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Verchain Is #NotImpressed

Verchain is #NotImpressed 2014 – Semaine 2

Quand Verchain a des choses à dire, il les dit. Peu importe. Quelle que soit la réaction du public, Verchain is #NotImpressed.

Quand Verchain a des choses à dire, il les dit. Peu importe. Quelle que soit la réaction du public, Verchain is #NotImpressed.

Et on continue la traduction du bouquin de Stewart Mandel. Vous saurez tout sur le College Football Playoff…

LE GUIDE DU COLLEGE FOOTBALL PLAYOFFS POUR LES FANS

Par Stewart Mandel

DONC, ON A UN PLAYOFF… QUAND ? OU ?

La première chose à savoir sur le College Football Playoff est que, contrairement au BCS, il s’agit d’une véritable organisation. Comme je l’ai écrit dans Bowls, Polls and Tattered Souls, « vous ne pouvez pas pénétrer dans un immeuble à New York ou un parc d’entreprises à Topeka, Kansas, et demander à « parler à quelqu’un du BCS », parce que le BCS n’a pas d’existence physique. »

C’est différent pour le College Football Playoff. Dans une suite au 10ème étage d’un immeuble de Las Colinas, Texas, une banlieue éloignée de Dallas, 13 membres à plein temps du staff tiennent leurs réunions dans une salle de conférence décorée des logos des 10 conférences de la FBS et prennent le café dans une salle de pause ornée des casques des champions de conférence en titre. L’ancien directeur du Final Four Bill Hancock, qui est devenu le premier directeur exécutif du BCS en 2009, a conservé le même poste au sein du CFP alors que Michael Kelly, un ancien commissionnaire associé de l’ACC, est le premier directeur des opérations de la nouvelle post-saison. « On se pince un petit peu tous les jours en se disant qu’on a énormément de chance d’être au cœur de ce nouveau formidable événement sportif. » déclare Kelly. On verra s’il est dans le même état d’esprit la première fois que le comité de sélection quittera l’Alabama.

Le nouveau système a beaucoup de points communs avec l’ancien. Il comprend des places garanties pour les champions des conférences majeures et l’engagement continu des quatre anciens bowls BCS – le Rose, Sugar, Fiesta et Orange. Mais les relations entre les bowls et les conférences sont différentes dans le nouveau système. Il n’y a plus de conférence AQ (Automatic Qualifier [qualifiés automatiquement]) et de ‘non-AQ’. Supprimez ces termes de votre vocabulaire. Commencez à vous familiariser avec les concepts de ‘contract bowls’ et de ‘contract conferences’.

Quand le BCS a atteint le stade terminal il y a deux ans, chaque bowl qui espérait faire partie du système de playoffs était libre de lier un partenariat avec une conférence, et vice versa. La Big Ten et la Pac12, comme c’était attendu, ont renouvelé leur partenariat avec le Rose Bowl. La Big XII et la SEC ont lancé leur propre match du premier de l’An en primetime dans le cadre du Sugar Bowl. « Une nouvelle tradition de Bowl de Janvier est née », proclama le commissioner de la SEC Mike Slive avant même que les conférences aient choisi quel Bowl hébergerait leur match. Et l’ACC a conclu un accord avec l’Orange Bowl, avec la Big Ten, la SEC et Notre Dame acceptant une rotation en tant qu’adversaire de la conférence. La Big East, décimée par le réalignement et maintenant connue comme l’American Athletic Conference, n’a plus le statut privilégié qu’elle avait au temps du BCS. Elle a essayé de conclure son propre accord avec un Bowl mais n’a pas trouvé preneur. Les commissioners de la Mountain West, Conférence USA, MAC et Sun Belt sont simplement contents d’être encore invités aux réunions.

Pour résumer, le Rose, Sugar et Orange sont les trois ‘contract bowls’. Chacun d’eux a signé son propre contrat de 12 ans avec ESPN avant que le CFP soit même formalisé. Le Rose et le Sugar sont évalués à 80 millions de dollars par an, l’Orange à 55 millions. Le CFP a par la suite choisi le Fiesta, le Cotton et le Peach (anciennement connu comme le Chick-Fil-A) pour compléter la rotation des matchs de demi-finales. Cependant, ces trois Bowls ne sont associés à aucune conférence. Pour avoir le droit de diffuser sept matchs par an – le championnat national, deux demi-finales et les quatre autres Bowls majeurs – ESPN a accepté de verser 7.3 milliars de dollars sur 12 ans, selon le Sports Business Journal. C’est une moyenne annuelle de 608 millions de dollars, une augmentation de 280% par rapport au dernier accord avec le BCS. Une conférence recevra 4 millions si une de ses équipes dispute un des Bowls hors contrat (Fiesta, Cotton, Peach), 6 millions pour disputer une demi-finale et rien de plus pour le match de championnat. Le CFP prendra en charge les dépenses de chaque participant à hauteur de 2 millions.

