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Verchain Is #NotImpressed

Verchain is #NotImpressed 2013 – Week 10

Quand Verchain a des choses à dire, il les dit. Peu importe. Quelle que soit la réaction du public, Verchain is #NotImpressed.

#NotImpressed

Quand Verchain a des choses à dire, il les dit. Peu importe. Quelle que soit la réaction du public, Verchain is #NotImpressed.

Vraiment pas de quoi s’enthousiasmer ou se mettre franchement en colère cette semaine. Les classements BCS sont plus à même de me faire pleurer de rire que de m’énerver bien comme il faut… Alors, j’ai pensé à vous, en attendant LE match de l’année dans la Pac12, ce jeudi, en vous proposant la traduction d’un article d’Austin Murphy, publié par Sports Illustrated, qui revient sur la rivalité entre les deux facs qui dominent actuellement la Pac12 North.

Il est des choses qu’on ne peut pas précipiter. Avant qu’un pivot universitaire ne devienne un joueur dominant, comme l’a expliqué le regretté coach de basketball de North Carolina State Jim Valvano, il doit passer par ‘une longue période de gestation, comme un éléphant ou une baleine’.

Jimmy V dirait probablement la même chose d’une rivalité solide en football universitaire, ce qui explique pourquoi il y a comme un petit manque, comme un déficit de toxicité dans l’air, qui entoure le match de l’année dans la Pac12 : #2 Oregon (8-0) contre une équipe de Stanford (7-1) classée #5 à Palo Alto ce jeudi 7 novembre.

Pour la première des 76 rencontres entre ces équipes, Oregon n’a pas pris l’avion pour la Bay Area, pas pour limiter ses dépenses mais parce qu’elle a eu lieu trois ans avant que les frères Wright ne deviennent les pionniers du transport aérien. Malgré tout, ce n’est qu’au cours des dernières saisons que Ducks-Cardinal est devenu un match significatif hors du fuseau horaire Pacifique. Il y a deux ans, le coureur LaMichael James a explosé au cours de la victoire surprise d’Oregon 53-30, boutant Stanford hors de la course au titre national. La saison dernière, les Ducks étaient sur une trajectoire qui devait les mener au BCS Championship avant que Stanford ne les surprenne en prolongation 17-14. (Et nous avons donc eu droit à Alabama – Notre Dame à la place. Merci, Cardinal !)

Même si l’enjeu a grandi, l’animosité entre les équipes et leurs bases de fans doit encore trouver son point d’étincelle. 23 ans se sont écoulés depuis que le Leland Stanford Junior Marching Band a offensé les Oregoniens en montant une provocation autour de l’industrie du bois et la chouette locale. (la formation du Band ce jour représentait une tronçonneuse). La tiédeur entre fans tient peut-être au fait que chaque groupe met déjà son énergie dans les rivalités premières – Cal pour le Cardinal, Oregon State pour les Ducks. Plus certainement, les étudiants de chaque université sont en train d’apprendre à détester l’autre. Prenons une grande respiration et soyons patients.

Hormis la haine, ce match aura tout. L’attaque d’Oregon, classée numéro 2 et menée par le quarterback Marcus Mariota, contre le linebacker Shane Skov et la défense classée 25ème de Stanford. C’est un match pour la finale de la Pac 12, et le dernier épisode en date dans le transfert du pouvoir dans la conférence depuis Los Angeles. C’est aussi un clash de styles, entre le classique rouge et blanc du Cardinal et le design de l’espace, quel qu’il soit, qui habillera les Ducks, et les philosophies qui se reflètent dans les uniformes : le power game de l’ancienne école de Stanford et l’attaque accélérée, la Blur offense d’Oregon. C’est aussi l’affrontement de deux anciens coordinateurs offensifs qui ont pris la suite de leurs patrons plus exhubérants et qui sont maintenant en NFL : Mark Helfrich pour Oregon qui a poussé la Quack Attack encore plus prestissimo que ce qu’elle était sous Chip Kelly, et David Shaw de Stanford qui continue de broyer les adversaires, à la Harbaugh, avec un problème de riche pour ce qui est de la profondeur de la ligne offensive, mais sans Andrew Luck.

