Suivez-nous sur

Verchain Is #NotImpressed

Verchain is #NotImpressed 2013 – Week 2

Ladies and ladies, bienvenue dans ce deuxième numéro de Verchain is #NotImpressed. Nous sommes encore en cours d’expérimentation de la formule pour cette saison, mais vous retrouverez chaque semaine le #NotImpressed, les Other College Football News, et les Games to Watch.

En rotation sur un cycle de 4 semaines, les items Flop Five, Top Five, BCS Forecast et BCS Busters.

Et en fonction de vos éventuelles questions, le Mailbag, si vous posez des questions à verchain@thebluepennant.com ou @Verchain sur Twitter… Sinon ? Ben, voilà…

Enjoy. C’est un ordre !

#NotImpressed

Quand Verchain a des choses à dire, il les dit. Peu importe. Quelle que soit la réaction du public, Verchain is #NotImpressed.

Parier aux Etats-Unis est quelque chose de compliqué. En gros, en-dehors du Nevada, c’est quasiment impossible. Aussi, ce sont les bookmakers de Las Vegas qui, au bout d’une semaine de compétition, viennent nous offrir un sujet de début de saison, qui revient comme un bon gros marronnier des gamins qui chialent à la rentrée des classes : Les Favoris pour le Heisman Trophy.

Oui, au bout d’une semaine, on nous abreuve déjà de stats, de perspectives, de machins et de bidules. La machine à hype fonctionne à plein. Et elle marche bien, la preuve… puisque j’en cause aujourd’hui. Et la deuxième semaine n’a pas changé grand chose à l’affaire.

Et vous avez vu qui était le favori pour le Heisman mercredi dernier ? Le quarterback de Louisville Teddy Bridgewater. Wow. Louisville ? Bridgewater ?

Heck, en plus il joue avec des moufles !!

Bon, au moins, ça nous distraira quelques instants de la longue litanie de Johnny par-ci, Johnny par-là, me direz-vous. Certes, et encore, au vu du nombre de papiers dans la presse du monde libre ces derniers jours, le phénomène Johnny F n’est pas près de s’éteindre. Quels que soient les résultats de Texas A&M cette saison.

Donc, Teddy Bridgewater comme Heisman ? Geno Smith, anyone ? L’an passé, le QB des Mountaineers, au profit d’une extraordinaire rencontre contre les Baylor Bears, LE match du siècle, était propulsé comme le vainqueur assuré du truc… Pour finir en dehors du classement une fois la magie d’un début de saison parfait s’est évaporée…

Voilà donc l’état dans lequel se trouve le football en ce moment. On va chercher comme Heisman putatif un garçon certes sympathique, avec de gros moyens physiques, une lecture de jeu correcte pour un universitaire, quelques bonnes cibles pour les passes qu’il lancera, et un peu de hype liée à une belle performance, inattendue de mon point de vue, avec 33 points passés à la défense des Gators qui était tout sauf une bande de rigolos, en fin de saison dernière au Sugar Bowl.

Favori pour le Heisman ? Hé, il a battu qui ? Ohio ? Ah, oui, les Bobcats dont la saison était partie totalement en torche en fin de saison dernière ? Ahhhhh. Et cette semaine, il avait qui au programme ? Eastern Kentucky ? Oui mon Colonel. Ahhhh… Et ensuite ? Kentucky, FIU, Temple ? Wow, wow, wooow.

La machine médiatique marche vraiment bien, quand même… On veut couronner qui, un type certes pétri de qualités et qui sera sans nul doute un des premiers choix de la draft prochaine en NFL (tremble, Jadeveon Doo Doo, mais pour le moment mon argent est toujours sur Taylor Lewan de Michigan comme first overall pick), simplement parce qu’il risque (ce n’est pas encore fait), de disloquer les défenses d’équipes qui ne feraient pas peur à l’équipe d’un club de retraités ? Come on…

Si on se penche un peu sur ce qu’on fait les trois derniers quarterbacks titrés au Heisman, on voit quoi ?

Johnny FF n’était pas encore une vedette après deux journées, un premier match reporté contre Louisiana Tech et une défaite contre les Gators.

