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Verchain Is #NotImpressed

Verchain is #NotImpressed 2013 – Week 13

Quand Verchain a des choses à dire, il les dit. Peu importe. Quelle que soit la réaction du public, Verchain is #NotImpressed.

#NotImpressed

Quand Verchain a des choses à dire, il les dit. Peu importe. Quelle que soit la réaction du public, Verchain is #NotImpressed.

Comme cela arrive parfois, Verchain finit sa semaine de College Football un peu comme ça :

 

Du coup, il lui arrive de ne pas avoir véritablement envie de s’énerver contre le Cartel, Urban Meyer, la stupidité du Heisman Trophy ou toutes ces petites choses d’en-dehors du terrain qui font que le monde est monde. Alors, quand il est comme ça, il vous propose la traduction d’un article qui l’a intéressé récemment. On lui a fait passer cet article. Alors, il l’a traduit.

Dans la tête des hommes qui ont inventé le BCS et changé le football NCAA pour toujours.

Par Charles Bennett, le 24 novembre 2013

Le Bowl Championship Series était dans sa première année à déterminer un match entre le N°1 et le N°2 pour le championnat national, et il semblait que ça n’allait pas fonctionner.

A l’orée de la dernière semaine de compétition en 1998, Tennessee, Kansas State et UCLA étaient toutes invaincues, et si les trois gagnaient leur dernier match, l’un d’entre eux allait se retrouver à la porte.

Un journaliste a appelé Jeff Sagarin, le magicien des mathématiques du MIT qui avait aidé à mettre en place la partie ‘difficulté du calendrier’ de la formule du BCS, qui a alors vendu la mèche.

A Birmingham, Alabama, le Commissioner de la SouthEastern Conference Roy Kramer et son directeur des relations medias Charles Bloom, les deux autres personnes principalement responsables du développement de la formule BCS, étaient atterrés du manque de jugeote de Sagarin sur le plan des relations publiques.

‘Roy m’a appelé pour me dire que je devais garder ma foutue bouche fermée’, se souvient Sagarin.

Bloom déclare dans un soupir : ‘Tout ça nous a fait une semaine tendue au bureau… Pour la premièer année du système BCS que nous avions développé, une équipe de notre conférence était sur le point d’être laissée hors du championnat’.

Finalement, UCLA a perdu contre Miami, Kansas State a perdu face à Texas A&M lors du championnat de la Big XII et Tennessee a disposé de Mississippi State au championnat SEC.

Les Vols ont bouclé la saison invaincus et ont remporté le championnat national en battant Florida State au Fiesta Bowl.

L’ordre était rétabli. La controverse avait été temporairement évitée pour le BCS.

La méthode BCS pour choisir un champion national achève son existence de 16 ans cette année, avec le passage du football universitaire à un playoff à 4 équipes en 2014, dont les participants seront choisis par un comité de sélection de 13 membres.

Kramer, Sagarin et Bloom ne seront pas parties prenantes du nouveau système, mais celui qu’ils ont mis au point en 1998 – largement critiqué, vilipendé, dénigré et rarement salué – a régi le football universitaire bien plus longtemps qu’eux-mêmes l’auraient imaginé.

Ce triumvirat est celui qui mérite le plus de crédit ou de reproches pour avoir inventé le BCS : le commissioner vieux et sage, considéré comme de l’ancienne école mais bien plus visionnaire que ce qu’on voulait bien lui reconnaître. Son assistant compétent avec un background en relations publiques et la machine à calculer Yankee avec un diplôme du MIT et le verbe facile.

Les choses allaient s’adoucir au fil des années, à mesure que leur formule de sélection, basée sur une combinaison de polls humains et de classements par ordinateurs était modifiée, repensée et a évolué comme nécessaire. Quoi que vous pensiez du système BCS, le fait est qu’il a directement contribué à faire adopter un format de playoffs pour le football universitaire.

Les personnels des autres bureaux des conférences allaient devenir plus impliqué à mesure que les commissioners des autres conférences se succédaient au poste de BCS Commissioner après que Kramer ait occupé le poste pendant deux ans, à l’origine.

