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Strength of Schedule : Concept & Impact du Covid-19

Comment est calculé l’indice permettant d’évaluer la difficulté du calendrier d’une équipe ? Quel impact a eu la révision des calendriers 2020 en raison de la pandémie de la COVID-19 sur le SOS de chaque équipe ? Étude de cas : la Pac-12.

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Mi-juillet dernier, la direction de la conférence PAC-12 annonçait que la saison aurait bien lieu, mais avec un calendrier modifié. En lieu et place du calendrier normal, ce nouveau planning adapté à la pandémie ne contient que 10 matches (contre 12 initialement), tous intra-conférences.

Instinctivement, on pense tout de suite aux équipes qui vont bénéficier de cette situation : avec cette décision, USC enlève 2 défaites probables de son calendrier (contre Alabama et Notre Dame). De même, Oregon évite les chocs de début de saison contre Ohio State et North Dakota State (FCS). D’autres équipes, comme Arizona State, avaient fait le pari inverse quand ils ont booké leurs matches hors-conférence : en jouant Northern Arizona (FCS), UNLV et BYU (Group of Five), les Sun Devils espéraient probablement engranger 3 victoires en autant de matches.

Cet article vise à répondre aux questions suivantes : dans le cas de la PAC-12, quelles sont les équipes qui ressortent avec un calendrier allégé de cette période de Covid-19 ? A l’inverse, quelles équipes vont être handicapées par la décision prise par les décisionnaires de la conférence ?

L’indice dit de Strength of Schedule (qu’on peut traduire par dureté / difficulté du calendrier), attribue au calendrier de chaque équipe une valeur chiffrée, un ratio qui oscille entre 0 et 1 et qui permet donc de comparer la difficulté des calendriers entre eux. C’est cette méthode, que nous allons d’abord détailler, et qui va ensuite nous servir à répondre à notre problématique.

Concept de base, logique et formule mathématique

L’indice de Strength of Schedule (SOS) est composé de deux inputs. Le premier, abrégé OR pour Opponents Record (Bilan des Adversaires, en français), représente le taux de victoires total sur la saison 2019 des adversaires qu’une équipe a prévu d’affronter en 2020.

La logique derrière est simple : je regarde le calendrier 2020 de mon équipe, je consulte mes adversaires un par un et je vais tenir compte de leurs performances la saison passée pour savoir si le calendrier va être dur à jouer ou pas. Je somme donc l’ensemble des victoires de l’ensemble de mes adversaires puis je le divise par le nombre total de matches qu’ils ont joué sur la période concernée.

Tableau 1 : formule de l’indice Strength of Schedule

Le second input, appelé OOR pour Opponents’ Opponents Record (Bilan des Adversaires de « mes » Adversaires), est légèrement plus tricky. Si, dans ma formule, je tiens uniquement compte de l’OR, cela voudra dire qu’une équipe comme Alabama qui a un record de 10-2 sur la saison régulière 2019 va compter autant qu’Air Force, également à 10-2 en 2019, bien qu’Air Force soit dans une conférence bien plus faible qu’Alabama. On peut facilement accepter le fait qu’une victoire contre une équipe moyenne de SEC « vaut plus » qu’une victoire contre une équipe moyenne de Mountain West. L’OOR est donc là pour corriger les éventuels effets d’échelle qu’il existe entre les conférences.

L’OOR est donc le taux de victoires des adversaires 2019 de mes adversaires 2020. Admettons que je sois California et que j’affronte Stanford (parmi d’autres) en 2020. Je vais prendre en compte le bilan de Stanford en 2019 (à savoir 4-8 soit 0,333 ou 33,3% de victoires) et je vais corriger les éventuels biais en sommant le record de tous ses adversaires en 2019 pour en ressortir un ratio de victoires :

Tableau 2 : calcul de l’OOR individuel de Stanford en tant qu’adversaire

Maintenant que j’ai mon OR et mon OOR, je vais pouvoir les intégrer dans une seule et même formule. Je vais simplement faire la somme des deux inputs en pondérant cependant l’OR à 2 tiers et l’OOR à 1 tiers. Si on accorde une plus grande part à l’OOR, on prend le risque de trop biaiser l’OR qui reste quand même notre input principal. Inversement si on donne une part plus grande à l’OR, l’effet de l’OOR sera négligeable et sa présence dans la formule ne servira à rien. Il n’y a pas nécessairement de bonne réponse, cette répartition deux tiers – un tiers est arbitraire mais s’est relevée cohérente avec la réalité au fil des années.

L’indice SOS est principalement utilisé en NFL où il est beaucoup plus pertinent car moins biaisé par les effets d’échelles qu’on retrouve en college football : les divisions y sont relativement homogènes (enfin, ça dépend des années, cf. la AFC East tout le long des années 2010…). L’indice a également été pendant longtemps un outil parmi d’autres qui servait à identifier les équipes éligibles pour les bowl games de fin de saison ainsi que les deux équipes qui allaient disputer le BCS National Championship game. Le système a été définitivement abandonné au moment de la réforme de 2014 quand le format des playoffs à 4 équipes a été instauré pour la première fois.

Application au cas de la saison 2020 de PAC-12

Le tableau brut qui répertorie les valeurs SOS, OR et OOR avant et après le changement de calendrier est assez barbare. Pas de panique, nous allons le décortiquer ensemble. Pour les plus courageux, le voici :

Tableau 3 : SOS, OR et OOR pre- et post-Covid pour les équipes de la PAC-12 et calcul des écarts nominaux et en pourcentage pour chacune des trois mesures

Ce qui est important de retenir, c’est que les valeurs du SOS varient globalement entre 0,5 et 0,6. Plus le ratio est élevé, plus les adversaires que j’affronte sont statistiquement bons. On peut considérer un calendrier avec un SOS de 0,5 comme un calendrier normal, avec d’extrêmes (que ça soit hauts ou bas) en faible quantité qui se compensent. Prenons par exemple le cas du calendrier pre-Covid de California. On y retrouve seulement deux équipes à plus de 10 victoires en 2019 (Oregon et Utah) et 4 équipes entre 3 et 4 victoires (UNLV, Cal Poly, Stanford et UCLA) qui permettent d’atteindre un niveau de quasi-équilibre.

Tableau 4 : calendrier pre-Covid de California qui répertorie aussi les wins et losses des adversaires et adversaires d’adversaire

Proche du 0,6 avec son 0,573, Washington avait un calendrier plus ardu. On y retrouve également Oregon et Utah qui tire l’indice vers le haut mais également Michigan (9 victoires et un OOR à 0,6) ainsi que Utah State (7 victoires mais un OOR aussi à 0,6 du fait des matches contre LSU – 12 wins, Air Force – 10W, San Diego State – 9W et Boise State – 11W).

Tableau 5 : calendrier pre-Covid de Washington qui répertorie aussi les wins et losses des adversaires et adversaires d’adversaire.