Robert Griffin III avait réalisé un véritable exploit contre TCU, ce qui l’avait propulsé sur le devant de la scène, et jusqu’au plateau de GameDay où on avait pu découvrir un type sympa et intelligent, avant de se reposer la semaine suivante.

Cam Newton avait été payé pour jouer… Oh, pardon, c’est pas le bon sujet… Ahem… Cam Newton avait assez facilement disposé d’Arkansas State puis plus difficilement de Mississippi State.

Mais ces trois types n’étaient pas les favoris des bookmakers au bout de deux semaines de compétition, à part peut-être Griffin dont on attendait une confirmation de la superbe performance contre les Frogs.

Un trophée Heisman ne se gagne pas sur deux journées, et pas contre des équipes de seconde, troisième ou quatrième zone, même s’il peut se perdre contre ce genre d’équipes. Un trophée Heisman, ça se gagne sur le terrain, contre des adversaires respectables, avec un ou deux exploits au passage. Battre Alabama, par exemple, est une bonne porte d’entrée dans la discussion, ou l’argument définitif qui suffit à propulser Joe Quarterback comme futur vainqueur du Heisman Trophy.

Pour l’instant, au milieu d’un paquet de rencontres sans grand enjeu ni intérêt contre des équipes FCS (le seul intérêt, c’est quand l’équipe FCS gagne…), il faut bien vendre du papier, faire consulter des bits de publicité. Alors, on cause Heisman. Ou on profite de la hype du moment. Jameis Winston est ainsi devenu après un match co-favori avec Teddy B. Après avoir battu, certes de belle façon, la défense de Pittsburgh. Pittsburgh.

La seule chose que je puis dire pour le moment, c’est que je n’ai pas la moindre idée de qui sera sacré Heisman cette saison…

Et que pour ce que j’ai vu des joueurs annoncés comme favoris cette saison, force est de constater que… Verchain is #NotImpressed.

And In Other College Football News

Les différentes facs qui composent l’univers du football universitaire doivent en ce moment affronter leur pire ennemi : la télé.

Etrange, d’écrire cela, dites-vous ? Certes, la télévision, ESPN en tête, est le premier pourvoyeur de ressources financières pour une grande partie de l’univers du college football. Mais il demeure tout de même que les facs sont victimes de la télévision.

Pourquoi ? Parce que les stades se vident, ces dernières saisons. Une place à l’année au stade coûte une fortune… Et nécessite souvent de payer plus cher que ce que coûterait l’achat de 6, 7, 8 places individuelles au coup par coup. Ainsi, il n’est pas rare de voir la fac demander une ‘donation’ supplémentaire à ses détenteurs de tickets à l’année. Et ça peut chiffrer. 5000 dollars, par exemple, en plus des prix des places pour être assuré d’avoir toujours sa place sur la ligne médiane, dans certains des meilleurs sièges.

Bien sûr, voir un match en live, c’est une expérience unique… Mais face à tous les avantages de rester dans son canapé, il devient de moins en moins tentant pour le fan de base de se rendre au stade.

Comparez vous-mêmes :

Aller au stade, il y a une ambiance de feu, on est pris dans le truc, quand notre équipe gagne, c’est à chaque fois un moment unique… Mais la bière coûte une petite fortune (quand il y en a), et je ne parle même pas du prix d’un hot dog. A force de boire de la bibine, tu as forcément envie d’aller te soulager la vessie, et il faut attendre derrière tous les autres types gavés comme toi de Bud Light (ou de soda) avant de pouvoir le faire… Alors qu’à la maison, tu as droit à 28 replays sur chaque action, la bière est à portée de main et pas cher, et tu n’as qu’à aller dans la pièce d’à côté pour te soulager… Et puis tu as l’Internet dispo pour suivre tous les autres résultats, ne rien manquer de l’actualité, et de pouvoir mater en live les dernières photos de Katherine Webb si tu aimes ça…

Du fait de la concurrence du match dans son canapé, les facs sont en train de multiplier les petits trucs pour attirer les fans dans les stades à nouveau.

La BigTen autorise par exemple désormais ses équipes à diffuser tous les replays possibles et imaginables sur les grands écrans.

