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[CFP National Championship 2019] Le face-à-face à chaque poste

A quelques heures du choc entre #1 Alabama et #2 Clemson à l’occasion du CFP National Championship Game 2019, tour d’horizon des forces en présence à chaque poste.

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C’est devenu un classique de la nouvelle ère du College Football ! #1 Alabama et #2 Clemson se retrouvent pour la quatrième fois de suite en playoffs, la troisième fois lors de la finale nationale.

Et comme souvent, les Tigers feront figure d’outsiders au moment de croiser la route du Tide. Est-ce justifié ? Élément de réponse, avec les face-à-faces, poste par poste, pour les deux programmes.

Quarterbacks

Alabama : Ces dernières années, Alabama arrivait en finale nationale avec des interrogations au poste de quarterback. Cette saison ne fera pas exception à la règle, mais pour des raisons différentes. Deuxième du dernier vote pour le Heisman Trophy, derrière Kyler Murray, QB Tua Tagovailoa a surfé sur sa passe victorieuse lors du sacre de ‘Bama en 2017. Avec 3 671 yards, 41 touchdowns et 4 interceptions, l’Hawaiien a écrasé la concurrence un temps envisagée avec QB Jalen Hurts. Certes, le numéro 13 a montré des failles lors de la finale de conférence SEC, mais sa prestation aboutie contre Oklahoma a rassuré bon nombre d’observateurs. Autre facteur d’importance : la santé du joueur, souvent amené à quitter le terrain prématurément. Dans ce cas, Nick Saban devra de nouveau compter sur un Hurts au niveau, comme ce fut le cas lors du finish haletant face à Georgia.

Clemson : Comme à Alabama, QB Trevor Lawrence est la nouvelle pépite qui a bouleversé la hiérarchie sur la position. Alternant un temps avec Kelly Bryant en début de saison, le Géorgien de naissance a pris le pouvoir fin septembre pour ne plus le lâcher. Sa bonne vision du jeu et son aptitude à rester calme en toute circonstance seront des atouts majeurs pour Clemson. Fort d’un bon casting de receveur, le true freshman a distribué en 2018, avec 2 933 yards, 27 touchdowns et 4 interceptions. Son remplaçant, QB Chase Brice, a su dépanner quand il le fallait, au lendemain du transfert de Bryant. Mais la différence de niveau semble assez flagrante, comme l’a démontré le match face à Syracuse.

Avantage : Alabama. Les deux quarterbacks ont été bons, mais Tagovailoa a l’expérience en sa faveur. De plus, avec ce qu’a montré Hurts en finale de conférence SEC, Alabama semble paré à une éventuelle blessure de son maître à jouer dans les airs.

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Running backs

Alabama : Longtemps le principal facteur offensif du Crimson Tide, le jeu au sol est devenu un simple complément sous la coupe de Mike Locksley. Mais même quand les vagues sont rares, elles peuvent faire boire la tasse. Comme souvent, le backfield offensif est très fourni, emmené par le physique senior RB Damien Harris (1 020 yards cumulés, 9 touchdowns). Un leader du vestiaire qui a pris sous sa coupe deux futures vedettes annoncées de la NFL : l’explosif RB Najee Harris (724 yards, 4 TD) et le couteau-suisse RB Josh Jacobs (824 yards et 15 touchdowns cumulés), précieux lors de la finale de conférence. En cas de blessure, le sophomore RB Brian Robinson Jr. a déjà rendu de fiers services, avec 2 passages par l’en-but adverse cette saison.

Clemson : Si ‘Bama a un comité de coureur intimidant, Clemson a trouvé son porteur de balle en chef. Rarement depuis C.J. Spiller, les Tigers avaient possédé un running back de l’envergure de RB Travis Etienne. Explosif et doté d’une bonne vision, le sophomore a confirmé sa bonne fin de saison passée et a porté Clemson à bout de bras dans les quelques moments de doute. Résultat : une fiche de 1 573 yards et 22 touchdowns au sol, ce qui en fera, à n’en pas douter, la principale menace offensive des Tigres. Son poids dans l’attaque locale n’empêche pas l’apport de backups aux dents longues. RB Tavien FeasterRB Adam Choice et RB Lyn-J Dixon ont enregistré 1 512 yards et 17 touchdowns à eux trois. Ils ne seront pas de trop pour tenter de fatiguer l’imposant run stop adverse.

Avantage : Clemson. C’est clairement discutable, mais l’abondance de choix a parfois desservi Alabama, avec un jeu au sol parfois en manque de rythme. Même sans vrai running back numéro 1 du côté du Tide, la différence est infime.

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Receveurs – Tight-ends

Alabama : Pour être un prétendant crédible au Heisman Trophy, Tua Tagovailoa a pu compter sur une multitude de cibles sur le campus de Tuscaloosa. Son « go-to-guy » incontestable est WR Jerry Jeudy, auteur de 1 176 yards et 13 touchdowns et annoncé comme le receveur à suivre en vue de la draft 2020. A ses côtés, de multiples solutions profondes comme WR Henry Ruggs III (738 yards, 11 TD) et le héros de la dernière finale nationale, WR DeVonta Smith (638 yards, 6 TD). Le true freshman WR Jaylen Waddle (823 yards, 7 TD) a aussi confirmé tout le bien que l’on pensait de lui en devenant un véritable avaleur d’espace. Outre ce casting impressionnant sur les extérieurs, Alabama peut aussi compter sur des tight ends complémentaires, que ce soit TE Irv Smith (667 yards, 7 TD) et ses bonnes mains ou TE Hale Hentges et ses facultés de bloqueur.

