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The Big Game : Ohio State vs Michigan

Enfin ! On ne parle que de lui dans la Big Ten, et presque dans tout le pays, depuis le coup d’envoi de cette saison au début du mois de septembre. LE match qui pour cette fois empruntera le nom de la légendaire rivalité entre Stanford et California, on ne peut plus équivoque : « The Game ».

Élue en l’an 2000 « plus grande rivalité sportive d’Amérique du Nord » par ESPN, l’affrontement entre les Wolverines de #3 Michigan et les Buckeyes de #2 Ohio State prendra cette saison une dimension rarement atteinte étant donné le classement des deux programmes et l’enjeu sportif considérable, rien de moins qu’une qualification quasi-assurée pour le College Football Playoff pour le vainqueur. La saison passée, pour le premier duel à distance entre Urban Meyer et Jim Harbaugh, les Buckeyes avaient humilié les Wolverines à Ann Arbor (42-13), inutile de dire que l’envie de revanche sera bien présente du côté de Michigan pour le deuxième épisode de ce qui pourrait devenir l’une de plus grandes rivalités entre deux coachs de l’histoire du football universitaire.

Pour cette dernière semaine de saison régulière (Big 12 exceptée), la traditionnelle « Rivalry week », le programme est particulièrement dense avec des rencontres comme #5 Washington @ # 23 Washington State (l’« Apple Cup »), #13 Auburn @ #1 Alabama (l’« Iron Bowl ») ou encore #15 Florida @ #14 Florida State. Néanmoins, aucun autre match ne pourra faire de l’ombre à l’énorme affrontement entre Michigan et Ohio State, et tous les fans et observateurs de football américain universitaire auront évidemment les yeux tournés vers le Horseshoe de Columbus !

ENJEUX DU MATCH

A première vue, l’enjeu est simple : le vainqueur de cette rencontre fera un immense pas vers les playoffs, au vu des derniers classements du comité. Dans la course au titre de division Est de la Big Ten, les choses sont un peu plus compliquées : les Wolverines remporteront la division et iront en finale de conférence s’ils battent les Buckeyes. Si Ohio State l’emporte face aux boys de Jim Harbaugh, ils remporteront la division à condition que Penn State trébuche face à Michigan State dans le même temps. Car si Ohio State ET Penn State gagnent tous les deux, le titre de division sera pour les Nittany Lions, vainqueur lors de leur affrontement direct (24-21) le 22 octobre dernier. Ces derniers iraient donc jouer la finale de conférence contre Wisconsin ou Nebraska. Et le champion de la conférence sera bien entendu, sauf énorme surprise, choisi par le comité pour participer au College Football Playoff. Bref, nous y verrons déjà un peu plus clair après cette « Rivalry week » !

Depuis l’arrivée de coach Jim Harbaugh sur le banc des Wolverines il y a bientôt deux ans, tous les fans de Michigan n’attendent que ça : rejouer les premiers rôles, et si possible en battant les ultra-rivaux de Ohio State ! Pour ce faire, coach Harbaugh et son staff ont mis en place, en un temps record, une véritable machine à écraser les adversaires, plus efficace que spectaculaire à l’image du Big Ten Football : jeu au sol, puissance physique, défense de fer, puissance physique, discipline, puissance physique. Rouleau-compresseur inarrêtable pendant plus de deux mois, la machine semble s’être un peu enrayée depuis deux semaines et la défaite surprise à Iowa (13-14) sur un FG à la dernière seconde, puis la victoire dans la douleur face aux modestes Hoosiers d’Indiana (20-10). Malgré cela, sur le papier les Wolverines possèdent toujours la 10ème meilleure attaque du pays avec 42.1 points inscrits en moyenne et 235.3 yds au sol/match (19ème rang national).