Baylor fait construire un nouveau stade où le wi-fi gratuit sera la norme, avec des débits annoncés équivalents à ce que le fan de base peut avoir dans sa petite maison.

Indiana (oui, ici, vous avez le droit de poster un LOL) veut améliorer le contexte de ses matchs de football (avec des feux d’artifice, et le plus grand mât de drapeau de la BigTen… How ridiculous is this ?).

Et plein d’autres…

En résumé, les facs veulent le beurre, l’argent du beurre, et le sourire (de plombier) de la crémière. Un beau sport amateur, on vous dit…

And some more news :

  • Puisqu’on vous dit que c’est du football amateur dont on parle… Rutgers vient de signer avec la firme de marketing sportif IMG pour l’équivalent de 5 millions de dollars par an. IMG cherchera avec son équipe de vendeurs des contrats publicitaires et vendra l’image de la fac auprès de partenaires commerciaux. L’objectif ? Réduire la part du budget de la fac dédiée au Département des Sports, qui doit de plus en plus s’autofinancer, et accueillera avec bonheur son transfert dans la B1G l’an prochain du fait de recettes télé beaucoup plus intéressantes que dans l’AAC.

  • Si vous sortez d’une bonne fac ou d’une école de commerce, vous feriez bien d’envisager une carrière comme Athletics Director. Patron du département des sports d’une belle fac, ça peut rapporter gros… Le nouveau AD de Florida State recevra ainsi 510 000 dollars de salaire par an. Bonus éventuel pour ce monsieur Stan Wilcox, qui a été recruté à Duke (comme quoi, on recrute dans tous les sens, dans le football universitaire) : 190 000 dollars chaque saison en fonction des résultats sportifs et du succès académique des étudiants-athlètes. Message à tous les Présidents d’université du pays : Verchain peut se rendre disponible et il vous coûtera moins cher. Et il est plus marrant, en plus…

  • Ne jamais sous-estimer la puissance de Nike. La compagnie oblige en effet par contrat les cadres de l’université d’Alabama à porter des vêtements de golf Nike à chaque fois qu’ils se rendent sur un parcours, notamment pour les ‘évènements’ avec des boosters ou des politiques par exemple.

  • Si j’avais écouté ma maman, je serai peut-être avocat aujourd’hui… Et je travaillerai pour la NCAA. Il y a du boulot, quand on est avocat pour la NCAA. Trois anciens joueurs viennent en effet de déposer une plainte dans le but d’obtenir de la NCAA qu’elle créée un fonds pour l’étude des commotions cérébrales sur les joueurs, arguant que l’Association a manqué à ses devoirs en n’éduquant pas les joueurs sur les risques à long terme des commotions sur leur santé. La NFL vient de tomber d’accord avec le syndicat des joueurs sur un montant de plusieurs millions de dollars…

  • La NCAA toujours semble faire un pas dans la bonne direction, en envisageant de mettre un terme à la possibilité pour un coach de limiter les joueurs souhaitant transférer vers une autre université. Pour le moment, les coaches ont le droit d’empêcher un de leurs joueurs d’aller jouer dans une fac rivale, une fac du même Etat, une fac qui joue en rouge ou une qui a une troupe de cheerleaders composée de top models, comme ça leur chante.

Top Five

En rotation avec d’autres items, voici le Top Five de votre ami Verchain. Il s’agit ici de classer les cinq équipes qui ont la meilleure chance d’accéder au dernier BCS Championship tel que nous le connaissons aujourd’hui…

  1. Alabama Crimson Tide (SEC)

C’est l’étoile noire, le truc qui semble insubmersible, tout ça. Avec Nick Saban dans le rôle de Darth Vader. Dans mes pires cauchemars, je rêve que Nicky se tourne vers moi en me disant ‘je suis ton père’. Ironie mise à part, on reparlera un peu de tout ça dans le mailbag ci-dessous.

