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NFL Draft

NFL Star Academy – Week 0

Chaque semaine, Loïc Baruteu fait le tour de l’actualité de la draft NFL 2020 : les news, conseil de classe, speed dating, etc… on se croirait à la Star Ac’ !
Vous saurez tout sur les futures stars du dimanche.

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Ça commence à sentir bon le tailgate. Ouais, la saison reprend. On va se remettre au suivi des prospects NFL, ceux qui ont tout à prouver cette année, qui auront peut être un peu plus que les autres l’envie de gagner. On va sonder Internet, regarder quelques matches quand même et jouer au scout pro. Ça devrait nous occuper jusqu’à la Draft NFL.

Fil d’actu’

La draft, c’est pas comme Kevin Costner qui décide cinq minutes avant son pick quel gugusse il va sélectionner, ça se prépare en amont, pendant des mois. À la rue en NFL avant même le début des hostilités, les Miami Dolphins se sont dit qu’ils allaient prendre un peu d’avance sur tout le monde puisqu’ils ont déjà prévu de tanker, donc de viser le first pick. Qu’ils auraient probablement eu de toutes façons. La moitié de l’équipe est déjà sur trade block mais l’objectif semble clairement de trouver un vrai franchise quarterback, avec QB Tua Tagovailoa (Alabama) et QB Justin Herbert (Oregon) au programme dans le top 5. Ou un troisième QB d’Oklahoma sélectionné en première position sur trois drafts consécutives ? Coucou QB Jalen Hurts (Oklahoma).

C’est une bien triste nouvelle d’apprendre qu’Andrew Luck a pris sa retraite sportive alors qu’il se bat avec les blessures et les rééducations depuis plusieurs années. L’ancien quarterback de Stanford, numéro un de la draft en 2012, devait à l’époque remplacer Peyton Manning à la tête des Indianapolis Colts. Il n’aura pas eu la carrière pro qu’il méritait et la franchise de l’Indiana va désormais se lancer dans la traditionnelle course au franchise QB dès la prochaine draft.

La plupart des mocks draft qu’on trouve à l’heure actuelle, parce que oui les prévisions ont déjà commencé, désignent QB Tua Tagovailoa (Alabama) comme numéro un en 2020. Aux Dolphins, du coup. En numéro deux, certains envoient ensuite QB Justin Herbert (Oregon) à… Las Vegas, chez les Raiders, qui déménagent dans le Nevada l’été prochain. Bon plan EVJF.

Jabari Zuniga, Florida

Jabari Zuniga, Florida (#92) – Crédit Photo : Getty Images

Conseil de classe

DE Jabari Zuniga, Florida
vs Miami (FL) – 6 plaquages, 3 pour perte, 1.5 sack.
Le pass rush de Florida donc gagné le match face aux Hurricanes, avec dix sacks, deux fumbles forcés pour un récupéré et cinq QB hurries. Jabari y a pas mal contribué, avec son hyperactivité. Le gamin est déjà taillé comme un DE pro et ses qualités de puissance et d’explosivité en font un prospect de choix pour la prochaine draft. Les scouts seront vigilants cette année quant à la progression du joueur dans le pass rush après une saison 2018 à 6.5 sacks. Après un match, c’est déjà encourageant.
Résultat : participe bien en classe, doit continuer ses efforts. Encouragements.

QB Jalen Hurts, Oklahoma
Jalen a à peine posé un pied sur le terrain en match officiel avec la tunique des Sooners qu’on lui reproche déjà d’avoir fui, honteux, exilé d’une équipe qu’il avait en main avant de se la faire taxer par un gamin, Tua Tagovailoa. Malgré sa grande expérience, il n’est pas au plus haut dans les classements de top prospects pour cette draft, devancé par Justin Herbert, Tagovailoa (encore lui) et même Jake Fromm. À moins d’une saison canon comme Kyler Murray à Oklahoma l’an dernier ?
Résultat : Jalen doit mettre ses qualités individuelles au service de ses camarades. Doit faire ses preuves.

OT Andrew Thomas, Georgia
Il se pourrait bien qu’Andrew se révèle comme le meilleur joueur de toute sa classe. Titulaire comme true freshman à droite avec Georgia, il s’est depuis attribué au mérite le poste prépondérant de left tackle et sort d’une saison 2018 monstrueuse où il a aussi bien assuré à fond dans le jeu de course et dans la protection de passe. Tous les voyants sont au vert et la NFL attend de pied ferme le jeune lineman aux caractéristiques déjà en phase avec les critères pro.
Résultat : Félicitations du jury. Pour l’instant.