Les Ducks ont gagné douze matchs au cours de chacune des trois dernières saisons : le Cardinal 12, 11 et 12. Les Ducks sont allés à 4 bowls BCS de suite, le Cardinal, trois. L’ascension des deux équipes dans l’aristocratie du college football est (relativement) récente – et rendue possible par un duo de papas gateau. Appelons ce match le Nouveau Riche Bowl. John Arrillaga (fortune nette : 1,8 milliards de dollars), qui a joué au basket à Stanford dans les années 50, a développé les programmes immobiliers de ce qui est aujourd’hui connu comme la Silicon Valley, a donné un total de 251 millions à son ancienne fac, où six bâtiments portent son nom. Le shogun de Nike Phil Knight (fortune nette : 16,3 milliards) n’a pas apposé son nom sur les bâtiments à Eugene mais il s’est montré encore plus généreux, donnant au moins 300 millions.

Knight est peut-être la principale chose que les deux programmes ont en commun. En 1961 et 1962, après avoir pratiqué l’athlétisme à Oregon mais avant de fonder Nike, Knight a fréquenté la Stanford Graduate School of Business, à laquelle il a donné 105 millions. Il a suivi des cours exceptionnels et assisté à de mauvais matchs de football – quoique pas aussi mauvais qu’ils le sont dans sa mémoire. “Pendant mes deux années à Palo Alto, l’équipe a gagné deux matchs”, s’est souvenu Knight dans un email à SI. (Arrillaga, quoique moins riche, est plus difficile à joindre. Une demande d’interview n’a entraîné comme réponse d’un porte parole de Stanford : ‘aucune chance’). Le Cardinal a en fait remporté quatre matchs en 61, et cinq de plus en 62. Sans doute Knight est-il resté traumatisé par le record de 0-10 de Stanford en 1960, la dernière saison sans victoire de l’équipe.

Les années 60, bien sûr, étaient l’époque de la longue aube du football de Californie du Sud. Les Trojans, les Bruins. Les San Gabriel Mountains s’élevant derrière le Rose Bowl, les arches typiques du Los Angeles Coliseum. On allait à Palo Alto pour un diplôme en business, et à Eugene pour tester ses bottes de pluie.

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Au premier regard en ce samedi matin baigné de soleil à Palo Alto, vous pourriez penser que Glenn Witherspoon n’est qu’un de ces diplômés typiques de Stanford aimant siroter du chardonnay au cours d’un tailgating avec ses amis anciens élèves quelques heures avant le coup d’envoi. Et vous vous tromperiez. Ce n’est pas du chardonnay dans son verre, mais du sauvignon blanc St Supéry cuvée réservée. A part ça, ouais, avec son accoutrement et ses fraises à la crème fraiche, il est en effet en plein dans le portrait robot.

Deux heures avant la victoire, dans les règles de l’art, 24-10 contre UCLA le 19 octobre, Witherspoon nous a expliqué la provenance de la photographie de deux pieds sur trois suspendue au chêne et qui lui donnait un peu d’ombre. C’est une photo du tableau de marque du LA Coliseum datant du 6 octobre 2007 : USC 23, STAN 24.

“Ce match a été le tournant de l’histoire de notre équipe”, dit-il. “C’était la première année d’Harbaugh. On sortait de notre saison à 1-11. Tavita Pritchard a lancé une passe de touchdown” – pour Mark Bradford, sur une quatrième and goal avec 49 secondes à jouer – “et j’ai pris cette photo dans l’endzone. C’est ce qui a lancé notre programme”.

L’histoire récente du football à Stanford ressemble à un ECG : les pics occasionnels – Jim Plunkett et la défense thunderchicken remportant le titre de la Pac8 en 1970 : Bill Walsh atteignant le 9-3 en 1977 ; un championnat de conférence sous Ty Willingham en 99 – étaient inévitablement suivis de creux prolongés. Jusque récemment. La trajectoire montante lancée par Harbaugh ne montre aucun signe d’applatissement. Shaw, l’ancien receveur du Cardinal qui parle doucement et à l’intensité calme, a remporté 30 des 35 matchs disputés depuis sa promotion et prend ombrage de la question de sa capacité à poursuivre dans la voie du succès ouverte par Harbaugh. Le fait est – mais Shaw ne l’avouera jamais – que c’est déjà fait. Il a gagné plus de matchs en deux saisons et demie qu’Harbaugh en 4.