  1. Oregon Ducks (Pac12)

No Chip ? No problem. Les Ducks, contre une opposition pas forcément de haut niveau, sont repartis comme la saison passée, pédale d’accélérateur à fond, Marcus Mariota au volant. C’est toujours aussi spectaculaire, autant troisième millénaire, autant Nike U. Le spectacle, rien que le spectacle. On verra si ça finit par payer, ou si des équipes plus ‘tradi’, je pense notamment à Stanford, finissent encore par gagner à la fin.

  1. Clemson Tigers (ACC)

And now, Dabo has swagger… J’aime bien les équipes qui jouent en orange, à la base. Si la victoire de cette semaine 2 a moins d’impact que le triomphe contre Georgia en ouverture de saison, je ne vois pour le moment aucune raison de reconsidérer mon appréciation de l’équipe.

  1. Ohio State Buckeyes (BigTen)

Mwouais, ils gagnent, ils ont un calendrier relativement facile… Mais j’ai toujours autant de mal à apprécier cette équipe. Pourtant, comme le but de ce classement est de positionner les équipes qui pourraient aller au championnat, on ne peut pas ne pas considérer la candidature des Buckeyes.

  1. Oklahoma State Cowboys (Big12)

Longshot, certes. Mais les Cowboys assurent le show en ce début de saison. J’aurai pu mettre Stanford à cette place, ou Georgia, ou Florida State, ou… En attendant, ce seront les Cowboys, qui semblent l’équipe de la Big12 la plus convaincante en ce début de saison…

I Got Mail… Ou Pas…

Dans cette section, amis lecteurs, vous pourrez poser toutes les questions que vous voulez. Si vous avez des questions, à l’avenir… Pour cette semaine, on passe au-dessus de tout ça, on reviendra, peut-être… Ou pas…

@Morgan.Lagree : Y a-t-il dans l’histoire un true freshman walk on quarterback qui ait fait une grosse carrière ?

Wow, si même le taulier se met à poser des questions, on n’en a pas fini ici…

Alors, pour le coup, j’ai mis l’ensemble de l’équipe de recherche du VerchainInc sur le sujet. Mes 48 roumains, assistés de leurs trois masseuses thaïlandaises, et supervisés par Svetlana, ma spécialiste ukrainienne du deep play, ont bossé jour et nuit, sans manger autre chose que des cailloux farcis (le plat traditionnel roumain) et ne sont pas parvenus à trouver la trace d’un walk-on freshman quarterback qui aurait fait une grande carrière.

Il semble bien, et il paraît que les Américains disent la même chose, que ce cher QB des Red Raiders de Texas Tech Baker Mayfield est le premier walk-on freshman à débuter une saison comme titulaire. En tout cas dans une équipe d’une conférence AQ de la FBS.

L’histoire ne semble pas avoir retenu de QB freshman walk on qui aurait fait une grande carrière (sans définir ce que peut être une grande carrière, au passage)… Mon équipe de recherche a juste trouvé quelques cas à signaler.

Colt Brennan, qui a pendant un temps réécrit les livres d’histoire du côté des Warriors d’Hawaii, a débuté sa carrière à Colorado, en tant que walk on, mais a du prendre un redshirt et n’a donc pas joué. Il a été viré de Colorado pour une affaire de mœurs (irruption dans un dortoir pour montrer ses attributs virils à une jeune fille qu’il aurait par ailleurs quelque peu tripoté), a passé une saison en junior college avant de se relancer à Hawaii.

Jim Sandwisch (true story), a joué pour Maryland en 1991, mais avait en fait intégré l’équipe en tant que walk on… Punter !!! Terrapins…

Donc, ma réponse est non, même si on a vu des walk ons à d’autres postes avoir des carrières respectables au niveau universitaire, souvent des linemen offensifs d’ailleurs… Nebraska avait une collection de walk ons sur la ligne offensive ces dernières saisons…

On a aussi vu quelques joueurs pros NFL qui sont d’anciens walk-ons, comme Jordy Nelson, le receveur des Packers (Kansas State walk-on), ou Clay Matthews (Packers, USC walk on).

Et puis, un walk-on peut finalement recevoir une bourse universitaire un jour ou l’autre.