Au bout du compte, on obtient les deux classements suivants :

Tableaux 6 & 7 : tableau ordonné par SOS décroissant des équipes de PAC-12 pre- et post-Covid

La première observation qu’on peut faire, c’est que le SOS des équipes de PAC-12 s’est considérablement homogénéisé : on passe d’un écart entre le premier et le dernier de 0,05 à 0,028, soit presque divisé de moitié. Quand on y pense, c’est logique. Le nouveau calendrier contient 10 matches intra-conférences. Donc chaque équipe affrontera tous ses rivaux de conférence une fois sauf pour une onzième équipe qui reste sur le carreau à chaque fois. Cela signifie que les SOS sont tous interdépendants et que les seuls petits écarts qu’on va retrouver sont liés à des équipes qui vont affronter Utah (11-1 en 2019) plutôt qu’Arizona (4-8) par exemple.

Afin de mieux contextualiser les chiffres, tentons de comprendre ce que représente une hausse standard de 1% du SOS pre- et post-Covid-. Prenons donc UCLA qui est dans ce cas : son SOS est passé de 0,528 à 0,534 soit environ +1%. De l’ancien au nouveau calendrier, les Bruins perdent New Mexico State, Hawaii et San Diego State qui avaient un record moyen de 6,67 victoires pour 5,67 défaites. UCLA récupère un match contre Washington (7-5 l’an dernier.). Le reste du calendrier ne subit pas de changement. Ainsi dans ce cas, une hausse de 1% va s’expliquer par le passage d’un calendrier de 12 matches à un calendrier à 10 matches avec un nouvel adversaire légèrement plus fort en termes de bilan et avec un OOR plus élevé (0,495 pour le trio d’adversaires hors-conférence, 0,566 pour Washington).

Les principaux bénéficiaires de ce nouveau calendrier sont logiquement Oregon, Washington et USC dont on évoquait les gros matches hors-conférences prévus initialement. Par ailleurs, les grands perdants de cette mesure sont California et Washington State. Les Cougars perdent par exemple leurs matches contre Houston (4-8) et Idaho (5-7) et récupèrent un match contre USC (8-4). De même Cal perd UNLV, TCU et Cal Poly qui combinent à eux trois pour seulement 12 victoires (soit un OR très faible de 0,333).

Tableau 8 : Rappel des écarts nominaux et en pourcentage des SOS pre- et post-Covid

On peut finalement résumer la situation avec les deux tableaux suivants qui présentent l’effet du changement de calendrier sur le SOS des équipes de PAC-12 répartis entre Division North & South :

Tableau 9 : Impact de la décision de changement de calendrier relative au Covid-19 sur l’indice de Strength of Schedule des équipes de PAC-12 Division North
Tableau 10 : Impact de la décision de changement de calendrier relative au Covid-19 sur l’indice de Strength of Schedule des équipes de PAC-12 Division South

On comprend donc que la décision de passer à un calendrier full intra-conférence fait logiquement converger la difficulté du calendrier des équipes de la PAC-12. Les équipes qui devaient affronter des adversaires plus costauds que la moyenne de la conférence vont profiter de cette mesure tandis que les programmes qui avaient planifié des matches contre des adversaires faibles auront un calendrier plus dur que prévu. A en juger par le tableau des quartiles, on constate que cette divergence s’effectue un tout petit peu en dessus de la moyenne : le Q4 est en nette baisse tandis que le Q1 et le Q2 augmentent de peu. Le Q3 est identique au millième près.

Tableau 11 : tableau des quartiles de SOS pre- et post-Covid

Bien que les variations de l’indice SOS ne soient pas particulièrement importantes (comprises entre -7% et +7%), elles traduisent pourtant des effets qui peuvent se sentir sur un, deux, voire même trois matches. Quand on sait à quel point la PAC-12 devait être ouverte en 2020, la pandémie a probablement encore plus resserré la compétition pour l’année à venir…

Bonus – Limite du modèle : quid de la distinction FBS – FCS ?

Les plus perspectifs me reprocheront d’avoir mis sous clef l’exemple de Sacramento State et ses 9 victoires au moment où je parlais du calendrier pre-Covid de Washington. Ce que je propose, afin de rendre les indices SOS plus réalistes, c’est d’attribuer une pondération, qui serait différentes selon que l’adversaire soit une équipe de FBS ou de FCS : coefficient de 3 pour la FBS, coefficient de 1 pour la FCS. Pour ainsi dire, une victoire contre une équipe de FBS vaut 3 fois plus que contre une équipe de FCS, bien que ça ne soit pas tout le temps le cas (on peut considérer que les bas-fonds de la FBS sont inférieurs au haut du panier de FCS – si jamais North Dakota State affrontait New Mexico State, quel serait votre pronostic ?).

Tableau 12 : Comparatif des SOS et OR entre calcul pre-Covid initial, calcul pre-Covid FBS/FCS-ajusted et rang des équipes dans les deux cas de figure (ordonné par SOS pre-Covid FBS/FCS-ajusted décroissant)

Dans le cadre du calendrier pre-Covid, les places vont légèrement changer, mais fondamentalement, l’analyse reste la même. Washington, Oregon et USC conserve les calendriers les plus durs. Stanford, Arizona et Washington State gardent leurs places 4, 5 et 6. Les seuls effets un minimum significatifs se trouvent en bas du tableau. Oregon State et California vont grimper de quelques places, Utah va descendre à la dernière. Pour autant, tentons de prendre un peu de recul. Les 6 SOS pre-Covid non-ajustés les plus bas se tiennent tous dans une fourchette « courte » de 0,008 (le 0,532 de Colorado minus le 0,524 de California. Après ajustement il n’y a aucune variation qui excède plus ou moins 2% dans ce package d’équipes, ce qui signifie que les fluctuations en termes de classement sont en fait négligeables… Le seul écart qui excède 2% parmi toutes les équipes, c’est Oregon, du fait de NDSU. Vu que NDSU est une équipe très compétitive probablement même à l’échelle de la FBS, on ne tiendra pas compte de ce biais car il ne fait pas sens.

Bonus – Limite du modèle : Oregon & Utah, ça vaut toujours 10 victoires en 2020 ?

La seconde grosse limite qu’on peut opposer au modèle, c’est le fait que le niveau des équipes peut beaucoup varier d’une année à l’autre du fait de la structure même du sport universitaire. Ainsi, Utah sort d’une saison 2019 probante avec un bilan de 11-1 et une apparition en finale de conférence contre Oregon. Jusqu’à cette finale de conférence, Utah était d’ailleurs classé dans le Top 10 du Ranking AP. Pourtant les analystes sont assez pessimistes pour Utah en 2020 qui enregistre le départ en NFL de 12 cadres dont Zack Moss (RB), Tyler Huntley (QB), Jaylon Johnson (CB)… Comment pourrait-on donc tenir compte de cette éventuelle baisse de performance ?