Cette première année, Kramer, Bloom et Sagarin pilotaient le vol d’essai du nouveau système de sélection un peu à vue, un peu comme un trio d’équilibristes marchant sur une fine corde raide suspendue au-dessus d’un océan de critiques, et sans filet de sécurité…

Aucun des trois n’allait jamais oublier ça.

Le 30 juillet 1998, Kramer était assis au fond de la salle de bal de l’hotel qui servait de lieu de rendez-vous pour les SEC Media Days, où les head coaches de la conférence parlaient à la presse de leurs équipes et de la saison à venir.

Sur le podium, le coach de Florida Steve Spurrier donnait son avis sur le nouveau système du BCS, bien conscient que Kramer, le type le plus responsable du BCS, se trouvait dans la salle.

‘Je pense que ce système est tellement bon qu’on devrait l’étendre au basketball, baseball, tennis et au golf’, déclarait Spurrier. ‘Je n’ai jamais compris pourquoi nous sommes le seul sport à n’avoir pas de système de playoffs’. Je n’arrive pas à me l’imaginer’.

‘Ce qui m’interpelle, c’est pourquoi ne retient-on pas 16 équipes à la fin de la saison pour se mettre à jouer un playoff. On travaille à l’ancienne. Et encore, à l’ancienne… d’une manière plutôt fantaisiste… Au moins, c’est mieux que ce que nous avions par le passé… Tout le monde dans ce pays peut envisager d’aller disputer ce match’..

Kramer n’a pas bougé un cil. Il savait, au moment de commencer à developper le BCS, que les critiques n’allaient pas tarder à se matérialiser – même de la part de membres de la conférence qu’il pilotait.

Le BCS a commencé par un dialogue continu entre les commissioners des conférences.

« Nous essayions de renforcer un peu le processus de sélection des bowls”, déclare Kramer. « Donc nous avons commencé par chercher des moyens d’améliorer les matchs et les bowls, et, au cours de ces discussions, quelqu’un a dit ‘hé, mais pourquoi le numéro 1 ne pourrait pas jouer le numéro 2 quelque part ?’. Et c’est devenu une partie de nos discussions alors que nous commencions à regarder comment nous pourrions améliorer le processus de sélection ».

Les commissioners ont décidé de laisser Kramer porter le ballon sur ce coup. Kramer s’est dit qu’il allait avoir besoin d’aide.

En 1997, Charles Bloom avait 35 ans et était au coeur de sa troisième année d’exercice comme commissioner adjoint de la SEC (poste qu’il a occupé 17 ans), servant comme directeur des relations médias.

“J’étais dans le bureau du commissioner Kramer un peu par hasard et il m’a demandé de m’asseoir et d’écouter la conférence téléphonique entre commissioners”, dit Bloom, “Ils étaient plutôt confiants de l’état de leurs discussions et ont commencé à évoquer comment ils allaient sélectionner les équipes. Les deux sondages majeurs étaient l’Associated Press Poll et le Coaches poll. Les journalistes (AP) ne faisaient pas confiance aux coaches, et les coaches ne faisaient pas confiance aux journalistes.

“J’ai évoqué aux commissioners que je pensais avoir quelque chose qui pourrait nous servir de base”, dit-il, « nous avons parlé d’avoir deux bases au départ – du subjectif et des ordinateurs. Nous avons commencé là, avec cette base ».

Bloom se souvient d’avoir travaillé des heures sur ce projet.

«On est partis avec notre base et on a regardé sur les 10 années précédentes ce que ça aurait donné sur les matchs », déclare Bloom. «Si on tombait sur quelque chose qu’on jugeait problématique, on en parlait et on décidait de faire les changements nécessaires. On a fait ça à la main.»

Ils ont ensuite décidé d’ajouter une composante de difficulté du calendrier. Kramer et Bloom s’accordaient sur le fait que celle déjà utilisée par la NCAA était insuffisante.

Kramer savait déjà vers qui se tourner.

Jeff Sagarin était une personnalité bien établie dans le monde des statistiques sportives lorsque Kramer s’est adressé à lui pour aider à développer une formule de difficulté du calendrier pour le BCS.