Clemson : Habituelle force des Tigers, le poste de receveur n’a pas déçu non plus en 2018. Comme pour Alabama, ce sont quatre joueurs qui comptent au moins 40 réceptions cette saison et ont rendu cette attaque aérienne imprévisible. WR Tee Higgins (855 yards, 11 TD) est la cible prioritaire de Lawrence, mais WR Amari Rodgers (540 yards, 4 TD) a aussi pris de l’importance au fur et à mesure des semaines. Pour les épauler, WR Justyn Ross s’est mué en véritable machine à big plays, avec 8 touchdowns et un ratio de 20 yards par ballon catché (847 yards au total). Plus sur la possession, le senior WR Hunter Renfrow est moins explosif mais tout aussi décisif, quand il s’agit des moments chauds. C’est d’ailleurs lui qui avait capté le touchdown du titre, en 2016, des mains de Deshaun Watson. Dans un système qui se veut très écarté, d’autres cartes peuvent être sorties de la manche, comme les remplaçants WR Diondre Overton et WR Trevion Thompson (352 yards et 3 TD à eux deux).

Avantage : Clemson. Une explosivité similaire mais un panel de profil un poil plus différent pour les joueurs de Dabo Swinney.

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Ligne offensive

Alabama : Si le Tide est devenu aussi dominant dans les airs, c’est aussi grâce à ses excellentes classes de tackles. Annoncé comme un futur premier tour de la draft 2019, LT Jonah Williams compose avec RT Jedrick Wills un rideau de fer sur le pass pro. A tel point que RG Alex Leatherwood a dû se recentrer pour pouvoir jouer titulaire. C Ross Pierschbacher est le leader de cette escouade et a su encadrer le revenant LG Lester Cotton, de retour dans les starters après la suspension de LG Deonte Brown face à Oklahoma. Qu’on se le dise, ce quintet sera très difficile à bousculer !

Clemson : Moins de gros noms sur le papier, mais une homogénéité qui a fait mouche pour faciliter la tâche de Trevor Lawrence et Travis Etienne. Si C Justin Falcinelli n’avait pas manqué un match pour blessure, 4 des 5 joueurs de l’escouade auraient joué l’intégralité de la saison. La star de ce groupe n’est autre que le senior LT Mitch Hyatt, titulaire indiscutable depuis son arrivée sur le campus. Tous deux guards de formation, LG John Simpson et RT Tremayne Anchrum ont su délivrer d’énormes brèches sur le jeu au sol. RG Gage Cervenka complète cette escouade, mais RG Sean Pollard est parfaitement à même de le suppléer.

Avantage : Alabama. Deux groupes complets et homogènes, mais avec une force physique indéniable du côté du Tide.

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Ligne défensive

Alabama : A n’en pas douter, nous passons désormais à des escouades qui pourraient détenir le destin du match entre leurs mains. Car Alabama possède un front-3 tout bonnement délirant ! Ancienne pépite et recrue 5 étoiles, DE Raekwon Davis (53 plaquages, dont 5 et demi pour perte) s’est retrouvé malgré lui dans l’ombre de ses deux compères du premier rideau : DE Isaiah Buggs, meilleur sackeur de son équipe avec 9 unités, et surtout NT Quinnen Williams (67 plaquages, 8 sacks) absolument dominateur sur l’ensemble de la saison. Non content d’être un trio hyper athlétique, ce groupe se veut polyvalent et est parfaitement capable de brouiller les pistes pour le quarterback adverse. Les backups DE LaBryan Ray et DE Philadarian Mathis seraient titulaires dans beaucoup d’autres programmes, mais leur heure devrait rapidement venir.

Clemson : Certes, Clemson a appris avec regret la suspension de sa star DT Dexter Lawrence pour la fin de saison. La faute à une consommation (involontaire ?) de produits interdits. Est-ce la fin des espoirs pour les Tigers ? Pas si sûr, car l’agressivité et le pass rush restent les armes majeures de ce premier rideau. Meilleur sackeur des siens, avec plus de 11 maltraitances sur quarterback adverse, DE Clelin Ferrell est un premier tour de draft annoncé et compose un dangereux duo avec DE Austin Bryant (8 sacks en 2018). Au centre de la ligne, si Lawrence fera défaut, ce ne sera pas le cas de DT Christian Wilkins (13 plaquages pour perte, 5 sacks, 2 passes défendues, 2 fumbles recouverts) capable de sévir sur de nombreux secteurs de jeu. Qui pour l’épauler ? Sans doute DT Albert Huggins, qui a montré de bonnes choses lors du Cotton Bowl. DT Nyles Pinckney a aussi à cœur de prendre sa chance dans le principal événement universitaire de la saison. Abondance de biens ne nuit pas, et Clemson l’a bien compris, en recrutant DE Xavier Thomas, prospect 5 étoiles l’an passé. Son apport et sa rotation sur la ligne défensive ne seront pas de trop pour mettre à mal Tua Tagovailoa.

Avantage : Alabama. Plus versatile, la ligne a aussi l’avantage d’être complet. Une donnée précieuse sur un match d’une telle importance.

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Linebackers

Alabama : Si l’attaque a changé ses bonnes vieilles habitudes, la défense est restée fidèle à elle-même, en faisant du poste de linebacker une place forte de son escouade. Et à coup de recrues 5 étoiles, Nick Saban possède un solide casting pour stopper les velléités adverses. Le junior MLB Mack Wilson (65 plaquages, 5 passes défendues) est sans aucun doute la pièce angulaire de ce deuxième rideau. Digne successeur de Reuben Foster, il est la tour de contrôle de la défense du Tide et le joueur que les coureurs cherchent à tout prix à éviter. Il n’est d’ailleurs pas passé loin du Butkus Award, récompensant le meilleur linebacker universitaire au pays. Son impact a permis à son compère WLB Dylan Moses de se régaler, en enregistrant le plus grand nombre de plaquages pour son équipe, soient 82. Sur les extérieurs, le pass rusher en chef s’appelle SLB Christian Miller, auteur de 8 sacks depuis le début de la saison. Problème : le linebacker strong-side traîne une douleur aux ischios et pourrait être suppléé par le polyvalent senior SLB Jamey Mosley, déjà sollicité en fin de saison passée, lors de la cascade de blessures sur la position. Électron libre, JACK Anfernee Jennings se charge de brouiller les pistes pour l’attaque adverse et cela a plutôt bien fonctionné depuis le début de la campagne de ‘Bama (5 sacks et demi, 10 passes défendues, 2 fumbles recouverts). Un casting taille XXL qui ferait presque oublier l’absence longue durée de LB Terrell Lewis, pour une déchirure des ligaments.

