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Guide du CFP pour les fans

Le guide du College Football Playoff pour les fans – 4ème partie

Retrouverez la traduction intégrale ou presque du petit livre de Stewart Mandel de FoxSports : The Thinking Fan’s Guide to the College Football Playoff.

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Et on continue la traduction du bouquin de Stewart Mandel. Vous saurez tout sur le College Football Playoff…

COMMENT FONCTIONNERA LE COMITE DE SELECTION ?

S’il est une chose que les fans risquent de regretter du BCS, c’est le fameux classement BCS. À l’origine mis au point par le commissioner Roy Kramer et son équipe, puis modifié environ 682 fois durant ses premières années d’existence, la formule était composée de trois éléments eux-mêmes biaisés :

Vous aviez le Coaches Poll, remis par les représentants d’une profession qui est sans doute celle qui voit le moins de football universitaire les samedis (parce qu’ils coachent, à ce moment-là) et dont la motivation première était souvent liée à leur propre intérêt, vu que certains reçoivent des primes en fonction de la place occupée par leur équipe dans ce classement. « Tous les coaches ont un plan de carrière », écrivait John Henderson du Denver Post en 2009, « ce Poll est le meilleur moyen de le mettre en œuvre. »

Ensuite, vous aviez le Harris Poll, un sondage regroupant un bric-à-brac d’anciens joueurs, coaches, administrateurs et membres des médias qui a été mis en place du fait du refus de l’AP de voir son propre sondage utilisé. Comme l’a déclaré Jim Delany en 2012 : « Tout le monde reconnaît que le système actuel de sondages n’est pas bon ».

Et puis vous aviez un assemblage de six classements par ordinateur dont cinq voyaient leur formule quasiment classée secret défense et rendu totalement neutre par la volonté du BCS de supprimer la marge de victoire de leurs données. Le très renommé classement de puissance de Jeff Sagarin est devenu soudain beaucoup moins intéressant à partir du moment où gagner 3-2 devenait la même chose que gagner 42-3. « C’était juste une tentative d’utiliser les mathématiques comme couverture pour ce que vous vouliez faire », affirmait le statisticien Bill James dans Death to the BCS, « c’est juste des maths qui n’ont aucun sens ».

Au vu de la reconnaissance par les pontes du BCS des défauts de leur classement, les commissioners ont opté pour un changement radical à l’heure de mettre au point le College Football Playoff. Ils ont créé le premier comité de sélection de l’histoire du football universitaire, un panel de 13 personnes chargé non seulement de choisir les 4 équipes des demi-finales mais également les participants dans les autres Bowls des ‘Six du Nouvel An’. Bien que novateur dans le football FBS, ce modèle est familier pour les fans d’autres sports universitaires et pour les médias. Un comité de sélection composé de commissioners et de Directeurs des Sports produit le tableau des 68 équipes du tournoi de basket NCAA de mars tous les ans, un autre le tableau des playoffs de la FCS et d’autres encore dans une multitude de championnats NCAA.

Le public, bien sur, a accueilli ce nouveau comité à bras ouverts.

« Suis-je le seul à être nerveux à propos de ce nouveau ‘comité’ qui prendra toutes les décisions » écrit un fan d’Alabama sur le forum du site BamaOnline.com, ce à quoi un fan répond « Non, tu es en bonne compagnie. »

« Un comité de sélection pour le college football playoff à venir est vraiment une idée mauvaise et stupide », écrit Denis Dodd de CBSSports.com. « Treize personnes dans une pièce décident du premier tournoi final de l’histoire du football universitaire comme s’ils étaient des scientifiques secrets du gouvernement examinant le corps d’un alien ? »

« Je suis plus nerveux au sujet d’un comité à treize membres qui publie son classement et se trompe dans ses sélections que je ne l’étais du temps du BCS » écrit l’éditorialiste de FoxSports.com Clay Travis.

En bref, l’idée de faire confiance à quelques professionnels sélectionnés pour décider quelle équipe termine quatrième et laquelle reste sur le bord de la route est si perturbante pour certains qu’ils en viendraient presque à regretter le temps des votants mal informés et des formules mystérieuses et mathématiquement sans fondement des ordinateurs.

Oh, football universitaire… Seras-tu jamais content ?

Sélectionner les sélectionneurs

Barry Alvarez, ex-coach de Wisconsin

La mise en place d’un comité de sélection a été décidée comme une forme de compromis au cours des négociations de 2012 entre conférences pour savoir si le champ du playoff devait se composer des 4 équipes les mieux classées dans les sondages ou des quatre meilleurs champions de conférence. Le langage spécifique employé à la fois lors de l’annonce de la création du comité et au moment de sa composition est que la mission du comité est de « sélectionner et classer les quatre meilleures équipes pour le playoff et d’affecter les autres équipes dans les Bowls retenus ». Pas les quatre meilleurs champions. Pas les quatre équipes les plus méritantes. Les quatre meilleures équipes. Comment ils définiront ce que sont les 4 meilleures équipes est un mystère à 608 millions de dollars qui sans aucun doute génèrera des tonnes de protestations et des théories du complot sans fin dans les mois et les années à venir, mais les commissioners ont indiqué quels critères ils devront appliquer. « Le comité de sélection a reçu le message très clair que gagner un championnat de conférence et la difficulté du calendrier comptent fortement et que ce sont deux des facteurs déterminants si deux équipes sont difficiles à séparer » a déclaré Larry Scott de la Pac 12. Rien que cela fournit plus de clarté que les sondages traditionnels, dont la principale consigne aux votants était : envoyez votre vote dans les temps.

J’ai pour ma part des opinions assez tranchées sur le sujet. D’une part, j’ai par le passé voté pour l’AP Poll et je dois bien admettre que, bien que je prenais mon vote au sérieux, il n’avait pas grand chose de scientifique. Comme la plupart des votants, je couvrais un match chaque samedi et par conséquent je ne voyais que des morceaux de match ou les meilleurs moments résumés des matchs qui se déroulaient en même temps. J’avais seulement jusqu’au lendemain midi pour déterminer si l’équipe X était meilleure que l’équipe Y, que je les ai vu jouer ou pas. Donc, comme la plupart des participants, je reprenais souvent les équipes de la semaine précédente et je les déplaçais vers le haut ou le bas de mon classement.

D’un autre côté, j’ai participé à une simulation organisée par la NCAA pour les journalistes afin de voir dans les conditions du réel comment fonctionne le comité de sélection du tournoi de basket et, bien que ce n’est pas parfait, c’est véritablement impressionnant en termes de profondeur d’analyse et d’organisation. Greg Shaheen, un ancien cadre de la NCAA chargé du comité de sélection de basket, nous a aidés, mon collègue Pete Thamel et moi, à mettre en place notre simulation pour le football en utilisant un panel de DS, en 2012. Croyez moi, un groupe de professionnels qui savent de quoi ils parlent assis dans une salle et délibérant avec soin sur leurs sélections est bien plus impressionnant que les polls conduits à la hâte utilisés par le BCS. « Je sais l’importance de regarder les données, l’information qui vous est présentée, de travailler dur pour évaluer les choses sous tous les angles, tout en sachant que vous n’avez pas une éternité pour donner votre sélection » affirme Condoleeza Rice, membre du comité et ancienne membre du cabinet de la Maison Blanche. « … Je sais aussi l’importance d’avoir des collègues qui peuvent questionner vos choix comme vous pouvez questionner les leurs et on obtient de meilleures décisions avec ce procédé collaboratif. »

Cela dit, je suis moins enthousiaste au sujet de certaines des règles initiales adoptées par le comité, j’en reparlerai plus loin. Aussi, je reconnais que sélectionner un comité pour choisir quatre équipes de playoff causera plus de controverse que pour leurs confrères du basket qui doivent en sélectionner 68. « ça vous saute au visage quand vient l’heure de choisir les deux dernières équipes qu’il y a un paquet d’équipes qui peuvent être candidates à ces deux dernières places », admet le DS de Mississippi State Scott Stricklin après avoir participé à notre simulation, « ça sera une tâche impressionnante lorsque le vrai comité sera réuni. »

Et finalement, peu importe à quel point les membres du comité seront qualifiés et respectés, il sera quasiment impossible d’éliminer l’impression de biais personnels que supposeront les fans quant aux sélections du comité. Parce que bien sur, il n’y a pas de meilleurs juges de l’objectivité que des fans acharnés d’une équipe donnée.

« Je vais devoir changer mon adresse mail et mon compte Twitter » plaisante le DS de USC et membre du comité Pat Haden.

Pat Haden, Directeur des Sports à USC

Avant de voir plus en détail comment le comité fonctionnera, familiarisons nous avec les personnes qui vont mener les opérations. Ce n’est pas comme si Bill Hancock était allé prendre 13 personnes à la supérette en bas de la rue. « Nous voulions des personnes de la plus haute intégrité pour ce comité, et nous les avons trouvées » déclarait Hancock au moment de l’annonce de la composition du comité en octobre 2013. « chacun d’entre eux a une grande connaissance du football, un excellent jugement, un vrai engagement et l’amour de notre sport. »

Hancock, qui a passé avec les commissioners des mois pour analyser une liste de 100 nominés potentiels, dit que le groupe a recherché une combinaison de 5 groupes : 1) des anciens coaches, 2) des anciens joueurs, 3) d’anciens administrateurs, 4) d’anciens journalistes et 5) des directeurs des sports en activité. Ils ont retenu au moins un de chaque, avec 10 anciens joueurs, 5 DS en poste, trois membres du College Football Hall of Fame et, au total, 230 années combinées d’expérience dans le football universitaire. Compte tenu de l’engagement en termes de temps et de l’inévitable lot de critiques qu’ils affronteront, il est remarquable que tant de grands noms aient accepté de participer.

« J’ai vraiment ressenti une obligation d’en être », dit le DS de Wisconsin et ancien coach des Badgers Barry Alvarez. « J’ai pu avoir un diplôme grâce au football universitaire. J’ai été capable de suivre ma vocation grâce au football. Le moins que je puisse faire pour rendre ce qui m’a été donné est de faire partie de ce comité. »

Et devinez quoi ? Ils vont travailler bénévolement.

Hancock affirme que le mandat moyen d’un membre du comité sera de trois ans, mais « certains membres du premier groupe auront des mandats plus courts et d’autres plus longs, ce qui est nécessaire le temps que nous mettions en place un roulement. »

Pour le meilleur et pour le pire, les 13 membres d’origine du panel seront parmi les personnes les plus importantes du football universitaire pour le futur proche.

Mesdames, Messieurs, voici votre comité de sélection.
  • Jeff Long, président, Directeur des Sports d’Arkansas : ancien quarterback universitaire et, durant deux saisons dans les années 80, assistant coach à Duke et Michigan, Long a progressé dans les rangs de directions des sports de cinq facs avant de prendre son premier job de DS à Pittsburgh en 2003. Il a rejoint Arkansas en 2008. En 2012, il a attiré l’attention en licenciant le coach à succès Bobby Petrino suite au scandale ayant vu Petrino mentir à son boss sur les détails d’un accident de moto où sa passagère était sa maîtresse qu’il avait engagée pour travailler dans le programme football. L’homme a donc de l’expérience au niveau des décisions impopulaires. Alma Maters : Ohio Wesleyan (licence), Miami of Ohio (master). Anciens employeurs universitaires : NC State, Duke, Michigan, Rice, Virginia Tech, Eastern Kentucky, Oklahoma et Pittsburgh.

  • Barry Alvarez, Directeur des Sports de Wisconsin : intronisé au College Football Hall of Fame en 2010, Alvarez a coaché les Badgers pendant 16 saisons (1990-2005), menant le programme longtemps moribond à trois victoires au Rose Bowl. Il est directeur des sports de l’université depuis 2005, et est, tout le monde s’en souvient, retourné sur le bord du terrain pour le Rose Bowl 2013 contre Stanford après que son successeur Bret Bielema ait déserté pour Arkansas. Hé, quelqu’un connaît le nom du type qui a débauché Bielema de Wisconsin ? Oh, ouais… C’est le président de ce comité… Autre illustration que le monde est petit, Alvarez a joué linebacker à Nebraska dans les années 60, lorsque le membre du comité Tom Osborne était assistant coach pour l’attaque. Alma Mater : Nebraska (licence et master). Anciens employeurs universitaires : Iowa, Notre Dame.

  • Lieutenant général Michael Gould, ancien superintendant d’Air Force Academy : général trois étoiles de l’Air Force à la retraite et officier décoré, Gould a passé toute sa carrière dans les forces armées, stationné sur des bases autour du monde. Joueur reconnu des Falcons et assistant coach en 1976-77, Gould a finalement progressé jusqu’à diriger l’Académie de 2009 à 2013. En 2010, il était président du conseil d’administration des directeurs de la Mountain West. Clairement, Gould a pris dans sa vie des décisions plus importantes que de sélectionner les meilleures équipes de football du pays. Alma Maters : Air Force (licence), Webster University (master). Anciens employeurs universitaires : Air Force.

  • Pat Haden, Directeur des Sports de USC : quarterback vedette des Trojans au milieu des années 70, remportant deux titres nationaux, Haden a été Rhodes Scholar [bourse d’étude donnée aux étudiants les plus brillants comprenant une année à l’étranger dans les facs les plus prestigieuses, souvent anglaises] tout en jouant en pros chez les Rams de Los Angeles. Prends ça, Tom Brady. Haden a longtemps été un consultant pour la télévision, dont une période en tant qu’analyste pour les matchs de Notre Dame sur NBC de 1998 à 2009. En 2010, il est revenu dans son alma mater pour nettoyer un département des sports ravagé par le scandale NCAA lié à Reggie Bush. Il a passé la plupart de son temps les trois premières années à défendre son coach largement critiqué Lane Kiffin avant de le renvoyer brutalement en septembre 2013 au beau milieu de la nuit, dans un aéroport, suite à une défaite. Il est par conséquent considéré comme un héros dans de nombreuses parties du pays. Alma Maters : USC (master), Université d’Oxford (UK), Ecole de Droit de Loyola.

  • Tom Jernstedt, ancien vice président exécutif de la NCAA : Jernstedt a passé 38 ans à la NCAA avant que l’actuel président Mark Emmert ne supprime son poste dans le cadre d’une des nombreuses ‘restructurations’ de l’institution. Il est aujourd’hui un consultant qui a travaillé pour la Big 12 et la Mountain West. Jernstedt a supervisé le comité de sélection du basket durant des décennies, ce qui incluait le rôle d’agent de liaison entre le comité et le staff de la NCAA. L’homme qui par le passé choisissait les membres de ce comité est aujourd’hui l’un de ceux choisis. Intronisé au Basketball Hall of Fame, Jernstedt a ses racines dans le football, ayant joué quarterback à Oregon de 1963 à 67. Alma Mater : Oregon (licence et master). Ancien employeur universitaire : Oregon.

  • Oliver Luck, Directeur des Sports de West Virginia : Après avoir occupé des postes de manager général, de président et de PDG dans différentes franchises professionnelles du Frankfurt Galaxy (Ligue Mondiale de Football Américain) au Houston Dynamo (MLS), l’ancien quarterback de West Virginia et des Houston Oilers est revenu dans son alma mater en 2010. Là bas, l’ancien finaliste du Rhodes Scholar a le plaisir de superviser deux des plus célèbres marginaux du sport universitaire : coach Dana Holgorsen pour le football et coach Bob Huggins pour le basket. Luck a un fils que vous connaissez peut-être. Il se prénomme Andrew et a joué un peu à Stanford. Alma Maters : West Virginia (master), Texas (licence de droit).

  • Archie Manning, ancien quarterback NFL : Manning était une star à Ole Miss qui a non seulement retiré son numéro 18 mais a aussi limité la vitesse de circulation sur son campus à 18 mph en son honneur. Il a passé 14 saisons en NFL, principalement chez les Saints de la Nouvelle Orléans et a disputé deux Pro Bowls avant de prendre sa retraite après la saison 1984. Comme son confrère Oliver Luck, sa lignée NFL est perpétuée par deux quarterbacks dont vous avez peut-être entendu parler, Peyton et Eli. Archie est une figure du football universitaire aujourd’hui encore, que ce soit comme analyste studio pour CBS ou comme patron d’un camp d’entraînement annuel familial qui emploie comme conseillers des quarterbacks universitaires célèbres (et, en de rares occasions, en vire un pour être resté au lit trop longtemps). Alma mater : Ole Miss (master).
    Note : Archie Manning a démissionné de son poste au sein du comité en mars 2015. Il a été remplacé par l’ancien coach de Vanderbilt, Bobby Johnson.

  • Tom Osborne, ancien coach de Nebraska : Osborne aurait sans doute apprécié d’avoir un playoff pendant ses 25 saisons (1973-97) aux commandes à Lincoln, alors que ses Huskers ont remporté 12 titres de la Big 8 et trois titres nationaux (1994, 96, 97), terminé 18 fois dans le Top 10 et obtenu un record de 255-49-3. Sans grande surprise, il est membre du College Football Hall of Fame. Après le coaching, Dr Tom a effectué trois mandats à la chambre des représentants et s’est porté candidat au poste de gouverneur en 2006. Un an plus tard, il est retourné à Nebraska comme directeur des sports, inspirant le mouvement de la fac de la Big12 vers la Big Ten. Oh, et il déteste l’université du Texas (je plaisante). Alma Maters : Hastings College (licence), Nebraska (master et doctorat). Ancien employeur universitaire : Nebraska.

  • Dan Radakovich, directeur des sports de Clemson : Tight end, punter, et étudiant-coach pour Indiana University of Pennsylvania, Radakovich a passé plus de 30 ans dans les administrations sportives universitaires. Avant de prendre le poste de DS à Clemson en 2012, il a occupé le même poste à Georgia Tech pendant six ans. Radakovich est aussi membre du comité consultatif de la NCAA, un panel de 10 DS mis en place par Emmert en 2013 pour apporter leur avis en matière de règlements. Le travail de notre comité semble une jolie parade de carnaval comparé à la tâche d’essayer de réguler la NCAA. Alma Maters : Indiana University of Pennsylvania (licence), University of Miami (master) [The U, baby!!!]. Anciens employeurs universitaires : Miami, Long Beach State, South Carolina, American, LSU, Georgia Tech.