Qu’est-ce qui l’énerve dans cette question ? “Elle implique que le succès ne peut pas être continu”, déclare Shaw. “Cela suppose que c’est juste trop dur, qu’on ne peut pas continuer à trouver de bons joueurs avec de bonnes notes. Mais ils sont là. Et la plupart d’entre eux sont préparés pour ici. C’est juste un endroit qu’ils n’ont pas encore vu.”

Une fois qu’ils ont visité The Farm (le campus de Stanford), une fois qu’ils sont passés sous ses palmiers et ont senti le baiser du soleil, une fois qu’ils réalisent qu’ils sont parmi leurs pairs – de jeunes adultes doués qui ont des parcours scolaires impressionnants et des notes de tueurs – une Epiphanie se produit. Selon Shaw : “Ils se disent, Wow, c’est chez moi, ici’.

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Hatfield Dowlin Football Performance Center

Mettez les juste dans l’avion, ces recrues. C’est une autre chose que ces programmes ont en commun : la certitude qu’une fois qu’un étudiant-athlète a fait le voyage, vu le campus, rencontré les gens, l’affaire est entendue. Il n’y a pas de problème, les deux facs peuvent se dire la même chose, puisqu’elles ne recrutent pas vraiment dans le même public. Ce n’est pas faire offense aux Ducks que d’affirmer que peu d’entre eux auraient pu être admis à Stanford. C’est vrai pour à peu près n’importe quelle équipe de FBS.

Lorsque la question de la météo vient sur le tapis, le directeur des sports d’Oregon Rob Mullens semble pressé de l’écarter. “Les gens utilisent [la météo] pour influencer négativement nos recrues, mais c’est une fac fantastique. Nous avons une base de fans fantastique et passionnée, une université merveilleuse.”

Les Ducks ont su recruter nationalement, triompher des éléments, en large partie grâce à la devise officieuse du département des sports : Si on construit, Ils viendront. Surplombant Autzen Stadium se trouve la plus récente et la plus ostentatoire d’une longue liste de structures dessinées pour que des adolescents ne trouvent rien d’autre à dire que Wow !

C’est le flambant neuf ‘HD’, le Hatfield Dowlin Football Performance Center d’Oregon et ses 145000 pieds carrés, un monument à l’oppulence de trois bâtiments, avec sa façade de verre noir à la fois sinistre et postmoderne – un peu comme la Blur offense, tenez. Knight minimise l’importance de sa philathropie. “Le secret, ce n’est pas l’argent”. Même avec ses cadeaux, Knight croit qu’Oregon a moins de choses pour travailler que les ‘puissances traditionnelles. Le secret, c’est le management’.

Les casques aux reflets métalliques, les uniformes qui changent tout le temps… tout ça est sans rapport. Le HD, avec le sol de sa salle de musculation en bois de noyer brésilien, son salon de barbier dans le vestiaire, ses bassins cryogéniques à travers lesquels passent les joueurs en sortant des terrains d’entraînement – tout ça n’est qu’une attraction, des trucs qui brillent pour pousser des adolescents très doués de tout le pays à prendre l’avion pour Eugene.

Helfrich, quant à lui, ne cherche pas à minimiser l’importance des infrastructures somptueuses du programme fournies par Nike. Juste comme les petites merveilles surprenantes dans l’Usine de Chocolat de Willy Wonka, il y a un ‘tas de trucs cool’ à voir lors d’une visite de recrutement à Oregon. Comme Wonka, les coaches des Ducks gardent un œil attentif sur les visiteurs qui font la visite. Helfrich affirme : « Nous avons besoin du type qui va savoir profiter de tous ces trucs cool ». Ils veulent Charlie Bucket, pas Augustus Gloop.

