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Marqise Lee, l’étoffe des héros

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Le receveur californien a fait du chemin depuis ses débuts hésitants avec USC il y a un peu plus d’un an. Il s’est imposé depuis comme l’une des pires menaces offensives du pays et personne n’a encore trouvé comment l’arrêter.

Il fallait du talent pour arriver à éclipser Robert Woods qui était considéré comme l’un des meilleurs receveurs à porter la tunique cardinal et or des Trojans depuis plusieurs années. Marqise Lee en a indéniablement. Recrue quatre étoiles à sa sortie de high school, le jeune athlète californien attend le dernier moment pour annoncer en direct lors du National Signing Day 2011 qu’il rejoindra USC la saison suivante. Envisagé par la plupart des observateurs et des fans comme un futur safety pour améliorer les soucis des Trojans en secondary, la surprise est de taille lorsque Lane Kiffin annonce que sa recrue jouera comme wide receiver.

Il faut dire que la classe de recrutement des Trojans compte déjà deux autres receveurs dont le prospect cinq étoiles George Farmer, considéré comme le meilleur à son poste dans tout le pays. La surprise est encore plus grande lorsque Lane Kiffin décide de titulariser Marqise Lee aux côtés de Robert Woods et Matt Barkley, deux superstars du college football, dès le début de la saison 2011.

Les débuts du jeune receveur sont encourageants même s’il se montre parfois imprécis et déconcentré, ce qui lui vaudra quelques drops. Puis Marqise Lee devient rapidement celui que l’on connait aujourd’hui comme l’un des joueurs offensifs les plus redoutables. Extrêmement rapide, habile de ses mains, le Trojan fait parler de lui au fil des matches et des touchdowns qu’il inscrit généralement sur de longues distances. Il excelle également sur les tracés de type slant.

Lorsqu’il ne reçoit pas le ballon, Lee est capable de réaliser d’excellents blocks pour ses équipiers lors de screen passes ou pour faire avancer le jeu au sol. Il s’illustre également en tant que kickoff returner. Ses innombrables qualités et son sens du jeu lui permettent de terminer sa première saison avec 73 réceptions pour 1 143 yards et 11 touchdowns. Marqise Lee est légitimement nommé Freshman All-American et il reçoit le titre de Pac-12 Freshman Offensive Co-Player of the Year qu’il partage avec De’Anthony Thomas, un autre phénomène offensif californien qui a croisé le chemin de Lee précédemment puisqu’il était un commit de longue date pour USC avant de changer d’avis pour rejoindre Oregon lors du National Signing Day. Pour l’anecdote, certaines rumeurs veulent que Thomas aurait décidé de larguer les Trojans pour les Ducks car il aurait eu peur de bénéficier d’un temps de jeu limité avec la présence potentielle de Marqise Lee en attaque.

Attendu comme le messie par les fans des Trojans pour la saison 2012 qui comptaient sur lui, Robert Woods et Matt Barkley pour emmener USC vers un énième titre national, le joueur devra malheureusement se contenter de suivre le BCS Championship à la télévision suite à la saison décevante de son équipe. Annoncé comme le meilleur duo de receveurs du pays, Woods et Lee portent l’attaque des Trojans cette année et le second a même pris la place du vétéran comme go-to-guy de Matt Barkley.

Avec déjà 76 réceptions pour 1 129 yards et 10 touchdowns, Marqise Lee devrait largement faire mieux que lors de sa saison freshman. Le receveur californien a même battu le record du nombre de yards à la réception sur une seule rencontre avec 345 yards le week-end dernier lors de la défaite des siens contre Arizona. Cette performance le classe à la troisième place dans cette catégorie au niveau FBS. Il aurait même pu entrer encore plus dans la légende s’il avait attrapé le ballon sur le hail mary désespéré des Trojans dans les toutes dernières secondes du match.

Pour l’heure, Marqise Lee est la plus grande satisfaction des Trojans cette saison et il est même considéré comme l’un des favoris pour le Heisman Trophy en compagnie de Collin Klein (Kansas State) et Manti Te’o (Notre Dame). A l’heure d’affronter Oregon, qu’il avait ridiculisé la saison passée en étant l’un des acteurs principaux de la victoire d’USC à Eugene (Oregon), le futur All-American peut déjà rêver d’ajouter à sa légende le fameux Biletnikoff Award qui récompense le meilleur receveur universitaire à l’issue de la saison, et surtout envisager une saison 2013 où il sera l’une des plus grandes vedettes du pays. Avant d’entendre son nom appelé dans les premiers à la draft NFL 2014 ? Probablement.

 

 

Membre de l'équipe de The Blue Pennant depuis septembre 2013, Loïc s'est trimballé à travers les États-Unis en 2017 pour mieux comprendre le pas-si-petit monde du college football. Seulement deux contraventions pour excès de vitesse sur 20 000 km. Intime de Mark Sanchez, Sam Darnold et des cheerleaders de Wisconsin, promo '76. Label qualité TBP et Sécurité routière.