Alexis Bidville : Depuis quelques années maintenant, je suis le College Football et il me semble vraiment que le programme du Crimson Tide d’Alabama est vraiment au dessus des autres équipes. Mes questions sont:
 
– Comment Alabama arrive à régénérer son contingent pour maintenir une équipe qui peut viser le titre chaque année? 
 
– Question peut-être bête, mais je l’a pose quand même. Est-ce-qu’ Alabama aurait une chance de gagner un match contre une des pires équipes de NFL? 

Je vais répondre à tes deux questions en commençant par la fin. Ouais, quand je mange une pizza, j’aime bien commencer par la croûte…

Donc, en l’état actuel des choses, je ne pense pas qu’Alabama puisse battre une équipe NFL. Même les Jaguars. La question était déjà apparue la saison passée, et je persiste à croire que c’est impossible. Résister ? Oui, sans doute. Ne pas se faire démolir ? Peut-être bien. Gagner ? Not so much. Le football professionnel va beaucoup plus vite que le football universitaire, avec plus d’intensité athlétique. La NFL, c’est 32 fois 53 joueurs sélectionnés, les meilleurs. Et même si Alabama a les meilleurs joueurs universitaires du pays, le Tide n’a pas TOUS les meilleurs joueurs du pays à chaque poste. Et puis, n’oublions pas que les joueurs pros ont plus de 23 ans pour la majeure partie, et qu’ils ont donc une maturité athlétique supérieure, qui leur permet de tenir à très haut niveau d’intensité plus élevé que des étudiants-athlètes.

Venons-en donc maintenant au premier point que tu évoques. Comment Alabama s’y prend pour être au top, ou quasiment, tous les ans ?

Deux facteurs majeurs entrent en ligne de compte selon moi :

1) La qualité du coaching staff. Ce n’est pas un hasard que les assistants de Nick Saban soient extrêmement demandés sur le marché. Parce qu’ils apprennent le ‘process’, et qu’ils seront capables de tenter de le reproduire. Grosso modo (tu pourras trouver des articles détaillant le truc), le ‘process’, c’est porter la plus grande attention à tous les petits détails, joueur par joueur, et ça va jusqu’à la façon de protéger les joueurs des contacts avec les agents par exemple. Saban a su porter un niveau d’exigence maximale envers ses joueurs, et les joueurs ‘achètent’ le concept, parce qu’ils savent que ça peut leur apporter beaucoup, à la fois au niveau universitaire mais aussi après, chez les pros pour ceux qui auront la chance de se retrouver en NFL.

Et quand Saban perd un de ses assistants parti chercher fortune en tant que head coach quelque part, il parvient à le remplacer sans trop de problème, par exemple en recrutant cette saison Mario Cristobal comme coach de ligne offensive, alors que l’ancien coach de FIU s’était engagé à Miami comme assistant head coach pour l’attaque…

Ce n’est pas non plus un hasard que le nom de Saban soit murmuré du côté de Texas depuis que l’avenir de Mack Brown est incertain (le début de la saison dernière). Texas pourrait le payer trois ou quatre fois ce que lui verse le Tide. Saban est tout simplement aujourd’hui considéré comme LE meilleur coach universitaire. Et il coache toujours lui même la secondary du Tide…

2) Le recrutement : les scouts du Tide comptent parmi les tout meilleurs du pays, se trompent rarement sur les joueurs qu’ils font venir… Et ils peuvent se permettre de prendre tous les joueurs qu’ils souhaitent ou presque. Alabama n’est pas une grande fac sur un plan académique, en termes de qualité d’éducation, et le standard d’entrée n’est pas forcément très élevé, même si des types doués comme par exemple le meilleur joueur de la ligne offensive des quatre dernières saisons avant l’actuelle, Barrett Jones, peuvent être de bons gars intelligents et performants dans la salle de classe… C’est plus compliqué pour des facs qui ont une plus grande exigence ‘scolaire’ comme Notre Dame, Stanford ou même North Carolina ou Miami.

Et puis, quand Alabama vous offre une bourse d’étude pour jouer au football, ça ne se refuse pas. Parce que c’est le meilleur tremplin possible pour envisager une carrière pro. Saban a créé une ‘dynastie’ à Alabama, qui a par ailleurs une vraie tradition, historiquement, héritée du temps du coach légendaire Bear Bryant.

