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NFL Draft

NFL Star Academy – Week 1

Chaque semaine, Loïc Baruteu fait le tour de l’actualité de la draft NFL 2020 : les news, conseil de classe, speed dating, etc… on se croirait à la Star Ac’ !
Vous saurez tout sur les futures stars du dimanche.

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Ça y est, c’est la rentrée des classes. Les joueurs universitaires ont leur petit cartable sur les épaules, les trousses sont bien remplies et surtout les casques sont déjà éraflés et les pelouses ravagées. Certains font leur dernière rentrée, avec un objectif à la clé : un CDD dans la plus prestigieuse ligue sportive nord-américaine. On va continuer de se poser pas mal la question jusqu’à ce que les Miami Dolphins choisissent leur gars sûr avec le premier choix 2020 : mais qui aura le plus gros contrat ?

Fil d’actu’

Terrible nouvelle pour C Nick Harris (Washington), leader de l’OL des Huskies depuis 2018, qui pourrait manquer l’intégralité de sa dernière saison à la fac. Ou manquer seulement quelques matches. Pour l’instant, on sait pas trop (surtout que le Seattle Times est payant) mais le joueur s’est blessé face à Eastern Washington et ça semblait plutôt sérieux. Sérieux au point de faire peur aux scouts ? On attend la comm’ officielle.

Même chose pour OT Walker Little (Stanford), left tackle de Stanford depuis trois ans, et blessé dans le premier match face à Northwestern. Le joueur du Cardinal était tout de même bien bousculé par DE Dan Graziano (Northwestern), qui commence à se faire une réputation parmi les scouts, avant de sortir du match en se tenant le genou. Une grave blessure pourrait faire chuter Little du premier tour. On attend encore le verdict de la part de Stanford.

Le site WalterFootball.com, qui est une véritable encyclopédie du football au design de l’époque d’Encarta, a complètement affiché ses confrères en les notant sur la véracité des rumeurs qu’ils lancent. On apprend donc que Matt Miller de Bleacher Report est plutôt naze et pas très fiable avec trois rumeurs dans le vide en 2019 et 17 depuis 2013. Taille patron, Adam Schefter de NFL Network est en haut du classement, derrière Charlie Campbell de… WalterFootball.com. #publireportage

On va suivre un peu les aventures de QB Tua Tagovailoa (Alabama), QB Justin Herbert (Oregon) et QB Jalen Hurts (Oklahoma) parce que l’un des trois pourrait bien être le premier choix l’an prochain. Tagovailoa et Hurts ont assuré comme il faut pour leur entrée en scène mais Herbert s’est un peu viandé, avec une défaite des Ducks contre Auburn et un statut de contender national qui n’a plus de sens. Il s’est même fait voler la vedette par QB Bo Nix (Auburn), un true freshman. Il s’agirait de faire mieux.

Si la draft se déroulait ce soir, les New England Patriots auraient donc 12 choix au total.

QB Shea Patterson, Michigan – Crédit photo : USA Today Sports

Conseil de classe

QB Shea Patterson, Michigan
vs Middle Tennessee – 17/29 (58.6%), 203 yds, 3 TD.
Michigan a gagné mais Shea s’est quand même un peu planté. Son gros problème, c’est la précision. Et ça ne s’améliore pas, face à une opposition faiblarde (Middle Tennessee State) et avec quand même l’un des meilleurs trios de receveurs du pays. Il y a des gars de programmes bien plus modestes qui font bien mieux avec moins de moyens. Pendant ce temps, Dylan McCaffrey ronge son frein sur le banc en attendant une opportunité, qui pourrait arriver si ça continue. Autant dire que Shea n’aurait pas beaucoup de chances d’être sélectionné à la draft si ça tourne comme ça.
Résultat : bonnet d’âne.

CB Paulson Adebo, Stanford
vs Northwestern – 5 tackles, 2 BrUp, 1 int.
C’est pas comme si on n’était pas prévenu mais Paulson n’a pas attendu longtemps avant de montrer qu’il est peut être le meilleur cornerback de cette classe et qu’il mérite une place dans le top 15. Hyper agressif, le joueur du Cardinal, qui avait enregistré 20 passes déviées en 2018, est reparti sur les mêmes bases, avec un récital parfait en couverture aérienne et une interception plongeante de toute beauté.
Résultat : doit vite sauter une classe pour poursuivre sa progression.