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Le renouveau de Notre Dame ou la rédemption de Brian Kelly

Tout proche d’un renvoi en 2016, le coach des Fighing Irish a su se ré-inventer pour faire de Notre Dame un candidat au College Football Playoff.

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Crédit photo : RVR Photos / USA TODAY Sports

Un bilan de 12 victoires, invaincus sur la saison régulière, qualifiés pour la première fois de leur histoire pour le College Football Playoff et une seule défaite subie lors de la demi-finale nationale contre le champion en titre : une saison 2018 réussie pour des Fighting Irish de Notre Dame, qui ont du s’attaquer à une équipe de Clemson, future championne après avoir humilié par presque 30 points d’écart un programme d’Alabama pourtant classé #1 national. La dernière marche pour accéder à la finale était trop haute.

Pourtant, si la saison dernière de Notre Dame et son retour parmi l’élite nationale est une véritable réussite, les 24 derniers mois n’en garantissaient pas l’issue.

Il y a deux ans, l’université de Notre Dame venait d’être battue, 45-27, par les Trojans de USC, clôturant ainsi une saison misérable et décevante. La majorité des supporters des Fighting Irish réclamaient alors la démission de leur entraineur-chef, Brian Kelly.

Le directeur athlétique, Jack Swarbrick, a refusé d’écouter la campagne de critique et a décidé de le maintenir en place, estimant qu’il incarnait encore la meilleure chance de revenir au sommet.

2016 marquait pourtant l’une des pires saisons de l’Histoire du programme de South Bend. Alors pourquoi ne pas avoir décidé de se séparer de son entraineur-chef qui semblait lassé par les années et avoir perdu toute compétitivité au sein de son programme ?

A travers un entretien avec Yahoo! Sport et divers témoignages de Brian Kelly et Swarbrick, nous sommes revenus sur les 24 derniers mois qui ont métamorphosé le visage de Notre Dame.

La saison 2018 aura été celle du rachat. Pour sauver sa peau et reconquérir l’élite du College Football, Brian Kelly a du repenser son management, re-construire son staff et bousculer les habitudes de vestiaire.

Entre séances de yoga, limitation de l’usage des smartphones en salle d’entrainements et conception de nouveaux systèmes de jeux, voici les coulisses d’une rédemption : celle des Fighting Irish 2018.

La traversée du désert de Brian Kelly

Lorsqu’on évoque les grands entraineurs, on pense généralement à leur capacité de gagner des matchs, des titres et de faire perdurer le succès. Pourtant, les plus grands s’identifient aussi par leur capacité de se réinventer lorsque cela devient nécessaire pour le bien de l’équipe.

Cette remise en question, Brian Kelly y a été contraint suite aux menaces des fans après une saison 2016 historiquement mauvaise.

Il s’est promis de ne plus jamais accepter de pratiquer un tel niveau de football sous son mandat à Notre Dame. Pour transformer les mauvais résultats en succès et reprendre en main un programme sportif à la dérive, Brian Kelly devait d’abord opérer une transformation personnelle.

Le coach des fighting Irish a commencé à repenser son propre mode de vie.

Crédit photo : AP Photo/Nam Y. Huh

Dès la fin de la saison 2016, le coach de Notre Dame a débuté sa révolution avec le directeur sportif Jack Swarbrick. Habituellement, les deux hommes se retrouvent chaque année pour faire le point sur le recrutement annuel et procéder à une évaluation complète du programme. Cette procédure étant généralement une simple formalité.

Au terme de cette saison 2016, tard le soir, Kelly s’est rendu personnellement au domicile de Swarbrick pour analyser la situation.

Leur discussion a durée plus de 8h. Brian Kelly a alors exposé à son directeur sportif sa nouvelle vision de ce que devrait être Notre Dame à l’avenir.

«Il a beaucoup participé à cette réunion….il m’a présenté des choses inédites pour Notre Dame, des choses que je n’avais encore jamais vu sous son mandat. J’ai vu un homme déterminé à apporter des changements majeurs» a déclaré Swarbrick.

Après avoir regagné la confiance de son directeur athlétique, Brian Kelly s’est remis au sport en pratiquant une activité physique intensive dès 6h du matin, avec ses propres joueurs. Le coach a modifié son alimentation et perdu 7kg.

« Je suis responsable de la disparition d’une partie de toute la culture de l’effort traditionnellement ancrée dans cette université. J’ai laissé filé. Je devais d’abord me l’imposer à moi même avant de l’exiger de mes joueurs » Brian Kelly.

Le milieu NCAA peut être parfois psychologiquement insoutenable de par la pression exercée par la compétition. Urban Meyer, l’ancien coach de Florida et d’Ohio State en a parfois fait les frais. Brian Kelly lui, s’est mis au yoga et à la relaxation avec son entraineur privé, Roxie Sweikar, en multipliant les séances plusieurs fois par semaine.

C’est en commençant par regagner la confiance de son directeur sportif et en s’imposant une nouvelle discipline de vie aussi bien physique et mental que Brian Kelly a débuté sa seconde vie au sein du campus de South Bend.