L’un dans l’autre, à peu près tout l’argent, moins les dépenses opérationnelles, ira directement aux 10 conférences FBS et aux Indépendants à travers le CFP – qui en retour paie pour de nouveaux vestiaires avec des jets d’eau dans les bassins d’hydrothérapie des équipes. Dans ce nouvel accord, les Bowls sont une sorte de vendeurs indépendants à qui les organisateurs du CFP vont verser une rémunération pour organiser les matchs. « Dans l’ancien système, ces quatre [BCS] Bowls payaient une soulte pour héberger les matchs, mais les profits étaient conservés par ces Bowls. » déclare Kelly. « Aujourd’hui, c’est nous qui conservons les profits. »

Aussi simple que ‘Un, deux, trois’

La première paire de demi-finales de l’histoire du football universitaire d’élite se disputera le 1er janvier 2015, au Rose Bowl (17 h, heure de la côte ouest) et au Sugar Bowl (20h30). Le premier championnat national de l’ère des playoffs se disputera un lundi soir, le 12 janvier, au AT&T Stadium d’Arlington, Texas. Durant les douze prochaines saisons, les demi-finales vont tourner entre les six Bowls déjà mentionnés à trois ans d’intervalle. Le Rose et le Sugar hébergent les demi-finales l’année 1, l’Orange et le Cotton l’année 2, le Fiesta et le Peach l’année 3. Et on repart pour un tour.

Le match de championnat, par ailleurs, ne suivra pas une rotation planifiée. Pour l’instant, les organisateurs ont seulement attribué les trois premières éditions. Glendale, Arizona, hébergera la seconde édition du match, le 11 janvier 2016 et Tampa, Floride, le troisième le 9 janvier 2017. Officiellement, les sites sont nommés North Texas, Arizona et Tampa Bay car de multiples municipalités se sont regroupées pour chaque proposition de match. Si vous allez au match, cela dit, n’essayez pas de rentrer ‘North Texas’ dans votre GPS, ou vous vous retrouverez à une université située à Denton. Si les sites seront fluctuants, le calendrier ne le sera pas. Le match sera toujours joué le lundi situé au moins 7 jours après les demi-finales. La date la plus tardive dans les douze années qui s’ouvrent sera le 13 janvier (deux fois) et la plus précoce le 7 janvier (en 2019).

Les six Bowls inclus dans la rotation – maintenant connus comme ‘Les Six du Nouvel An’- seront joués par trois le 31 décembre et le 1er Janvier, bien que les Bowls du 1er janvier seront parfois déplacés au 2 janvier pour ne pas être en conflit avec des dimanches de NFL (comme en 2017).

Voici la rotation pour les trois premières années :

2014-2015

Date

Match

Equipe A

Equipe B

31 Dec.

Peach Bowl

At large

At large

31 Dec.

Fiesta Bowl

At large

At large

31 Dec.

Orange Bowl

ACC

SEC/B1G/Notre Dame

1er Jan.

Cotton Bowl

At large

At large

1er Jan.

Rose Bowl

Equipe demi finaliste

Equipe demi finaliste

1er Jan.

Sugar Bowl

Equipe demi finaliste

Equipe demi finaliste

12 Jan.

National Championship

Gagnant du Rose

Gagnant du Sugar

2015-2016

Date

Match

Equipe A

Equipe B

31 Dec.

Peach Bowl

At large

At large

31 Dec.

Cotton Bowl

Equipe demi finaliste

Equipe demi finaliste

31 Dec.

Orange Bowl

Equipe demi finaliste

Equipe demi finaliste

1er Jan.

Fiesta Bowl

At large

At large

1er Jan.

Rose Bowl

Big Ten

Pac12

1er Jan.

Sugar Bowl

Big 12

SEC

11 Jan.

National Championship

Gagnant du Cotton

Gagnant de l’Orange

2016-2017

Date

Match

Equipe A

Equipe B

31 Dec.

Orange Bowl

ACC

SEC/B1G/ND

31 Dec.

Peach Bowl

Equipe demi finaliste

Equipe demi finaliste

31 Dec.

Fiesta Bowl

Equipe demi finaliste

Equipe demi finaliste

1er Jan.

