Suivez-nous sur

Verchain Is #NotImpressed

Verchain is #NotImpressed 2013 – Week 8

Quand Verchain a des choses à dire, il les dit. Peu importe. Quelle que soit la réaction du public, Verchain is #NotImpressed. Au programme : The Dirty Game, la conclusion, Classement BCS, Grambling State, Mid Season All Americans, Verchain’s Games To Watch This Week

#NotImpressed

Quand Verchain a des choses à dire, il les dit. Peu importe. Quelle que soit la réaction du public, Verchain is #NotImpressed.

Qu’avons-nous vraiment appris de l’enquête de Sports Illustrated sur les Cowboys d’Oklahoma State ?

Nous avons eu droit à une plongée dans le monde merveilleux de l’amateurisme marron de la NCAA, dans tous ses aspects, des plus triviaux (l’argent, le mépris pour l’aspect universitaire) aux plus sordides (la drogue, le sexe), jusqu’à l’exposé des destins des joueurs interrogés, lorsque ceux-ci tendaient à aller dans le sens des auteurs.

C’est l’un des principaux reproches faits aux auteurs de la série d’articles. Boulot de journaliste pas fait correctement, pas de vérification des sources, manque d’objectivité (notamment de la part de Thayer Evans, qui aurait des liens avec les Sooners, tout ça…)… Deadspin et ESPN se sont amusés à démonter l’enquête pièce par pièce ou dans sa globalité.

Les enquêtes menées pour Yahoo par Charles Robinson sont en général mieux étayées, présentant des documents au public alors que l’enquête de SI brille surtout par leur absence, se contentant de rapporter des propos de types qui ont vu leur carrière partir en torche à un moment ou à un autre.

De plus en plus, l’ensemble des fans de football universitaire sait bien que le sport qu’ils aiment n’est pas une bluette basée sur l’amateurisme, que les ‘étudiants-athlètes’ sont une vaste blague, etc…

Même si tout n’est pas exact dans ces enquêtes, on a vu dans plein d’autres dossiers que certaines des choses reprochées à Oklahoma State avaient déjà fait l’objet d’enquêtes de la NCAA dans d’autres universités.

Des joueurs payés ? Ohio State a vu des sanctions appelées contre certains de ses joueurs pour avoir reçu des paies au-delà des heures travaillées chez un booster.

Des usages plus que limite en termes de travaux scolaires ? North Carolina a déjà du faire face à ce genre de situation.

Des hôtesses qui dragouillent des recrues (sans nécessairement qu’on en arrive au sexe) ? Tennessee du temps de Lane Kiffin y a eu droit aussi.

L’usage de marijuana ? On ne compte plus les suspensions de joueurs de droite ou de gauche pour usage récréatif de drogue. Prenons le Honey Badger par exemple…

Alors ?

Rien de nouveau sous le soleil. #NotImpressed, dans le fond, une nouvelle fois.

Toujours est-il qu’on se trouve dans un système qui pourrait bien être au bord de l’implosion, un de ces jours. Je vous parle depuis le début de saison de la possibilité de voir les grosses facs, le Cartel, faire sécession pour instaurer une nouvelle division indépendante, qui n’aurait pas besoin d’appliquer les règles de la NCAA. Pas besoin de soutenir des sports marginaux qui ne génèrent aucun revenu.

La semaine prochaine si tout va bien, petite book review pour vous parler de The System. Ou pas. On verra si l’actualité nous réserve quelque chose…

En attendant, Verchain is #NotImpressed.

Classement BCS

QB Jameis Winston, Florida State

Et s’il y a bien une chose au sujet de laquelle on peut être #NotImpressed, c’est bien évidemment le tout nouveau tout moche classement BCS…

C’est toujours un moment très attendu que la semaine 8. Même si ce classement ne vaudra sans doute pas grand-chose au soir de la dernière journée, après les finales de conférence.

Toujours est-il qu’il faudrait un peu arrêter la fumette, je dis, par moment… Mais qu’est-ce qu’il y a donc dans les ordinateurs ? Je sais bien que tous ces geeks qui restent des heures devant leur écran commencent à avoir des problèmes de vue en plus d’une misanthropie plus prononcée que celle de feu Emile Louis, mais quand même… Le calendrier de Florida State est donc tellement plus imposant que celui d’Oregon ?