Jeff Sagarin

Après tout, les classements par ordinateur de basketball universitaire de Sagarin étaient déjà bien installés sur la page des sports de USA Today.

“J’ai reçu un appel de Roy Kramer”, déclare Sagarin. « On s’était rencontrés pour la première fois en 1988 durant les World Series entre les Dodgers et les A’s d’Oakland. Il se souvenait de moi. Il m’a appelé pour me dire ‘hé, on met au point ce truc appelé BCS, ça vous dirait de bosser avec nous ? On va avoir un classement par ordinateur.’ J’ai dit : ‘oui, bien sur, je serai heureux d’en être.’»

Kramer voulait que Sagarin développe une formule de difficulté du calendrier qui ne prenne pas en compte les scores relatifs. Il ne voulait pas d’un système incitant les équipes à gonfler les scores pour améliorer leur place au classement.

« Il me demandait d’ignorer tout un tas de données significatives en ne prenant pas en compte les scores», affirme Sagarin. «Il m’a dit qu’il pensait que je pouvais le faire, et je l’ai fait, mais j’ai toujours pensé que c’était bancal à cause de ça.»

Le BCS a été présenté au cours d’une conférence téléphonique nationale avec les médias en Juin 1998.

Maintenant qu’ils avaient leur nouveau système, Kramer, Bloom et Sagarin ont commencé le processus leur permettant d’évaluer si le système allait fonctionner.

“Tout était établi depuis le bureau [de la SEC]”, déclare Bloom. « Le dimanche, les chiffres arrivaient dans notre bureau. Je faisais mes calculs, à la main. Des fois, je recevais un e-mail du commisioner sur le coup de 3 heures du matin. Nous y investissions un temps fou.»

La relation entre Kramer et Bloom était tranquille. Celle entre Kramer et Sagarin plus compliquée.

‘Ce dont je me souviens très bien, dit Sagarin, c’est que pendant cette première année, lui et Charles Bloom travaillaient les chiffres quasiment sur la table de leur cuisine le dimanche. J’avais beaucoup de discussions avec Roy. J’étais un vrai sale connard cette première année. Dire que j’étais autre chose serait totalement à côté de la plaque… La façon dont je parlais aux journalistes, les déclarations que je faisais… ‘

“Je sais juste que chaque semaine, Roy m’appelait et les trente premières secondes consistaient en des hurlements de sa part pour me dire de garder ma foutue grande gueule fermée”, poursuit Sagarin. « Les médias l’appelaient et lui demandaient ‘Vous avez entendu les dernières déclarations de Sagarin ?’ et lui me disait ‘Tu es en train de me tuer’. Mais il changeait vite de dispositions. Il commençait à rire et nous avions une belle conversation.»

Sagarin dit que c’est là qu’ils ont développé leur relation forte qui se poursuit aujourd’hui.

“Je dirai que j’ai beaucoup appris de Roy Kramer”, affirme Sagarin. « C’est une chose que je ne dis pas d’habitude. Je ne suis pas aussi vil, mais je dirais que j’étais comme au pied de mon maître, en train d’apprendre des tas de secrets de la vie. Comme s’il était le maître Kung Fu et que j’étais le petit scarabée. Il me disait ‘Jeff, tu as déjà eu des détracteurs, mais là tu vas croiser les pires détracteurs que tu n’as jamais croisés. Et laisse moi te dire un truc. Lorsque la presse couvre un phénomène dont elle ne peut décider du résultat, elle devient vraiment très énervée. Et tu vas subir leur énervement. Sois juste prêt.’ Il avait raison.”

Le BCS a bel et bien eu ses moments de controverse.

En 2003, Oklahoma était classée N°1 quasiment toute la saison, mais les Sooners ont perdu contre Kansas State 35-7 au championnat de la Big XII.

Et bien que Southern California se soit retrouvée propulsée en tête à la fois des polls des coaches et de l’AP, Oklahoma est restée N°1 dans le classement BCS et a joué contre le N°2 LSU pour le championnat.

Une équipe d’Auburn invaincue est restée hors du match de championnat en 2004, quoiqu’ayant fini la saison N°2 à la fois dans l’AP poll et le Coaches poll.