Cotton Bowl

At large

At large

1er Jan.

Rose Bowl

Big Ten

Pac12

1er Jan.

Sugar Bowl

Big 12

SEC

12 Jan.

National Championship

Gagnant du Peach

Gagnant du Fiesta

Comme vous l’avez sans doute remarqué, deux années sur trois, les demi-finales se dérouleront à la Saint Sylvestre plutôt que le Jour de l’An. C’est parce que le Rose et le Sugar ont fixé leur date du Nouvel An avec ESPN avant que les dirigeants n’aient finalisé la rotation complète du playoff et parce que les commissioners voulaient conserver les demi-finales le même jour afin qu’aucun finaliste n’ait plus de temps que l’autre pour préparer le championnat.

Ce nouveau calendrier pourrait être fabuleux ou gênant selon que le fan de football est, disons, marié à une non-fan habituée aux soirées romantiques du 31 décembre. Le playoff « a l’opportunité de redéfinir ce que le congé de Nouvel An signifie pour les gens et comment les gens organisent leurs vies personnelles durant ces deux jours » a déclaré le directeur de la programmation du football universitaire d’ESPN Burke Magnus à AL.com.

Les organisateurs envisagent la Saint Sylvestre comme un vrai Dimanche de Super Bowl. « Cela va absolument changer la conception de la Saint Sylvestre dans notre pays » affirme Hancock. « Les gens veulent aller à des fêtes de Nouvel An, mais ils vont devoir s’habituer à ce qu’il y ait une télévision à ces fêtes, sur laquelle les gens regarderont du football universitaire. »

C’est un objectif ambitieux, quoique le plus gros problème pourrait bien être non pas la nuit de la Saint Sylvestre mais bien l’après midi de ce même jour. En fonction du jour de la semaine où il tombe, le 31 décembre est un jour de travail pour de nombreuses personnes et le premier des deux matchs qui démarrera aux environs de 17 heures (heure de la côte Est, soit 14 heures sur la côte ouest). C’est un vrai pari de la part des organisateurs qui espèrent des audiences télé pour les deux demi-finales qui dépasseraient même celles du match de championnat du BCS, qui a atteint 26 millions de téléspectateurs pour le match Florida State – Auburn de 2014. On verra si les audiences du premier match de la journée seront au rendez-vous. Très certainement, le 31 décembre va bientôt devenir lui aussi un jour férié…

Pour s’assurer que le 31 décembre sera un Vrai Gros Truc, les chaînes ont déplacé tous les autres Bowls, notamment les gros rendez-vous récemment installés comme le Sun Bowl et le Liberty Bowl, à des dates plus avancées. Le Capital One et l’Outback demeurent au 1er janvier mais le Gator Bowl a été déplacé au 2 janvier. « Les six plus gros matchs seront regroupés ensemble de manière très resserrée », affirme Magnus.

Une Tradition Comme Aucune Autre… Deux ans sur trois.

Bien que les commissioners étaient décidés à protéger les Bowls dans un système de playoff, une année sur trois ils perdront un peu de leur identité traditionnelle. Les noms officiels des premiers Bowls demi-finales seront : le College Football Playoff at The Rose Bowl et le College Football Playoff at The Sugar Bowl. Ça coule sur la langue, non ? Mais techniquement, le match à Pasadena sera le College Football Playoff at The Rose Bowl presenté par Northwestern Mutual. Bon courage, dessinateurs de tee-shirts… Lorsque la retransmission sur ESPN commencera et que les caméras montreront le terrain, « l’imagerie principale sera un logo géant du playoff au milieu du terrain » déclare Kelly. « Le logo iconique du Rose Bowl sera aussi sur le terrain, mais la marque dominante sera celle du Playoff. »

Si par hasard un fan de football émerge d’une sieste de 7 ans le premier janvier et allume sa télévision à 17 heures, et voit Georgia et Baylor s’affronter dans un match appelé le College Football Playoff at The Rose Bowl, il se demandera naturellement ‘c’est quand, le vrai Rose Bowl ?’ Et la réponse est : c’est bien le match que vous êtes en train de regarder…