Coach Mark Helfrich, Oregon

Debout dans son bureau d’angle au cinquième des six étages du HD, ouvert en août et qui sent encore le neuf – avec ses nuances de cuir Ferrari – Helfrich pointe le doigt vers le sud ouest : « J’ai été élevé à environ deux heures d’ici, à Coos Bay, la ville de Steve Prefontaine. » Les parents d’Helfrich ont fait leurs études à Oregon. Son père, Mike, était un lineman offensif. En grandissant, Helfrich a fait des pélerinages fréquents à Eugene les samedis de match. Il était dans les tribunes d’Autzen en 1982 lorsque les Ducks ont arraché le match nul 13-13 à Notre Dame. « Les fans d’Oregon sont devenus dingues », se souvient-il. Les Ducks ont terminé la saison à 2-8-1, mais tout le monde a compté le match nul comme une victoire non prise en compte dans le record…

A cette époque, l’équipe s’entraînait sur un seul terrain boueux situé de l’autre côté de la rue où se trouve Autzen. Les joueurs devaient traverser quatre voies de circulation pour aller à l’entraînement comme pour en revenir. « La blague de ce temps là, c’était qu’en fonction d’une victoire ou d’une défaite, les voitures ralentiraient ou pas pour laisser les joueurs traverser », dit Helfrich.

Englués dans une bataille digne de Sisyphe contre les éléments, contre des concurrents de la Pac-10 avec de plus gros budgets, de meilleurs athlètes et des infrastructures supérieures, les vaillants Ducks menaient leur combat comme ils pouvaient jusqu’à ce que l’équipe du coach Rich Brooks ne perce sur le devant de la scène en 89, gagnant 8 matchs, y compris l’Independance Bowl, la première victoire d’Oregon dans un bowl en 26 ans.

C’était la première année de Mike Bellotti à Oregon en tant qu’assistant. En 1995, sa première saison comme head coach, il s’est appuyé sur l’équipe qui avait disputé le Rose Bowl 1994 et a mené les Ducks à un record de 9-2 et une place au Cotton Bowl, où ils ont été écrasés par Colorado. Au cours de la petite fête d’après match qui ressemblait à une veillée mortuaire, il a eu une discussion fondamentale avec Phil Knight. « Il a dit ‘De quoi avez-vous besoin pour passer au niveau supérieur ?’ » se souvient Bellotti.

“Un terrain d’entraînement couvert” a répondu Bellotti, qui avait été très profondément contrarié d’avoir du préparer son équipe pour le Bowl du Nouvel An sur un terrain boueux en décembre. Un an après, l’équipe prenait ses marques sur les 117000 pieds carrés du Moshofsky Center. « Cela faisait une énorme différence », affirme Bellotti, « à la fois pour notre préparation et notre capacité à recruter des athlètes doués qui voulaient trouver un endroit pour jouer sans être contrariés toute l’année par la météo ».

En 2003, un nouveau vestiaire à deux pièces, équipé d’Internet – avec des boxes ventilés pour éviter que l’endroit ne sente comme un vestiaire. Opulent au point d’en embarrasser certains (le quarterback Kellen Clemens a confié à SI à l’époque : « des fois, ça fait un peu trop quand même »), ce vestiaire avait l’air spartiate comparé aux vestiaires du HD, avec ses cadenas numériques et les cabines de douche en marbre de Carrare, extrait en Toscane, et, oui, aussi, des boxes ventilés.

Ensuite, il y a eu le Athletic Treatment Center et le Jaqua Academic Center, 37000 pieds carrés, 41.7 millions de dollars, avec son vaste atrium, son café au premier étage chauffé par un feu au gaz ouvert, et la mosaïque en acier gravé d’Albert Einstein, composé de milliers de photos d’athlètes d’Oregon. Parce que la matière première d’un programme est son recrutement, lorsque vous vous basez sur votre faculté à générer l’émerveillement des adolescents, la subtilité et le charme discret ne sont pas vos alliés.

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Chaque révolution architecturale, chaque inauguration, chaque amélioration brillante et lumineuse a généré un nouvelle vague de buzz. Alors que l’équipe de football s’améliorait, le bon sens d’Oregon progressait de concert. En 2001, sous le coup de l’euphorie de la première saison à 10 victoires de l’histoire de la fac, une demi douzaine de donateurs ont rassemblé le quart de million de dollars qui a servi à mettre en place le panneau d’affichage haut de 10 étages représentant le quarterback Joey Harrington au cœur de Times Square. L’idée était de créer du buzz pour le Heisman. Mais cela faisait aussi partie de la stratégie d’Oregon de construire la ‘marque’ hors de la zone Pacifique Northwest. Frustré que personne ne puisse voir les Ducks à la télé dans l’Est, le département des sports a acheté du temps d’antenne sur YES Network, une chaîne sportive régionale possédée par les New York Yankees.