  • Condoleeza Rice, professeur à Stanford : Rice, qui a grandit à Birmingham, Alabama, est une fan acharnée du Crimson Tide et la fille d’un ancien coach de football a servi comme provost à Stanford où elle a embauché l’ancien coach et membre du comité de sélection Tyrone Willingham. Bien sur, le public la connaît surtout pour son rôle de conseilleur à la sécurité nationale et secrétaire d’état [ministre des affaires étrangères] sous l’ancien président George W Bush. Et lorsque sa nomination au comité a fuité en 2013, une certaine partie des suiveurs de football, les Néanderthaliens, l’ont désigné avant tout comme… une fille. « Tout ce que Rice sait du football, c’est des choses que quelqu’un lui a dit » déclarait l’ancien coach d’Auburn Pat Dye à la radio. Dans le même temps, le coach de Stanford David Shaw déclarait au Stanford Daily que Rice et lui avaient dessiné des jeux offensifs afin de « créer des déséquilibres en faveur des tight ends de Stanford ». Donc, quoi qu’on lui ait raconté, ça a fonctionné. Alma Maters : University of Denver (master, doctorat), Notre Dame (master).

  • Mike Tranghese, ancien commissioner de la Big East : Tranghese a travaillé pour la Big East depuis sa création en 1979 jusqu’à ce qu’il prenne sa retraite 30 ans plus tard, notamment comme deuxième commissioner de 1990 à 2009. Au début de son mandat, il a convaincu les membres d’inviter des facs comme Miami ou Virginia Tech pour lancer une conférence de football. Lorsque l’ACC a fait son raid au milieu des années 2000 en prenant les Canes et les Hokies, il a maintenu la conférence en incorporant Cincinnati, Louisville et USF. Sentant que la Big East était une bombe à retardement, il a pris sa retraite juste avant que la conférence n’explose pour de bon. Tranghese a été membre du comité de sélection du basket de 1996 à 2001 et coordinateur du BCS en 2003-04. Oh, et il déteste l’ACC (je plaisante à moitié). Alma Mater : St Michael’s College (licence et master). Anciens employeurs universitaires : American International College, Providence.

  • Steve Wieberg, ancien journaliste de USA Today : journaliste sportif récompensé par des awards, Wieberg a travaillé pour USA Today de sa création en 1982 à 2012. Il couvrait le basket et le football universitaires, écrivant parfois des articles sur économie de la NCAA et d’autres aspects business. Il sait qu’il siègera au comité aux côtés de ses anciens sujets d’articles. « Je me sens un peu comme Ringo alors qu’il y aurait 4 John, 4 Paul et 4 George dans le groupe » disait-il au moment de sa nomination. Je connais Steve du temps où nous couvrions ensemble un certain nombre d’évènements et il n’aura aucun problème à confronter sa connaissance du football avec les autres célébrités rassemblées dans la salle. Alma Mater : Missouri.

  • Tyrone Willingham, ancien coach : Willingham est devenu l’un des coaches les plus recherchés du milieu au cours de ses années à Stanford au milieu des années 90, remportant deux fois les honneurs de coach de l’année de la Pac10 et menant le Cardinal à leur première victoire au Rose Bowl en 28 ans. En 2002, Notre Dame fit de lui le premier coach afro-américain de l’université. Il a mené les Irish à un record surprenant de 10-3 pour sa première saison avant que sa carrière ne parte en flammes. Après que Notre Dame l’a renvoyé après deux saisons décevantes, il est engagé par Washington où il produit cinq records perdants de suite, touchant le fond à 0-12 au cours de sa dernière saison. Alma Mater : Michigan State. Anciens employeurs universitaires : Michigan State, Central Michigan, NC State, Rice, Stanford, Notre Dame, Washington.

Juste parce que vous êtes paranoïaques…

Tyrone Willingham, ex-coach de Notre Dame

Le comité de sélection du basket est largement anonyme, à l’exception du président qui va sur CBS après que le tableau est annoncé. Pour le football, par contre, il semble que le public connaîtra bientôt les 13 noms aussi bien que la liste des coaches de la SEC ou les engagements des futures recrues de leur équipe favorite. C’est en partie lié à la résonance de noms comme Osborne ou Rice. Mais c’est principalement parce que leurs décisions ont des enjeux très élevés. Si le comité de sélection du basket sélectionnait le Final Four, vous connaîtriez probablement leurs noms aussi. « Deux DS m’ont dit que jamais de la vie ils n’envisageraient d’en faire partie » affirme Alvarez. « Il faut avoir le cuir épais dans ce business ».

J’ai recensé les différentes affiliations universitaires de tous les membres pour montrer à quel point des conflits d’intérêt supposés pourraient voir le jour en fonction des équipes qui seront dans la position d’être candidates année après année. Bien sur, les organisateurs du CFP et les membres du comité eux mêmes chercheront à vous convaincre qu’il n’y aura aucune inquiétude à avoir. « Je pense que ceux qui ont travaillé dans différents endroits ont l’intégrité pour se détacher de ces relations et faire ce qui est dans le meilleur intérêt du football universitaire » affirme Long.

Dans une conférence de presse d’avril 2014, Hancock et Long ont annoncé en grande pompe un règlement de récusation savamment composée énumérant les conditions sous lesquelles un membre du comité devrait s’abstenir d’un vote ou d’une discussion concernant une équipe spécifique. Il n’y en a pas beaucoup. Si une université vous salarie – pour un job effectif ou en rémunération différée pour un emploi en son sein – vous ne pouvez pas voter. Et c’est tout. Rien n’empêchera Haden de voter sur les rivaux de USC que sont Notre Dame ou UCLA ou Willingham de voter sur les équipes qui l’ont viré. Rien n’empêchera Luck de voter sur l’université qui a aidé son fils à devenir un quarterback multimillionnare.

Mais les membres du comité ne sont pas aussi préoccupés que peuvent l’être les fans des équipes concernées.

« J’ai beaucoup de respect pour Stanford et j’aime beaucoup David Shaw, mais je pense que je peux évaluer Stanford très justement » affirme Luck. « Mis à part l’université pour laquelle je travaille et qui me donne un chèque toutes les deux semaines, je pense que je peux être juste sur le cas de n’importe quelle équipe. » Au sujet des DS du comité discutant et votant sur les équipes qui composent leurs propres conférences, Luck déclare : « Je pense que ça fait beaucoup de sens de demander à Barry Alvarez ‘hé, tes gars ont joué Michigan la semaine passée, dis nous ce que tu en penses, dis nous ce que tes coaches en on dit… A la fin, s’il y a des théories du complot, c’est génial, mais je suis persuadé que ce groupe va bien faire les choses. »

« Je peux vous dire, avec mon expérience du comité de basket, que si quelqu’un essayait de franchir la ligne jaune, on l’arrêtait tout de suite », affirme Tranghese. « Les autres membres ne laissent pas faire. La plus grande priorité est l’intégrité, pour moi. »

La raison pour laquelle il pourrait être particulièrement facile pour le comité de sentir que quelqu’un essaie d’intriguer est que d’ici la fin de la saison, ils se connaîtront sacrément bien. À l’origine, les organisateurs pensaient que le comité se réunirait en plusieurs occasions au cours de la saison mais ne se livrerait à l’exercice de la sélection qu’en de rares occasions avant la publication du classement début décembre. « Il n’y aura pas de publication hebdomadaire, comme ce que nous avions avec le BCS » déclarait Hancock en octobre 2013. Six mois plus tard, le comité et lui-même changeaient de position et annonçaient qu’un classement de Top 25 serait publié toutes les semaines à partir de la dernière semaine d’octobre, et qu’il serait présenté dans un show de début de soirée sur ESPN. Juste comme le BCS. En 2014, le premier classement sera annoncé le 28 octobre.

C’est un tout nouveau jour. Le mardi.

Le comité se réunira physiquement tous les lundis et mardis pendant six semaines de suite, au Gaylord Texan Hotel de Dallas, où ils laisseront très certainement une sacrée note de room service. Ils se réuniront ensuite pour le classement qui compte réellement au cours du dernier weekend de la saison, annonçant leur classement, le tableau du playoff et les autres Bowls des ‘Six du Nouvel An’ le dimanche (le 7 décembre en 2014). « A partir du moment où on allait faire un classement, nous avons ressenti le besoin de le faire chaque semaine », dit Long. « C’est ce à quoi les fans sont habitués, et nous pensions que ça laisserait un vide dans l’univers du football universitaire de ne pas avoir de classement pendant plusieurs semaines. »

Quoique compréhensible, c’est une décision malheureuse. Manifestement, il n’était pas réaliste de penser que le comité allait travailler dans l’ombre toute la saison et émerger le dernier dimanche de la saison comme Moïse avec les Tables de la Loi. Ce serait trop détonnant. Mais en faisant son propre sondage hebdomadaire, le comité abandonne ce qui a mené à sa création, et qui était sans doute l’élément le plus important : différencier leur processus de celui des polls traditionnels.

De la Force (du calendrier)

Florida State vs Florida

Une des conséquences inévitables des sondages Top 25 est le biais de la continuité. Si en tant que votant de l’AP vous considérez avant la saison que USC est #1 et Oklahoma est #4, il vous faut souvent des preuves très fortes du contraire pour que vous changiez d’avis. Exemple : on a vu très tôt dans la saison 2013 que le double champion en titre Alabama avait une défense qui n’était pas au niveau exceptionnel de ses devancières, alors que Florida State écrabouillait tous ses adversaires. Mais les votants n’ont daigné mettre les Noles devant le Tide à la première place qu’après qu’Alabama a perdu son dernier match de saison régulière. « Tous les polls de l’histoire du football universitaire tendaient à refléter le passé et pas la vérité de la saison en cours », déclare le commissioner de la Big Ten Jim Delany. « J’aime vraiment le comité parce qu’il se base sur ce que les gens font, pas sur qui ils sont ou ce qu’ils ont pu faire avant. »

Bien qu’il est juste de dire que le travail du comité sera théoriquement dégagé des perceptions d’avant saison, ils auront eux aussi un point de départ à compter de fin octobre à partir duquel les équipes monteront ou descendront dans leur classement jusqu’en fin de saison. Juste comme un poll. S’ils font leur boulot comme prévu, les classements du comité pourrait diverger fortement de ceux de l’AP ou des coaches (qui ne vont pas disparaître), ce qui va sans doute ajouter à la confusion. « En approchant de la fin, les gens vont sans doute avoir une opinion assez fine de ce qui va se passer, mais en fonction des résultats des derniers matchs ils pourraient avoir de sacrées surprises », dit Haden. « Ce qu’il se passera en finale de conférence pourrait avoir un impact très fort sur le choix des membres sur le choix de la quatrième équipe ». Ce qui est sans doute une des raisons pour lesquelles le comité s’est senti obligé de publier des mises à jour régulières de son classement. Ils anticipent un processus d’acclimatation.

« Ce sera différent de tout ce que les gens ont connu jusque maintenant », affirme Hancock. « La saison évolue. C’est fluide. Des équipes s’améliorent, d’autres perdent pied. Il y a des blessures qui changent la dynamique d’une équipe. Certaines équipes vont affronter une équipe au complet début septembre et d’autres joueront cette même équipe en novembre, mais ce sera comme jouer une équipe différente. Et le comité pourra prendre tous ces facteurs en considération, ce qu’un ordinateur ne pourrait pas faire. »

Le fait que le comité prenne ces éléments en compte est en lui seul un changement énorme par rapport aux polls traditionnels. De même, l’importance qu’ils placeront dans la difficulté du calendrier. Alors que les votants d’AP, de Harris, des coaches pouvaient donner une petite importance au niveau de compétition affronté par les équipes, le premier facteur déterminant dans le classement d’une équipe était son nombre de défaites. À quelques exceptions près, être invaincu vaut plus qu’avoir une défaite, une défaite plus que deux, deux plus que trois. Si une équipe du Top 10 perd un match contre une autre équipe du Top 10 à la dernière seconde sur un field goal, la coutume chez les votants traditionnels est de considérer que cette équipe est soudainement cinq ou six places moins bien classée qu’elle l’était la semaine précédente, même si les équipes qui passent devant elle au classement ont passé la semaine à battre des équipes de FCS ou de conférences mineures.

Par contraste, dans l’ère du playoff, il est tout à fait possible qu’une équipe à 11-2 qui a affronté un calendrier particulièrement compliqué soit mieux classée qu’une équipe à 12-1 qui a passé sa saison à disposer d’équipes de faible niveau. A ce moment là, le pétage de plombs collectif des fans atteindra 3.1 sur l’échelle de Richter. Mais, encore une fois, c’est une bonne chose. Cela pourrait motiver les équipes de l’élite à renforcer leur calendrier hors conférence, et donc créer de meilleures affiches pour les fans. Le playoff à venir a déjà poussé certaines équipes à programmer des séries futures de haut niveau, particulièrement dans la Big Ten, qui passera de 8 à 9 matchs de conférence à partir de 2016 (imitant la Big 12 et la Pac12) et qui décourage ses membres de programmer des adversaires issus de la FCS. « Vous ne pouvez rien faire contre votre calendrier de conférence », affirme Alvarez, « c’est votre objectif – en fonction de votre choix d’adversaires hors conférence… Il est très facile pour moi de voir quel est l’objectif du calendrier d’une équipe. »

Tout de même, la fureur s’est déchaînée quand la SEC et l’ACC ont annoncé qu’elles resteraient à 8 matchs de conférence au printemps 2014 (bien qu’elles ont annoncé recommander à leurs membres de programmer au moins une rencontre par saison contre une équipe membre du Power Five), alimentant la paranoïa dans un milieu déjà passablement sujet à la chose. « Si nous allons dans un playoff et que ce système est fait pour durer, alors nous devons tous jouer avec les mêmes règles » affirme David Shaw, le coach de Stanford [et voilà, encore ce nerd qui fait sa pleureuse… avec les mêmes règles… T’as le bonjour des Petites Soeurs des Pauvres] après l’annonce faite par la SEC. « Nous jouons 9 de nos 12 rencontres au sein de notre conférence, pourquoi ne feraient-ils pas la même chose ? »

Mais les inquiétudes de Shaw pourraient n’avoir aucun fondement. En fait, il semble même que des équipes comme la sienne pourraient bénéficier fortement du nouveau système. En 2013, le Cardinal a fini à 11-2 en saison régulière, remporté le championnat de la Pac12, et terminé cinquième du classement BCS tout en jouant le 4° calendrier le plus difficile du pays selon le classement Sagarin. Ils ont remporté six victoires contre des équipes classées dans le Top 30 de Sagarin et auraient pu prétendre à une place en playoff. Dans le même temps, Alabama et sa seule défaite au compteur n’a battu que deux équipes du Top 30.

« La preuve sera donnée par les faits », assure Larry Scott, « mais je pense que la plupart du temps, nous allons prendre le bénéfice du doute quand une équipe sera très proche d’une autre. Et la difficulté du calendrier que nous avons sera un facteur déterminant pour l’équipe que nous choisirons. » Lorsque viendra, inévitablement, le jour où une équipe de la Pac12 passe devant une équipe de la SEC pour la dernière place du playoff, vous pouvez être certains de deux choses : 1) les auditeurs qui passeront à l’antenne dans le show de Paul Finnebaum le jour suivant balanceront des trucs qu’on n’a jamais entendu en radio et 2) la SEC passera à 9 matchs de conférence. Point barre.

Dans le même temps, des calendriers déséquilibrés entre les conférences diverses, et, dans certains cas, au sein même d’une conférence, pourraient constituer un gros défi pour le comité. Dans la Big12, il est facile de déterminer la meilleure équipe de la saison. Les 10 équipes se rencontrent toutes entre elles. Mais dans la SEC à 14 équipes, les équipes jouent seulement deux équipes de l’autre division. Idem pour l’ACC et en 2014 et 2015 pour la Big Ten. « Les équipes ne jouent pas le même calendrier », déclare Tranghese. « Quelqu’un peut bien dire ‘telle conférence est la deuxième conférence la plus dure du pays’, ça ne veut rien dire pour moi. C’est contre qui tu joues qui compte. »

Par exemple, en 2013, Missouri a gagné la SEC East avec un record de 11-1. Avant la finale de conférence, toutefois, les Tigers n’avaient pas joué contre les trois premières équipes de l’Ouest (Auburn, Alabama, LSU) et avaient perdu contre l’équipe la mieux classée de leur division (South Carolina). Leurs meilleures victoires à ce moment étaient contre 8-4 Georgia et 8-4 Texas A&M, et ils avaient joué contre Murray State, Toledo, Indiana et Arkansas State hors conférence. S’ils avaient battu Auburn en finale de la SEC, ils auraient sans doute participé au BCS Championship. Un comité de sélection n’aurait sans doute pas fait ça. « Pour le comité, que vous jouiez 8 ou 9 matchs de conférence importe peu. Ce qui compte, c’est le calendrier de tout le monde dans son intégralité, tous les 12 ou 13 matchs » affirme Hancock.

C’est le football, idiot !

Sachez bien que les membres du comité ne vont pas seulement s’appuyer sur les scores et les calendriers. Ils prévoient de voir des matchs. Un paquet de matchs, même. Le staff du CFP a équipé chacun d’entre eux avec un I Pad pour ce faire et a sollicité les conférences et DragonFly, un service de scouting vidéo utilisé par de nombreux programmes universitaires, afin que les membres aient accès à la fois aux diffusions télévisées et aux montages vidéos utilisés par les coaches pour qu’ils puissent tout voir, à leur convenance. « Mes dimanches seront entièrement consacrés à ça » assure Haden.

Dans le même temps, une société nommée SportsSource Analytics développe une plateforme de données qui permettra aux membres de classer les équipes selon ‘des centaines’ de catégories statistiques. Les membres du comité ont pu en avoir un aperçu au cours d’une réunion d’intersaison en 2014. « Nous leur avons demandé de reprendre toutes les données en remontant aussi loin dans le passé que possible, 13 ou 15 ans, et de prendre toutes les centaines de catégories qu’ils avaient (comme troisième et dix dans les 20 yards adverses) et de classer ces catégories en fonction de l’importance qu’elles ont pour les champions ou les équipes du Top 10. » déclare Luck. « Est ce que c’est ce à quoi les gens pensent toujours ? Le ratio de turnovers ? Les yards au sol ? Les yards au sol contre ? Je vais me concentrer sur les catégories qui ont prouvé être un facteur commun historiquement pour les équipes championnes. »

Et même, personne ne peut savoir avec certitude pour le moment comment les divers membres vont définir ce que sont les ‘4 meilleures équipes’. Hormis les critères déjà évoqués (difficulté du calendrier, rencontres directes…), les organisateurs ont clairement affirmé que chacun des membres du comité aura la liberté de décider comment exactement il ou elle évalue une équipe de football. « Il n’y aura pas une seule unité de mesure comme le RPI, qui est fortement surévalué en basket » affirme Hancock.