DE AJ Epenesa, Iowa
L’an dernier, AJ était remplaçant. Pour la deuxième année consécutive, après avoir pas mal joué comme true freshman. L’an dernier, AJ a totalisé 10.5 sacks. Comme remplaçant. Cette saison, il a le champ libre après les départs de titulaires et surtout son potentiel va avoir l’occasion d’exploser. C’est sa progression en 2019 que les scouts NFL vont suivre de près, avec des pass rushers toujours plus plébiscités à la draft.
Résultat : ABS

OT Walker Little, Stanford
Même s’il est l’un des meilleurs joueurs de ligne de Pac-12 à gauche, Walker manque peut être un peu d’explosivité pour se mesurer régulièrement aux pass rushers NFL et pourrait bien être envisagé comme guard chez les pros. Le genre de truc qui peut faire perdre pas mal de places dans les prévisions de draft. Le pilier de l’OL du Cardinal, recrue cinq étoiles à son arrivée à Palo Alto, a toute une saison pour prouver qu’il peut faire preuve de réactivité face aux speed rushers.
Résultat : doit arrêter de regarder par la fenêtre et se concentrer.

Logan Stenberg, Kentucky (#71) – Crédit photo : Daniel Dunn/Icon Sportswire via Getty Images

Speed Dating

OG Logan Stenberg, Kentucky
Classe : SR
Taille : Mark Stoops x 1,5 environ.
Poids : un tout petit peu plus que Mark Stoops.
Signe astrologique : un monospace Renault des années 2000. Carré, robuste.

Que nous apprend la fiche du left guard de Kentucky sur son site ? Logan a grandi en Alabama, son film préf’ est donc Forrest Gump et son surnom est « Stenny ». La vie est comme une boîte de chocolats et Logan a décidé de tout becter : titulaire depuis sa saison sophomore, il est l’un des joueurs les plus disciplinés et les plus efficaces d’une ligne qui a permis au coureur Benny Snell de battre plusieurs records des Wildcats, et il a été nommé deux fois SEC Academic. Un esprit sain dans un gigantesque corps sain, qui devrait trouver une place au chaud en NFL en 2020.

Programme

Duke @ Alabama, Atlanta (GA)
Le samedi 31 août à 21h30 (GMT+1)
Interdit aux mineurs tellement la fac de Durham devrait se faire passer à tabac mais on suivra plusieurs gars des deux côtés. Chez les Blue Devils, CB Mark Gilbert est de retour après une saison blanche sur blessure, avec RB Deon Jackson prêt à assumer les fonctions de leader offensif depuis le départ de Daniel Jones pour la NFL. Chez le Tide, comme d’hab on surveillera la moitié de l’équipe, en particulier QB Tua Tagovailoa, WR Jerry Jeudy et DL Raekwon Davis, trois potentiels choix de premier tour. Sans oublier le junior LB Dylan Moses et WR Henry Ruggs, et beaucoup d’autres.

Boise State vs Florida State, Jacksonville (FL)
Le dimanche 1er septembre à 1h (GMT+1)
Fausse rencontre en terrain neutre alors que les Seminoles se déplacent pas loin de chez eux quand les Broncos traversent tout le pays. L’occasion de voir DE Curtis Weaver, l’un des meilleurs pass rushers de Mountain West, et OT Ezra Cleveland, left tackle monstrueux, avant d’entendre certainement leur nom à la draft, et sans doute dans les trois premiers tours. RB Cam Akers, WR Tamorrion Terry et DT Marvin Wilson seront les attractions principales du côté de Florida State pour les scouts, avec le dernier en bonne position pour le premier tour.

Northwestern @ Stanford, Palo Alto (CA)
Le samedi 31 août à 22h (GMT+1)
CB Paulson Adebo est attendu comme l’un des meilleurs cornerbacks de cette classe et il sera étudié sous toutes les coutures tout au long de la saison. Stanford possède également quelques prospects talentueux en attaque, à commencer par OT Walker Little, aussi à l’aise pour bloquer dans le jeu aérien et dans le jeu au sol. Le tandem QB KJ Costello et TE Colby Parkinson pourrait faire du bruit alors que le quarterback devrait se reposer sur son tight end à la suite de nombreux départs chez les receveurs. À Northwestern, il n’y a qu’une seule véritable star, LB Paddy Fisher et ses 227 tackles en carrière.