WR Antonio Gandy-Golden, Liberty
vs Syracuse – 6 rec, 119 yds.
Belle ligne de stats pour Antonio face à Syracuse, alors qu’il a passé la journée muselé par un, deux voire trois défenseurs. L’immense receveur est un joueur talentueux au physique impressionnant au sein d’une classe de receveurs au petit gabarit. De quoi faire son trou si les performances suivent, surtout face aux grands programmes comme Syracuse. Le Senior Bowl, s’il est invité, et le Combine seront déterminants pour le joueur, pas forcément très exposé au regard des scouts sur le modeste campus de Liberty.
Résultat : encouragements, doit faire ses preuves aux examens.

LB Troy Dye, Oregon
vs Auburn – 15 tackles.
On se demandait un peu avant la saison si Troy allait être considéré par les scouts comme un three-down linebacker dispo sur tous les types de défense mais il a tellement pris la misère en couverture de passe que les ambitions pourraient bien être revues à la baisse. Il va falloir faire bien mieux que ça à l’avenir ou le Duck va chuter très loin dans la draft.
Résultat : bof.

QB Kellen Mond, Texas A&M
vs Texas State – 19/27 (70.4%), 194 yds, 3 TD, 1 int.
Alors, d’après des « sources », Kellen serait bien intéressé de s’inscrire à la draft en 2020, parce que lui les études c’est pas son truc et puis tant qu’à jouer au foot, autant être payé. C’est pas comme s’il jouait chez un potentiel champion national, en plus. Quoi qu’il en soit, le jeune quarterback a les qualités pour plaire en NFL et sa belle perf’ pour commencer la saison a ravivé l’intérêt des scouts. Premier choix l’an prochain ?
Résultat : en progression constante depuis l’an dernier, les efforts paieront, dans les deux sens du terme.

DE Yetur Gross-Matos (Penn State)
vs Idaho – 3 tackles, 2.5 TFL, 2.5 sacks.
Suspendu cet été du programme de football pour des raisons toujours inconnues, Yetur avait visiblement des choses à se faire pardonner face à Idaho avec déjà 2.5 sacks pour ouvrir le bal. Dans la rotation comme true freshman en 2017, titulaire depuis 2018, le joueur sélectionné dans la All-Big Ten l’an dernier possède les qualités physiques et le pedigree nécessaires pour évoluer en NFL. Malgré sa mystérieuse suspension, Yetur est très apprécié des coaches et de ses coéquipiers, et ça peut faire la différence avec ses concurrents le soir de la draft.
Résultat : turbulent mais élève appliqué.

DL Javon Kinlaw, South Carolina (#3) – Crédit photo : Travis Bell

Speed Dating

DT Javon Kinlaw, South Carolina
Classe : SR
Taille : 2m01 au garrot.
Poids : le mec a reçu le Nutrition Award en 2017 à South Carolina.
Signe astrologique : la vachette d’
Intervilles.

Peut être qu’Hollywood s’attardera un jour sur le parcours de Javon Kinlaw, ce gamin qui a grandi dans la pauvreté, en difficulté à l’école, avant de trouver sa voie dans le football. Contraint de passer par le junior college après le high school pour obtenir les notes nécessaires à son intégration à South Carolina, il fait depuis les beaux jours des Gamecocks. Considéré comme l’un des prospects les plus sous-évalués, il a déjà commencé la saison avec un sack contre North Carolina dans la défaite des siens. Père depuis cette année, Javon a de grandes chances de continuer son incroyable épopée jusqu’en NFL. Revanche sur la vie, bientôt en salles.

Programme

Syracuse @ Maryland, College Park (MD)
Le samedi 7 septembre à 18h (GMT+1)
Syracuse sort d’une énorme saison et espère bien reproduire cette perf’ avec DE Alton Robinson et DT McKinley Williams à la barre en défense. Robinson pourrait même être appelé dès les premiers tours. Leur opposition face à RB Anthony McFarland, redshirt sophomore mais potentiellement le meilleur Terrapin à s’inscrire à la draft depuis plusieurs années, sera forcément révélatrice. Attention à la secondary de Maryland, avec CB Tino Ellis et DB Antoine Brooks, tous deux seniors et décidés à se mettre en évidence.

Texas A&M @ Clemson, Clemson (SC)
Le samedi 7 septembre à 21h30 (GMT+1)
QB Kellen Mond et WR Kendrick Rogers en têtes d’affiche face à la défense championne du monde de Clemson, menée par le polyvalent LB/S Isaiah Simmons. Le gars est partout, en permanence, avec des stats folles et une réputation qui pourrait lui valoir d’être invité à la draft par la NFL pour la première soirée. Et puis il y a évidemment WR Tee Higgins et RB Travis Etienne, l’un des meilleurs coureurs du pays, qui fera peut être moins le malin face à DT Justin Madubuike, tenu en haute estime par les scouts.