Clemson : Le poste de linebacker est moins fourni côté Tigers. Mais les titulaires ont clairement des arguments à faire valoir. Avec 73 plaquages cette saison, MLB Tre Lamar est le run stopper en chef du coordinateur Brent Venables, et son association avec WLB Kendall Joseph (76 plaquages) a fait des ravages en Caroline du Sud. Non content d’avoir un rôle crucial dans un front 4-2 souvent utilisé par les Tigers, les deux hommes peuvent recevoir l’appui de SLB/S Isaiah Simmons, dont la taille se veut dissuasive sur la couverture profonde et les lancers intermédiaires. Il sait aussi finir les actions au sol, ce qui en fait le meilleur plaqueur de son programme en 2018. Backup de luxe, WLB J.D. Davis a montré des aptitudes sur la poursuite quand on a fait appel à lui.

Avantage : Malgré le dur labeur du trio des Tigers, cette position reste fort logiquement une chasse gardée d’Alabama.

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Defensive backs

Alabama : Minkah Fitzpatrick. Ronnie Harrison. Levi Wallace. Anthony Averett. Pendant l’intersaison, Alabama a quasiment dû remplacer l’ensemble de son backfield défensif en raison de départs vers la NFL. Mais Nick Saban a souvent (toujours ?) un coup d’avance. Cette saison 2018 a notamment permis l’émergence de SS Deionte Thompson (75 plaquages, 6 passes défendues), incroyable athlète aussi à l’aise contre le sol que sur la couverture. Plus jeune, son binôme FS Xavier McKinney n’a pas non plus chômé, avec un total de 9 passes bâtées et 2 interceptions pour un Pick-6. Sur le poste de cornerback, la relève a un peu plus souffert et la blessure prématurée de CB Trevon Diggs n’a pas aidé. Transfuge d’LSU, CB Saivion Smith a soufflé le chaud et le froid, mais a montré de belles ressources face à Georgia, avec un total de 11 plaquages. De l’autre côté, le true freshman CB Patrick Surtain II n’a cessé de confirmer son statut de joueur prometteur. Mais son inexpérience reste encore à mettre à son débit. Le nickelback STAR Shyheim Carter a donné pleine satisfaction à son coordinateur Tosh Lupoi, au vu de ses 10 passes défendues et de ses interceptions systématiquement retournés pour des touchdowns.

Clemson : Un groupe solide mais irrégulier. Certes, CB Trayvon Mullen est la vedette incontestable de ce secondary, de par son aptitude à contrecarrer les receveurs adverses et a d’ailleurs été souvent évité par les quarterbacks adverses. Mais peut-il être un facteur décisif ? A l’image d’un Mackensie Alexander il y a quelques saisons, Mullen est hyper athlétique mais n’a pas enregistré la moindre interception en 2018. Pour ne rien arranger, son compère CB A.J. Terrell est souvent un « gambleur » et en dépit de 2 picks cette année, ses instincts restent largement perfectibles. Cet état de fait est tout aussi vrai pour FS Tanner Muse et SS K’Von Wallace dont les performances peuvent varier en fonction de l’humeur du jour. Demandez donc à Texas A&M et South Carolina qui s’étaient régalés dans les airs !

Avantage : Alabama. Moins de fougue, mais une discipline qui peut être salvatrice dans ce genre de situation.

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Équipes spéciales

Alabama : C’est assez rare pour être signalé mais les botteurs de Tuscaloosa ne sont plus aussi affreux que ces dernières années. Certes, K Joseph Bulovas a déjà manqué quatre (!) extra-points depuis le début de la saison, mais son ratio sur field goal est assez encourageant. Sur les punts, le walk-on P Mike Bernier a pris le meilleur sur le freshman P Skyler Delong et ne l’a plus lâché, avec un bon ratio de 37 yards par coup de pied. Sur les phases de retour, les explosifs KR Josh Jacobs et PR Jaylen Waddle se chargeront de faire parler la poudre.

Clemson : Botteur des Tigers depuis son année freshman, K Greg Huegel vit une étrange saison, car avec un ratio de 66%, il connait son pire bilan sur le campus. Tout comme Bulovas, il sera donc à scruter de près dans les moments forts. Son coéquipier P Will Spies a lui été plus convaincant en 2018, avec une moyenne de 39 yards par coup de chausson. Sur les retours, les Tigers ont aussi de quoi faire, avec notamment PR Amani Rodgers sur les phases de punt. Sur kickoffs, KR Derion Kendrick a suppléé Cornell Powell, lors de la blessure de ce dernier. Il va devoir avant tout surveiller la protection de balle, au vu de son fumble presque fatal face à Notre Dame, lors du Cotton Bowl.

Avantage : Egalité. A un moment, choisir pour choisir … à quoi bon ?!

Grand fan de football américain. Spécialiste du football français, de la NFL et du College Football. Rédacteur à The Blue Pennant depuis 2015 et à touchdownactu.com. Animateur sur Radiossa, la radio du football américain.

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National Championship

Alabama, champion national !

Mené par une nouvelle performance exceptionnelle du vainqueur du trophée Heisman, WR DeVonta Smith, le Crimson Tide de #1 Alabama s’impose largement 52-24 face à #3 Ohio State offrant ainsi un 7ème titre de champion national à Nick Saban.

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Un WR DeVonta Smith inarrêtable, un RB Najee Harris insaisissable et un QB Mac Jones toujours impeccable : portée par son trio magique, l’attaque explosive du Crimson Tide a offert une démonstration de sa toute-puissance (621 yards) à l’occasion d’un National Championship Game remporté facilement 52-24 face à une équipe des Buckeyes de #3 Ohio State totalement dépassée.

