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Verchain Is #NotImpressed

Verchain is #NotImpressed 2013 – Week 4

#NotImpressed

Quand Verchain a des choses à dire, il les dit. Peu importe. Quelle que soit la réaction du public, Verchain is #NotImpressed.

Deuxième rendez-vous avec la traduction de l’enquête de Sports Illustrated sur Oklahoma State, et les pratiques qui s’y déroulaient, cette semaine…

Oklahoma State, The Dirty Game

Partie 2 : L’aspect universitaire

Peu après l’arrivée de Les Miles en tant que head coach à la tête d’Oklahoma State en décembre 2000, il a introduit une « exhortation » (recommandation) qu’il allait souvent utiliser à la fin des réunions de l’équipe durant ses quatre ans à Stillwater. « Les études, en premier », disait Miles. « Le football en second. »

Les mots de Miles résumaient un des piliers centraux des mythes du football universitaire : rien, même les victoires ou les défaites, n’est plus important que d’éduquer de jeunes athlètes. La réalité, c’est que lorsque des emplois et de l’argent sont en jeu, les priorités sont vite faussées.

Lorsque Miles disait « Les études en premier », il levait deux doigts. Et lorsqu’il disait « Le football en second », il levait seulement un doigt.

« On entendait ses mots, mais on voyait aussi ses gestes », déclare Doug Bond, un lineman offensif des Cowboys de 2002 à 2004. « Donc, le système de pensée était qu’on allait à l’école juste pour pouvoir jouer au football ».

Compte tenu du message du coach à ses joueurs, il n’est pas surprenant que 13 Cowboys ayant joué entre 2000 et 2011 ont déclaré à SI qu’ils ont participé à une forme de fraude scolaire, et que 16 autres ont été désignés par leurs coéquipiers comme ayant bénéficié de travaux scolaires réalisés pour leur compte par d’autres étudiants. Les joueurs déclarent qu’ils avaient de manière routinière des membres du staff universitaire qui faisaient leur travail scolaire à leur place, qu’ils recevaient les réponses aux questions des examens et qu’ils avaient des notes leur permettant de valider leurs unités sans avoir travaillé un peu, voir pas du tout. Les joueurs affirment également que le conseiller scolaire du programme football les plaçait dans des classes avec des professeurs extrêmement laxistes et les orientait dans des matières dominantes sans même les consulter sur leurs choix. « La philosophie du programme, son objectif principal, était de garder [les meilleurs joueurs] éligibles académiquement, et par tous les moyens » affirme Fath Carter, un safety de 2000 à 2003. « Le but n’était pas l’éducation, mais qu’ils aient les notes suffisantes afin de continuer à jouer. C’était la seule chose qui comptait ».

Cette philosophie a pris naissance après que Miles ait été nommé coach avant la saison 2001 et a continué sous Mike Gundy, qui était le coordinateur offensif de Miles et l’a remplacé après la saison 2004, selon des joueurs et d’anciens membres du staff, de moins en moins d’importance était accordée à l’éducation, et l’université a commencé à accueillir de plus en plus de recrues qui n’étaient presque pas qualifiées académiquement. « Est-ce que les joueurs qui sont arrivés après la prise de fonction de Miles étaient des étudiants de bas niveau ? Oui », dit Carter. « Donc, des trucs devaient être mis en place pour les aider ».

Terry Henley, un conseiller scolaire pour le football depuis 2000, dément les accusations des joueurs selon lesquelles il les a inscrits dans ces cours faciles et les a inscrits dans des dominantes, mais admet que l’éducation n’était pas une priorité pour Miles. « Il n’y avait jamais de pression [pour tricher], mais Miles était comme la plupart des coaches qui ambitionnent de se retrouver ailleurs », déclare Henley. « Ils vont faire ce qu’ils doivent faire pendant deux ou trois ans, et ils n’auront pas à gérer les conséquences. Donc, non, il n’était pas dans une démarche de promotion de l’éducation ».

Miles, le coach de LSU depuis 2005, dément qu’il minorait l’importance de l’enseignement lorsqu’il était à Oklahoma State : « J’ai toujours dit, et toujours pensé, que l’éducation était la chose la plus importante ». Au sujet de ses gestes avec un ou deux doigts, Miles déclare que ça ne s’est produit qu’une seule fois, dans un ‘moment d’humour.’

Quatre joueurs et deux anciens assistants ont déclaré à SI qu’ils avaient des coéquipiers qui étaient selon eux quasiment illettrés, même après avoir fréquenté l’université durant plusieurs années. C’est une révélation particulièrement décourageante compte tenu de l’histoire d’Oklahoma State. En 1989, Dexter Manley, alors defensive end en NFL, a révélé qu’il n’était pas capable de lire mieux qu’un élève de 7 ou 8 ans pendant la plus grande partie de sa vie, bien qu’il ait joué 4 saisons pour les Cowboys. Sa confession a lancé un débat national sur la façon dont les facs gardent leurs joueurs éligibles. Cela a aussi déshonoré l’université, même si John Campbell, le président de l’université au moment de la révélation, n’a pas été sanctionné. « Certains vous diront que Dexter Manley a reçu exactement ce qu’il désirait de l’université », a dit Campbell. « Elle lui a permis de développer ses capacités athlétiques et sa technique, il a été remarqué par les pros, il a eu un contrat chez les pros. Alors, peut-être que nous lui avons fait une faveur en le laissant demeurer dans notre programme ». William Cole, un receveur en 2007 et 2008, déclare : « Si vous vouliez faire le travail scolaire, vous pouviez le faire vous-même. Mais si vous étiez un de ces types dont ils savaient qu’ils n’allaient pas faire le travail scolaire, [l’université] trouvait un moyen ».

