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Strength of Schedule : Concept & Impact du Covid-19

Comment est calculé l’indice permettant d’évaluer la difficulté du calendrier d’une équipe ? Quel impact a eu la révision des calendriers 2020 en raison de la pandémie de la COVID-19 sur le SOS de chaque équipe ? Étude de cas : la Pac-12.

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Mi-juillet dernier, la direction de la conférence PAC-12 annonçait que la saison aurait bien lieu, mais avec un calendrier modifié. En lieu et place du calendrier normal, ce nouveau planning adapté à la pandémie ne contient que 10 matches (contre 12 initialement), tous intra-conférences.

Instinctivement, on pense tout de suite aux équipes qui vont bénéficier de cette situation : avec cette décision, USC enlève 2 défaites probables de son calendrier (contre Alabama et Notre Dame). De même, Oregon évite les chocs de début de saison contre Ohio State et North Dakota State (FCS). D’autres équipes, comme Arizona State, avaient fait le pari inverse quand ils ont booké leurs matches hors-conférence : en jouant Northern Arizona (FCS), UNLV et BYU (Group of Five), les Sun Devils espéraient probablement engranger 3 victoires en autant de matches.

Cet article vise à répondre aux questions suivantes : dans le cas de la PAC-12, quelles sont les équipes qui ressortent avec un calendrier allégé de cette période de Covid-19 ? A l’inverse, quelles équipes vont être handicapées par la décision prise par les décisionnaires de la conférence ?

L’indice dit de Strength of Schedule (qu’on peut traduire par dureté / difficulté du calendrier), attribue au calendrier de chaque équipe une valeur chiffrée, un ratio qui oscille entre 0 et 1 et qui permet donc de comparer la difficulté des calendriers entre eux. C’est cette méthode, que nous allons d’abord détailler, et qui va ensuite nous servir à répondre à notre problématique.

Concept de base, logique et formule mathématique

L’indice de Strength of Schedule (SOS) est composé de deux inputs. Le premier, abrégé OR pour Opponents Record (Bilan des Adversaires, en français), représente le taux de victoires total sur la saison 2019 des adversaires qu’une équipe a prévu d’affronter en 2020.

La logique derrière est simple : je regarde le calendrier 2020 de mon équipe, je consulte mes adversaires un par un et je vais tenir compte de leurs performances la saison passée pour savoir si le calendrier va être dur à jouer ou pas. Je somme donc l’ensemble des victoires de l’ensemble de mes adversaires puis je le divise par le nombre total de matches qu’ils ont joué sur la période concernée.

Tableau 1 : formule de l’indice Strength of Schedule

Le second input, appelé OOR pour Opponents’ Opponents Record (Bilan des Adversaires de « mes » Adversaires), est légèrement plus tricky. Si, dans ma formule, je tiens uniquement compte de l’OR, cela voudra dire qu’une équipe comme Alabama qui a un record de 10-2 sur la saison régulière 2019 va compter autant qu’Air Force, également à 10-2 en 2019, bien qu’Air Force soit dans une conférence bien plus faible qu’Alabama. On peut facilement accepter le fait qu’une victoire contre une équipe moyenne de SEC « vaut plus » qu’une victoire contre une équipe moyenne de Mountain West. L’OOR est donc là pour corriger les éventuels effets d’échelle qu’il existe entre les conférences.

L’OOR est donc le taux de victoires des adversaires 2019 de mes adversaires 2020. Admettons que je sois California et que j’affronte Stanford (parmi d’autres) en 2020. Je vais prendre en compte le bilan de Stanford en 2019 (à savoir 4-8 soit 0,333 ou 33,3% de victoires) et je vais corriger les éventuels biais en sommant le record de tous ses adversaires en 2019 pour en ressortir un ratio de victoires :

Tableau 2 : calcul de l’OOR individuel de Stanford en tant qu’adversaire

Maintenant que j’ai mon OR et mon OOR, je vais pouvoir les intégrer dans une seule et même formule. Je vais simplement faire la somme des deux inputs en pondérant cependant l’OR à 2 tiers et l’OOR à 1 tiers. Si on accorde une plus grande part à l’OOR, on prend le risque de trop biaiser l’OR qui reste quand même notre input principal. Inversement si on donne une part plus grande à l’OR, l’effet de l’OOR sera négligeable et sa présence dans la formule ne servira à rien. Il n’y a pas nécessairement de bonne réponse, cette répartition deux tiers – un tiers est arbitraire mais s’est relevée cohérente avec la réalité au fil des années.

L’indice SOS est principalement utilisé en NFL où il est beaucoup plus pertinent car moins biaisé par les effets d’échelles qu’on retrouve en college football : les divisions y sont relativement homogènes (enfin, ça dépend des années, cf. la AFC East tout le long des années 2010…). L’indice a également été pendant longtemps un outil parmi d’autres qui servait à identifier les équipes éligibles pour les bowl games de fin de saison ainsi que les deux équipes qui allaient disputer le BCS National Championship game. Le système a été définitivement abandonné au moment de la réforme de 2014 quand le format des playoffs à 4 équipes a été instauré pour la première fois.

Application au cas de la saison 2020 de PAC-12

Le tableau brut qui répertorie les valeurs SOS, OR et OOR avant et après le changement de calendrier est assez barbare. Pas de panique, nous allons le décortiquer ensemble. Pour les plus courageux, le voici :

Tableau 3 : SOS, OR et OOR pre- et post-Covid pour les équipes de la PAC-12 et calcul des écarts nominaux et en pourcentage pour chacune des trois mesures

Ce qui est important de retenir, c’est que les valeurs du SOS varient globalement entre 0,5 et 0,6. Plus le ratio est élevé, plus les adversaires que j’affronte sont statistiquement bons. On peut considérer un calendrier avec un SOS de 0,5 comme un calendrier normal, avec d’extrêmes (que ça soit hauts ou bas) en faible quantité qui se compensent. Prenons par exemple le cas du calendrier pre-Covid de California. On y retrouve seulement deux équipes à plus de 10 victoires en 2019 (Oregon et Utah) et 4 équipes entre 3 et 4 victoires (UNLV, Cal Poly, Stanford et UCLA) qui permettent d’atteindre un niveau de quasi-équilibre.

Tableau 4 : calendrier pre-Covid de California qui répertorie aussi les wins et losses des adversaires et adversaires d’adversaire

Proche du 0,6 avec son 0,573, Washington avait un calendrier plus ardu. On y retrouve également Oregon et Utah qui tire l’indice vers le haut mais également Michigan (9 victoires et un OOR à 0,6) ainsi que Utah State (7 victoires mais un OOR aussi à 0,6 du fait des matches contre LSU – 12 wins, Air Force – 10W, San Diego State – 9W et Boise State – 11W).

Tableau 5 : calendrier pre-Covid de Washington qui répertorie aussi les wins et losses des adversaires et adversaires d’adversaire.