LSU @ Texas, Austin (TX)
Le dimanche 8 septembre à 1h30 (GMT+1)
Du beau linge. On commence par qui ? Texas ? Alors on suivra forcément la saison de QB Sam Ehlinger qui pourrait émerger dans les premiers tours, mais aussi OT Samuel Cosmi, right tackle en 2018 et left tackle désormais, très apprécié des scouts, ainsi que WR Collin Johnson. OG Parker Braun pourrait bien faire du bruit également, débarqué cet été de Georgia Tech. Du côté de LSU, on verra SS Grant Delpit, le meilleur safety du monde libre, et CB Kristian Fulton qui voudrait bien se mettre en évidence pour sa toute dernière saison si les pépins physiques l’épargnent enfin.

Cal @ Washington, Seattle (WA)
Le dimanche 8 septembre à 4h30 (GMT+1)
Grosse affiche inter-division entre Cal, habitué des upsets en Pac-12, et Washington, déjà couronné dans les esprits. La fringante défense des Golden Bears, avec LB Evan Weaver et FS Ashtyn Davis à la barre. Weaver n’est pas le linebacker athlétique qu’attendent les franchises NFL mais il est productif et pourrait trouver une place à la draft. Malgré l’absence de C Nick Harris, les Huskies pourront compter sur LT Trey Adams, sur les tablettes des scouts depuis plus d’un an déjà et probable futur choix de premier tour. Sans oublier l’inévitable QB Jacob Eason qui pourrait éventuellement s’inscrire à la draft s’il continue sur sa lancée du premier match.

Stanford @ USC, Los Angeles (CA)
Le dimanche 8 septembre à 4h30 (GMT+1)
S’il joue, QB KJ Costello pourrait faire tourner le match à la déroute face à la jeune secondary de USC, assisté de TE Colby Parkinson. C’est pourquoi DE Christian Rector et LB John Houston, tous deux seniors, devront mettre une pression maximale dans le backfield adverse. De l’autre côté, CB Paulson Adebo, peut être le meilleur cornerback de cette classe, sera chargé de couvrir l’immense WR Michael Pittman, éclipsé pour son premier match.

QB Sam Howell, North Carolina (#7) – Crédit photo : Jeremy Brevard-USA TODAY Sports

The Future is Today

On va parler uniquement de quarterback freshmen qui ont mis le feu en Week 1 parce qu’ils sont nombreux. Il y a déjà QB Box Nix (Auburn), qui a ravagé la défense aérienne d’Oregon pour aller chercher une victoire sensationnelle face à des Ducks déjà à moitié annoncés en playoffs. Bo a pris son temps quand il fallait, accéléré le jeu si besoin était et les Tigers se sont imposés face à l’un de leurs plus redoutables adversaires de l’année.

À North Carolina, désormais conduit par le célèbre Mack Brown depuis l’hiver dernier, QB Sam Howell a été magistral face à South Carolina, un adversaire supposément robuste. Effectivement, sans une énorme performance du freshman, les choses auraient probablement tourné différemment. QB Hank Bachmeier (Boise State) a remis Boise sur la carte avec une victoire à Florida State. Le gamin quatre étoiles aurait pu jouer pour une grosse écurie, attendre sur le banc en attendant sa chance, mais il était pressé et il redonne aujourd’hui l’espoir à une fanbase qui se languit du top 25.

Enfin, moins sexy, QB Carson Strong (Nevada) et QB Sean Chambers (Wyoming) ont également réalisé des débuts en fanfare, victorieux respectivement face à Purdue et Missouri pour deux des plus gros upsets de cette première partie de saison.

Pendant ce temps à Lalaland, il n’y avait jamais eu de quarterback true freshman titulaire en ouverture de la saison pour les Trojans jusqu’à Matt Barkley il y a une dizaine d’années, puis QB JT Daniels (USC) en 2018 et désormais QB Kedon Slovis (USC). JT out pour la saison, Kedon sera donc chargé de sauver la tête de Clay Helton, avec un calendrier monstrueux en face. Bonne chance.

Graines de Millionnaires

La NFL reprend. Pour de vrai. Parce que les matches de pré-saison, c’est quand même pas terrible. Donc on va attendre un peu avant de juger les rookies.