Les Tigers ont terminé la saison en troisième position dans le classement BCS, derrière USC et Oklahoma qui se sont disputés le championnat.

Il y a eu, malgré tout, des aspects positifs dans le système parfois volatile du BCS.

Le plus important est qu’il a stimulé plus d’intérêt pour plus d’équipes en football universitaire. Soudainement, des équipes comme Boise State, Hawaii et Louisville ont remporté des places dans les bowls BCS qui étaient normalement réservées à l’aristocratie du football universitaire.

De plus, tous les matchs de saison régulière sont devenus importants, même entre deux équipes avec des records perdants, parce que leur performance pouvait influer sur le critère de difficulté du calendrier d’une équipe bien placée dans le classement BCS.

“Je pense que le BCS est un vrai succès”, affirme l’ancien commissioner de la Big East Mike Tranghese. « Je pense que son effet sur la popularité du football universitaire est sans précédent. La croissance du football universitaire depuis la création du BCS est juste jamais vue. Mais les gens n’ont cessé de pleurer et de hurler pour un playoff depuis si longtemps. C’est ce qu’il veulent, et c’est ce vers quoi nous allons. »

Kramer, Bloom et Sagarin sont heureux du rôle qu’ils ont joué pour le BCS.

“Le BCS a propulsé ma carrière”, déclare Bloom, aujourd’hui adjoint senior du directeur des sports en charge des affaires externes pour l’université de Caroline du Sud. « C’était un parcours de formation pour moi. Le Commissioner Kramer m’a donné une opportunité que peu de monde reçoit. C’étaient des temps difficiles. On se faisait matraquer , mais, à la fin, il y avait un match qui opposait le numéro 1 au numéro 2. Le football universitaire n’avait jamais connu ça. Pour moi, c’était un pas en avant. »

Kramer, aujourd’hui à la retraite et qui vit du côté de Knoxville, Tennessee, est fier du système qu’il a développé.

« Je pense que ça a beaucoup mieux marché que ce qu’on avait espéré en y travaillant. Ce système a fait ce qu’on voulait qu’il fasse. Il a fait progresser le football universitaire. Il a maintenu les bowls. Et les bowls sont très importants pour le football universitaire. Regardez un peu en arrière. La plupart des saisons, le BCS a fait se rencontrer le numéro 1 et le numéro 2 au cours d’un match qui ne se serait jamais produit sous l’ancien système’.

Sagarin réside toujours à Bloomington, Indiana, et continue de produire ses classements pour USA Today, tout en s’investissant dans d’autres projets de statistiques.

“Je pense que les faits ont donné raison à Roy Kramer”, affirme Sagarin. « Le BCS a donné son importance au football universitaire. Avant, ce n’était qu’un truc régional. Le samedi, il n’y avait pas ce type d’intensité. Maintenant, je pense presque que c’est allé trop loin. Les sites Internet qui parlent de ‘telle équipe va-t-elle progresser ou s’effondrer ? » Comment les résultats vont-ils impacter les classements des ordinateurs ? Les gens déviennent dingues. La vie devient trop grande. Kramer a été visionnaire avec ce processus qui a rendu subitement le football universitaire tellement intéressant chaque weekend. »

Et que pense Sagarin du système de l’an prochain ?

«Bonne chance à eux. Ils n’auront pas de Jeff Sagarin pour servir de cible toute désignée».

Toutes les citations ont été obtenues directement, sauf indications contraires.

And In Other College Football News

Pas grand chose de neuf sous le soleil du business du football universitaire cette semaine. Juste une petite news en passant :

Florida a décidé de figer le montant des contributions de ses boosters pour les trois ans à venir. Il faut savoir que les contributions de boosters (ce qu’ils paient notamment pour être assurés d’avoir des places à la saison pour voir les matchs) sont la principale source de revenus des équipes universitaires, plus encore que les droits télé.

Ainsi, en 2012, les contributions à Florida rapportaient 46 millions de dollars, soit plus de deux fois les droits télé tels que versés par la SEC (22 millions).

Florida tente ainsi d’assurer l’avenir (un vrai souci compte tenu de la triste situation sportive de cette saison) et donc de ne pas décourager ses boosters ‘de base’ (puisque les donations au-delà des contributions sont toujours libres, bien sur), de les encourager à poursuivre leurs ‘abonnements’ renouvelables chaque année.