Est-ce que les membres du comité s’appuieront plutôt sur des mesures statistiques plus avancées comme l’efficacité F/+ de Football Outsiders ? Est-ce que nous aurons plutôt le toujours ambigu ‘test visuel’ ? « Chacun ici apporte une analyse personnelle un peu différente » affirme Alvarez. « En ayant analysé des heures de matchs, je pense en savoir un peu sur le football et sur ce qu’est une bonne équipe ».

Le comité a promis la transparence et Long, en tant que président, ira sur ESPN tous les mardis soir pour expliquer le raisonnement du comité. Mais il n’y aura pas de reporter dans la salle du comité. Il n’y aura pas de publication du Top 25 individuel de chaque votant, parce que ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Le comité va plutôt confronter des échantillons d’équipes avec d’autres, conduire des micro-sondages pour produire le classement global. En tant que groupe dont les décisions vont affecter les vies de multiples coaches et joueurs et la joie ou le rejet total qui en suivra de millions de fans, le comité du College Football Playoff est destiné à devenir l’un des plus sur-analysés et des plus remis en question des groupes de décisionnaires. Certaines années, le tableau va se dessiner de lui-même, mais la plupart du temps, il n’y aura tout simplement pas de bonne sélection possible.

« Il y aura des décisions très délicates à prendre » dit Hancock, qui s’est penché sur les saisons précédentes pour les analyser (comme je vais le faire juste après). « La décision certaines années entre 4-5-6 aurait été déchirante. D’autres années, c’est entre 3-4-5 que ce serait déchirant. Quoi qu’il arrive, cette année, l’an prochain ou les suivants, ce sera difficile. Nous n’avons pas créé le playoff pour supprimer le conflit. Nous savions que le conflit ferait toujours partie de l’affaire. »

Mais vous pourrez maintenant reporter vos frustrations sur 13 personnes plutôt que sur un groupe de plus de 160 votants et un assemblage de mystérieuses formules d’ordinateurs. C’est un progrès. Vraiment. Vous pourriez juste ne pas être d’accord avec ça le 7 décembre, quand votre équipe sera laissée à la porte du playoff…

Après trois années à commenter le football sous toutes ses formes, Verchain a rejoint la rédaction de The Blue Pennant en 2013 pour vous proposer son College Football Report et quelques autres fantaisies, en exclusivité.

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Guide du CFP pour les fans

Le guide du College Football Playoff pour les fans – 1ère partie

Retrouverez la traduction intégrale ou presque du petit livre de Stewart Mandel de FoxSports : The Thinking Fan’s Guide to the College Football Playoff.

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Par Stewart Mandel

NDT : Toutes les erreurs éventuelles de traduction sont de la responsabilité du traducteur. Certaines parties du livre ne sont pas traduites (par exemple la préface « pourquoi j’ai écrit ce livre »). Comme de coutume, des Notes Du Traducteur [NDT] seront incluses dans le traduction, pour préciser un point ou faire un bon mot. Enjoy.

Un mot sur l’auteur : Stewart Mandel est un journaliste senior pour FoxSports. Il a couvert le football universitaire pour SI.com et Sports Illustrated pendant 15 ans, et notamment toutes les éditions du BCS National Championship Game hormis la toute première. Il a remporté de multiples récompenses de l’association américaine des journalistes de football. Stewart a écrit son premier livre, Bowls, Polls And Tattered Souls : Tackling the Chaos and Controversy That Reigns Over College Football, en 2007. Vous pouvez vous en procurer des exemplaires d’occasion pour 0,01 $ sur Amazon.com.

Stewart est diplômé d’une licence de journalisme en 1998 de l’université de Northwestern. Son obsession de tout ce qui touche au monde des Bowls peut être attribuée à sa présence au premier Rose Bowl disputé par les Wildcats en 47 ans alors qu’il était en première année. Depuis, il a suivi 11 Rose Bowls pour son travail et demeure fasciné par le coucher de soleil sur les San Gabriel Mountains qu’on aperçoit au cours du troisième quart-temps de la rencontre.

Stewart vit en Californie, à Mountain View, avec sa femme Emily.

QU’EST-CE QUI A PRIS SI LONGTEMPS ??

Princeton et Rutgers ont disputé le premier match de football universitaire de l’histoire, le 6 novembre 1869. il aura seulement fallu 145 ans pour que le plus haut niveau de ce sport décide d’adopter un système de playoffs à 4 équipes. Pendant ces années, des générations de journalistes et d’animateurs de talk shows de sport ont gagné leur vie en posant toutes sortes de variantes de la question : « Pourquoi le football universitaire n’a-t-il pas un playoff comme tous les autres sports ??? »

Eh bien, tout d’abord, les bowls – le sommet inégalé de la fin de saison de football universitaire – sont antérieurs à tout playoff des sports majeurs américains. Le premier Rose Bowl a été disputé le 1er janvier 1902. Les premières World Series [Baseball] ont été disputées 21 mois plus tard, et elles n’étaient pas, techniquement, un playoff, mais une série de rencontres au meilleur des 9 matchs entre deux équipes. Les premiers playoffs NHL [hockey] se sont disputés en 1918, et le premier match de playoffs de NFL n’a pas eu lieu avant 1932. La NCAA a mis en place son tournoi annuel de basket en 1939, la NBA a lancé sa première série de playoffs en 1947. Même le Super Bowl I, le 15 janvier 1967 ne s’appelait pas le Super Bowl à l’époque. Son nom officiel était le AFL-NFL World Championship Game. Le fait que la NFL ait par la suite adopté la terminologie du football universitaire plutôt que l’inverse montre à quel point les bowls étaient dominants pour la plus grande partie du vingtième siècle.

De plus, le football universitaire a débuté comme un sport avant tout régional. Des équipes de la côte Est (Harvard, Yale…) jouaient la plupart du temps contre des équipes de l’Est, celles du Midwest (Michigan, Wisconsin…) d’autres équipes du Midwest. En ces temps de voyage en train, les déplacements à longue distance pouvaient prendre près d’une semaine, et les matchs interrégionaux étaient une forme de grande nouveauté. Et l’idée de couronner un champion national n’a quasiment jamais été évoquée avant que l’Associated Press ne commence à publier son sondage de journalistes aujourd’hui omniprésent pour la première fois en 1936. Même alors, l’idée que des étudiants amateurs des quatre coins du pays puissent voyager sur de longues distances en décembre ou janvier pour déterminer quelle équipe était la meilleur semblait… absurde. Après que Michigan et Notre Dame aient toutes deux fini la saison 1947 invaincues, le coach des Wolverines Fitz Crisler a rejeté l’idée que les deux équipes devraient se rencontrer à l’occasion d’un match de championnat. Evoquant « le climat, l’exigence athlétique et d’autres facteurs », Crisler concluait que « ce serait juste l’occasion d’un débat réchauffé chaque hiver ».

Des montres pour tout le monde.

Même avec l’avènement des vols commerciaux, de la télévision et d’autres développements sociétaux qui ont transformé le sport universitaire en entreprise nationale, la résistance des dirigeants du sport n’a pas molli. Dès les années 50, la NCAA envoyait des équipes de basket aux quatre coins du pays pour son tournoi alors composé de 16 équipes. Huit équipes se retrouvaient à Omaha, Nebraska, pour les World Series Universitaires. Mais les Bowls – dirigés par des groupes locaux, pas par la NCAA – avaient mis la post-saison universitaire en coupe réglée. De 1936 à 1976, le nombre de bowls est passé de seulement 4 à 12, alors que ces rencontres événementielles devenaient une tradition les plus vénérées du sport. En ces temps plus insouciants, il n’y avait pas de plus grande réussite pour une équipe de football universitaire que d’atteindre le Rose ou l’Orange Bowl. En fait, l’AP faisait son sondage final avant les bowls tous les ans jusqu’en 1967, à une exception près ; le coaches poll a fait de même jusqu’en 1973.

« Pourquoi avons nous besoin de playoffs ? Parce que les pros en ont ? » déclara le coach de USC John McKay après la victoire de son équipe dans le Liberty Bowl 1975. « Nous avons mieux. Nous avons 8 ou 10 équipes qui gagnent leur conférence, gagnent leurs bowls, font de superbes saisons. Dix gagnants plutôt qu’un. Tout le monde est content. Les anciens élèves sont ravis. Les recruteurs sont heureux. Ils peuvent tous dire ‘on est numéro 1’. Le coach a une augmentation. Les joueurs passent du bon temps et reçoivent une nouvelle montre… »

John McKay, coach ldes Trojans de USC de 1960 à 1975

Mais, en fait, plusieurs des collègues de McKay ne partageaient pas son opinion. En 1966, le coach de Michigan State Duffy Daugherty, dont l’équipe avait partagé le mythique titre national l’année précédente, suggérait de supprimer les bowls du premier de l’an pour les remplacer par un playoff à 8 équipes regroupant six champions de conférences majeures et deux indépendants. « Les droits télévisés pour un playoff NCAA seraient énormes », affirmait-il. « Cela rapporterait à chaque membre de la NCAA au moins 20000 dollars. » De nos jours, cette somme ne couvrirait même pas le prix d’achat d’une des voitures de fonction de Nick Saban.

Le directeur exécutif de la NCAA Walter Byers a repris l’idée de Daugherty… jusqu’à un certain point. Reprenant un argument que beaucoup d’autres allaient employer encore au cours des cinq décennies suivantes, Byers affirma : « Il demeurera primordial que les intérêts légitimes des amis traditionnels du football universitaire qui, pendant toutes ces années, ont organisé les Bowls soient protégés. » Une commission de neuf membres mise en place par la NCAA, dont la vedette était le coach d’Alabama Bear Bryant a commencé à étudier la faisabilité d’un playoff à partir de 1968 mais a du se saborder sous la pression et les critiques à la fois des conférences majeures et des représentants des Bowls. « On a reçu plusieurs milliers de courriers », déclara le commisioner de la WAC et chairman de la commission Paul Brechler, « et avec des avis très différenciés. »

La possibilité d’un playoff a refait surface au cours de la Convention de la NCAA en 1976 à St Louis, où 134 universités de Division 1 se sont vues proposer un projet destiné à sélectionner les vainqueurs de quatre bowls du Nouvel An pour composer le champ d’un playoff. Le projet n’avait besoin que d’une majorité simple pour être accepté. Mais, une fois encore, les Bowls et les conférences majeures s’y sont opposé, tout comme le fit Sports Illustrated : « Les Bowls majeurs sont la raison d’être d’une poignée de personnels rémunérés et d’une armée de bénévoles , souvent des hommes de fortement appréciés dans leurs communautés » écrivait John Underwood dans un article sur le vote à venir. « … Supprimez l’impression d’être le numéro 1 de n’importe quel Bowl et il s’effondrera probablement ». Le projet n’a jamais été mis au vote.

De nombreux conseils et sous-comités de la NCAA ont lancé des propositions semblablement destinées à être rejetées au cours des années 80 et 90. A cette époque, la Division 1 avait éclaté en deux niveaux, la Division 1-A et la Division 1-AA (aujourd’hui dénommées FBS et FCS), la NCAA mettant en place un playoff pour les plus petites équipes. Mais les conférences majeures (comme la BigTen ou la SEC) avaient tout intérêt à conserver la NCAA loin de leur post-saison. Dans un marché largement dérégulé, les Bowls versaient directement leurs allocations aux universités ou conférences participantes. Les grosses légumes avaient toutes les raisons de craindre qu’un playoff dirigé par la NCAA contraindrait Auburn à partager son chèque du Sugar Bowl avec tous les Appalachian State de la création. De même, dès le début de la réflexion sur un playoff, les Bowls ont largement communiqué sur le fait que toute proposition de playoff constituait une menace sur l’existence même des Bowls. De ce fait, les cadres des Bowls et les volontaires aux vestes colorées ont investi un temps et un argent considérables à inviter à des diners bien arrosés les officiels des universités et des conférences qui leur permettrait de continuer leurs affaires. Par conséquent, toute tentative de mettre en place un système pour couronner un champion national devrait trouver un moyen d’intégrer les Bowls existants dans l’équation.

Fiesta Bowl 1987 – Miami vs Penn State

Belle ironie, un Bowl qui allait se retrouver pris dans un scandale révélant son hospitalité exagérée a par inadvertance déclenché le premier vrai mouvement vers un championnat officiel. En 1986, les deux équipes considérées de manière consensuelle comme les meilleures du football universitaire étaient Miami et Penn State, alors toutes deux indépendantes, et aucune d’elles n’était liée à un bowl en particulier. On était à une époque où les organisateurs des Bowls contractualisaient avec les facs avant même la fin de la saison régulière. Dans notre exemple, le Fiesta Bowl, fondé une quinzaine d’années auparavant, a misé sur le fait que les Canes et les Nittany Lions demeureraient invaincues, ce qu’elles firent, mettant en place un match épique en prime-time entre les équipes classées 1 et 2. Jusqu’alors, les rencontres entre 1 et 2 étaient extrêmement rares dans les Bowls – juste en 8 occasions dans les 56 premières années d’existence du AP Poll – et largement accidentelles. Mais à partir de là, l’idée de faire se rencontrer les équipes classées 1 et 2 prit racine.

En 1992, alors que les conférences s’accaparaient les Indépendants principaux (Florida State dans l’ACC, Penn State dans la Big Ten, Miami dans la Big East), l’ACC, la Big East, la Big 8, la SEC, la Southwest Conference et Notre Dame se sont entendues avec l’Orange, le Sugar, le Cotton et le Fiesta pour former la Bowl Coalition, plus tard renommé la Bowl Alliance. L’accord prévoyait que chaque équipe classée 1 ou 2 et appartenant à ces conférences pouvait être libérée de son accord avec l’un de ces Bowls pour que soit mis en place une rencontre entre le numéro 1 et le numéro 2. De 1992 à 1997, la Coalition / Alliance a réussi à mettre en place 3 rencontres de ce type. L’autre moitié du temps, cependant, l’absence de la Big Ten, de la Pac10 et du Rose Bowl empêchait qu’un match qu’on puisse considérer comme un vrai championnat national ait lieu. Ces trois parties maintenaient depuis 1947 un partenariat exclusif et refusaient férocement de partager leur événement. Pasadena est un endroit idyllique où on peut facilement se sentir coupé du monde environnant. Les personnes en charge de l’évènement n’avaient que peu d’intérêt pour un championnat national. Ils voulaient juste qu’on les laisse profiter de leur Nouvel An. Un Directeur des Sports de premier plan partisan d’un playoff a souvent exprimé sa frustration que le championnat national soit retenu en otage par « La Parade du Rose Bowl ».

Mais, en 1994, l’autonomie du Rose Bowl a privé le champion invaincu de la Big Ten, Penn State, de la possibilité d’un championnat national, qui est allé au premier du classement, l’invaincue Nebraska. « C’est une honte que les deux meilleures équipes du pays ne se soient pas rencontrées » a alors déclaré le quarterback des Nittany Lions Kerry Collins. Si vous ne le saviez pas, dix huit mois plus tard, les commissioners des autres conférences – et tout particulièrement Roy Kramer de la SEC – ont finalement persuadé ceux qui restaient en dehors du système de rejoindre une Super Alliance, qui fut juste après renommée Bowl Championship Series à l’aube de sa saison inaugurale, en 1998.

Quinze ans plus tard, Kramer, alors retraité, raconta à AL.com à quel point le Rose Bowl était inquiet de perdre ses deux champions traditionnels au profit d’un autre Bowl. Kramer a rassuré les dirigeants du Rose en leur montrant que les champions de la Big Ten et de la Pac 10 avaient seulement fini numéros 1 et 2 une seule fois dans les 50 années précédentes (deux fois, en réalité). Et bien sur, quand le premier classement BCS est paru le 26 octobre 1998, les deux premiers étaient… UCLA et Ohio State. « Le Rose Bowl était prêt à quitter le BCS » se souvient Kramer. «Je leur ai dit : ‘Bon, même si ça arrivait, ça ne le fera plus au cours des 50 prochaines années’. C’était vraiment tendu… ». Heureusement, Tennessee et Florida State ont terminé la saison 1 et 2.

Je suppose que tous ceux qui lisent ces lignes ont vécu au moins une partie de l’époque BCS. Nul besoin de rappeler l’histoire de ses 16 ans d’existence. Malgré toutes les critiques, le système a largement rempli son objectif initial. À l’exception de l’aberrante saison 2003, il a produit un champion unanimement reconnu chaque saison. L’intérêt pour la saison régulière est monté en flèche à mesure que les fans d’équipes d’une certaine conférence se préoccupaient fébrilement des résultats dans les autres conférences qui impactaient la course au BCS Championship Game. « Si vous considérez la croissance du marché du football universitaire de 98 à 2013, c’est quasiment incroyable », affirme le commissioner de la Big Ten Jim Delany. « le football universitaire s’est détaché des autres sports pour aujourd’hui être considéré comme le deuxième sport le plus populaire aux Etats Unis. Le BCS a vraiment développé et donné une portée nationale à notre sport. »

Avec l’attention croissance vint aussi le temps de la critique. En 2003, le président de Tulane Scott Cowen a organisé une coalition de conférences non qualifiables automatiquement pour le BCS (Conférence USA, Mountain West…)pour réclamer un système plus égalitaire. Le Congrès a mené des auditions. « Les créateurs du BCS l’ont mis en place en pensant que c’était une finalité » affirme le commissioner de la SEC Mike Slive, « mais d’autres personnes y ont vu le début de quelque chose de nouveau ».