Battre Nicholls State, Virginia, Tennessee, California, Colorado, Washington et Washington State, et pas seulement les battre mais les exploser, les démolir, les passer au rouleur compresseur est donc moins impressionnant pour les ordinateurs que de gagner un match contre Clemson.

Ne me parlez pas de la manière, les écarts au score ne sont pas pris en compte dans les calculs des ordinateurs magiques du BCS… OK, FSU a passé 63-0 à Maryland… OK… La défense de FSU, 5° dans le pays si j’en crois certaines stats, est plus impressionnante que celle d’Oregon, 42° ou quelque chose comme ça… L’attaque des Ducks est juste la deuxième dans le pays, quoi… Allo ?

Et ce n’est pas la seule aberration, dans le fond… FSU écrase le Computer Poll (ouais, je sais, il n’y a pas de sondage des ordinateurs, c’est une façon de causer, en quelque sorte, non mais…). Oui, devant Alabama, qui écrase les deux polls humains.

Qu’on aime ou pas le Tide et son ‘I’m not gonna be the Alabama Coach’ Saban, on ne peut que reconnaître la supériorité de l’équipe de Tuscaloosa, qui a sorti deux blanchissages d’équipes adverses, dont Arkansas. Il est donc difficile de contester le ranking de numéro 1 über alles de l’Etoile Noire.

Par contre, il est des choses que je ne comprends vraiment pas. Stanford devant Miami, Baylor et Texas Tech ? Wow… Difficile, non, de mélanger des présupposés absolument pas fondés (notez bien que Louisville est encore classée, 20°, devant leurs tombeurs de vendredi dernier, UCF, 23°) et des formules mathématiques qui demeurent de toute façon imparfaites…

Il est grand temps que l’ère du BCS se termine, et que vienne l’avènement du CFP.

Et il conviendra sans doute pour le Comité de Sélection de s’abstenir de publier des rankings.

Parce que de toute façon, en la matière, Verchain is #NotImpressed…

And In Other College Football News

Il ne se passe pas grand-chose dans le petit monde du business cette semaine qui vaudrait la peine de commenter dans les grandes largeurs… Rapidement, alors :

  • Texas a mandaté officiellement un cabinet de recrutement pour trouver son prochain Director of Athletics en prévision du remplacement du futur retraité DeLoss Dodds. En plus, l’université d’Austin, aucun lien avec Steve, a mis en place un comité consultatif dans le cadre de cette recherche. Outre deux membres du board de Texas, on y trouve un prof de compta, un ancien vice président d’Exxon Mobil, un ancien membre du board, un patron de fonds de placement et… l’ancienne ambassadrice américaine en Suisse et au Lichtenstein… Savez-vous planquer des sous ?

  • Les conférences non majeures s’amusent bien à nous bombarder de news sur leurs affiliations à des bowls pour les six années à venir. Cette semaine, c’est au tour de la Mountain West… Le Bell Helicopter Armed Forces Bowl, le Gildan New Mexico Bowl, le R+L Carriers Bowl, le Royal Purple Las Vegas Bowl, le San Diego County Credit Union Poinsettia Bowl (le tout sans reprendre ta respiration), le Sheraton Hawaii Bowl accueilleront plus ou moins régulièrement des équipes de la conférence qui décline un peu depuis les beaux jours de TCU dans le paquet… Ah, et bien entendu, le Idaho Famous Potato Bowl est dans le lineup final !

  • Comme vous en avez peut-être entendu parler, les joueurs de Grambling State se sont révoltés dans la semaine, entraînant le forfait de l’équipe pour leur match de la semaine. En cause officiellement, des difficultés de transport, le manque de nourriture fournie par la fac lors des matchs à l’extérieur et généralement le manque de soutien de l’université à son programme football. Dans sa grande mansuétude, Verchain vous propose donc la traduction d’un article de SI.com sur le sujet, pas seulement parce qu’il faut bien remplir l’article hebdo, mais aussi parce que ça vous apprendra des choses sur ce qu’il se passe réellement dans le monde merveilleux du college football d’en bas…

L’article ci-dessous est la traduction libre du travail de George Dorhmann pour SI.com, tous leurs droits réservés, bien sur, et toute erreur de traduction ne serait que le fait de votre ami Verchain.