Remarquez, ça ne pourrait pas être pire que ça…

I Got Mail… Ou Pas…

Dans cette section, amis lecteurs, vous pourrez poser toutes les questions que vous voulez. Si vous avez des questions, à l’avenir… Pour cette semaine, on passe au-dessus de tout ça, on reviendra, peut-être… Ou pas…

Cette semaine, un peu de courrier… Eh, ça le fait, non ?

Elkaotic : Avec tous ces changements de conférences, à la fin on vas arriver à quoi comme système? Des «supers» conférences de 20-25 équipes? Qu’en penses tu?

Quoi qu’il advienne de l’idée d’une ‘Division 4’, qu’elle se matérialise dans le cadre de la NCAA avec des règles arrangées pour les membres du groupe ou qu’elle fasse sécession de manière officielle, je ne pense pas qu’on en arrivera à des conférences à 20 ou 25 équipes.

Tout tiendra à la composition de la saison régulière telle que l’envisageront les membres du Cartel. Parce que ne nous voilons pas la face, c’est bien du Cartel qu’il s’agit quand on évoque cette éventuelle Division 4…

S’ils envisagent une saison régulière à 11 matchs de conférence, on peut envisager des conférences à 18, avec deux divisions de 9, 8 rencontres dans la division et 3 par rotation contre des équipes de la division d’en face…

Pour ma part, je vois plutôt des conférences à 16, ce que va faire la B1G à partir de la saison prochaine, quand elle aura intégré les foudres de guerre que sont Rutgers et Maryland. Ne nous leurrons pas, ces conférences à 16, sans doute au nombre de 4 ce qui nous donnera 64 équipes dans les conférences “d’élite” – à savoir la SEC, Pac 12, Big 10, Big 12… Ou de 5 si l’ACC parvient à rejoindre ce groupe, ce qui nous donnerait 80 équipes d’élite sur 123 facs de première division pour le moment – qui composeront ce groupe.

Je n’envisage pas de réalignement où des conférences vireraient des équipes. La SEC ne virera pas Kentucky, par exemple, mais les équipes nouvelles qui intégreront les conférences majeures devront apporter un ‘marché’ télévisuel, une zone géographique pas encore couverte par la conférence en question…

C’est pour cela que je crains pour l’ACC. La SEC pourrait tenter un raid sur la Floride du Sud en allant chercher Miami par exemple, ou tenter de s’arroger la Caroline du Nord avec UNC. Pour des conférences comme la Pac12, ce serait sans doute plus compliqué de grossir sans aller taper loin à l’intérieur des terres. Boise donnerait du sens sportivement mais en termes de marché, l’Idaho est minuscule. Alors, jusqu’où pourrait s’étendre la zone Pacifique ??? La Pac10 avait bien tenté de séduire Texas avant de se rabattre sur Utah et Colorado, qui sont déjà bien éloignés de la côte…

Ou alors on assisterait à des réalignements avec des départs volontaires d’équipes de certaines conférences pour d’autres, comme ce qu’avait fait Texas A&M et Missouri quittant la Big 12 pour la SEC… Ou Louisville pour l’ACC… Ou Rutgers et Maryland pour la B1G… Ou Pittsburgh et Syracuse pour l’ACC… C’est complexe, et on pourrait assister à de vrais bouleversements.

BYU et Notre Dame seraient des cibles de choix (Big XII ou Pac12 pour la première, B1G ou ACC pour la seconde). Il reste peu de gros marchés qui ne sont pas déjà rattachés à des gros marchés télévisuels. Miami n’est pas un gros marché en soi, d’ailleurs… Connecticut n’est pas très sexy, Syracuse et Rutgers tirant plus de téléspectateurs potentiels des environs de New York…

J’envisage toutefois bien des changements, avec du sens géographique et du sens économique… C’est loin d’être fait, et on risque de connaître de très gros bouleversements, avec pas mal de petits arrangements entre amis derrière les portes closes…

Aurélien : comment expliques tu que des équipes comme notre bien aimée U s’écroulent complètement après une défaite ?