Ainsi, ‘Bama peut se permettre de demander à des freshmen de prendre un redshirt, parce que le joueur sait que même à l’entraînement, il progressera, se familiarisera avec le plan de jeu de manière générale… Et sera inséré sans que la transition se passe mal dans l’équipe à l’issue de sa saison redshirt…

Alabama est une vraie, pure football factory, une usine à produire des joueurs.

@LeonNury : Quelles sont les raisons de ce début de saison tout pourri de Jadeveon Clowney ?

Relativement simple… North Carolina et Georgia ont toutes deux… orienté leurs jeux offensifs le plus loin possible de Doo Doo Clowney. Et disons que l’équipe de coachs défensifs de South Carolina n’ont pas encore trouvé la solution pour rendre de sa superbe à Jadeveon.

Mais en fait, c’est plus compliqué que cela… Pourquoi penser que Clowney passe à travers son début de saison ? Parce qu’on ne le voit pas dans les highlights, qu’on ne le voit pas accumuler les sacks, les tackles for loss, and so on ?

Evaluer une performance défensive est à chaque fois quelque chose de compliqué. Si le gars a une ligne de stats vide, est-ce dire qu’il est passé à côté de son match ?

Il ne faut surtout pas oublier une chose : Jadeveon Clowney n’a pas de stats parce que quasiment aucun jeu ne vient de son côté, c’est donc qu’il a une vraie influence sur le jeu, puisque sa seule présence suffit à contraindre l’adversaire à passer par ailleurs, là où il ne se trouve pas. Idem pour les jeux de passe. En plus de mettre deux bloqueurs pour le contenir, les attaques adverses ont souvent recours à des jeux avec très peu de recul du QB, à qui il est demandé de ne pas tenir le ballon.

Si les coéquipiers défenseurs de Clowney sont à leur niveau, ils parviennent à contrarier les attaques adverses. Et donc à poser des problèmes supplémentaires aux attaquants.

C’est certain, ça ne nous donne pas de jolies vidéos de plaquages désintégrants, de sacks de malade, de voix pour le Heisman… Mais ce n’est pas pour autant qu’on peut considérer que Clowney (qui est d’ailleurs très frustré de la situation) rate totalement son début de saison. Et les scouts pros ne s’y tromperont pas en analysant les vidéos ou les matchs en live : si Clowney joue à fond, sans démontrer de la mauvaise humeur ou de la frustration, ce sera apprécié des recruteurs, coaches et GM chez les pros…

Il ne manquerait finalement qu’un peu de highlights pour que le grand public continue à s’ébahir de l’importance du joueur pour SC.

Verchain’s Games To Watch This Week

L’équipe de rédaction de The Blue Pennant vous présentera demain les matchs les plus intéressants à suivre cette semaine. Comme je suis un rédacteur prétentieux, je vous donne moi aussi mes matchs à suivre, qui ne sont pas nécessairement ceux qui viendraient à l’esprit des rédacteurs qui ne s’appellent pas Verchain…

Bowling Green Falcons at Indiana Hoosiers :

J’aime beaucoup ce que produisent les Falcons cette saison. On attendait avant la saison des progrès de la part d’Indiana, et ils ont l’occasion de les confirmer contre une équipe sur la montante. Et dans l’optique d’un BCS Buster sorti de nulle part, les Falcons ont une énorme cote chez les books, sans doute…

Alabama Crimson Tide at Texas A&M Johnnies :

Bien entendu, c’est le match de l’année, pour l’instant, un match attendu depuis la victoire des hommes du coach Kevin Sumlin à Tuscaloosa l’an passé. Alabama veut sa vengeance, à tout prix. Big test pour les deux équipes. Les amateurs de football attendront sans doute que Johnny Look At Me redevienne Johnny Football. Les fans de ‘Bama attendront sans doute qu’il soit puni pour tout le circus qui l’entoure depuis l’an passé… Et cette victoire contre le Tide, qui reposait avant tout sur la performance du futur Heisman, est toujours en travers de la gorge de Saban and co. Big game.