Une fois tous les trois ans, quand son tour dans la rotation du playoff arrive, le Rose Bowl n’accueillera pas le traditionnel match Big Ten contre Pac12. Idem pour la nouvelle affiche SEC – Big 12 au Sugar Bowl et en 2015-2016 pour l’Orange et son match de l’ACC. Si un champion d’une des conférences sous contrat ne dispute pas le playoff et voit son Bowl traditionnel squatté par un de ces imposteurs de demi-finaliste, il se verra garanti une présence dans un des trois Bowls sans contrat. Donc si, disons, UCLA remporte la Pac12 en 2014 mais n’est pas classée dans le top 4 du comité de sélection, les Bruins n’iront pas au Rose Bowl ; ils seront affectés soit au Fiesta, au Cotton ou au Peach. Réjouissez-vous, fans de UCLA, c’est toujours mieux que de faire une nouvelle fois le voyage à El Paso.

Manifestement, le Rose Bowl n’est pas heureux de ce fonctionnement, mais quel choix avait-il ? Théoriquement, il aurait pu s’exclure du groupe de playoff et hébergé un match entre la Big Ten et la Pac12 chaque année pour l’éternité, mais le Granddaddy aurait perdu une grande part de son prestige. « Le Rose Bowl a admis que le monde évolue » dit le président d’Oregon State Ed Ray. D’ailleurs, de tels écarts avec la tradition ne sont pas sans précédent. Cinq fois au cours de l’ère BCS, le match de Pasadena a accueilli des équipes d’autres conférences, incluant Miami-Nebraska (2002) et Texas-USC (2006) comme matchs de championnat (avant que la BCS ne se tourne vers un match de championnat à part entière), et encore l’apparition historique de TCU, alors membre de la Mountain West.

De plus, contrairement à l’ancien système, le match sera Big Ten – Pac 12 deux années sur 3, garanti à 100%. Si N°3 Ohio State se qualifie pour le playoff et que l’équipe la mieux classée ensuite de la Big Ten est N°22 Michigan State, ainsi soit-il. Les Spartans iront à Pasadena. Dans la même veine, si le Sugar Bowl perd N°1 Florida au profit du playoff et n’héberge pas une demi-finale, il prendra l’équipe suivante de la SEC dans le classement, quelle que soit sa place dans le classement. Il ne pourrait pas laisser de côté N°5 Missouri au profit de N°13 LSU au prétexte qu’une équipe de l’Etat garantira une meilleure vente de tickets. Les contrats des Bowls sont avec les conférences, pas avec le CFP, ce qui donne suffisamment de latitude aux partenaires pour éviter un nouveau voyage de TCU à Pasadena (sauf si, bien sur, le Rose Bowl est une demi-finale et que TCU est classée dans les 4 premiers).

Il revient au comité de sélection de déterminer via le classement les matchs de demi-finales (quelle équipe dans quel Bowl), mais Hancock et le chairman du comité Jeff Long affirment tous deux que le choix sera fait en fonction de l’identité du numéro 1, et de sa position géographique. « Le comité sélectionne, mais l’équipe n°1 a le choix préférentiel » dit Hancock. Remarquez que chaque paire de demi-finales (Rose-Sugar, Orange-Cotton et Fiesta-Peach) a une localisation à la fois à l’est et à l’ouest (ou au centre, tout au moins). Si, comme en 2013, Florida State est numéro 1 et Auburn numéro 2, chacune des équipes préfèrerait jouer à la Nouvelle Orléans plutôt qu’à Pasadena. En tant que numéro 1, les Seminoles joueraient dans la Big Easy, et Auburn prendrait la route de l’ouest. Si, en 2015, Oregon finissait numéro 1 et Oklahoma numéro 2, avec la paire de demi-finales au Cotton et à l’Orange, Oregon irait au Cotton bien que Norman, Oklahoma, ne soit qu’à trois heures d’Arlington. Grâce à leur position de numéro 1, les Ducks ne vont pas devoir voyager sur 5000 kilomètres simplement pour la convenance des fans des Sooners.

La seule entorse possible à ce règlement serait si une équipe classée 3 ou 4 se retrouve de facto avec un avantage équivalent à un match à domicile. Supposons que les demi-finales 2014 soient n°1 Alabama contre n°4 Clemson et n°2 Texas A&M contre n°3 UCLA. Alabama aura la priorité sur le Sugar Bowl, mais cela laisserait Texas A&M aller disputer un véritable match à l’extérieur au Rose Bowl [pour ceux qui se demandent, Pasadena est dans la banlieue de Los Angeles]. Le comité pourrait alors décider d’envoyer Alabama-Clemson au Rose Bowl et Texas A&M-UCLA au Sugar, à la Nouvelle Orléans, mais pour l’instant, cette possibilité n’est pas formalisée et les responsables sont restés vagues quant à son application. Que l’un de ces scénarios se produise et je suis persuadé que quelle que soit la décision, les fans des équipes seront quoi qu’il arrive heureux. Je vous laisse un instant pour finir de rigoler.

