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[CFP National Championship 2017] Le face-à-face à chaque poste

On prend les mêmes et on recommence ! Comme l’an passé, #1 Alabama et #2 Clemson se retrouvent à l’occasion de la finale nationale des playoffs.

Vainqueur l’an passé, et numéro un au pays, #1 Alabama part favori, mais #2 Clemson a des arguments à faire valoir.
A trois jours du match tant attendu, The Blue Pennant vous propose une revue d’effectif, afin de déterminer quels sont les secteurs clés de cette rencontre au sommet.

ATTAQUE

Quarterbacks

Alabama : En prenant la succession de Jacob Coker, aux commandes de l’attaque du Crimson Tide, Jalen Hurts se doutait que la mission ne serait pas simple. Le texan de naissance est devenu le premier quarterback true freshman de #1 Alabama depuis 1984, et le tout premier sous les ordres de Nick Saban. Et pour un baptême du feu, le numéro 2 a été plus que satisfaisant. Jugez plutôt : 64% de complétion à la passe, pour 2620 yards, 21 touchdowns et 9 interceptions. Une performance louable, d’autant qu’il ne semblait pas rentrer dans le système offensif de Lane Kiffin. Contrairement à ses prédécesseurs, Hurts s’est aussi démarqué avec une aptitude à courir et à lire les espaces. Il est ainsi devenu l’arme principale de #1 Alabama à la course (181 ballons portés) et a glané 891 yards et 12 touchdowns, pour une moyenne de près de 5 yards par course. Pas toujours rassurant sur ses prises de décisions, le joueur de première année est perfectible mais a clairement l’avenir pour lui.

Clemson : Il semble avoir perdu un peu de sa superbe par rapport à l’année 2015. Pourtant, Deshaun Watson reste bien l’un des tauliers de première division universitaire au poste de quarterback. Avec 4 173 yards d’enregistrés sur le dernier exercice, le double finaliste du Heisman Trophy est le sixième joueur le plus prolifique, en termes de yards à la passe, et le meilleur des conférences du Power 5 évoluant dans un système Pro-Style. Ses stats étant globalement identiques à l’an passé (et 4 touchdowns de plus qu’en 2015), c’est donc l’impression qui pose encore problème, pour un joueur qui a longtemps semblé avoir levé le pied en début de saison. La principale problématique du joueur ? Les erreurs coûteuses dans les zones ou les moments clés. Cela s’est vu en début de match contre Ohio State, comme face à Pittsburgh, pour la seule défaite des Tigers, lorsque la zone rouge était à portée de tir. Une chose est sûre : une victoire de #2 Clemson passera forcément par une grosse prestation de son chef d’orchestre.

Verdict : Clemson. D’un côté, la polyvalence de la jeunesse, de l’autre, le savoir-faire de l’expérimenté. Deshaun Watson a plus d’impact et l’a déjà démontré lors de la précédente finale nationale.

Running backs

Alabama : Après Eddie Lacy et Derrick Henry, le Crimson Tide a une nouvelle armoire à glace au sein du backfield offensif. En martyrisant la défense de Washington (180 yards et 2 touchdowns au sol), Bo Scarbrough a enfin exploité son plein potentiel, et est un danger constant pour le run stop adverse. Ce n’est pas une nouveauté : le jeu offensif de #1 Alabama devrait passer par un jeu au sol hyper actif, et la complémentarité entre Scarbrough et l’ancien titulaire du poste, Damien Harris, n’est plus à démontrer. 1 732 yards à eux deux, pour 11 touchdowns, le tout en « seulement » 250 portés, soit près de 7 yards de moyenne. A titre indicatif, Derrick Henry avait touché près de 400 ballons pour dévorer ses 2 219 yards en 2015. Si cela ne suffit pas, le freshman Joshua Jacobs peut sortir du chapeau, avec déjà 4 touchdowns cette saison, lui qui peut aussi jouer de ses mains fiables pour écarter le jeu à la réception.

