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Harvard, des bancs de l’école aux terrains de football

Tout près de réussir une saison historique à l’heure du choc face au rival Yale, le programme de football à Harvard s’est lentement imposé comme l’un des meilleurs programmes de Football Championship Subdivision (FCS), l’antichambre du Football Bowl Subdivision (FBS) en Division I.

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Tout près de réussir une saison historique à l’heure du choc face au rival Yale, le programme de football à Harvard s’est lentement imposé comme l’un des meilleurs programmes de Football Championship Subdivision (FCS), l’antichambre du Football Bowl Subdivision (FBS) en Division I.

Considérée et réputée comme la meilleure université du monde, la prestigieuse Harvard University se fait remarquer de plus en plus dans les milieux sportifs. Ces dernières années, son programme de basketball masculin a souvent été cité dans les médias, notamment au sujet de la « Linsanity », ce phénomène de mode autour du joueur professionnel Jeremy Lin, alors aux New York Knicks et aujourd’hui aux Los Angeles Lakers. Harvard, alma mater du joueur d’origine asiatique, s’est aussi illustré ces trois dernières années en remportant chaque saison le titre de conférence Ivy League, qui regroupe les huit universités historiquement les plus prestigieuses des Etats Unis (Brown, Columbia, Cornell, Dartmouth, Harvard, Princeton, Pennsylvania et Yale). L’équipe de coach Tommy Amaker a également participé trois fois consécutives à la fameuse March Madness, le tournoi de basketball masculin pour remporter le titre de champion national, et a passé un tour lors de ses deux dernières participations.

Si au basketball Harvard affronte régulièrement certaines des meilleures équipes du pays, ce qui lui a permis d’être classé dans le top 25 national à plusieurs reprises ces dernières années, il en va tout autrement au football. Cantonné à la sous-division FCS, la petite sœur en Division I de la toute-puissante FBS, le Crimson se contente de rencontrer des adversaires plus modestes et à sa portée. Même si, aujourd’hui, Harvard semble désormais en mesure de pouvoir faire beaucoup mieux.

Interrogé par le Wall Street Journal, le quarterback du Crimson, Connor Hempel, estime que son équipe pourrait se mesurer à des équipes du bas de tableau de la FBS et espérer l’emporter. Et pour cause, Harvard semble sur une pente ascendante historique. La conjoncture actuelle dans la conférence Ivy League, et a fortiori à Harvard, se montre en faveur du développement des programmes sportifs. Si les huit écoles de la Ivy League ont toujours refusé de distribuer des bourses d’étude aux étudiants-athlètes, privilégiant l’aspect académique et favorisant les potentiels élèves avec des difficultés financières, l’évolution du système ces dernières années a permis aux sportifs de profiter bien plus de la générosité de ces universités que par le passé.

Aujourd’hui, toujours d’après le Wall Street Journal, environ 60% des étudiants à Harvard bénéficient d’une aide financière considérable tandis que 20% profitent d’une gratuité totale. La récente politique de l’université en matière de bourses s’étend aujourd’hui aux étudiants-athlètes, qui viennent de tout le pays. Ce qui a permis au programme de football de recruter des prospects bien plus talentueux sur le plan sportif, bien que l’aspect académique ne soit pas éludé. Désormais munis de la perspective d’obtenir un diplôme au sein de l’une des universités les plus prestigieuses au monde, tout en profitant d’une aide financière partielle ou complète, de nombreux joueurs choisissent de rejoindre Harvard.

Il existe encore peu de joueurs provenant de la conférence Ivy League en NFL, même si l’on en compte certains notables comme le quarterback Ryan Fitzpatrick des Houston Texans ou le fullback Kyle Juszczyk des Baltimore Ravens, tous deux anciens joueurs du Crimson. La tendance pourrait s’inverser, puisque Harvard compte notamment plusieurs prospects suivis par des scouts de la Ligue au sein de son effectif.

En outre, si les équipes de football issues de la Ivy League ne prenaient pas part aux rencontres de post-saison auparavant, en raison de la période dédiée aux examens, le nouveau système de playoffs à vingt-quatre équipes pour désigner un champion national en FCS devrait permettre aux meilleurs de la conférence, tels Harvard, Yale et Dartmouth cette année, de se mêler à la lutte. Avec même des chances de victoire finale grâce aux récents progrès de ces programmes de football.