Auburn vs Oregon, Arlington (TX)
Le dimanche 1er septembre à 1h30 (GMT+1)
Évidemment, on attend QB Justin Herbert au tournant après sa décision de rester un an de plus à la fac. Le leader des Ducks sera bien protégé derrière OL Calvin Throckmorton, capable de jouer à l’intérieur ou à l’extérieur, sans oublier son pendant en défense, LB Troy Dye, patron au milieu. Auburn est blindé en prospects avec DT Derrick Brown et LT Prince Tega Wanogho, deux choix possibles au premier tour, mais aussi DE Nick Coe, OG Marquel Harrell, DT Marlon Davidson et CB Javaris Davis, tous prétendants à un billet pour la NFL et donc décidés à en découdre.

Derek Stingley, LSU – Crédit photo : Chris Parent

The Future is Today

À peine un an de fac derrière lui et RB Pooka Williams (SO) nous rejoue un épisode des Sous-doués à Kansas. Dans la lignée d’un sale trend initié par des running backs NFL, le gamin s’est essayé à la violence domestique et s’est donc mangé sept mois de suspension de toute activité sportive. Kansas s’est quand même bien démerdé pour que ça ne fasse manquer qu’un seul match cette saison au virevoltant running back, sur les radars des scouts pros après une saison freshman incroyable.

Terrible nouvelle pour Texas A&M qui comptait énormément sur sa recrue phare TE Baylor Cupp (FR), prospect cinq étoiles et meilleur tight end de cette classe, alors que le joueur s’est pété la jambe. Il faudra donc attendre probablement un an avant de voir jouer celui qui est comparé au triple vainqueur du Super Bowl Rob Gronkowski.

LSU compte également beaucoup sur l’une de ses recrues, en l’occurence CB Derek Stingley (FR). Le true freshman est attendu comme titulaire dès l’ouverture de la saison pour remplacer Greedy Williams (Cleveland Browns), qu’il n’aura pas connu. Le défi est de taille mais la hype est énorme autour de Stingley, qui sera heureusement épaulé par le vétéran CB Kristian Fulton (SR), candidat au premier tour de la draft dès 2020 si les blessures l’épargnent.

On s’attend à la saison de la confirmation pour LB Palaie Gaoteote (SO) du côté de Los Angeles, alors que USC espère remplacer plusieurs départs majeurs en défense. Titulaire en ILB l’an passé en l’absence de Cameron Smith (Minnesota Vikings), le jeune linebacker sera plutôt aligné à l’extérieur cette année pour le laisser se concentrer sur le ballon et déléguer les tâches de field general aux vétérans, principalement LB John Houston (SR) qui espère marquer des points auprès des scouts cette année.

Graines de Millionaires

Comme d’hab, du beau linge en NFL cette année en provenance directe des bancs universitaires. Surtout en défense, un secteur plébiscité par les franchises au premier tour. D’ailleurs, LB Devin Bush (Michigan/Pittsburgh) est déjà l’un des favoris pour le titre de Defensive Rookie of the Year. LB Devin White (LSU/Tampa Bay) est déjà titulaire au sein de la défense des Bucs et LB Brian Burns a mis le feu aux Panthers avec deux sacks en dix snaps de pré-saison. DT Christian Wilkins (Clemson/Miami) et DT Quinnen Williams (Alabama/NY Jets) ont déjà marqué des gros points depuis le début des matches d’entraînement alors que SS Taylor Rapp (Washington/LA Rams) a été aligné comme linebacker ou nickelback en préparation.

Coup dur déjà pour WR DK Metcalf (Mississippi/Seattle), déjà diagnostiqué blessé pour la saison et prêt à passer sur le billard. On suivra surtout l’évolution d’une classe de quarterbacks fournie, avec un QB Dwayne Haskins (Ohio State/Washington) en difficulté en pré-saison, là où QB Daniel Jones (Duke/NY Giants) et QB Ryan Finley (NC State/Cincinnati) ont brillé, même si ces deux-là devront se contenter de la sideline pour le moment. Le numéro un de la draft QB Kyler Murray (Oklahoma/Arizona) sera forcément scruté, mal abrité derrière une OL poreuse avec un head coach rookie.