Même s’ils sont des demi-finales, les Bowls demeureront organisés de manière traditionnelle pour les équipes. « Nous prévoyons que la semaine des demi-finales soit comme l’était la semaine du BCS Championship » déclare Kelly. « Ce sera une présence [des équipes] pendant 6 jours. Ce sera l’expérience classique pour les coaches et les étudiants-athlètes. » En d’autres termes, la visite à Disneyland et le Lawry’s Beef Bowl [les joueurs se rendent dans une chaîne de restaurants avant le Rose Bowl pour manger, avec la fanfare de l’université qui joue, pendant que se déroule une compétition de mangeurs de viande] demeureront au programme préparatoire au Rose Bowl, même si ça se déroule un peu plus tôt dans la semaine.

Le nouveau match de championnat national sera, par contre, une expérience totalement nouvelle pour le football universitaire.

Si tu le construis, viendront-ils ?

Le BCS a mis un place un système de double-hébergement (deux matchs dans une même ville) pour son match du titre en 2007, et les 8 éditions suivantes se sont déroulées entre le 6 et le 10 janvier. Donc, une date tardive n’est pas une nouveauté. Toutefois, les équipes impliquées dans ces rencontres n’avaient pas disputé de Bowl une dizaine de jours avant comme ce sera le cas pour les finalistes du playoff. En plus, le BCS National Championship Game était en lui-même un Bowl. Le College Football Playoff National Championship n’en est pas un.

Comme le font la NFL pour le Super Bowl ou la NCAA pour le Final Four de basket, le CFP a mis aux enchères la localisation de son Championnat entre les différentes villes intéressées. Vous voulez avoir le Championnat National ? Fournissez un stade de 65000 places au moins, une capacité hôtelière de plus de 15000 chambres acceptables et quelques autres choses. Bien que les mêmes personnes qui gèrent le Cotton Bowl ont pris part au Comité Local d’Organisation qui a mis en place la candidature retenue d’Arlington/Dallas pour le match inaugural, ce ne sera en aucun cas un Cotton Bowl. Kelly et son équipe organisent le match, qu’ils envisagent comme le plus grand sacre sportif jamais vu dans aucun sport. « Cela va commencer comme un hybride du Super Bowl et du Final Four » selon Kelly. « Nous avons la chance en quelque sorte d’avoir un statut iconique du fait de ce qu’est devenu le match de championnat BCS, et nous voulons travailler encore là-dessus, aller plus loin. »

Contrairement aux demi-finales, la finale ne comprendra pas une ‘bowl week’ traditionnelle. À la suite d’une semaine d’entraînement à la maison, les équipes arriveront sur site le vendredi soir, s’entraîneront dans le stade le dimanche, et joueront le lundi soir. Pendant ce temps, la mégapole Dallas/Fort Worth sera le lieu d’une fête continue. Les évènements déjà prévus comprennent un FanFest durant toute la semaine et des festivals de musique sur plusieurs jours. Et contrairement au Super Bowl où un tas de célébrités de deuxième ou troisième rang viennent se montrer durant les soirées, où des hordes de parasites et de cadres en goguette viennent prendre part à la fête et quittent la région avant le match, les organisateurs du CFP envisagent une foule plus mainstream. « Ce ne sera pas un ‘Junior Super Bowl’. On n’a rien à gagner à être comparés au Super Bowl. » affirme Hancock. « C’est un événement universitaire. On aura 40000 fans d’Auburn et de Florida State en ville pour célébrer leur équipe et le match. »

Est-ce une estimation réaliste ? Et si c’est le cas, est-ce que le Rose et le Sugar doivent commencer à s’inquiéter ?