Au bout du compte, on obtient les deux classements suivants :

Tableaux 6 & 7 : tableau ordonné par SOS décroissant des équipes de PAC-12 pre- et post-Covid

La première observation qu’on peut faire, c’est que le SOS des équipes de PAC-12 s’est considérablement homogénéisé : on passe d’un écart entre le premier et le dernier de 0,05 à 0,028, soit presque divisé de moitié. Quand on y pense, c’est logique. Le nouveau calendrier contient 10 matches intra-conférences. Donc chaque équipe affrontera tous ses rivaux de conférence une fois sauf pour une onzième équipe qui reste sur le carreau à chaque fois. Cela signifie que les SOS sont tous interdépendants et que les seuls petits écarts qu’on va retrouver sont liés à des équipes qui vont affronter Utah (11-1 en 2019) plutôt qu’Arizona (4-8) par exemple.

Afin de mieux contextualiser les chiffres, tentons de comprendre ce que représente une hausse standard de 1% du SOS pre- et post-Covid-. Prenons donc UCLA qui est dans ce cas : son SOS est passé de 0,528 à 0,534 soit environ +1%. De l’ancien au nouveau calendrier, les Bruins perdent New Mexico State, Hawaii et San Diego State qui avaient un record moyen de 6,67 victoires pour 5,67 défaites. UCLA récupère un match contre Washington (7-5 l’an dernier.). Le reste du calendrier ne subit pas de changement. Ainsi dans ce cas, une hausse de 1% va s’expliquer par le passage d’un calendrier de 12 matches à un calendrier à 10 matches avec un nouvel adversaire légèrement plus fort en termes de bilan et avec un OOR plus élevé (0,495 pour le trio d’adversaires hors-conférence, 0,566 pour Washington).

Les principaux bénéficiaires de ce nouveau calendrier sont logiquement Oregon, Washington et USC dont on évoquait les gros matches hors-conférences prévus initialement. Par ailleurs, les grands perdants de cette mesure sont California et Washington State. Les Cougars perdent par exemple leurs matches contre Houston (4-8) et Idaho (5-7) et récupèrent un match contre USC (8-4). De même Cal perd UNLV, TCU et Cal Poly qui combinent à eux trois pour seulement 12 victoires (soit un OR très faible de 0,333).

Tableau 8 : Rappel des écarts nominaux et en pourcentage des SOS pre- et post-Covid

On peut finalement résumer la situation avec les deux tableaux suivants qui présentent l’effet du changement de calendrier sur le SOS des équipes de PAC-12 répartis entre Division North & South :

Tableau 9 : Impact de la décision de changement de calendrier relative au Covid-19 sur l’indice de Strength of Schedule des équipes de PAC-12 Division North
Tableau 10 : Impact de la décision de changement de calendrier relative au Covid-19 sur l’indice de Strength of Schedule des équipes de PAC-12 Division South

On comprend donc que la décision de passer à un calendrier full intra-conférence fait logiquement converger la difficulté du calendrier des équipes de la PAC-12. Les équipes qui devaient affronter des adversaires plus costauds que la moyenne de la conférence vont profiter de cette mesure tandis que les programmes qui avaient planifié des matches contre des adversaires faibles auront un calendrier plus dur que prévu. A en juger par le tableau des quartiles, on constate que cette divergence s’effectue un tout petit peu en dessus de la moyenne : le Q4 est en nette baisse tandis que le Q1 et le Q2 augmentent de peu. Le Q3 est identique au millième près.

Tableau 11 : tableau des quartiles de SOS pre- et post-Covid

Bien que les variations de l’indice SOS ne soient pas particulièrement importantes (comprises entre -7% et +7%), elles traduisent pourtant des effets qui peuvent se sentir sur un, deux, voire même trois matches. Quand on sait à quel point la PAC-12 devait être ouverte en 2020, la pandémie a probablement encore plus resserré la compétition pour l’année à venir…

Bonus – Limite du modèle : quid de la distinction FBS – FCS ?

Les plus perspectifs me reprocheront d’avoir mis sous clef l’exemple de Sacramento State et ses 9 victoires au moment où je parlais du calendrier pre-Covid de Washington. Ce que je propose, afin de rendre les indices SOS plus réalistes, c’est d’attribuer une pondération, qui serait différentes selon que l’adversaire soit une équipe de FBS ou de FCS : coefficient de 3 pour la FBS, coefficient de 1 pour la FCS. Pour ainsi dire, une victoire contre une équipe de FBS vaut 3 fois plus que contre une équipe de FCS, bien que ça ne soit pas tout le temps le cas (on peut considérer que les bas-fonds de la FBS sont inférieurs au haut du panier de FCS – si jamais North Dakota State affrontait New Mexico State, quel serait votre pronostic ?).

Tableau 12 : Comparatif des SOS et OR entre calcul pre-Covid initial, calcul pre-Covid FBS/FCS-ajusted et rang des équipes dans les deux cas de figure (ordonné par SOS pre-Covid FBS/FCS-ajusted décroissant)

Dans le cadre du calendrier pre-Covid, les places vont légèrement changer, mais fondamentalement, l’analyse reste la même. Washington, Oregon et USC conserve les calendriers les plus durs. Stanford, Arizona et Washington State gardent leurs places 4, 5 et 6. Les seuls effets un minimum significatifs se trouvent en bas du tableau. Oregon State et California vont grimper de quelques places, Utah va descendre à la dernière. Pour autant, tentons de prendre un peu de recul. Les 6 SOS pre-Covid non-ajustés les plus bas se tiennent tous dans une fourchette « courte » de 0,008 (le 0,532 de Colorado minus le 0,524 de California. Après ajustement il n’y a aucune variation qui excède plus ou moins 2% dans ce package d’équipes, ce qui signifie que les fluctuations en termes de classement sont en fait négligeables… Le seul écart qui excède 2% parmi toutes les équipes, c’est Oregon, du fait de NDSU. Vu que NDSU est une équipe très compétitive probablement même à l’échelle de la FBS, on ne tiendra pas compte de ce biais car il ne fait pas sens.

Bonus – Limite du modèle : Oregon & Utah, ça vaut toujours 10 victoires en 2020 ?

La seconde grosse limite qu’on peut opposer au modèle, c’est le fait que le niveau des équipes peut beaucoup varier d’une année à l’autre du fait de la structure même du sport universitaire. Ainsi, Utah sort d’une saison 2019 probante avec un bilan de 11-1 et une apparition en finale de conférence contre Oregon. Jusqu’à cette finale de conférence, Utah était d’ailleurs classé dans le Top 10 du Ranking AP. Pourtant les analystes sont assez pessimistes pour Utah en 2020 qui enregistre le départ en NFL de 12 cadres dont Zack Moss (RB), Tyler Huntley (QB), Jaylon Johnson (CB)… Comment pourrait-on donc tenir compte de cette éventuelle baisse de performance ?