J’ai ma petite théorie là-dessus.

Considérons le cas de deux facs qui ont été concernées cette saison : Miami, que tu cites, et Northwestern.

Au début de saison, il s’agissait de deux facs qui pouvaient envisager une saison satisfaisante, disons aux environs de 9 victoires, avec un bowl intéressant (on pourrait discuter de ce qu’est un bowl intéressant, un de ces jours, tiens…) à la clé.

Ce sont deux facs qui ont débuté la saison avec une série de victoires. Toute série de victoires, dans notre monde reposant sur l’Internet, l’information immédiate, l’analyse à la seconde, le bruit médiatique, génère de l’intérêt des médias, et par conséquent des fans qui sont un peu matraqués, s’enthousiasment comme des malades à qui on annonce une rémission. Et même certains, dont beaucoup d’entre nous font partie, n’ont pas besoin d’être matraqués pour chercher à être toujours à la pointe de l’information sur leur équipe favorite. Il y a même des toxicos comme votre serviteur qui suivent l’information en pointe sur tout un tas de fac, obligation ‘professionnelle’ ou non…

Les joueurs en viennent à croire en leur bonne étoile. Inconsciemment, ils font peut-être moins d’effort. Ils sont également un peu plus perturbés par les sollicitations, médias, réseaux sociaux, boosters, etc… Bref, ils deviennent des petits Justin Bieber pour quelques semaines, et ça peut être grisant…

Pour Miami comme pour N’Western, tout semblait bien partir, les victoires s’enchaînaient… Et on pouvait avoir tendance à oublier qu’elles se succédaient… Avec un bon paquet de chance parfois, d’erreurs des adversaires d’autres fois… Northwestern aurait bien pu perdre son match d’entrée de jeu à Cal. Miami aurait pu perdre contre Florida sans une accumulation de bêtises de l’attaque des Gators…

Et puis sont venus les vrais tests, les gros matchs… Florida State et Ohio State pour The U et les Wildcats, respectivement. Et patatras…

Selon moi, le ‘momentum’ a marqué les débuts de saison de ces deux équipes. Il y avait une forme de vague qui semblait les porter… Et puis les vagues sont venues se fracasser contre les digues… Et les digues ont gagné… Quand le momentum se perd, c’est une autre forme de vague qui se forme, un peu comme le reflux de la marée… Une spirale négative, une forme de lose ultime, qui semble ne jamais vouloir s’arrêter, comme la spirale positive semblait ne jamais vouloir s’arrêter… Elle peut s’arrêter, comme Miami l’a montré en gagnant enfin ce weekend… Ou se poursuivre comme pour les Wildcats…

Parce que tout à coup, le ballon ne vole plus dans les airs de la même façon que quand on tenait le momentum. Tout à coup, les espaces dans le jeu de course semblent se réduire. Tout à coup, les défenses adverses semblent aller plus vite. Les attaques adverses aussi, d’ailleurs… tout semble aller de travers, quoi qu’on tente…

Il faut bien se rendre à l’évidence : ces équipes qui partent soudainement en torche ne sont tout simplement pas réellement solides. Les vraies grosses équipes qui subissent une défaite après une série de victoires s’en relèvent, et sortent au pire des saisons moyennes. A&M l’a fait. Stanford l’a fait. Miami a de nouveau gagné, après une série de défaites… Les ‘Canes ne sont tout simplement pas encore au niveau des Aggies ou du Cardinal.

Ça tient à pas grand chose, à un joueur qui porte seul son équipe, ou à une unité qui resserre les rangs pour porter l’équipe… Quand il n’y a ni l’un ni les autres, on rentre dans la spirale de la lose, et bon courage pour en sortir… Oui, c’est dans ta direction qu’on regarde, Michigan…

Verchain’s Games To Watch This Week

L’équipe de rédaction de The Blue Pennant vous présentera demain les matchs les plus intéressants à suivre cette semaine. Comme je suis un rédacteur prétentieux, je vous donne moi aussi mes matchs à suivre, qui ne sont pas nécessairement ceux qui viendraient à l’esprit des rédacteurs qui ne s’appellent pas Verchain…