Cette saison, le Crimson de Harvard est invaincu avant d’affronter l’un de ses plus grands rivaux, les Bulldogs de Yale. Avec six victoires en conférence, et trois de plus face à d’autres programmes FCS, les hommes du coach Tim Murphy n’ont jamais été inquiété et ils profitent de la meilleure défense de la Ivy League pour écraser la plupart de leurs adversaires. En face, Yale possède la meilleure attaque, portée par le running back Tyler Varga, qui a inscrit vingt touchdowns cette saison en l’espace de neuf rencontres. Un match qui s’annonce explosif, et ce pour d’autres raisons que le simple aspect sportif.

En effet, outre le fait d’être l’une des plus anciennes rivalités du college football, cette rencontre entre Harvard et Yale marque l’anniversaire des dix ans de l’une des farces les plus connues et les plus brillantes de l’histoire du football universitaire. En 2004, un groupe de faux étudiants de Harvard avait réussi à faire lever des panneaux à mille huit-cents supporters du Crimson, leur laissant croire que le message ainsi constitué par la tribune formerait les mots « go Harvard » (« allez Harvard ») alors qu’il affichait finalement « we suck » (« on craint »). Malgré une victoire 35-3 pour le Crimson, les supporters de Harvard ne se sont jamais remis de cette offense.

Le Business Insider est allé à la rencontre des deux anciens étudiants de Yale à l’origine de cette farce, Mike Kai et David Aulicino, qui ont détaillé le long processus de ce gag. Si l’idée de base est venue d’une conversation farfelue, elle a ensuite fait son chemin et le « Harvard Pep Squad » a été créé pour mener à bien la farce, jusqu’à obtenir l’accès à la tribune des supporters de Harvard pour leur distribuer les panneaux de carton à soulever pour former le message. Avec un budget de sept cent cinquante dollars, Kai et Aulicino ont finalement largement rémunéré leur coup avec une vente de posters d’une photographie de la tribune affichant le message tronqué, et ont fait don des bénéfices à des œuvres caritatives.

Alors que ce week-end ne propose pas de grandes affiches, si ce n’est la rivalité entre USC et UCLA pour la suprématie de Los Angeles et de la division South de la conférence Pac-12, la fameuse troupe du ESPN College GameDay a choisi de se rendre à Cambridge, dans le Massachusetts, pour couvrir l’événement de cette rencontre entre Harvard et Yale. Avec à la clé le titre de conférence et une saison sans défaite pour le Crimson, ou le partage de la suprématie de la Ivy League entre les deux rivaux. Et peut être une revanche en tribunes pour les supporters locaux, après dix ans d’amertume.

Membre de l'équipe de The Blue Pennant depuis septembre 2013, Loïc s'est trimballé à travers les États-Unis en 2017 pour mieux comprendre le pas-si-petit monde du college football. Seulement deux contraventions pour excès de vitesse sur 20 000 km. Intime de Mark Sanchez, Sam Darnold et des cheerleaders de Wisconsin, promo '76. Label qualité TBP et Sécurité routière.

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1 commentaire

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  1. Ben

    22 novembre 2014 at 17h33

    Papier très intéressant et très instructif. La blague de 2004 c’est quand même vachement drôle! Et bravo à College Gameday d’être à Cambridge plutôt qu’aller toujours sur les même campus, ça change. A noter aussi qu’il y a le 150e affrontement entre Lehigh et Lafayette au Yankee Stadium aujd également.

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Ramogi Huma, défenseur des étudiants-athlètes

Il fait partie de ces individus qui essaient de changer le visage du sport universitaire aux Etats-Unis. Président et co-fondateur de la College Athletes Players Association, il se bat pour défendre les droits des étudiants-athlètes : Ramogi Huma.

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Il fait partie de ces individus qui essaient de changer le visage du sport universitaire aux Etats-Unis. Président et co-fondateur de la College Athletes Players Association, il se bat pour défendre les droits des étudiants-athlètes. Son père est originaire de la même tribu kenyane que le père de Barack Obama. TIME lui a consacré une page dans son dossier consacré à la nouvelle génération de leaders noirs aux Etats-Unis.