Hormis l’addition d’un cinquième Bowl et l’ouverture plus grande faite aux petites équipes à partir de 2006 – ce qui nous donna le moment le plus fantastique de l’ère BCS, la victoire suprise de Boise State contre Oklahoma au Fiesta Bowl – le système demeura quasiment inchangé pendant 16 ans. Les excuses, pardon, les explications les plus communément avancées pour justifier que le fait d’augmenter le champ de deux équipes supplémentaires [NDT : pour déterminer le champion] serait un vrai désastre incluaient un conflit avec les études (mais il est normal que la FCS de jouer jusqu’à 4 matchs de plus), le risque de blessures (apparemment pas pris en compte lorsqu’il s’est agi d’approuver une douzième rencontre de saison régulière au milieu des années 2000), la sur-commercialisation (mais bien sur…) et le « bracket creep », un terme inventé par les consultants surpayés en relations publiques du BCS – parmi lesquels l’ancien porte parole de la Maison Blanche Ari Fleischer – pour illustrer la spirale négative qui verrait le champ d’un playoff inévitablement aller de 4 à 8 puis 12 puis 16 équipes (mais c’est probablement ce qui va finir par arriver).

Mort au BCS

Plus ses tenants défendaient le système, plus les critiques s’accumulaient. En 2010, le BCS devait faire avec une possible procédure en antitrust de la part du Procureur Général de l’Utah ; des plaintes étaient déposées auprès de l’IRS [le fisc américain] par un comité d’action politique, Playoff PAC ; et paraissait le livre à charge Death to the BCS [un must-read, vraiment] par le journaliste de Yahoo Sports Dan Wetzel et deux co-auteurs. Les deux derniers groupes concentraient leurs attaques sur l’opulence de certains comités organisant les Bowls, comme le ‘Summer Splash’ de l’Orange Bowl, un voyage organisé tout compris aux Bahamas pour les commissioners et les directeurs des sports. Le débat sans fin sur le playoff avait maintenant un programme de croisière (‘Tenue pour le dîner : décontractée’) comme argument.

En 2011, le Fiesta Bowl fournit aux adversaires du BCS les munitions ultimes lorsqu’un audit prouva que le PDG historique John Junker, déjà dans la tourmente du fait de contributions illégales à une campagne politique (pour lesquelles il a été condamné à six mois de prison en 2014), avait fait payer par le Bowl tout un tas de dépenses douteuses, incluant 30000 dollars pour une fête d’anniversaire à Pebble Beach [lieu d’un des tournois de golf les plus prestigieux] ou une addition de 1200 dollars dans un club de striptease. Le Fiesta a été autorisé à demeurer un bowl BCS mais a du payer une amende d’un million de dollars. Pourtant, en août de la même année, Jim Delany de la Big Ten se déclarait « heureux du status quo ».

Et soudain, il ne l’était plus. Au sortir d’une réunion des commissioners le 8 janvier 2012 à la Nouvelle Orleans, avec les négociations pour la prochaine post-saison prévues à l’été, Delany a dit à propos d’un playoff à quatre équipes : « Tout est possible. Les fondateurs [du BCS] sont les six conférences majeures plus Notre Dame. Il y a quatre ans, cinq d’entre nous ne voulaient pas en parler. Maintenant, les gens veulent avoir cette conversation. »

Voilà une concession impressionnante pour un commissionner dont la conférence, avec la Pac12 et le Rose Bowl, a longtemps été considérée comme « l’Axe de l’Obstruction » – comme l’a écrit Austin Murphy de SI – à toute discussion constructive sur le playoff. L’impossible devenait possible. Tout juste cinq mois plus tard, le DS de Notre Dame, Jack Swarbrick se tenait devant les journalistes à l’occasion d’une conférence de presse organisée à la hâte à Chicago, flanqué des commissioners de la FBS et annonçait : « Nous avons atteint un consensus autour d’un playoff avec quatre équipes suivant un classement. » Les Présidents d’universités donnaient leur aval six jours plus tard. J’ai écrit quelques jours plus tard : « que quelqu’un vérifié qu’il ne va pas se mettre à pleuvoir des cochons et qu’il n’est pas en train de geler en enfer. »

A ce jour, nul parmi ceux ayant pris part aux discussions n’a mentionné l’élément déclencheur pour la volte-face apparemment soudaine du groupe. « Ils ont écouté les fans », insistait le directeur exécutif du BCS Bill Hancock ce printemps là, sans expliquer pourquoi ils ne l’avaient pas fait 13 ans auparavant. Il est facile de souligner que le match pour le titre hautement impopulaire entre Alabama et LSU a pu donner un coup de boost. Ironiquement, le seul commissioner à avoir poussé en faveur d’un playoff depuis le plus longtemps, Mike Slive de la SEC, était celui qui en avait le moins besoin à ce moment. Sa conférence était au beau milieu d’une dynastie qui allait comporter sept titres consécutifs, causant du ressentiment et de la jalousie parmi ses confrères.

Mais le vent avait tourné bien avant. D’abord, trois des six conférences majeures – la Big East, Big XII et Pac12 – avaient changé de commissioner entre 2009 et 2011. Toutes les six ont intégré ou perdu des équipes dans la folie du réalignement. Mais surtout, les dirigeants du BCS s’étaient épuisés à défendre le système. « On était arrivés à un point où les dirigeants de l’université me demandaient : ‘vous pourriez faire quelque chose pour que je n’ai pas à m’occuper de ça tout le temps ?’ », déclare Swarbrick. « ‘Je suis vraiment fatigué d’en entendre parler dans mon courrier, de la part des partenaires, et des représentants du Congrès. Je ne veux plus parler de ça. Je veux juste diriger mon université.’ »

Le BCS ne pouvait pas mourir sans une dernière petite guerre pour que chacun marque son territoire. Le commissioner de la Pac12, Larry Scott, entre autres, insista pour un playoff uniquement composé de champions de conférence. La SEC n’était pas d’accord. La Big Ten a proposé de jouer les demi-finales dans les stades sur les campus – au grand bonheur de nombreux gars du Midwest désillusionnés qui pensaient sans doute que leurs équipes gagneraient plus de bowls si les températures étaient plus froides – mais n’a pas trouvé de soutien sur le sujet. Et le débat sur le mode de sélection des équipes est devenu comme un interminable show d’information des chaînes du câble. Finalement, ils se sont décidés pour des sites neutres, aucune restriction sur les participants et un comité de sélection pour remplacer le classement BCS, quelques uns des points que j’évoquerai dans les pages suivantes. « C’est gratifiant » dit Slive de son long combat pour un playoff qui devenait enfin victorieux. « ça nous a pris 10 ans. »

Oh, et, avant que vous ne demandiez : « ça restera à quatre équipes pour 12 ans » a déclaré Hancock en avril 2014. « [Les commissioners] ont choisi un playoff à quatre équipes car c’est un fonctionnement qui ne remet en cause ni la saison régulière ni les Bowls… On devrait l’adopter, l’aimer, le chérir et adorer entendre les mots ‘College Football Playoff’. Qui y aurait cru ? »

Duffy Daugherty y a cru le premier, il y a 50 ans. Bien sur, il voulait 8 équipes. Mais, hé, on est à mi-chemin. On en reparle dans un demi-siècle…

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Guide du CFP pour les fans

Le guide du College Football Playoff pour les fans – 2ème partie

Retrouverez la traduction intégrale ou presque du petit livre de Stewart Mandel de FoxSports : The Thinking Fan’s Guide to the College Football Playoff.

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Et on continue la traduction du bouquin de Stewart Mandel. Vous saurez tout sur le College Football Playoff…

DONC, ON A UN PLAYOFF… QUAND ? OU ?

La première chose à savoir sur le College Football Playoff est que, contrairement au BCS, il s’agit d’une véritable organisation. Comme je l’ai écrit dans Bowls, Polls and Tattered Souls, « vous ne pouvez pas pénétrer dans un immeuble à New York ou un parc d’entreprises à Topeka, Kansas, et demander à « parler à quelqu’un du BCS », parce que le BCS n’a pas d’existence physique. »

C’est différent pour le College Football Playoff. Dans une suite au 10ème étage d’un immeuble de Las Colinas, Texas, une banlieue éloignée de Dallas, 13 membres à plein temps du staff tiennent leurs réunions dans une salle de conférence décorée des logos des 10 conférences de la FBS et prennent le café dans une salle de pause ornée des casques des champions de conférence en titre. L’ancien directeur du Final Four Bill Hancock, qui est devenu le premier directeur exécutif du BCS en 2009, a conservé le même poste au sein du CFP alors que Michael Kelly, un ancien commissionnaire associé de l’ACC, est le premier directeur des opérations de la nouvelle post-saison. « On se pince un petit peu tous les jours en se disant qu’on a énormément de chance d’être au cœur de ce nouveau formidable événement sportif. » déclare Kelly. On verra s’il est dans le même état d’esprit la première fois que le comité de sélection quittera l’Alabama.

Le nouveau système a beaucoup de points communs avec l’ancien. Il comprend des places garanties pour les champions des conférences majeures et l’engagement continu des quatre anciens bowls BCS – le Rose, Sugar, Fiesta et Orange. Mais les relations entre les bowls et les conférences sont différentes dans le nouveau système. Il n’y a plus de conférence AQ (Automatic Qualifier [qualifiés automatiquement]) et de ‘non-AQ’. Supprimez ces termes de votre vocabulaire. Commencez à vous familiariser avec les concepts de ‘contract bowls’ et de ‘contract conferences’.

Quand le BCS a atteint le stade terminal il y a deux ans, chaque bowl qui espérait faire partie du système de playoffs était libre de lier un partenariat avec une conférence, et vice versa. La Big Ten et la Pac12, comme c’était attendu, ont renouvelé leur partenariat avec le Rose Bowl. La Big XII et la SEC ont lancé leur propre match du premier de l’An en primetime dans le cadre du Sugar Bowl. « Une nouvelle tradition de Bowl de Janvier est née », proclama le commissioner de la SEC Mike Slive avant même que les conférences aient choisi quel Bowl hébergerait leur match. Et l’ACC a conclu un accord avec l’Orange Bowl, avec la Big Ten, la SEC et Notre Dame acceptant une rotation en tant qu’adversaire de la conférence. La Big East, décimée par le réalignement et maintenant connue comme l’American Athletic Conference, n’a plus le statut privilégié qu’elle avait au temps du BCS. Elle a essayé de conclure son propre accord avec un Bowl mais n’a pas trouvé preneur. Les commissioners de la Mountain West, Conférence USA, MAC et Sun Belt sont simplement contents d’être encore invités aux réunions.

Pour résumer, le Rose, Sugar et Orange sont les trois ‘contract bowls’. Chacun d’eux a signé son propre contrat de 12 ans avec ESPN avant que le CFP soit même formalisé. Le Rose et le Sugar sont évalués à 80 millions de dollars par an, l’Orange à 55 millions. Le CFP a par la suite choisi le Fiesta, le Cotton et le Peach (anciennement connu comme le Chick-Fil-A) pour compléter la rotation des matchs de demi-finales. Cependant, ces trois Bowls ne sont associés à aucune conférence. Pour avoir le droit de diffuser sept matchs par an – le championnat national, deux demi-finales et les quatre autres Bowls majeurs – ESPN a accepté de verser 7.3 milliars de dollars sur 12 ans, selon le Sports Business Journal. C’est une moyenne annuelle de 608 millions de dollars, une augmentation de 280% par rapport au dernier accord avec le BCS. Une conférence recevra 4 millions si une de ses équipes dispute un des Bowls hors contrat (Fiesta, Cotton, Peach), 6 millions pour disputer une demi-finale et rien de plus pour le match de championnat. Le CFP prendra en charge les dépenses de chaque participant à hauteur de 2 millions.

L’un dans l’autre, à peu près tout l’argent, moins les dépenses opérationnelles, ira directement aux 10 conférences FBS et aux Indépendants à travers le CFP – qui en retour paie pour de nouveaux vestiaires avec des jets d’eau dans les bassins d’hydrothérapie des équipes. Dans ce nouvel accord, les Bowls sont une sorte de vendeurs indépendants à qui les organisateurs du CFP vont verser une rémunération pour organiser les matchs. « Dans l’ancien système, ces quatre [BCS] Bowls payaient une soulte pour héberger les matchs, mais les profits étaient conservés par ces Bowls. » déclare Kelly. « Aujourd’hui, c’est nous qui conservons les profits. »

Aussi simple que ‘Un, deux, trois’

La première paire de demi-finales de l’histoire du football universitaire d’élite se disputera le 1er janvier 2015, au Rose Bowl (17 h, heure de la côte ouest) et au Sugar Bowl (20h30). Le premier championnat national de l’ère des playoffs se disputera un lundi soir, le 12 janvier, au AT&T Stadium d’Arlington, Texas. Durant les douze prochaines saisons, les demi-finales vont tourner entre les six Bowls déjà mentionnés à trois ans d’intervalle. Le Rose et le Sugar hébergent les demi-finales l’année 1, l’Orange et le Cotton l’année 2, le Fiesta et le Peach l’année 3. Et on repart pour un tour.

Le match de championnat, par ailleurs, ne suivra pas une rotation planifiée. Pour l’instant, les organisateurs ont seulement attribué les trois premières éditions. Glendale, Arizona, hébergera la seconde édition du match, le 11 janvier 2016 et Tampa, Floride, le troisième le 9 janvier 2017. Officiellement, les sites sont nommés North Texas, Arizona et Tampa Bay car de multiples municipalités se sont regroupées pour chaque proposition de match. Si vous allez au match, cela dit, n’essayez pas de rentrer ‘North Texas’ dans votre GPS, ou vous vous retrouverez à une université située à Denton. Si les sites seront fluctuants, le calendrier ne le sera pas. Le match sera toujours joué le lundi situé au moins 7 jours après les demi-finales. La date la plus tardive dans les douze années qui s’ouvrent sera le 13 janvier (deux fois) et la plus précoce le 7 janvier (en 2019).

Les six Bowls inclus dans la rotation – maintenant connus comme ‘Les Six du Nouvel An’- seront joués par trois le 31 décembre et le 1er Janvier, bien que les Bowls du 1er janvier seront parfois déplacés au 2 janvier pour ne pas être en conflit avec des dimanches de NFL (comme en 2017).

Voici la rotation pour les trois premières années :

2014-2015

Date

Match

Equipe A

Equipe B

31 Dec.

Peach Bowl

At large

At large

31 Dec.

Fiesta Bowl

At large

At large

31 Dec.

Orange Bowl

ACC

SEC/B1G/Notre Dame

1er Jan.

Cotton Bowl

At large

At large

1er Jan.

Rose Bowl

Equipe demi finaliste

Equipe demi finaliste

1er Jan.

Sugar Bowl

Equipe demi finaliste

Equipe demi finaliste

12 Jan.

National Championship

Gagnant du Rose

Gagnant du Sugar

2015-2016

Date

Match

Equipe A

Equipe B

31 Dec.

Peach Bowl

At large

At large

31 Dec.

Cotton Bowl

Equipe demi finaliste

Equipe demi finaliste

31 Dec.

Orange Bowl

Equipe demi finaliste

Equipe demi finaliste

1er Jan.

Fiesta Bowl

At large

At large

1er Jan.

Rose Bowl

Big Ten

Pac12

1er Jan.

Sugar Bowl

Big 12

SEC

11 Jan.

National Championship

Gagnant du Cotton

Gagnant de l’Orange

2016-2017

Date

Match

Equipe A

Equipe B

31 Dec.

Orange Bowl

ACC

SEC/B1G/ND

31 Dec.

Peach Bowl

Equipe demi finaliste

Equipe demi finaliste

31 Dec.

Fiesta Bowl

Equipe demi finaliste

Equipe demi finaliste

1er Jan.

Cotton Bowl

At large

At large

1er Jan.

Rose Bowl

Big Ten

Pac12

1er Jan.

Sugar Bowl

Big 12

SEC

12 Jan.

National Championship

Gagnant du Peach

Gagnant du Fiesta

Comme vous l’avez sans doute remarqué, deux années sur trois, les demi-finales se dérouleront à la Saint Sylvestre plutôt que le Jour de l’An. C’est parce que le Rose et le Sugar ont fixé leur date du Nouvel An avec ESPN avant que les dirigeants n’aient finalisé la rotation complète du playoff et parce que les commissioners voulaient conserver les demi-finales le même jour afin qu’aucun finaliste n’ait plus de temps que l’autre pour préparer le championnat.

Ce nouveau calendrier pourrait être fabuleux ou gênant selon que le fan de football est, disons, marié à une non-fan habituée aux soirées romantiques du 31 décembre. Le playoff « a l’opportunité de redéfinir ce que le congé de Nouvel An signifie pour les gens et comment les gens organisent leurs vies personnelles durant ces deux jours » a déclaré le directeur de la programmation du football universitaire d’ESPN Burke Magnus à AL.com.

Les organisateurs envisagent la Saint Sylvestre comme un vrai Dimanche de Super Bowl. « Cela va absolument changer la conception de la Saint Sylvestre dans notre pays » affirme Hancock. « Les gens veulent aller à des fêtes de Nouvel An, mais ils vont devoir s’habituer à ce qu’il y ait une télévision à ces fêtes, sur laquelle les gens regarderont du football universitaire. »

C’est un objectif ambitieux, quoique le plus gros problème pourrait bien être non pas la nuit de la Saint Sylvestre mais bien l’après midi de ce même jour. En fonction du jour de la semaine où il tombe, le 31 décembre est un jour de travail pour de nombreuses personnes et le premier des deux matchs qui démarrera aux environs de 17 heures (heure de la côte Est, soit 14 heures sur la côte ouest). C’est un vrai pari de la part des organisateurs qui espèrent des audiences télé pour les deux demi-finales qui dépasseraient même celles du match de championnat du BCS, qui a atteint 26 millions de téléspectateurs pour le match Florida State – Auburn de 2014. On verra si les audiences du premier match de la journée seront au rendez-vous. Très certainement, le 31 décembre va bientôt devenir lui aussi un jour férié…

Pour s’assurer que le 31 décembre sera un Vrai Gros Truc, les chaînes ont déplacé tous les autres Bowls, notamment les gros rendez-vous récemment installés comme le Sun Bowl et le Liberty Bowl, à des dates plus avancées. Le Capital One et l’Outback demeurent au 1er janvier mais le Gator Bowl a été déplacé au 2 janvier. « Les six plus gros matchs seront regroupés ensemble de manière très resserrée », affirme Magnus.