Les raisons qui ont poussé les joueurs de Grambling à se révolter

GRAMBLING, Louisiane.

Commençons par le sol.

Quiconque veut comprendre pourquoi les joueurs de l’équipe de football de Grambling State (0-7) se sont révoltés cette semaine – en quittant mardi une réunion avec le président de l’université et le directeur des sports, boycottant l’entraînement et refusant finalement de se rendre au match de samedi contre Jackson State – devrait visiter la salle de musculation dans le Stadium Support Building de la fac. Et ensuite regarder en bas.

Le sol en béton est recouvert de larges dalles de caoutchouc posées les unes à côté des autres. Elles sont d’un gris clair maintenant mais étaient sans doute d’une toute autre teinte lorsqu’on les a installées il y a des années de ça. Beaucoup de ces dalles ont les coins qui se replient ou manquent simplement, comme autant de petits pièges qui pourraient causer une chute d’un joueur imprudent. Dans certaines zones, elles ont tout simplement disparu. Imaginez vous soulever 300 livres de fonte en surveillant vos pieds. Dans un sport où les blessures sont fréquentes, la dernière chose dont les joueurs ont besoin, c’est des pièges dans leur propre salle de muscu. C’est pourtant dans ces conditions que les joueurs des Tigers s’entraînent.

L’état du sol n’est pas le seul signe d’une dégradation du bâtiment. Il y a de la rouille autour de certaines fenêtres et l’isolation pâtit de l’absence de certains panneaux du faux plafond. Les universités de la Southwestern Athletic Conference (SWAC) sont souvent ‘tenues de faire plus avec moins’, déclare le Dr Frank Pogue, le président de l’université, et c’est incontestable. Mais le sol de la salle de musculation représente plus que les contraintes financières qui ont historiquement limité Grambling comme les autres universités noires. Il représente également les luttes politiques internes et la piètre gestion qui ont frappé l’université ces dernières années, des problèmes qui ont précipité le déclin rapide du programme de football, et qui ont fini par mener à la protestation des joueurs cette semaine.

Le sol de la salle de muscu de Grambling State

Comment est-il possible que l’état du sol compte autant ?

Peu avant le début de la saison 2013, les Grambling Legends, un groupe sans lien direct avec l’université, a récolté 11 000 $ pour acheter un nouveau revêtement de sol destiné à la salle de musculation. Doug Williams, qui était alors le coach des Tigers – de même qu’un ancien élève populaire, ancien MVP du Super Bowl et membre des Grambling Legends – a aidé à préparer l’achat du nouveau revêtement, comme il l’avait fait l’an passé pour le sol des vestiaires. Williams est connu pour ne jamais caresser son administration dans le sens du poil – en avril 2012, il a attenté un procès contre Grambling State pour des primes de performance qui lui étaient dues selon ses dires – et il a souvent contourné la hierarchie du département des sports. Les fonds pour payer pour le nouveau revêtement de la salle de musculation, qui n’ont pas été remis à la fondation de l’université comme le demandaient Pogue et le directeur des sports Aaron James, en sont un nouvel exemple.

Pogue et James, cependant, on refusé d’installer ce nouveau revêtement et l’ont fait stocker dans un autre bâtiment, près du terrain d’entraînement de l’équipe. Une semaine après que les larges rouleaux de revêtement ont été mis de côté, ils ont renvoyé Williams de son poste d’entraîneur en chef des Tigers.

Les joueurs, qui ne sont pas au fait de la politique administrative, savaient seulement les choses de base : Ils recevaient un nouveau revêtement pour leur salle de musculation dont ils avaient grandement besoin, et l’instant d’après ce n’était plus le cas. Williams, qui avait mené l’équipe au titre de la SWAC en 2011, était leur coach… Et ne l’était plus l’instant d’après.