Clemson : Si Deshaun Watson a parfois laissé perplexe, quant au niveau de jeu affiché, Wayne Gallman a rarement déçu au sol. Seul coureur d’envergure au sein de l’attaque des Tigers, le numéro 9 s’est toujours distingué quand le besoin s’en faisait sentir, notamment lors des chocs de conférence, contre Louisville et à Florida State. S’il a été moins utilisé en 2016 (214 ballons contre 282 l’an passé), Gallman profite d’un physique atypique pour casser les plaquages et trouver la brèche fatale à l’adversaire. Des qualités qui lui ont permis de franchir pour la deuxième année consécutive la barre des 1 000 yards au sol. Derrière, Dabo Swinney laisse quelques miettes à une féroce concurrence. Charge à C.J. Fuller, Adam Choice, Tavien Foster ou Tyshon Dye de se révéler le jour J.

Verdict : Alabama. Rationnellement, c’est dur à croire, mais entre l’éléphant et le tigre, c’est le proboscidien qui semble le plus redoutable à la course. Avantage donc pour #1 Alabama.

Receveurs – Tight Ends

Alabama : Leur utilisation par Lane Kiffin a parfois étonné, voire déçu. Les receveurs Calvin Ridley et ArDarius Stewart n’en restent pas moins des playmakers, à la polyvalence certaine. A la vitesse, le duo allie une vision du jeu qui lui permet d’exploser en sortie de backfield ou de griller un cornerback sur une passe profonde. Les deux compères comptent déjà 1 556 yards et 14 touchdowns à la réception. Transféré de Bowling Green State, Gehrig Dieter apporte un peu de taille pour les réceptions intermédiaires dans le trafic.
Au poste de tight end, O.J. Howard est l’un des meilleurs du pays à son poste, tant sur le bloc qu’à la réception (489 yards et 2 touchdowns en 2016). Il avait d’ailleurs été LE facteur X de la dernière finale nationale.

Clemson : Par qui commencer, tant cette escouade de receveurs fait froid dans le dos ? Après une année blanche pour blessure, Mike Williams est sans nul doute le « go-to-guy » de Deshaun Watson. Avec 1 267 yards et 10 touchdowns, le junior remplit tous les critères du receveur moderne, surtout en termes de tracés et de mains fiables sur troisièmes tentatives. Pour l’épauler, les solutions ne manquent pas. Suspendu pour la finale l’an passé, Deon Cain se doit une revanche, avec 9 touchdowns sur le dernier exercice. Homme à tout faire, Artavis Scott est une véritable soupape de sécurité pour Deshaun Watson. Quant à Hunter Renfrow, il aime se révéler lors des affiches de fin de saison, comme ce fut le cas en 2015, face au Tide (88 yards, 2 TD). Si Howard est une valeur sûre au poste de tight end, Jordan Leggett n’a pas grand-chose à lui envier, lui qui a été décisif à de nombreuses reprises cette saison, comme contre Louisville et Florida State.

Verdict : #2 Clemson. Tant de talents au poste de receveurs, depuis un paquet d’années.

Ligne offensive

Alabama : L’efficacité devant l’adversité. Certes, le centre Ryan Kelly a rejoint la NFL lors de la dernière intersaison. Certes, le guard droit Alphonse Taylor a dû quitter ses coéquipiers en cours d’année pour cause de blessure. Mais la ligne offensive du Crimson Tide n’a jamais vraiment déçu, concédant seulement 24 sacks dans une conférence aux défenses agressives. Il faut dire que les tackles sont sans doute les pièces maitresses de cette escouade. Côté gauche, Cam Robinson fait partie des linemen les plus prisés en vue de la prochaine draft et a laissé de côté des problèmes extra-sportifs pour mettre à profit sa vitesse et sa robustesse. A droite, le freshman Jonah Williams n’a presque rien à envier à son aîné, lui qui a démarré avec brio tous les matches de #1 Alabama pour sa première saison universitaire. Au milieu, le guard Ross Pierschbacher s’est montré redoutable sur le run block et compose un bon trio avec le centre Bradley Bozeman et le suppléant d’Alphonse Taylor, Korren Kirven. Demandez plutôt à Bo Scarbrough et Damien Harris !