ESPN a mis au point le (College) Football Power Index (ou FPI), un indice qui cherche, avec le plus de précision possible, à prédire l’issue des matches d’une saison à venir. Le FPI rating de chaque équipe est composé par les prévisions de contribution de chaque unit (offense, defense, special team) en termes de points contre un adversaire FBS moyen.

Les composantes de chacune des units incluent différents critères tels que les performances sur la saison précédente, le nombre de starters de retour pour la saison à venir, la nouvelle classe de recrutement, l’ancienneté du coaching staff, etc. Pour la PAC-12, on obtient le tableau suivant :

Tableau 13 : Classement ordonné décroissant des indices FPI des équipes de PAC-12 pour la saison 2020

On constate qu’Oregon reste l’équipe la plus susceptible de réaliser la meilleure saison 2020 suivi par USC et Utah (qui a donc été dévalué). Washington State et Arizona frôlent avec le 0 tandis que Colorado et Oregon State sont les deux seules équipes à avoir un FPI négatif (ce qui signifie que ce sont les seules équipes dont on attend qu’elles perdent contre une équipe moyenne de FBS). On peut également noter les indices FPI corrects de Washington (2e meilleure classe de recrues de PAC-12 en 2019 et 2020 et arrivée de Jimmy Lake) et de Stanford (respectivement 4e et 3e meilleure classe de recrues PAC-12 en 2019 et 2020 et année senior de son QB ex-prospect 5-étoiles David Mills).

Tableau 14 : Détail étape par étape de l’obtention du SOS post-Covid FPI-ajusted et classement ordonné décroissant par FPI-ajusted SOS des équipes

Afin d’injecter l’indice FPI dans la formule du SOS, on réalise plusieurs opérations arbitraires (qui sont contestables et loin d’être universelles) :

  1. Les écarts de FPI étant très élevés (les valeurs vont de -1,3 à 21,3), on peut appliquer une fonction logarithme afin de les lisser une première fois (ajouter préalablement 3 au FPI permet d’avoir des valeurs uniquement positives et d’appliquer le logarithme à toutes les équipes).
  • Gardons en tête que l’objectif est d’obtenir pour chaque équipe un coefficient déduit du FPI qu’on va appliquer dans la formule du SOS, plus particulièrement dans le calcul de l’OR : si j’affronte Oregon, je vais tenir compte de son OR individuel (à savoir 0,833) mais je veux aussi actualiser cette valeur avec la prévision pour 2020, donc avec le FPI.

Par conséquent, on propose de normaliser toutes les valeurs obtenues via le logarithme en fonction de la valeur la plus élevée, celle d’Oregon. Après cette normalisation, le coefficient d’Oregon vaut 1 (ou 100%) et chaque autre coefficient sera une fraction de ce coefficient : le record d’Oregon vaudra pour 100% de sa valeur avant manipulation.

  • Si on regarde bien, on constate qu’à ce stade, Oregon est à 100% quand Colorado est à 16%, ce qui veut dire que la valeur de Colorado va être dépréciée près de 6 fois par rapport à Oregon. On décide donc que cet écart est encore trop élevé, c’est pourquoi on va appliquer une nouvelle fois la fonction logarithme.

On sait que le logarithme « sort » des valeurs négatives quand X est entre 0 et 1 mais on sait également que la fonction est croissante donc pour conserver notre intervalle de 0 à 1 et l’ordre de nos équipes, on ajoute simplement 1 à la fin (cela permet de garder une valeur de 1 pour Oregon in fine). A la suite de cette dernière manipulation, les écarts se sont résorbés : Colorado est par exemple passé de 16% à 22%, ce qui est déjà plus acceptable.

Tableau 15 : calendrier post-Covid de California qui répertorie aussi les wins et losses des adversaires et adversaires d’adversaire ainsi que les coefficient FPI-induced et détail du calcul du FPI-ajusted SOS

Le tableau ci-dessus expose ensuite la manière dont on va utiliser ces nouveaux coefficients. Le SOS post-Covid initial de California est en case AJ7. Ses OR et OOR associés sont respectivement en case AI9 et AI11. On va uniquement appliquer les coefficients déduits du FPI (en violet) à l’OR sous forme de somme pondérée pour le total de victoires et le total de défaites (AH9 et AH10 – valeurs initiales, AJ9 et AJ10 – valeurs ajustées). De la même manière qu’au début on va donc ensuite pouvoir calculer l’OR ajusté (en cellule AK9) puis le SOS ajusté (AK7) qui va reprendre l’OR ajusté et l’OOR initial (car on n’a pas appliqué le coefficient FPI-induced au OOR).

Ainsi pour le cas de California en post-Covid on passe d’un SOS de 0,548 à 0,563 soit une hausse de 0,015 (3%).

Tableau 16 : Rappel du SOS post-Covid initial et classement ordonné décroissant par SOS post-Covid initial

Plus généralement, en comparant les tableaux 14 et 16, on constate que la manipulation a fait légèrement augmenter les indices SOS, certains plus que d’autres. Utah et Stanford ont désormais un calendrier un plus dur qu’Oregon et UCLA qui trustent les dernières places. Le reste du classement demeure inchangé. On comprend donc que même avec une approche qui se veut réaliste, tenir compte de l’actualisation de la valeur des équipes à travers un indice tel que le FPI proposé par ESPN ne va pas nécessairement changer grand-chose aux conclusions précédemment émises…

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Comment regarder les matchs de College Football en France ?

A quelques heures du début de la saison 2022 de College Football, nous vous proposons un tour d’horizon des différentes options que vous avez pour regarder des matchs à partir de la France.

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Note : The Blue Pennant n’a reçu et n’acceptera aucune rémunération pour avoir cité et recommandé un certain nombre de diffuseurs et services en ligne. Ceci n’est pas un article promotionnel mais uniquement un article informatif. Cet article est une mise à jour d’un article publié le 27 aout 2021.

Vous avez été nombreux à nous solliciter via Twitter, Facebook ou par mail afin de connaitre les différentes options pour pouvoir suivre le football américain universitaire en direct ou à la demande.

L’offre TV en France est très limitée, c’est donc vers le streaming… en anglais qu’il faudra vous tourner. Si vous ne maitrisez pas un minimum la langue de Shakespeare, ça peut être un problème.

Que vous soyez un passionné ou que vous souhaitiez suivre quelques matchs à l’occasion, nous vous proposons de faire un tour d’horizon complet des différentes offres qui vous permettront de faire votre choix en fonction de votre intérêt et de votre budget.

TV

BeIn Sports a récupéré le contrat de diffusion de la NCAA avec ESPN qui appartenait jusqu’en 2021 à RMC Sports. Deux matchs sont diffusés par semaine, généralement le samedi.

On vous conseille de suivre Benjamin Bernard sur twitter : il publie régulièrement les affiches des matchs diffusés avant tout le monde.