La ‘mutinerie’ des joueurs de Grambling cette semaine était une protestation contre les longs voyages en bus, le manque de nourriture au cours des déplacements, et le déclin général du soutien de l’université vis à vis de son programme de football, selon ce qui a été rapporté… Et c’est vrai. Mais ce que SI a appris au cours de l’immersion parmi les Tigers pendant les évènements de la semaine, c’est que les actions des joueurs étaient aussi mues par un vrai besoin de réponses aux questions qu’ils se posaient depuis longtemps : Pourquoi ne pouvaient-ils pas avoir ce nouveau revêtement de sol et d’autres matériels dont ils pensent avoir besoin pour gagner des matchs ? Pourquoi Williams a-t-il été renvoyé ? Et, le plus important : Qu’est-il arrivé au football à Grambling ?

 *****

Sur un doigt de chaque main, le safety en sixième année Naquan Smith arbore des bagues dorées et imposantes, une pour chaque titre de la SWAC que les Tigers ont remporté durant sa carrière. En 2008, alors que Smith était un redshirt freshman et que l’équipe était dirigée par Rod Broadway, Grambling a terminé sur un record de 11-2 et remporté le titre de la conférence. Après le départ de Broadway pour North Carolina A&T trois ans plus tard, Williams a été engagé et, après un départ 0-4, les Tigers ont remporté sept matchs de suite, la saison culminant avec la victoire 16-15 contre Alabama A&M lors de la finale du championnat de la SWAC.

Depuis cette victoire, Grambling affiche un record de 1-17, y compris des défaites dans chacun de leurs sept matchs disputés cet automne. Les théories qui expliqueraient les difficultés de l’équipe sont nombreuses, à commencer par la grande jeunesse de l’effectif. Il n’y a que 7 seniors dans l’équipe actuelle, et il n’y en avait que deux dans celle de l’an passé. Mais Smith et d’autres joueurs affirment que l’inexpérience n’est pas la principale raison des difficultés des Tigers. Ils affirment que l’érosion du soutien apporté par l’université au programme football complique la tâche des joueurs. Ils manquent d’une salle de musculation adéquate, selon eux, et d’un staff et de matériel efficaces pour soigner correctement les blessures. Ils n’ont même pas assez de compléments alimentaires pour se remettre en forme après une longue séance d’entraînement. « On a du Muscle Milk qu’on nous a donné, mais on doit le réserver pour certains, comme ceux qui en ont besoin particulièrement cette semaine… on pratique une forme de rationnement », déclare Smith.

Un banc de muscu à Grambling State

Le staff de l’équipe est réduit à 6 coaches après le renvoi du coach intérimaire George Ragsdale (qui n’était pas populaire auprès des joueurs) et son remplacement par le coordinateur défensif Dennis Winston. Les joueurs affirment que les assistants sont trop peu nombreux pour préparer correctement l’équipe. « Les autres universités ont un [coach] par poste », affirme le défensive back sophomore Dwight Amphy. « En défense, on a juste trois coaches qui travaillent sur trois positions. Notre coordinateur défensif coache la defensive line. On a un coach pour les linebackers, et un autre coach qui s’occipe des safeties et des corners. Et deux de ces coaches s’occupent également des équipes spéciales… » Les coaches de position sont tellement occupés qu’ils n’ont plus de temps pour rencontrer les joueurs individuellement. « On n’a plus cette petite aide complémentaire qui nous permettait de nous améliorer », déclare Amphy.

L’équipe prend le bus pour des matchs aussi loin que Kansas City ou Indianapolis, à 650 et 750 miles par la route respectivement. Pour le dernier de ces déplacements, l’équipe a quitté le campus à 18 heures le jeudi soir pour arriver à Indianapolis à 9 h du matin le vendredi. Sans surprise, les joueurs sont apparus mal préparés et sans ressources dans une défaite 48-0 contre Alcorn State. « Être dans ce bus aussi longtemps, ça a une influence sur ont corps », déclare Smith. « On était aussi très énervés parce que l’autre équipe avait eu l’opportunité de venir ici en avion. C’était injuste. »