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WR Dez Bryant, Oklahoma State (2007-09)

En 2008, le receveur d’Oklahoma State Dez Bryant a été nommé dans la deuxième équipe ‘academic All Big12″, une marque de reconnaissance des joueurs qui conjuguent au mieux les performances athlétiques et universitaires. On ne peut remettre en question les performances de Bryant sur le terrain lors de son année de sophomore — il était deuxième dans le pays avec 19 réceptions pour touchdown — mais plusieurs coéquipiers et deux anciens coaches assistants s’étranglent du fait qu’il ait pu être reconnu pour ses performances universitaires. « Vous ne pouviez pas faire autre chose qu’éclater de rire en entendant ça », déclare Victor Johnson, un safety des Cowboys de 2008 à 2010.

Selon Johnson et un des anciens coaches assistants, il était de notoriété publique que Bryant n’allait en classe que s’il y était escorté, souvent par un membre du staff football, et que des tuteurs faisaient la majorité de son travail scolaire. « Il n’aurait même pas du être là. Il n’y avait aucune chance qu’il puisse faire son travail scolaire », déclare l’ancien coach assistant. « Dès son arrivée, il a été mis en relation avec des gens qui étaient là pour l’aider ». Calvin Mickens, un cornerback de 2005 à 2007, affirme qu’il a vu des tuteurs faire le travail scolaire pour Bryant. Bryant, qui joue aujourd’hui chez les Dallas Cowboys, dément qu’on ait fait son travail à sa place, et a refusé de faire de plus amples commentaires.

Ses difficultés rapportées révèlent qu’une façade scolaire avait été créée pour de nombreux joueurs d’Oklahoma State. Au sein du programme, on savait que la moyenne d’un joueur et les unités qu’il validait n’étaient souvent que le reflet des pratiques qui permettaient de le garder éligible pour jouer.

Carter, Cole, Mickens, le defensive tackle Larry Brown (2005-06), le lineman offensif Jonathan Cruz (2002), le linebacker LeRon Furr (2009-10), le defensive tackle Brad Girtman (2003-04), le safety Chris Massey (1999-2002), le defensive end T.J. Minor (2005-06), le linebacker Marcus Richardson (2007), le running back Herschel Sims (2011), le wide receiver Artrell Woods (2006-08) et le defensive back Thomas Wright (2002 to ’04) ont tous declaré à SI qu’on avait fait leur travail scolaire à leur place et/ou qu’ils ont bénéficié d’autres aides scolaires non réglementaires. Une douzaine de joueurs en plus de ceux cités ci-dessus affirment avoir vu des coéquipiers prendre part à la fraude scolaire. Parmi ceux qui ont été cités : le running back Tatum Bell (2000-03), le wide receiver Prentiss Elliott (2004), le quarterback Josh Fields (2001-03), le safety Vernon Grant (2002-04), le cornerback Darrent Williams (2001-04) et le defensive end Kevin Williams (1998-2002). Darrent Williams et Grant sont décédés. Bell, Elliott, Fields et Kevin Williams démentent avoir jamais bénéficié de travail scolaire fait pour leur compte pendant leur présence à OSU.

Certains joueurs avaient quasiment l’ensemble de leurs tâches réalisé pour eux. « Vous vous foutez de moi ? Je ne suis pas allé là bas pour aller à l’école », affirme Girtman. « J’y suis allé pour jouer au football ! » Woods déclare qu’il n’a jamais écrit « un seul papier » durant ses trois ans à Stillwater ; il s’est contenté de taper ce que les tuteurs lui dictaient. D’autres joueurs faisaient la plupart de leur travail par eux-mêmes mais utilisaient les tuteurs ou d’autres pour recevoir une aide hors des limites des règlements pour se faire aider dans une matière dans laquelle ils avaient des difficultés. Richardson a raconté qu’il aimait bien rédiger des dissertations, mais qu’il avait des difficultés en mathématiques, de sorte que les tuteurs validaient ces unités à sa place.

La frontière est ténue entre un tuteur qui aide un joueur à écrire un dissertation et un qui écrit le texte à sa place, mais les joueurs qui ont parlé à SI disent que ce qui se déroulait était clairement la seconde opération. « Si votre professeur vous demandait d’écrire un texte au sujet de votre resto chinois préféré, tout ce que le tuteur vous demandait, c’était ‘Quel est ton restaurant chinois préféré ? ‘ » déclare Andre McGill, un quarterback en 2000 et 2001 qui dément avoir reçu une assistance non autorisée. « C’est tout. Ils s’occuperaient du reste ».

Cruz affirme : « Je les écrivais [les dissertations ou textes], et ils [les tuteurs] prenaient mon travail, et changeaient tout simplement l’ensemble, tellement c’était mauvais. Je n’ai jamais vraiment appris comment rédiger un dissertation, mais je devais avoir un B dans la matière X, et j’avais mon B dans la matière X ».

Les tuteurs n’étaient pas les seuls à apporter une aide non autorisée en matière scolaire. Carter affirme que, durant son année freshman, un coéquipier l’a présenté à Ronald Keys, un professeur assistant affecté à la bibliothèque. Keys a commencé à travailler à la bibliothèque en 1996 ; il a été coordinateur académique des athlètes d’avril 1998 à février 2001, date à laquelle il fut réaffecté à la bibliothèque. Carter affirme que plusieurs joueurs comme lui-même rendaient visite à Keys à la bibliothèque, déposaient leurs sujets de dissertation, et repassaient quelques jours plus tard pour récupérer des copies prêtes à être remises. Carter déclare que cela a continué jusqu’à sa saison senior, et que durant ses quatre années à Stillwater il estime qu’au moins 15 joueurs ont eu au moins une partie de leur travail scolaire réalisé par Keys. Massey affirme également que Keys a fait du travail pour lui et d’autres. « Je ne sais pas pourquoi il le faisait. Tout ce que je sais c’est que si vous vouliez qu’on vous fasse une dissertation, il vous suffisait d’appeler Keys… Son nom était tristement célèbre… », affirme Carter.

Keys, qui a quitté OSU en septembre 2005 et est maintenant le directeur assistant par intérim de la bibliothèque de Texas Southern, a déclaré à SI qu’il n’a jamais fait le travail scolaire des athlètes à leur place, mais a pu les aider pour des questions de références bibliographiques.