Au cours des 15 années passées à défendre les droits des athlètes universitaires, Ramogi Huga, ancien linebacker de UCLA, a entendu tous les mauvais contes possibles : le gamin qui se blesse, qui perd sa bourse d’étude, qui échoue à obtenir son diplôme et qui reste coincé avec des factures médicales ; le sportif persécuté par la NCAA pour une question de menue monnaie quand ses entraîneurs gagnent des millions. « C’est difficile de s’apercevoir à quel point ces joueurs sont pauvres, » explique Huma, âgé de 37 ans. « Mais ça décuple ma motivation. Parce que ça ne doit pas se passer comme ça. »

Une bourse sportive est toujours une aubaine. Mais pour de nombreux athlètes universitaires, ce n’en est plus une. Tandis que les universités, les entraîneurs et les chaînes de télévision capitalisent de plus en plus d’argent sur le dos des joueurs de football et de basketball, une forme de consensus a émergé : les sportifs méritent un peu plus pour s’en sortir, au minimum.

Huma a joué un rôle clé pour élaborer un soutien public et obtenir un dédommagement historique en faveur des athlètes universitaires. Il a contribué à enrôler des plaignants pour le recours collectif à l’initiative d’Ed O’Bannon, ancien joueur de basketball à UCLA, qui plaidait pour que les joueurs de football universitaire et de basketball masculin soient dédommagés pour l’utilisation de leur image. Le résultat : en août dernier, un juge fédéral a déclaré que les universités pourraient mettre en place des contrats pour les athlètes. La NCAA a fait appel de cette décision.

Au début de l’année 2014, Huma a conduit le mouvement pour syndiquer les joueurs de football de Northwestern. Une antenne régionale du National Labor Relations Board (NLRB) a prononcé que les joueurs agissaient effectivement comme des employés d’université et qu’ils méritaient un siège à la table des négociations. Quelques mois plus tard, le conseil d’administration de la NCAA a donné aux conférences majeures l’autonomie d’offrir des primes aux joueurs. « Rien de tout ça ne serait arrivé sans Ramogi, » explique Tim Waters, directeur politique national de l’union United Steelworkers, qui a contribué à financer le travail de Huma. « Purement et simplement. »

Huma, qui a grandi dans les environs de Los Angeles, ne s’était jamais imaginé devenir le Norma Rae des sportifs universitaires. Mais après que la NCAA ait suspendu pour un match un de ses équipiers affamé car il avait accepté des provisions pour une valeur de 150 dollars (tandis que l’université vendait son maillot dans sa boutique), l’hypocrisie du sport universitaire l’a révolté. Son style pondéré et non conflictuel l’a constamment fait triompher de ses opposants. « Je peux simplement ressentir que nous sommes du bon côté de la discussion, » justifie Huma. « Le bon côté de l’Histoire. »

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Marqise Lee, l’étoffe des héros

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Le receveur californien a fait du chemin depuis ses débuts hésitants avec USC il y a un peu plus d’un an. Il s’est imposé depuis comme l’une des pires menaces offensives du pays et personne n’a encore trouvé comment l’arrêter.

Il fallait du talent pour arriver à éclipser Robert Woods qui était considéré comme l’un des meilleurs receveurs à porter la tunique cardinal et or des Trojans depuis plusieurs années. Marqise Lee en a indéniablement. Recrue quatre étoiles à sa sortie de high school, le jeune athlète californien attend le dernier moment pour annoncer en direct lors du National Signing Day 2011 qu’il rejoindra USC la saison suivante. Envisagé par la plupart des observateurs et des fans comme un futur safety pour améliorer les soucis des Trojans en secondary, la surprise est de taille lorsque Lane Kiffin annonce que sa recrue jouera comme wide receiver.

Il faut dire que la classe de recrutement des Trojans compte déjà deux autres receveurs dont le prospect cinq étoiles George Farmer, considéré comme le meilleur à son poste dans tout le pays. La surprise est encore plus grande lorsque Lane Kiffin décide de titulariser Marqise Lee aux côtés de Robert Woods et Matt Barkley, deux superstars du college football, dès le début de la saison 2011.

Les débuts du jeune receveur sont encourageants même s’il se montre parfois imprécis et déconcentré, ce qui lui vaudra quelques drops. Puis Marqise Lee devient rapidement celui que l’on connait aujourd’hui comme l’un des joueurs offensifs les plus redoutables. Extrêmement rapide, habile de ses mains, le Trojan fait parler de lui au fil des matches et des touchdowns qu’il inscrit généralement sur de longues distances. Il excelle également sur les tracés de type slant.