Une Tradition Comme Aucune Autre… Deux ans sur trois.

Bien que les commissioners étaient décidés à protéger les Bowls dans un système de playoff, une année sur trois ils perdront un peu de leur identité traditionnelle. Les noms officiels des premiers Bowls demi-finales seront : le College Football Playoff at The Rose Bowl et le College Football Playoff at The Sugar Bowl. Ça coule sur la langue, non ? Mais techniquement, le match à Pasadena sera le College Football Playoff at The Rose Bowl presenté par Northwestern Mutual. Bon courage, dessinateurs de tee-shirts… Lorsque la retransmission sur ESPN commencera et que les caméras montreront le terrain, « l’imagerie principale sera un logo géant du playoff au milieu du terrain » déclare Kelly. « Le logo iconique du Rose Bowl sera aussi sur le terrain, mais la marque dominante sera celle du Playoff. »

Si par hasard un fan de football émerge d’une sieste de 7 ans le premier janvier et allume sa télévision à 17 heures, et voit Georgia et Baylor s’affronter dans un match appelé le College Football Playoff at The Rose Bowl, il se demandera naturellement ‘c’est quand, le vrai Rose Bowl ?’ Et la réponse est : c’est bien le match que vous êtes en train de regarder…

Une fois tous les trois ans, quand son tour dans la rotation du playoff arrive, le Rose Bowl n’accueillera pas le traditionnel match Big Ten contre Pac12. Idem pour la nouvelle affiche SEC – Big 12 au Sugar Bowl et en 2015-2016 pour l’Orange et son match de l’ACC. Si un champion d’une des conférences sous contrat ne dispute pas le playoff et voit son Bowl traditionnel squatté par un de ces imposteurs de demi-finaliste, il se verra garanti une présence dans un des trois Bowls sans contrat. Donc si, disons, UCLA remporte la Pac12 en 2014 mais n’est pas classée dans le top 4 du comité de sélection, les Bruins n’iront pas au Rose Bowl ; ils seront affectés soit au Fiesta, au Cotton ou au Peach. Réjouissez-vous, fans de UCLA, c’est toujours mieux que de faire une nouvelle fois le voyage à El Paso.

Manifestement, le Rose Bowl n’est pas heureux de ce fonctionnement, mais quel choix avait-il ? Théoriquement, il aurait pu s’exclure du groupe de playoff et hébergé un match entre la Big Ten et la Pac12 chaque année pour l’éternité, mais le Granddaddy aurait perdu une grande part de son prestige. « Le Rose Bowl a admis que le monde évolue » dit le président d’Oregon State Ed Ray. D’ailleurs, de tels écarts avec la tradition ne sont pas sans précédent. Cinq fois au cours de l’ère BCS, le match de Pasadena a accueilli des équipes d’autres conférences, incluant Miami-Nebraska (2002) et Texas-USC (2006) comme matchs de championnat (avant que la BCS ne se tourne vers un match de championnat à part entière), et encore l’apparition historique de TCU, alors membre de la Mountain West.

De plus, contrairement à l’ancien système, le match sera Big Ten – Pac 12 deux années sur 3, garanti à 100%. Si N°3 Ohio State se qualifie pour le playoff et que l’équipe la mieux classée ensuite de la Big Ten est N°22 Michigan State, ainsi soit-il. Les Spartans iront à Pasadena. Dans la même veine, si le Sugar Bowl perd N°1 Florida au profit du playoff et n’héberge pas une demi-finale, il prendra l’équipe suivante de la SEC dans le classement, quelle que soit sa place dans le classement. Il ne pourrait pas laisser de côté N°5 Missouri au profit de N°13 LSU au prétexte qu’une équipe de l’Etat garantira une meilleure vente de tickets. Les contrats des Bowls sont avec les conférences, pas avec le CFP, ce qui donne suffisamment de latitude aux partenaires pour éviter un nouveau voyage de TCU à Pasadena (sauf si, bien sur, le Rose Bowl est une demi-finale et que TCU est classée dans les 4 premiers).

Il revient au comité de sélection de déterminer via le classement les matchs de demi-finales (quelle équipe dans quel Bowl), mais Hancock et le chairman du comité Jeff Long affirment tous deux que le choix sera fait en fonction de l’identité du numéro 1, et de sa position géographique. « Le comité sélectionne, mais l’équipe n°1 a le choix préférentiel » dit Hancock. Remarquez que chaque paire de demi-finales (Rose-Sugar, Orange-Cotton et Fiesta-Peach) a une localisation à la fois à l’est et à l’ouest (ou au centre, tout au moins). Si, comme en 2013, Florida State est numéro 1 et Auburn numéro 2, chacune des équipes préfèrerait jouer à la Nouvelle Orléans plutôt qu’à Pasadena. En tant que numéro 1, les Seminoles joueraient dans la Big Easy, et Auburn prendrait la route de l’ouest. Si, en 2015, Oregon finissait numéro 1 et Oklahoma numéro 2, avec la paire de demi-finales au Cotton et à l’Orange, Oregon irait au Cotton bien que Norman, Oklahoma, ne soit qu’à trois heures d’Arlington. Grâce à leur position de numéro 1, les Ducks ne vont pas devoir voyager sur 5000 kilomètres simplement pour la convenance des fans des Sooners.

La seule entorse possible à ce règlement serait si une équipe classée 3 ou 4 se retrouve de facto avec un avantage équivalent à un match à domicile. Supposons que les demi-finales 2014 soient n°1 Alabama contre n°4 Clemson et n°2 Texas A&M contre n°3 UCLA. Alabama aura la priorité sur le Sugar Bowl, mais cela laisserait Texas A&M aller disputer un véritable match à l’extérieur au Rose Bowl [pour ceux qui se demandent, Pasadena est dans la banlieue de Los Angeles]. Le comité pourrait alors décider d’envoyer Alabama-Clemson au Rose Bowl et Texas A&M-UCLA au Sugar, à la Nouvelle Orléans, mais pour l’instant, cette possibilité n’est pas formalisée et les responsables sont restés vagues quant à son application. Que l’un de ces scénarios se produise et je suis persuadé que quelle que soit la décision, les fans des équipes seront quoi qu’il arrive heureux. Je vous laisse un instant pour finir de rigoler.

Même s’ils sont des demi-finales, les Bowls demeureront organisés de manière traditionnelle pour les équipes. « Nous prévoyons que la semaine des demi-finales soit comme l’était la semaine du BCS Championship » déclare Kelly. « Ce sera une présence [des équipes] pendant 6 jours. Ce sera l’expérience classique pour les coaches et les étudiants-athlètes. » En d’autres termes, la visite à Disneyland et le Lawry’s Beef Bowl [les joueurs se rendent dans une chaîne de restaurants avant le Rose Bowl pour manger, avec la fanfare de l’université qui joue, pendant que se déroule une compétition de mangeurs de viande] demeureront au programme préparatoire au Rose Bowl, même si ça se déroule un peu plus tôt dans la semaine.

Le nouveau match de championnat national sera, par contre, une expérience totalement nouvelle pour le football universitaire.

Si tu le construis, viendront-ils ?

Le BCS a mis un place un système de double-hébergement (deux matchs dans une même ville) pour son match du titre en 2007, et les 8 éditions suivantes se sont déroulées entre le 6 et le 10 janvier. Donc, une date tardive n’est pas une nouveauté. Toutefois, les équipes impliquées dans ces rencontres n’avaient pas disputé de Bowl une dizaine de jours avant comme ce sera le cas pour les finalistes du playoff. En plus, le BCS National Championship Game était en lui-même un Bowl. Le College Football Playoff National Championship n’en est pas un.

Comme le font la NFL pour le Super Bowl ou la NCAA pour le Final Four de basket, le CFP a mis aux enchères la localisation de son Championnat entre les différentes villes intéressées. Vous voulez avoir le Championnat National ? Fournissez un stade de 65000 places au moins, une capacité hôtelière de plus de 15000 chambres acceptables et quelques autres choses. Bien que les mêmes personnes qui gèrent le Cotton Bowl ont pris part au Comité Local d’Organisation qui a mis en place la candidature retenue d’Arlington/Dallas pour le match inaugural, ce ne sera en aucun cas un Cotton Bowl. Kelly et son équipe organisent le match, qu’ils envisagent comme le plus grand sacre sportif jamais vu dans aucun sport. « Cela va commencer comme un hybride du Super Bowl et du Final Four » selon Kelly. « Nous avons la chance en quelque sorte d’avoir un statut iconique du fait de ce qu’est devenu le match de championnat BCS, et nous voulons travailler encore là-dessus, aller plus loin. »

Contrairement aux demi-finales, la finale ne comprendra pas une ‘bowl week’ traditionnelle. À la suite d’une semaine d’entraînement à la maison, les équipes arriveront sur site le vendredi soir, s’entraîneront dans le stade le dimanche, et joueront le lundi soir. Pendant ce temps, la mégapole Dallas/Fort Worth sera le lieu d’une fête continue. Les évènements déjà prévus comprennent un FanFest durant toute la semaine et des festivals de musique sur plusieurs jours. Et contrairement au Super Bowl où un tas de célébrités de deuxième ou troisième rang viennent se montrer durant les soirées, où des hordes de parasites et de cadres en goguette viennent prendre part à la fête et quittent la région avant le match, les organisateurs du CFP envisagent une foule plus mainstream. « Ce ne sera pas un ‘Junior Super Bowl’. On n’a rien à gagner à être comparés au Super Bowl. » affirme Hancock. « C’est un événement universitaire. On aura 40000 fans d’Auburn et de Florida State en ville pour célébrer leur équipe et le match. »

Est-ce une estimation réaliste ? Et si c’est le cas, est-ce que le Rose et le Sugar doivent commencer à s’inquiéter ?

Une des plus grosses préoccupations à l’origine liée au fait de conserver le playoff dans le système des Bowls – et, par conséquent, un argument pour conserver les demi-finales dans les stades sur les campus – est de savoir s’il est imaginable de voir des fans faire le voyage pour un bowl du premier janvier et pour le championnat le 12. « Dans le système des Bowls, les fans ont un mois pour tout préparer, pour trouver un moyen d’y aller » disait le commissioner de la Mountain West Craig Thompson durant les négociations de 2012. « Il sera extrêmement difficile de déplacer des grands nombres de fans deux fois. » Sans parler du coût… Vous avez déjà essayé de réserver un vol à travers le pays moins de 14 jours à l’avance ? Vous êtes familier des forfaits 4 nuits pour les hôtels ? De plus, hormis la Big 12, les conférences majeures jouent désormais leur championnat de conférence sur un site neutre. Ça fait trois grands voyages en moins de six semaines. Sans compter les ‘Classics’, ces matchs d’ouverture de la saison qui se déroulent eux aussi sur terrain neutre.

En 2014, les champions en titre de Florida State ouvrent la saison contre Oklahoma State au Cowboys Classic, à Arlington – à l’endroit même où se tiendra la finale quatre mois plus tard. Si les ‘Noles gagnent leur division de l’ACC, ils joueront la finale de conférence à Charlotte [Caroline du Nord]. S’ils terminent dans le top quatre, ils joueront une demi-finale de Playoff. Disons à Pasadena. Ils gagnent ce match et ils retournent au Texas du Nord. Selon Expedia, le minimum de coût de transport par avion pour un couple de fans des Noles qui voudrait suivre leur équipe pour ces quatre matchs au départ de Tallahassee serait de 4048 dollars. Pour des hôtels à prix moyens dans toutes ces villes – en comptant deux nuitées pour les matchs de saison régulière et trois pour les matchs de playoff – ajoutez 1865 dollars. Et qui sait combien leur coûteront les places pour les matchs ? Les prix publics pour la finale débutent à 450 dollars. La bonne nouvelle : si les Noles gagnent tous ces matchs, notre couple aura des souvenirs pour des années. La mauvaise : ils ne pourront plus se permettre d’envoyer leurs enfants à FSU. Ou dans aucune fac, d’ailleurs.

Il y a une forte probabilité que ce soient les finales de conférence qui souffrent le plus en termes d’assistance si les fans sont assez confiants pour penser que leur équipe gagnera sa finale et ira au playoff. Au moins, les demi-finales ont la chance de tomber un jour férié. « Les prix des billets seront raisonnables pour les demi-finales et nous essaierons de faire en sorte que ce soit un événement le plus régional possible » affirme Hancock.

Aller à Dallas un lundi soir moins de deux semaines plus tard risque d’être quelque chose de beaucoup plus compliqué. Le commissioner de la Pac12 Larry Scott admet qu’il est impossible de prévoir comment le tour supplémentaire affectera le déplacement ou non des fans. « Je ne sais pas si les fans de nos facs considèreront acquis que si leur équipe joue les demi-finales elle se qualifiera forcément pour la finale et iront au championnat ou qu’ils iront une autre année… Je pense que le fait de jouer le playoff sera un tel événement que les fans vont jouer le jeu et aller à la fois à la demi-finale et au match de championnat. »

Vous savez, les organisateurs du CFP n’ont pas besoin que les mêmes 40000 fans de Florida State ou Auburn aillent aux deux matchs. Selon une étude réalisée en 2011 par le statisticien renommé Nate Silver – qui travaillait alors pour le New York Times – Auburn a 1.9 millions de fans répartis dans tout le pays, Florida State environ 813000. L’équipe la plus populaire dans le pays selon cette étude est Ohio State avec plus de 3 millions de fans. Ce nombre peut paraître gigantesque, mais Ohio State a environ 500000 anciens élèves vivants. Les organisateurs n’ont besoin que d’une petite partie de ces groupes pour remplir les tribunes, sans compter que les fans locaux seront sans doute plus motivés pour assister à une demi-finale ou à la finale qu’à un Bowl traditionnel.

Les fans de football universitaire sont incroyablement passionnés. Je pense que, entre la nouveauté du playoff et l’importance croissante des demi-finales, les organisateurs n’auront pas de difficulté à remplir les stades, pour aucun des matchs, pour au moins les quelques premières années. Et même s’ils n’y arrivent pas, ils auront toujours les 7,3 milliards de dollars d’ESPN. De plus, le playoff aura un effet positif sur la popularité du football universitaire. Et puis, le football marche déjà super bien. Dans un sondage annuel mené par Harris Interactive [hey, les mêmes pitres dont le ridicule sondage de retraités participait au fiasco du BCS…], le football universitaire a comblé l’écart avec la Major League Baseball en tant que second sport le plus populaire derrière la NFL. Mais il y a toujours – particulièrement dans l’Est et dans les grandes villes où la NFL règne en maître – un contingent de fans qui n’ont pas été séduits par le BCS et ses calculs savants et compliqués. Mais un tableau de playoff parle à tout le monde. « Si [le playoff] fait autant pour notre sport que le BCS, nous seront heureux » dit Delany. « Il y a encore une grande croissance économique à réaliser dans notre sport et ce que nous nous avons été capables de mettre en place est un pas supplémentaire sur le chemin de notre évolution. »

Alors, faites une croix sur votre calendrier pour le Rose Bowl 2015. C’est à la même date, à la même heure, dans le même stade que d’habitude – mais avec un nouveau nom, un nouveau logo au milieu du terrain, et des enjeux considérablement plus importants.

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Guide du CFP pour les fans

Le guide du College Football Playoff pour les fans – 3ème partie

Retrouverez la traduction intégrale ou presque du petit livre de Stewart Mandel de FoxSports : The Thinking Fan’s Guide to the College Football Playoff.

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Et on continue la traduction du bouquin de Stewart Mandel. Vous saurez tout sur le College Football Playoff…

QU’EN EST-IL DES AUTRES BOWLS ?

Le dernier jour de la saison 2011, Southern Miss a surpris l’invaincue Houston en finale de la Conférence USA, achevant les espoirs des Cougars dirigés par Kevin Sumlin d’une place at-large dans un Bowl BCS. Le Sugar Bowl avait alors deux places à attribuer. Michigan, 10-2, était certain de s’en voir attribuer une. Les Wolverines, avec de nombreux fans dans tout le pays, n’était pas allé à un Bowl BCS en 5 ans. Le Bowl de la Nouvelle Orléans avait deux possibilités intéressantes pour leur trouver un adversaie – Boise State, 11-1 avec le dernier match en carrière de son quarterback fantastique Kellen Moore, et 10-2 Kansas State, avec sa base de fans furieux empressés de pouvoir célébrer une surprenante saison du renouveau.

Lorsque le Dimanche de Sélection arriva, les types de la Nouvelle Orléans prirent la décision surprenante de prendre… Virginia Tech, 11-2 et classé 17ème dans le AP Poll suite à une défaite 38-10 contre Clemson en finale de l’ACC la nuit précédente. Même les fans des Hokies ne semblaient pas particulièrement enthousiastes sur ce coup. Interrogé sur les motivations de cette sélection, le PDG Paul Hoolahan cita… le copinage. Les Hokies avaient disputé son Bowl deux fois dans les années 2000, au contraire des deux autres équipes. Leur coach, Frank Beamer, avait été « un bon ami à travers les années », des mots mêmes de Hoolahan. Le Directeur des Sports (DS) de Kansas State John Currie s’est par la suite plaint à CBSSports.com : « Si vous voulez que les cinq Bowls [BCS] soient les meilleurs Bowls – car c’est l’étiquette qu’on leur colle, alors nous en sommes au point où nous devons avoir des critères plus objectifs de sélection. »

Trois ans plus tard, son vœu est accompli.

Les fans de football universitaire se sont depuis longtemps habitués à un rituel souvent exaspérant du début décembre où les Bowls majeurs sélectionnent les participants bien souvent en fonction de qui fera vendre le plus de tickets et remplira le plus de chambres d’hôtel ou de quel coach ou DS est le plus sympa avec le directeur du Bowl. Mais, dans l’ère du College Football Playoff, même ceux qui ne participeront pas au playoff parmi les ‘Six du Nouvel An’ (Rose, Sugar, Cotton, Orange, Fiesta, Peach) seront déterminés en fonction de… roulement de tambour… leur mérite ! « Les Bowls n’auront aucune influence parce qu’ils n’ont pas besoin d’en avoir une » affirme Hancock. « Le boulot du président du comité de sélections des équipes de chaque Bowl est obsolète. Fini. »

Si vous devez vous souvenir d’une seule chose de ce livre, j’espère que ce sera cela : Le nouveau comité de sélection du Playoff ne sélectionne pas uniquement les quatre équipes demi-finalistes. Je répète : le nouveau comité de sélection du Playoff ne sélectionne pas uniquement les quatre équipes demi-finalistes. Son classement sera utilisé pour sélectionner les 12 équipes qui disputeront les six Bowls majeurs. Et c’est le comité, et pas les Bowls eux-mêmes, qui décidera des affiches respectives.