Clemson : Montée en puissance en 2015, la ligne offensive des Tigers a rarement été prise à défaut cette saison, notamment sur le pass pro. Symbole de cette imperméabilité chronique, le tackle gauche Mitch Hyatt, amené à devenir une future vedette chez les pros. Le centre Jay Guillermo et le guard droit Tyrone Crowder sont également pistés par les scouts NFL. De solides modèles pour les jeunes Taylor Hearn, guard sophomore, et Sean Pollard, tackle freshman. Au total, seulement 16 sacks ont été abandonnés par le groupe. Dans le même temps, c’est plus de 2 700 yards au sol qu’elle a délivré, avec un minimum de 3,4 yards par porté pour 8 joueurs différents !

Verdict : Clemson. Sur le papier,  #1 Alabama a les vedettes, mais #2 Clemson semble plus homogène dans l’ensemble. Une bonne chose au moment de croiser l’impitoyable front seven du Crimson Tide.

DEFENSE

Ligne defensive

Alabama : La force tranquille. En perdant A’Shawn Robinson et Jarran Reed, tous deux partis vers la NFL, la ligne défensive du Crimson Tide n’a pas vraiment baissé en régime. Le taulier de ce premier rideau s’appelle Jonathan Allen, joueur peu flashy mais monstrueusement performant. A l’image de son sack aérien contre Texas A&M, le defensive end ne manque pas de ressources pour contrer les attaques adverses et malmener son lineman offensif. 9,5 sacks, 15 plaquages pour perte, 3 fumbles forcés et même 2 passes défendues : le panel est large pour celui qui est souvent impliqué sur les 12 touchdowns défensifs des siens en 2016. Il en a lui-même inscrit deux cette saison, dont celui de la relance sur le terrain d’Ole Miss, le test le plus coriace du Crimson Tide cette année. Pour épauler le joueur nommé dans la première équipe All-SEC, deux beaux bébés chargés de libérer des brèches pour les coéquipiers. Cumulant à 280 kilos, le defensive tackle Dalvin Tomlinson et l’ancienne recrue 5 étoiles Da’Ron Payne au poste de nose guard rendent presque inaccessible le centre du terrain.

Clemson : Vic Beasley, Grady Jarrett, Shaq Lawson, Kevin Dodd … Chaque année, les stars s’en vont mais la qualité reste au sein du front four des Tigers. Entouré de petits jeunes, le defensive tackle Carlos Watkins fait figure de guide, du haut de ses dix sacks et demi et quatre passes défendues. Il est assisté au centre de la ligne par le true freshman star, et ancienne recrue 5 étoiles, Dexter Lawrence. Plus excentré, le massif Christian Wilkins est un parfait edge-setter, pour contenir les courses adverses. Quant à Clellin Ferrell, il s’est installé petit à petit dans la rotation des Tigers, pour devenir aujourd’hui le principal edge rusher de son équipe. Un quatuor qui n’a laissé que peu de snaps au defensive tackle Scott Pagano et aux defensive ends Austin Bryant (44 plaquages à eux trois).

Verdict : Clemson. Comme pour la O-Line, ce secteur est sans doute l’un des plus équilibrés. Léger avantage pour les Tigers, dont le rôle parait un peu plus crucial pour assurer l’assise défensive.

