonnable pour un GM NFL de le sélectionner en avril 2021 alors que son dernier match officiel remonterait (dans le cas d’une impasse sur 2020) au 20 septembre 2019 avec une défaite à Tulane où il a lancé 1 interception et s’est fait sack 3 fois ?

En regardant le verre à moitié plein cette fois-ci, on comprend que cette saison 2020 est une belle opportunité de briller. Que se passerait-il si Jamie Newman décrochait un titre national avec Georgia en battant successivement Clemson et Ohio State en playoffs ? Les pessimistes diront que Georgia est passé parce que Trevor Lawrence, Travis Etienne et consorts n’étaient pas là. Mais les optimistes verront un QB qui n’avait même pas une présaison complète pour s’adapter à sa nouvelle équipe et les a néanmoins menés au sommet, qui plus est contre une équipe de Clemson qui aura assurément des underclassmen déjà compétitifs cette année.

Même lors d’une saison décalée, le College Football sera regardé, célébré, analysé et demeurera une vitrine pour ces prospects pour « showcase » leurs qualités et actualiser leur valeur marchande.

Ce même calcul est valable pour les joueurs victimes de blessure pendant la saison 2019 comme le senior WR d’Oklahoma State Tylan Wallace. Le Cowboy avait été contraint de manquer la majeure partie de l’année en raison d’une dure blessure à un ligament antérieur du genou (ACL). Wallace avait même prévu de se présenter à la draft 2020. Ses plans sont donc tombés à l’eau et bien qu’il était attendu au 1er voire au 2nd tour l’an dernier, cette blessure va assurément jeter un doute sur son profil : il arrive que les joueurs victimes de blessures aux ACL portent des séquelles durables et ne soient plus jamais en mesure d’atteindre le même niveau de qualités athlétiques qu’avant. Il est donc évident que la saison 2020 est clé pour lui dans sa quête d’un contrat rookie bien juteux.

Parce que la fenêtre de tir est terriblement réduite et qu’il faut mettre toutes les chances de son côté

Pour beaucoup de fans, la draft se résume à un événement annuel très attendu qui vient mêler sport et live trading. On a tendance à ne voir que des numéros de picks divisés en plusieurs tours, sans penser aux implications financières sous-jacentes.

Chaque année, près de 250 joueurs sont sélectionnés via le processus de draft parmi plus de 16 000 joueurs éligibles (soit 1,5% de chances d’être choisi). Autrement dit, la draft est un véritable champ de bataille pour les prospects. A en juger par le montant moyen garanti des contrats de chaque tour (pour 2019 : 17M – 1er tour, 4M – 2nd tour, 1M – 3e tour…), on comprend également que (très) rares sont les joueurs qui parviennent à se démarquer en haut du panier. Passé un certain seuil, les joueurs vont être sélectionnés sur de l’intangible, sur des critères évalués de manière subjective et différente par chacune des équipes NFL qui voudront bien passer du temps à examiner leur cas. Leur position sur le draft board devient alors volatile, avec une élasticité très élevée au niveau des contrats offerts.

Dans une récente interview, Aaron Rodgers a indiqué qu’avant de trade up pour Jordan Love lors du 1er round de la draft 2020, le board des Packers avait des vues sur les receveurs Brandon Aiyuk (Arizona State) et Tee Higgins (Clemson). Aiyuk est par la suite sélectionné avec le 25e spot par les Niners et Higgins par les Bengals au 33e spot (toute première sélection du second tour). Instinctivement, on est tenté de dire qu’au niveau contrat, un écart de 8 places ne va pas changer grand-chose. Pour autant, les contrats d’Aiyuk et Higgins présentent plusieurs différences.

WR Tee Higgins, Clemson – Crédit photo : Rich Barnes-USA TODAY Sports

Impact sur les contrats NFL

En tant que 1st Rounder, Aiyuk a droit à un contrat de 4 ans avec une 5e année sous forme de team option (et dont le montant est indexé sur les 25 plus gros salaires – sans compter les 2 plus gros – à la position de WR; concrètement si l’équipe décide de lever l’option, Aiyuk a la garanti de voir son salaire augmenter fortement). Higgins, quant à lui, dispose d’un contrat de 4 ans sans 5e année optionnel. Il faut aussi avoir à l’esprit que le base salary de chaque spot de draft est défini à l’avance. Il représente un certain pourcentage du montant total allouable aux rookies draftés et augmente en fonction de la position sur le board. De plus, il y a un léger effet de pallier entre les rounds 1 et 2. Ainsi, Aiyuk a signé un contrat valorisé à hauteur de 12.5M de dollars (avec 6M de signing bonus) tandis qu’Higgins seulement 8.5M (et 4M de signing bonus), soit un écart brut de 4M. De plus, 12.5M soit 100% du contrat d’Aiyuk est garanti contre 6M soit 70% pour Higgins. Plus on descend sur le board de la draft, moins la part de salaire garanti est élevée…