ESPN a mis au point le (College) Football Power Index (ou FPI), un indice qui cherche, avec le plus de précision possible, à prédire l’issue des matches d’une saison à venir. Le FPI rating de chaque équipe est composé par les prévisions de contribution de chaque unit (offense, defense, special team) en termes de points contre un adversaire FBS moyen.

Les composantes de chacune des units incluent différents critères tels que les performances sur la saison précédente, le nombre de starters de retour pour la saison à venir, la nouvelle classe de recrutement, l’ancienneté du coaching staff, etc. Pour la PAC-12, on obtient le tableau suivant :

Tableau 13 : Classement ordonné décroissant des indices FPI des équipes de PAC-12 pour la saison 2020

On constate qu’Oregon reste l’équipe la plus susceptible de réaliser la meilleure saison 2020 suivi par USC et Utah (qui a donc été dévalué). Washington State et Arizona frôlent avec le 0 tandis que Colorado et Oregon State sont les deux seules équipes à avoir un FPI négatif (ce qui signifie que ce sont les seules équipes dont on attend qu’elles perdent contre une équipe moyenne de FBS). On peut également noter les indices FPI corrects de Washington (2e meilleure classe de recrues de PAC-12 en 2019 et 2020 et arrivée de Jimmy Lake) et de Stanford (respectivement 4e et 3e meilleure classe de recrues PAC-12 en 2019 et 2020 et année senior de son QB ex-prospect 5-étoiles David Mills).

Tableau 14 : Détail étape par étape de l’obtention du SOS post-Covid FPI-ajusted et classement ordonné décroissant par FPI-ajusted SOS des équipes

Afin d’injecter l’indice FPI dans la formule du SOS, on réalise plusieurs opérations arbitraires (qui sont contestables et loin d’être universelles) :

  1. Les écarts de FPI étant très élevés (les valeurs vont de -1,3 à 21,3), on peut appliquer une fonction logarithme afin de les lisser une première fois (ajouter préalablement 3 au FPI permet d’avoir des valeurs uniquement positives et d’appliquer le logarithme à toutes les équipes).
  • Gardons en tête que l’objectif est d’obtenir pour chaque équipe un coefficient déduit du FPI qu’on va appliquer dans la formule du SOS, plus particulièrement dans le calcul de l’OR : si j’affronte Oregon, je vais tenir compte de son OR individuel (à savoir 0,833) mais je veux aussi actualiser cette valeur avec la prévision pour 2020, donc avec le FPI.

Par conséquent, on propose de normaliser toutes les valeurs obtenues via le logarithme en fonction de la valeur la plus élevée, celle d’Oregon. Après cette normalisation, le coefficient d’Oregon vaut 1 (ou 100%) et chaque autre coefficient sera une fraction de ce coefficient : le record d’Oregon vaudra pour 100% de sa valeur avant manipulation.

  • Si on regarde bien, on constate qu’à ce stade, Oregon est à 100% quand Colorado est à 16%, ce qui veut dire que la valeur de Colorado va être dépréciée près de 6 fois par rapport à Oregon. On décide donc que cet écart est encore trop élevé, c’est pourquoi on va appliquer une nouvelle fois la fonction logarithme.

On sait que le logarithme « sort » des valeurs négatives quand X est entre 0 et 1 mais on sait également que la fonction est croissante donc pour conserver notre intervalle de 0 à 1 et l’ordre de nos équipes, on ajoute simplement 1 à la fin (cela permet de garder une valeur de 1 pour Oregon in fine). A la suite de cette dernière manipulation, les écarts se sont résorbés : Colorado est par exemple passé de 16% à 22%, ce qui est déjà plus acceptable.

Tableau 15 : calendrier post-Covid de California qui répertorie aussi les wins et losses des adversaires et adversaires d’adversaire ainsi que les coefficient FPI-induced et détail du calcul du FPI-ajusted SOS

Le tableau ci-dessus expose ensuite la manière dont on va utiliser ces nouveaux coefficients. Le SOS post-Covid initial de California est en case AJ7. Ses OR et OOR associés sont respectivement en case AI9 et AI11. On va uniquement appliquer les coefficients déduits du FPI (en violet) à l’OR sous forme de somme pondérée pour le total de victoires et le total de défaites (AH9 et AH10 – valeurs initiales, AJ9 et AJ10 – valeurs ajustées). De la même manière qu’au début on va donc ensuite pouvoir calculer l’OR ajusté (en cellule AK9) puis le SOS ajusté (AK7) qui va reprendre l’OR ajusté et l’OOR initial (car on n’a pas appliqué le coefficient FPI-induced au OOR).

Ainsi pour le cas de California en post-Covid on passe d’un SOS de 0,548 à 0,563 soit une hausse de 0,015 (3%).

Tableau 16 : Rappel du SOS post-Covid initial et classement ordonné décroissant par SOS post-Covid initial

Plus généralement, en comparant les tableaux 14 et 16, on constate que la manipulation a fait légèrement augmenter les indices SOS, certains plus que d’autres. Utah et Stanford ont désormais un calendrier un plus dur qu’Oregon et UCLA qui trustent les dernières places. Le reste du classement demeure inchangé. On comprend donc que même avec une approche qui se veut réaliste, tenir compte de l’actualisation de la valeur des équipes à travers un indice tel que le FPI proposé par ESPN ne va pas nécessairement changer grand-chose aux conclusions précédemment émises…

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Réalignement et Recrutement : rejoindre le Power Five est-il une bonne affaire ?

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Crédit photo : Scott Sommerdorf

La FBS est en passe de vivre son premier gros realignment de la décennie 2020, après celui du début des années 2010. Le départ de Texas et Oklahoma vers la SEC a logiquement provoqué un effet boule de neige. Outre la pseudo alliance Big Ten – Pac 12 – ACC qui vise à rééquilibrer les rapports de force dans le paysage du College Football, la Big 12 est désormais engagée une course contre-la-montre : amputée de ses deux programmes les plus populaires, elle doit désormais agir pour conserver sa compétitivité sportive et son attractivité auprès des téléspectateurs.

Les rumeurs se sont confirmées vendredi dernier : Cincinnati, UCF, Houston et BYU vont rejoindre la Big 12 dans les prochaines années, soit trois têtes de gondole du Group of Five et une équipe historique indépendante. Au-delà du gain de légitimité indéniable qu’une adhésion au Power 5 représente pour Cincinnati (rétroactivement playoffable ?…) et UCF (rétroactivement champion national ?…), on pourrait instinctivement se dire que cela serait bénéfique pour ces programmes du point de vue du recrutement.

Profitons donc de ce feuilleton qui a animé notre été pour faire un petit retour en arrière et observer quelles ont été les conséquences d’une adhésion à une conférence du Power 5 par le passé, en étudiant la chute de la Big East ainsi que le réalignment de la Mountain West.