Repenser le coaching staff des Fighting Irish

Après une profonde remise en question sur lui même à travers un travail personnel, Brian Kelly a poursuivi sa révolution auprès de son staff. Pour reconstruire son programme sur le terrain, Kelly a du organiser une refonte complète et délibérée de son entourage.

Le coaching de Kelly était en fin de cycle aussi bien dans son bilan que dans son plan de jeu. Notre Dame devait également se réinventer à travers son football. Au total, 17 nouveaux membres du personnel ont été recrutés ainsi que trois nouveaux coordinateurs, deux nouveaux entraîneurs physiques et un entraîneur mental.

« Nous avons échoué et j’ai échoué.  Ce fut l’une des décisions les plus difficiles de toute ma vie. Vous imaginez ? Devoir me séparer de ces hommes que vous côtoyez pendant des années, 26 ans pour certains, qui ont contribué à rendre ce programme meilleur et qui deviennent de véritables amis. Vous connaissez leurs femmes, leurs enfants. Mais pour le bien du programme et de nos joueurs, c’était la meilleure chose à faire. Parfois il faut savoir prendre le recul nécessaire et faire des choix difficiles pour avancer. », a déclaré Kelly à Sports Illustrated.

Ce fut la partie la plus douloureuse pour Brian Kelly. L’entraîneur-chef adjoint, Mike Denbrock est parti pour Cincinnati après avoir été informé qu’il jouerait un rôle moins important dans l’attaque la saison suivante. Notre Dame s’est également séparé de Keith Gilmore (coach de ligne défensive) et de Paul Longo (directeur de la préparation physique), peut-être le plus proche confident de Brian Kelly. Au total, ces trois entraîneurs ont travaillé pendant 35 saisons pour Brian Kelly. Denbrock a même assisté à son mariage.

À la place, un processus d’entretien holistique a été mis en avant, bien différent des pratiques d’embauche d’entraîneurs adjoints qui sont si courantes dans le football universitaire.

Notre Dame a interviewé cinq entraîneurs spécialisés en attaque, trois entraîneurs des receveurs, trois coordinateurs offensifs et deux coordinateurs défensifs. L’embauche du coordinateur défensif Mike Elko (ex-Wake Forest) est considérée comme l’une des embauches les plus importantes de cette nouvelle ère.

Crédit photo : wsbt.com

Mike Elko avait pour mission de faire en sorte que les jeunes talents recrutés par Notre Dame arrivent plus vite sur le terrain. Le but étant de les développer physiquement et techniquement pour qu’ils soient prêts à prendre le relais suite aux vagues de départs pour la NFL.

Les grands programmes comme ceux d’Alabama ou de Clemson sont capables de renouveler leurs effectifs chaque année. Pour Brian Kelly, cet aspect essentiel n’avait pas été efficace au cours des trois dernières années. Et il s’en est fait une mission.

Autre grand bouleversement : l’embauche de Chip Long, un coordinateur offensif de Memphis âgé de 33 ans, qui lui a permis de jouer davantage un rôle de manager et de prendre de la distance avec l’appel des jeux offensifs en cours de match.

« J’ai voulu laisser plus de place à l’innovation offensive pour renouveler notre jeu et mieux surprendre l’adversaire » – Brian Kelly, head coach de Notre Dame.

Permettre à Chip Long d’appeler des jeux et de suivre l’évolution de l’attaque au jour le jour a fait office de lâché prise pour le coach de Notre Dame.

Ramener l’ancien entraîneur du Nevada, Brian Polian, à la tête des équipes spéciales a également donné au programme de South Bend un entraineur éprouvé et une identité plus claire.

En collaborant étroitement avec Brian Kelly pour superviser ces changements, Swarbrick a clairement démontré son engagement et celui de l’université envers son entraineur.

Mike Elko parti à Texas A&M en 2018, Clark Lea a pris le relais au poste de coordinateur défensif. Sa première mission : réajuster la couverture aérienne. Mission accomplie. Les joueurs de Notre Dame ont de nouveau épuisé leurs adversaires en grande partie grâce aux ajustements apportés par ces nouveaux arrivants.

La libération de la parole des joueurs

Après avoir remplacé tout son staff pour surprendre et innover dans les schémas de jeu sur le terrain, Brian Kelly voulait aussi revoir son approche auprès des joueurs. Et les ajustements dans son type de management sont venus…  directement de ses troupes.

Le head coach des Fighting Irish a interviewé 93 de ses joueurs pour comprendre ce qu’il devait ajuster dans son coaching au jour le jour. Une humilité vis à vis de ses joueurs qui a porté ses fruits.

WR Corey Robinson, a constaté un «manque de professionnalisme» et des habitudes «indisciplinées» chez les joueurs. Le capitaine senior OL Mike McGlinchey a souligné que «la finition dans le jeu et l’entraînement de l’ équipe étaient trop irrégulières». Grant Hammann a laissé entendre que Brian Kelly devait plus s’impliquer dans l’équipe. Leurs témoignages et leurs suggestions ont permis d’établir un plan afin de transformer un programme devenu trop corporatif et un entraîneur parfois trop distant. L’intensité était souvent manquante dans les entrainements. Les choses allaient changer.