Streaming

ESPN Player

C’est le seul service légal de streaming TV accessible en France. Il vous permet d’accéder aux très nombreux matchs de College Football diffusés par les chaines du groupe ESPN (ESPN, ESPN 2, ESPN 3, ESPN U, ABC) et de ses filiales (SEC Network, ACC Network, Longhorn TV) + Pac-12 Network.

ESPN Player vous permet aussi de regarder l’émission phare College Gameday (tous les samedis à de 15h à 18h en France), les bowls de fin de saison et le College Football Playoff.

Si vous aimez le basket NCAA et la March Madness, cela fait également partie du package. De nombreux documentaires produits par ESPN sont également disponibles à la demande.

Par contre, vous ne verrez pas le meilleur match de la semaine dans la SEC (diffusé sur CBS), ni certains gros matchs de la Big Ten et de la Big 12 (diffusés sur Fox), ni les matchs à domicile de Notre Dame (diffusés sur NBC).

Toutefois, ça reste un incontournable pour tous les fans de College Football.

➡️ https://www.espnplayer.com/

Prix : 79,99 euros par année ou 11,99 euros par mois.

Avantages :

  • Accessible sur ordinateur (Mac, PC), téléphone mobile (iOS, Android). Compatible avec AirPlay et Chromecast.
  • Matchs en live et à la demande.
  • Essai de 7 jours gratuits pour les nouveaux abonnés.
  • Excellente qualité d’image (1080p / 4K).

Inconvénients :

  • Pas d’accès aux matchs diffusés sur CBS (souvent le meilleur match de la semaine dans la SEC).
  • Pas d’accès aux matchs diffusés sur Fox et Fox Sports.
  • Pas d’accès aux matchs diffusés sur NBC (Notre Dame).

Via un VPN

C’est une option qui demande un peu plus d’effort (ça reste simple) mais qui, au final, est peut-être la formule la plus adaptée pour les passionnés !

C’est quoi un VPN ?
Virtual Private Network ou Réseau Privé Local en français. L’idée est très simple : grâce à un logiciel « agent », le but est de créer une connexion permanente, sécurisée et encryptée entre deux ordinateurs distants tel un tunnel. C’est totalement LÉGAL.

Ça sert à quoi ?
Un VPN permet de changer d’adresse IP sur internet puisque votre ordinateur/téléphone/tablet se retrouvera avec l’adresse IP de l’ordinateur sur lequel vous est connectés via le VPN. Cela permet de contourner les restrictions géographiques de certains services proposés sur Internet. Si vous êtes connectés à un serveur américain via un VPN, votre adresse IP sur internet sera localisée aux États-Unis !

Et c’est là tout l’intérêt : accédez à n’importe quel site Internet ou application, sans restrictions géographiques ni censure.

Tous les services américains de TV en ligne restreignent géographiquement leur accès. Seuls les résidents américains peuvent s’y abonner. Or, avec un VPN, vous êtes comme un américain (sur internet, en tout cas). Et hop, vous pouvez désormais y accéder moyennant un abonnement en ligne.

Quel service de VPN choisir ?
Nous vous recommandons très fortement ExpressVPN, le service de VPN le plus fiable au monde (mais pas le moins cher, donc).

➡️ https://www.expressvpn.com/fr

Prix : 99,95 $/année ou 12,95 $/mois.

Avantages :

  • Très simple d’utilisation.
  • Ultra-rapide. Taux de fiabilité de 99,99%. Aucune limitation de bande passante.
  • 160 pays. Grâce à un débit illimité et des changements de serveurs à l’infini, vous pouvez vous connecter où que vous soyez dans le monde.
  • Assistance 24h sur 24.

Il existe d’autres fournisseurs de VPN comme NordVPN, CyberGhost ou Private Internet Access.

Et après, je fais quoi avec mon VPN ?

Une fois votre VPN installé et connecté sur un serveur aux États-Unis, vous êtes comme un américain sur internet : vous pouvez accéder à des services qui sont généralement géobloqués hors des Etats-Unis.

Il vous faut alors vous abonner à un service de streaming TV (OTT). C’est la seconde étape. Nous vous proposons ci-dessous de découvrir les trois meilleurs services selon notre expérience : Fubo TV, Sling TV et Hulu.

Fubo TV

➡️ https://www.fubo.tv/

C’est probablement le service de streaming TV en ligne (OTT) le plus complet pour les passionnés de sport.

Chaines disponibles : ABC, CBS, NBC, Fox, Big Ten Network, CBS Sports, ESPN, ESPN 2, ESPN 3, ESPNU, ESPN News, Fox Sports 1 et 2, NBC Sports, SEC Network, ACC Network, Pac-12 Network, NBA TV, NFL Network, MLB Network, BeIN.

Prix : 69,99$/mois.

Avantages :

  • Accès à toutes les chaines détenant les droits du College Football (pas uniquement ESPN).
  • Pas d’engagement à long terme (possibilité de résilier l’abonnement chaque mois).
  • Pas de restriction imposant une carte de crédit US pour l’abonnement.
  • Prix abordable.
  • Service très stable et excellente qualité d’image (1080p et 4K !).
  • Accessible sur ordinateur (Mac, PC), téléphone mobile (iOS, Android) ou via Apple TV, XBox One, Android TV.

Inconvénients :

  • VPN requis (voir plus haut).
  • Pas accès à Longhorn Network.

Sling TV

➡️ https://www.sling.com/

C’est le service de streaming TV en ligne (OTT) le moins cher mais également complet.

Trois formules disponibles :

  • 35,00$/mois : Sling TV Orange (comprenant ESPN, ESPN 2, ESPN 3, ACC Network). Pas intéressant par rapport à ESPNPlayer (voir plus haut).
  • 46,00$/mois : Sling TV Orange (ESPN, ESPN 2, ESPN 3, ACC Network) + Extras Sport  (BeIN, ESPNU, ESPN News, SEC Network, SEC Network +, Longhorn Network Pac-12 Network, NBA TV, NHL Network, Stadium).
  • 61,00$/mois : Sling TV Orange (ESPN, ESPN 2, ESPN 3) + Sling TV Bleu (Fox, Fox Sports 1 et 2, NBC, NBC Sport Network, NFL Network) + Extras Sport (BeIN, ESPNU, ESPN News, ESPN Goal line, SEC Network, SEC Network +, ACC Network, Longhorn Network, Pac-12 Network, NBA TV, NHL Network, NFL Red Zone, Stadium, Golf).

Avantages :

  • Accès à la quasi-totalité des chaines détenant les droits du College Football (pas uniquement ESPN).
  • Pas d’engagement à long terme (possibilité de résilier l’abonnement chaque mois).
  • Prix abordable.
  • Service très stable et excellente qualité d’image (1080p, 4K ! ).
  • Possibilité de replay via une option CloudDVR.
  • Accessible sur ordinateur (Mac, PC), téléphone mobile (iOS, Android) ou via Apple TV, Roku, XBox One, Android TV.