*****

CB Darrent Williams, Oklahoma State (2001-04)

Terry Henley, 43 ans, est la personne qui a le plus de responsabilité dans la gestion de la scolarité des Cowboys de l’équipe de football. Actuellement le conseiller académique senior pour l’équipe de football, il a été embauché comme conseiller académique en juillet 2000, environ six mois avant que Miles ne prenne ses fonctions – Et un an avant qu’Henley ne reçoive un master en relations humaines de l’université d’Oklahoma. Bien que n’ayant jamais travaillé dans le conseil aux étudiants, il a été immédiatement affecté au programme football.

Des responsables de la scolarité de trois autres universités de Division 1 ont indiqué à SI que leurs facs n’embaucheraient jamais quelqu’un pour un poste de conseiller qui n’aurait aucune expérience préalable du conseil en scolarité. Le CV de Henley soulève une autre question : il était un defensive back à OSU de 1988 à 1993, et était alors coéquipier de Gundy. Parmi les 65 programmes des conférences BCS, en 2012, seulement 6 possèdent un ancien joueur de l’université comme conseiller scolaire principal de l’équipe de football.

De nombreux anciens joueurs qui ont parlé à SI ont loué l’intérêt de Henley pour leur bien être. Sa biographie sur le site web de l’université indique qu’il s’occupe également de ‘compétences de vie’ et de ‘problèmes personnels’, et les joueurs ont parlé d’avoir reçu le soutien de Henley lorsqu’ils étaient au plus mal, après des blessures ou même après s’être fait renvoyer de l’équipe. « J’ai presque perdu la raison [à Oklahoma State], » affirme McGill, qui a été diagnostiqué comme souffrant de désordre bipolaire après avoir quitté Stillwater. « Si Terry n’avait pas été là, je serai probablement dans un hôpital psychiatrique à l’heure qu’il est ».

Leur évaluation de Henley le conseiller scolaire, par contre, est moins favorable. « Je me souviens que Terry était très frustré, essayant de faire le point sur les étudiants, de les orienter vers des tuteurs. C’était un gros stress pour lui » déclare Carter. « L’éducation n’était pas quelque chose qui était mis en avant par le coaching staff ».

Henley avait en plus le challenge de devoir conseiller des joueurs qui n’étaient pas prêts à faire du travail scolaire de niveau universitaire, y compris des cas extrêmes. Carter, le wide receiver Eric Allen, et les defensive backs Ricky Coxeff et Daniel McLemore déclarent qu’il y avait des joueurs dans l’équipe entre 2001 et 2005 qui étaient quasiment illettrés. « Il y en avait certains, bon sang, dont on se demandait comment ils avaient réussi à aller au lycée », dit Allen. Coxeff se souvient d’une réunion de l’équipe en 2003 au cours de laquelle Miles a demandé à un de ses Cowboys d’écrire ‘maison’ (house) sur un tableau. « Il a écrit ça H-A-S », rapporte Coxeff. « C’était un truc comme… Mon Dieu, mais comment ça se fait que ce type se trouve dans cette pièce ? Comment quelqu’un qui ne sait pas écrire peut être inscrit dans un programme universitaire majeur ? »

Du fait, Henley conseillait parfois les joueurs comme s’ils étaient incapables d’effectuer le moindre travail scolaire. « J’ai eu une conversation ouverte avec [Terry] au sujet de Ron Keys. Terry n’encourageait pas à passer par Keys, mais il connaissait la situation «  déclare Carter.

Henley déclare qu’il a entendu des joueurs parler de Keys mais dément avoir su que Keys faisait le travail scolaire des joueurs à leur place. Il se demande également comment un joueur aurait pu savoir qu’un de ses coéquipiers était illettré. Il lui arrivait parfois de déterminer quels joueurs ne pourront probablement pas ‘survivre’ (scolairement parlant) à OSU, disant que ces joueurs allaient « prendre des matières faciles à la base. J’allais voir les coaches et je leur disais ‘attention, on a un problème potentiel… On ne pourra garder ce garçon qu’un moment ici, du fait de difficultés scolaires… Alors, pourquoi j’aurai envoyé ces gars dans des cours de mathématiques de niveau universitaire, ou en biologie ?? »

Ceci nous ramène à une autre critique que les joueurs ont formulé à l’encontre des conseils donnés par Henley. Ceux qui sont restés après leur année de sophomore se sont retrouvés coincés dans une dominante du fait des cours vers lesquels Henley les avait orientés au départ – une accusation rejetée par Henley. « Oklahoma State fait ça à beaucoup de gars », déclare Furr. « Les gars ont des matières à leur emploi du temps, et quand tu leur demandes ‘c’est quoi ta dominante ?’ ils répondent qu’ils ne savent pas, qu’ils ont juste les matières où on les a envoyés ».

Kevin White, un running back en 2005-2006, déclare qu’il voulait opter pour une dominante en business lorsqu’il était freshman, mais que Henley l’en a découragé. « Ils voulaient juste s’assurer que j’aurais des notes suffisantes pour demeurer éligible », selon White. Carter est arrivé à Stillwater peu de temps après que Henley ait été engagé, et il affirme qu’il n’a jamais eu la moindre discussion au sujet de sa dominante. Il prenait juste les matières que Henley lui conseillait de prendre et a finalement terminé dans une dominante en sociologie. « Quasiment tous les types que je connaissais avaient une dominante en sociologie. Qu’est ce que tu vas faire dans la vie avec un diplôme en sociologie ? », demande Carter, qui est retourné à Stillwater quelques années après sans bénéficier d’une bourse universitaire pour réussir un diplôme en éducation.

Henley déclare : “ce que je fais avec les diplômes et les matières, je le fais sur la base des aptitudes et des attitudes. Un gars aurait pu vouloir une dominante en business, mais il n’avait pas le niveau en maths. C’est une des principales raisons pour lesquelles nous ne déclarons pas tout de suite quelle dominante un joueur va prendre… J’aimerai dire à tous les gars qui viennent me voir qu’ils vont pouvoir se lancer dans la dominante qu’ils souhaitent, mais je dois avant tout considérer leurs aptitudes, leur attitude, et leur éthique de travail ».