« Les joueurs lui ont dit que ses interactions étaient trop limitées parce qu’il se concentrait sur les quarterbacks et sur l’attaque, alors il est sorti de ses entretiens déterminé à changer son approche. » a déclaré Swarbrick.

Brian Kelly et le management 3.0

Dès les entrainements de printemps, Brian Kelly, a révolutionné sa manière de coacher. Si son nouveau staff était censé apporter de la nouveauté dans le jeu de l’équipe, il s’est donné la responsabilité de conditionner le mental de ses joueurs afin d’en faire l’une des forces du programme.

Pour être au plus près de ses joueurs, chaque matin, il prend désormais son petit-déjeuner avec eux au réveil. Dès 6 heures du matin, il est présent dans la salle de musculation pour les encourager et surveiller leur développement physique. Il passe régulièrement du temps dans les vestiaires pour leur demander de ranger leurs téléphones portables et les banni complètement lors des entrainements.

« Si vous vous demandez pourquoi nous avons fait cela? Pourquoi nous avons traversé tout cela? Pourquoi nous avons engagé tous ces nouveaux entraîneurs? Nous l’avons fait parce qu’il y a une tradition d’excellence que je dois respecter. Point. Je n’ai pas été à la hauteur et j’ai décidé de m’assurer que cela ne se reproduira plus jamais. » – Brian Kelly, head coach de Notre Dame.

Toute la saison morte a été consacrée à repenser le management de l’équipe, en commençant par l’aménagement du vestiaire.
Au lieu d’être groupés par position, les joueurs sont maintenant dispersés au hasard dans le vestiaire afin d’éviter la division et la concurrence par escouade de jeu sur le terrain. Chaque section du vestiaire est organisée en huit quartiers, avec de très jeunes joueurs que Brian Kelly a désigné comme futurs capitaines. Le but étant de les intégrer et de les responsabiliser le plus tôt possible.

« Nous avions besoin de jeunes leaders, capable de s’affirmer au sein de l’équipe, ça commence par des petites choses. » – Brian Kelly, head coach de Notre Dame.

Le coach de Notre Dame admet qu’il avait échoué jusque-là pour développer ses leaders. Il a donc révisé le processus de sélection des capitaines : sept capitaines ont été choisis immédiatement après la saison 2016 plutôt que pendant le camp d’été. Brian Kelly a également nommé le receveur Austin Webster premier capitaine non-boursier de l’histoire du programme. L’objectif était double : récompenser publiquement la loyauté d’un joueur exemplaire et prendre en main les nouveaux étudiants afin de les responsabiliser et de les intégrer afin de nouer des liens plus fraternelles entre eux.

Le nouveau préparateur physique, Matt Balis, a également intensifié la compétition lors des practices. Dès les camps d’été, Brian Kelly a mis en place des séances d’entrainements physiques épuisantes pour les joueurs, parfois en pleine chaleur et qui finissaient tard les soirs d’étés.

« Nous leur avons demander de sacrifier du temps avec leur famille, leurs amis et de se donner corps et âmes pour l’équipe » – Brian Kelly, head coach de Notre Dame.

Le programme a également mis en place un système de points complexe entre les 8 « quartiers » du vestiaire, où chaque équipe peut être amputée de ses points pour des problèmes comme la manque de propreté des vestiaires ou leurs conditions physiques.
Kelly s’est réservé le droit d’arrêter n’importe quel joueur à l’entrainement et de lui faire chanter l’Alma Mater sur place, tradition de Notre Dame. Si un joueur se trompe, son équipe perd près de 30% de ses points. Jusqu’à présent, 25 joueurs de Notre Dame n’ont pas manqué une note.

« A travers ces petites choses, nous avons remarqué une amélioration spectaculaire dans le conditionnement mental de notre équipe en plaçant au quotidien la compétitivité au coeur du vestiaire. » – Brian Kelly, head coach de Notre Dame.

Les effets les plus remarquables sont intervenus dans la salle de musculation. Brian Kelly admet qu’un trop grand nombre de « concessions» avaient été faites en faveur des joueurs, ce qui a entraîné un glissement collectif vers le bas dans leur résistance physique et mentale.

« Il nous manquait cet élément de performance mentale. Les grandes équipes sont celles qui résistent le mieux à la pression. Nous l’avons rétablie. » – Brian Kelly, head coach de Notre Dame.

Le nombre de victoire de Notre Dame en 2017 démontrera la réussite de la refonte totale du programme entreprise par Brian Kelly avec une équipe passant d’un bilan de 4 victoires pour 8 défaites en 2016 à un bilan de 10-3 en 2017.

Kelly est suffisamment optimiste pour considérer l’équipe actuelle de Notre Dame comme étant bien mieux armée et proche du titre national pour les prochaines années que la génération 2012 qui avait pourtant atteint la finale, perdue face à Alabama.