Il y a quand même LB Devin Bush (Michigan/Pittsburgh) qui sera fortement mis à contribution puisque son boulot sera tout simplement de remplacer Ryan Shazier, l’homme à tout faire et le patron de la défense des Steelers. Avec des débuts face aux Patriots, champions régnants en NFL, où l’on suivra aussi LB Chase Winovich (Michigan/New England), ancien équipier de Bush et surtout nouveau bijou de Bill Belichick récupéré par magie au troisième tour.

On s’attend aussi à une grosse perf’ de DE Brian Burns (Florida/Carolina), face aux LA Rams, perdants du dernier Super Bowl, qui sera chargé cette année de donner un coup de pouce au pass rush affreux des Panthers. Enfin, WR Mecole Hardman (Georgia/Kansas City) pourrait bien piquer la place de Sammy Watkins chez les Chiefs, s’il confirme son potentiel. Et ça commence face aux Jaguars. Pour le reste, on en cause la semaine prochaine.

Membre de l'équipe de The Blue Pennant depuis septembre 2013, Loïc s'est trimballé à travers les États-Unis en 2017 pour mieux comprendre le pas-si-petit monde du college football. Seulement deux contraventions pour excès de vitesse sur 20 000 km. Intime de Mark Sanchez, Sam Darnold et des cheerleaders de Wisconsin, promo '76. Label qualité TBP et Sécurité routière.

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NFL Draft

Pourquoi faire l’impasse sur la saison 2020 est une mauvaise idée en vue de la draft NFL ?

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Crédit photo : USA Today

Les jours passent aux Etats-Unis sans que l’ampleur de la pandémie ne faiblisse. Dans ce contexte, on voit de plus en plus fleurir sur les sites spécialisés et dans leurs podcasts des scénarios possibles qui permettraient de faire face à la situation.

Le dernier recours avant l’apocalypse que constituerait une annulation totale de la saison est le report du calendrier de quelques semaines, voire de quelques mois. Un certain nombre de conférences en FCS et en D2 proposent de faire se dérouler la saison de football sur le premier semestre de 2021 à compter de janvier, en même temps que les sports dits « de printemps ».

Selon certaines sources, cette solution ne serait pas viable pour la FBS et son vivier pléthorique de futurs picks de draft. L’argument principal avancé est la rigidité du planning NFL qui, pour des raisons financières notamment, ne s’adaptera pas à ce calendrier décalé. Ainsi dans cette hypothèse, les joueurs disputeraient leurs matches de championnat universitaire entre janvier et avril tout en se rendant disponibles à compter de fin février pour la saison des combines puis pour la draft en avril. Certains observateurs pointent donc du doigt une surcharge du calendrier et un risque accru de blessure pour l’organisme des joueurs, allant jusqu’à suggérer que les joueurs feraient mieux de faire l’impasse sur la saison pour préparer convenablement leur transition vers le monde professionnel.

Par exemple, Trevor Lawrence pourrait faire partie des joueurs tentés par ce choix. Il est vrai que le quarterback ces Tigers de Clemson est un prospect attendu très haut, probablement un « top-5 lock », et que ses performances depuis deux saisons pourraient largement lui servir de garantie pour assurer son avenir en NFL.

Pour autant, certains arguments laissent penser que le cas de Trevor Lawrence tienne beaucoup plus de l’exception que de l’exemple et que la draft 2021 soit encore bien loin d’être scellée…

QB Trevor Lawrence, Clemson – Crédit photo : Rich Barnes-USA TODAY Sports

Parce que certains sont dos au mur et seront obligés de jouer

L’offseason 2020 a été animée par la valse des quarterbacks qui ont décidé de changer d’université. On peut citer les seniors Jamie Newman, D’Eriq King, KJ Costello ou encore Feleipe Franks, tous de très bons joueurs de College Football. Pourtant du fait du manque de linéarité dans leur parcours sportif, il est aujourd’hui très difficile de définir leur draft stock. Que vaut D’Eriq King, QB double menace si flamboyant et efficace en 2018 mais auteur d’une saison 2019 quasi blanche ? Serait-il raisonnable pour un GM NFL de le sélectionner en avril 2021 alors que son dernier match officiel remonterait (dans le cas d’une impasse sur 2020) au 20 septembre 2019 avec une défaite à Tulane où il a lancé 1 interception et s’est fait sack 3 fois ?