Le gros coup dur, qui pourrait peser très lourd dans la balance, est la blessure de QB Wilton Speight (2156 yds, 15 TD, 4 INT) subie lors de la défaite à Iowa, certains évoquant même une fracture de la clavicule jamais confirmée par le staff médical de Michigan. En uniforme sur le bord du terrain la semaine passée, on l’a même vu lancer quelques ballons à l’échauffement avant de regarder la victoire de ses coéquipiers de la touche; coach Jim Harbaugh a affirmé cette semaine qu’il allait de mieux en mieux et que la décision de le faire jouer ou non à Columbus serait une décision de dernière minute. Révélation de la saison où il a su montrer qu’il était plus qu’un simple game manager, QB Wilton Speight a limité les pertes de balle et ajouté une dimension verticale à une attaque qui en manquait cruellement ces dernières années. Son remplaçant, QB John O’Korn (173 yds, 2 TD), n’a pas franchement rassuré la semaine passée face à Indiana mais a su sortir quelques big plays dans les moments importants pour garder son équipe dans le match et mener le programme d’Ann Arbor à la victoire. Avec 59 minuscules yards à la passe sur la rencontre, sa prestation a marqué la pire performance aérienne de l’attaque des Wolverines depuis 15 ans, même si sa tâche ne fut pas facilitée par des conditions difficiles avec un temps particulièrement froid et venteux. Il est donc probable que les fans de Michigan seront nombreux à prier cette semaine pour un prompt rétablissement de QB Wilton Speight !

Heureusement, la principale force de frappe de cette escouade offensive est de loin le jeu au sol, avec plusieurs coureurs capables de perforer les défenses adverses. Principale menace : RB De’Veon Smith (750 yds, 10 TD) qui sort juste de son meilleur match en carrière (158 yds, 2 TD) contre Indiana. Derrière lui, trois solides gaillards avec le freshman RB Chris Evans (547 yds, 3 TD, 7.4 yds/course), le senior RB Ty Isaac (417 yds, 5 TD) et le sophomore RB Karan Higdon (417 yds, 6 TD) dont la rotation bien huilée permet d’épuiser puis d’écraser les adversaires. On notera bien évidemment les quelques piges en attaque de l’époustouflant LB/DB/RB/KR/etc Jabrill Peppers (163 yds, 3 TD) qui semble pouvoir jouer tous les postes sur le terrain ! Sur les côtés de l’attaque, trois joueurs portent principalement la menace aérienne : WR Amara Darboh (758 yds, 6 TD) est la cible favorite du quarterback, le capitaine TE Jake Butt (460 yds, 4 TD) est sans doute l’un des tous meilleurs tight-ends du pays et WR Jehu Chesson (458 yds, 2 TD) peut également se montrer dangereux. Face au redoutable secondary des Buckeyes, leur tâche ne sera pas facile mais leur réussite dépendra surtout de l’identité du quarterback titulaire.