Iowa Hawkeyes at Iowa State Cyclones :

Pourquoi choisir ce match ? Parce qu’il y a un énorme potentiel… de ridicule… Iowa a été battu par NIU avant de se défaire difficilement de Missouri State, et Iowa State a profité d’une semaine de repos pour se planquer dans la cachette de la honte après avoir ouvert sa saison par une défaite contre Northern Iowa (oui, c’est situé à Cedar Falls, 36000 habitants).

Mais la fashion police sera de sortie pour ce match, avec ces uniformes qui devraient être portés :

Votre ophtalmo me remerciera si vous suivez ce match sur mes conseils.

Et surtout, le Cy Hawk Trophy, cible perpétuelle de la police du bon goût…

C’est fini pour aujourd’hui, alors…

Après trois années à commenter le football sous toutes ses formes, Verchain a rejoint la rédaction de The Blue Pennant en 2013 pour vous proposer son College Football Report et quelques autres fantaisies, en exclusivité.

13 Commentaires

13 Comments

  1. Axel

    11 septembre 2013 à 16h39

    Merci pour cette article et plus particulièrement pour la réponse à ma question dans le mailbag, c’est du beau travail !!

    PS: c’est Axel mon prénom, pas Alexis, mais on s’en fout.

  2. Tuzzz

    11 septembre 2013 à 17h41

    Décidément, ces articles frisent le génie chaque semaine…Tuzzz is #VeryImpressed by Verchain!
    Sinon, passée cette brusque poussé d’hormone (qui a dit que j’étais à l’étroit dans mon slip?), questions bêtes: que signifie exactement walk-on? et redshirt (même si je crois savoir)?
    Encore merci pour ces articles, les longues journées au boulot pendant une longue semaine de célibat paraissent moins fades.
    Et bisou!

  3. Verchain

    11 septembre 2013 à 19h23

    Merci à tous les deux pour les compliments.

    @Tuzzz ;

    – un walk on est un joueur qui intègre une équipe sans avoir reçu de bourse universitaire pour la pratique de son sport (scholarship, c’est comme ça que s’appelle une bourse)

    – un redshirt est une ‘pause’ d’une année dans la carrière universitaire d’un joueur. Il n’est pas dans l’effectif, n’a pas le droit de jouer les matchs mais peut s’entraîner avec les autres. Ce sont souvent des première année (freshman) qui prennent un redshirt même si une blessure peut pousser à le faire… On distingue ainsi les joueurs : un true freshman est un première année qui sort direct du lycée, un ‘redshirt freshman’ est un joueur qui joue sa première saison en fac alors qu’il a déjà une année de cours et d’entraînement dans les pattes.

    Et pour ce qui concerne le célibat, je ne peux rien faire d’autre que te tenter de te distraire un peu en écrivant… Pour les avances, adresse toi à quelqu’un d’autre… Héhé…

  4. Phenyx

    11 septembre 2013 à 20h00

    Cela fait plaisir de te retrouver Verchain !

    Pour compléter ta réponse à propos d’Alabama, l’année dernière il y a eu un grand débat autour du recrutement fait par Bama. Pourquoi? Parce que sur les 5 top prospects de Louisiane, 4 ont signé à Bama. Je ne sais pas si tu en as entendu parler mais cela a fait grand bruit outre-atlantique et on se demandait comment Les Miles avait pu perdre son état.

    • Verchain

      11 septembre 2013 à 21h33

      Il faut croire que les recrues ont plus confiance en Saban qu’au Mad Hatter pour lancer leur carrière… Ou que ‘Bama ait des arguments de recrutement plus… Convaincants… Mais n’accusons pas sans preuves…

  5. Tuzzz

    11 septembre 2013 à 20h06

    C’est bien ce que je pensais pour le redshirt. A priori souvent en toute première année, non? Ou des joueurs peuvent devenir redshirt au cours du cursus?
    Pour le walk-on, si je comprend bien, c’est extrêmement rare (du moins chez les joueurs vraiment talentueux)?
    Et enfin pour le célibat rassures-toi, ce n’est que pour la semaine, ma femme étant en vacances sans moi (quelle injustice…), donc bientôt terminé!