Pour autant, ne croyez pas que les ‘Six du Nouvel An’ regrouperont le Top 12 du pays. Ce serait beaucoup trop simple et sympa pour les fans. C’est un système qui demeure sous le contrôle des conférences. Des obligations contractuelles variées doivent d’abord être prises en compte lors de l’affectation des équipes dans les Bowls. En fait, il peut y avoir des cas où une équipe classée plus bas ou pas classée du tout participe à un Bowl qu’elle n’aurait pas atteint dans le système plus restrictif du BCS. Malgré tout, il ne devrait plus y avoir de surprises comme Virginia Tech en 2011 une fois que tout le monde sera familiarisé avec le nouveau mode de fonctionnement. Le procédé de sélection est entièrement objectif, quoique très compliqué :

  • d’abord, les 4 premières équipes sont placées dans les Bowls demi-finales. Comme discuté précédemment, les sites sont prédéterminés dans une rotation.

  • Les champions des cinq conférences avec des Bowls sous contrat – la Big Ten et Pac 12 (Rose), la SEC et Big 12 (Sugar) et l’ACC (Orange) – sont assurés d’une place s’ils ne disputent pas le playoff. Si leur Bowl partenaire est disponible, c’est là qu’ils iront, automatiquement. Si leur Bowl partenaire héberge une demi-finale, ils iront soit au Cotton, au Fiesta ou au Peach Bowl, qui n’ont pas de lien contractuel avec les conférences.

  • Si le Rose, Sugar ou Orange n’accueille pas une demi-finale et perd son champion au profit du playoff, il prendra alors l’équipe de sa conférence la mieux placée dans le classement du comité de sélection. Contrairement à l’ancien système ou cette équipe était contrainte d’être classée dans les 14 premières pour prétendre à une sélection, il n’y a pas de place minimum dans le classement à détenir pour pouvoir être sélectionné. Si l’Orange Bowl perd Florida State classée 1 au profit du playoff et que Georgia Tech classée 22 est la deuxième équipe la mieux classée de l’ACC, les Yellow Jackets sont sélectionnés. Mais croyez moi, c’est quand même un système au mérite. Lisez la suite.

  • L’équipe la mieux classée par le comité des cinq autres conférences (American, Conférence USA, MAC, Mountain West, Sun Belt) a aussi une place garantie au Peach, Cotton ou Fiesta. C’est une différence majeure avec le BCS où un champion non-AQ devait être classé dans le Top 12 ou le Top 16 s’il était classé devant un champion AQ pour être invité à un Bowl majeur. En 2011 et 2013, par exemple, aucune de ces équipes ne s’est qualifiée. Désormais, il y en aura une chaque année. « La Conférence USA est enchantée » aux dires de son commissioner Britton Banowsky. Le mérite, on y vient…

  • Si l’Orange Bowl n’accueille pas une demi-finale, le classement du comité sera en partie utilisé pour déterminer l’adversaire de l’ACC. C’est ici que ça devient vraiment compliqué. La Big Ten, la SEC et Notre Dame ont un accord de partage avec l’Orange Bowl, qui doit prendre l’équipe la mieux classée de ce groupe. Mais il y a des limitations. D’abord, cette équipe ne peut être le champion de la Big Ten ou de la SEC, seulement une équipe at-large. De plus, la Big Ten et la SEC ont chacune la garantie d’avoir une équipe sélectionnée au moins trois fois au cours des 12 ans du contrat alors que c’est seulement deux fois pour Notre Dame. Le choix sera plutôt lisible les premières années mais pourrait devenir plus bizarre à partir de, disons… 2021…

  • Bon, vous êtes prêts ? Les équipes les mieux classées non encore sélectionnées complèteront les places at-large encore disponibles dans les six Bowls. Leur nombre variera d’année en année en fonction de quel Bowl abritera les demi-finales et de quelles conférences disputent les playoffs. Certaines années, il y aura quatre places de disponibles, d’autres il n’y en aura qu’une. Mais si Boise State est classée 7 et qu’Ohio State est classée 8 et qu’il n’y a plus qu’une place disponible dans l’un des six Bowls, le comité ne pourra pas prendre les Buckeyes à la place des Broncos. Les fans des Buckeyes affirmeront sans doute que c’est à cause de l’oversigning [héhé… argument souvent utilisé par la Big Ten lorsque des équipes SEC leur étaient préférées à tel ou tel Bowl BCS…]

Amusons nous avec des hypothèses…

Pour mieux conceptualiser le nouveau procédé de sélection, faisons une sélection fictive sur la base de la saison 2013. Par mesure de simplification, nous supposerons que le classement du comité est le même que celui du BCS, qui était celui-ci :

1

Florida State

13-0

ACC Champ

2

Auburn

12 – 1

SEC Champ

3

Alabama

11 – 1

4

Michigan State

12 – 1

Big Ten Champ

5

Stanford

11 – 2

Pac 12 Champ

6

Baylor

11 – 1

Big 12 Champ

7

Ohio State

12 – 1

8

Missouri

11 – 2

9

South Carolina

10 – 2

10

Oregon

10 – 2

11

Oklahoma

10 – 2

12

Clemson

10 – 2

13

Oklahoma State

10 – 2

14

Arizona State

10 – 3

15

UCF

11 – 1

American Champ

Répartissons maintenant les équipes sur la base du lineup 2014-2015 des Bowls, où le Rose et le Sugar accueillent les demi-finales.

  • Florida State, Auburn, Alabama et Michigan State vont en playoff.

  • Le champion de la Pac12, Stanford, est privé de Rose Bowl mais garanti d’une place ailleurs. De même pour Baylor, privé de Sugar Bowl.

  • Attendu que l’Orange a perdu le champion de l’ACC, Florida State, au profit du playoff, il prend l’équipe ACC suivante dans le classement, dans notre cas #12 Clemson. L’adversaire des Tigers sera l’équipe la mieux classée disponible issue de la Big Ten, la SEC ou Notre Dame. Dans notre cas, c’est #7 Ohio State.

  • #15 UCF, en tant que champion le mieux classé des cinq autres conférences, a une place garantie.

  • Les Bowls déjà mentionnés regroupent 9 des 12 places disponibles dans les ‘6 du Nouvel An’, et donc le comité sélectionne les trois équipes restantes les mieux classées pour les trois places restantes. Ici, ce sont #8 Missouri, #9 South Carolina et #10 Oregon.

Ainsi, les trois Bowls sous contrat sont #1 Florida State – #4 Michigan State dans la demi-finale du Sugar (du fait de la proximité géographique de #1 FSU avec la Nouvelle Orleans), #2 Auburn – #3 Alabama dans la demi-finale du Rose (que Dieu nous vienne en aide) et #7 Ohio State – #12 Clemson à l’Orange Bowl (comme c’était d’ailleurs le cas en 2013). Nous ne savons pas bien comment le comité décidera qui joue où entre le Cotton, le Fiesta et le Peach. Mais, au vu d’un communiqué de presse d’octobre 2013 : le comité utilisera la géographie comme critère dans le choix des matchs et leur affectation sur les sites des Bowls… Le comité essaiera d’éviter de programmer des matchs déjà disputés en saison régulière en affectant les équipes aux Bowls non-playoff… Au bénéfice des fans et des étudiants-athlètes, le comité essaiera d’éviter d’affecter une équipe ou un groupe d’équipes au même Bowl de manière répétitive. Les championnats de conférence seront un critère pris en compte lorsque le comité affectera les équipes dans les Bowls (ie si Dallas est un site qui convient à deux équipes, la préférence irait à un champion de conférence).

Compte tenu de ces critères, j’arrive au calendrier des Bowls suivant :

  • Peach : #8 Missouri (at-large) – #15 UCF (champion non-contrat)

  • Fiesta : #5 Stanford (champion Pac12) – #9 South Carolina (at-large)

  • Orange : #12 Clemson (ACC) – #7 Ohio State (B1G/SEC/ND)

  • Cotton : #6 Baylor (champion Big 12) – #10 Oregon (at-large)

  • Rose : #2 Auburn (SEC Champ) – #3 Alabama (at-large)

  • Sugar : #1 Florida State (champion ACC) – #4 Michigan State (champion Big Ten)

En tant que champions de conférence, Baylor et Stanford ont la préférence géographique. Oregon au Cotton faisait pourtant sens géographiquement et permet d’opposer deux attaques explosives. J’aurais aimé placer South Carolina à Atlanta [Peach] mais cela aurait donné un rematch avec UCF – à moins d’envoyer les Knights en Arizona mais alors l’équipe non-playoff la mieux classée (Stanford) aurait du affronter la moins bien classée. Donc, j’ai donné les Gamecocks au Cardinal, laissant Missouri et UCF au Peach. Le match d’Atlanta, comme les fans des Jacksonville Jaguars, aura donc droit à Blake Bortles plutôt qu’à Johnny Manziel…

Maintenant, on rebat les cartes : même classement, mais supposons que nous sommes en 2016-17, avec le Peach et le Fiesta comme site des demi-finales. Notez les changements de lineup :

  • Orange : #12 Clemson – #9 South Carolina

  • Peach : #1 FSU – #4 Michigan State

  • Fiesta : #2 Auburn – #3 Alabama

  • Cotton : #10 Oregon – #15 UCF

  • Rose : #5 Stanford – #7 Ohio State

  • Sugar : #6 Baylor – #8 Missouri

Dans ce scénario, Stanford, Ohio State, Baylor et Missouri sont toutes affectés dans les Bowls sous contrat avec leur conférence et South Carolina va à l’Orange Bowl en tant qu’équipe disponible la mieux classée du groupe B1G/SEC/ND. Malheureusement, ça créée un rematch entre les Gamecocks et Clemson qui se sont déjà rencontrés en saison régulière, à l’occasion du dernier match. Comme l’Orange et le Sugar ont toutes deux un contrat avec la SEC, on pourrait assister à un échange avec Missouri à l’Orange mais nous en restons pour l’instant à la lettre du règlement.

Juste en modifiant l’identité des Bowls abritant les demi-finales, seul un Bowl, le Cotton, termine avec une place libre après placement des équipes en fonction des contrats, contre trois avec le dispositif de 2014-15. Ce qui laisse Oregon et UCF comme les participants ‘par défaut’. Voici donc une étrange mais bien réelle conséquence au système de rotation : une fois tous les trois ans, le Cotton devra recevoir l’équipe la mieux classée des conférences les moins puissantes parce qu’il n’y aura pas de place disponible ailleurs pour cette équipe. Cette conséquence n’était pas intentionnelle, et le Cotton semble s’en accommoder pour le moment, mais il faut bien souligner qu’il est juste content d’être de retour parmi l’élite des Bowls après plus de vingt ans de purgatoire. On verra comment ils se sentent après de trop nombreuses visites de Northern Illinois.

Liquidation sur les tickets des Bowls.

Une fois encore, on voit l’autonomie des Bowls diminuée dans le nouveau système. Inspirées sans doute par l’ouragan de critiques contre les excès des organisateurs des Bowls issu de Death to The BCS, les conférences ont renforcé leur contrôle sur les dispositions de la post-saison. Par exemple, l’antique pratique d’exiger des participants aux Bowls d’acheter un certain nombre de tickets s’est montrée totalement inefficace à l’heure de StubHub et de Craigslist [un revendeur de billets de particulier à particulier et un site d’annonces entre particuliers]. Les fans ne vont pas acheter des tickets à plein tarif dans le lot attribué aux facs quand il y a des opportunités d’acheter bien moins cher. L’Orange Bowl en particulier a vu certains de ses tickets revendus à des prix aussi faibles que 99 cents l’unité sur des sites comme E Bay. Une recherche rapide a montré qu’une copie de ‘Too Legit To Quit’ de McHammer a été vendue pour le même prix. Des articles sont publiés tous les ans au sujet des facs perdant de l’argent du fait de tickets restés invendus – comme Connecticut perdant 1.8 millions de dollars sur le Fiesta Bowl 2011 comme exemple extrême. Mais les Bowls s’appuient lourdement sur ces ventes garanties de tickets pour ne pas boire le bouillon les années où les rencontres proposées ne sont pas particulièrement attractives.

Les ventes garanties de tickets ne sont pas abandonnées, mais les conférences ont obtenu que l’allocation de chaque fac soit limitée à 12500 tickets au lieu de 17500 tickets du temps du BCS (sans compter le Rose). « Le nombre de Bowls avait augmenté et les fans ont été surexposés à l’offre dans certaines régions, ce qui fait que la demande de tickets a baissé. » affirme le commissioner de la Big Ten Jim Delany. « Nous pensions que la situation n’était pas équilibrée. Pourquoi au juste devions nous acheter tous ces tickets ? »

Jusqu’à quel point le train des Bowls a déraillé ? En mars 2014, le Fiesta Bowl a licencié 33 de ses employés, citant la baisse de chiffre d’affaires dans le nouveau système car c’est le CFP et non les Bowls qui dirigent le nouveau match de championnat. « Nous n’avons plus la variété de revenus que nous avions » déclare Duane Woods, le directeur exécutif par intérim du Bowl. « Le paysage est très différent de ce qu’il était par le passé. » Des sources familières avec les contrats affirment que la perte de chiffre d’affaires n’est pas aussi criante que ce que dépeint Woods mais contraint les Bowls à vendre plus de tickets par eux-mêmes.

Le changement dans les relations entre les Bowls et les conférences impacte également les Bowls de moindre importance. Par le passé, les Bowls partenaires des conférences choisissaient leurs participants dans un ordre basé principalement sur leurs prestige et montants alloués respectifs. Bien qu’il y avait des restrictions dans le procédé – par exemple une clause interdisant à un Bowl de choisir une équipe au record de 8-4 au lieu d’une au record de 10-2 – les Bowls choisissaient globalement en fonction de leurs propres critères opaques comme le nombre de fans des équipes ou la manière dont les équipes avaient terminé la saison. Cela fournissait d’ailleurs aux bénévoles des Bowls dans leurs jolies vestes rouges ou jaunes l’occasion de se voir attribuer des places en tribune de presse pour ‘superviser’ des participants potentiels, à travers tout le pays. D’ailleurs, vous savez bien que le Gator Bowl arbitrait entre Nebraska et Minnesota en fonction de ce qu’avait pensé un opticien de 66 ans faisant partie de son comité d’organisation de son voyage gratuit à Lincoln, Nebraska…

Afin de permettre des matchs plus attractifs et d’éviter que des équipes fassent plusieurs années de suite le voyage au même Bowl, l’ACC, la Big Ten et la SEC emploient désormais un ordre de sélection moins rigide dans le nouveau cycle de Bowls en regroupant les Bowls par catégorie. À la fin de la saison, les conférences travailleront « en accord avec les facs et les Bowls » pour déterminer la bonne équipe pour chaque rencontre, selon la SEC. Traduction : Mike Slive sélectionnera. « Si une équipe va au même Bowl pour la troisième année de suite, on va probablement s’en alarmer » dit Jim Delany de la Big Ten. « Nous prenons la responsabilité d’influencer [le placement des équipes dans les Bowls]. On va probablement être critiqués là-dessus. »

Pour mieux comprendre les différences entre cette nouvelle approche et l’ancienne, comparons la composition des Bowls de la Big Ten 2013 et son procédé de sélection directe de 1 à 8 avec la composition 2014-2019 et son mode de sélection par groupes de 2 à 9 dans un système par palier. Note : dans la colonne 2014-2019, « College Football Playoff » prend en compte les demi-finales et toutes les équipes sélectionnées pour l’Orange, le Rose ou un des ‘Six du Nouvel An’. De même, le Little Caesar’s Bowl est supprimé et remplacé par un nouveau match à Detroit, alors que le Gator Bowl et ses 68 ans d’existence est maintenant appelé le TaxSlayer Bowl. Heureusement que quelqu’un veille…

2013 2014-2019

1

BCS

1

College Football Playoff

2

Capital One

2 à 4

Capital One

3

Outback

2 à 4

Outback

4

Buffalo Wild Wings

2 à 4

Holiday

5

Gator

5 à 7

TaxSlayer or Music City

6

Texas

5 à 7

San Francisco

7

Heart of Dallas

5 à 7

Pinstripe

8

Little Caesar’s

8 & 9

Heart of Dallas Armed Forces Bowl

8 & 9

Detroit

En plus d’employer un système par groupe, la Big Ten a également contraint tous les Bowls avec des contrats de 6 ans à accueillir au moins 5 équipes différentes sur la durée ; le Pinstripe a un contrat de 8 ans doit en accueillir au moins 6 différentes. « Si vous signez un contrat pour 6 ou 8 ans, vous devez être capable de faire bouger de place les équipes » déclare Delany. En théorie, toutes ces modifications devraient être en mesure de produire des affiches renouvelées et donner aux fans l’opportunité de visiter une variété de villes – tout en rendant impossible pour les journalistes comme moi de produire nos articles prévoyant la composition des Bowls avant la fin de saison avec une certaine exactitude…

Rien de tel que trop de football

Même les conférences les moins puissantes ont renforcé leur contrôle sur les opportunités de post-saison – quoique pas toujours de leur propre chef. Lorsque l’American Athletic Conference s’est mise en quête de partenaires pour le cycle 2014-2019, elle s’est aperçue qu’une conférence avec Memphis plutôt que Louisville ou SMU plutôt que Syracuse n’était pas très attrayante pour les Bowls de Floride. Alors, la conférence a lancé son propre Bowl, le Miami Beach Bowl, qui sera joué à Marlins Park [et qui devrait attirer aussi peu de monde que les matchs de baseball des Marlins…]. La conférence est propriétaire et organise le Bowl et l’adversaire de la première année sera l’indépendante BYU.