Alabama Crimson Tide @ Auburn Tigers

Game of the Century – 2013 Edition. Beaucoup de bits vont s’entrechoquer sur les pages internet à propos de ce match, aucun doute. Des gars qui ont plus de culture et de courage que moi vous parleront des enjeux du jeu. Moi, comme d’habitude, je suis Verchain. Alors, pourquoi regarder ce match ? Pourquoi pas ? Gus Malzahn a rendu la vie à Auburn et à son attaque. Et comme dernière équipe ou presque à pouvoir priver Alabama d’un nouveau titre (en tout cas du titre de la SEC West), nous nous devons de soutenir les Tigers. Parce qu’ils n’ont plus un quarterback voleur de PC portable. Parce qu’ils n’ont plus, officiellement, un quarterback dont la venue a été monnayée par son esclavagiste de père. Parce que l’aigle qui vole au dessus des Plains, c’est toujours mieux qu’un éléphant qui vole au-dessus de Tuscaloosa. Parce qu’il y a ‘lose’ dans ‘Tuscaloosa’, phonétiquement. On voudrait y croire. Mieux, on VA y croire. Non mais.

Bowling Green Falcons @ Buffalo Bulls

MACtion. Voilà qui devrait être suffisant pour que vous regardiez ce match. Les Falcons de Bowling Green, après avoir pris un peu de plomb dans l’aile en début de saison, peuvent aujourd’hui arracher le titre de division, et gagner le droit d’aller croiser le chemin de Jordan Lynch en finale de la MAC. Depuis le début de la saison, Verchain soutient les Falcons. Alors, il mettra sa petite tenue de cheerleader. Et soutiendra encore les Falcons.

Duke Blue Devils @ North Carolina Tar Heels

Nouveau signe de la survenue de l’apocalypse, Duke peut remporter en gagnant ce match le titre de la division Coastal de l’ACC. Je répète :  Duke peut remporter en gagnant ce match le titre de la division Coastal de l’ACC. Message personnel : Yvonne a fumé sa première cigarette. Les sanglots longs des violons de l’automne, machin, tout ça… Verchain est fatigué, jeunes…

 C’est fini pour aujourd’hui, alors…

Après trois années à commenter le football sous toutes ses formes, Verchain a rejoint la rédaction de The Blue Pennant en 2013 pour vous proposer son College Football Report et quelques autres fantaisies, en exclusivité.

8 Commentaires

8 Comments

  1. Ben

    27 novembre 2013 à 08h58

    Tiens vu que tu parles du BCS et du playoff, tu ne penses pas que le système de playoff va, au final, diluer l’importance des matchs de saison régulière ? Un match comme Oregon vs Stanford a une importance capital dans le système actuel. La défaite des Ducks les élimine de la course au titre. Avec le système de l’an prochain, la défaite des Ducks ne les éliminer pas de la course au playoff.

  2. elkaotic

    27 novembre 2013 à 11h51

    Merci pour ta réponse c’est vrai qu’à terme je pense que les indépendants rentreront dans une conférence comme cela est arrivé en basket où Notre Dame a rejoint l’ACC je sais pas si cela est une bonne chose. Ils rentreraient dans la « banalité » je trouve.

    Bon article as usual 😉

  3. louvressac

    27 novembre 2013 à 13h06

    BYU aurait du faire le grand saut vers la PAC12 avec utah,géographiquement on aurait eu 6 derbys (oregon,washington,arizona,frisco,LA et l’utah….mais théologiquement des universités aussi libérales qua stanford ou berkeley n’accepteront jamais qu’un programme de bigots comme BYU se joigne a eux…en théorie ils ont beaucoup plus d’atomes crochus avec les équipes du sud midwest qui sont quand même beaucoup plus conservateurs,religieux et pour tout dire réactionnaire que leurs contreparts la côte ouest.

    Je pense (mais c’est mon opinion) qu’en fait c’est texas qui détient la clé des futurs mouvements inter conférences….potentiellement le marché publicitaire est énorme et avec la BIG 12 qui est en train de suivre inéluctablement la même voie que la WAC,les longhorns sont courtisés par tout le monde (enfin au moins par la pac 12,big ten et la SEC) et le temps qu’ils réfléchissent a l’endroit ou ils pourront génerer le maximum de pognon dépendra des futurs mouvements des conferences du cartel…..