Une des plus grosses préoccupations à l’origine liée au fait de conserver le playoff dans le système des Bowls – et, par conséquent, un argument pour conserver les demi-finales dans les stades sur les campus – est de savoir s’il est imaginable de voir des fans faire le voyage pour un bowl du premier janvier et pour le championnat le 12. « Dans le système des Bowls, les fans ont un mois pour tout préparer, pour trouver un moyen d’y aller » disait le commissioner de la Mountain West Craig Thompson durant les négociations de 2012. « Il sera extrêmement difficile de déplacer des grands nombres de fans deux fois. » Sans parler du coût… Vous avez déjà essayé de réserver un vol à travers le pays moins de 14 jours à l’avance ? Vous êtes familier des forfaits 4 nuits pour les hôtels ? De plus, hormis la Big 12, les conférences majeures jouent désormais leur championnat de conférence sur un site neutre. Ça fait trois grands voyages en moins de six semaines. Sans compter les ‘Classics’, ces matchs d’ouverture de la saison qui se déroulent eux aussi sur terrain neutre.

En 2014, les champions en titre de Florida State ouvrent la saison contre Oklahoma State au Cowboys Classic, à Arlington – à l’endroit même où se tiendra la finale quatre mois plus tard. Si les ‘Noles gagnent leur division de l’ACC, ils joueront la finale de conférence à Charlotte [Caroline du Nord]. S’ils terminent dans le top quatre, ils joueront une demi-finale de Playoff. Disons à Pasadena. Ils gagnent ce match et ils retournent au Texas du Nord. Selon Expedia, le minimum de coût de transport par avion pour un couple de fans des Noles qui voudrait suivre leur équipe pour ces quatre matchs au départ de Tallahassee serait de 4048 dollars. Pour des hôtels à prix moyens dans toutes ces villes – en comptant deux nuitées pour les matchs de saison régulière et trois pour les matchs de playoff – ajoutez 1865 dollars. Et qui sait combien leur coûteront les places pour les matchs ? Les prix publics pour la finale débutent à 450 dollars. La bonne nouvelle : si les Noles gagnent tous ces matchs, notre couple aura des souvenirs pour des années. La mauvaise : ils ne pourront plus se permettre d’envoyer leurs enfants à FSU. Ou dans aucune fac, d’ailleurs.

Il y a une forte probabilité que ce soient les finales de conférence qui souffrent le plus en termes d’assistance si les fans sont assez confiants pour penser que leur équipe gagnera sa finale et ira au playoff. Au moins, les demi-finales ont la chance de tomber un jour férié. « Les prix des billets seront raisonnables pour les demi-finales et nous essaierons de faire en sorte que ce soit un événement le plus régional possible » affirme Hancock.

Aller à Dallas un lundi soir moins de deux semaines plus tard risque d’être quelque chose de beaucoup plus compliqué. Le commissioner de la Pac12 Larry Scott admet qu’il est impossible de prévoir comment le tour supplémentaire affectera le déplacement ou non des fans. « Je ne sais pas si les fans de nos facs considèreront acquis que si leur équipe joue les demi-finales elle se qualifiera forcément pour la finale et iront au championnat ou qu’ils iront une autre année… Je pense que le fait de jouer le playoff sera un tel événement que les fans vont jouer le jeu et aller à la fois à la demi-finale et au match de championnat. »

Vous savez, les organisateurs du CFP n’ont pas besoin que les mêmes 40000 fans de Florida State ou Auburn aillent aux deux matchs. Selon une étude réalisée en 2011 par le statisticien renommé Nate Silver – qui travaillait alors pour le New York Times – Auburn a 1.9 millions de fans répartis dans tout le pays, Florida State environ 813000. L’équipe la plus populaire dans le pays selon cette étude est Ohio State avec plus de 3 millions de fans. Ce nombre peut paraître gigantesque, mais Ohio State a environ 500000 anciens élèves vivants. Les organisateurs n’ont besoin que d’une petite partie de ces groupes pour remplir les tribunes, sans compter que les fans locaux seront sans doute plus motivés pour assister à une demi-finale ou à la finale qu’à un Bowl traditionnel.

Les fans de football universitaire sont incroyablement passionnés. Je pense que, entre la nouveauté du playoff et l’importance croissante des demi-finales, les organisateurs n’auront pas de difficulté à remplir les stades, pour aucun des matchs, pour au moins les quelques premières années. Et même s’ils n’y arrivent pas, ils auront toujours les 7,3 milliards de dollars d’ESPN. De plus, le playoff aura un effet positif sur la popularité du football universitaire. Et puis, le football marche déjà super bien. Dans un sondage annuel mené par Harris Interactive [hey, les mêmes pitres dont le ridicule sondage de retraités participait au fiasco du BCS…], le football universitaire a comblé l’écart avec la Major League Baseball en tant que second sport le plus populaire derrière la NFL. Mais il y a toujours – particulièrement dans l’Est et dans les grandes villes où la NFL règne en maître – un contingent de fans qui n’ont pas été séduits par le BCS et ses calculs savants et compliqués. Mais un tableau de playoff parle à tout le monde. « Si [le playoff] fait autant pour notre sport que le BCS, nous seront heureux » dit Delany. « Il y a encore une grande croissance économique à réaliser dans notre sport et ce que nous nous avons été capables de mettre en place est un pas supplémentaire sur le chemin de notre évolution. »