Membre de l'équipe de The Blue Pennant depuis septembre 2013, Loïc s'est trimballé à travers les États-Unis en 2017 pour mieux comprendre le pas-si-petit monde du college football. Seulement deux contraventions pour excès de vitesse sur 20 000 km. Intime de Mark Sanchez, Sam Darnold et des cheerleaders de Wisconsin, promo '76. Label qualité TBP et Sécurité routière.

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NFL Draft

Pourquoi faire l’impasse sur la saison 2020 est une mauvaise idée en vue de la draft NFL ?

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Crédit photo : USA Today

Les jours passent aux Etats-Unis sans que l’ampleur de la pandémie ne faiblisse. Dans ce contexte, on voit de plus en plus fleurir sur les sites spécialisés et dans leurs podcasts des scénarios possibles qui permettraient de faire face à la situation.

Le dernier recours avant l’apocalypse que constituerait une annulation totale de la saison est le report du calendrier de quelques semaines, voire de quelques mois. Un certain nombre de conférences en FCS et en D2 proposent de faire se dérouler la saison de football sur le premier semestre de 2021 à compter de janvier, en même temps que les sports dits « de printemps ».

Selon certaines sources, cette solution ne serait pas viable pour la FBS et son vivier pléthorique de futurs picks de draft. L’argument principal avancé est la rigidité du planning NFL qui, pour des raisons financières notamment, ne s’adaptera pas à ce calendrier décalé. Ainsi dans cette hypothèse, les joueurs disputeraient leurs matches de championnat universitaire entre janvier et avril tout en se rendant disponibles à compter de fin février pour la saison des combines puis pour la draft en avril. Certains observateurs pointent donc du doigt une surcharge du calendrier et un risque accru de blessure pour l’organisme des joueurs, allant jusqu’à suggérer que les joueurs feraient mieux de faire l’impasse sur la saison pour préparer convenablement leur transition vers le monde professionnel.

Par exemple, Trevor Lawrence pourrait faire partie des joueurs tentés par ce choix. Il est vrai que le quarterback ces Tigers de Clemson est un prospect attendu très haut, probablement un « top-5 lock », et que ses performances depuis deux saisons pourraient largement lui servir de garantie pour assurer son avenir en NFL.

Pour autant, certains arguments laissent penser que le cas de Trevor Lawrence tienne beaucoup plus de l’exception que de l’exemple et que la draft 2021 soit encore bien loin d’être scellée…

QB Trevor Lawrence, Clemson – Crédit photo : Rich Barnes-USA TODAY Sports

Parce que certains sont dos au mur et seront obligés de jouer

L’offseason 2020 a été animée par la valse des quarterbacks qui ont décidé de changer d’université. On peut citer les seniors Jamie Newman, D’Eriq King, KJ Costello ou encore Feleipe Franks, tous de très bons joueurs de College Football. Pourtant du fait du manque de linéarité dans leur parcours sportif, il est aujourd’hui très difficile de définir leur draft stock. Que vaut D’Eriq King, QB double menace si flamboyant et efficace en 2018 mais auteur d’une saison 2019 quasi blanche ? Serait-il raisonnable pour un GM NFL de le sélectionner en avril 2021 alors que son dernier match officiel remonterait (dans le cas d’une impasse sur 2020) au 20 septembre 2019 avec une défaite à Tulane où il a lancé 1 interception et s’est fait sack 3 fois ?

En regardant le verre à moitié plein cette fois-ci, on comprend que cette saison 2020 est une belle opportunité de briller. Que se passerait-il si Jamie Newman décrochait un titre national avec Georgia en battant successivement Clemson et Ohio State en playoffs ? Les pessimistes diront que Georgia est passé parce que Trevor Lawrence, Travis Etienne et consorts n’étaient pas là. Mais les optimistes verront un QB qui n’avait même pas une présaison complète pour s’adapter à sa nouvelle équipe et les a néanmoins menés au sommet, qui plus est contre une équipe de Clemson qui aura assurément des underclassmen déjà compétitifs cette année.

Même lors d’une saison décalée, le College Football sera regardé, célébré, analysé et demeurera une vitrine pour ces prospects pour « showcase » leurs qualités et actualiser leur valeur marchande.