Méthodologie

Cette étude porte sur sept programmes : Rutgers, Louisville, Syracuse, Pittsburgh et West Virginia tous issus de la défunte conférence Big East d’une part, et TCU et Utah d’autre part. Après une tentative ratée en AAC, Rutgers et Louisville ont respectivement rejoint la Big Ten et l’ACC. A l’implosion de la Big East, Pittsburgh et Syracuse avaient directement adhéré à l’ACC tandis que West Virginia avait opté pour la Big 12. De son côté, la Mountain West a perdu Utah en 2011 soit trois ans après la saison monumentale qui avait vu les Utes finir 2e de l’AP Poll et battre Alabama au Sugar Bowl, ainsi que TCU un an plus tard, qui avait à ce moment-là enchaîné trois titres de conférence d’affilée (accumulant au passage un bilan de 36 victoires pour 2 défaites).

Chaque année, le site 247Sports attribue aux équipes une note en fonction de leur classe de recrutement. Nous avons donc retenu cette mesure pour les 5 années qui ont précédé et suivi le realignment, ce qui nous donne un large scope de 10 ans, suffisant pour observer quelques tendances intéressantes.

En guise de repère, ayons à l’esprit qu’une note de 240 place généralement le programme dans le top 20 national. 200 serait une moyenne plutôt correcte pour l’ensemble du Power 5. 160 correspondrait à la partie haute du Group of Five. Enfin, une note de 120 correspond au haut du panier de FCS.

De plus, les graphiques plus bas retracent les notes annuelles des différentes équipes (en pointillés). Nous avons également ajouté une moyenne mobile (trait plein) afin de rendre compte de tendances plus durables.

De Rutgers à TCU, une absence de consensus

Le tableau ci-dessus nous permet de constater que les destins diffèrent nettement. La cote auprès des recrues d’équipes comme Louisville, Syracuse, Pittsburgh ou West Virginia varie peu (plus ou moins 5% maximum). A l’inverse, les trois équipes restantes méritent plus d’attention.

Rutgers, présenté sur le graphique ci-dessous, est de loin le grand perdant de cette vague de realignment. L’équipe passe globalement de 203 à 177 points, ce qui la glisser dans le bas de tableau de la FBS.

Bien que sa moyenne post-realignement soit plus élevée, le cas de TCU n’est pas si évident. En effet, on constate sur le graphique suivant que la progression des Horned Frogs démarre en Year -3. Ce nouveau standing se solidifie lors des années qui suivent mais aucun grand bon n’est observé à la suite de l’arrivée en Big 12. D’autres hypothèses peuvent être formulées quant à cette hausse : les trois titres d’affilée de Mountain West auraient par exemple permis à TCU d’ « avoir accès » à de meilleurs prospects au sein du réservoir texan.

Enfin, il en va de même pour Utah. On observe un grand bon entre les années -3 et -2, puis un effet de plateau jusqu’à l’année 2 avant de redescendre jusqu’à 160. Malgré tout, les Utes ont toujours été éligibles pour un Bowl Game entre 2014 et 2019 et constituent un contender régulier dans la division South de la Pac-12.

Conclusion

L’histoire récente nous montre que l’accession au Power 5 n’apporte pas de surplus de crédit aux programmes auprès des prospects. Il semblerait que les équipes « éligibles » à un passage à l’échelon supérieur aient opéré leur transition en amont, comme c’est probablement le cas actuellement à Cincinnati. Attention donc à l’éclatement de la bulle de hype qui entoure les Bearcats : lors de sa première saison en Pac-12, Utah avait fini avec un bilan de 7-5 (avec le bowl game) et 4 défaites sur ses 4 premiers matches de conférence.

Mais une chose est sûre. Grâce à ce futur realignment, les media toujours en quête de grain à moudre et les excités du bulbe qui pullulent sur Reddit auront enfin (encore ?) une réponse à la fameuse question : y a-t-il vraiment un biais entre le Power 5 et le Group of 5 ?…

Annexe : notes de recrutement 247Sports année par année

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Comment regarder les matchs de College Football en France ?

A quelques jours du début de la saison 2021 de College Football, nous vous proposons un tour d’horizon des différentes options que vous avez pour regarder des matchs à partir de la France.

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Note : The Blue Pennant n’a reçu et n’acceptera aucune rémunération pour avoir cité et recommandé un certain nombre de diffuseurs et services en ligne. Ceci n’est pas un article promotionnel mais uniquement un article informatif.

Vous avez été nombreux à nous solliciter via Twitter, Facebook ou par mail afin de connaitre les différentes options pour pouvoir suivre le football américain universitaire en direct ou à la demande.

L’offre TV en France est très limitée, inexistante même depuis que RMC Sport ne diffuse plus de matchs. C’est donc vers le streaming… en anglais qu’il faudra vous tourner. Si vous ne maitrisez pas un minimum la langue de Shakespeare, ça peut être un problème.

Que vous soyez un passionné ou que vous souhaitiez suivre quelques matchs à l’occasion, nous vous proposons de faire un tour d’horizon complet des différentes offres qui vous permettront de faire votre choix en fonction de votre intérêt et de votre budget.

Streaming

ESPN Player

C’est le seul service légal de streaming TV accessible en France. Il vous permet d’accéder aux très nombreux matchs de College Football diffusés par les chaines du groupe ESPN (ESPN, ESPN 2, ESPN 3, ESPN U, ABC) et de ses filiales (SEC Network, ACC Network, Longhorn TV) + Pac-12 Network.

ESPN Player vous permet aussi de regarder l’émission phare College Gameday (tous les samedis à de 15h à 18h en France), les bowls de fin de saison et le College Football Playoff.

Si vous aimez le basket NCAA et la March Madness, cela fait également partie du package. De nombreux documentaires produits par ESPN sont également disponibles à la demande.

Par contre, vous ne verrez pas le meilleur match de la semaine dans la SEC (diffusé sur CBS), ni certains gros matchs de la Big Ten et de la Big 12 (diffusés sur Fox), ni les matchs à domicile de Notre Dame (diffusés sur NBC).

Toutefois, ça reste un incontournable pour tous les fans de College Football.

➡️ https://www.espnplayer.com/

Prix : 79,99 euros par année ou 11,99 euros par mois.

Avantages :

  • Accessible sur ordinateur (Mac, PC), téléphone mobile (iOS, Android). Compatible avec AirPlay et Chromecast.
  • Matchs en live et à la demande.
  • Essai de 7 jours gratuits pour les nouveaux abonnés.
  • Excellente qualité d’image (1080p / 4K).

Inconvénients :

  • Pas d’accès aux matchs diffusés sur CBS (souvent le meilleur match de la semaine dans la SEC).
  • Pas d’accès aux matchs diffusés sur Fox et Fox Sports.
  • Pas d’accès aux matchs diffusés sur NBC (Notre Dame).

Via un VPN

C’est une option qui demande un peu plus d’effort (ça reste simple) mais qui, au final, est peut-être la formule la plus adaptée pour les passionnés !