En regardant le verre à moitié plein cette fois-ci, on comprend que cette saison 2020 est une belle opportunité de briller. Que se passerait-il si Jamie Newman décrochait un titre national avec Georgia en battant successivement Clemson et Ohio State en playoffs ? Les pessimistes diront que Georgia est passé parce que Trevor Lawrence, Travis Etienne et consorts n’étaient pas là. Mais les optimistes verront un QB qui n’avait même pas une présaison complète pour s’adapter à sa nouvelle équipe et les a néanmoins menés au sommet, qui plus est contre une équipe de Clemson qui aura assurément des underclassmen déjà compétitifs cette année.

Même lors d’une saison décalée, le College Football sera regardé, célébré, analysé et demeurera une vitrine pour ces prospects pour « showcase » leurs qualités et actualiser leur valeur marchande.

Ce même calcul est valable pour les joueurs victimes de blessure pendant la saison 2019 comme le senior WR d’Oklahoma State Tylan Wallace. Le Cowboy avait été contraint de manquer la majeure partie de l’année en raison d’une dure blessure à un ligament antérieur du genou (ACL). Wallace avait même prévu de se présenter à la draft 2020. Ses plans sont donc tombés à l’eau et bien qu’il était attendu au 1er voire au 2nd tour l’an dernier, cette blessure va assurément jeter un doute sur son profil : il arrive que les joueurs victimes de blessures aux ACL portent des séquelles durables et ne soient plus jamais en mesure d’atteindre le même niveau de qualités athlétiques qu’avant. Il est donc évident que la saison 2020 est clé pour lui dans sa quête d’un contrat rookie bien juteux.

Parce que la fenêtre de tir est terriblement réduite et qu’il faut mettre toutes les chances de son côté

Pour beaucoup de fans, la draft se résume à un événement annuel très attendu qui vient mêler sport et live trading. On a tendance à ne voir que des numéros de picks divisés en plusieurs tours, sans penser aux implications financières sous-jacentes.

Chaque année, près de 250 joueurs sont sélectionnés via le processus de draft parmi plus de 16 000 joueurs éligibles (soit 1,5% de chances d’être choisi). Autrement dit, la draft est un véritable champ de bataille pour les prospects. A en juger par le montant moyen garanti des contrats de chaque tour (pour 2019 : 17M – 1er tour, 4M – 2nd tour, 1M – 3e tour…), on comprend également que (très) rares sont les joueurs qui parviennent à se démarquer en haut du panier. Passé un certain seuil, les joueurs vont être sélectionnés sur de l’intangible, sur des critères évalués de manière subjective et différente par chacune des équipes NFL qui voudront bien passer du temps à examiner leur cas. Leur position sur le draft board devient alors volatile, avec une élasticité très élevée au niveau des contrats offerts.

Dans une récente interview, Aaron Rodgers a indiqué qu’avant de trade up pour Jordan Love lors du 1er round de la draft 2020, le board des Packers avait des vues sur les receveurs Brandon Aiyuk (Arizona State) et Tee Higgins (Clemson). Aiyuk est par la suite sélectionné avec le 25e spot par les Niners et Higgins par les Bengals au 33e spot (toute première sélection du second tour). Instinctivement, on est tenté de dire qu’au niveau contrat, un écart de 8 places ne va pas changer grand-chose. Pour autant, les contrats d’Aiyuk et Higgins présentent plusieurs différences.

WR Tee Higgins, Clemson – Crédit photo : Rich Barnes-USA TODAY Sports

Impact sur les contrats NFL

En tant que 1st Rounder, Aiyuk a droit à un contrat de 4 ans avec une 5e année sous forme de team option (et dont le montant est indexé sur les 25 plus gros salaires – sans compter les 2 plus gros – à la position de WR; concrètement si l’équipe décide de lever l’option, Aiyuk a la garanti de voir son salaire augmenter fortement). Higgins, quant à lui, dispose d’un contrat de 4 ans sans 5e année optionnel. Il faut aussi avoir à l’esprit que le base salary de chaque spot de draft est défini à l’avance. Il représente un certain pourcentage du montant total allouable aux rookies draftés et augmente en fonction de la position sur le board. De plus, il y a un léger effet de pallier entre les rounds 1 et 2. Ainsi, Aiyuk a signé un contrat valorisé à hauteur de 12.5M de dollars (avec 6M de signing bonus) tandis qu’Higgins seulement 8.5M (et 4M de signing bonus), soit un écart brut de 4M. De plus, 12.5M soit 100% du contrat d’Aiyuk est garanti contre 6M soit 70% pour Higgins. Plus on descend sur le board de la draft, moins la part de salaire garanti est élevée…

Il existe une multitude de règles peu connus de ce type qui sont pourtant essentielles pour les joueurs. Contrairement à des sports tels que le basketball et le baseball, le football s’est progressivement structuré avec une ligue majeure qui donnait énormément de pouvoir aux franchises vis-à-vis de joueurs historiquement peu libres de leurs mouvements. En comparaison à la NBA et à la MLB, les contrats de la plupart des joueurs demeurent précaires et constituent une vraie source de préoccupation au moment de la draft.