Ce même calcul est valable pour les joueurs victimes de blessure pendant la saison 2019 comme le senior WR d’Oklahoma State Tylan Wallace. Le Cowboy avait été contraint de manquer la majeure partie de l’année en raison d’une dure blessure à un ligament antérieur du genou (ACL). Wallace avait même prévu de se présenter à la draft 2020. Ses plans sont donc tombés à l’eau et bien qu’il était attendu au 1er voire au 2nd tour l’an dernier, cette blessure va assurément jeter un doute sur son profil : il arrive que les joueurs victimes de blessures aux ACL portent des séquelles durables et ne soient plus jamais en mesure d’atteindre le même niveau de qualités athlétiques qu’avant. Il est donc évident que la saison 2020 est clé pour lui dans sa quête d’un contrat rookie bien juteux.

Parce que la fenêtre de tir est terriblement réduite et qu’il faut mettre toutes les chances de son côté

Pour beaucoup de fans, la draft se résume à un événement annuel très attendu qui vient mêler sport et live trading. On a tendance à ne voir que des numéros de picks divisés en plusieurs tours, sans penser aux implications financières sous-jacentes.

Chaque année, près de 250 joueurs sont sélectionnés via le processus de draft parmi plus de 16 000 joueurs éligibles (soit 1,5% de chances d’être choisi). Autrement dit, la draft est un véritable champ de bataille pour les prospects. A en juger par le montant moyen garanti des contrats de chaque tour (pour 2019 : 17M – 1er tour, 4M – 2nd tour, 1M – 3e tour…), on comprend également que (très) rares sont les joueurs qui parviennent à se démarquer en haut du panier. Passé un certain seuil, les joueurs vont être sélectionnés sur de l’intangible, sur des critères évalués de manière subjective et différente par chacune des équipes NFL qui voudront bien passer du temps à examiner leur cas. Leur position sur le draft board devient alors volatile, avec une élasticité très élevée au niveau des contrats offerts.

Dans une récente interview, Aaron Rodgers a indiqué qu’avant de trade up pour Jordan Love lors du 1er round de la draft 2020, le board des Packers avait des vues sur les receveurs Brandon Aiyuk (Arizona State) et Tee Higgins (Clemson). Aiyuk est par la suite sélectionné avec le 25e spot par les Niners et Higgins par les Bengals au 33e spot (toute première sélection du second tour). Instinctivement, on est tenté de dire qu’au niveau contrat, un écart de 8 places ne va pas changer grand-chose. Pour autant, les contrats d’Aiyuk et Higgins présentent plusieurs différences.

WR Tee Higgins, Clemson – Crédit photo : Rich Barnes-USA TODAY Sports

Impact sur les contrats NFL

En tant que 1st Rounder, Aiyuk a droit à un contrat de 4 ans avec une 5e année sous forme de team option (et dont le montant est indexé sur les 25 plus gros salaires – sans compter les 2 plus gros – à la position de WR; concrètement si l’équipe décide de lever l’option, Aiyuk a la garanti de voir son salaire augmenter fortement). Higgins, quant à lui, dispose d’un contrat de 4 ans sans 5e année optionnel. Il faut aussi avoir à l’esprit que le base salary de chaque spot de draft est défini à l’avance. Il représente un certain pourcentage du montant total allouable aux rookies draftés et augmente en fonction de la position sur le board. De plus, il y a un léger effet de pallier entre les rounds 1 et 2. Ainsi, Aiyuk a signé un contrat valorisé à hauteur de 12.5M de dollars (avec 6M de signing bonus) tandis qu’Higgins seulement 8.5M (et 4M de signing bonus), soit un écart brut de 4M. De plus, 12.5M soit 100% du contrat d’Aiyuk est garanti contre 6M soit 70% pour Higgins. Plus on descend sur le board de la draft, moins la part de salaire garanti est élevée…

Il existe une multitude de règles peu connus de ce type qui sont pourtant essentielles pour les joueurs. Contrairement à des sports tels que le basketball et le baseball, le football s’est progressivement structuré avec une ligue majeure qui donnait énormément de pouvoir aux franchises vis-à-vis de joueurs historiquement peu libres de leurs mouvements. En comparaison à la NBA et à la MLB, les contrats de la plupart des joueurs demeurent précaires et constituent une vraie source de préoccupation au moment de la draft.