En 2018, Brian Kelly a peaufiné sa révolution entreprise 12 mois auparavant. Les résultats lui ont donné raison : une saison invaincue et une première en College Football Playoff pour le programme de Notre Dame. Si cette année n’aura pas été celle du premier titre national depuis 1988 pour Notre Dame, elle aura bel et bien été : celle de la Rédemption.

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La méthode Saban : un « process » qui a révolutionné le College Football

Plongez dans les coulisses du programme d’Alabama dirigé par le plus grand coach de l’Histoire afin de comprendre sa recette.

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Pour la 5ème fois de l’histoire du College Football Playoffs, Alabama va participer aux phases finales. L’équipe de Nick Saban n’a jamais manqué cette nouvelle édition des playoffs universitaires depuis sa création en 2014. Le Crimson Tide a remporté 5 titres depuis 2009 et tentera de remporter, d’ici quelques semaines, son 6ème titre en 10 ans.

Aujourd’hui le coach  d’Alabama a produit dans sa carrière 17 anciens assistants devenus head coach en NCAA ou dans la NFL et 44 joueurs passés par Alabama sont actifs en NFL ce qui en fait l’université la plus présente dans les rangs de la ligue avec Ohio State et FSU.

La domination et l’influence de Nick Saban sur la NCAA ne cesse donc de grandir et ses forces semblent plus vraies que jamais.

L’excellence sportive de son programme et la réussite collective sur le plan national d’Alabama sont loin d’être un simple hasard. Ce succès continu est le résultat d’un plan d’encadrement d’exception ainsi que d’une stratégie de recrutement bien huilée mise en place par Saban dès son arrivée en 2007 et peaufinée au fil des années.

Depuis 2011, le Crimson Tide signe les meilleures classes de recrutement du pays. En 10 ans, Alabama a constitué la meilleure classe de recrues à 8 reprises en réussissant à convaincre les prospects les plus convoités des Etats-Unis de rejoindre les rangs de Saban et son équipe.

Aujourd’hui ses anciens assistants s’appliquent à reproduire au mieux la méthode du maitre et les résultats sont indéniables :depuis 2 ans, le Georgia de Kirby Smart ne cesse de se livrer une bataille sans merci avec Alabama pour décrocher la meilleure classe de recrutement de l’année. Les Ducks d’Oregon, repris par Mario Cristobal, décrochent les prospects les plus talentueux du pays tandis que le Texas A&M de Jimbo Fisher monte en puissance en siphonnant les lycées texans comme il l’avait fait avec ses Seminoles en Floride.

Mais alors comment Alabama réussi-t’elle à convaincre les meilleurs athlètes du pays de rejoindre ses rangs ? Comment le staff du Crimson Tide arrive-t’il à exploiter au mieux les capacités de ses joueurs ? Et comment les joueurs de Bama arrivent-ils à dominer physiquement leurs adversaires ?

Analyse d’un processus de recrutement qui a révolutionné le College Football : la méthode Saban.

Le « process » de Nick Saban se construit en cinq phases directement influencées par son travail au près de Bill Belichick et Bill Parcells.

Cette influence, de par son passé en NFL, a rendu l’entraineur d’Alabama méticuleux, méthodique et implacable dans tous les aspects de son processus de recrutement.

Une étude cyclique des besoins de l’effectif

Tout d’abord, le staff de Saban commence par une étude de son effectif actuel. Chaque poste et les groupes de joueurs qui les composent sont étudiés afin d’identifier les forces, les faiblesses et les besoins à venir pour les 2 ou 3 prochaines années.

Saban ne cherche pas à signer à tout prix les meilleurs prospects 5 étoiles disponibles. À l’image d’un Bill Belichick, il privilégie, au contraire, la compétitivité globale de son équipe et s’applique à assurer une solidité dans tous les compartiments de jeu de son effectif.

Le staff d’Alabama construit son recrutement en anticipant à chaque génération une grande vague de départ vers le NFL. La première étape du processus est donc d’identifier les postes prioritaires à combler dans l’effectif pour le recrutement des 2 à 3 prochaines années qui different selon les départs chaque saison sur une base d’un cycle de 5 ans.

Crédit photo : Joe Rimkus Jr./Miami Herald/MCT via Getty Images

Alabama: Une histoire de physique

Deuxièmement, et c’est peut être la plus grande différence avec les autres programmes NCAA c’est le « moule » mis en place par Saban.

« Nick Saban a une équipe NFL dans le championnat universitaire. C’est la 33ème franchise. » Coach LaBrian Stewart.

Si les générations d’Alabama sont toutes plus athlétiques et grandes les unes que les autres ce n’est pas un hasard. Le coach du Crimson Tide a établi en fonction des systèmes offensifs et défensifs pour chaque poste des pré-requis physiques qu’il juge nécessaire pour performer dans son système et prendre l’ascendant sur les autres programmes universitaires.

Ces normes physiques sont extrêmement précises et détaillées par Saban, elles sont évaluées par des critères physiques mesurables comme la taille, le poids ou encore la vitesse et l’agilité.