“On savait où on allait arriver quand on s’est engagés ici. On savait qu’on risquait de manquer de ci ou de ça, du meilleur matériel. On savait qu’on n’allait pas à LSU », déclare Amphy. « Mais on pourrait avoir mieux, juste un petit peu mieux. Parce qu’on ne manque pas d’athlètes compétitifs, ce n’est pas comme si on ne se donnait pas à fond pour être performants. »

Le déclin du programme football a coïncidé avec celui de la plupart des 11 autres programmes de sport de l’université. L’équipe de basket masculine n’a pas gagné un match l’an passé (0-28) ; les filles du basket ont terminé à 9-23. L’équipe de soccer féminine a un record de 3-29 en 2011 et 2012 et est maintenant à 0-4 cette saison. L’équipe de volley féminine est à 9-48 sur les trois dernières saisons, dont 2-11 en 2013. Les autres programmes galèrent également ; seule l’équipe d’athlétisme s’en sort convenablement.

L’équipe masculine de basket a été mise en difficulté par les sanctions infligées au programme du fait d’un Ratio de Progrès Académique insuffisant et la gêne d’avoir eu 4 coaches en 5 saisons. Les autres équipes souffrent des mêmes maux que l’équipe de football, principalement un manque d’encadrement par des coaches et un manque de soutien financier. L’équipe de soccer a débuté plusieurs matchs la saison sans être au complet, y compris un match de playoffs. (Ils devaient aussi porter des maillots qui n’étaient pas beaucoup mieux que de simples tee shirts). « Pour certains matchs, nous n’avions que 8 joueurs », rapporte le milieu de terrain junior Robblyn Branch. « Sans l’argent de bourses universitaires, c’était trop compliqué de payer pour la scolarité pour certains, alors ils avaient quitté l’université. D’autres étaient blessés et ne pouvaient pas jouer. On ne peut rien y faire, sinon donner le meilleur de soi-même sur le terrain. »

L’équipe de tennis a démarré des matchs sans être au complet ceette année, et ce programme comme d’autres n’ont pas de bourses d’études. De plus, quasiment tous les programmes manquent au moins d’un coach assistant pour avoir l’encadrement nécessaire, rendant la préparation des matchs et le recrutement de renforts pour ces équipes plus difficile.

“Il n’y a pas que le football. Tout le monde souffre », affirme Smith. « Je me suis demandé, depuis le début de l’an passé, pourquoi toutes nos équipes perdent. Ça affecte l’ensemble de la fac, vraiment. Mais le football donne le ton, en quelque sorte. On a eu des difficultés, et c’est comme si tout le monde nous suivait dans notre chute ».

*****

Lorsque les joueurs se sont mis à protester, certaines personnes les ont rapidement assimilé aux joueurs qui portaient le sigle APU – All Players United – sur leurs uniformes cette saison pour revendiquer une réforme de la NCAA. La comparaison n’est pas parfaite, cela dit, car Grambling n’est pas, disons… LSU, une usine à footballeurs qui génère des millions de dollars de profit alors que les joueurs ne sont pas payés. Ces dernières années, le programme de football de Grambling affiche un déficit de 1.2 à 1.8 millions de dollars. Ça ne veut pas dire que Grambling ne peut pas ou ne devrait pas faire plus pour ses athlètes, juste que l’image des administrateurs qui compteraient leurs millions alors que l’équipe est contrainte de faire 750 miles en bus pour aller disputer un match est inexacte.

Demandez à des officiels de la fac pourquoi l’équipe de football et les autres galèrent sportivement, et ils vous parleront de conflits de personnes et de décisions de coaching plutôt que d’évoquer la contrainte budgétaire. Depuis 2007-2008, l’allocation de l’Etat à Grambling est passée de 31.6 millions à 13.8 millions. L’université a tenté de combler ce manque en augmentant les droits de scolarité, sans succès, et des coupes franches ont été opérées. Environ 127 membres du personnel ont été renvoyés depuis 2008 et les congés sans solde sont monnaie courante. Il a été également demandé aux professeurs de d’enseigner bénévolement une matière supplémentaire chaque année. Globalement, l’université a tranché jusqu’à l’os, selon le vice président aux finances de Grambling.