Un autre exemple de bas de tableau permet de montrer l’intérêt de grappiller quelques places pour se faire drafter en bout de 7e round plutôt que de signer un contrat d’agent libre non-drafté. Les joueurs sélectionnés entre les rounds 3 et 7 signent un contrat de 4 ans et sont éligibles pour le Proven Performance Escalator (PPE). Le PPE est un mécanisme qui fait automatiquement augmenter le salaire de la 4e année de contrat d’un joueur lorsqu’il atteint certains objectifs définis à l’avance tels que participer a minima à 35% des snaps (offensif ou défensif) de son équipe au cours de la saison. Quand le PPE est déclenché, le salaire est donc revu à la hausse et équivaut désormais au render plancher pour un agent libre restreint (moins les bonus et incentives éventuels). Ce système a par exemple permis à Alvin Kamara, drafté dans le 3e round en 2017, de gagner en 2020 plus d’un million de dollars de salaire additionnel (en passant de 978 000 à 2 147 000 dollars).

Le piège des credited & accrued seasons

On dit qu’un joueur remplit une credited season lorsqu’il est inscrit dans le roster d’une équipe (active ou inactive) lors de 3 matches minimum au cours de cette saison. De même, un joueur remplit une accrued season lorsqu’il est inscrit dans le roster d’une équipe pour 6 matches minimum au cours d’une saison.

Ces critères sont très importants pour les joueurs. Le nombre de credited seasons qu’un joueur a enregistré va par exemple déterminer le salaire minimum pour lequel il est éligible par la suite. Par exemple en 2018, un rookie sans expérience avait droit à 480 000 dollars minimum. La même année, un joueur avec 4 credited season avait droit à 790 000 dollars. Le nombre de credited season va aussi impacter les pensions d’assurance vie, d’handicap et de retraite que la NFL est susceptible de verser à ses anciens.

Les accrued season, quant à elles, vont jouer sur le statut d’un joueur à l’issue de son contrat. Jusqu’à deux accrued seasons, le joueur est en situation d’exclusive right free agent : son équipe peut lui offrir un contrat d’un an au minimum mais le joueur n’a pas le droit de négocier avec d’autres équipes. Après une troisième accrued season il devient restricted free agent et enfin après quatre accrued seasons, il obtient le statut d’unrestricted free agent : il est libre de négocier avec d’autres équipes, obtenir le meilleur contrat possible sans être bridé par son équipe initiale.

Toute cette démarche illustre l’importance de bien se placer sur le tableau de la draft. Plus un joueur monte haut sur le board, plus son contrat comportera des garantis qui le lieront en profondeur au club : salaire garanti en cas de blessure, prime pour le joueur / impact négatif sur le salary cap si l’équipe tentait de s’en séparer pendant sa convalescence, etc. Au début de sa carrière le joueur est dans une course contre-la-montre pour obtenir ses credited et accrued seasons. Il est donc important pour lui de disposer du plus d’arguments possibles dès la draft pour sécuriser sa position dans le roster, s’assurer qu’il n’est pas sur la sellette et qu’il pourra remplir ses saisons le plus vite possible. C’est par exemple pour cela qu’il vaut mieux se faire drafter au 7e round et signer un contrat plus « engageant » de 4 ans plutôt que rejoindre une équipe en tant qu’undrafted free agent pour seulement 3 ans.

Ce détour technique dans les règles contractuelles de la NFL permet donc de comprendre dans les faits la différence que peut faire une petite dizaine de spots pour un joueur en termes de sécurité de l’emploi, de rémunération et de perspectives futures.

Ce groupe de joueurs « intouchables » est-il si conséquent que ça ?

Posez-vous la question. Vous êtes GM NFL et que vous avez besoin d’un Running Back titulaire. Vous voyez Travis Etienne faire l’impasse sur la saison mais Chubba Hubbard montrer ses talents contre des « gros » tels que Oklahoma et Texas, qui choisissez-vous ? A l’inverse si Hubbard fait l’impasse mais Etienne réalise un carton plein contre Notre Dame et North Carolina, votre décision est-elle différente ?