« La taille et le poids comptent beaucoup mais il ne faut pas négliger non plus la flexibilité de la cheville, du genou et de la hanche. C’est extrêmement important, car le football est un jeu de Stop and Start ». – Nick Saban.

Cette doctrine physique est telle que Saban préfère se priver d’un prospect lycéen mieux classé s’il ne répond pas à ses exigences anatomiques. Pour lui, le constat est simple: son système est ce qui se fait de plus proche avec le niveau professionnel dans le milieu universitaire et pour l’exploiter à plein régime, il nécessite de répondre à des critères physiques établis de par son expérience dans le championnat.

« Vous savez si Alabama prend un cornerback de moins d’1m80 il ferait mieux d’être aussi bon dans les autres domaines de jeu qu’il rencontre. Il y a des défenseurs qui peuvent très bien jouer dans le football universitaire. Ils peuvent être de grands joueurs et de grandes recrues, mais Saban n’en voudra pas car ils ne respectent peut-être pas la taille et le poids de l’Alabama. » – Curt Cignetti, coach de James Madison.

Cette philosophie déterminante dans le choix et l’approche de certaines recrues se reflette dans les chiffres. Si on étudie le physique des joueurs d’Alabama, en comparaison des autres équipes de la FBS, les joueurs de Saban sont systématiquement au-dessus de la moyenne. Les joueurs d’Alabama pèsent en moyenne 5 kgs de plus et sont 4 à 5cm au dessus la moyenne des 50 meilleurs prospects du pays.

L’évaluation mentale

La où son grand rival Urban Meyer a souvent été très critiqué pour le comportement de ses joueurs, Nick Saban lui en a fait une priorité. L’évaluation mentale de ses joueurs est primordiale dans le processus de recrutement pour le bien de son effectif et dans la formation physique de ses futurs athlètes. S’il est difficile de connaitre les techniques exactes employées par son staff pour évaluer le mental des recrues, certaines conditions ressortent.

Tout d’abord, ses futurs joueurs doivent être capables de démontrer une force mentale à toutes épreuves face à l’adversité par un contrôle totale de leurs émotions. Le conditionnement mental de l’équipe d’Alabama ne doit pas laisser de place au doute dans le jeu, et l’un des meilleurs exemples n’est autre que la dernière finale nationale. Alors que l’équipe était menée pendant une très grande partie de la finale, ceux sont les plus jeunes, et notamment certains freshmen, qui ont pris les responsabilités de l’équipe pour démontrer une force mentale à toutes épreuves et offrir un cinquième titre à l’Alabama.

Ces joueurs doivent également démontrer une éthique de travail irréprochable ainsi qu’un dévouement total au collectif. La bataille au poste de quarterback entre le finaliste du Heisman Tua Tagovailoa et le titulaire du poste en 2016/2017, Jalen Hurts, en est encore un autre exemple.

Avec un Crimson Tide mené au score en finale, Tua Tagovailoa vole le poste de titulaire à Jalen Hurts et mène son équipe au titre. Après le match Jalen Hurts pourtant titulaire du poste depuis 2 ans puis mis sur le banc en pleine finale déclare son admiration en pleure pour son coéquipier qui vient de lui prendre son statut de titulaire. La saison suivante alors même que Jalen Hurts peut demander d’être transféré ayant perdu son poste comme Kelly Bryant, Joe Burrow ou encore Justin Fields, il décide de rester sur le campus. Nick Saban arrive à le convaincre de rester et de continuer à travailler chaque jour pour une équipe qui n’a plus besoin de lui aujourd’hui après l’avoir servi pendant 2 ans. Quelques mois plus tard, en finale de conférence face à ce même Georgia qui lui avait fait perdre son statut de titulaire, il rentre en jeu à la place d’un… Tua Tagovailoa malmené et il répond au défi de façon exemplaire en conduisant son équipe à la victoire.

Crédit photo : Getyy Images

Ces nombreux exemples illustrent l’importance accordée à l’éthique de travail de ses joueurs. La formation du programme est semblable à la plupart des minicamps rookies de la NFL, le programme de l’Alabama est une véritable plaque tournante pour le développement de la force mentale.

C’est ce qui sépare Saban et son programme du peloton universitaire. Pour identifier les joueurs capables d’assimiler les schémas de jeu complexes d’Alabama et capables de se dévouer à l’équipe, Saban prône cette approche très tôt auprès de recrues. Les scouts du Crimson Tide sont envoyées le plus tôt possible dans les équipes lycéennes à travers tout le pays pour identifier leur perle rare et établir un contact solide pour les évaluer dans le temps.

« Si vous avez le physique recherché et que vous êtes capable et prêt mentalement à travailler dur alors Nick est confiant. Car il sait qu’il a le matériel physique et mental pour développer le gamin au maximum de son potentiel dans le système de Bama. C’est ce que nous nous appliquons de faire à Georgia. » Kirby Smart.