Le dernier match de cette saison de College Football très incertaine et menacée d’annulation au cours de l’été dernier se conclut finalement par un résultat on ne peut plus prévisible : #1 Alabama (13-0) est sacré champion national pour la 6ème fois de l’ère Nick Saban à la tête du Crimson Tide. Pour le coach du programme de Tuscaloosa (Alabama), il s’agit d’un 7ème titre qui lui permet ainsi de dépasser une autre Légende du College Football, Paul « Bear » Bryant, pour devenir le head coach le plus couronné de l’Histoire.

Mais la grande star de ce National Championship Game aura été le receveur senior WR Devonta Smith. Bien qu’il n’ait joué qu’à peine plus d’une mi-temps, le vainqueur du trophée Heisman 2020 a écoeuré à lui tout seul la défense des Buckeyes. Une performance exceptionnelle qui entre dans l’Histoire du College Football Playoff : 12 réceptions, 215 yards et 3 TDs. En 1ère mi-temps !

Blessé à la main au retour des vestiaires, WR DeVonta Smith a regardé la 2ème mi-temps de la sideline sans trop stressé : l’écart au tableau d’affichage ayant déjà été creusé dans les deux premiers quart-temps, la victoire finale du Crimson Tide ne faisait guère de doute.

WR DeVonta Smith, Ohio State – Crédit photo : Alabama Athletics

Malgré une tentative de résistance en début de ce match, #3 Ohio State (7-1) ne pouvait tout simplement pas tenir le rythme effréné imposé par l’attaque du Crimson Tide. Pour sa dernière sortie au niveau NCAA avant de faire le saut chez les professionnels, QB Justin Fields (17/33, 194 yards, 1 TD et 67 yards au sol) était-il à 100% suite à son violent choc reçu aux côtes en demi-finale face à Clemson ? On ne le saura peut-être jamais. Toujours est-il qu’il n’a pas l’impact attendu par les fans de #3 Ohio State dans cette finale nationale.

Les Buckeyes ne pouvaient pas plus mal entrer en matière dans ce National Championship Game : après avoir perdu le toss, ils ont été obligés de dégager le ballon suite à un 3-and-out sur lequel leur running back vedette RB Trey Sermon s’est blessé à l’épaule. Diagnostic catastrophique : match terminé pour le coureur #1 d’Ohio State. Ouch !

Et le premier drive du Crimson Tide ne fût pas pour rassurer les fans des Buckeyes. En 12 jeux, #1 Alabama remonta le ballon sur 78 yards pour finalement ouvrir le score sur un 4ème down transformé en TD par RB Najee Harris (79 yards au sol, 2 TD et 7 réceptions, 79 yards, 1 TD). Son 25ème TD de la saison.

La réaction de #3 Ohio State se devait d’être immédiate au risque de voir cette finale nationale rapidement tourner en faveur du Crimson Tide. Elle est le sera. RB Master Teague (65 yards au sol, 2 TDs) remplit parfaitement son rôle de backup et TE Jeremy Ruckert nous offrit à une main l’une des réceptions les plus spectaculaires de la soirée avant que le running back numéro 2 des Buckeyes égalise sur une course extérieure de 8 yards. 7-7.

Les deux équipes se lancèrent alors dans un véritable mano a mano. À un TD de WR DeVonta Smith, #3 Ohio State répliqua par le second TD au sol de RB Master Teague après que le quarterback de #1 Alabama, QB Mac Jones (36/45, 464 yards, 5 TDs), ait commis un fumble récupéré par le linebacker des Buckeyes, LB Baron Browning.

RB Najee Harris (#22), Alabama – Crédit photo : Alabama Athletics

Ce turnover piqua au vif l’attaque des champions de conférence SEC qui appuyèrent encore un peu plus sur l’accélérateur grâce à des schémas offensifs diaboliques du coordinateur offensif Steve Sarkisian (notamment de multiples motions pour libérer ses receveurs) et à une sensationnelle performance de son joueur vedette, WR DeVonta Smith. Déjà très en jambe en début de match, ce dernier devint alors complètement inarrêtable ajoutant un 2ème, puis un 3ème TD sur réception portant son total à la mi-temps à 12 réceptions pour 215 yards (nouveau record du National Championship Game) !

Et comme RB Najee Harris ajouta lui aussi son second TD du match, #1 Alabama rentra aux vestiaires avec une confortable avance de 35-17. Tout semblait réussir à QB Mac Jones (25 sur 30, 342 yards, 4 TD en 1ère mi-temps) qui paraissait alors en plein contrôle de son match. Tout l’inverse d’un QB Justin Fields (6 sur 15, 90 yards et 29 yards au sol) malmené par la pression défensive du Crimson Tide et incapable de trouver le moindre rythme dans le jeu aérien.

La deuxième mi-temps ne sera finalement qu’une simple copie conforme de la première : malgré l’absence de son receveur #1, l’attaque du Crimson Tide a continué d’accumuler les yards et de conclure ses drives par des points au tableau d’affichage. Après un FG sur sa première possession du 3ème quart-temps, #1 Alabama ajouta deux autres TDs sur les deux drives suivants sur une réception de WR Slade Bolden et sur un TD au sol de RB Najee Harris (son 3ème du match). 52-24 à 13:15 de la fin du match. Game over.

Après deux saisons sans titre national (et une année 2020 sans playoffs), le Crimson Tide remporte une victoire éclatante et termine ainsi invaincu pour la première depuis 2009. Le programme de Tuscaloosa retrouve également sa place au sommet de la hiérarchie du College Football.

Résumé en vidéo

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Alabama vs Ohio State : l’ultime preview

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The Blue Pennant vous propose une couverture exceptionnelle du CFP National Championship Game 2021 qui verra s’affronter le Crimson Tide d’Alabama et les Buckeyes de #3 Ohio State, lundi 11 janvier prochain.