Il existe une multitude de règles peu connus de ce type qui sont pourtant essentielles pour les joueurs. Contrairement à des sports tels que le basketball et le baseball, le football s’est progressivement structuré avec une ligue majeure qui donnait énormément de pouvoir aux franchises vis-à-vis de joueurs historiquement peu libres de leurs mouvements. En comparaison à la NBA et à la MLB, les contrats de la plupart des joueurs demeurent précaires et constituent une vraie source de préoccupation au moment de la draft.

Un autre exemple de bas de tableau permet de montrer l’intérêt de grappiller quelques places pour se faire drafter en bout de 7e round plutôt que de signer un contrat d’agent libre non-drafté. Les joueurs sélectionnés entre les rounds 3 et 7 signent un contrat de 4 ans et sont éligibles pour le Proven Performance Escalator (PPE). Le PPE est un mécanisme qui fait automatiquement augmenter le salaire de la 4e année de contrat d’un joueur lorsqu’il atteint certains objectifs définis à l’avance tels que participer a minima à 35% des snaps (offensif ou défensif) de son équipe au cours de la saison. Quand le PPE est déclenché, le salaire est donc revu à la hausse et équivaut désormais au render plancher pour un agent libre restreint (moins les bonus et incentives éventuels). Ce système a par exemple permis à Alvin Kamara, drafté dans le 3e round en 2017, de gagner en 2020 plus d’un million de dollars de salaire additionnel (en passant de 978 000 à 2 147 000 dollars).

Le piège des credited & accrued seasons

On dit qu’un joueur remplit une credited season lorsqu’il est inscrit dans le roster d’une équipe (active ou inactive) lors de 3 matches minimum au cours de cette saison. De même, un joueur remplit une accrued season lorsqu’il est inscrit dans le roster d’une équipe pour 6 matches minimum au cours d’une saison.

Ces critères sont très importants pour les joueurs. Le nombre de credited seasons qu’un joueur a enregistré va par exemple déterminer le salaire minimum pour lequel il est éligible par la suite. Par exemple en 2018, un rookie sans expérience avait droit à 480 000 dollars minimum. La même année, un joueur avec 4 credited season avait droit à 790 000 dollars. Le nombre de credited season va aussi impacter les pensions d’assurance vie, d’handicap et de retraite que la NFL est susceptible de verser à ses anciens.

Les accrued season, quant à elles, vont jouer sur le statut d’un joueur à l’issue de son contrat. Jusqu’à deux accrued seasons, le joueur est en situation d’exclusive right free agent : son équipe peut lui offrir un contrat d’un an au minimum mais le joueur n’a pas le droit de négocier avec d’autres équipes. Après une troisième accrued season il devient restricted free agent et enfin après quatre accrued seasons, il obtient le statut d’unrestricted free agent : il est libre de négocier avec d’autres équipes, obtenir le meilleur contrat possible sans être bridé par son équipe initiale.

Toute cette démarche illustre l’importance de bien se placer sur le tableau de la draft. Plus un joueur monte haut sur le board, plus son contrat comportera des garantis qui le lieront en profondeur au club : salaire garanti en cas de blessure, prime pour le joueur / impact négatif sur le salary cap si l’équipe tentait de s’en séparer pendant sa convalescence, etc. Au début de sa carrière le joueur est dans une course contre-la-montre pour obtenir ses credited et accrued seasons. Il est donc important pour lui de disposer du plus d’arguments possibles dès la draft pour sécuriser sa position dans le roster, s’assurer qu’il n’est pas sur la sellette et qu’il pourra remplir ses saisons le plus vite possible. C’est par exemple pour cela qu’il vaut mieux se faire drafter au 7e round et signer un contrat plus « engageant » de 4 ans plutôt que rejoindre une équipe en tant qu’undrafted free agent pour seulement 3 ans.

Ce détour technique dans les règles contractuelles de la NFL permet donc de comprendre dans les faits la différence que peut faire une petite dizaine de spots pour un joueur en termes de sécurité de l’emploi, de rémunération et de perspectives futures.

Ce groupe de joueurs « intouchables » est-il si conséquent que ça ?