Dans les dernières années, Henley a orienté les joueurs vers les cours en ligne. Le running back Dexter Pratt affirme que pour son premier semestre, en 2009, il n’a eu que des cours en ligne. « Les cours en ligne sont le moyen le plus facile pour les joueurs d’avoir des notes correctes », déclare Cole, « Si vous ne travailliez pas, vous pouviez presque envoyer un email au professeur et le convaincre quasiment de vous filer la note nécessaire pour valider le cours ».

Henley conteste que les cours en ligne sont plus faciles et déclare qu’il n’a jamais entendu parler d’un joueur qui aurait convaincu son professeur de lui donner une meilleure note. Il concède qu’il oriente plutôt les joueurs les plus faibles scolairement vers les cours en ligne car « en termes de logisitique, pour les gars à risque, on doit avoir un système de contrôle d’assiduité en place. Mais bon, ces contrôles ne sont pas toujours efficaces, et un gars peut donc sécher les cours. Donc, les cours en ligne nous ont permis de mieux suivre ces gars à risque ».

*****

Coach Mike Gundy, Oklahoma State

Selon les joueurs, il y avait quelque chose qui contribuait encore plus aux efforts du programme pour conserver l’éligibilité des joueurs : un groupe de professeurs qui donnaient des notes suffisantes aux joueurs qui pourtant travaillaient peu ou pas du tout. Il y avait assez de ces professeurs pour qu’un joueur puisse programmer un semestre de cours qui ne lui demanderaient aucun effort. « Tu te pointais en cours, tu avais un C », déclare Cruz. « Tu n’avais pas à passer d’examen. Tu n’avais pas à faire de devoirs à la maison. Tu n’avais rien à faire. Si tu allais en classe, ils te donnaient un C parce qu’ils prenaient à cœur le football à Oklahoma State ».

Carter déclaire que Bell et lui ont eu deux matières en commun qui étaient enseignées par le même professeur. Carter affirme qu’ils ont tous les deux reçu un A dans chacune des matières bien que n’ayant jamais mis les pieds en cours ou fait un quelconque travail. Au printemps 2004, après que leur éligibilité a expiré, les deux joueurs se sont de nouveau engagés dans une matière enseignée par ce professeur, et Carter affirme qu’ils n’ont alors reçu que des notes ne leur permettant pas de valider l’unité. « Je pense qu’il y avait une certaine pression sur le professeur pour nous donner ces A lorsque nous étions joueurs, mais qu’elle n’existait plus lorsque nous n’étions plus joueurs ». (Bell dément tous ces propos, affirmant qu’il n’a eu que des C et des D).

McGill et Bell ont eu différentes matières en commun et, selon McGill, un tuteur accompagnait Bell les jours d’examen. Le tuteur et Bell recevaient le sujet de l’épreuve tous les deux, et Bell remettait la copie rédigée par le tuteur comme étant la sienne. McGill affirme qu’il a vu le professeur qui voyait que le tuteur rédigeait les réponses à l’examen pour Bell, et que le professeur n’a « rien dit du tout. ». (Bell dément qu’un tuteur ait jamais fait son travail à sa place).

Woods déclare qu’après avoir subi une blessure sérieuse au dos en levant de la fonte en 2007, il a cessé d’aller en cours. A la fin d’un semestre, un professeur a demandé à le rencontrer. Woods affirme que le professeur lui a demandé « Que pensez vous mériter comme note dans cette matière ? ».

« Un F », a répondu Woods. « Je ne vais pas mentir »

Woods affirme que le professeur lui a répondu « Je vais vous donner un B ».

« Il avait de la peine pour moi », déclare Woods.

Après que Furr ait du être opéré en octobre 2010, il a séché un de ses cours pendant quelques mois. « Je n’aurai jamais du valider cette unité parce que j’ai beaucoup trop manqué la classe », déclare Furr, « mais le professeur m’a juste dit d’avoir de bonnes notes dans les autres matières et de les lui montrer, et qu’il me garantissait que je passerai ».

Cole affirme qu’il a séché un cours pour les trois premiers mois d’un semestre, et qu’ensuite il est allé en cours pendant le mois suivant et a négocié avec le professeur d’avoir une note suffisante pour passer. Une fois, en 2008, il a envoyé un email à un professeur, expliquant qu’il s’était blessé au genou et qu’il avait besoin de valider ses unités dans cette matière pour pouvoir transférer vers une autre fac. Il affirme qu’il a reçu un A bien que n’ayant fourni aucun travail durant un semestre entier.

“Vraiment, ils nous donnaient nos unités”, déclare Cole qui a transféré vers North Texas en 2009.

A l’accusation de notes injustifiées données par des professeurs aux joueurs, Henley répond : “on n’a jamais attiré mon attention à ce sujet, mais je ne suis pas certain qu’ils feraient ça, et, en plus, je n’ai aucun contrôle sur ce que font les professeurs ».

*****

En février 2003, Henley et d’autres membres du département des services universitaires ont revendiqué une grande victoire. Un article du Tulsa World a rapporté que tous les 18 seniors de l’équipe de football étaient sur le point de recevoir leur diplôme au printemps. « Cela prouve ce que j’ai toujours pensé depuis le premier jour – vous pouvez avoir des étudiants-athlètes diplômés tout en ayant une équipe qui gagne sur le terrain », a déclaré Henley au journal.

Mais ce n’est pas aussi simple que ça. Les joueurs de la promotion de recrutement 1998 sont arrivés sous la direction de Bob Simmons. Le vrai test de la croyance de Henley qui veut qu’Oklahoma State puisse gagner sur le terrain tout en diplômant des athlètes allait être le taux de réussite au diplôme des promos engagées par Miles et Gundy, pleines de recrues hautement considérées (NdT : dans le système de classement des promotions de joueurs de foot, on pourra en reparler si vous voulez) qui ont aidé le programme à atteindre un niveau d’élite.