“On était à l’antenne à deux heures du matin”, se souvient Jim Bartko un cadre associé senior du département des sports. « Personne ne regardait en direct, mais les recrues ou leurs parents pouvaient enregistrer le match ». Ils pouvaient voir ce qu’était Oregon, ce dans quoi ils pouvaient s’inscrire. Ils pouvaient voir les tenues d’avant-garde des Ducks. Depuis 1998, l’équipe collaborait avec Nike. Les joueurs s’asseyaient avec les designers de l’entreprise et créaient les uniformes que l’équipe porterait la saison suivante.

“Nous ne sommes pas Alabama ou Texas ou Penn State ou USC”, explique Bartko. « Nous n’avons pas une tradition de victoires qui remonte à plus d’un siècle, les mêmes uniformes depuis des lustres. Nous n’avons pas tout ça. Alors, quelle était notre niche ? Notre niche, c’était d’être innovant. Créons quelque chose de nouveau, chaque année. Changeons tout ! N’ayons même plus de niche. »

L’emphase mise sur la créativité et l’innovation s’accordait bien avec ce qu’il se passait dans les salles de réunion où se préparait l’attaque des Ducks. Pour l’aider à installer une attaque en spread, Bellotti a fait venir Gary Crowton après la saison 2004. Peu après sa prise de fonction, Crowton a répondu ‘oui, bien sur’ à la demande d’un jeune coach brillant de FCS en mission d’étude qui voulait partager le savoir de l’assistant. A cette époque, Chip Kelly était coordinateur offensif à New Hampshire. Lorsque Crowton a abandonné le navire deux saisons plus tard pour prendre le poste de OC à LSU, il a suggéré à Bellotti de s’intéresser à Kelly.

En 2009, Kelly était le coach. En 2010, les Ducks ont perdu d’un petit field goal contre Auburn dans le match pour le titre BCS. C’est vrai, la créativité et l’innovation ont aidé Oregon à triompher de l’éloignement de son campus, et la météo peu clémente qui s’abat par moments sur la région, mais ça aide beaucoup tout de même d’avoir un milliardaire dans votre camp.

Mais ça énerve le peuple d’Oregon quand on associe le succès de la fac uniquement aux largesses de Knight. Ils n’ont pas tort. Comme le dit Helfrich, “Ce ne sont pas les uniformes, ce sont les gars qui sont dans les uniformes.”

C’est un type en particulier. Sans vouloir froisser les autres Ducks, Mariota est la paille qui agite le cocktail d’Oregon. Le sophomore de troisième année est sur un record de 20-1 comme titulaire, et doit encore se faire intercepter cette saison au bout de 225 passes lancées. Alors que les joueurs de UCLA rentraient aux vestiaires à la mi-temps de leur défaite 42-14 contre Oregon, le linebacker Myles Jack s’est tourné vers le coach des Bruins jim Mora pour lui dire “Mec, ce gars sait courir. Il est rapide.”

C’est à Mora qu’on doit cette prédiction, après qu’il se soit plongé dans les vidéos de Mariota : “Il va tout déchirer chez les pros. Il déchire tout en universitaires. Il es spécial.”

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QB Kevin Hogan, Stanford

Leurs visages emplis de terreur, les Bourgeois de Calais se tiennent dans Memorial Court, à côté de l’entrée du Stanford Main Quad. Immortalisés dans le bronze par Auguste Rodin, ils représentent six leaders de la ville française se rendant à leurs exécuteurs Britanniques pour sauver les vies de leurs concitoyens.

Leurs visages emplis de terreur, les membres de l’équipe de Stanford de 2006 ont marché les cinq minutes séparant le Arrillaga Center du stade, où ils allaient rencontrer USC, classée #9, semblant aussi contents d’être là que les Bourgeois de Calais. Ils étaient battus avant même de mettre les pieds sur le terrain. Cette équipe a terminé la saison à 1-11. Tout n’était pas de la faute du coach Walt Harris. L’administration de Stanford avait refusé de payer les assistants à la valeur que commandait le marché. Cela, et le prix de l’immobilier dans la Bay Area, a contraint les coaches à vivre loin du campus. “Certains de nos assistants devaient faire des trajets d’une heure, une heure et demie pour venir et pour rentrer chez eux”, se souvient Bob Bowlsby, le directeur des sports de Stanford de 2006 à 2012, avant qu’il ne devienne le commissioner de la Big 12.