C’est quoi un VPN ?
Virtual Private Network ou Réseau Privé Local en français. L’idée est très simple : grâce à un logiciel « agent », le but est de créer une connexion permanente, sécurisée et encryptée entre deux ordinateurs distants tel un tunnel. C’est totalement LÉGAL.

Ça sert à quoi ?
Un VPN permet de changer d’adresse IP sur internet puisque votre ordinateur/téléphone/tablet se retrouvera avec l’adresse IP de l’ordinateur sur lequel vous est connectés via le VPN. Cela permet de contourner les restrictions géographiques de certains services proposés sur Internet. Si vous êtes connectés à un serveur américain via un VPN, votre adresse IP sur internet sera localisée aux États-Unis !

Et c’est là tout l’intérêt : accédez à n’importe quel site Internet ou application, sans restrictions géographiques ni censure.

Tous les services américains de TV en ligne restreignent géographiquement leur accès. Seuls les résidents américains peuvent s’y abonner. Or, avec un VPN, vous êtes comme un américain (sur internet, en tout cas). Et hop, vous pouvez désormais y accéder moyennant un abonnement en ligne.

Quel service de VPN choisir ?
Nous vous recommandons très fortement ExpressVPN, le service de VPN le plus fiable au monde (mais pas le moins cher, donc).

➡️ https://www.expressvpn.com/fr

Prix : 99,95 $/année ou 12,95 $/mois.

Avantages :

  • Très simple d’utilisation.
  • Ultra-rapide. Taux de fiabilité de 99,99%. Aucune limitation de bande passante.
  • 160 pays. Grâce à un débit illimité et des changements de serveurs à l’infini, vous pouvez vous connecter où que vous soyez dans le monde.
  • Assistance 24h sur 24.

Il existe d’autres fournisseurs de VPN comme NordVPN, CyberGhost ou Private Internet Access.

Et après, je fais quoi avec mon VPN ?

Une fois votre VPN installé et connecté sur un serveur aux États-Unis, vous êtes comme un américain sur internet : vous pouvez accéder à des services qui sont généralement géobloqués hors des Etats-Unis.

Il vous faut alors vous abonner à un service de streaming TV (OTT). C’est la seconde étape. Nous vous proposons ci-dessous de découvrir les trois meilleurs services selon notre expérience : Fubo TV, Sling TV et Hulu.

Fubo TV

➡️ https://www.fubo.tv/

C’est probablement le service de streaming TV en ligne (OTT) le plus complet pour les passionnés de sport.

Chaines disponibles : ABC, CBS, NBC, Fox, Big Ten Network, CBS Sports, ESPN, ESPN 2, ESPN 3, ESPNU, ESPN News, Fox Sports 1 et 2, NBC Sports, SEC Network, ACC Network, Pac-12 Network, NBA TV, NFL Network, MLB Network, BeIN.

Prix : 64,99$/mois.

Avantages :

  • Accès à toutes les chaines détenant les droits du College Football (pas uniquement ESPN).
  • Pas d’engagement à long terme (possibilité de résilier l’abonnement chaque mois).
  • Pas de restriction imposant une carte de crédit US pour l’abonnement.
  • Prix abordable.
  • Service très stable et excellente qualité d’image (1080p et 4K !).
  • Accessible sur ordinateur (Mac, PC), téléphone mobile (iOS, Android) ou via Apple TV, XBox One, Android TV.

Inconvénients :

  • VPN requis (voir plus haut).
  • Pas accès à Longhorn Network.

Sling TV

➡️ https://www.sling.com/

C’est le service de streaming TV en ligne (OTT) le moins cher mais également complet.

Trois formules disponibles :

  • 35$/mois : Sling TV Orange (comprenant ESPN, ESPN 2, ESPN 3, ACC Network). Pas intéressant par rapport à ESPNPlayer (voir plus haut).
  • 46$/mois : Sling TV Orange (ESPN, ESPN 2, ESPN 3, ACC Network) + Extras Sport  (BeIN, ESPNU, ESPN News, SEC Network, SEC Network +, Longhorn Network Pac-12 Network, NBA TV, NHL Network, Stadium).
  • 61$/mois : Sling TV Orange (ESPN, ESPN 2, ESPN 3) + Sling TV Bleu (Fox, Fox Sports 1 et 2, NBC, NBC Sport Network, NFL Network) + Extras Sport (BeIN, ESPNU, ESPN News, ESPN Goal line, SEC Network, SEC Network +, ACC Network, Longhorn Network, Pac-12 Network, NBA TV, NHL Network, NFL Red Zone, Stadium, Golf).

Avantages :

  • Accès à la quasi-totalité des chaines détenant les droits du College Football (pas uniquement ESPN).
  • Pas d’engagement à long terme (possibilité de résilier l’abonnement chaque mois).
  • Prix abordable.
  • Service très stable et excellente qualité d’image (1080p, 4K ! ).
  • Possibilité de replay via une option CloudDVR.
  • Accessible sur ordinateur (Mac, PC), téléphone mobile (iOS, Android) ou via Apple TV, Roku, XBox One, Android TV.

Inconvénients :

  • VPN requis (voir plus haut).
  • Pas accès à CBS et CBS Sports.
  • Obligation d’acheter des Sling TV Gift Card pour s’abonner (vous pouvez les acheter sur amazon.com sans restriction) car seules les cartes de crédit américaines sont autorisées pour payer l’abonnement sur le site sling.com.

Attention : ne créez pas de compte avant d’avoir votre Sling TV gift card. Une fois votre code de Sling TV gift card reçu, passez par https://www.sling.com/gift, puis « New user, redeem here ». Vous pourrez alors vous abonner en renseignant le code de Sling TV gift card dans le formulaire.

Hulu

➡️ https://www.hulu.com/

Autre service de streaming TV en ligne (OTT). Plus généraliste mais très complet donc plus cher.

Chaines disponibles : ABC, CBS, NBC, Fox, Big Ten Network, CBS Sports, ESPN, ESPN 2, ESPNU, ESPN News, Fox Sports 1, SEC Network, ACC Network. ESPN+ en option.

Prix : 70,99$/mois.

Avantages :

  • Accès à toutes les chaines détenant les droits du College Football (pas uniquement ESPN).
  • Pas d’engagement à long terme (possibilité de résilier l’abonnement chaque mois).
  • Prix abordable.
  • Service très stable et excellente qualité d’image (1080p, 4K ! ).
  • Accessible sur ordinateur (Mac, PC), téléphone mobile (iOS, Android) ou via Apple TV, XBox One, Android TV, Playstation.

Inconvénients :

  • VPN requis (voir plus haut).
  • Pas accès à ESPN 3, Pac-12 Network, Longhorn Network.

Il existe d’autres services identiques à mais attention, YoutubeTV et DirectTVNow bloquent désormais les connections à leur service TV via un VPN !

Nous vous recommandons de toujours tester l’accès à ces services via l’offre gratuite d’une semaine généralement offerte.

À la demande

Vous pouvez également voir de très nombreux matchs sur les sites d’hébergement de videos comme Youtube, Dailymotion, etc… Il suffit de chercher un peu.