Posez-vous la question. Vous êtes GM NFL et que vous avez besoin d’un Running Back titulaire. Vous voyez Travis Etienne faire l’impasse sur la saison mais Chubba Hubbard montrer ses talents contre des « gros » tels que Oklahoma et Texas, qui choisissez-vous ? A l’inverse si Hubbard fait l’impasse mais Etienne réalise un carton plein contre Notre Dame et North Carolina, votre décision est-elle différente ?

Ce calcul qui consiste à « sit » sur une saison 2020 décalée est beaucoup plus complexe qu’il y parait et fait intervenir des facteurs externes qui peuvent faire perdre au joueur le contrôle de son avenir. Même pour le haut du panier, il peut y avoir des conséquences long terme. On évoquait tout à l’heure la 5e année d’option des joueurs draftés au 1er tour. Une autre règle stipule que pour cette 5e année de contrat, les joueurs draftés entre les places 1 et 10 n’ont pas le même régime que les joueurs draftés entre les places 11 et 32. Un joueur issu du top 10 de draft verra son salaire de la 5e année indexé sur la valeur du transition tag pour un joueur de sa position (qui tient compte des 10 plus gros salaires à la position). Un joueur hors du top 10 aura son salaire indexé seulement sur les 25 plus gros salaires à sa position (en excluant en plus les deux salaires les plus élevés).

DE Myles Garrett, Texas A&M – Crédit photo : Troy Toarmina, USA Today

Prenons l’exemple de la draft 2017. Au premier tour, on retrouve les Defensive Ends Myles Garrett (#1 overall, donc dans le top 10) et Derek Barnett (#14, hors top 10). Ces deux joueurs ont vu leur 5th-year option levée par leurs équipes respectives. En 2021, Myles Garrett gagnera donc 15M de dollars (somme pas inclue dans l’extension de contrat qu’il a signée par la suite) contre 10M de dollars pour Barnett soit un écart de 5M.

On peut donc voir la situation de la manière suivante. Il est évident qu’un nombre restreint de joueurs talentueux jouit d’une hype qui les met beaucoup plus à l’abris que les autres face à d’éventuels risques en ces temps de pandémie. Bien que le risque soit moindre pour ces superstars en devenir, une impasse sur la saison à venir constituerait quand même un manque à gagner, ne serait-ce que d’un point de vue contractuel. Quand on descend dans la hiérarchie, une retrouve une masse de prospects beaucoup plus homogène qui a encore tout à prouver et pour qui les places vont coûter cher. Ces joueurs se trouvent dans leur propre version du dilemme du prisonnier : si tout le monde décide de faire saison blanche, il y aura statu quo. Mais ce statu quo n’est pas à l’avantage de tous : quid des joueurs qui n’ont pas pu se mettre en lumière en 2019 au même titre que les autres ? Intervient alors une logique égoïste bien que justifiable qui va faire tomber les premiers dominos et retransformer le college football, comme tous les ans, en une gigantesque salle de marché Gordon Gekko-esque où chaque prospect cherchera à tirer son épingle du jeu.

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NFL Draft

LSU égale le record de la draft NFL avec 14 joueurs sélectionnés

Quatre mois après son titre de champion national remporté au Superdome de La Nouvelle-Orléans, l’université Louisiana State a été la grande vedette de la draft NFL 2020 égalant un record détenu depuis 2004 par les Buckeyes d’Ohio State.

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Crédit photo : LSU Athletics

Jeudi soir, LSU avait déjà égalé un record que l’on pensait imbattable avec 5 joueurs sélectionnées au 1er tour rejoignant ainsi la fantastique génération 2004 des Hurricanes de Miami.

Le lendemain, 5 autres anciens joueurs des Tigers ont fait leur valise pour une franchise NFL. Avec 10 joueurs draftés dans les 3 premiers tours, LSU a également égalé le record qu’Ohio State avait établi en 2016.

Le 3ème jour de la draft n’a fait que renforcer cette incroyable domination du programme de Bâton-Rouge. Deux autres joueurs ont été choisis au 4ème tour, puis la sélection de LS Blake Ferguson par les Dolphins de Miami a permis aux Tigers de réécrire les livres d’Histoire de la conférence SEC avec 13 joueurs draftés la même année. Finalement, les Seahawks de Seattle ont choisi TE Stephen Sullivan avec le 251ème pick au 7ème tour pour porter à 14 le nombre de joueurs récemment sacrés champions nationaux à être draftés dans la NFL.

Le fils du légendaire receveur Randy Moss, le tight end Thaddeus Moss, est le seul joueur éligible à avoir été laissé de côté. Il a finalement signé un contrat avec les Redskins de Washington comme agent libre.