#1 Alabama (12-0) vs #3 Ohio State (7-0)

CFP NATIONAL CHAMPIONSHIP
Miami, Floride
Hard Rock Stadium
Lundi 11 janvier 2021
20h00 (heure locale, 02h00 en France)

AlabamaOhio State
Nick SabanCoachRyan Day
12-0
Champion de la SEC
Fiche en 20207-0
Champion de la Big Ten
48.2 (#2 National)Points marqués43.5 (#5 National)
19.5 (#20 National)Points accordés21.0 (#24 National)
29.1Écart moyen21.4

Jusqu’au coup d’envoi, toute la rédaction s’est mis sur le pont pour vous présenter une série d’articles quotidiens concernant ce duel entre le champion de conférence SEC et les champions nationaux en titre :

– Présentation du match dans l’épisode 135 du Podcast.
Le Hard Rock Stadium, stade aux multiples visages.
– Le face-à-face à chaque poste.
Les clés du match.
Les pronostics de la rédaction.

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[National Championship 2021] Les clés du match

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Dans le cadre de sa série d’articles de présentation du CFP National Championship 2021, The Blue Pennant vous propose de découvrir les clés de ce match entre #1 Alabama et #3 Ohio State.

L’état de santé de Justin Fields

Ce fût d’abord le pouce face à Northwestern en finale de conférence Big Ten, puis les côtes lors du Sugar Bowl face à #2 Clemson. Le redshirt sophomore QB Justin Fields assure qu’il sera à 100% pour cette finale nationale mais son parcours jusqu’au Hard Rock Stadium de Miami a été semé d’embûches et il suffit de voir les fans des Buckeyes retenir leur souffle à chaque fois que leur quarterback vedette tombe à terre pour comprendre son importance sur les performances de son équipe.

La grande force de QB Justin Fields est sa mobilité : sa capacité à s’extraire de la pression dans la poche pour prolonger un jeu qui peut sembler mal embarqué, mais aussi la menace permanente que représente son aptitude à gagner des yards au sol grâce à une vitesse de course étonnante pour un quarterback. Ainsi, les défenses doivent toujours être en alerte. Cette mobilité agit comme un aimant : un linebacker ou un defensive back peuvent oublier leur assignation en tentant de le stopper libérant ainsi des receveurs dans l’open space.

Un Justin Fields diminué serait catastrophique pour les Buckeyes. On a pu le voir en début de saison : le visage de l’attaque est bien différent lorsqu’il n’est pas à son top niveau et sans cette double menace qu’il représente, le jeu offensif de #3 Ohio State peut s’avérer unidimensionnel. Ce serait une aubaine pour une équipe du Crimson Tide capable d’anéantir n’importe quel jeu au sol.

La ligne défensive d’Ohio State face à la ligne offensive d’Alabama

On pensait que l’attaque des Tigers de LSU l’an dernier serait la meilleure que l’on verrait au niveau universitaire avant un bon moment. Pourtant, la version 2020 de l’escouade offensive du Crimson Tide n’a pas grand chose à envier à celle des champions nationaux 2019.

Le danger vient de partout. Sous-estimé en début de saison, QB Mac Jones est passé du statut de game manager à celui de gunslinger, puis à celui de vainqueur du trophée Davey O’Brien (meilleur QB de la saison). Il su développer une incroyable connection avec ses receveurs DeVonta Smith, John Metchie et Jaylen Waddle (qui sera de retour de blessure pour ce match). Et comme si cela ne suffisait pas, #1 Alabama peut également compter sur le vainqueur du trophée Doak Walker (meilleur running back), RB Najee Harris. Une invraisemblable collection de playmakers offensifs capables de renverser n’importe quelle défense.

Les Buckeyes savant que pour garder espoir de renverser les champions de conférence SEC, ils devront imposer une certaine pression sur le backfield offensif adversaire. L’objectif sera double : empêcher QB Mac Jones de distribuer ses passes dans un fauteuil et stopper les envolées au sol de RB Najee Harris. Une performance que la ligne défensive de #3 Ohio State a déjà réussi il y a 10 jours face à #2 Clemson en limitant l’impact de RB Travis Etienne et en jouant dans la tête de QB Trevor Lawrence pendant 60 minutes.

À l’inverse de l’époque Chase Young, la pression défensive des Buckeyes en 2020 vient davantage de l’intérieur que de l’extérieur. Ainsi, DT Tommy Togiai et DT Garrett Haskell, qui restent tous les deux sur une sensationnelle performance face aux Tigers de #2 Clemson, auront un rôle déterminant. Le pass rush des Buckeyes a également de beaux arguments avec la présence de DE Jonathan Cooper, DE Tyreke Smith et du revenant DE Zach Harrison. Ce groupe de defensive linemen sait qu’il devra réussir collectivement le meilleur match de sa saison. Car en face, se dressera face à eux la meilleure ligne offensive du pays incarnée le vainqueur du trophée Outland : LT Alex Leatherwood.

Un rayon d’espoir pour #3 Ohio State : l’absence pour ce match du meilleur joueur de centre de la saison, C London Dickinson.

L’impact de RB Trey Sermon

Transféré d’Oklahoma au cours de l’intersaison 2020, RB Trey Sermon est arrivé à #3 Ohio State avec de grandes ambitions : se joindre à une équipe capable de gagner le titre national et faire monter sa cote en vue de la draft NFL. Et ses débuts n’ont pas été à la hauteur… jusqu’à un match sensationnel réussi face à Northwestern lors du Big Ten Championship Game. Ce jour-là, il a accumulé 331 yards pour 2 TD en 29 portés de ballon. Deux semaines plus tard, il va remettre ça face à l’une des meilleures défenses du pays, celle de #2 Clemson en gagnant 193 yards au sol pour 1 TD.

Son éclosion a été l’un des éléments-clé de cette fin de saison réussie des Buckeyes. À force de répétition à l’entrainement, il a su développer un étonnant synchronisme à sa ligne offensive. Le résultat est spectaculaire : toujours très patient, il sait s’engoufrer dans les failles créées par les guards et les tackles au moment opportun et sa capacité à gagner de nombreux yards après le premier contact en fait un joueur ultra-précieux.