La chaine Victors Valiant sur Youtube propose les meilleurs matchs de la semaine en condensé seulement quelques heures après la fin de la rencontre.

➡️ https://www.youtube.com/c/VictorsValiant/videos

Ça existe mais c’est illégal

Évidemment, il est également possible de voir tous les matchs de College Football sur le web sur des sites de streaming illicites donc c’est illégal…

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Dossier

Comprendre les lois NIL avec l’exemple du texte voté au Texas

La boîte de Pandore s’est ouverte dans le monde du sport universitaire avec l’entrée en vigueur des premières lois NIL. Étude de cas : l’État du Texas.

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Le 1er juillet dernier, la boîte de Pandore s’est ouverte dans le monde du sport universitaire avec l’entrée en vigueur des premières lois NIL – Name, Image & Likeness. Ces nouvelles règles passées à l’échelle des Etats constituent un changement de paradigme car il permet (enfin) aux étudiants-athlètes de capitaliser sur leur image et d’être rémunérés pour des prestations de sponsoring.

Les premiers deals ont rapidement été annoncés chez les footballeurs : Bryce Young a par exemple signé un partenariat avec une entreprise de cryptomonnaie et l’entière ligne offensive de Notre Dame est désormais sponsorisée par une chaîne de pizzeria (du génie soit dit en passant). D’autres accords soulèvent par ailleurs des interrogations. C’est le cas de celui de D’Eriq King avec la franchise de NHL des Florida Panthers ou bien de Kayvon Thibodeaux qui va collaborer avec Phil Knight… très proche du programme d’Oregon. Ces news en cascade sont donc l’occasion de se pencher plus en détails sur ce que contiennent ces nouveaux textes de loi.

Pour mieux comprendre le concept de NIL, nous allons étudier le texte voté dans l’Etat du Texas, grand bastion du College Football et immense réservoir de futurs stars universitaires et professionnels. Le texte original est consultable via le lien suivant : https://legiscan.com/TX/text/SB1385/id/2407682. Le long de l’article, nous citerons différents passages du texte puis les commenterons.

“SECTION 1 (3) The United States Congress has failed to act to provide uniform guidance to the states on the matter of intercollegiate athletes receiving compensation in exchange for the use of the athlete’s name, image or likeness”

Les législateurs de l’Etat du Texas prennent note de l’incapacité du Congrès américain à proposer un texte uniforme valable pour l’ensemble du pays. Ces derniers mois, on a donc vu fleurir des lois NIL dans plus d’une quinzaine d’Etats, une tendance loin d’être finie. Cet échec au niveau fédéral est susceptible d’avoir des conséquences dévastatrices : rien ne dit qu’il n’y aura pas des divergences entre les textes des différents Etats. On entre donc dans une logique où l’Etat qui réglemente le plus a perdu car il va donner moins de marge de manœuvre à ses programmes athlétiques que les Etats qui règlemente le moins. Par exemple, si l’Oklahoma décide de plafonner à 10 000 dollars par an les rémunérations des athlètes-étudiants et que le voisin Texas ne met pas en place de plafond, un prospect qui hésite entre la fac de Norman et celle d’Austin sera plus enclin à choisir les Longhorns, pour garantir le plus de revenus. Les Etats, surtout ceux qui souffrent d’un déficit compétitif en football (le Mississippi à l’échelle de la SEC ?…) vont donc être tenté de déréguler.

“(c) (1) (A) An institution to which this section applies may not adopt or enforce a policy, requirement, standard, or limitation that prohibits or otherwise prevents a student athlete participating in an intercollegiate athletic program at the institution from earning compensation for the use of the student athlete’s name, image, or likeness when the student athlete is not engaged in official team activities”

“(e) (1) A student athlete participating in an intercollegiate athletic program at an institution to which this section applies may not be disqualified from eligibility for a scholarship, grant, or similar financial assistance awarded by the institution because the student athlete earns compensation from the use of the student athlete’s name, image, or likeness when the student is not engaged in official team activities”

Grâce à ces deux paragraphes, on comprend que non seulement les rémunérations des étudiants athlètes sont désormais légales, mais que les établissements ne peuvent pas punir ceux-ci dans le cas où ils signent des contrats, notamment en leur enlevant leur scholarship (bourse d’études).

Par contre, on peut s’interroger sur le futur des scholarships. Celles-ci sont contingentées : une équipe ne peut pas offrir de scholarship à tous ces joueurs. Risque-t-on de se retrouver dans une dynamique de recrutement à deux vitesses ? D’un côté, les gros prospects rejoignent l’équipe en tant que walk-on (étudiant non-boursier), car la hype qui les entoure leur permettra de toucher des rémunérations qui dépasseront de loin le montant des scholarships. De l’autre côté, les joueurs moins en vue pourraient bénéficier d’une scholarship sans que le programme ne dépasse ses quotas. Ainsi, les actuels walk-on remplaçants et les third-string players qui quittent généralement de gros programmes pour obtenir du temps de gens et des scholarships ailleurs pourraient être tentés de rester dans les grosses écuries. Par conséquent, cette mesure peut indirectement permettre aux meilleurs programmes de densifier encore plus leur effectif.

“(g) (1) A student athlete participating in an intercollegiate athletic program at an institution to which this section applies shall, before entering into the contract, disclose to the institution, in the manner prescribed by the institution, any proposed contract the student athlete may sign for use of the student athlete’s name, image, or likeness” 

Une université peut choisir d’obliger un athlète-étudiant à l’informer avant de signer un quelconque contrat. L’athlète-étudiant ne peut donc pas agir dans le dos de son université. Ce paragraphe ne fait état que d’un droit à l’information en faveur de l’université. Il n’est pas dit qu’elle soit en mesure de bloquer un accord qui ne lui plairait pas.

“(g) (2) (B) (iv) A student athlete participating in an intercollegiate athletic program at an institution to which this section applies may not enter into contract for the use of the student athlete’s name, image, or likeness if the compensation for the use of the student athlete’s name, image, or likeness is provided in exchange for an endorsement of alcohol, tobacco, products, e-cigarettes or any other type of nicotine delivery device, anabolic steroids, sports betting, casino gambling, a firearm the student athlete cannot legally purchase, or a sexually oriented business”

L’extrait ci-dessus détaille les différents business avec lesquels un joueur ne peut pas traiter. On note par exemple que ceux-ci ne peuvent pas signer de contrat de sponsoring avec des entreprises de paris sportifs.

“(g) (2) (C) A student athlete participating in an intercollegiate athletic program at an institution to which this section applies may not enter into contract for the use of the student athlete’s name, image, or likeness if the duration of the contract extends beyond the student athlete’s participation in the intercollegiate athletic program”

Les contrats signés par les athlètes ne doivent pas dépasser la période durant laquelle ceux-ci jouent avec leur université. Ainsi, si Tate Martell signait un contrat pendant sa saison à UNLV mais décidait de transférer pour la énième fois à la fin de celle-ci, son contrat prendrait théoriquement fin. Par ailleurs, Nike ne peut pas signer le prochain Trevor Lawrence lors de sa saison freshman pour un deal de 10 ans qui s’étalerait sur tout le long de ses années universitaires puis le début de sa carrière pro.