Récapitulatif des joueurs de LSU draftés en 2020

Pick Joueur Équipe Poste
1 Joe Burrow Bengals QB
20 K’Lavon Chaisson Jaguars LB
22 Justin Jefferson Vikings WR
28 Patrick Queen Ravens LB
32 Clyde Edwards-Helaire Chiefs RB
44 Grant Delpit Browns S
61 Kristian Fulton Titans CB
69 Damien Lewis Seahawks G
83 Lloyd Cushenberry Broncos C
97 Jacob Phillips Browns LB
108 Saahdiq Charles Redskins OT
131 Rashard Lawrence Cardinals DT
185 Blake Ferguson Dolphins LS
251 Stephen Sullivan Seahawks TE
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NFL Draft

LSU égale un record NCAA après 3 tours de draft NFL

Avec 10 anciens joueurs sélectionnés lors des deux premiers jours de la draft NFL, l’université Louisiana State égale le record établi par la promotion 2016 des Buckeyes d’Ohio State.

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Crédit photo : Kevin Cox, Getty Images

On pensait le record de la génération Nick Bosa-Ezekiel Elliott des Buckeyes 2016 serait quasi-inégalable… QB Burrow et les Tigers de LSU, récents champions nationaux, ont pourtant fait aussi bien avec 10 joueurs sélectionnés lors des 3 premiers tours de la draft NFL 2020.

Dès jeudi 23 avril, LSU a établi un nouveau record de l’université avec 5 joueurs draftés au 1er tour. QB Joey Burrow a donné le ton en étant le 1st pick par les Bengals de Cincinnati. Puis, LB K’Lavon Chaisson (#20, Jacksonville), WR Justin Jefferson (#22, Minnesota), LB Patrick Queen (#28, Baltimore) et RB Clyde Edwards-Helaire (#32, Kansas City) ont complété uen soirée historique pour les Tigers.

Le lendemain S Grant Delpit a été sélectionné par les Browns de Cleveland avec le 44ème choix avant que CB Kristian Fulton ne file chez les Titans du Tennessee en fin de 2ème tour (#61). OG Damian Lewis (#69, Seattle), C Lloyd Chushenberry (#83, Denver) et LB Jacob Phillips (#97, Cleveland) ont été choisi au 3ème tour.

La version 2019 du Rivalry game Alabama-LSU restera assurément dans l’Histoire : 18 joueurs ayant participé à ce choc de la division SEC West ont été sélectionnés lors des trois premiers tours puisque 8 joueurs du Crimson Tide ont également été choisi par une franchise NFL lors des deux premières soirées de cette draft NFL 2020.

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NFL Draft

Joe Burrow rejoint Cam Newton dans un club exclusif

Premier joueur sélectionné lors du 1er tour de la draft NFL 2020, QB Joey Burrow devient le 2ème joueur à avoir remporté le titre national et le Heisman trophy et été drafté avec le premier pick lors de la même année.

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Crédit photo : USA Today

On pensait que Cam Newton ne serait jamais rejoint dans ce cercle très fermé. Baker Mayfield (ex-Oklahoma) avait échoué en 2017, battu par Georgia en demi-finale du College Football Playoff lors du Rose Bowl. En 2018, QB Kyler Murray a marché dans les pas de son prédécesseur chez les Sooners en étant battu en demi-finale des playoffs par Alabama.

Ces deux-là ont bien remporté le trophée Heisman suivi quelques semaines plus tard par une sélection au 1er tour de la draft NFL. Il leur manquait ce titre national que Joe Burrow est allé chercher au Superdome de La Nouvelle-Orléans, en janvier 2020.

En 2010, Cam Newton (ex-Auburn) avait réussi le premier à réussir cet exploit dans toute l’Histoire du College Football. Une semaine après un fantastique comeback contre Alabama et un titre de conférence SEC remporté contre South Carolina, son équipe d’Auburn est venu à bout d’Oregon lors du BCS National Championship. Entre temps, le quarterback des Tigers avait mis la main sur le trophée Heisman. En avril 2011, il sera finalement sélectionné par les Panthers de Carolina avec le premier pick de la draft NFL.

Hier soir, QB Joe Burrow a écrit une nouvelle page de sa fantastique histoire. Sans surprise car il était le grand favori, l’ancien quarterback vedette de LSU a été drafté par les Bengals de Cincinnati.

Pour rappel, QB Joe Burrow a établi plusieurs records NCAA lançant notamment 60 passes de TDs pour un total de 65 TDs offensifs. Ses 5671 yards à la passe accumulés en 2019 représentent la 3ème meilleure performance de l’Histoire du College Football.

Comme si elle avait encore besoin d’un argument pour le prouver : la SEC impose donc encore un peu plus sa domination sur le College Football…

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