De l’autre côté du ballon, un chiffre donne tout de suite le ton : avec seulement 10.9 points encaissés/match, les Wolverines possèdent tout simplement la meilleure défense du pays ! La pire performance de l’escouade ? Lors du succès relativement aisé contre Colorado en 3ème semaine (45-28). Avec la victoire contre les rivaux de Michigan State (32-23), ce sont tout simplement les deux seuls matchs où la défense des Wolverines a encaissé plus de 20 points. Sur les 11 matchs joués cette saison, on en compte 7 (!) où les adversaires ont inscrits 10 points ou moins, ce qui montre un peu le niveau de talent de l’escouade du coordinateur Don Brown. Les pass-rushers DE Chris Wormley (34 plaquages, 5 sacks), DE Chase Winovich (33 plaquages, 5 sacks, 1 fumble forcé) et DE Taco Charlton (29 plaquages, 6 sacks) harcèlent les quarterbacks adverse, tandis qu’au milieu de la ligne défensive NT Ryan Glasgow (37 plaquages, 3 sacks, 1 FF), DT Maurice Hurst (30 plaquages, 3 sacks) et le true freshman DT Rashan Gary (26 plaquages, 1 sack) stoppent tout ce qui passe à leur portée. Le second rideau est emmené par la superstar LB Jabrill Peppers (65 plaquages dont 16 pour perte, 4 sacks, 1 FF) qui réalise une saison exceptionnelle. A l’aise partout sur le terrain, ses capacités athlétiques hors du commun font de lui un joueur unique et spectaculaire que coach Jim Harbaugh n’a pas hésité à comparer au légendaire athlète Jim Thorpe, joueur professionnel de football, baseball et basketball au début du siècle dernier mais également médaillé d’or olympique aux épreuves de pentathlon et décathlon lors des jeux d’été 1912 à Stockholm ! A ses côtés, LB Ben Gedeon (94 plaquages, 3.5 sacks) est le meilleur plaqueur de l’équipe et LB Mike McCray (63 plaquages, 3.5 sacks, 1 INT, 1 FF) complète un groupe redoutable et redouté, peut-être le meilleur front seven de tout le pays qui ne comptabilise pas moins de 36 sacks (8ème rang national). Le secondary excelle également même si la Big Ten n’est pas réputée pour son jeu aérien flamboyant : S Dymonte Thomas (59 plaquages, 1 INT) et S Delano Hill (40 plaquages, 3 INT, 1 FF) forment une paire de safety expérimentée et efficace, tandis que CB Jourdan Lewis (19 plaquages, 2 INT) et CB Channing Stribling (23 plaquages, 4 INT) complètent la meilleure défense aérienne du pays : seulement 137 yds accordés/match cette saison !

Face à cette redoutable équipe de #3 Michigan, leurs plus grands rivaux : les non moins redoutables Buckeyes de #2 Ohio State. Après un début de saison parfait qui les a vu terrasser #9 Oklahoma à Norman (45-24) puis prendre la mesure des Badgers de #6 Wisconsin à Madison (30-23), tout le monde voyait les hommes de coach Urban Meyer filer invaincus jusqu’à l’énorme clash de ce week-end contre le rival de toujours, à domicile cette fois. Mais voilà, un peu à la manière des Wolverines contre Iowa, les Buckeyes se sont pris les pieds dans le tapis du Beaver Stadium de #7 Penn State (21-24) et les Nittany Lions ont signé ce soir-là un des plus beaux upsets de la saison grâce à un field goal bloqué puis remonté jusqu’au TD à moins de 5 minutes de la fin du match ! Depuis cette désillusion, les joueurs de Columbus alternent le très bon (victoire écrasante 62-3 contre Nebraska début novembre) et le très moyen (victoires de justesse contre Northwestern 24-20 ou Michigan State 17-16 la semaine dernière), autre point commun avec les Wolverines de ces dernières semaines. Une chose est certaine concernant le match de samedi : pour espérer l’emporter, il faudra absolument évoluer à son meilleur niveau !