Le processus de recrutement, le fordisme du Crimson Tide

Une fois avoir analysé les besoins de l’effectif et identifié les recrues potentielles sélectionnées selon certains critères physiques et mentaux, Saban met en place une sorte de fordisme footballistique.

Saban divise le travail d’évaluation en le hiérarchisant et le répartissant à travers tout son staff pour trouver les joueurs correspondants à ses directives.

Des centaines d’heures de videos et de statistiques sont analysées, remontées et re-visionnées par chaque membre du staff. Chaque joueur potentiel fait l’objet d’un dossier d’analyse par l’entraîneur de secteur qui l’examine en premier, puis le transmet à l’entraîneur de la position, puis au coordinateur et enfin à Saban.

L’ultra-information et autres techniques d’influences

Enfin la dernière étape du processus et pas des moindres : l’information.

Le recrutement n’est pas une science mais une drague. Une drague entre un programme sportif et un athlète. Chacun y voit son intérêt à plus ou moins grandes échelles. Les universités américaines possèdent des programmes sportifs avec d’énormes financements et tous les moyens sont permis pour séduire les jeunes athlètes. S’il est certes interdit d’offrir des cadeaux aux futurs joueurs pour éviter des pratiques « clientélistes », les universités cherchent à séduire à travers leurs infrastructures, leurs équipements, leurs marques.

Mais pour Saban ça ne suffit pas. Toutes les plus grandes équipes universitaires ont plus ou moins les mêmes moyens. Il faut donc miser sur un autre aspect : l’ultra-information.

Le staff d’ Alabama cherche en permanence à s’informer sur ces recrues tant convoités. Le but est d’établir le lien le plus solide possible avec eux et de personnaliser leurs relations de façon à toucher le coeur des jeunes joueurs et non pas de se sentir comme un athlète de plus empilé dans ce programme sportif.

Alabama se renseigne de façon perpétuelle sur les joueurs pris pour cibles. Le staff cherche ainsi à savoir ce qui est important pour chaque recrue. Qui sont-ils ? S’agit-il d’un bon élève ? S’agit-il d’un étudiant du jeu ? Aiment-ils le football ou tout simplement porter l’uniforme ? Ont-ils été sur le campus ? Ont-ils un lien avec l’Alabama ou un membre de la famille a-t-il fréquenté l’école ? Qui est leur famille ? Leur père est-il présent ? Cela va même jusqu’à connaitre leurs marques de chewing gum préférés.

Au cours d’un cycle de recrutement, le personnel se réunit environ quatre fois par semaine entre les mois de février et août pour discuter du comité de recrutement. Le tableau de recrutement bouge en permanence en fonction des informations positives ou négatives découvertes par l’équipe. Tous les membres de l’équipe de Saban doivent connaître par coeur les informations recueillies sur chaque joueur même s’ils ne correspondant pas à leurs secteurs de jeu.

Cette philosophie a été particulièrement reprise par Clemson et son entraineur chef Dabo Swinney, le résultat ? Clemson va participer pour la 4ème fois de suite au College Football Playoffs et signe depuis l’arrivée de Dabo certaines des meilleurs classes de recrutement du pays.

« J’appelle cela la recherche incessante d’informations et de communications. C’est aussi complet que possible et ça ne s’arrête jamais. » – Kevin Steele, coordinateur défensif de Saban en Alabama pendant deux ans, avant de passer à Clemson, LSU et aujourd’hui Auburn.

Dabo Swinney a repris le programme de Clemson en 2009, et l’une des premières choses qu’il a faites a été d’appliquer les mêmes philosophies de recrutement que le Crimson Tide.

On peut également noter les habitudes et les déplacements de Saban en personne chez les prospects. Le coach du Crimson Tide n’hésite pas à se rendre sur place pour établir un contact en personne avec la recrue. Son aura de coach légendaire universitaire se rendant au domicile familiale des jeunes joueurs n’est pas à négliger. Il n’hésite pas à commenter fréquemment les rideaux et autres meubles du domicile d’une recrue, ce qui à tendance à le rendre généralement dingue auprès des mères.

Crédit photo : USA Today

De plus, Saban se déplace systématiquement habillé de costumes taillés sur-mesures chez un grand couturier de Miami alors même que la plus part des coach restent quotidiennement en survêtement. Cela peut paraître anodin mais, pour lui, ce détail pèse quand on sait que la très grande majorité des athlètes sont issus de milieu populaires et peuvent se laisser impressionner par un homme en costume trois pièces qui présente un plan d’avenir pour leur fils.

Saban explique aux recrues exactement ce qu’il a en tête pour l’équipe et leur fournit une vision détaillée de leur avenir.

Si Alabama domine le football universitaire depuis des années, que les anciens assistants de Nick Saban peuplent les programmes sportifs des plus prestigieuses universités américaines et que son équipe tentera de décrocher dans quelques semaines un sixième titre national tout ceci n’est pas le fruit de la chance ou d’une science mais d’une méthode bien élaborée Construite et travaillée au cours de ses années d’expérience, elle s’articule donc à travers une étude cyclique des besoins de l’effectif, l’établissement de normes physiques propres aux systèmes de jeu et une place primordiale accordée à la formation mentale. Une fois ces critères réunis, Alabama et son staff travaillent à évaluer et séduire leurs meilleurs recrues à travers une campagne d’ultra-information et de communication savamment orchestrée.