Ce match est l’un des quatre nouveaux Bowls qui rejoignent le paysage en 2014, avec le Bahamas Bowl (vous aurez besoin d’un passeport avec vos tickets pour le match), le Boca Raton Bowl (qui ne sera pas disputé dans une maison de retraite) et le Camellia Bowl à Montgomery, Alabama (le Camellia est la fleur officielle de l’Alabama, ce qui me surprend un peu, je croyais qu’elle devait se trouver dans le jardin de Nick Saban). Tous ces Bowls présentent une combinaison d’équipes de l’American, de la Conférence USA, de la MAC et de la Sun Belt. Un autre match, le Cure Bowl à Orlando rejoindra la compagnie en 2015, ce qui portera le total à 39 Bowls plus le championnat national.

Entre temps, en 2014, 59,3% des équipes FBS – 76 sur 128 – participeront à un Bowl. VOUS avez un trophée et VOUS avez un trophée, et VOUS aussi et…

Mon opinion sur le ‘trop de Bowls’ a changé au cours des années. Dans Bowls, Polls and Tattered Souls je proposais de diviser par deux le nombre de Bowls, et il n’y avait à l’époque que le modeste nombre de 32 bowls au total… La prédominance dans ces Bowls d’équipes à 6-6 qui n’avaient bien souvent que gagné deux matchs en conférence avait dévalué le système. « Aucun doute là dessus. Plus de Bowls, plus d’exposition, la participation à un Bowl n’avait plus rien de spécial » affirme Delany, « On veut quelque chose de spécial, et si vous avez trop de matchs, le côté spécial de l’expérience Bowl s’effrite ».

Mais, finalement, le Camellia Bowl fait du mal à qui ? Les coaches et les joueurs ont trois semaine de plus ensemble (sauf pour les coaches qui quittent leur poste pour en prendre un autre et les joueurs qui transfèrent entre deux semestres), les fans peuvent voir leur équipe une fois de plus et nous tous avons droit à plus de football. Si vous doutez de l’intérêt d’avoir du football un jour de semaine en décembre, sachez que les Bowls avec le moins d’audience sur ESPN dépassent en audimat à peu près tous les autres évènements sportifs de la chaîne hors football. Par exemple, en 2013, le match du 27 décembre entre Syracuse et Minnesota au Texas Bowl a eu une meilleure audience (2,5) que la finale du tournoi de la Big East de basket entre Louisville et Syracuse quelques jours plus tôt (2,1). A cinq exceptions près, les 35 bowls de cette année ont eux plus d’audience que la moyenne de Sunday Night Baseball sur la chaîne (1,3). Aussi, quand la MAC ou la Sun Belt ont contacté ESPN au sujet du lancement de plus de Bowls, la chaîne n’a pas attendu pour sortir le carnet de chèques. ESPN diffuse aujourd’hui 38 des 39 matchs de post-saison et organise même 10 d’entre eux. « Notre investissement dans le business des Bowls est gigantesque, et nous voulons nous assurer que l’entreprise des Bowls est saine financièrement » affirme Burke Magnus de ESPN.

[Je vous passe le listing complet des Bowls pour la période 2014-2019. Parce que, en ce qui me concerne, je me contrefous du Belk Bowl de Charlotte (ACC-SEC), de l’Independance Bowl de Shreveport, Louisiane (SEC-ACC) ou du Buffalo Wild Wings Bowl de Tempe, Arizona (Big Ten – Pac 12)]

Les Bowls ont indéniablement perdu de leur cachet au fil des ans et il sera intéressant de voir comment le College Football Playoff impactera leurs affaires. Après tout, comme évoqué dans un chapitre précédent, la principale raison empêchant le football universitaire de décider d’adopter un système de playoff aura été la crainte de voir disparaître le système des Bowls. Pour le moment, leur nombre est en croissance continue. Et même si la plupart des fans n’ont pas noté l’affiche Louisiana Lafayette – Sans Diego State lorsque le calendrier 2011 a été publié, il y avait 2 millions de foyers américains devant leur téléviseur pour voir le kicker des Raging Cajuns Brett Baer réussir un field goal alors que l’horloge atteignait zéro. Les plus petits Bowls survivront tant que ESPN (et peut être FoxSports 1 à un moment) a des heures d’antenne à remplir.

Le Rose, le Sugar, l’Orange et le Fiesta, avec entre 70 et 90000 sièges à remplir et des légions de bénévoles dévoués, risquent de souffrir le plus si le playoff transforme leurs affiches en match de consolation pour les participants et leurs fans les années où ces Bowls n’hébergeront pas une demi-finale. Il reviendra alors au comité de sélection de mettre en place les affiches les plus attrayantes. « Le monde entier sera concentré sur les équipes 1 à 4 » déclare le DS de UCLA Dan Guerrero, « mais les implications du classement à partir du rang 5 sont cruciales. »

C’est parce que pour la première fois de l’histoire, la performance globale d’une équipe aura des conséquences directes sur les affiches des Bowls. Nous pouvons tous normalement nous accorder pour dire que les affiches des Bowls majeurs déterminées par des critères objectifs sont du gagnant-gagnant pour tout le monde dans le football universitaire – hormis bien sur pour les fameux superviseurs des comités de sélection des Bowls qui ne pourront plus se balader dans le pays aux frais de la princesse…

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Guide du CFP pour les fans

Le guide du College Football Playoff pour les fans – 5ème partie

Retrouverez la traduction intégrale ou presque du petit livre de Stewart Mandel de FoxSports : The Thinking Fan’s Guide to the College Football Playoff.

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Et on continue la traduction du bouquin de Stewart Mandel. Vous saurez tout sur le College Football Playoff…

2009-2013 : ETUDE DE CAS SUR LE PLAYOFF

Au cours des dernières années, la Tableau-logie [va traduire ‘Bracketology’, tiens…] est devenue une vraie branche d’activité dans la sphère médiatique du basket universitaire. Des experts comme Joe Lunardi pour ESPN ou Jerry Palm pour CBS Sports et tant d’autres passent leurs semaines précédant le Selection Sunday à publier des versions constamment révisées de ce qu’ils projettent comme le tableau final. Les annonceurs de la télé occupent le temps d’antenne avant les matchs ou la mi-temps à annoncer que Gonzaga en sera et St Joe’s en sera exclu avant même que le comité de sélection ait commencé à travailler sur le tableau final. Pourtant, quand vient le Dimanche, Lunardi ou Palm ne se trompent rarement que sur plus de deux ou trois des 36 sélections at-large et sont à un cheveu de placer correctement au moins deux tiers des équipes dans le tableau.

La vérité, c’est que n’importe qui peut être un bon Tableau-logue en prenant le temps de comprendre les directives connues qui s’imposent au comité de sélection mais surtout en étudiant le passé. Nous avons 30 ans de tableaux avec classement de 64 équipes. Les archives des données de RPI sont disponibles en remontant jusque 1991. Bien que les membres du comité de sélection sont renouvelés régulièrement, leurs tendances demeurent stables. Ils placent une grande importance dans la difficulté du calendrier hors conférence. Et il y a certains seuils de RPI au-dessus desquels une équipe est rarement exclue et en-dessous desquels une équipe est rarement incluse. Au Selection Sunday, il n’y a pas plus de trois ou quatre places qui font débat.

Par contraste, quand il s’agira du tout premier tableau à quatre équipes pour le football en décembre 2014, nous n’aurons aucun précédent sur lequel nous appuyer pour déterminer ce que le comité de sélection va décider. Le mieux que l’on puisse faire est de se pencher sur les saisons précédentes et de nous livrer à un exercice théorique basé sur les critères publics du CFP, qui disent : « Le comité mettra en compte des facteurs évidents comme le record victoires-défaites, la difficulté du calendrier, les victoires en championnat de conférence, les résultats face-à-face et les résultats contre des adversaires communs. » Les membres du comité vont sans doute établir une hiérarchie basée sur les résultats et les records et ce qu’ils verront des matchs mais les facteurs mentionnés – principalement la difficulté du calendrier et les championnats de conférence – seront utilisés comme moyens non officiels de départager les équipes serrées au classement.

Avec tout ça à l’esprit, revisitons les cinq dernières saisons d’avant playoff, 2009-2013, et livrons nous à un exercice théorique de sélection.

En me lançant là dedans, j’étais surtout curieux de trouver A) à quelle fréquence les quatre équipes du playoff seraient différentes de celles du classement BCS final et B) combien d’équipe chaque années pourraient avoir des prétentions légitimes à la quatrième place. J’ai utilisé les classements BCS de ces années pour limiter les possibilités de choix à une dizaine de candidates, mais j’ai aussi remis en ordre ces classements à l’exception des deux premières places pour éviter d’avoir des préjugés liés à l’ordre de départ. Les records des équipes contre le Top 25 et le Top 50 sont basés sur les classements BCS des adversaires. La difficulté du calendrier (SOS) est basée sur les classements de calendrier du site College BCS.com de Jerry Palm, qui utilise une formule assez proche du RPI du basket (deux tiers des records des adversaires, un tiers des records des adversaires de ces adversaires). J’aurais aimé utiliser une métrique plus élaborée, mais le classement BCS est le seul que j’ai trouvé pour ces années qui ne prenne pas en compte les résultats des Bowls.

En fait, la partie la plus compliquée de l’exercice est d’essayer de juger les équipes sans prendre en compte les résultats des Bowls, dont certains vous restent à l’esprit. Mais ces bowls n’étaient pas joués au moment où notre comité imaginaire se serait réuni pour faire sa sélection, donc vous devrez oublier certaines choses dans les pages qui viennent.

2009

Equipe

Record

SOS

Vs Top 25

Vs Top 50

Championnat

Alabama

13-0

4

3-0

9-0

SEC

Texas

13-0

16

2-0

5-0

Big 12

Boise State

13-0

90

1-0

2-0

WAC

Cincinnati

12-0

54

3-0

4-0

Big East

Georgia Tech

11-2

37

1-1

5-2

ACC

Iowa

10-2

18

3-1

3-2

Florida

12-1

7

1-1

8-1

TCU

12-0

69

2-0

3-0

Mountain West

Ohio State

10-2

34

3-1

4-1

Big Ten

Oregon

10-2

2

4-2

5-2

Pac10

Alabama et Texas, en tant que champions invaincus de conférences majeures, sont les deux choix évidents pour les deux premières places. Cependant, Cincinnati pourrait avoir de vrais arguments face aux Longhorns. Les Bearcats ont plus de victoires contre le Top 25, dont une victoire impressionnante chez 8-4 Oregon State 28-18. Ils ont aussi triomphé 45-44 sous la neige à 9-3 Pittsburgh dans un match qui avait des implications pour le titre de la Big East pour les deux équipes. Texas, de son côté, n’avait qu’une victoire contre le Top 25 – une démolition de 9-3 Oklahoma State chez les Cowboys par 41-14 – avant de survivre en finale de la Big 12 face à Nebraska 13-12 sur un field goal de dernière minute. Le defensive tackle star des Huskers Ndamukong Suh a montré les limites de la ligne offensive de Texas sur ce match. Cependant, les ‘Horns ont joué un calendrier sensiblement plus difficile et proposent la 3° défense du pays là où les Bearcats ne sont que 48°. Texas prend donc la deuxième place.

RB Mark Ingram, Alabama

Par rapport aux deux autres équipes invaincues, Boise State et TCU, Cincinnati a joué un calendrier plus difficile et a plus de victoires de qualité. Boise State a toutefois la plus belle victoire du trio, en ouverture de saison contre le futur champion de la Pac10 Oregon19-8 où les Broncos ont rendu inefficace l’attaque prolifique des Ducks. Mais le reste du calendrier des Broncos – avec 7 matchs contre des équipes au record négatif – est si atrocement pauvre qu’il est difficile de les imaginer prendre une des 4 premières places. Ce sera sans doute un problème récurrent pour les équipes hors conférences majeures. De son côté, TCU affiche la meilleure défense du pays, a accroché à son tableau le champion de division de l’ACC Clemson en Caroline du Sud 14-10, et a démoli 10-2 BYU (38-7) et 9-3 Utah (55-28). Séparer Cincinnati et TCU est donc très compliqué. Les anciens coaches dans la salle pencheront sans doute pour TCU du fait de sa défense d’élite. D’autres pourraient être convaincus par le niveau plus important du calendrier des Bearcats.

Par ailleurs, Florida menée par Tim Tebow a joué un calendrier du Top 10 et a remporté plus de matchs contre le Top 50 que n’importe qui à l’exception d’Alabama, qui a causé la seule défaite des Gators en finale de SEC, 32-13. Le comité se trouve ici face à une décision compliquée : le bilan de Florida est-il assez impressionnant pour la propulser devant des équipes invaincues et/ou des équipes ayant remporté leur conférence ? Bien que les Gators aient pas mal de belles victoires, leur seule contre une Top 25 est contre 9-3 LSU. Cincinnati a trois victoires dans la catégorie.

Par ailleurs, si Oregon a perdu deux fois, elle a remporté sa conférence et disputé le deuxième calendrier le plus difficile du pays. Les Ducks pourraient être pris en considération mais leur défaite en face à face contre un autre prétendant, Boise State, pourrait bien être un facteur d’élimination. Le champion de la Big Ten à deux défaites, Ohio State, a aussi son mot à dire. Cependant, une de ses défaites était contre 5-7 Purdue. Iowa a en fait un bilan meilleur que les Buckeyes mais a perdu leur face-à-face et donc le titre de conférence.

Au final, il y a trois candidats sérieux pour les deux dernières places : Cincinnati, TCU et Florida. La SOS des Gators est largement supérieure aux deux autres et de ce fait annule le fait qu’ils ne soient pas champions de conférence. La différence de SOS entre Cincinnati et TCU n’est pas énorme, mais le fait est que les Horned Frogs n’ont affronté que 5 équipes qui ont terminé avec des records positifs. C’est très complexe, même si l’impression visuelle nous dit que la défense dominatrice de TCU fait d’elle la meilleure équipe.

Top 4 BCS :

  1. Alabama

  2. Texas

  3. Cincinnati

  4. TCU

Top 4 du Comité :

  1. Alabama

  2. Texas

  3. Florida

  4. Cincinnati

Une seule saison et vous imaginez déjà à quel point certains choix vont s’avérer délicats. On peut plaider pour chacun des trois derniers prétendants (Cincinnati, TCU, Florida). Je ne peux pas non plus affirmer que la victoire des Gators au Sugar Bowl 51-24 contre les Bearcats ne joue pas inconsciemment dans ma sélection. Mais si la difficulté de calendrier est un facteur aussi important qu’on le pense, alors les Gators se séparent vraiment des deux autres.

Le résultat montre également que, contrairement au BCS, perdre une finale de conférence ne vous exclue pas automatiquement de la course au titre national. On s’est trouvés dans une situation inhabituelle d’un match de championnat SEC avec deux équipes invaincues, ce qui ne s’était jamais produit avant et ne s’est plus reproduit après. De même, aucune autre équipe dans le pays n’a terminé avec exactement une défaite cette saison-là, et les autres prétendants ont joué des calendriers particulièrement faibles. Florida est donc le bon choix, mais les Gators pourraient ne pas avoir été aussi heureux une autre saison avec un autre assemblage de prétendants.

2010

Equipe

Record

SOS

Vs Top 25

Vs Top 50

Championnat

Auburn

13-0

4

6-0

6-0

SEC

Oregon

12-0

72

2-0

5-0

Pac10

Oklahoma

11-2

3

3-0

6-2

Big 12

Arkansas

10-2

6

4-2

4-2

Ohio State

11-1

42

0-1

4-1

Big Ten*

Michigan State

11-1

50

1-0

4-1

Big Ten*

Wisconsin

11-1

69

1-1

4-1

Big Ten*

Stanford

11-1

57

1-1

5-1

TCU

12-0

68

1-0

4-0

Mountain West

Boise State

11-1

47

2-1

3-1

WAC*

*co-champion

Une autre année ou le Top 2 est évident : Auburn et Oregon. Intéressant : les données des Ducks ne sont pas si différentes de l’autre invaincue TCU. Oregon était un monstre offensif qui a marqué au moins 42 points par match hormis deux exceptions et a démoli 11-1 Stanford 52-31. La victoire signature des Horned Frogs a été l’écrasante victoire contre Utah (47-7) alors invaincue et qui a terminé l’année à 10-2. Leur meilleure victoire hors conférence est venue à la maison, 45-10 contre 7-5 Baylor. Oregon l’a emporté à Tennessee, même si c’était contre des Vols à 6-6, et a gagné 48-13. Les Ducks demeureront deuxièmes devant TCU, mais avec une marge plus petite que vous ne pouviez le penser.

QB Cam Newton, Auburn

Un autre fait intéressant de cette saison est que deux des bilans les plus impressionnants appartiennent à deux équipes qui comptent deux défaites, Oklahoma et Arkansas. Les Razorbacks n’ont pas de grands espoirs à avoir, vu qu’ils n’ont pas remporté leur division et ont laissé Auburn l’emporter en leur inscrivant 65 points. Les Sooners, champions de la Big 12, sont plus intéressants. Ils ont disposé par 47-17 de 9-4 Florida State, ont terminé la saison avec deux victoires consécutives à l’extérieur contre des équipes à 10 victoires, Oklahoma State et Nebraska, et leurs défaites sont arrivées à l’extérieur chez 10-2 Missouri et 9-3 Texas A&M. La dernière, une affreuse défaite 33-19, pourrait s’avérer coûteuse…

Parmi les trois équipes co-championnes de la Big Ten à 11-1, Michigan State a battu Wisconsin, qui a battu Ohio State, qui n’a pas rencontré les Spartans. Ohio State n’a pas vraiment d’arguments et bien que Michigan State a l’avantage face-à-face sur Wisconsin, sa défaite 37-6 chez 7-5 Iowa est difficile à oublier. Wisconsin, de son côté, a terminé la saison en marquant 83 puis 70 points dans deux de ses trois derniers matchs et avait une attaque au sol puissante, aussi bien qu’une défense solide menée par la vedette JJ Watt. Les Badgers ont donc l’avantage sur les deux autres, mais mérite-t-ils d’être devant Oklahoma ? Et que dire de Stanford ? Le Cardinal mené par Andrew Luck a gagné huit matchs par au moins 20 points d’écart.