Le rôle des linebackers du Crimson Tide sera ainsi primordial. Or, LB Dylan Moses, LB Christian Harris, LB Christopher Allen et LB Joshua McMillian n’a pas toujours brillé par leur constance au cours de cette saison 2020. Une contre-performance de leur part pourrait s’avérer catastrophique pour #1 Alabama.

CB Shaun Wade face à WR DeVonta Smith

Parfois critiqué en 2020 en raison de performances inconstantes durant la saison régulière, le junior CB Shaun Wade semble avoir retrouvé depuis deux matchs son appétit et son niveau de jeu. En demi-finale face à #2 Clemson, il a été l’un des éléments majeurs de l’excellente prestation défensive des Buckeyes lors de leur large victoire 49-28. Le coaching staff a mis un place des systèmes qui lui permette de se retrouver sur son île, en défense man-to-man; une situation où il exprime le mieux son plein potentiel.

Face à #1 Alabama, il aura le rôle essentiel de ralentir le meilleur receveur du pays et vainqueur du trophée Heisman 2020 : WR DeVonta Smith. Ces deux prospects NFL se retrouveront probablement les dimanches après-midi dans quelques mois mais leur premier affrontement direct aura lieu lors de ce National Champioship Game. Le cornerback des Buckeyes a déjà déclaré son impatience de se confronter au meilleur joueur de la saison. L’impact de WR DeVonta Smith est tel sur le jeu offensif de son équipe que si CB Shaun Wade réussissait à le relantir voire à prendre l’ascendant sur son adversaire, l’attaque du Crimson Tide pourrait quelque peu dérailler et donner de meilleures chances de victoire à #3 Ohio State.

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National Championship

[National Championship 2021] Le face-à-face par poste

A quelques heures du choc entre #1 Alabama et #3 Ohio State à l’occasion du CFP National Championship Game 2021, tour d’horizon des forces en présence à chaque poste.

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Ce lundi, Miami sera le théâtre de la septième finale des playoffs de College Football. Un rendez-vous entre deux places fortes de première division universitaire (dix participations à eux deux) qui s’affrontent, paradoxalement, pour la toute première fois à ce stade de la compétition.

Outsider contre Clemson, lors du Sugar Bowl, Ohio State peut-il de nouveau mettre à mal le favori Alabama ? Dans quels secteurs sont-ils le plus susceptible de le faire ? Tour d’horizon, avec les face-à-faces sur chaque position.

Quarterbacks

Alabama : Moins flashy que Tua Tagovailoa, mais tout aussi rassurant. Troisième du vote pour le trophée Heisman 2020, QB Mac Jones a semblé monter en puissance tout au long de la saison pour conserver les standards aériens de l’attaque du Tide. Certes bien entouré mais rapidement privé d’un de ses playmakers, avec Jaylen Waddle, le junior a compilé 4 036 yards, 36 touchdowns et 4 petites interceptions en affrontant Notre Dame et les défenses de la conférence SEC. Capable de se montrer serein dans la poche, il termine avec un taux de précision à 77% qui pourrait se révéler précieux dans les moments clutches.

Ohio State : Est-il encore utile de présenter QB Justin Fields ? Concurrent annoncé de Trevor Lawrence dans l’optique du premier choix de la prochaine draft, le Buckeye a paradoxalement soufflé le chaud et le froid dans cette saison raccourcie d’Ohio State. Ses stats sont plus qu’honorables, avec 1 906 yards, 21 touchdowns et 6 interceptions, le tout agrémenté de 316 yards et 5 passages dans l’en-but par le biais du sol. Mais quel visage de Justin Fields verra-t-on du côté de Miami ? Celui inquiétant contre Indiana et Northwestern, avec 5 picks enregistrés sur ces deux seules sorties ? Ou celui détonnant et impitoyable au moment de punir la naïveté défensive de Clemson ? Sa mobilité sera en tout cas un atout de taille contre une défense loin d’être parfaite cette année à Tuscaloosa …

Avantage : Alabama. L’expérience pour Justin Fields, la constance pour Mac Jones. C’est sans doute l’un des duels à distance les plus indécis de cette preview, mais au vu de sa saison 2020, le quarterback du Tide part avec un léger ascendant qu’il lui faudra confirmer au Hard Rock Stadium.

QB Mac Jones, Alabama – Crédit photo : Kevin C. Cox, Getty Images

Running backs

Alabama : En annonçant son retour à Alabama en 2020, RB Najee Harris avait pris pour beaucoup un risque inconsidéré. Un an plus tard, le Tide s’en frotte les mains. Car non content d’être inarrêtable, de par sa puissance et son incroyable polyvalence, le senior a souvent été le débloqueur de situation, à l’image de ses cinq touchdowns récents contre Florida, en finale SEC, et affiche des statistiques plus délirantes qu’en 2019 (1 733 yards et 27 TD cumulés) … avec moins de matches joués. Son saut spectaculaire au-dessus de Nick McCloud, au Rose Bowl, a rappelé qu’il était plus qu’une force brute, à savoir une menace imprévisible qu’il sera compliqué de stopper sur l’ensemble d’une rencontre.

Ohio State : Si, à ‘Bama, un colosse se présente au sein du backfield offensif, Ohio State pourrait se présenter en Floride avec un monstre à deux têtes. Attendu comme le successeur de JK Dobbins, le redshirt sophomore RB Master Teague a sorti les Buckeyes de mauvais pas comme lors de sa belle sortie (169 yards, 2 TD) contre Indiana. Reste à savoir s’il sera en mesure de participer à cette rencontre, lui qui est sorti sur blessure contre Northwestern et qui avait été privé du Sugar Bowl, contre Clemson. Son absence a en tout cas permis à son partenaire RB Trey Sermon de franchir un pallier. Coureur émérite mais fragile, arrivé d’Oklahoma, pendant l’intersaison, le numéro 8 a tout simplement pulvérisé la concurrence sur les trois derniers matches de la saison, affichant 636 yards et 4 touchdowns sur cette période, dont plus de la moitié face à Northwestern, en finale Big Ten, effaçant des tablettes des ténors de la position, comme Eddie George. S’il poursuit sur sa lancée, Ohio State a toutes les chances d’inscrire de nouveau son nom au palmarès de la finale nationale.