Le département des sports a été épargné par les coupes budgétaires pendant les quelques premières années de récession, même si le revenu généré par le département a décliné de 8 millions en 2007-2008 à 6.2 millions l’an passé. Mais ce n’était plus soutenable, affirment les officiels de l’université. Comme le reste de l’université, le département des sports devait faire des sacrifices, et les programmes sportifs subissent maintenant les restrictions que le reste de l’université a enduré pendant des années.

“Le fait qu’on perde cet argent se voit partout. Ça se voit dans le budget de recrutement, dans les types d’hôtel où on réside, dans la nourriture qu’on fournit. Ça signifie qu’on prend un bus pour aller jouer un match à l’extérieur comme la semaine passée [à Indianapolis], “ déclare James, le directeur des sports. “Nous aurions pu dépenser 70 000 $ de plus et prendre un vol charter pour Indianapolis, ou nous pouvons utiliser cet argent pour aider certains de nos sports mineurs. Les coaches de football n’aiment pas ça, ils affirment que ce sont eux qui font rentrer l’argent et veulent tout dépenser, mais nous nous préoccupons de l’ensemble du département des sports.”

Quelques artifices comptables ont épargné de plus grandes souffrances encore au département des sports, au moins pour le moment. Dans les années passées, l’université a déplacé environ 3.4 millions de son budget opérationnel pour financer les sports. Cette année, l’université n’a pu transférer que 1.8 millions. Cette opération s’est produite en partie en déplaçant 1.2 millions des fonds auxiliaires vers les sports, mais ça ne pourra pas se reproduire l’an prochain, selon Sanders. A moins que de nouvelles ressources soient trouvées, le département des sports pourrait voir son budget réduit de plus d’un million pour l’année scolaire 2014-2015.

“On fonctionne en état d’urgence financière”, affirme Pogue.

Le plan de l’équipe pour combler l’écart budgétaire est d’imposer une participation complémentaire à l’ensemble des étudiants de 100 $ par semestre qui serait allouée aux sports ainsi que de déployer une campagne agressive pour augmenter les dons des anciens élèves. La même proposition de taxer les étudiants a été rejetée l’an passé, cela dit, et l’université admet qu’il n’y a pas de ‘culture’ du don parmi les anciens élèves. “Nous n’inscrivons même aucun don dans notre budget prévisionnel”, affirme Sanders. “Pas un penny.”

L’aspect financier ne suffit pas à expliquer l’état dans lequel se trouve le département des sports. Après tout, un manque de fonds n’est pas la seule raison pour laquelle l’université a eu trois directeurs des sports différents au cours des quatre dernières années. Pogue, qui a renvoyé un directeur des sports qui était en place à son arrivée puis un autre qu’il avait recruté avant de se tourner vers James dit de ces mouvements : “Une des responsabilités du directeur des sports est de faire que les collaborateurs travaillent bien ensemble, et quand on se rend compte que ces personnes ne ne sont pas capables de travailler bien ensemble ou qu’ils refusent tout simplement de travailler ensemble, vous devez faire un changement.”

Doug Williams, ancien coach de Grambling State

Pogue et James ne pouvaient clairement pas travailler avec Williams. Ils sont entrés en conflit avec lui sur des sujets triviaux. Pogue s’est présenté une fois à l’entraînement pour réprimander Williams qui avait installé des panneaux pour indiquer les places de stationnement réservées aux coaches. Il les a par la suite fait enleber. Le procès que Williams a intenté à Grambling et au système universitaire de l’Université de Louisiane a considérablement déterioré les relations. Dans sa plainte, Williams affirmait qur lui et son staff n’ont pas reçu les bonus promis pour le titre de la SWAC en 2011, et qu’il lui a été dit que cet argent ne lui serait versé que s’il acceptait de signer un nouveau contrat d’un montant moins important. “Un ensemble de nouveaux contrats a été présenté à Williams dans lequel son salaire serait réduit, les bonus supprimés et d’autres provisions pécuniaires étaient incluses”, est-il affirmé dans la plainte. “Il lui a été dit que c’était ‘ à prendre ou à laisser’”. La plainte a été abandonnée lorsque Williams a signé un contrat de 3 ans avant la saison 2012, un an avant que n’éclate le conflit sur le nouveau revêtement de la salle de musculation et qu’il soit renvoyé.