Inconvénients :

  • VPN requis (voir plus haut).
  • Pas accès à CBS et CBS Sports.
  • Obligation d’acheter des Sling TV Gift Card pour s’abonner (vous pouvez les acheter sur amazon.com sans restriction) car seules les cartes de crédit américaines sont autorisées pour payer l’abonnement sur le site sling.com.

Attention : ne créez pas de compte avant d’avoir votre Sling TV gift card. Une fois votre code de Sling TV gift card reçu, passez par https://www.sling.com/gift, puis « New user, redeem here ». Vous pourrez alors vous abonner en renseignant le code de Sling TV gift card dans le formulaire.

Hulu

➡️ https://www.hulu.com/

Autre service de streaming TV en ligne (OTT). Plus généraliste mais très complet donc plus cher.

Chaines disponibles : ABC, CBS, NBC, Fox, Big Ten Network, CBS Sports, ESPN, ESPN 2, ESPNU, ESPN News, Fox Sports 1, SEC Network, ACC Network. ESPN+ en option.

Prix : 70,99$/mois.

Avantages :

  • Accès à toutes les chaines détenant les droits du College Football (pas uniquement ESPN).
  • Pas d’engagement à long terme (possibilité de résilier l’abonnement chaque mois).
  • Prix abordable.
  • Service très stable et excellente qualité d’image (1080p, 4K ! ).
  • Accessible sur ordinateur (Mac, PC), téléphone mobile (iOS, Android) ou via Apple TV, XBox One, Android TV, Playstation.

Inconvénients :

  • VPN requis (voir plus haut).
  • Pas accès à ESPN 3, Pac-12 Network, Longhorn Network.

Il existe d’autres services identiques à mais attention, YoutubeTV et DirectTVNow bloquent désormais les connections à leur service TV via un VPN !

Nous vous recommandons de toujours tester l’accès à ces services via l’offre gratuite d’une semaine généralement offerte.

À la demande

Vous pouvez également voir de très nombreux matchs sur les sites d’hébergement de videos comme Youtube, Dailymotion, etc… Il suffit de chercher un peu.

La chaine Victors Valiant sur Youtube propose les meilleurs matchs de la semaine en condensé seulement quelques heures après la fin de la rencontre.

➡️ https://www.youtube.com/c/VictorsValiant/videos

Ça existe mais c’est illégal

Évidemment, il est également possible de voir tous les matchs de College Football sur le web sur des sites de streaming illicites donc c’est illégal…

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Army-Navy, l’essence du College Football

Un match unique intimement lié à l’Histoire du College Football et qui transcende le cadre du sport. C’est pourquoi on l’appelle simplement The America’s Game.

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Ils sont originaires des quatre coins des États-Unis. Le sens du devoir, l’envie de servir leur pays et le sacrifice de leur vie pour sauver celle des autres les ont réunis. Quelles que soient leurs origines ethniques, leurs catégories sociales et leurs tendances politiques, ils ont décidé de défendre la Liberté. Ils sont les futurs gradés de l’armée américaine.

Tout au long de l’année, les « Go Army, Beat Navy » et « Go Navy, Beat Army » résonnent sur les campus de West Point (New York) et d’Annapolis (Maryland). Et depuis 1930, c’est sur le gridiron que s’affrontent chaque année les Midshipmen et les Cadets (aujourd’hui appélés Black Knights).

En 1890, le premier Army-Navy Game fût organisé lorsqu’un cadet de l’armée de terre américaine (Army), Dennie Mahan Michie, accepta le défi lancé par l’académie militaire rivale, la Navy. C’était alors le premier match de l’Histoire du programme de football des Cadets de l’Army… Une victoire 24-0 des Midshipmen.

Le premier Army-Navy Game joué le 29 novembre 1890 à West Point – Crédit photo : Baltimore Sun File Photo

Trois ans plus tard, les Cadets furent de nouveau battus, cette fois-ci à Annapolis. Une altercation entre un contre-amiral de la Navy et un brigadier général de l’Army envenima l’antagonisme naissant : les deux opposants furent obligés d’être séparés alors qu’un un duel armé était sur le point d’être organisé. Le président américain de l’époque, Grover Cleveland, dût intervenir pour calmer les esprits.

Ce dernier prit également la décision d’interdire ce match annuel pour protéger la santé de dizaine d’aspirants-officiers qui étaient blessés chaque année non pas sur le champ de bataille… mais sur le terrain de football ! La plus féroce des rivalités du sport américain venait de naître.

Alabama-Auburn, Ohio State-Michigan, Red Sox-Yankees, Canadiens-Bruins. Toutes ces rivalités enflamment les passions et séparent des familles le temps d’un match. Elles se fondent sur une fidélité profonde à un camp et une haine profonde d’un adversaire qui a finalement davantage de ressemblances que de différences.

La rivalité Army-Navy est unique. Elle repose sur un respect mutuel et une fraternité indéfectible entre deux équipes qui seront peut-être, un jour ou l’autre, côte à côte face à un ennemi commun.

Une Rivalité qui a marqué l’Histoire du College Football

Les premiers affrontements entre Army et Navy se déroulent à une époque où le sport que nous connaissons aujourd’hui n’en est qu’à ses balbutiements. La passe en avant n’existe pas encore et les matchs de football ressemblent davantage à des matchs de rugby dont la sauvagerie n’a d’égal qu’une violence extrême qui fait des dizaines de morts chaque saison.

Ainsi, lors du fameux match de 1893, le futur Amiral Joseph Mason Reeves fût le premier joueur de l’Histoire à porter un casque. Fait de cuir… par un cordonnier d’Annapolis ! Le médecin de l’équipe de la Navy l’avait prévenu : un autre choc à la tête pourrait provoquer une déficience intellectuelle irrévercible ou même… la mort.

Army -Navy 1963 – Crédit photo : AP

70 ans plus tard, le 7 décembre 1963, alors que les États-Unis viennent de vivre l’une des plus grandes tragédies de leur Histoire (l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy), c’est au cours d’un match Army-Navy que le premier replay instantané fera ses débuts à la télévision américaine lors d’un TD au sol du quarterback des Black Knights, QB Rollie Stichweh. Cette nouvelle technologie développée par CBS sera l’une des inventions majeures dans la diffusion du sport à la télévision.

Anecdote cocasse : ce premier replay instantané a été retransmis à vitesse réelle ce qui avait obligé le commentateur de l’époque, Lindsey Nelson, d’ajouter « Non, Mesdames et Messieurs, Army ne vient pas d’inscrire un autre TD ! ».

Un match qui célèbre le Patriotisme américain

Army-Navy, c’est une rivalité qui transcende le sport à bien des égards. Ainsi, samedi 11 décembre 2021 à 15h (21h en France), des milliers de soldats et marins américains à travers le monde entier seront devant leur écran pour regarder la 122ème édition de ce match mythique.