Ce calcul qui consiste à « sit » sur une saison 2020 décalée est beaucoup plus complexe qu’il y parait et fait intervenir des facteurs externes qui peuvent faire perdre au joueur le contrôle de son avenir. Même pour le haut du panier, il peut y avoir des conséquences long terme. On évoquait tout à l’heure la 5e année d’option des joueurs draftés au 1er tour. Une autre règle stipule que pour cette 5e année de contrat, les joueurs draftés entre les places 1 et 10 n’ont pas le même régime que les joueurs draftés entre les places 11 et 32. Un joueur issu du top 10 de draft verra son salaire de la 5e année indexé sur la valeur du transition tag pour un joueur de sa position (qui tient compte des 10 plus gros salaires à la position). Un joueur hors du top 10 aura son salaire indexé seulement sur les 25 plus gros salaires à sa position (en excluant en plus les deux salaires les plus élevés).

DE Myles Garrett, Texas A&M – Crédit photo : Troy Toarmina, USA Today

Prenons l’exemple de la draft 2017. Au premier tour, on retrouve les Defensive Ends Myles Garrett (#1 overall, donc dans le top 10) et Derek Barnett (#14, hors top 10). Ces deux joueurs ont vu leur 5th-year option levée par leurs équipes respectives. En 2021, Myles Garrett gagnera donc 15M de dollars (somme pas inclue dans l’extension de contrat qu’il a signée par la suite) contre 10M de dollars pour Barnett soit un écart de 5M.

On peut donc voir la situation de la manière suivante. Il est évident qu’un nombre restreint de joueurs talentueux jouit d’une hype qui les met beaucoup plus à l’abris que les autres face à d’éventuels risques en ces temps de pandémie. Bien que le risque soit moindre pour ces superstars en devenir, une impasse sur la saison à venir constituerait quand même un manque à gagner, ne serait-ce que d’un point de vue contractuel. Quand on descend dans la hiérarchie, une retrouve une masse de prospects beaucoup plus homogène qui a encore tout à prouver et pour qui les places vont coûter cher. Ces joueurs se trouvent dans leur propre version du dilemme du prisonnier : si tout le monde décide de faire saison blanche, il y aura statu quo. Mais ce statu quo n’est pas à l’avantage de tous : quid des joueurs qui n’ont pas pu se mettre en lumière en 2019 au même titre que les autres ? Intervient alors une logique égoïste bien que justifiable qui va faire tomber les premiers dominos et retransformer le college football, comme tous les ans, en une gigantesque salle de marché Gordon Gekko-esque où chaque prospect cherchera à tirer son épingle du jeu.

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NFL Draft

LSU égale le record de la draft NFL avec 14 joueurs sélectionnés

Quatre mois après son titre de champion national remporté au Superdome de La Nouvelle-Orléans, l’université Louisiana State a été la grande vedette de la draft NFL 2020 égalant un record détenu depuis 2004 par les Buckeyes d’Ohio State.

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Crédit photo : LSU Athletics

Jeudi soir, LSU avait déjà égalé un record que l’on pensait imbattable avec 5 joueurs sélectionnées au 1er tour rejoignant ainsi la fantastique génération 2004 des Hurricanes de Miami.

Le lendemain, 5 autres anciens joueurs des Tigers ont fait leur valise pour une franchise NFL. Avec 10 joueurs draftés dans les 3 premiers tours, LSU a également égalé le record qu’Ohio State avait établi en 2016.

Le 3ème jour de la draft n’a fait que renforcer cette incroyable domination du programme de Bâton-Rouge. Deux autres joueurs ont été choisis au 4ème tour, puis la sélection de LS Blake Ferguson par les Dolphins de Miami a permis aux Tigers de réécrire les livres d’Histoire de la conférence SEC avec 13 joueurs draftés la même année. Finalement, les Seahawks de Seattle ont choisi TE Stephen Sullivan avec le 251ème pick au 7ème tour pour porter à 14 le nombre de joueurs récemment sacrés champions nationaux à être draftés dans la NFL.

Le fils du légendaire receveur Randy Moss, le tight end Thaddeus Moss, est le seul joueur éligible à avoir été laissé de côté. Il a finalement signé un contrat avec les Redskins de Washington comme agent libre.