“(g) (4) A student athlete participating in an intercollegiate athletic program at an institution to which this section applies may earn compensation from selling the student athlete’s autograph in a manner that does not otherwise conflict with a provision of this section”

*Johnny Football punchin air rn* Fin de l’aberration, les joueurs ont enfin le droit de vendre des autographes à des fans. Exit donc les Johnny Manziel sous investigation parce qu’ils auraient touché quelques milliers d’euros pour un gribouillis au marqueur sur une feuille.

“(i) An institution to which this section applies shall require a student athlete participating in an intercollegiate athletic program at the institution to attend a financial literacy and life skills workshop at the beginning of the student’s first and third academic years at the institution. The workshop must be at least five hours in duration and include information on financial aid, debt management, time management, budgeting, and academic resources available to the student athlete”

Sans ironie, ce paragraphe est probablement le plus intéressant car il vient confirmer que des jeunes joueurs de 20 ans ne sont pas en mesure de gérer seuls des opérations commerciales et revenus financiers d’envergure : ils ont besoin d’être formés et c’est la responsabilité de l’école. Celle-ci doit dispenser un atelier d’au moins cinq heures qui vise à donner à l’athlète les clefs pour gérer correctement les opportunités qu’il aura relatives à la loi NIL.

“(j) (1) No individual, corporate entity, or other organization may enter any arrangement with a prospective student athlete relating to the prospective student athlete’s name, image, or likeness prior to their enrollment in an institution of higher education”

Le champ d’application de la loi NIL se limite donc aux athlètes universitaires. Des lycéens ne peuvent en théorie pas signer de contrat en lien avec leur image. Ce dernier paragraphe a probablement aussi été pensé comme un garde-fou vis-à-vis des boosters qui pourraient mettre la main à la poche pour recruter des prospects. Phil Knight, patron de Nike et booster d’Oregon, n’a donc pas le droit de signer un partenariat avec un lycéen dans l’optique de le faire jouer par la suite avec les Ducks.

Ce texte novateur vient donc poser les bases d’une nouvelle ère dans le sport universitaire. Grâce à ces rémunérations, les athlètes-étudiants vont pouvoir « secure the bag » plus tôt avec plusieurs conséquences. Ils n’auront plus besoin de passer professionnel coûte que coûte et sacrifier leur santé à long terme ainsi que leurs études pour mettre leur famille à l’abris.

Cette loi vient aussi rééquilibrer le rapport de force entre les institutions et les athlètes et son impact se fera sentir bien au-delà du football. La loi NIL a été un sujet d’actualité dans l’optique des Jeux Olympiques. Aux Etats-Unis, nombre d’athlètes tels que des nageurs (Caeleb Dressel – Florida) ou des gymnastes (Suni Lee – UCLA) n’ont l’occasion de briller qu’une fois tous les quatre ans avec des carrières internationales très courtes. Cette loi offre donc de belles perspectives pour les athlètes-étudiants mais n’est pas non plus sans risque ni limite.

Pour en revenir à D’Eriq King, que serait-il arrivé si, au lieu de signer un deal avec les Florida Panthers, il avait signé avec les Miami Dolphins ? Tout ça pour découvrir que l’an prochain, il choisisse de renoncer à la draft pour signer un contrat d’undrafted free agent avec les Dolphins avec un faible rémunération « joueur » mais un énorme contrat de sponsoring à côté ?… Sortez le popcorn car l’âge de la NIL ne fait que commencer.

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Dossier

La saison 2020 de la SEC vue par Vegas

Les résultats sur le terrain en 2020 ont-ils confirmé les cotes hebdomadaires publiées par les bookmakers ? Étude de cas : la Southeastern Conference.

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Les auditeurs de l’Upset Alert Podcast commencent à avoir l’habitude de nous entendre glisser quelques chiffres à propos des cotes des matches à venir. Bien qu’il soit pratiqué par des étudiants avec le statut amateur (*clin d’œil*), le College Football ne fait pas figure d’exception.

Chaque semaine, ce sont des milliers de personnes qui parcourent des sites tels qu’oddsshark.com ou vegasinsider.com à la recherche des bonnes opérations à réaliser sur les rencontres du weekend. La saison régulière étant terminée, on dispose désormais de nombreuses données sur les oppositions qui ont eu lieu. L’objectif de cet article est donc de croiser les données issues des sites de pari avec les performances sportives des équipes afin d’analyser si des tendances et enseignements intéressants s’en dégagent. 

Lexique : 

En College Football, au-delà de simplement miser sur le vainqueur d’un match, il y a deux autres types de paris qui font fréquemment l’objet de discussions chez les experts des plateaux TV ou dans les podcasts : le spread et l’over/under.

  • Spread : le spread est le handicap qui est attribué au favori. Par exemple, « Alabama (-29) @ LSU » indique qu’Alabama se déplace à LSU et est favori par 29 points. Ainsi, parier sur Bama dans ces conditions signifie qu’on pense que le Crimson Tide va gagner le match avec au moins 29 points d’écart. On dit alors qu’Alabama « couvre » le spread. A l’inverse si l’écart est moindre (moins de 29 points d’écart dans l’exemple, donc) ou si LSU gagne le match, ce sont les Tigers qui couvrent le spread. Le spread peut être faible si les bookmakers anticipent un match serré (Auburn était favori d’1 point en accueillant LSU) ou élevé si à l’inverse ils s’attendent à un massacre (Alabama était favori par 31,5 points contre Kentucky). 
  • Over / Under : l’over/under est un nombre qui correspond au total de points attendus dans le match. « Georgia @ South Carolina : 50 » veut dire qu’on s’attend à ce que 50 points soient marqués au total par les deux équipes, soit l’équivalent d’un score de 25-25. En 2020 pour la FBS, il oscillait généralement entre 40 et 70. 

Méthodologie : 

Cet article rend compte d’un certain nombre d’observations pouvant être faites du spread et de l’over/under pour chaque équipe de la SEC au fur et à mesure de la saison.

Ces deux concepts ont été traités selon deux typologies : match à domicile / à l’extérieur et victoire / défaite. Le fichier Excel source est disponible ici pour les plus curieux. Les observations ne tiennent compte que des matches de saison régulière. En conséquent, la finale de conférence entre Alabama et Florida ainsi que le (les ?) futur match de playoffs d’Alabama ne sont pas retenus.