Il n’y a pas de familles américaines, de près ou de loin, qui n’a pas un membre engagé dans l’armée ou qui a été amené à défendre les intérêts du pays lors de conflits armées passés. Chaque famille américaine peut se rappeler d’un grand-père, d’un oncle et d’un père qui est tombé au combat. C’est pourquoi, le temps d’un match Army-Navy, c’est l’ensemble du pays qui se rassemble autour d’une valeur forte de l’Amérique : le Patriotisme.

La veille de l’affrontement tant attendu, la Brigade des Midshipmen et le Corps des Cadets défilent dans la ville hôte d’un match qui ne se déroule plus sur campus, hormis circonstances exceptionnelles, depuis l’altercation de 1893.

En raison de sa position géographique à mi-distance entre les campus de West Point et d’Annapolis, la ville de Philadelphie a accueilli le plus souvent ce qu’on appelle aujourd’hui The America’s Game. Baltimore, New York mais aussi Los Angeles (en 1983) ont également été le cadre de ce classique Army-Navy.

Le traditionnel « March on » effectué avant chaque Army-Navy Game – Crédit photo : West Point USMA

Et lorsqu’en 1926, la ville de Chicago inaugure son Soldier Field, nommé en l’honneur des soldats américains morts lors de la 1ère Guerre Mondiale, c’est évidemment les Midshipmen et les Cadets qui fouleront les premiers la pelouse de cette nouvelle enceinte démesurée pour l’époque.

Chaque année, quelques minutes avant le coup d’envoi du match, la Brigade des Midshipmen et le Corps des Cadets effectuent le « March On », une spectaculaire parade militaire réalisée avant l’interprétation de l’hymne national américain joué par la fanfare des deux académies militaires. Pour réaffirmer l’esprit patriotique de l’événement, les Navy Jets et l’avion présidentiel, Air Force One, effectuent un vol à basse altitude au-dessus du stade. Le Patriotisme dans sa tenue d’apparat.

Depuis Theodore Roosevelt en 1901, les présidents américains ont bien compris la portée nationale de cet événement qui fait déplacer les foules. Calvin Coolidge, Harry Truman, John F. Kennedy, Bill Clinton, George Bush, Barack Obama ou Donald Trump ont tous assisté à ce Rivalry Game annuel. L’objectif est clair : être présent aux côtés des troupes pour s’associer aux valeurs sous-jacentes d’un match qui dépasse le cadre du football.

Une histoire de Traditions

131 ans, 121 matchs. Des petites histoires dans la grande Histoire et des Traditions respectées de génération en génération.

Army-Navy, c’est un match exceptionnel. Tous ceux qui ont pu y assister un jour vous décriront avec émotion leur sentiment d’avoir vécu quelque chose hors du commun. Le poids des Traditions donne à cette rivalité un supplément de solennité.

Le « Prisoner Exhange » – Crédit photo : AP

Army-Navy, ce n’est pas seulement « Go Army, Beat Navy » et « Go Navy, Beat Army ». Avant le coup d’envoi, on procède au « Prisoner Exchange ». Chaque année en septembre, les deux académies militaires échangent un certain nombre d’étudiants pour leur donner la chance de mieux comprendre et de respecter la branche opposée. Avant le match, les étudiants qui ont participé à ce programme d’échange traversent cérémonieusement le terrain pour rejoindre leur académie militaire d’origine pour la durée du match afin qu’ils puissent encourager leur équipe.

Peu importe qui gagne et qui perd, chaque équipe se joindra à l’autre pour chanter leur alma mater à la fin du match. Les gagnants font d’abord face aux supporters de l’équipe perdante, puis ils se joindront à eux pour chanter leur hymne. C’est alors au tour de l’équipe perdante de rejoindre les gagnants pour chanter leur hymne face à leur supporters. C’est ainsi que l’objectif des deux équipes avant le match est de « sing the second » (chanter en second). Cet acte de respect démontre que quel que soit le résultat, les deux équipes représentent un pays uni et se soutiendront à tout jamais.

Pour réaffirmer sa neutralité lors de ce match, le président américain change de côté dans les tribunes en traversant le terrain à la mi-temps lors de la Tradition du « Halftime Walk ».

Le président américain John F. Kennedy effectuant le « Halftime Walk » – Crédit photo : AP

Mais quoi de plus traditionnel que le style de jeu offensif des deux équipes ? Alors que le football a connu de multiples révolutions, Army et Navy restent les protecteurs d’un système offensif en voie d’extinction : la fameuse « triple option offense ». Depuis des décennies, elle est pratiquée, développée et affinée jusqu’à en devenir un art à part entière. L’édition 2021 ne fera pas exception.

Des joueurs de Légende

La longue et riche histoire de la rivalité Army-Navy a vu s’affronter des joueurs qui deviendront, pour certains, des Légendes du College Football.

Le match Army-Navy de 1963 restera comme un moment fort de l’Histoire américaine. Quelques jours après l’assassinat du président John F. Kennedy, il permit à l’Amérique de communier ensemble suite à cette tragédie. Ce match sera également l’occasion d’un affrontement à distance entre deux quarterbacks qui auront un Destin bien différent mais si emblématique de cette rivalité. Face à face : QB Roger Staubach (Navy) et QB Rollie Stichweh (Army). La Navy s’imposa 21-15 non sans une tentative de comeback mémorable des Black Knights qui récupérèrent le ballon sur un onside kick, puis remontèrent le ballon à 2 yards de la ligne d’en-but des Midshipmen. En vain. Dans un bruit assourdissant, le quarterback de l’Army ne parvint pas à appeler un dernier jeu offrant ainsi la victoire à la Navy. QB Roger Staubach remportera plus tard le Super Bowl avec les Dallas Cowboys et deviendra un Hall of Famer alors que QB Rollie Stichweh servira son pays pendant 5 ans lors de la guerre du Vietnam.

Army a connu ses heures de gloire au cours de la 2ème Guerre Mondiale remportant 3 titres de champion national en 1944, 1945 et 1946 sous les ordres du coach Earl Blaik. Ce dernier a pu compter sur le meilleur duo de running backs de l’Histoire : RB Doc Blanchard et RB Glenn Davis, surnommé « Mr. Inside » et « Mr. Outside » pour leur complémentarité exceptionnelle. Tous les deux remporteront le trophée Heisman (Blanchard en 1945 et Davis en 1946).

Doc Blanchard et Glen Davis – Crédit photo : Army athletics
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Dossier

[rivalry] Michigan et Michigan State à la conquête du Paul Bunyan Trophy

Deux universités, deux campus, deux programmes, pour un trophée, pour un Etat. Michigan versus Michigan State, Wolverines versus Spartans, Ann Arbor versus East Landing. Chaque année, cette confrontation tient en haleine le monde du football universitaire

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Deux universités, deux campus, deux programmes, pour un trophée, pour un Etat. Michigan versus Michigan State, Wolverines versus Spartans, Ann Arbor versus East Lansing. Chaque année, cette confrontation tient en haleine le monde du football universitaire.