Stanford, Wisconsin et Oklahoma ont tous des arguments pour la quatrième place. Les Badgers et le Cardinal ont terminé la saison sur des séries de 7 victoires, Oklahoma sur 4. Bien qu’il est probable qu’une équipe à deux défaites passe devant une avec une seule défaite, le comité aurait du mal à justifier de placer les Sooners devant 5 d’entre elles. Ça semble improbable…

Top 4 BCS

  1. Auburn

  2. Oregon

  3. TCU

  4. Stanford

Top 4 du Comité :

  1. Auburn

  2. Oregon

  3. TCU

  4. Wisconsin

Choisir Wisconsin plutôt que Stanford n’était pas si difficile, parce que le Cardinal n’a pas de victoire aussi importante que celle des Badgers 31-18 contre 11-1 Ohio State et parce que Stanford n’a pas remporté sa conférence. Le choix le plus complexe est entre Wisconsin et Oklahoma. Si le comité envisage d’envoyer un message relatif à la difficulté du calendrier (« l’objectif » comme le dit Alvarez… de Wisconsin), il pourrait dégrader les Badgers pour avoir joué 2-11 UNLV, 1-12 San Jose State et la FCS Austin Peay. Par contraste, OU a joué Florida State, 8-4 Air Force et affronté Cincinnati à l’extérieur. Cependant la finale de la Big 12 donne aux Sooners une victoire supplémentaire contre une Top 25, alors que les Badgers ont terminé la saison en démolissant des équipes médiocres de la Big Ten. Il est amusant de constater que la situation pourrait être inversée de nos jours : la Big Ten a une finale de conférence, la Big 12 n’en a plus.

Au final, il s’agit de sélectionner les 4 meilleures équipes, et vous auriez du mal à convaincre qu’Oklahoma jouait mieux que Wisconsin. Les Badgers balayaient leurs adversaires en fin de saison. Ils ont perdu leur seul match contre une équipe à 11-1 début octobre et en ont battu une autre à 11-1 également. Les Sooners manquent d’une victoire de prestige, ont deux défaites un peu plus mauvaises et une défense qu’on peut remettre en question, concédant 41 points à Oklahoma State dans leur avant-dernier match.

Une dernière chose : comme vous vous en souvenez peut-être, Boise State a démarré sa saison par une victoire sur terrain neutre contre le futur champion de l’ACC, 11-2 Virginia Tech et a eu un classement dans le Top 5 jusqu’au 26 novembre et le match à Nevada, au cours duquel le Wolf Pack de Colin Kaepernick a remonté le score pour battre les Broncos en prolongation. Si Kyle Brotzmann avait réussi son field goal facile et que les Broncos étaient restés invaincus, il est probable que les champions de la défunte WAC auraient occupé la dernière place qualificative. De nos jours, il faudrait que les étoiles s’alignent parfaitement pour que l’équivalent de cette équipe de Boise State puisse prétendre faire partie du dernier carré.

2011

Equipe

Record

SOS

Vs Top 25

Vs Top 50

Championnat

LSU

13-0

1

6-0

8-0

SEC

Alabama

11-1

11

3-1

6-1

Clemson

10-3

19

3-1

5-2

ACC

Boise State

11-1

39

1-1

3-1

Oregon

11-2

32

1-2

3-2

Pac12

Oklahoma State

11-1

4

4-0

8-1

Big 12

Stanford

11-1

41

1-1

4-1

Wisconsin

11-2

45

3-1

4-1

Big Ten

Arkansas

10-2

40

2-2

5-2

Kansas State

10-2

16

2-2

6-2

C’est la saison qui pour beaucoup a précipité la fin du BCS. J’ai protesté fortement à l’époque, et les chiffres viennent encore appuyer mon plaidoyer : Oklahoma State méritait bien plus qu’Alabama d’aller disputer le match du BCS Championship. Bien sur, le Crimson Tide possédait une défense parmi les meilleures de l’histoire du sport, concédant une moyenne de 8,8 points par match et qui a produit une fournée de premiers tours de draft NFL (7 dans les deux drafts suivants). Ils ont fini par égorger LSU au cours de la revanche, 21-0. Mais s’il y avait eu un comité de sélection BCS en 2011, je crois fermement qu’il aurait attribué la place de numéro 2 aux Cowboys derrière les Tigers.

CB Tyrann Mathieu, LSU

En fait, cette saison semble tomber dans la catégorie des sélections les plus faciles à effectuer. Bien que Boise State et Stanford sont les deux seules équipes hors du trio déjà mentionné à ne compter qu’une défaite, Oregon a battu le Cardinal 53-30, à l’extérieur, et a fini par remporter la Pac12. Les Ducks ont une défaite hors conférence, mais elle était contre #1 LSU 40-27 lors du match d’ouverture. Ils se retrouvent logiquement classés devant Stanford. Et les autres prétendants ont trop de défauts. Le champion de l’ACC Clemson, qui a démarré par 8 victoires de suite, aurait pu prétendre à une place mais le comité jugerait sans doute considérer négativement les défaites larges de fin de saison contre NC State (37-13) et South Carolina (34-13). Idem pour Kansas State avec sa défaite 58-17 contre 9-3 Oklahoma. Boise State était comme l’année précédente à un field goal raté à la dernière seconde de terminer une nouvelle fois invaincue, mais cette défaite, contre 10-2 TCU, coûte aux Broncos le titre de conférence.

Le champion de la Big Ten Wisconsin, mené par Russell Wilson et Monteé Ball, a le meilleur argument restant. Le comité noterait sans doute la manière dont les Badgers se sont vengés de leur cruelle défaite en saison régulière face à 10-3 Michigan State sur un hail mary avec leur victoire suivante 42-39 contre ces mêmes Spartans en finale de conférence. Mais il est difficile de justifier une défaite 33-29 contre 6-6 Ohio State. Par contraste, la deuxième défaite d’Oregon était contre 10-2 USC.

Top 4 BCS :

  1. LSU

  2. Alabama

  3. Oklahoma State

  4. Stanford

Top 4 du Comité :

  1. LSU

  2. Oklahoma State

  3. Alabama

  4. Oregon

Tout d’abord, pauvre Stanford. C’est la seconde année de suite que le BCS considère le Cardinal comme une équipe du Top 4 et que mon comité imaginaire ne le fait pas. Condoleeza Rice serait sans nul doute énervé quand elle reviendrait dans la salle de sélection. Cependant, les championnats de conférence sont un facteur déterminant selon le règlement. Oregon a remporté la Pac12, pas Stanford.

Les deux équipes at-large que j’ai incluses pour le moment dans le playoff, Florida en 2009 et Alabama en 2011, étaient deux équipes SEC à une défaite avec des difficultés de calendrier classées septième et onzième, respectivement. Cette tendance pourrait bien sur entraîner toutes sortes d’envies de vomir en dehors du Sud, mais chaque saison est différente. Bien que le coach d’Arkansas Bret Bielema [et la bise à Jen, bien sur… #karma] ait prédit en mai 2014 que deux places au moins dans le playoff reviendront tous les ans à la SEC, c’est loin d’être garanti. Aucun calendrier SEC ne naît égal, comme vous allez le voir…

2012

Equipe

Record

SOS

Vs Top 25

Vs Top 50

Championnat

Notre Dame

12-0

5

3-0

4-0

Alabama

12-1

30

3-1

4-1

SEC

Oregon

11-1

24

1-1

7-1

Florida State

11-2

85

1-1

1-1

ACC

Florida

11-1

1

4-1

5-1

Georgia

11-2

40

1-2

2-2

LSU

10-2

16

2-2

4-2

Texas A&M

10-2

11

1-2

3-2

South Carolina

10-2

13

2-2

4-2

Kansas State

11-1

33

2-0

6-1

Big 12*

Stanford

11-2

2

5-1

7-2

Pac12

* co-champion

Cette saison, pour laquelle 12-0 Ohio State était inéligible pour la post-saison, serait un foutoir absolu. Je m’en suis rendu compte la première fois lorsque nous avons réuni notre panel de DS pour simuler la sélection au cours de la dernière semaine de compétition.

Notre Dame, invaincue, et le champion de la SEC 11-1 Alabama étaient des 1-2 évidents et le sont encore à ce jour. Oui, il y avait des sceptiques à propos des Irish du fait de leurs nombreuses victoires moches avec des scores faiblards et oui, ces sceptiques allaient avoir raison lorsque Edie Lacy courrait sur la tronche de Manti Te’o et des Irish, 42-14. Mais peu de gens peuvent affirmer avant ça que Notre Dame avait bel et bien mérité sa place de #1. Elle a terminé invaincue en affrontant 10 équipes éligibles pour un bowl dont 11-2 Stanford et 10-2 Oklahoma. Le calendrier d’Alabama avait son lot de poids morts mais le Tide a battu 10-2 LSU à l’extérieur et 11-2 Georgia sur terrain neutre. Ils ont aussi démoli une équipe du Top 25, 8-4 Michigan, lors du match d’ouverture.

LB Manti Te’o, Notre Dame

Après cela, nos DS ont considéré les candidatures de pas moins de 7 équipes. Un prétendant populaire était Texas A&M, qui avait réussi la plus grosse performance de la saison, une victoire surprise 29-24 contre une Alabama alors #1. Mais si vous donnez trop d’importance à ce match, vous perdrez de vue que Johnny Manziel et les Aggies ont perdu à la maison contre leurs deux autres adversaires de l’élite, LSU et Florida, et ont en fait seulement battu une autre équipe de leur conférence avec un record positif, 8-4 Mississippi State. On peut dire à peu près la même chose de Georgia qui, s’il n’y avait pas eu cette passe déviée à la dernière seconde, aurait pu battre Alabama au championnat SEC et atteint le BCS Championship. Mais les Dawgs alors #3 n’y sont pas parvenus. Ils ont perdu 35-7 à South Carolina et battu seulement deux équipes qui ont terminé avec des records positifs.

Parmi ce paquet d’équipes SEC, le bilan le plus impressionnant revient à une équipe que Georgia a battue. Florida n’a pas remporté sa division mais a disputé le calendrier le plus compliqué du pays, battant 10-2 Texas A&M, 10-2 LSU, 10-2 South Carolina et 11-2 Florida State. Bien que plusieurs de leurs victoires peuvent sembler un écran de fumée, comme celle 44-11 contre South Carolina en gagnant juste 183 yards en attaque, les Gators méritent la troisième place.

Deux autres équipes à une défaite, Oregon et Kansas State, restent en course. Les Ducks semblaient l’équipe la plus dominante du pays, enchaînant les matchs à plus de 50 points, jusqu’à croiser la route de Stanford dans leur avant dernier match. Les visiteurs du Cardinal ont éteint les Ducks 17-14 en prolongation et ont fini par remporter le championnat de la Pac12. Après des débuts difficiles à 4-2, Stanford a changé de quarterback et terminé la saison sur 7 victoires de suite, les quatre dernières contre des adversaires du Top 20 Oregon State (9-3), Oregon (11-1) et, deux semaines de suite, UCLA (9-4). En fait, Stanford est devant Oregon sur trois des critères cités : face-à-face, difficulté du calendrier et championnat de conférence. C’est un renversement de situation par rapport à 2011 lorsque 11-2 Oregon prévalait sur 11-1 Stanford. Comme les Ducks, le Cardinal a aussi perdu contre le #1, cette fois Notre Dame, en prolongation et à l’extérieur. En ce qui concerne Kansas State, les champions de la Big 12 ont un bilan global fort, mais leur défaite embarrassante chez 7-5 Baylor par 52-24 à l’avant-dernier match leur coûte cher. Les Wildcats n’ont pas reçu de marque d’affection de notre comité fictif. « Je pense juste que Texas A&M et Oregon les battraient », affirma le DS d’Ohio State Gene Smith.

Top 4 BCS :

  1. Notre Dame

  2. Alabama

  3. Florida

  4. Oregon

Top 4 du Comité :

  1. Notre Dame

  2. Alabama

  3. Florida

  4. Stanford

C’est la deuxième année de suite où l’une des demi-finales serait une revanche de la saison régulière (LSU Oregon en 2011, Notre Dame – Stanford en 2012). Cependant, l’autre demie serait une rencontre entre deux équipes de SEC qui ne se sont pas rencontrées en saison régulière. C’est assez dingue, mais ce scénario est possible. Merci, le réalignement…

2013

Equipe

Record

SOS

Vs Top 25

Vs Top 50

Championnat

Florida State

13-0

61

2-0

4-0

ACC

Auburn

12-1

6

4-1

7-1

SEC

UCF

11-1

81

1-1

3-1

American

Stanford

11-2

3

4-1

8-1

Pac12

Alabama

11-1

50

2-1

5-1

Michigan State

12-1

62

1-0

5-1

Big Ten

Baylor

11-1

38

1-1

4-1

Big 12

Ohio State

12-1

56

1-1

4-1

Missouri

11-2

13

2-2

4-2

C’était l’année « Mais Vous Avez Joué Qui Au Fait ??? ». A l’orée du dernier weekend de la saison, le débat faisait rage de savoir si le champion de la SEC avec une défaite au compteur devait passer devant l’invaincue Ohio State, ces Buckeyes au calendrier si faiblard. À dire vrai, celui de #1 Florida State était encore pire, mais les Noles avaient été si dominants – gagnant tous leurs matchs d’au moins 17 points – que peu de monde remettait en cause leur légitimité. La victoire surprise de Michigan State contre les Buckeyes en finale de la Big Ten a mis un point final à ce débat sur le calendrier et a dégagé une rencontre en finale relativement logique entre Florida State et Auburn. Choisir quatre équipes au total aurait été pour le moins compliqué.

QB Jameis Winston, Florida State

La plupart des projections après coup – comme celle des affiches des Bowls que j’ai publiée plus tôt dans ce livre – assument qu’Alabama était #3. Le Tide était invaincu jusqu’à ce que Chris Davis ne réussisse son miraculeux retour d’un field goal manqué pour 109 yards pour emporter l’Iron Bowl. Mais le bilan du Tide était plus maigre que celui des saisons précédentes, y compris la controversée campagne de 2011. En échouant à atteindre une nouvelle finale de la SEC, l’équipe de Nick Saban n’a pu jouer aucune des cinq meilleures équipes de la division East (Missouri, South Carolina, Georgia, Vanderbilt et Florida). Ses meilleures victoires ont été obtenues contre 9-3 LSU, 8-4 Virginia Tech et 8-4 Texas A&M et sa défense habituellement dominatrice a montré quelques lézardes, en particulier en secondary. La question est de savoir si une autre équipe était plus impressionnante.

Le champion de la Big Ten Michigan State présentait la meilleure défense du pays et a remporté une victoire essentielle contre les Buckeyes. Avant ça, cependant, les meilleures victoires des Spartans auront été emportées contre un trio d’équipes peu inspirantes à 8-4 dans la Big Ten. Le champion de la Big 12, Baylor, a accumulé un paquet de points et de yards contre des équipes largement inférieures mais n’a juste battu qu’un adversaire du Top 25, 10-2 Oklahoma (41-12) et a été écrasée à 10-2 Oklahoma State (49-17).

Dans le même temps, le champion de la Pac12 Stanford présente la meilleure candidature d’une équipe à deux défaites depuis Oklahoma en 2010 pour une place dans le playoff. En fait, le Cardinal peut être l’illustration ultime de l’importance que donne le comité à la difficulté du calendrier. Leurs 9 matchs de conférence plus le match de championnat de conférence leur confèrent un impressionnant total de 9 rencontres contre des équipes du Top 50, comprenant des victoires contre les Top 25 10-2 Oregon, 10-3 Arizona State (deux fois) et 9-3 UCLA. Mais le Cardinal n’a pas perdu que deux fois… L’une des défaites était contre Utah, une équipe à 5-7. Au pire, ils seraient devant Baylor, qui compte moitié moins de victoires en Top 50 et une humiliation totale au compteur. Le comité choisirait sans doute Michigan State devant Stanford du fait de sa victoire contre Ohio State, mais le choix d’Alabama ou Stanford pourrait être beaucoup moins net que du temps du BCS.

Finalement, la défaite contre Utah serait fatale au Cardinal.

Top 4 BCS :

  1. Florida State

  2. Auburn

  3. Alabama

  4. Michigan State

Top 4 du Comité :

  1. Florida State

  2. Auburn

  3. Michigan State

  4. Alabama

Bien que le choix aboutisse aux quatre mêmes équipes que le BCS, imaginez un peu la réaction dans le Sud au fait de voir Michigan State placé devant la toute puissante Alabama – empêchant une revanche de l’Iron Bowl, rien que ça… Mais si le comité peut passer outre les impressions d’avant saison, ils favoriseraient probablement les Spartans qui restent sur 9 matchs d’affilée et ont montré une belle amélioration en attaque au fur et à mesure que la saison progressait, plutôt que le Tide qui a perdu son dernier match et a atteint son meilleur début novembre. Sans rappeler que Michigan State a remporté sa conférence et pas Alabama.

Une dernière pensée au sujet de UCF. La saison 2013 nous a apporté la première image du nouveau paysage de notre sport, avec les Knights jouant un an dans une conférence AQ avant que l’American ne perde son statut privilégié. UCF avait une belle équipe, comme elle l’a montrée en démolissant Baylor au Fiesta Bowl ou en battant dans le courant de la saison 11-1 Louisville et 7-5 Penn State. Malgré tout, son calendrier global – qui comprenait cinq équipes à trois victoires ou moins – était trop faible pour mériter une vraie considération. L’histoire aurait pu être différente si les Knights avaient battu South Carolina qui n’a gagné que 28-25 lors de leur rencontre.

Vous voyez maintenant ce que pourrait être le nouvel ordre mondial du football. Mon comité fictif avait un avis différent du BCS sur au moins une équipe pour chacune des cinq saisons, et l’ordre du classement n’a jamais collé. Vous avez aussi un petit avant-goût des controverses potentielles à venir. Le nombre d’équipes avec des griefs potentiels quant à leur exclusion du playoff se situe en général autour de 2 par saison. Le BCS était relativement clair sur la même période de temps. « Je pense que les choix 1 et 2 émergeront clairement », dit Gene Smith d’Ohio State. « Mais les positions 3 et 4… Oh, mon Dieu… »

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