Il y a donc pour chaque équipe un échantillon de 10 matches à l’exception d’Ole Miss, Texas A&M, Georgia et Vanderbilt, les matches entre les deux premiers et les deux derniers respectivement ayant été définitivement annulés à l’issue de la week 16 pour cause de pandémie. Enfin, j’ai fait le choix de la SEC pour son nombre de matches élevé comparativement à d’autres conférences (un article sur la Pac-12 aurait été moins pertinent…) : 9 à 10 matches par équipe et finalement très peu de rencontres entièrement annulées. 

Alabama, rouleau compresseur

Le programme de Tuscaloosa finit la saison régulière avec un bilan de 10-0. Le score moyen des matches des hommes de Nick Saban est de 50-17 (donc un écart moyen de 33 pts) en leur faveur soit la meilleure attaque et la meilleure défense de la conférence.

Ce qui est encore plus impressionnant, c’est qu’Alabama a couvert le spread 80% de ses matches. Les deux fois où ça n’avait pas été le cas, c’était contre Missouri en match d’ouverture et lors du match fou contre Ole Miss et Lane Kiffin. Encore mieux, Alabama a couvert le spread lors de 100% de ses matches à domicile, malgré l’absence quasi-totale de public. 

Graphique 1 : Alabama & le spread. Les matches sont rangés par ordre chronologique de gauche à droite. La partie basse grise indique les chiffres du spread de chaque match. La partie haute l’écart final du match. On retrouve en vert les matches où Alabama a couvert le spread et en orange les matches où ça n’a pas été le cas.

Arkansas, l’aberration

A l’occasion de la première saison de Sam Pittman en tant que head coach, les Razorbacks ont amélioré leur bilan par rapport à 2019 et ont montré de belles promesses des deux côtés du ballon. Ce bilan aurait pu être encore meilleur si on omet la défaite frustrante contre Auburn et la fin de saison difficile (défaite de 3 pts contre LSU et de 2 pts contre Missouri).

Arkansas a également montré une combativité visible dans les chiffres : les Hogs ont couvert le spread dans 57% de leurs défaites, seule équipe au-dessus de 50% et loin devant les autres (11 équipes en-dessous de 30%. L’équipe est par exemple parvenue à couvrir le spread contre des écuries de haut de tableau Georgia, Auburn et Texas A&M). 

Tableau 1 : Typologie du pourcentage de couverture du spread par équipe selon que le match ait eu lieu à domicile ou à extérieur et se soit soldé par une victoire ou une défaite. Les cases en vert excèdent 65%, celles en rouges sont sous 35%

Tennessee, la contre-performance

Lors de la présaison, les Volunteers étaient en ballotage favorable pour une place dans le Top 25 national, forts d’une fin de saison 2019 réussie : 7 victoires sur les 8 derniers matches, dont une lors du Gator Bowl contre Indiana. Un an plus tôt les Vols finissent 3-7 avec une QB room en chantier et un Jeremy Pruitt qui sent son siège chauffer de plus en plus.

En 2020, Tennessee a le 8e meilleur spread moyen de la conférence (dans le top 7 on retrouve tous les cadors… et Ole Miss, mais on en reparlera). Les Volunteers étaient favoris lors de 3 de leurs 4 premiers matches puis et ont fini outsiders sur 3 de ses 4 derniers matches dont le dernier contre Texas A&M où les Aggies étaient favoris de 14 points… à Knoxville. Cette incapacité à satisfaire le début de hype qui s’est créée autour du programme se ressent dans les stats : 10e pourcentage de victoire (0,300) et 11e meilleur écart moyen (-9) à l’échelle de la conférence.

Tableau 2 : Moyenne par équipe pour les mesures suivantes : spread, over/under, points marqués, points encaissés, écart et total de points. Les équipes sont ordonnés selon leur spread moyen (colonne jaune). La ligne bleue correspond à Tennessee. Les cases vertes montrent que bien que leur spread moyen soit moins bon, Kentucky et Missouri ont un meilleur pourcentage de victoire et Kentucky, Mississippi State et Missouri ont un meilleur écart moyen par match que Tennessee

Ole Miss, roi de l’over

Les Rebels pourraient sûrement se renommer les « artificiers ». Sur l’année écoulée, les matches d’Ole Miss ont en effet produit 81 points en moyenne. L’over/under s’en est ressenti puisque sur les quatre premiers matches de la saison, il est passé de 59,5 à 77,5 pour ne retomber par la suite qu’une fois sous les 70 points, c’était lors du déplacement à Vanderbilt.

Grâce à son attaque électrique et sa défense en mousse, Ole Miss nous a même offert trois matches au-dessus de 100 points, personne n’a fait mieux dans la conférence. Ce qui est intéressant d’observer, c’est que les Rebels ont le 6e meilleur spread moyen, loin du Top 5 mais intercalé entre Auburn et LSU, malgré seulement le 8e meilleur pourcentage de victoire. Cette attaque a donné confiance aux bookmakers qui, par trois fois, ont annoncé un spread inclus dans une courte fourchette de moins de cinq points : @ Arkansas (-1), vs Auburn (3,5) et @ LSU (-1). Si on met de côté le déficit de 24 points contre Alabama, le spread moyen d’Ole Miss passe même à -2, meilleur donc que celui d’Auburn et 5e meilleur de conférence. 

Graphique 2 : pourcentage de matches finissant en over. La colonne foncée tient compte de tous les matches. A titre indicatif, les deux autres colonnes ne comptabilisent respectivement que les matches à l’extérieur et les matches se soldant par une victoire. On constate qu’Ole Miss est la seule équipe pour laquelle le pourcentage est supérieur à 67% dans les trois mesures (carré orange).

Conclusion

Cette analyse des cotes hebdomadaires proposées par les instances de pari de Las Vegas nous permet donc de comprendre comment les attentes des observateurs évoluent selon les performances sportives des équipes. Les bookmakers auront mis plusieurs semaines à s’adapter aux contre-performances de Tennessee. A l’inverse, certaines équipes telles qu’Alabama et Arkansas sont constamment parvenues à déjouer les pronostics. Rares sont les équipes qui suivent une trajectoire linéaire et rationnelle tout le long d’une saison. Une analyse approfondie de l’aspect « pari » permet d’ajouter une grille de lecture supplémentaire à la compréhension du College Football et d’identifier des phénomènes qui seraient passés un peu à la trappe dans les sites d’actualité classique. En cadeau, quelques billes en vrac pour finir : 

  • Vanderbilt a couvert le spread lors de 44% de ses défaites, 2e meilleur chiffre derrière Arkansas. Cela fait écho aux défaites serrées contre Texas A&M, Mississippi State et Kentucky.
  • Tous les matches qu’Auburn a disputé à l’extérieur se sont finis en under, parmi lesquels : @ Alabama (55 pts contre 65 annoncés), @ Ole Miss (63 pts vs 73) et Georgia (33 pts vs 44,5).
  • En quatre matches à domicile, Texas A&M n’a couvert le spread qu’une fois. Assez curieusement, c’était la seule fois de la saison où les Aggies n’étaient pas favoris : face à Florida, favori par 6 points. Le match s’était fini sur un écart de 3 points seulement.
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