Avantage : Alabama. Trey Sermon a un tout autre niveau depuis un mois, mais compliqué de ne pas pencher vers Najee Harris de par l’impact et l’aisance du bonhomme.

WR Garrett Wilson, Ohio State – Crédit photo : Mike Mulholland, mLive

Receveurs / Tight ends

Alabama : Jerry Jeudy et Henry Ruggs en NFL, Jaylen Waddle rapidement out saison. Cette situation avait de quoi interroger sur le potentiel du Tide à rebondir au sein de l’escouade de receveurs. Résultat : un titre de Heisman Trophy, le premier depuis 29 ans pour un receveur, décerné à WR DeVonta Smith (1 641 yards, 20 TD), tout simplement éblouissant sur l’ensemble des sorties de sa franchise. Longtemps considéré comme une menace essentiellement profonde, le junior a étoffé son jeu, faisant usage de sa vitesse, de ses tracés et de ses très bonnes mains pour faire frapper le tonnerre. A ses côtés, le canadien WR John Metchie a aussi pris ses responsabilités avec l’absence prématurée de Waddle. Avec 835 yards et 6 touchdowns, il semble le go-to-guy annoncé pour la saison prochaine. WR Slade Bolden (254 yards) et TE Miller Forristall (253 yards, TD) sont aussi pas mal incorporés dans le jeu aérien, mais laisse de plus en plus de places au bluffant TE Jahleel Billingsley (260 yards, 3 TD), tight end d’une folle mobilité et qu’on a déjà vu … comme retourneur.

Ohio State : C’est habituellement le point fort au sein des équipes de Ryan Day. Grâce à d’imposantes classes de recrutement, les Buckeyes savent s’appuyer sur des receveurs d’impact, à même de prendre la suite de profils comme Michael Thomas ou Terry McLaurin. Le junior WR Chris Olave est la nouvelle pépite sur la position. En forme, celui qui a catché le plus de ballons à Colombus, en 2020, est un cauchemar à couvrir, ayant obtenu 660 yards et 7 touchdowns sur une campagne raccourcie et sans avoir joué la finale de conférence. Principalement receveur de possession, il compose avec l’explosif WR Garrett Wilson (673 yards, 5 touchdowns) une doublette complémentaire et redoutable. Derrière, pourtant, les solutions sont moins nombreuses qu’en 2019. Elles existent tout de même, au vu des récentes intégrations de WR Jameson Williams (140 yards, 2 TD) et des tight ends TE Jeremy Ruckert (115 yards, 5 TD) et TE Luke Farrell (37 yards, TD). Les deux true freshmen WR Julian Fleming et WR Jaxson Smith-Njigba (103 yards et un TD à eux deux) pourraient bien sûr être amenés à sortir du chapeau, si besoin.

Avantage : Alabama. Que de cas de conscience sur ces positions offensives. Ohio State a du réservoir, mais tout cela apparait bien dilué par rapport à la force de frappe du nouveau Heisman Trophy et de ses partenaires.

LT Alex Leatherwood, Alabama – Crédit photo : John Bazemore, AP

Ligne offensive

Alabama : Forte de l’incroyable campagne offensive d’Alabama, la O-Line a forcément reçu tous les honneurs en cette fin de saison. Reconnue meilleure ligne offensive du pays (Joe Moore Award), avec le meilleur tackle (LT Alex Leatherwood) et le meilleur lineman intérieur (C Landon Dickerson) de l’année, le quintet se présente avec de grosses assurances et une agressivité capable de faire mouche sur le pass pro, mais aussi en phase active sur le run block. Si Dickerson devrait manquer le rendez-vous final de la saison, la rotation du poste (LG Deonte BrownOL Chris OwensRG Emil EkyiorOL Pierce QuickRT Evan Neal) ne seront pas de trop pour ouvrir encore la voie royale. 

Ohio State : Contre Clemson, elle a démontré qu’elle était un facteur de poids pour faire des différences. Malgré la récente  blessure de LG Harry Miller sur l’intérieur, la ligne offensive d’Ohio State est collectivement appliquée et une vraie machine en ce qui concerne le run block. Derrière le « vétéran » LT Thayer Munford et les prospects intrigants RG Wyatt Davis et C Josh Myers, Justin Fields a de quoi composer pour disséquer à la passe ou au sol ses adversaires.

Avantage : Alabama. La force de dissuasion est indéniable pour Ohio State, mais le Crimson Tide présente peut-être plus de certitude sur le pass pro, avec 17 sacks concédés en 12 matches.

DE Zach Harrison, Ohio State – Crédit photo : Rich Graessle / Icon Sportswire via Getty Images

Ligne défensive

Alabama : Dans le système 3-4 du coordinateur Pete Golding, le rôle de la ligne défensive est très souvent prépondérant. Ce n’est pas un hasard si le Tide a sorti bon nombre de joueurs d’impact sur la position, comme par exemple Jarran Reed, Jonathan Allen, Da’Ron Payne ou Quinnen Williams. Cette année, peu de têtes dépassent, mais la rotation est tout bonnement ébouriffante. Le leader de ce groupe est, sans contest, le junior DE Christian Barmore, auteur de 7 sacks cette saison et meilleur plaqueur du premier rideau. Il compose avec NT DJ Dale (21 plaquages) et DE Philadarian Mathis (31 plaquages) un trio massif, qui peut souffler quand DE Justin EboigbeDE Byron YoungDE LaBryan Ray et le true freshman NT Tim Smith (70 plaquages à eux quatre) peuvent entrer.