A la baguette de l’attaque on retrouvera évidemment QB JT Barrett (2304 yds, 24 TD, 4 INT, 722 yds au sol et 8 TD) qui malgré son inconstance reste l’un des quarterbacks dual-threat les plus dangereux du pays. Épargné par les blessures jusque-là, il affiche toutefois des statistiques moins impressionnantes que lors de sa fabuleuse saison freshman 2014 terminée par une cheville cassée lors du dernier match de saison régulière face à… Michigan à Columbus, ce qui n’empêcha pas les Buckeyes de remporter le premier titre de champion national de l’ère CFP avec QB Cardale Jones à la tête de l’attaque. A l’image de son équipe, QB JT Barrett alterne donc l’excellent (290 yds à 68.4 % et 4 TD contre Nebraska) et le médiocre (86 yds à 45.5 % et 1 TD contre Michigan State), il s’agira donc pour lui de retrouver son meilleur niveau pour faire face à la terrible défense des Wolverines. Heureusement pour son équipe, il n’est pas seul au niveau de l’attaque et peut s’appuyer sur l’une des révélations de cette saison, le freshman RB Mike Weber (1046 yds, 8 TD) qui réalise une première saison universitaire épatante. On gardera également un œil sur HB Curtis Samuel (650 yds, 7 TD au sol) qui peut toujours s’avérer précieux dans les moments difficiles mais qui se distingue surtout comme étant (et de loin) le meilleur receveur de l’équipe (790 yds, 7 TD en réception) ! Derrière lui, la menace aérienne est portée par le duo composé de WR Noah Brown (345 yds, 7 TD) et WR Dontre Wilson (343 yds, 5 TD) qui vient de rater le dernier match sur blessure mais qui devrait pouvoir tenir sa place samedi. Tous ces playmakers bénéficient du travail d’une des meilleures lignes offensives du pays, emmenée par l’excellent OL Pat Elflein. Grâce à tout ce joli monde, l’attaque des Buckeyes pointe au 5ème rang national avec 43.8 points inscrits/match et une moyenne de 263.1 yds au sol/rencontre (8ème du pays).

Du côté de la défense le niveau est également très élevé avec une moyenne de seulement 13 points encaissés/match, ce qui classe le programme de Columbus au 3ème rang national. La ligne défensive des Buckeyes peut compter sur DE Tyquan Lewis (27 plaquages, 7.7 sacks, 3 fumbles forcés), DE Nick Bosa (23 plaquages, 4 sacks) et DE Sam Hubbard (35 plaquages, 3 sacks) pour mettre de la pression sur le lanceur adverse. Derrière eux, le génial LB Raekwon McMillan (71 plaquages, 1 sack, 2 fumbles forcés) forme la pierre angulaire du second rideau qui est complété par LB Jerome Baker (64 plaquages, 2.5 sacks, 1 INT) et LB Chris Worley (49 plaquages, 1 INT, 1 FF). Enfin, le secondary est un des tous meilleurs de la nation avec S Malik Hooker (60 plaquages, 0.5 sack, 5 INT), S Damon Webb (48 plaquages, 1 INT), CB Marshon Lattimore (33 plaquages, 4 INT) et CB Gareon Conley (19 plaquages, 3 INT) qui se chargent d’annihiler le jeu aérien adverse, les Buckeyes pointant au 5ème rang national avec un total de 17 interceptions réussies cette saison !

DUELS CLES

Une fois n’est pas coutume, le plus gros duel de cette rencontre ne sera pas un face à face direct entre deux joueurs sur le terrain, ni même entre un groupe offensif et un groupe défensif. Forcément, le duel au cœur de cette rencontre sera l’opposition grandiose entre deux génies du football, coach Urban Meyer et coach Jim Harbaugh, dont l’histoire commune ne fait peut-être que commencer. Leur destin parallèle semblait écrit à l’avance car, à une époque où les changements de coachs sont légions, peu d’entraîneurs sont capables d’incarner l’âme d’un programme comme le font à merveille ces deux-là, sur des campus où le football est quasiment élevé au rang de religion. Sur le terrain du Horseshoe ce samedi, il ne s’agira donc pas seulement de se battre pour remporter la division Est de la conférence Big Ten ou de prétendre à une place au College Football Playoff, mais bel et bien de jouer pour la fierté de son camp et de triompher d’un rival historique, ce sentiment de rivalité entre les deux programmes étant tellement fort qu’il peut être difficile à appréhender car n’ayant que peu d’équivalent dans le sport moderne, en Amérique, en Europe ou ailleurs dans le monde.