  6. Verchain

    11 septembre 2013 à 20h54

    On peut en effet prendre un redshirt en année sophomore ou junior… ou même senior. West Fuckin’ Virginia a tenté cette année de mettre le RB Buie sous redshirt. Il a quitté la fac. Mais c’est très souvent en première année qu’on prend un redshirt.

    Les walk ons ne sont pas si rares que ça, en fait. Ce sont des joueurs qui passent à travers les rapports des recruteurs, ou se manquent au cours du match où le scout est présent, ou comme le QB de Texas Tech veulent absolument tenter leur chance dans une fac… Mayfield n’avait pas d’offres en FBS, et a choisi de tenter le coup. Bravo à lui. Quand j’ai cité Clay Matthews, c’est le meilleur exemple de walk on qui réussit à passer au-dessus de tout. Et puis, on peut toujours offrir une scholarship à un walk on si le quota de scholarships n’est pas atteint.

    Et la bise à madame, bien sur !

    • vinnyroma

      12 septembre 2013 à 16h30

      les « walk on » ont quand même intégré l’université pour mérite sportif même sans bourse et font partie des équipes sportives dès le départ non ? ou il y a des purs « walk on », un étudiant non connu pour ses mérités sportifs mais qui arrive à intégrer une équipe ?
      merci

      • Verchain

        13 septembre 2013 à 07h40

        Pas nécessairement. Un walk on peut se trouver dans les tryouts de début de saison, des ‘essais’. Après, il y a des punters ou kickers ou long snappers qui ne reçoivent pas de bourse, sont connus du staff qui les invite à rejoindre la fac (si le joueur peut remplir les conditions d’admission dans la fac). Parallèlement, un walk on n’est pas obligé de pouvoir jouer pour rester à la fac, contrairement à un joueur sous scholarship. Les deux cas existent.

  7. Nicolas N.

    11 septembre 2013 à 21h15

    Teu, teu, teu… Pas d’accord au sujet de Teddy Bridgewater. C’est pas franchement sa faute, ni celle de Louisville, si les Cardinals ont un calendrier facile cette saison. OK, ils vont surement repartir avec 12 victoires, mais le petit Teddy en est la cause principale… Y a quand même ce qu’il faut pour s’exciter sur le bras de ce gamin, et c’est plus que légitime selon moi. Tu verras que cette année, il confirmera, comme il l’a déjà fait au Sugar Bowl la saison dernière. C’est pas parce que tu joues pas Alabama ou Texas A&M que tu n’es pas réellement testé durant ta saison. Tu peux faire un super match contre une grosse équipe, et tu peux aussi chuter contre un FCS dans cette division. C’est aussi ça le football ! Durer sur toute une saison avec que des victoires, peu importe contre qui, si, pour moi ça reste un motif Heisman Trophy.

    Enfin, cela dit, c’est totalement con qu’on s’excite déjà sur son futur mérite, parce qu’apparemment ça l’intéresse pas du tout un Heisman, au petit Teddy. Tajh Boyd a dû lui passer le mot, je ne sais pas…

    Sinon, toujours un régal. Particulièrement apprécié l’analyse de Clowney, c’était juste sur tous les points, cher collègue.

  8. Verchain

    11 septembre 2013 à 21h32

    Thanks.

    Je n’en veux pas à Bridgewater d’être favori des books. J’en veux au système. C’est totalement ridicule.

    POur moi, pour qu’il puisse y prétendre, il faudrait des matchs d’un autre monde, un truc comme plus de 60 TD lancés…

  9. perrot

    12 septembre 2013 à 13h05

    Petite question: Saban va t-il entraîner Texas prochainement où c’est utopique?

    • Verchain

      13 septembre 2013 à 07h41

      Texas pourrait se payer Saban sans problème.

      De là à savoir si :

      – Saban en a envie
      – Alabama tenterait de ‘matcher’ une offre équivalente
      – Saban, compte tenu de la dernière histoire de paiement de joueurs du Tide en date, sera toujours un coach FBS la saison prochaine…

      Time will tell…

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A lire également - Verchain Is #NotImpressed