Ohio State : Difficile de sortir chaque année des Nick Bosa ou Chase Young, et cette saison, le talent sera avant tout collectif sur ce premier rempart de la défense de Colombus. Très présent sur le run stop, DT Tommy Togiai et DT Haskell Garrett (45 plaquages et 6 sacks et demi cumulés) font de l’intérieur une base solide, mais quid des edge rushers ? DE Jonathon Cooper (3 sacks et demi) s’est montré décisif contre Clemson mais doit augmenter son volume de jeu, tout en espérant le retour du jeune DE Zach Harrison, en compétition avec DE Tyreke Smith, et annoncé comme la future vedette de la position (2 sacks cette année).

Avantage : Alabama. Pas de profils qui crèvent l’écran, mais sans doute plus de possibilité dans l’escarcelle de Nick Saban pour tenter de fatiguer la ligne offensive opposée.

LB Dylan Moses, Alabama – Crédit photo : Daily Mountain

Linebackers

Alabama : Quel visage du côté de Miami ? Epicentre de l’inconstance défensive de ‘Bama cette année, le deuxième rideau sera scruté au moment de devoir stopper Trey Sermon et le jeu au sol des Buckeyes. Il faut dire que si le pass rush est monté en puissance, dans le sillage du duo LB Will AndersonLB Christopher Allen (13 sacks à eux deux), le run stop a soufflé le chaud et le froid, avec des instincts parfois piégeux pour les durs à cuire LB Christian Harris et LB Dylan Moses. Leur binôme est en tout cas complémentaire, au point de n’avoir laissé que des miettes à LB Jaylen Moody et LB Joshua McMillon.

Ohio State : Pas toujours épargné par les blessures, ce secteur de jeu a semblé sur courant alternatif en 2020, mais a à sa disposition un groupe plutôt polyvalent. LB Tuf Borland et LB Baron Browning (58 plaquages cumulés) pour contrer la course et le duo LB Pete WernerLB Justin Hilliard pour tenter de dissuader le jeu aérien et optimiser les erreurs adverses (2 fumbles forcés, 3 recouverts et une interception comme bilan). Sans être flashy, ce groupe est motivé comme jamais, à l’issue de sa campagne senior, face à un défi de la hauteur de Najee Harris. Ohio State a d’ailleurs été la deuxième meilleure formation du pays sur le run stop cette saison, avec 89 yards concédés par match. Dans une conférence Big Ten souvent armée dans ce secteur.

Avantage : Ohio State. Les caractéristiques ne sont pas les mêmes de chaque côté, mais sur l’aspect purement run stop et sur l’expérience, les Buckeyes ont des arguments à faire valoir.

CB Devyn Banks, Ohio State – Crédit photo : The Lantern

Defensive backs

Alabama : La reconstruction du backfield défensif n’a pas pris beaucoup de temps. Avec le meilleur cornerback annoncé de la prochaine draft (CB Patrick Surtain II), l’un des défensive backs les plus agressifs au plaquage (CB Josh Jobe) et une doublette de safeties capables de soutenir rapidement dans la boite (FS Major WrightSS Jordan Battle), le Tide conserve un dernier rideau intimidant bien que moins opportuniste contre la passe qu’à l’accoutumée. Un état de fait que certaines jeunes perles tendent de contredire, avec l’éclosion successive de DB DeMarcco HellamsDB Malachi Moore et DB Brian Branch (13 passes défendues à eux trois). A n’en pas douter, les solutions seront multiples pour tenter de mettre à mal un Justin Fields plus qu’inspiré dans le jeu profond, en demi-finales.

Ohio State : A l’inverse d’Alabama, la profondeur n’est pas le maître-mot sur un secteur qui a perdu Jeffrey Okudah et Jordan Fuller l’an passé. Le nouveau coordinateur défensif Kerry Coombs a tout de même ses hommes de confiance, avec un duo de cornerbacks CB Shaun WadeCB Sevyn Banks (9 passes défendues, 2 interceptions dont un Pick-6) pas toujours rassurant mais qui plie sans rompre. Plein centre, SS Josh Proctor est le box safety attitré et laisse plus de liberté à DB Marcus Williamson, un coup free safety un coup nickelback selon les besoins de ses coaches. Ce quatuor, susceptible d’être appuyé par DB Marcus Hooker si nécessaire, a fait taire les critiques lors de prestations défensives abouties contre Northwestern et Clemson. Alabama est donc prévenu.

Avantage : Alabama. Physique, rapide, profonde. Cette escouade a une longueur d’avance sur une formation des Buckeyes en mission mais toujours en période de transmission.

K Will Reichard, Alabama – Crédit photo : Crimson Tide Photos / UA Athletics

Équipes spéciales

Alabama : C’est l’un des plus d’Alabama cette année : l’atout du jeu au pied, surtout sur le poste de kicker. En alternance l’an passé, K Will Reichard est devenu le titulaire indiscutable cette année, et n’a pas manqué une seule tentative (13/13 sur field goal, 77/77 sur extra-point). Le gagne-terrain a été correct, avec une moyenne de 37 yards glané par P Charlie Scott et S Sam Johnson. On retiendra aussi les nombreuses possibilités qu’incarnent PR DeVonta SmithPR Slade Bolden et KR Jahleel Billingsley sur les phases de retour, avec un touchdown au compteur pour le nouvel Heisman Trophy.

Ohio State : Absent tout au long du mois de novembre, K Blake Haubeil a repris place comme botteur en chef de l’équipe et affiche un pourcentage excellent sur extra-point (24/24) et mais reste en manque de réglages sur field goal (5/7). Ce n’est pas le cas de son coéquipier P Drue Chrisman (45,5 yards de moyenne), considéré comme l’un des meilleurs à son poste et qui revient au moment opportun, après avoir été positif à la Covid. Sur retour de coup de pied, PR Garrett Wilson et le couteau-suisse KR Demario McCall sont des mobylettes qui n’ont pas encore trouvé l’en-but sur équipes spéciales cette saison.

Avantage : Alabama. Autant de playmakers sur retours, mais un avantage indéniable sur le poste de kicker, tant Reichard a semblé propre cette année. C’était encore difficilement envisageable il y a peu, mais dans les moments chauds, c’est bien le botteur du Tide qui a les meilleurs arguments.

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