Récapitulatif des joueurs de LSU draftés en 2020

Pick Joueur Équipe Poste
1 Joe Burrow Bengals QB
20 K’Lavon Chaisson Jaguars LB
22 Justin Jefferson Vikings WR
28 Patrick Queen Ravens LB
32 Clyde Edwards-Helaire Chiefs RB
44 Grant Delpit Browns S
61 Kristian Fulton Titans CB
69 Damien Lewis Seahawks G
83 Lloyd Cushenberry Broncos C
97 Jacob Phillips Browns LB
108 Saahdiq Charles Redskins OT
131 Rashard Lawrence Cardinals DT
185 Blake Ferguson Dolphins LS
251 Stephen Sullivan Seahawks TE
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NFL Draft

LSU égale un record NCAA après 3 tours de draft NFL

Avec 10 anciens joueurs sélectionnés lors des deux premiers jours de la draft NFL, l’université Louisiana State égale le record établi par la promotion 2016 des Buckeyes d’Ohio State.

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Crédit photo : Kevin Cox, Getty Images

On pensait le record de la génération Nick Bosa-Ezekiel Elliott des Buckeyes 2016 serait quasi-inégalable… QB Burrow et les Tigers de LSU, récents champions nationaux, ont pourtant fait aussi bien avec 10 joueurs sélectionnés lors des 3 premiers tours de la draft NFL 2020.

Dès jeudi 23 avril, LSU a établi un nouveau record de l’université avec 5 joueurs draftés au 1er tour. QB Joey Burrow a donné le ton en étant le 1st pick par les Bengals de Cincinnati. Puis, LB K’Lavon Chaisson (#20, Jacksonville), WR Justin Jefferson (#22, Minnesota), LB Patrick Queen (#28, Baltimore) et RB Clyde Edwards-Helaire (#32, Kansas City) ont complété uen soirée historique pour les Tigers.

Le lendemain S Grant Delpit a été sélectionné par les Browns de Cleveland avec le 44ème choix avant que CB Kristian Fulton ne file chez les Titans du Tennessee en fin de 2ème tour (#61). OG Damian Lewis (#69, Seattle), C Lloyd Chushenberry (#83, Denver) et LB Jacob Phillips (#97, Cleveland) ont été choisi au 3ème tour.

La version 2019 du Rivalry game Alabama-LSU restera assurément dans l’Histoire : 18 joueurs ayant participé à ce choc de la division SEC West ont été sélectionnés lors des trois premiers tours puisque 8 joueurs du Crimson Tide ont également été choisi par une franchise NFL lors des deux premières soirées de cette draft NFL 2020.

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NFL Draft

Joe Burrow rejoint Cam Newton dans un club exclusif

Premier joueur sélectionné lors du 1er tour de la draft NFL 2020, QB Joey Burrow devient le 2ème joueur à avoir remporté le titre national et le Heisman trophy et été drafté avec le premier pick lors de la même année.

Publié

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Crédit photo : USA Today

On pensait que Cam Newton ne serait jamais rejoint dans ce cercle très fermé. Baker Mayfield (ex-Oklahoma) avait échoué en 2017, battu par Georgia en demi-finale du College Football Playoff lors du Rose Bowl. En 2018, QB Kyler Murray a marché dans les pas de son prédécesseur chez les Sooners en étant battu en demi-finale des playoffs par Alabama.

Ces deux-là ont bien remporté le trophée Heisman suivi quelques semaines plus tard par une sélection au 1er tour de la draft NFL. Il leur manquait ce titre national que Joe Burrow est allé chercher au Superdome de La Nouvelle-Orléans, en janvier 2020.

En 2010, Cam Newton (ex-Auburn) avait réussi le premier à réussir cet exploit dans toute l’Histoire du College Football. Une semaine après un fantastique comeback contre Alabama et un titre de conférence SEC remporté contre South Carolina, son équipe d’Auburn est venu à bout d’Oregon lors du BCS National Championship. Entre temps, le quarterback des Tigers avait mis la main sur le trophée Heisman. En avril 2011, il sera finalement sélectionné par les Panthers de Carolina avec le premier pick de la draft NFL.

Hier soir, QB Joe Burrow a écrit une nouvelle page de sa fantastique histoire. Sans surprise car il était le grand favori, l’ancien quarterback vedette de LSU a été drafté par les Bengals de Cincinnati.

Pour rappel, QB Joe Burrow a établi plusieurs records NCAA lançant notamment 60 passes de TDs pour un total de 65 TDs offensifs. Ses 5671 yards à la passe accumulés en 2019 représentent la 3ème meilleure performance de l’Histoire du College Football.

Comme si elle avait encore besoin d’un argument pour le prouver : la SEC impose donc encore un peu plus sa domination sur le College Football…

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