Un autre exemple de bas de tableau permet de montrer l’intérêt de grappiller quelques places pour se faire drafter en bout de 7e round plutôt que de signer un contrat d’agent libre non-drafté. Les joueurs sélectionnés entre les rounds 3 et 7 signent un contrat de 4 ans et sont éligibles pour le Proven Performance Escalator (PPE). Le PPE est un mécanisme qui fait automatiquement augmenter le salaire de la 4e année de contrat d’un joueur lorsqu’il atteint certains objectifs définis à l’avance tels que participer a minima à 35% des snaps (offensif ou défensif) de son équipe au cours de la saison. Quand le PPE est déclenché, le salaire est donc revu à la hausse et équivaut désormais au render plancher pour un agent libre restreint (moins les bonus et incentives éventuels). Ce système a par exemple permis à Alvin Kamara, drafté dans le 3e round en 2017, de gagner en 2020 plus d’un million de dollars de salaire additionnel (en passant de 978 000 à 2 147 000 dollars).

Le piège des credited & accrued seasons

On dit qu’un joueur remplit une credited season lorsqu’il est inscrit dans le roster d’une équipe (active ou inactive) lors de 3 matches minimum au cours de cette saison. De même, un joueur remplit une accrued season lorsqu’il est inscrit dans le roster d’une équipe pour 6 matches minimum au cours d’une saison.

Ces critères sont très importants pour les joueurs. Le nombre de credited seasons qu’un joueur a enregistré va par exemple déterminer le salaire minimum pour lequel il est éligible par la suite. Par exemple en 2018, un rookie sans expérience avait droit à 480 000 dollars minimum. La même année, un joueur avec 4 credited season avait droit à 790 000 dollars. Le nombre de credited season va aussi impacter les pensions d’assurance vie, d’handicap et de retraite que la NFL est susceptible de verser à ses anciens.

Les accrued season, quant à elles, vont jouer sur le statut d’un joueur à l’issue de son contrat. Jusqu’à deux accrued seasons, le joueur est en situation d’exclusive right free agent : son équipe peut lui offrir un contrat d’un an au minimum mais le joueur n’a pas le droit de négocier avec d’autres équipes. Après une troisième accrued season il devient restricted free agent et enfin après quatre accrued seasons, il obtient le statut d’unrestricted free agent : il est libre de négocier avec d’autres équipes, obtenir le meilleur contrat possible sans être bridé par son équipe initiale.

Toute cette démarche illustre l’importance de bien se placer sur le tableau de la draft. Plus un joueur monte haut sur le board, plus son contrat comportera des garantis qui le lieront en profondeur au club : salaire garanti en cas de blessure, prime pour le joueur / impact négatif sur le salary cap si l’équipe tentait de s’en séparer pendant sa convalescence, etc. Au début de sa carrière le joueur est dans une course contre-la-montre pour obtenir ses credited et accrued seasons. Il est donc important pour lui de disposer du plus d’arguments possibles dès la draft pour sécuriser sa position dans le roster, s’assurer qu’il n’est pas sur la sellette et qu’il pourra remplir ses saisons le plus vite possible. C’est par exemple pour cela qu’il vaut mieux se faire drafter au 7e round et signer un contrat plus « engageant » de 4 ans plutôt que rejoindre une équipe en tant qu’undrafted free agent pour seulement 3 ans.

Ce détour technique dans les règles contractuelles de la NFL permet donc de comprendre dans les faits la différence que peut faire une petite dizaine de spots pour un joueur en termes de sécurité de l’emploi, de rémunération et de perspectives futures.

Ce groupe de joueurs « intouchables » est-il si conséquent que ça ?

Posez-vous la question. Vous êtes GM NFL et que vous avez besoin d’un Running Back titulaire. Vous voyez Travis Etienne faire l’impasse sur la saison mais Chubba Hubbard montrer ses talents contre des « gros » tels que Oklahoma et Texas, qui choisissez-vous ? A l’inverse si Hubbard fait l’impasse mais Etienne réalise un carton plein contre Notre Dame et North Carolina, votre décision est-elle différente ?