Rien d’étonnant à ce que cinq des asisstants d’Harris aient démissionné après la saison 2005. L’année suivante, Bowlsby a persuadé ses supérieurs de délier les cordons de la bourse pour payer les assistants à la valeur du marché. Plus important peut-être, l’université a acheté un certain nombre de logements – des maisons et des maisons de ville – proches du campus, grâce à un petit coup de main d’Arrillaga et d’autres donateurs. Bowlsby a également négocié plus de préparateurs physiques, une meilleure table de massage et des terrains d’entraînement améliorés – “un tas de petits trucs”, dit-il, qui additionnés ont apporté beaucoup. Mais c’est bien l’immobilier qui a fait la plus forte différence pour les coaches.

Ce dernier samedi à Corvallis, le Cardinal s’en est sorti avec une victoire 20-12 contre #25 Oregon State. Alors que le quarterback Kevin Hogan a semblé un peu chancelant – complétant 8 passes sur 18 pour juste 88 yards – le running back Tyler Gaffney a pris les commandes, courant pour 145 yards et 3 TD. Et la défense a été brillante, sackant le quarterback Sean Mannion huit fois. Après coup, Shaw s’est livré à une critique pointue, affirmant que la performance de samedi à Corvallis “n’était pas suffisamment bonne pour battre Oregon ou même pour rester dans le match contre Oregon.”

Deux nuits plus tôt, le coach se tenait au bord du terrain d’entraînement, le regard tourné vers le nord. “Nos maisons sont juste de l’autre côté du terrain. Je pense qu’il n’y a que deux coaches qui conduisent pour travailler. Deux d’entre eux ont des voiturettes de golf. Tous les autres ont un vélo.”

Aujourd’hui, la plupart de ses assistants “peuvent emmener leurs enfants à l’école à pied avant de venir ici le matin. Ils peuvent rentrer à la maison le midi, rentrer manger le soir à la maison. Au lieu de ‘Je verrai papa dimanche ou jeudi’, les enfants les voient chaque jour. C’est un truc qui change tout.

Même s’ils doivent se déplacer à Palo Alto, Oregon sera favorite. De même, les Ducks étaient favoris par trois TD contre Stanford il y a un an. Ce match était le dernier disputé à Autzen avant que le stade ne subisse son dernier rafraîchissement plein de goût, le projet Zen North, avec deux chutes d’eau construites par l’homme et environ 78000 plantes.

Un élément particulièrement classe du projet est un ensemble de dalles ornant le coin nord ouest du stade; organisé comme une frise chronologique – une dalle pour chaque match disputé à Autzen. Chaque dalle est peinte de la couleur de l’équipe gagnante. Pendant un siècle ou presque, c’est un vrai arc en ciel. Lorsqu’on en arrive aux années 2000, le champ de dalles devient franchement jaune, et encore plus dans la portion représentant les années Kelly. Sur les deux dernières saisons, il n’y a qu’une seule dalle qui n’est pas jaune. Elle est rouge Cardinal.

And In Other College Football News

Pas grand-chose non plus cette semaine… C’est un peu mort, en ce moment, niveau business.

Juste pour la bonne bouche, et pour rigoler encore un peu avec nos amis de la NCAA, mentionnons rapidement alors les dernières nouvelles du front sur les évolutions réglementaires autour du recrutement :

Les grandes lignes sont amusantes :

  • Il sera autorisé de nourrir un total de 4 membres de la famille d’une recrue au cours d’une visite officielle. Avant, on donnait juste à manger aux parents, mais pas aux frères et sœurs éventuellement présents. Super…

  • Les étudiants-athlètes inscrits en cours d’été auront le droit de s’entraîner, avec des durées d’activités bien encadrées. (ça ne concerne pas le recrutement, mais c’est destiné à limiter les infractions des coaches liées à l’entraînement).