Alors, faites une croix sur votre calendrier pour le Rose Bowl 2015. C’est à la même date, à la même heure, dans le même stade que d’habitude – mais avec un nouveau nom, un nouveau logo au milieu du terrain, et des enjeux considérablement plus importants.

A suivre…

And In Other College Football News

Eh bien, rien qui vaille la peine d’être signalé cette semaine dans l’univers du business. Ohio State et Notre Dame se sont entendues pour une série de matchs. Waou, génial…

Ah, au passage, je viens de m’atteler à la lecture de l’ouvrage de Kristi Dosh qui intervient parfois sur ESPN, et qui s’appelle Saturday Millionaires. On verra dans le courant de saison si j’ai le temps et/ou le courage de vous parler des meilleurs morceaux de l’oeuvre.

And… Oh… Wait… Penn State est éligible pour une qualification à un bowl. Amis ADs des facs de Pennsylvanie et des alentours, attendez vous à ce que James Franklin vous pique toutes vos recrues. Un monstre est peut-être en marche…

Verchain’s Mailbag

Si toi aussi, ami jeune, tu veux que tonton Verchain réponde à tes questions, n’hésite pas à lui écrire sur verchain@thebluepennant.com ou verchaininc@gmail.com

Et il vous sera répondu, comme c’est le cas cette semaine pour…

Algerino : Je viens de lire ton “college football report – semaine 2” et tu fais allusion à Northwestern, it made me think : ils en sont où avec leur histoire de se syndiquer ? Si je me rappelle un grand syndicat du côté de Chicago avait reconnu leur mouvement ? Quelles sont les implications que ça a du fait des accords passés avec la NCAA en rapport avec le procès O’Bannon et aussi les indemnités pour le droit à l’image grâce aux jeux vidéos ? Le fait de voir une équipe se syndiquer pourrait mettre les accords en péril ?

Beaucoup de questions en une…

Alors, pour les gens qui n’ont pas forcément suivi cet épisode, un petit récapitulatif.

Sous l’impulsion de plusieurs joueurs de football comme par exemple Kain Colter, quarterback de son état, les types de Northwestern décident, pour protéger les intérêts des joueurs de football, de monter un syndicat, une ‘players’ association’ comme il en existe dans les ligues professionnelles. Le truc sous-jacent, c’est que les syndicalistes souhaitaient, au fond, faire reconnaître que les étudiants-athlètes sont des employés comme les autres de l’université. Ils ont donc demandé au conseil national des relations de travail (National Labor Relations Board – NLRB) de reconnaître leur union syndicale, fin janvier. Ils baptisent le truc CAPA (College Athletes Players’ Association). Le syndicat de la sidérurgie reconnaît la CAPA et assiste même Colter et compagnie dans l’élaboration du truc.

En mars, le directeur régional de Chicago du NLRB reconnaît aux joueurs le droit de former une union syndicale. Northwestern, bien entendu, attaque cette décision devant l’instance nationale du NLRB. On en est donc là, il ne s’est pas passé grand chose au mois d’août. La NCAA, d’autres universités et certains élus du Congrès républicains soutiennent Northwestern. Il restera plein de possibilité d’appel de chacun des deux camps en fonction de la décision des instances nationales du NLRB, devant des tribunaux fédéraux, et devant la Cour Suprême.

Les arguments évoqués par le camp Northwestern ressemblent fortement à ceux employés par la NCAA sans sa défense au procès O’Bannon (oui, il y a des articles à lire sur le sujet, écrits par un certain Verchain…). Les arguments des joueurs sont assez proches aussi de ceux d’O’Bannon et compagnie, ajoutant que l’investissement personnel mis dans le football fait d’eux des employés (qui ont donc le droit de se syndiquer).