Depuis l’année universitaire 2003-04, la NCAA utilise l’Academic Progress Rate (APR) pour déterminer la réussite d’un programme quant à l’éducation de ses athlètes. L’APR est un plus souple que le taux d’obtention de diplôme, car il prend en compte les transferts vers d’autres facs et les joueurs qui quittent la fac avant la fin de leur scolarité pour passer pros. La moyenne d’APR pour Oklahoma State de 2003-04 à 2011-12 est de 933, ce qui correspond à peu près à un taux d’obtention de diplôme de 50%. De 2008-09 à 2011-12 la période des plus gros succès sportifs de l’équipe – y compris sa victoire dans le Fiesta Bowl 2012 – la moyenne APR des Cowboys était de 926, le troisième plus mauvais score des 65 équipes des conférences BCS en 2012…

[NdT : le ratio de progrès académiques, ça se calcule en donnant un point par joueur sous scholarship qui est éligible et un point par joueur qui est toujours à l’école. On additionne les points, et on divise par le maximum de points qu’aurait pu atteindre l’équipe si tous ses joueurs avaient rempli les deux conditions, on multiplie par 1000 et on obtient l’APR. Par exemple, une équipe majeure avec le maximum de joueurs sous scholarship, soit 85, a 82 joueurs éligibles et toujours engagés, et 3 joueurs qui ont quitté la fac car ils n’étaient plus éligibles. L’APR de l’université en question sera de (82*2)/(85*2)*1000 soit 965. Il faut un APR de 925 pour ne pas risquer de sanctions de la part de la NCAA à terme, si l’APR ne remonte pas au-dessus de 925 après que des mesures aient été mises en place].

Alors, malgré toutes les dissertations rédigées par un ‘nègre’ (NdT : au sens figuré, bien sur, ‘ghost writer’ en VO), aux professeurs complices et aux étudiants jamais en cours qui ont fini avec des notes très hautes, la solicitude a ses limites. « Tout était mis en place pour s’assurer que les joueurs seraient sur le terrain le samedi – Et c’est tout », affirme un ancien assistant à OSU. “Ils sont sur le terrain ? On est bien. On s’occupera de tout le reste une autre fois”.

Non seulement l’affirmation de Henley que les Cowboys pouvait à la fois gagner des matchs et diplômer des joueurs est mise à mal par ces faits, mais le programme sous Miles et Gundy aura été un des moins efficaces pour remplir ce challenge. « Je ne sais pas si je n’ai rien appris à l’université simplement parce que c’était la fac et qu’on n’y apprend pas ce dont on a besoin dans le monde réel ou parce que tout n’était qu’une vaste blague, [à Oklahoma State] » déclare Woods. « Je ne sais pas. Je ne saurai jamais »

Tous les crédits et copyright à Sports Illustrated et SI.com. Enquête réalisée par Thayer Evans et George Dorhmann.

La semaine prochaine : La drogue.

And In Other College Football News

  • Johnny Cash !!! Sans doute sous le charme sans limites de Johnny Manziel, les donations vers Texas A&M ont atteint le montant record de 740 millions de dollars sur l’année dernière (le compteur du Aggie-thon a été relevé au 31 août). Amazing…

  • La CLC (qui attribue les licenses pour les produits dérivés des sports universitaires) et la NCAA ont demandé à être retirés de la liste des défendeurs visés dans le procès intenté en nom collectif par Ed O’Bannon sur l’utilisation de l’apparence des joueurs dans des jeux vidéos notamment sans rétribution des joueurs. EA Sports avait fait la même demande il y a deux semaines, après que la juge Wilken qui pilote le cas et doit encore se prononcer sur le fait que la plainte d’O’Bannon et compagnie est recevable et peut être jugée sous le régime de la ‘class action’, a autorisé les défendeurs à demander d’être retirés. Affaire à suivre, on espère une prise de position de Mme Wilken avant la fin de l’année.

  • In really related news to the Verchain is #NotImpressed stuff : Oklahoma State a engagé un enquêteur privé pour regarder de très près s’il y a du vrai dans les révélations de SI, dont vous pouvez lire la traduction complète dans la série d’articles dont fait partie celui que vous êtes en train de lire en ce moment. Le type s’appelle Charles Smrt. Ce qui est un très beau nom. Il est un ancien membre du comité des infractions de la NCAA et est aujourd’hui consultant spécialisé dans tout ce qui concerne les audits de compliance… Nice one…

  • Dans le bel Etat du Peach State, la Géorgie pour ceux qui se demandent de quoi je parle, une loi d’Etat vient d’être promulguée qui interdit que soient attribués des tickets pour les matchs de football au profit des élus qui passent les lois de l’Etat. Enfin une tentative de limiter la corruption tout à fait officielle de la part du Cartel. Rassurez-vous, amis du Cartel, en Alabama par exemple, on a toujours le droit d’inviter les élus…

  • Si vous vous intéressez un peu aux aspects business du coaching, USA Today met à votre disposition sa base de donnée sur les salaires des coaches. Bon, ce sont des données de la saison passée pour certaines, mais bon… Vastly overpaid : Mack Brown and Kirk Ferentz (Iowa). Grossly undervalued : Tim DeRuyter (Fresno) et Kyle Flood (Rutgers).

Flop Five

Ce sont les équipes dont on peut ou on a pu rigoler cette saison. Mes cinq préférées, en vous expliquant pourquoi. Et les autres, aussi, qui méritent mention…

  1. Oregon State Beavers

L’une des quatre équipes de l’histoire à perdre contre une FCS en étant dans le Top 25. Conserve pour le moment sa place dans le classement sur ce seul fait. Les Beavers ont pourtant gagné leurs trois matchs suivants, mais dans la douleur contre Utah et San Diego State. Si les hommes de Mike Riley continuent de gagner, ils seront en grande difficulté pour se maintenir à ce niveau. Disons qu’ils sont toujours là par défaut.