  • Interdictions aux membres des staffs de se rendre dans les All Star Games. Génial… C’est pas comme si les recrutements étaient quasiment déjà bouclés lorsque se déroulent ces rencontres…

  • Etablissement d’une ‘trêve hivernale’ dans le recrutement, pour l’an prochain du 16 décembre au 15 janvier. Super, les lycéens n’auront plus de cadeaux de Noël… Oh, pardon, on m’indique dans l’oreillette que c’est interdit…

  • Etablissement d’une ‘trêve estivale’ dans le recrutement, à cheval sur juin et juillet. Pourquoi pas, tiens…

Bien, finalement, cette semaine 10 est à oublier pour nous pauvre hères qui devons écrire sur le football universitaire…

I Got Mail… Ou Pas…

Dans cette section, amis lecteurs, vous pourrez poser toutes les questions que vous voulez. Si vous avez des questions, à l’avenir… Pour cette semaine, on passe au-dessus de tout ça, on reviendra, peut-être… Ou pas…

QB Aaron Rodgers, California et Green Bay Packers (NFL)

Tuzz : Peux tu nous résumer la carrière d’Aaron Rodgers à Cal ?

Né à Chico, en Californie (ça ne s’invente pas, et ça n’a aucun lien avec le fake brésilien à perruque Jackson Five que nous a infligé la chaîne de télé dont le nom commence par Canal et se termine par Plus au tournant des années 2000), le petit Aaron Rodgers a fait son lycée dans sa bonne ville de naissance.

Chico est un bled, et il n’a pas été recruté par un gros programme. Il a donc opté pour ce qu’on appelle un Junior College, dans une petite ville du coin. Le truc s’appelait Butte College. Star du programme pour sa première saison, il est finalement recruté comme c’est possible pour les joueurs de JuCo par l’université de Californie à Berkeley, ‘Cal’, comme on l’appelle ici.

Aaron est resté un Golden Bear pendant deux saisons, 2003 et 2004.

Pour sa première saison, il gagne le poste de titulaire au cinquième match, et débute contre Illinois, apparemment la seule équipe de division 1 qui lui aurait offert une bourse d’études. Aller s’enterrer à Champaign pour un gosse de Californie, on peut concevoir que ce n’est pas le rêve… Au bout d’une saison terminée sur un record de 7-3 lorsqu’il était titulaire, Rodgers a mené Cal à la victoire à l’Insight Bowl contre Virginia Tech, étant nommé MVP du match.

Sur cette saison, il a égalé le record de la fac pour le plus grand nombre de matchs à plus de 300 yards, 5, et a établi le record du plus petit pourcentage de passes interceptées (1,43%).

Stats : 2903 yards à 61.6% à la passe, 19TD, 5 Int.

En 2004, une saison qu’il entame dans la peau du titulaire, les Bears ont remporté 10 matchs. Une seule défaite contre USC, l’équipe classée numéro 1 cette saison là. Cal a été sélectionnée pour le Holiday Bowl, perdu contre Texas Tech.

Sur la saison, il a égalé le record de passes consécutives complétées (26), et a été finaliste pour le Heisman (9° au classement), et All Pac10, plus une mention honorable All American.

Stats : 2566 yards à 66% de complétions. 24 TD. 8 Int.

Tout ça avant que la grosse glissade que nous connaissons tous ne se produise, et qu’il arrive à Green Bay pour devenir le meilleur quarterback du football moderne. Period. Dieu existe.

QB Johnny Manziel, Texas A&M

Axel Bidiville : Je me suis renseigné sur la prochaine Draft de la NFL et j’ai été surpris de voir que Johnny Manziel n’est pas dans le top 5 des joueurs.

Est ce qu’il n’est pas bien classé juste parce qu’il est con ou il y a d’autres raisons?

Le facteur connerie existe quand on se penche sur le cas de Johnny Look At Me, qui ne s’est pas autant calmé qu’on pourrait le penser. Mais il ne suffit pas à expliquer que le joueur puisse se retrouver hors des 5 premiers choix potentiels de draft.

D’abord, Manziel n’est pas un quarterback traditionnel, il n’a pas la taille prototype par exemple, se base plus sur ses facultés d’évitement que sur la bonne lecture du champ de jeu. Manziel manque de puissance athlétique, également, et on peut avoir un doute quant à sa faculté à encaisser de gros hits des défenseurs pros.

Ensuite, pour sortir dans les cinq, il faut ou faire l’objet d’un pari d’un coach, comme ce fut le cas pour Robert Griffin qui n’avait pas non plus le physique typique du quarterback, ou être un véritable prototype à une position où l’offre de joueurs n’est pas abondante (typiquement, tackle offensif gauche ou defensive end spécialisé dans le pass rush).