Coach Urban Meyer était prédestiné à mener les Buckeyes au sommet, lui le garçon né à Toledo (Ohio), à peine 200 km au nord de Columbus, sur la frontière avec l’état voisin du… Michigan. D’abord joueur à l’université de Cincinnati, il évolue comme defensive back pendant une saison avant de commencer le coaching en High School puis d’intégrer le staff… d’Ohio State où il commence à faire ses armes en 1986, avant d’enchaîner les postes d’entraîneur adjoint pendant 13 ans (Illinois State, Colorado State puis Notre Dame). En 2001, il devient enfin Head coach à Bowling Green où il redresse le programme de manière spectaculaire, puis prend les commandes de Utah en 2003 où il continue d’exceller. Il accède ensuite au premier « grand » poste de sa carrière en étant nommé Head coach des Gators de Florida en 2005, avec qui il remportera le titre national à deux reprises en 2006 et 2008.

Après une pré-retraite d’un an en 2011 suite à des ennuis de santé, il accepte le poste de Head coach des Buckeyes et emmène Ohio State jusqu’à une fiche parfaite de 12-0 pour sa première saison en 2012, avant de remporter un nouveau titre national en 2014 pour le tout premier College Football Playoff de l’histoire. Il possède le meilleur pourcentage de victoire pour les entraîneurs en activité depuis plus de 10 ans (85,4 % avec une fiche de 164-28) et fait partie du club très fermé des entraîneurs ayant remporté un championnat national universitaire avec deux programmes différents (avec Pop Warner, Lou Holtz et Nick Saban, excusez du peu!).

Sur l’autre banc de touche se trouve donc coach Jim Harbaugh, né à… Toledo, dans le même hôpital et moins de sept mois avant un certain Urban Meyer (Old Mercy Hospital sur Madison Avenue, pour être précis), quand on vous dit que le destin lie ces deux-là depuis le début ! Après avoir déménagé au gré des postes d’un père coach de football, il revient étudier à l’université de Michigan où il devient quarterback pour les Wolverines sous les ordres du légendaire coach Bo Schembechler de 1983 à 1986, et où il termina sa carrière de joueur universitaire par une défaite au Rose Bowl 1987 après avoir terminé 3ème dans la course au trophée Heisman cette même année. Joueur en NFL de 1987 à 2001, il entame par la suite une carrière d’entraîneur et occupe son premier poste de Head coach à l’université de San Diego (FCS) de 2004 à 2006. En 2007, il est nommé à la tête du Cardinal de Stanford où il obtient d’excellents résultats qui le propulsent ensuite directement à la tête des 49ers de San Francisco (NFL), où il échouera lors du Super Bowl 2013 face aux Ravens de Baltimore alors entraînés par son grand frère John. A la fin de l’année 2014, il est nommé en grande pompe à la tête du programme de football de Michigan.

Il a alors la lourde tâche de redonner vie à une équipe en perte de vitesse depuis plusieurs années. Le redressement intervient rapidement : il termine sa première saison sur une fiche de 10-3 et une victoire de prestige contre Florida lors du Citrus Bowl (41-7). Sa deuxième saison, la présente, marque définitivement le retour des Wolverines sur le devant de la scène nationale ; les fans du programme d’Ann Arbor n’attendant maintenant plus rien d’autre qu’un nouveau titre de champion national, le dernier en date remontant à 1997. Au sein de la Big Ten, coach Jim Harbaugh possède le deuxième meilleur pourcentage de victoire en carrière (71,6%, fiche de 78-31) derrière… coach Urban Meyer, évidemment.

Si le coach des Buckeyes a donc remporté largement la toute première opposition entre les deux hommes la saison dernière (42-13), la deuxième prévue ce week-end devrait être autrement plus disputée. Et gageons qu’il y en aura encore beaucoup d’autres à venir dans les futures saisons, les deux hommes incarnant tellement bien leur poste qu’il paraît maintenant difficile de les imaginer coacher ailleurs. Certains observateurs n’hésitent d’ailleurs pas à parler du début d’une nouvelle « Ten Year War », du nom de la rivalité entre les deux programmes entre 1969 et 1978 lorsque Woody Hayes était l’entraineur des Buckeyes et Bo Schembechler celui des Wolverines, époque où les deux équipes trustaient également les premières places des classements nationaux. Vu le niveau de recrutement des deux programmes depuis le retour de coach Jim Habraugh à Michigan, il y a effectivement toutes les chances pour que cette rivalité s’inscrive au plus haut niveau dans la durée, pour le plus grand bonheur des fans de college football que nous sommes !