James et Pogue ont refusé de discuter de leur gestion du cas Williams, mais lorsque Pogue déclare que le prochain coach doit être quelqu’un avec “la volonté d’honorer les règlements de l’université et ses procédures”, la raison du renvoi de Williams devient claire. “Le coach, ici, est un employé de Grambling State et de l’Etat de Louisiane”, affirme Pogue. “Il n’est pas un électron libre, il ne peut pas faire ce qu’il veut.”

Quand on lui demande si on peut considérer qu’il est difficile de travailler avec lui, Pogue affirme qu’il ne croit pas que ce soit le cas, ajoutant qu’il a de fortes attentes vis à vis de ses employés. Williams, contacté par SI, a refusé de répondre à cette même question. Son fils, DJ, est le quarterback titulaire de l’équipe et il déclare qu’il refuse de jouer un petit jeu avec les officiels de l’université. “C’est Grambling et j’aime Grambling. Je ne suis pas d’accord avec certaines décisions qui ont été prises, mais elles l’ont été et je dois vivre avec.”, déclare Williams. “Mon souci principal est lié à mon fils et aux joueurs. Ce fut un temps empli d’émotion et des décisions emplies d’émotions ont été prises.”

 *****

A côté du bâtiment administratif de Grambling, dans l’ancienne salle de basket, se trouve le Eddie G Robinson Museum, un mausolée à la gloire du coach le plus victorieux de l’histoire de la première division et l’homme responsable de la riche histoire du football à Grambling. En marchant dans les allées, sur le parquet original de la salle, le Dr Mildred Gallot, responsable du département d’histoire depuis 20 ans, s’est souvenue de Robinson, qui est décédé en 2007.

Gallot a interrogé le coach légendaire durant des heures, l’écoutant raconter ses anecdotes, dont certaines sont devenues légendaires. Il y a l’histoire de comment il a du demandé à Louisiana Tech de lui offrir leurs anciens uniformes pour son équipe. Il y a l’histoire de cet ancien président qui lui déclarait au moment de l’engager qu’il croyait qu’il ne parviendrait pas à gagner tout de suite puis a assisté à la seconde saison qui a vu l’équipe terminer invaincue.

A la question de savoir ce qu’il faudrait à Grambling pour s’élever à nouveau comme du temps de Robinson, Gallot frotte trois de ses doigts ensemble et dit, simplement : “De l’argent”.

L’argent tout seul ne réparera pas Grambling. Une université au bord de la faillite qui a renvoyé un ancien élève légendaire, qui vient de voir toute son équipe se révolter, n’est pas prête de se remettre sur les bons rails. Et qu’adviendra-t-il si la crise financière dure, si les étudiants n’acceptent pas la participation financière pour les sports ou si les revenus des sports continuent de diminuer ? Alors, quoi ?

Au cours d’une conférence de presse convoquée à la hâte, Pogue a déclaré à propos du futur de Grambling : “Il est probable que ça prendra des années pour que Grambling restaure la réputation sportive qui était la sienne.” Personne à l’université n’est prêt à accepter que Grambling pourrait être changée complètement et qu’il pourrait venir un temps où avoir un programme football deviendra intenable financièrement. Pour l’instant, ils ont placé leurs espoirs dans la recherche d’un nouveau coach, dans la croyance qu’il saura unifier l’équipe, l’administration et les anciens élèves, qui saura trouver de nouvelles sources de revenus, qui saura faire plus avec moins.

Qu’est-il arrivé au football à Grambling ?

Le programme est de retour au tout début, espérant que quelqu’un comme Robinson, un autre faiseur de miracles, passera la porte un de ces jours.

Mid Season All Americans

Comme on a passé le milieu de saison, et pour un peu anticiper la nomination des All Americans de The Blue Pennant qui interviendra en fin de saison, je vous propose cette semaine une rapide présentation des Verchain’s MidSeason All Americans, sponsored by Kate Upton.