Manziel aura peut-être un avenir en pros. Ou il se fera manger par les petits cochons en route. Ou il ne réussira pas la transition vers un jeu qui va plus vite… Et puis, investir lourdement sur un type qui peut dégoupiller à tout instant, c’est un risque que les franchises pros ne sont pas capables d’assumer toutes…

Verchain’s Games To Watch This Week

L’équipe de rédaction de The Blue Pennant vous présentera demain les matchs les plus intéressants à suivre cette semaine. Comme je suis un rédacteur prétentieux, je vous donne moi aussi mes matchs à suivre, qui ne sont pas nécessairement ceux qui viendraient à l’esprit des rédacteurs qui ne s’appellent pas Verchain…

Cette semaine, c’est dans la nuit de jeudi à vendredi qu’il faudra être devant son écran.

Oregon Ducks @ Stanford Cardinal
Le match qui va faire ou défaire les rêves de gloire des Seminoles, voire des Buckeyes. Stanford est la mieux classée des équipes comptant une défaite, dans la dernière publication licencieuse qu’on appelle le classement BCS. Et le Cardinal jouera à domicile contre une équipe d’Oregon qui doit gagner ce match pour aller disputer le dernier BCS Championship de l’histoire. Oh, certes, les aspirants au match pour le titre regarderont aussi attentivement la rencontre de samedi entre le Tide et LSU, mais une équipe de ‘Bama avec une seule défaite irait au BcS Championship plutôt que des Seminoles ou des Buckeyes invaincus. No Doubt. Alors, Mark Helfrich joue sur un match la palme de coach de l’année ou presque. Débuter et amener son équipe au gros match à Pasadena ? Voilà de quoi lever des votes, in my book.

Oklahoma Sooners @ Baylor Bears
C’est le match qu’attendent tous les détracteurs des Bears qui affirment que la troupe de l’ami Art Briles n’a battu que des seconds, troisièmes, douzièmes couteaux. C’est un match pour l’histoire, en somme. Souvent, quand Baylor croise la route d’Oklahoma, il est surtout question de faire tomber les Sooners de la place de leader dans la course au titre de la Big XII. Là, le chasseur habituel est le chassé. Sooner Schooner veut se payer un Ours… Ce match est tellement important pour le peuple en vert, plus que les exploits passés de Robert Griffin et compagnie, que la partie de tribunes qui est habituellement couverte d’une bâche pour ne pas voir la misère de la faible fréquentation sera cette fois ouverte au public. Sold out.

Houston Cougars at Central Florida Knights
A-A-C ! A-A-C !
Oui, c’est aussi ridicule que de beugler S-E-C, je trouve. Mais bon… Au moment où un paquet d’yeux seront tournés vers Tuscaloosa (ne serait-ce que pour apercevoir Samantha Ponder pendant GameDay) et quelques autres vers Coral Gables (dont les miens sans doute), il y aura ce match, qui pourrait n’intéresser personne, au fond. L’AAC, tout le monde s’en fout. Vrai. Sauf… Ce match entre deux ex-membres de la C-USA qui se retrouvent dans la Nouvelle Big Least au moment de l’effondrement complet de la conférence, c’est un peu notre revanche, à Nous, le Peuple… Avec deux programmes mineurs qui se retrouvent en position de remporter la plus mineure des conférences majeures… C’est beau comme de l’antique… Et ça n’intéressera personne…

C’est fini pour aujourd’hui, alors…

Après trois années à commenter le football sous toutes ses formes, Verchain a rejoint la rédaction de The Blue Pennant en 2013 pour vous proposer son College Football Report et quelques autres fantaisies, en exclusivité.

2 Commentaires

2 Comments

  1. yacine

    6 novembre 2013 à 14h19

    J’avais lu la VO de l’article de SI, plutôt intéressant d’un point de vue historique. T’as fais du gros boulot pour tout traduire, well done 😉 Je me souviens de ma visite sur le campus y a quelques années, c’était déjà de l’extraordinaire, je me demande vraiment comment ça donne en « live » le Hatfield Dowlin !
    Et comme vous savez : Go Ducks !

  2. Loïc Baruteu

    6 novembre 2013 à 20h22

    Super boulot encore, l’article est très intéressant, j’ai appris pas mal de choses.

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