  1. Florida International University Golden Panthers

Toujours là par défaut, parce que certaines équipes de Floride sont au top en ce moment en termes de pitritude… Et en tête du groupe, Florida International. L’ère Ron Turner est décidément marquée du sceau de l’incompétence crasse et du ridicule absolu. Deux matchs sans inscrire le moindre point (contre Louisville et contre UCF), une défaite contre la surpuissante équipe de Bethune-Cookman, et une contre Maryland (qui ne semble plus aussi ridicule que l’an passé, par ailleurs). Pour le bien être des deux ou trois supporters qui doivent leur rester, les Golden Panthers sont au repos en semaine 5.

  1. University of South Florida Bulls

Huge. Avec l’arrivée de Willie Taggart pour prendre la suite de Skip Holtz qui était juste parvenu à reproduire des saisons de plus en plus médiocres, beaucoup de gens se disaient que le magicien de Western Kentucky allait pouvoir remettre les Bulls sur la carte de Floride. En attendant, les Bulls sont bien sur la carte, juste aux côtés de FIU, comme équipe floridienne de l’année en commençant par le bas du classement. La plus large défaite de l’histoire d’une FBS contre une FCS : les Bulls contre McNeese State. Et ont trouvé le moyen de perdre contre Florida Atlantic, ce qui constitue la seule victoire des Owls à ce jour.

  1. West Virginia Mountaineers

Deux victoires, deux défaites en quatre journées. Pas de quoi foutre le feu à un canapé… Sauf que les deux victoires sont contre des équipes FCS, dont la première au bout du bout de l’ennui contre la triste William & Mary. Et que les deux défaites sont de propres démontages aux mains des Sooners d’Oklahoma (pourquoi pas) et de Maryland… En marquant en tout sept points… Contre le Sooners seulement…

  1. Iowa State Cyclones :

Les Cyclones sont la seule équipe des cinq conférences du Cartel, qu’on présente parfois sous l’appellation ‘power conferences’ (c’est-à-dire les 6 BCS moins l’AAC) à ne pas avoir remporté le moindre match à ce moment de la saison. Et au compteur, une défaite contre Northern Iowa. Classy.

Also receiving votes :

– Kansas State pour avoir perdu en ouverture contre North Dakota State,
– South Alabama, perdant contre Southern Utah
– Georgia State, battue par Samford
– San Diego State, battue par Eastern Illinois
– Connecticut Huskies, battus par Towson
– U Mass, Massachussetts, battue par Maine
– Georgia State, battue par Chattanooga (Choo-Choo)
– Western Michigan, battue par Nicholls State.
– Temple, battue par Fordham.

I Got Mail… Ou Pas…

Dans cette section, amis lecteurs, vous pourrez poser toutes les questions que vous voulez. Si vous avez des questions, à l’avenir… Pour cette semaine, on passe au-dessus de tout ça, on reviendra, peut-être… Ou pas…

Kenny : J’aime beaucoup l’université d’Oregon alias Nike U et j’ai une question concernant leur recrutement. Ils disposent d’un centre d’entrainement ultra moderne, d’un staff compétent, d’une équipe performante depuis plusieurs années et d’uniformes super cool alors pourquoi leur recrutement n’est pas le meilleur du pays ? (ou au moins deuxième derrière Alabama ?)

Merci Verchain !

Ah, le recrutement… Un bon sujet sur lequel on ne peut être que #NotImpressed. Pour des raisons simples : comme pour la draft NFL, ce n’est pas AVANT que les joueurs soient sur le terrain qu’on peut savoir si oui ou non ils vont être performants et aider l’équipe à gagner des matchs. C’est une évaluation, qui est faite par des sites spécialisés (scout.com, rivals.com et 247sports.com sont les principaux et ils sont plus ou moins maqués avec des grands networks, respectivement Fox, Yahoo et CBS…), les fumeux rankings, qui sont censés nous indiquer qui a fait le meilleur recrutement… Mwouais… Le calcul est relativement simple : on additionne le nombre de recrues cinq étoiles – les meilleures supposément – quatre et trois étoiles, ont fait une moyenne et on envoie le classement.

Je n’ai pas eu énormément de temps pour préparer cette réponse, et je me suis donc basé uniquement sur ce que j’avais sous la main, les rankings de Rivals.com.

Voici donc les ‘performances’ des Ducks selon Rivals sur les 5 dernières saisons :

Année

Classement

Moyenne

Numéro 1

Moyenne

2009

32

2.92

Alabama

3.81

2010

13

3.39

South California

4.2

2011

9

3.57

Alabama

3.91

2012

16

3.38

Alabama

3.77

2013

22

3.26

Alabama

3.86

C’es assez inconstant dans l’ensemble, non ? Tout le contraire du Crimson Tide, en fait…

Quels sont les facteurs qui limitent l’impact dans le recrutement des Ducks ?

  • L’empreinte territoriale de recrutement :

De plus en plus de facs recrutent nationalement. C’est le cas pour Oregon, qui a par exemple des joueurs du Texas ou de Floride dans son effectif 2013, et un quarterback d’Hawaii… Mais la vaste majorité des joueurs sont issus de Californie.

La Californie est l’un des trois premiers pourvoyeurs de recrues (voir l’article de la semaine passée) au niveau national, mais assez loin derrière les deux mastodontes de lycée que sont le Texas et la Floride, qui sont tous deux des états peuplés avec une vraie culture football touchant la majeure partie de la population, ce qui est un peu moins vrai en Californie, historiquement (en termes de densité de pratique par rapport à la population, en termes culturels aussi, du fait notamment de la composition ethnique de la population, les latinos préférant d’autres sports au football, à commencer par le soccer).

Et la Californie… Il y a un paquet de concurrence, tout de même, avec des facs prestigieuses comme USC (mais si…), UCLA, Stanford (qui a des critères d’admission plus compliqués, d’élite) et Cal-Berkeley. Quand vous avez la possibilité de jouer à proximité de chez vous dans une grosse fac, ou d’aller dans une grande ville comme Los Angeles ou San Francisco [il y a moins de 30 minutes de route de Berkeley à San Francisco], pourquoi aller s’enrhumer dans l’humidité d’Eugene, Oregon, où il n’y a franchement pas grand-chose à faire de ses journées à part jouer au foot et tenter de lutiner les cheerleaders qui passent ? Pas grand-chose à faire de ses journées hors campus, s’entend, donc… Quand on a la possibilité d’avoir une exposition télévisuelle équivalente en jouant près de grandes métropoles ?