Quarterback : Marcus Mariota, Oregon Ducks
Running Backs : Bishop Sankey, Washington Huskies et Lache Seastrunk, Baylor Bears
Wide Receivers : Jordan Matthews, Vanderbilt Comodores et Mike Evans, Texas A&M Aggies
Tight End : Nick O’Leary, Florida State Seminoles
Offensive Tackles : Jake Matthews, Texas A&M Aggies et James Hurst, North Carolina Tar Heels
Offensive Guards : David Yankey, Stanford Cardinal et Cyril Richardson, Baylor Bears
Center : Hroniss Grasu, Oregon Ducks (juste parce que je rêvais d’écrire son nom)
Defensive Linemen : Aaron Donald, Pittsurgh Panthers – Vic Beasley, Clemson Tigers – Michael Sam, Missouri Tigers
Linebackers : Kyle Van Noy, Brigham Young Cougars – Anthony Barr, UCLA Bruins – Khalil Mack, Buffalo Bulls – Ryan Shazier, Ohio State Buckeyes
Cornerbacks : Jason Verrett, Texas Christian Horned Frogs et Vernon Hargreaves, Florida Gators
Safeties : Vinnie Sunseri, Alabama Crimson Tide et Ed Reynolds, Stanford Cardinal
Kicker : Cairo Santos, Tulane Green Wave
Punter : Zac Murphy, Miami of Ohio Redhawks
Coach : (oui, je sais, ya pas les coaches dans les All Americans, mais bon…) : Art Briles, Baylor Bears

I Got Mail… Ou Pas…

Dans cette section, amis lecteurs, vous pourrez poser toutes les questions que vous voulez. Si vous avez des questions, à l’avenir… Pour cette semaine, on passe au-dessus de tout ça, on reviendra, peut-être… Ou pas…

Cette semaine, pas de mail reçu. Grève de la poste. La semaine prochaine, j’aurai l’occasion de traiter une petite demande de l’ami Tuzz…

Verchain’s Games To Watch This Week

L’équipe de rédaction de The Blue Pennant vous présentera demain les matchs les plus intéressants à suivre cette semaine. Comme je suis un rédacteur prétentieux, je vous donne moi aussi mes matchs à suivre, qui ne sont pas nécessairement ceux qui viendraient à l’esprit des rédacteurs qui ne s’appellent pas Verchain…

UCLA Bruins @ Oregon Ducks
BCS RANKINGS ALERT
Le match qui pourrait donner raison à ces foutus ordinateurs. Les Bruins seront peut-être revanchards après la baffe moche reçue contre Stanford. Les Ducks auront peut-être la rage au cœur d’être si pauvrement considérés par la machine. Upset possible. Si, possible. Même si Lee Corso ne manquera pas de revêtir la tête de Poodles à la fin de College Game Day.

South Carolina Gamecocks @ Missouri Tigers
COLUMBIA ALERT
Quand l’équipe de la bonne ville de Columbia, Caroline du Sud, se rend à Columbia, Missouri, on tient peut-être le match pour le titre de la SEC East. Que celui qui l’avait vu venir me jette la première bière, vu que je n’en bois plus…

Boise State Broncos @ Brigham Young Cougars
REGRETS ALERT
Et dire que ce match aurait pu avoir des implications pour un éventuel bust du BCS. Mais Boise s’est manquée contre Washington et Fresno. Mais BYU s’est manquée contre Utah et Virginia (Virginia !!!). Un match plein de regrets, donc, et on attendra peut-être bien une purge digne de celle de l’an passé. Avec nos regrets éternels.

C’est fini pour aujourd’hui, alors…

Après trois années à commenter le football sous toutes ses formes, Verchain a rejoint la rédaction de The Blue Pennant en 2013 pour vous proposer son College Football Report et quelques autres fantaisies, en exclusivité.

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Tuzzz

    24 octobre 2013 à 12h59

    Ce classement BCS, quelle vaste blague…Jameis Winston est cool, mais quand même!

    Pour ce qui est de l’enquête de SI, c’est plutôt bien résumé: #NotImpressed

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A lire également - Verchain Is #NotImpressed