Ce calcul qui consiste à « sit » sur une saison 2020 décalée est beaucoup plus complexe qu’il y parait et fait intervenir des facteurs externes qui peuvent faire perdre au joueur le contrôle de son avenir. Même pour le haut du panier, il peut y avoir des conséquences long terme. On évoquait tout à l’heure la 5e année d’option des joueurs draftés au 1er tour. Une autre règle stipule que pour cette 5e année de contrat, les joueurs draftés entre les places 1 et 10 n’ont pas le même régime que les joueurs draftés entre les places 11 et 32. Un joueur issu du top 10 de draft verra son salaire de la 5e année indexé sur la valeur du transition tag pour un joueur de sa position (qui tient compte des 10 plus gros salaires à la position). Un joueur hors du top 10 aura son salaire indexé seulement sur les 25 plus gros salaires à sa position (en excluant en plus les deux salaires les plus élevés).

DE Myles Garrett, Texas A&M – Crédit photo : Troy Toarmina, USA Today

Prenons l’exemple de la draft 2017. Au premier tour, on retrouve les Defensive Ends Myles Garrett (#1 overall, donc dans le top 10) et Derek Barnett (#14, hors top 10). Ces deux joueurs ont vu leur 5th-year option levée par leurs équipes respectives. En 2021, Myles Garrett gagnera donc 15M de dollars (somme pas inclue dans l’extension de contrat qu’il a signée par la suite) contre 10M de dollars pour Barnett soit un écart de 5M.

On peut donc voir la situation de la manière suivante. Il est évident qu’un nombre restreint de joueurs talentueux jouit d’une hype qui les met beaucoup plus à l’abris que les autres face à d’éventuels risques en ces temps de pandémie. Bien que le risque soit moindre pour ces superstars en devenir, une impasse sur la saison à venir constituerait quand même un manque à gagner, ne serait-ce que d’un point de vue contractuel. Quand on descend dans la hiérarchie, une retrouve une masse de prospects beaucoup plus homogène qui a encore tout à prouver et pour qui les places vont coûter cher. Ces joueurs se trouvent dans leur propre version du dilemme du prisonnier : si tout le monde décide de faire saison blanche, il y aura statu quo. Mais ce statu quo n’est pas à l’avantage de tous : quid des joueurs qui n’ont pas pu se mettre en lumière en 2019 au même titre que les autres ? Intervient alors une logique égoïste bien que justifiable qui va faire tomber les premiers dominos et retransformer le college football, comme tous les ans, en une gigantesque salle de marché Gordon Gekko-esque où chaque prospect cherchera à tirer son épingle du jeu.

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NFL Draft

LSU égale le record de la draft NFL avec 14 joueurs sélectionnés

Quatre mois après son titre de champion national remporté au Superdome de La Nouvelle-Orléans, l’université Louisiana State a été la grande vedette de la draft NFL 2020 égalant un record détenu depuis 2004 par les Buckeyes d’Ohio State.

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Crédit photo : LSU Athletics

Jeudi soir, LSU avait déjà égalé un record que l’on pensait imbattable avec 5 joueurs sélectionnées au 1er tour rejoignant ainsi la fantastique génération 2004 des Hurricanes de Miami.

Le lendemain, 5 autres anciens joueurs des Tigers ont fait leur valise pour une franchise NFL. Avec 10 joueurs draftés dans les 3 premiers tours, LSU a également égalé le record qu’Ohio State avait établi en 2016.

Le 3ème jour de la draft n’a fait que renforcer cette incroyable domination du programme de Bâton-Rouge. Deux autres joueurs ont été choisis au 4ème tour, puis la sélection de LS Blake Ferguson par les Dolphins de Miami a permis aux Tigers de réécrire les livres d’Histoire de la conférence SEC avec 13 joueurs draftés la même année. Finalement, les Seahawks de Seattle ont choisi TE Stephen Sullivan avec le 251ème pick au 7ème tour pour porter à 14 le nombre de joueurs récemment sacrés champions nationaux à être draftés dans la NFL.

Le fils du légendaire receveur Randy Moss, le tight end Thaddeus Moss, est le seul joueur éligible à avoir été laissé de côté. Il a finalement signé un contrat avec les Redskins de Washington comme agent libre.