La rivalité entre Michigan et Michigan State possède une histoire riche. La première confrontation entre les 2 universités remonte à plus d’un siècle, 1898 plus exactement. Depuis cette date, 105 confrontations ont été jouées, et Michigan tient largement les commandes avec un bilan de 68-32-5 en sa faveur.

Ce n’est qu’à partir de 1953 et l’arrivée de Michigan State dans la Big Ten Conference que les 2 universités se disputent le Paul Bunyan Trophy. Ce trophée, représentant le bucheron géant Paul Bunyan, symbolise l’histoire du Michigan, autrefois un Etat majeur dans la production du bois.

L’histoire commune entre Wolverines et Spartans débute donc en 1898. Dès le début, Michigan semble être plusieurs crans au dessus de Michigan State. De 1898 à 1933, Michigan remporte 23 rencontres, pour seulement 2 défaites et 3 nuls. En 1902, les Wolverines l’emporteront d’ailleurs sur un score record de 119 à 0. Michigan sera élu champion national cette année là, comme en 1901, 1903 et 1904.

Entre 1934 et 1937, les Spartans enchainent 4 victoires d’affilée contre Michigan, avant de sombrer 10 fois de suite jusqu’en 1949.

Les années 1950 et 1960 représentent la période de domination de Michigan State. Dans les années 1950, les Spartans sont l’une des meilleures équipes du football universitaire au niveau national. Guidés par coach Clarence Munn et par des joueurs comme Lynn Chandnois, Dorne Dibble, Bob Carey ou encore Don Coleman, MSU termine les saisons 1951 et 1952 invaincu, avec le titre national en poche (partagé avec Tennessee en 1951). Les Spartans remporteront également le Rose Bowl de 1954 et 1956, sous les ordres de coach Duffy Daugherty. Michigan State est à nouveau élu champion national en 1965 (malgré une défaite contre UCLA au Rose Bowl) et en 1966 (co-champion avec Notre Dame, suite au match nul 10 à 10 dans le « Game of the Century »). De 1950 à 1969, les Spartans domineront logiquement les Wolverines avec 14 victoires pour seulement 4 défaites et 3 nuls.

1970 marque un tournant. L’arrivée de Bo Schembechler à la tête des Wolverines va radicalement changer la donne. Michigan devient à nouveau une place forte du football universitaire durant cette décennie. Classé dans le top 10 (au classement AP Top 25) des équipes universitaires de 1970 à 1979, Michigan prendra le dessus sur Michigan State 8 fois sur 9 (défaite en 1978, année où les 2 universités se partageront le titre de la Big Ten Conference). Les années se suivent et se ressemblent, puisque Michigan remportera 8 des 10 matchs joués durant les années 1980.

Le match de 1990 marque un moment important dans l’histoire de la rivalité. Classé #1, UM reçoit MSU à Ann Arbor. Favoris, les Wolverines sont menés 28 à 21 dans la dernière minute. Un touchdown d’Elvis Grbac pour Derrick Alexander permet à Michigan de revenir à un point. Gary Moeller, le coach des Wolverines, joue la gagne avec une tentative de conversion à 2 points. Dans une action très confuse, les arbitres oublieront une pass interference d’Eddie Brown sur Desmond Howard. Le score ne changera plus malgré une dernière Hail Mary de Grbac qui sera d’ailleurs interceptée. Après le match, les arbitres appelleront Moeller afin de s’excuser pour la mauvaise décision arbitrale ayant couté le match à Michigan.

Les années 1990 restent tout de même à l’avantage des Wolverines. Classé dans le top 10 de l’AP Top 25 jusqu’en 1997, Michigan dominera son rival avec un bilan de 7-4 entre 1990 et 2000. Les Wolverines, guidés par le quarterback Brian Griese et le vainqueur du trophée Heisman Charles Woodson, seront même champions nationaux en 1997.

L’arrivée des années 2000 marque par la même occasion l’arrivée d’un certain nombre de belles confrontations, à la fois serrées et intenses, entre les 2 rivaux.

Le match de 2001 par exemple, aussi appelée le « Clockgate », restera à jamais dans les mémoires des deux camps. Menés 24 à 20 à 3 minutes de la fin, les Spartans recupèrent le ballon au milieu de terrain. Après une penalité contre Michigan pour un facemask et une autre pour avoir mis 12 joueurs sur le terrain, MSU a une occasion rêvée de passer devant à 17 secondes de la fin. Jeff Smoker, le quarterback des Spartans, tente une course mais est stoppé sur la ligne des 1 yards, avec l’horloge qui tourne. Michigan State se dépêche pour « spiker » la balle afin d’arrêter la montre. Le chronomètre indique qu’il reste 1 seconde à jouer, avec donc une dernière tentative pour les Spartans. Sur la dernière action du match, Smoker trouve T.J. Duckett pour le touchdown, permettant à Michigan State de l’emporter 26 à 24.

Le commentateur radio de Michigan, Frank Beckmann, qualifiera le match de « criminel » et critiqua fortement les arbitres. Malgré les réclamations de Beckmann, il a été prouvé que la décision arbitrale était bonne et qu’il restait bien du temps au moment du « spike ». Beckmann insista tellement que Bob Stehlin, le Clock Operator (responsable de l’horloge), était à deux doigts de poursuivre Beckmann en justice pour diffamation et calomnie. Finalement, aucune plainte n’a été portée et tout est rentré dans l’ordre.

Trois ans plus tard, Michigan et Michigan State s’opposent à Ann Arbor, dans un match qui se décidera en 3 prolongations (ce qui n’est jamais arrivé auparavant au Michigan Stadium). Les Wolverines l’emporteront 45 à 37, portés par leur receveur star Braylon Edwards (11 réceptions pour 189 yards et 3 touchdowns) et leur running back Mike Hart (224 yards en 33 courses).

L’année suivante, la rencontre se décidera à nouveau en prolongations. Ce match est spécial car c’est la première fois depuis 1968 que Michigan State est classé (#11) dans l’AP Top 25 alors que Michigan ne l’est pas (au moment de l’opposition). Cela n’empêchera cependant pas les Wolverines de dominer le début de match, en menant au score 14 à 0 puis 21 à 7. Les Spartans réagissent et parviennent à revenir à la hauteur de leur adversaire. Le temps réglementaire se finit sur un score de parité 31 à 31. En prolongations, MSU aura l’occasion de passer devant sur un field goal, mais le kicker John Goss est maladroit. Cela va couter très cher aux Spartans vu que le kicker de Michigan, Garrett Rivas, permettra à son équipe de l’emporter sur un field goal de 35 yards.
La suprématie de Michigan sur son rival se prolongera jusqu’en 2007, avec deux nouvelles victoires 31 à 13 et 28 à 24, portant ainsi la série victorieuse des Wolverines à 6 victoires d’affilée.