FACTEUR X

Nombreux seront les playmakers présents sur le terrain de Columbus ce samedi, et parmi eux certains seront plus attendus que d’autres pour faire pencher la balance du côté de leur équipe. QB JT Barrett aura évidemment un rôle prépondérant pour l’attaque des Buckeyes, mais tout le monde aura davantage les yeux rivés sur l’étoile montante du football, la superstar des Wolverines LB Jabrill Peppers.

Le jeune joueur, véritable monstre athlétique pouvant être aligné aussi bien linebacker que receveur, coureur que safety et même returner ou quarterback, va jouer ce week-end le match le plus important de sa jeune carrière, devant plus de 100 000 personnes et avec un enjeu considérable : le genre de match qui peut porter aux nues ou bien enterrer pour un temps un étudiant athlète de sa dimension. Mais une chose est sûre, LB Jabrill Peppers n’est pas un joueur comme un autre. Même coach Jim Harbaugh est en totale admiration devant lui, affirmant qu’il « n’a jamais entraîné un joueur plus polyvalent. Il n’y a rien qu’il ne puisse faire ». Cette saison, il a été aligné à 13 postes différents sur le terrain et en plus d’être finaliste pour les trophées Maxwell du meilleur joueur et Bednarik du meilleur défenseur, il fait bien sûr partie de la liste de prétendants pour le trophée Heisman. Sa capacité à briller en défense mais aussi en attaque et sur équipes spéciales fait remonter chez les fans des Wolverines le souvenir d’un certain Charles Woodson, utilisé de la même manière sur le terrain lors de la fabuleuse saison 1997 où il remporta le trophée Heisman et emmena son équipe jusqu’au titre de champion national. Heureux présage ?

A propos de l’affrontement à venir face aux Buckeyes, le jeune athlète a déclaré, confiant : « ils ont une bonne équipe mais je ne pense pas qu’il fassent des choses auxquelles on ne puisse pas faire face », et n’a pas manqué de souligner l’importance de ces matchs de rivalité : « Si vous voulez laisser une trace sur ce campus, vous devez réussir contre Ohio State ». Il a aussi pointé du doigt le fait que leurs rivaux de toujours ont rencontré des difficultés cette saison contre des équipes au jeu rugueux comme Northwestern, Wisconsin et Penn State. D’où sa stratégie clairement affichée pour samedi : jouer physique et frapper très fort. Avec deux attaques au sol surpuissantes et deux défenses imperméables, attendez-vous donc à un énorme combat sur la pelouse du Ohio stadium, avec un certain Jabrill Peppers en première ligne.

STUFF

• Avec 112 affrontements, la rivalité entre Michigan et Ohio State est sans doute la plus fameuse du football universitaire. La toute première rencontre remonte à 1897, et les deux équipes se rencontrent chaque année depuis 1918. Michigan mène la série 58-47-6, mais reste sur 11 défaites lors des 12 derniers matchs. La saison passée, Ohio State avait ridiculisé Michigan à Ann Arbor pour le premier derby de coach Jim Harbaugh sur le banc de touche (42-13). Les Buckeyes ont d’ailleurs inscrits 42 points lors des trois dernières saisons (42-13 en 2015, 42-28 en 2014 et 42-41 en 2013). Il y a dix ans, l’affrontement entre #2 Michigan et #1 Ohio State donna lieu au « Game of the Century », rencontre épique remportée 42-39 par les Buckeyes, qui tombèrent cette année-là en finale nationale face aux Gators de Florida (14-41) entrainés par un certain Urban Meyer.