Lorsqu’il ne reçoit pas le ballon, Lee est capable de réaliser d’excellents blocks pour ses équipiers lors de screen passes ou pour faire avancer le jeu au sol. Il s’illustre également en tant que kickoff returner. Ses innombrables qualités et son sens du jeu lui permettent de terminer sa première saison avec 73 réceptions pour 1 143 yards et 11 touchdowns. Marqise Lee est légitimement nommé Freshman All-American et il reçoit le titre de Pac-12 Freshman Offensive Co-Player of the Year qu’il partage avec De’Anthony Thomas, un autre phénomène offensif californien qui a croisé le chemin de Lee précédemment puisqu’il était un commit de longue date pour USC avant de changer d’avis pour rejoindre Oregon lors du National Signing Day. Pour l’anecdote, certaines rumeurs veulent que Thomas aurait décidé de larguer les Trojans pour les Ducks car il aurait eu peur de bénéficier d’un temps de jeu limité avec la présence potentielle de Marqise Lee en attaque.

Attendu comme le messie par les fans des Trojans pour la saison 2012 qui comptaient sur lui, Robert Woods et Matt Barkley pour emmener USC vers un énième titre national, le joueur devra malheureusement se contenter de suivre le BCS Championship à la télévision suite à la saison décevante de son équipe. Annoncé comme le meilleur duo de receveurs du pays, Woods et Lee portent l’attaque des Trojans cette année et le second a même pris la place du vétéran comme go-to-guy de Matt Barkley.

Avec déjà 76 réceptions pour 1 129 yards et 10 touchdowns, Marqise Lee devrait largement faire mieux que lors de sa saison freshman. Le receveur californien a même battu le record du nombre de yards à la réception sur une seule rencontre avec 345 yards le week-end dernier lors de la défaite des siens contre Arizona. Cette performance le classe à la troisième place dans cette catégorie au niveau FBS. Il aurait même pu entrer encore plus dans la légende s’il avait attrapé le ballon sur le hail mary désespéré des Trojans dans les toutes dernières secondes du match.

Pour l’heure, Marqise Lee est la plus grande satisfaction des Trojans cette saison et il est même considéré comme l’un des favoris pour le Heisman Trophy en compagnie de Collin Klein (Kansas State) et Manti Te’o (Notre Dame). A l’heure d’affronter Oregon, qu’il avait ridiculisé la saison passée en étant l’un des acteurs principaux de la victoire d’USC à Eugene (Oregon), le futur All-American peut déjà rêver d’ajouter à sa légende le fameux Biletnikoff Award qui récompense le meilleur receveur universitaire à l’issue de la saison, et surtout envisager une saison 2013 où il sera l’une des plus grandes vedettes du pays. Avant d’entendre son nom appelé dans les premiers à la draft NFL 2014 ? Probablement.

 

 

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Selim Baccouche, un français à Santa Monica

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Depuis quelques semaines, le franco-tunisien DE Selim Baccouche participe au spring camp du Santa Monica College avec l’espoir de faire partie de l’équipe des Corsairs pour la saison 2012.

Ancien joueur des Flibustiers de Villeneuve-St-Georges en France, DE Selim Baccouche vous propose de suivre son aventure aux Etats-Unis dans son blog : http://selimbaccouche.blogspot.ca/.

A 20 ans et avec son baccalauréat en poche, DE Selim Baccouche a décidé de tenter sa chance en Amérique. Recruté par les Corsairs du Santa Monica College (SMC), il devra faire ses preuves et gagner sa place dans l’équipe pendant les entrainements de printemps.

Au programme : 4 séances de practices collectifs par semaine en plus des entrainements personnels que s’impose Selim. Aucun répit.

Les Corsairs du Santa Monica College évoluent dans la Western State Conference au niveau Junior College, l’antichambre avant de faire le grand saut dans la NCAA. De nombreux joueurs du SMC ont d’ailleurs poursuivi leur carrière universitaire à USC, UCLA ou California.

Plusieurs joueurs NFL comme WR Steve Smith (Carolina Panthers), WR Chad « Ochocinco » Johnson (New England Patriots) et WR Isaac Bruce (ex-St.Louis Rams) sont d’anciens joueurs des Corsairs !

Pour l’anecdote, quelques célébrités sont d’anciens étudiants du Santa Monica College comme les acteurs James Dean, Sean Penn, Hilary Swank, Arnold Schwarzenegger et Dustin Hoffman, ou l’ancienne stagiaire à la Maison Blanche, Monica Lewinsky.

Pour suivre toutes les aventures de Selim Baccouche au Santa Monica College : http://selimbaccouche.blogspot.ca/.

The Blue Pennant souhaite bonne chance à Selim et continuera de suivre son aventure qu’elle quelle soit.

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