  4. louvressac

    27 novembre 2013 à 13h16

    a moins dans le cas de BYU et de notre dame et de faire un peu comme ce qu’on fait la moitié des équipes de la big east (section basket) l’an passé,faire secession et creer une conférence religieuse…après tout avec BYU,notre dame,Texas christian,wake forest,baylor et sans doutes quelques autres universités privées ça devrait pouvoir faire le nombre….

  5. Verchain

    27 novembre 2013 à 13h57

    Les équipes de basket qui ont quitté la Big East sont toutes catholiques… De là à voir des facs d’obédiences religieuses multiples se réunir dans la Bigoterie League, j’ai des doutes…

    Texas est le ciment de la Big XII aujourd’hui. Parce que le maximum de l’argent de la conférence est là. Ils sont à mon avis coincés à l’intérieur pour un bon moment, et pourraient faire ou défaire les entrées dans la conférence. Oklahoma sait bien que sans Texas, plus de BigXII, et ce ne sont pas des micromarchés comme Kansas KState ou WVU qui vont pouvoir y changer grand chose…

    Bref, il n’y a vraiment rien de clair en ce moment…

    @louvresac : en tapant les lettres BYU dans l’article, je me voyais déjà à devoir répondre à un commentaire de ta part…

  6. yacine

    27 novembre 2013 à 18h22

    Sympa l’article,je n’en avais pas connaissance. C’est sorti où? Belle traduction, beau boulot ! 😉
    Je suis d’accord à ce niveau là concernant le BCS, c’est vrai que depuis qu’il a été mis en place le foot universitaire a explosé ! Tant niveau exposition nationale, que droits télé, rentrées financières grâce aux marchandising etc. Malgré toutes mes critiques et le fait que ça m’est toujours paru incompréhensible leur « technique » de classement, le BCS a eu ce mérite là. Mais bon débarras 🙂

    On attendra de voir ce que donne le système des play-offs parce que bon, ce comité de sélection…ahem !

    Vu qu’on arrive en fin de saison, et avec cet article qui en parle, Verchain quel a été le développement des bowls depuis le début du foot ncaa? Qui a pris de l’importance par rapport à qui pour arriver aux 4 bowls majeurs d’aujourd’hui? Y en a chaque année qui se rajoute?

    • Ben

      27 novembre 2013 à 18h42

      Je pense qu’avant il n’y en avait qu’une quinzaine. Mais de ce que j’ai pu voir en regardant le palmarès et les affiches des bowls passés, les 4 bowls BCS actuels ont toujours été les principaux (le Fiesta est le plus récent je pense et s’est rajouté pour avoir un autre match important sur la côte ouest). On peut rajouter le Cotton Bowl aussi qui accueillait le vainqueur de l’ancienne Southwest Conference.
      Verchain apportera sans doute plus de précisions.

      Quand au système de playoffs, je pense qu’il ne va rien résoudre. Rien que cette année, qui mérite le 4e spot si on prend en compte ce système de playoff ? Auburn ? Missouri ? Stanford ? Clemson ? Le bordel va juste se déplacer de « qui en finale ? » à « qui en playoff ? ». Et comme je le disais plus haut, je pense même que ça va diluer l’importance des matchs de saison régulière. On peut reprocher bien des choses au BCS mais le seul point positif, c’est que chaque match était un vrai match de playoffs.

      • yacine

        27 novembre 2013 à 20h57

        Oui justement je posais ça à Verchain comme ça il avait des questions pour son mailbag de la semaine prochaine (faudrait pas qu’il pense qu’on l’oublie même pendant la période de Thanksgiving :p )

        Concernant les playoffs : ça ne va rien résoudre, ou plutôt « laisser le bazar comme il est » et le fameux super-légitime comité de sélection choisira les 4 équipes au meilleurs bilans et les quelques suivantes les remettras dans les autres bowls majeurs. Donc après niveau quelle équipe choisir, pourquoi, comment, en fonction de quoi ben écoute…on verra :p

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