• Le match de ce week-end marquera la 11ème fois que les deux équipes se rencontrent en étant classées toutes les deux dans le Top 5 de l’Associated Press, le plus grand total de toutes les rivalités du football universitaire (le classement AP ayant débuté en 1936). Le vainqueur de 3 de ces 10 derniers matchs a terminé la saison avec un titre national : Ohio State en 1942 et 1968, Michigan en 1997.

• Tous les moyens sont bons pour motiver les jeunes Buckeyes à l’entrainement avant d’affronter les rivaux historiques !

• Sur le campus et les réseaux sociaux, les fans d’Ohio State ne sont pas en reste : toutes les lettres « M » ont été recouvertes !

• La dernière visite de coach Jim Harbaugh à Ohio Stadium ? C’était il y a 30 ans exactement, et cette année-là il était le quarterback des Wolverines qui mena son équipe à la victoire (26-24), qualifiant le programme d’Ann Arbor pour le Rose Bowl. Il a admis ne pas avoir beaucoup de souvenirs de ce match, juste d’avoir prédit à un journaliste la semaine précédente qu’il « garantissait que son équipe allait battre Ohio State et serait à Pasadena le jour de l’an ». Prédiction qui s’est donc avérée exacte.

• Mardi dernier, le jour de son 22ème anniversaire, QB John O’Korn s’est préparé pour le choc du week-end d’une manière très personnelle. Accompagné de l’ex-QB Jake Rudock, il est allé se recueillir sur la tombe de coach Bo Schembechler, visite traditionnelle de la part des fans des Wolverines la semaine précédant le match contre Ohio State. Pour pousser le rituel païen jusqu’au bout, il a écrasé un marron (« buckeye ») avec un marteau jaune et bleu devant la pierre tombale !

• LB Jabrill Peppers n’est pas le seul joueur de Michigan finaliste pour des trophées nationaux. CB Jourdan Lewis figure parmi les trois finalistes du trophée Jim Thorpe du meilleur defensive back et TE Jake Butt fait partie de la liste pour le trophée John Mackey du meilleur tight-end.

• Du côté des Buckeyes, deux finalistes « seulement » avec OG Pat Elflein pour le trophée Outland du meilleur joueur de ligne intérieure et P Cameron Johnston pour le trophée Ray Guy du meilleur punter du pays.

• S’il est encore derrière coach Urban Meyer pour le pourcentage de victoires, coach Jim Harbaugh devance néanmoins son rival au moins sur un point: la fiche de paie. Avec 9 millions de dollars par an, il est même l’entraîneur le mieux rémunéré de tout le college football. Son rival se place lui au troisième rang, avec 6.75 millions de dollars par saison. $$$!

• On peut dire que coach Woody Hayes avait le sens de la formule…

• Et enfin, histoire de se mettre un peu plus dans l’ambiance ! Ladies and gentlemen, enjoy the show !

PRONOSTIC

Michigan 21, Ohio State 17. That Team Up North vers le CFP !

Passionné de football depuis une quinzaine d'années, il est propriétaire des Packers de Green Bay (NFL) et a un petit faible pour les Golden Bears de Californie depuis son passage au Memorial Stadium en 2012. Suivant tout particulièrement la Pac 12 et la Big 10, il rejoint l'équipe de rédacteurs de The Blue Pennant à l'automne 2014.

3 Commentaires

3 Comments

  1. pep

    25 novembre 2016 à 16h32

    CB Marcus Lattimore??
    Ne serait-ce pas plutôt Marshon Lattimore? 😉
    Le pauvre Marcus a lui laissé son genou sur un terrai NCAA en 2012.

  2. Tuzzz

    25 novembre 2016 à 17h58

    Bien vu, relecture trop rapide de ma part !

    Mea culpa.

  3. pep

    25 novembre 2016 à 21h50

    No worries..merci pour cette très bonne preview avec la vidéo en teasing qui met bien l’eau à la bouche!!

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