Récapitulatif des joueurs de LSU draftés en 2020

Pick Joueur Équipe Poste
1 Joe Burrow Bengals QB
20 K’Lavon Chaisson Jaguars LB
22 Justin Jefferson Vikings WR
28 Patrick Queen Ravens LB
32 Clyde Edwards-Helaire Chiefs RB
44 Grant Delpit Browns S
61 Kristian Fulton Titans CB
69 Damien Lewis Seahawks G
83 Lloyd Cushenberry Broncos C
97 Jacob Phillips Browns LB
108 Saahdiq Charles Redskins OT
131 Rashard Lawrence Cardinals DT
185 Blake Ferguson Dolphins LS
251 Stephen Sullivan Seahawks TE
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NFL Draft

LSU égale un record NCAA après 3 tours de draft NFL

Avec 10 anciens joueurs sélectionnés lors des deux premiers jours de la draft NFL, l’université Louisiana State égale le record établi par la promotion 2016 des Buckeyes d’Ohio State.

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Crédit photo : Kevin Cox, Getty Images

On pensait le record de la génération Nick Bosa-Ezekiel Elliott des Buckeyes 2016 serait quasi-inégalable… QB Burrow et les Tigers de LSU, récents champions nationaux, ont pourtant fait aussi bien avec 10 joueurs sélectionnés lors des 3 premiers tours de la draft NFL 2020.

Dès jeudi 23 avril, LSU a établi un nouveau record de l’université avec 5 joueurs draftés au 1er tour. QB Joey Burrow a donné le ton en étant le 1st pick par les Bengals de Cincinnati. Puis, LB K’Lavon Chaisson (#20, Jacksonville), WR Justin Jefferson (#22, Minnesota), LB Patrick Queen (#28, Baltimore) et RB Clyde Edwards-Helaire (#32, Kansas City) ont complété uen soirée historique pour les Tigers.

Le lendemain S Grant Delpit a été sélectionné par les Browns de Cleveland avec le 44ème choix avant que CB Kristian Fulton ne file chez les Titans du Tennessee en fin de 2ème tour (#61). OG Damian Lewis (#69, Seattle), C Lloyd Chushenberry (#83, Denver) et LB Jacob Phillips (#97, Cleveland) ont été choisi au 3ème tour.

La version 2019 du Rivalry game Alabama-LSU restera assurément dans l’Histoire : 18 joueurs ayant participé à ce choc de la division SEC West ont été sélectionnés lors des trois premiers tours puisque 8 joueurs du Crimson Tide ont également été choisi par une franchise NFL lors des deux premières soirées de cette draft NFL 2020.

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NFL Draft

Joe Burrow rejoint Cam Newton dans un club exclusif

Premier joueur sélectionné lors du 1er tour de la draft NFL 2020, QB Joey Burrow devient le 2ème joueur à avoir remporté le titre national et le Heisman trophy et été drafté avec le premier pick lors de la même année.

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Crédit photo : USA Today

On pensait que Cam Newton ne serait jamais rejoint dans ce cercle très fermé. Baker Mayfield (ex-Oklahoma) avait échoué en 2017, battu par Georgia en demi-finale du College Football Playoff lors du Rose Bowl. En 2018, QB Kyler Murray a marché dans les pas de son prédécesseur chez les Sooners en étant battu en demi-finale des playoffs par Alabama.

Ces deux-là ont bien remporté le trophée Heisman suivi quelques semaines plus tard par une sélection au 1er tour de la draft NFL. Il leur manquait ce titre national que Joe Burrow est allé chercher au Superdome de La Nouvelle-Orléans, en janvier 2020.

En 2010, Cam Newton (ex-Auburn) avait réussi le premier à réussir cet exploit dans toute l’Histoire du College Football. Une semaine après un fantastique comeback contre Alabama et un titre de conférence SEC remporté contre South Carolina, son équipe d’Auburn est venu à bout d’Oregon lors du BCS National Championship. Entre temps, le quarterback des Tigers avait mis la main sur le trophée Heisman. En avril 2011, il sera finalement sélectionné par les Panthers de Carolina avec le premier pick de la draft NFL.

Hier soir, QB Joe Burrow a écrit une nouvelle page de sa fantastique histoire. Sans surprise car il était le grand favori, l’ancien quarterback vedette de LSU a été drafté par les Bengals de Cincinnati.

Pour rappel, QB Joe Burrow a établi plusieurs records NCAA lançant notamment 60 passes de TDs pour un total de 65 TDs offensifs. Ses 5671 yards à la passe accumulés en 2019 représentent la 3ème meilleure performance de l’Histoire du College Football.

Comme si elle avait encore besoin d’un argument pour le prouver : la SEC impose donc encore un peu plus sa domination sur le College Football…

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