Linebackers

Alabama : Avec deux de ses quatre titulaires prétendants au top 10 de la prochaine draft, cette escouade de ‘Bama a de la gueule. Restés pour leur année senior, les deux pass rushers Tim Williams et Ryan Anderson se sont gavés grâce à l’embouteillage plein centre. Résultat des courses : 16,5 sacks et 32,5 plaquages pour perte pour le duo. Si Williams est principalement chargé du blitz et de la pression sur les extérieurs, Anderson est un vrai couteau-suisse, capable de plaquer, couvrir et intercepter, comme il l’a démontré en demi-finales de playoffs. Tour de contrôle défensif, Reuben Foster a enfilé les chaussons de Reggie Ragland pour devenir le plaqueur en chef du programme. Rashaan Evans le seconde, après avoir dû suppléer un Shaun Dion Hamilton blessé en cours de saison.

Clemson : Sans être placé au centre du deuxième Rideau défensif, Ben Boulware est la figure emblématique de la défense de #2 Clemson. Chargé de surveiller côté faible du terrain, le capitaine monte vite dans la boite et est agressif au plaquage, au point d’être le plus prolifique dans ce registre chez les Tigers (110). Dans ce domaine, la nouvelle coqueluche du campus, Kendall Joseph, n’est pas mal non plus, et a contrôlé le run stop dans une conférence ACC, qui comprend Dalvin Cook, Lamar Jackson, James Conner et bien d’autres … Les deux hommes ont notamment annihilé le jeu au sol d’Ohio State lors de la demi-finale des playoffs. Plus versatile, Dorian O’Daniel aura sûrement un rôle prépondérant sur la couverture, Jalen Hurts raffolant de passes courtes, notamment vers ArDarius Stewart.

Verdict : Difficile de concurrencer #1 Alabama. Un talent et une activité de tous les instants qui peuvent donner des cauchemars au backfield adverse.

Defensive backs

Alabama : Et dire qu’Eddie Jackson a dû jeter l’éponge plus tôt que prévu … Au-delà des 13 interceptions à son compteur, le backfield défensif du Tide effraie surtout par sa capacité à convertir ces récupérations de balle en points. Le symbole de cette habilité punitive est le cornerback reconverti safety Minkah Fitzpatrick, dont 3 des 6 picks sont allés jusqu’à l’en-but adverse. Son travail, aux côtés du free safety Ronnie Harrison, s’annonce énorme, avec une attaque de #2 Clemson très adepte du slot et de l’implication du tight end. Sur les extérieurs, Marlon Humphrey est l’un des cornerbacks les plus réputés au pays, et pressenti pour partir au premier tour de la prochaine draft. Appelé à remplacer Jackson, numériquement, dans le onze titulaire, le junior Anthony Averett a bluffé les observateurs en battant 8 ballons lancés dans sa direction, le meilleur bilan défensif de #1 Alabama. Il a également provoqué un fumble de John Ross III en demi-finale, pour lancer un peu plus les champions nationaux en titre. Le nickelback Tony Brown ne manquera pas d’occupations du côté du slot.

Clemson : Malgré une prestation en dent de scie à Florida State, le cornerback Cordrea Tankersley est le shutdown corner de cette équipe des Tigers. Avec ses 10 passes défendues et 4 interceptions, il est un exemple à suivre pour ses jeunes collègues Ryan Carter, Mark Fields, Marcus Edmond ou Trayvon Mullen, tous amenés à briller en fin de match si le besoin s’en fait sentir. Plein centre, Jadar Johnson a pris une autre envergure en prenant la suite de Jayron Kearse sur le poste de strong safety. Son sauvetage de dernière minute à Auburn a donné le ton de la saison pour les hommes de Dabo Swinney. Côté free, Van Smith est un plaqueur sûr et peut couvrir une large zone du dernier rideau.

Verdict : Le potential de Clemson est là, mais aucune escouade n’est aussi redoutable que celle de Tuscaloosa.

Grand fan de football américain. Spécialiste du football français, de la NFL et du College Football. Rédacteur à The Blue Pennant depuis 2015 et à touchdownactu.com. Animateur sur Radiossa, la radio du football américain.

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Tuzzz

    6 janvier 2017 à 14h11

    Joli le coup du proboscidien 🙂

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