A partir de 2008, la tendance s’inverse. Michigan State va dominer son rival pendant 4 longues années, avec notamment des victoires inattendues en 2009 et 2011. Michigan parviendra à stopper l’hémorragie en 2012 en l’emportant 12 à 10 face aux Spartans, le tout sans scorer le moindre touchdown durant le match avant d’être ridiculisé 29-6 par Michigan State en 2013 qui a sacké le quarterback des Wolverines à 7 reprises forçant ainsi le programme d’Ann Arbor à terminer avec une abominable fiche de… -48 yards au sol !

Samedi, un nouveau chapitre du Paul Bunyan Trophy s’ouvrira à East Lansing. Ce sera la 114ème confrontation entre les 2 universités, pour notre plus grand bonheur.

L’anecdote : Les Spartans sont la « football factory »

Au début des années 1950, les Michigan State Spartans sont considérés comme l’une des meilleures équipes du pays. Ils gagnent même le surnom de « football factory », que l’on pourrait traduire comme « l’usine à football ».

Ce surnom n’est cependant pas pris au hasard. En effet, les années 1950 sont marquées par le développement de l’industrie automobile à Detroit, la principale ville de l’Etat du Michigan. C’est donc en référence à la ville leader de fabrication automobile que les Spartans étaient appelés la « football factory ».

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Réalignement et Recrutement : rejoindre le Power Five est-il une bonne affaire ?

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Crédit photo : Scott Sommerdorf

La FBS est en passe de vivre son premier gros realignment de la décennie 2020, après celui du début des années 2010. Le départ de Texas et Oklahoma vers la SEC a logiquement provoqué un effet boule de neige. Outre la pseudo alliance Big Ten – Pac 12 – ACC qui vise à rééquilibrer les rapports de force dans le paysage du College Football, la Big 12 est désormais engagée une course contre-la-montre : amputée de ses deux programmes les plus populaires, elle doit désormais agir pour conserver sa compétitivité sportive et son attractivité auprès des téléspectateurs.

Les rumeurs se sont confirmées vendredi dernier : Cincinnati, UCF, Houston et BYU vont rejoindre la Big 12 dans les prochaines années, soit trois têtes de gondole du Group of Five et une équipe historique indépendante. Au-delà du gain de légitimité indéniable qu’une adhésion au Power 5 représente pour Cincinnati (rétroactivement playoffable ?…) et UCF (rétroactivement champion national ?…), on pourrait instinctivement se dire que cela serait bénéfique pour ces programmes du point de vue du recrutement.

Profitons donc de ce feuilleton qui a animé notre été pour faire un petit retour en arrière et observer quelles ont été les conséquences d’une adhésion à une conférence du Power 5 par le passé, en étudiant la chute de la Big East ainsi que le réalignment de la Mountain West.

Méthodologie

Cette étude porte sur sept programmes : Rutgers, Louisville, Syracuse, Pittsburgh et West Virginia tous issus de la défunte conférence Big East d’une part, et TCU et Utah d’autre part. Après une tentative ratée en AAC, Rutgers et Louisville ont respectivement rejoint la Big Ten et l’ACC. A l’implosion de la Big East, Pittsburgh et Syracuse avaient directement adhéré à l’ACC tandis que West Virginia avait opté pour la Big 12. De son côté, la Mountain West a perdu Utah en 2011 soit trois ans après la saison monumentale qui avait vu les Utes finir 2e de l’AP Poll et battre Alabama au Sugar Bowl, ainsi que TCU un an plus tard, qui avait à ce moment-là enchaîné trois titres de conférence d’affilée (accumulant au passage un bilan de 36 victoires pour 2 défaites).

Chaque année, le site 247Sports attribue aux équipes une note en fonction de leur classe de recrutement. Nous avons donc retenu cette mesure pour les 5 années qui ont précédé et suivi le realignment, ce qui nous donne un large scope de 10 ans, suffisant pour observer quelques tendances intéressantes.

En guise de repère, ayons à l’esprit qu’une note de 240 place généralement le programme dans le top 20 national. 200 serait une moyenne plutôt correcte pour l’ensemble du Power 5. 160 correspondrait à la partie haute du Group of Five. Enfin, une note de 120 correspond au haut du panier de FCS.

De plus, les graphiques plus bas retracent les notes annuelles des différentes équipes (en pointillés). Nous avons également ajouté une moyenne mobile (trait plein) afin de rendre compte de tendances plus durables.

De Rutgers à TCU, une absence de consensus

Le tableau ci-dessus nous permet de constater que les destins diffèrent nettement. La cote auprès des recrues d’équipes comme Louisville, Syracuse, Pittsburgh ou West Virginia varie peu (plus ou moins 5% maximum). A l’inverse, les trois équipes restantes méritent plus d’attention.

Rutgers, présenté sur le graphique ci-dessous, est de loin le grand perdant de cette vague de realignment. L’équipe passe globalement de 203 à 177 points, ce qui la glisser dans le bas de tableau de la FBS.

Bien que sa moyenne post-realignement soit plus élevée, le cas de TCU n’est pas si évident. En effet, on constate sur le graphique suivant que la progression des Horned Frogs démarre en Year -3. Ce nouveau standing se solidifie lors des années qui suivent mais aucun grand bon n’est observé à la suite de l’arrivée en Big 12. D’autres hypothèses peuvent être formulées quant à cette hausse : les trois titres d’affilée de Mountain West auraient par exemple permis à TCU d’ « avoir accès » à de meilleurs prospects au sein du réservoir texan.

Enfin, il en va de même pour Utah. On observe un grand bon entre les années -3 et -2, puis un effet de plateau jusqu’à l’année 2 avant de redescendre jusqu’à 160. Malgré tout, les Utes ont toujours été éligibles pour un Bowl Game entre 2014 et 2019 et constituent un contender régulier dans la division South de la Pac-12.

Conclusion

L’histoire récente nous montre que l’accession au Power 5 n’apporte pas de surplus de crédit aux programmes auprès des prospects. Il semblerait que les équipes « éligibles » à un passage à l’échelon supérieur aient opéré leur transition en amont, comme c’est probablement le cas actuellement à Cincinnati. Attention donc à l’éclatement de la bulle de hype qui entoure les Bearcats : lors de sa première saison en Pac-12, Utah avait fini avec un bilan de 7-5 (avec le bowl game) et 4 défaites sur ses 4 premiers matches de conférence.

Mais une chose est sûre. Grâce à ce futur realignment, les media toujours en quête de grain à moudre et les excités du bulbe qui pullulent sur Reddit auront enfin (encore ?) une réponse à la fameuse question : y a-t-il vraiment un biais entre le Power 5 et le Group of 5 ?…

Annexe : notes de recrutement 247Sports année par année

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