Not so fast, my friend… Et quand on regarde le point suivant, on se trouve encore plus de bonnes raisons de ne pas aller à Eugene…

  • Les perspectives professionnelles :

Eh oui, il faut bien en parler… Historiquement, il y a peu de grands noms d’Oregon qui sont devenus des stars chez les pros. Haloti Ngata, le redoutable DE des Ravens de Baltimore ou Jonathan Stewart, qui n’est pas mieux qu’un backup au poste de coureur chez les Panthers de Charlotte, Carolina, malgré une saison au-dessus des 1000 yards sont les deux noms qui viennent immédiatement à l’esprit. LaMichael James n’est rien de plus qu’un change-of-pace back, alors qu’il était l’atout majeur de l’attaque des Ducks quand il jouait en vert… en jaune… en gris… en noir… Enfin, en toutes les couleurs duckiennes… Un bel uniforme aux couleurs et aux formes multiples ne suffit pas à attirer le chaland. Et c’est valable aussi pour les cheerleaders…

Not so fast, my friend, parce que, bon… Il y a bien une raison pour que ça ne marche pas trop en termes de conversion chez les pros…

  • Le système de jeu :

Eh oui… C’est bien joli, la read option à vitesse de la lumière, mais difficilement transposable chez nos amis de la NFL (take this, Chip Kelly !!). Oh, certes, le jeu pro a pris quelques bons vieux réflexes du football universitaire notamment depuis l’arrivée de Cam Newton dans la Ligue, et ça s’est encore renforcé avec un RG3 ou un Kaepernick (quoique lui n’est pas au mieux en ce début de saison, héhé…). Mais de savoir si c’est le système de jeu qui est à l’origine de la désaffection des pros pour les produits d’Oregon ou si Oregon a construit son jeu sur la base d’athlètes moins renommés que ceux recrutés tous les ans par Alabama… C’est un peu la question de l’œuf et de la poule…

Pour autant, il demeure quelques raisons d’espérer… Oregon est performant globalement depuis le milieu des années 90, avec des pics de performances qui ont coïncidé avec le début des années 2010. Haut classement, bowls BCS avec souvent de belles victoires à la clé, constance dans la performance quelle que soit l’équipe de coaching… Avec en plus une arme de séduction massive sous la forme du nouveau complexe d’entraînement payé par la générosité de Tonton Phil Knight. Je pense vraiment que la fac d’Eugene est en train de construire quelque chose de réellement durable.

Après tout, Alabama n’était pas encore devenue l’Etoile Noire de la division FBS lorsqu’un certain Nick Saban est arrivé à sa tête, et ce même si le Tide a une vraie histoire à travers le vingtième siècle (cf l’époque Bear Bryant), une tradition… Et une situation somme toute favorable dans le monde merveilleux du College Football. L’Alabama, c’est à la croisée des chemins entre la Floride et le Texas, avec le Mississippi entre les deux, la Géorgie qui n’est pas bien loin… Et ça joue un football pro-style aussi bien en attaque qu’en défense…

Et n’oublie jamais le principal : une recrue cinq étoiles, c’est du papier. C’est sur le terrain qu’on les gagne, ces étoiles. Et comme disaient les grands poètes africains de Magic System : ‘C’est ça qu’est la vérité !’.

Verchain’s Games To Watch This Week

L’équipe de rédaction de The Blue Pennant vous présentera demain les matchs les plus intéressants à suivre cette semaine. Comme je suis un rédacteur prétentieux, je vous donne moi aussi mes matchs à suivre, qui ne sont pas nécessairement ceux qui viendraient à l’esprit des rédacteurs qui ne s’appellent pas Verchain…

La semaine nous propose un programme bien plus intéressant que celui de la semaine 4. Avec notamment quelques chocs ou demi-chocs en conference play. Dans le panier global, Verchain a choisi pour vous :

California Golden Bears @ Oregon Ducks

ORGASM ALERT
Le freshman des Bears contre le sophomore des Ducks. Deux gars qui ont le potentiel pour lancer plus de 4000 yards sur la saison, d’inscrire des touchdowns à la pelle. Du football offensif à en pleurer, à un rythme de malade. Il n’y a aucun doute a priori sur l’issue de la rencontre, les Ducks sont archi-favoris, mais ce match vaudra la peine selon Verchain de se caler les fesses dans le fauteuil, et de profiter du spectacle. On n’a rien inventé de mieux à la télévision que Cal-Oregon depuis l’avènement du film à regarder d’une seule main de Canal Plus le premier samedi du mois. Mais bon, heureusement qu’il n’y a pas que grâce à la télévision qu’on a des ‘orgasm alerts’, le contraire serait très, très, très préoccupant.

Wisconsin Badgers @ Ohio State Buckeyes

UPSET ALERT
Bon, pas vraiment… Mais il faut bien tenter de trouver quelques obstacles sur la route de la marche triomphante d’Urban Meyer vers le Coaches Trophy, ce foutu ballon de cristal. Tout le monde nous casse les pieds (et pour certains une autre partie de l’anatomie masculine que la décence m’empêche de mentionner sur un site familial) depuis la fin de l’an passé avec les Buckeyes programmés pour devenir champions de la galaxie… #NotImpressed !
Wisconsin n’impressionne pas vraiment. Mais n’a perdu qu’un match dans des circonstances douteuses à Arizona State. Alors, je me dis… Pourquoi pas… Après tout, les Badgers peuvent faire un hold up, priver Miller-Guyton (rayez la mention inutile, amis lecteurs) de ballon, contrôler le tempo, envoyer du James White dans tous les sens… C’est beau de rêver, non ?