Pour l’instant, la possibilité d’un syndicat n’est pas actée, et ne le sera peut-être pas avant que l’affaire O’Bannon (autour de laquelle il n’y a pas à proprement parler un ‘accord’ en ce qui concerne la NCAA) ne finisse tous les processus d’appel que permet le droit de l’antitrust américain. La décision judiciaire s’impose pour le moment. Il y aura un fonds de rémunération des joueurs en fin de carrière universitaire. Bref… La volonté des joueurs des Wildcats va dans le sens d’une rémunération et même au-delà : être employé permet de prétendre à des assurances santé qui couvriraient les blessures mettant fin à une carrière de joueur, par exemple. D’ailleurs, la question de l’assurance santé est prise en compte par les équipes du Power Five dans le processus “d’autonomie” qui a vu le jour au cours de cette intersaison.

Pour l’accord ‘jeux vidéos’ qui n’est pas encore en place, d’ailleurs, dans la pratique, à ce que je sais (mais mes informateurs sont peut-être mal informés), il prévoit que les ANCIENS joueurs représentés dans les jeux vidéos recevraient une part des 20 millions de l’accord entre la NCAA et les plaignants, et des 40 millions de l’accord entre EA Sports et les plaignants. L’accord NCAA compte pour les joueurs d’après 2005, celui avec EA pour les joueurs d’après 2003. Un syndicat de joueurs, même s’il devenait national, ne changerait rien à ces accords.

Pour le reste des autres procès en antitrust en cours, qui pourraient avoir des conséquences financières plus lourdes encore pour la NCAA, on ne présagera pas de ce que sera la décision de justice, ni même de l’endroit où se jugera le truc, car certains plaignants qui ont porté plainte à New York souhaitent que Claudia Wilken soit déchargée de leur cas… Il y a de quoi écrire encore des pages de Verchain’s Justice dans les mois et/ou les années qui viennent, si Aaron Rodgers me prête vie…

Le seul changement possible serait dque la CAPA devienne un syndicat national comme la NFLPA par exemple, qui attaquerait la NCAA et ses composantes, les universités, pour que se mettent en place des éléments d’une convention collective, qui comprendrait le droit à l’image mais irait au-delà, en fait.

Pour le moment, on ne peut pas se prononcer du tout, il y a trop d’incertitudes. Le seul truc, au fond, si un syndicat existait, c’est qu’on pourrait avoir une grève des joueurs comme chez les pros, et être privés de football. On en est loin, mais loin…

Verchain’s Games To Watch This Week

L’équipe de rédaction de The Blue Pennant vous présentera demain les matchs les plus intéressants à suivre cette semaine. Comme je suis un rédacteur prétentieux, je vous donne moi aussi mes matchs à suivre, qui ne sont pas nécessairement ceux qui viendraient à l’esprit des rédacteurs qui ne s’appellent pas Verchain…

University of Texas San Antonio Roadrunners – Oklahoma State Cowboys. UPSET ALERT. Je n’ai pas peur, j’irai jusqu’au bout. Mon coup de cœur de la saison, ce sont les Roadrunners. Allez savoir pourquoi… Va falloir que je me fasse livrer des fringues UTSA, maintenant. Bon, pas de quoi encore brûler mes fringues des ‘Canes ou des Wolverines (oui, je les trouve classe, les fringues d’Ann Arbor). Une défaite d’extrême justesse contre les Wildcats d’Arizona après une belle victoire en ouverture. Join the Campaign : The Roadrunners To The Cotton Bowl !

UCLA Bruins – Texas Longhorns. Les joueurs de coach Jim Mora Jr sont invaincus, mais ne m’ont pas convaincu. Je n’étais pas des ceusses qui pensaient que l’arrivée de Charlie Strong à Austin serait un miracle instantané, que les eaux de la Mer Rouge s’ouvriraient devant les ‘Horns et leurs cheerleaders en petite jaquette en simili-cuir. Au lieu de ça, ils ont pris la marée bleue marine la semaine passée. Ce serait une belle ironie que ce soit Texas, son attaque asthmatique et sa défense pleine de courants d’air vienne perturber considérablement les perspectives d’une équipe que beaucoup de spécialistes outre-Atlantique voyaient grosse comme la Metroplex avant la saison…

Et on n’aura pas de troisième match cette semaine. Parce que je pense sérieusement qu’on risque de s’ennuyer un peu en cette troisième semaine. Mais bon, Miami joue à la maison…

C’est fini pour aujourd’hui, alors…

Après trois années à commenter le football sous toutes ses formes, Verchain a rejoint la rédaction de The Blue Pennant en 2013 pour vous proposer son College Football Report et quelques autres fantaisies, en exclusivité.

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