South Carolina Gamecocks @ University of Central Florida Knights

UPSET ALERT
Non, sérieusement… Coach O’Leary a peut-être monté la seule équipe hormis Louisville dans l’AAC à pouvoir être compétitive contre des grosses équipes. J’y crois. Bon, pas vraiment, mais comme ça, je me dis qu’un bon petit upset des familles serait une bonne chose si on veut espérer un BCS Buster en fin de saison. Et donc, il nous faut des défaites de la SEC… Qui enverra de toute façon deux équipes dans les bowls BCS comme à chaque fois, mais bon…

C’est fini pour aujourd’hui, alors…

 

Après trois années à commenter le football sous toutes ses formes, Verchain a rejoint la rédaction de The Blue Pennant en 2013 pour vous proposer son College Football Report et quelques autres fantaisies, en exclusivité.

6 Commentaires

6 Comments

  1. mlagree

    25 septembre 2013 à 19h05

    Pour remettre les choses dans leur contexte : malheureusement, les pratiques à Oklahoma State concernant le supposé « support académique » sont quasi-généralisées dans de nombreux programmes à travers le pays…

    Autre raison des non-succès des anciens Ducks dans la NFL ces dernières années : le recrutement d’Oregon est basé sur deux critères simples, aptitudes athlétiques et polyvalence. Or, dans la NFL, on cherche des spécialistes, des profiles bien précis. Les scouts NFL ne cherchent pas des joueurs qui savent bien lancer, bien courir, bien bloquer mais ceux qui savent soit très bien lancer dans la pocket, soit très bien courir inside ou off-the-edge, soit très bien bloquer la course, soit très bien bloquer sur la passe, etc…

    • Verchain

      25 septembre 2013 à 21h04

      C’est ce que je sous-entendais dans le ‘système de jeu’. Je me rends compte que ma réponse n’était pas si exhaustive que je le pensais…

  2. Kenny

    25 septembre 2013 à 20h42

    Merci Verchain pour ta réponse très détaillée!

    Je vais me régaler à regarder le match contre les Golden Bears ce week-end. En espérant un grand Mariota et un grand Thomas.

  3. Tuzzz

    26 septembre 2013 à 11h26

    #Impressed, comme chaque semaine! Du grand, du beau, du bon boulot.
    Pour l’article de SI, une fois encore et comme le dit le grand Manitou du site, ça n’apparaît pas comme une gigantesque surprise, en tout cas je ne suis pas tombé de mon siège en lisant ça (ouf). Même si les proportions que ça prend peuvent quand même paraître délirante, à savoir que des mecs avec le QI d’une huître de taille moyenne se retrouvent quand même sur les bancs de l’université, tous frais payés, alors que des tas de braves gens comme vous et moi ne peuvent même pas en rêver, faute de moyens plutôt que de cerveau (ou de muscles, en l’occurence). Il suffit de jeter un coup d’œil à certains joueurs pour se rendre compte que la fac là-bas n’est qu’une vaste supercherie pour les athlètes (je ne savais pas pour Bryant, je pensais plutôt à notre ami Terrell Suggs et son regard bovin aussi expressif qu’une Prim’Holstein consanguine lobotomisée). Bref, American Dream!

    Du coup, je me suis posé la question des facs vraiment intègres au niveau académique (car oui moi aussi, comme Verchain, j’y crois toujours un peu au fond de moi), s’il y en a. Est-ce qu’éducation d’excellence et performances sportives au niveau national sont compatibles? Je regarde plutôt à l’ouest (Stanford, pas seulement parce que ma grande sœur y a bossé, et Berkeley notamment), parce que du côté de l’Ivy League je suis pas certain que ce soit très costaud sur le terrain…

    Enfin, pour ce WE, on y croit malgré tout pour Jared Goff et ses plantigrades dorés! C’est quand même chouette de les revoir avec un QB au gros potentiel, parce que depuis Rodgers c’était pas trop ça…So Go Bears (et ça me coûte en tant que fan/owner des Packers) et F*** the Ducks (pour les mélomanes sous acide, un très bon « A Duck Fuck a Duck » à écouter ici, mais on s’éloigne du sujet)!

    Bref, Verchain, you rock!

  4. vinnyroma

    26 septembre 2013 à 22h23

    super intéressant et merci.

    Pour Oregon (j’espère qu’ils gagneront le titre cette année), oui il n’y a pas un grand vivier local mais je pense que cette fac est de plus en plus attractive par les résultats mais aussi par son enthousiasme, son jeu et l’engouement des supporters. Je pense que Oregon est actuellement bien plus médiatique que toutes les autres facs de Californie, en NCAA, les grosses équipes sont quasi toutes dans des « college town » quand les grandes villes ont leurs équipes pro (bien sur LA excepté).

    sinon moi aussi je ne suis guère surpris par les révélations sur Oklahoma state (très réputé aussi en golf) et en effet quelles sont les facs intègres ? enfin je sais que Duke ne fait guère de compromis et diplome ses joueurs mais en même temps il n’y a pas de résultats (pas comme en Basket);
    Certes on imagine mal Stanford faire n’importe quoi mais une fac comme Michigan qui a une excellente réputation académique s’est fait prendre plusieurs fois par la patrouille en basket ou en football.
    je signale aussi l’existence d’un documentaire d’ESPN sur l’équipe la plus lourdement sanctionnée de l’histoire de la NCAA SMU (southern methodist) dans les années 80, un programme qui s’en relève encore à peine.

  5. Verchain

    27 septembre 2013 à 07h14

    Merci à tous deux pour vos commentaires.

    Juste au passage, des facs qui ont une excellente réputation universitaire ont parfois eu des scandales comme d’autres moins regardantes (je pense à Miami), ou font souvent des concessions à leur standard académique pour intégrer des joueurs (Northwestern, qui a une des meilleurs facs de journalisme des US sur son campus, et une excellente Business School également). Rien n’est tout noir ou tout blanc…

    A Oklahoma State, on a juste l’impression d’une accumulation de choses… Il reste trois articles pour creuser encore…

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