Si la plupart des gens qui réussissent trouvent une formule qui convient à leur vie et l’applique au quotidien, Saban lui, en a fait celle du Crimson Tide.

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Portrait

Ramogi Huma, défenseur des étudiants-athlètes

Il fait partie de ces individus qui essaient de changer le visage du sport universitaire aux Etats-Unis. Président et co-fondateur de la College Athletes Players Association, il se bat pour défendre les droits des étudiants-athlètes : Ramogi Huma.

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Il fait partie de ces individus qui essaient de changer le visage du sport universitaire aux Etats-Unis. Président et co-fondateur de la College Athletes Players Association, il se bat pour défendre les droits des étudiants-athlètes. Son père est originaire de la même tribu kenyane que le père de Barack Obama. TIME lui a consacré une page dans son dossier consacré à la nouvelle génération de leaders noirs aux Etats-Unis.

Au cours des 15 années passées à défendre les droits des athlètes universitaires, Ramogi Huga, ancien linebacker de UCLA, a entendu tous les mauvais contes possibles : le gamin qui se blesse, qui perd sa bourse d’étude, qui échoue à obtenir son diplôme et qui reste coincé avec des factures médicales ; le sportif persécuté par la NCAA pour une question de menue monnaie quand ses entraîneurs gagnent des millions. « C’est difficile de s’apercevoir à quel point ces joueurs sont pauvres, » explique Huma, âgé de 37 ans. « Mais ça décuple ma motivation. Parce que ça ne doit pas se passer comme ça. »

Une bourse sportive est toujours une aubaine. Mais pour de nombreux athlètes universitaires, ce n’en est plus une. Tandis que les universités, les entraîneurs et les chaînes de télévision capitalisent de plus en plus d’argent sur le dos des joueurs de football et de basketball, une forme de consensus a émergé : les sportifs méritent un peu plus pour s’en sortir, au minimum.

Huma a joué un rôle clé pour élaborer un soutien public et obtenir un dédommagement historique en faveur des athlètes universitaires. Il a contribué à enrôler des plaignants pour le recours collectif à l’initiative d’Ed O’Bannon, ancien joueur de basketball à UCLA, qui plaidait pour que les joueurs de football universitaire et de basketball masculin soient dédommagés pour l’utilisation de leur image. Le résultat : en août dernier, un juge fédéral a déclaré que les universités pourraient mettre en place des contrats pour les athlètes. La NCAA a fait appel de cette décision.

Au début de l’année 2014, Huma a conduit le mouvement pour syndiquer les joueurs de football de Northwestern. Une antenne régionale du National Labor Relations Board (NLRB) a prononcé que les joueurs agissaient effectivement comme des employés d’université et qu’ils méritaient un siège à la table des négociations. Quelques mois plus tard, le conseil d’administration de la NCAA a donné aux conférences majeures l’autonomie d’offrir des primes aux joueurs. « Rien de tout ça ne serait arrivé sans Ramogi, » explique Tim Waters, directeur politique national de l’union United Steelworkers, qui a contribué à financer le travail de Huma. « Purement et simplement. »

Huma, qui a grandi dans les environs de Los Angeles, ne s’était jamais imaginé devenir le Norma Rae des sportifs universitaires. Mais après que la NCAA ait suspendu pour un match un de ses équipiers affamé car il avait accepté des provisions pour une valeur de 150 dollars (tandis que l’université vendait son maillot dans sa boutique), l’hypocrisie du sport universitaire l’a révolté. Son style pondéré et non conflictuel l’a constamment fait triompher de ses opposants. « Je peux simplement ressentir que nous sommes du bon côté de la discussion, » justifie Huma. « Le bon côté de l’Histoire. »

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Portrait

Harvard, des bancs de l’école aux terrains de football

Tout près de réussir une saison historique à l’heure du choc face au rival Yale, le programme de football à Harvard s’est lentement imposé comme l’un des meilleurs programmes de Football Championship Subdivision (FCS), l’antichambre du Football Bowl Subdivision (FBS) en Division I.

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Tout près de réussir une saison historique à l’heure du choc face au rival Yale, le programme de football à Harvard s’est lentement imposé comme l’un des meilleurs programmes de Football Championship Subdivision (FCS), l’antichambre du Football Bowl Subdivision (FBS) en Division I.

Considérée et réputée comme la meilleure université du monde, la prestigieuse Harvard University se fait remarquer de plus en plus dans les milieux sportifs. Ces dernières années, son programme de basketball masculin a souvent été cité dans les médias, notamment au sujet de la « Linsanity », ce phénomène de mode autour du joueur professionnel Jeremy Lin, alors aux New York Knicks et aujourd’hui aux Los Angeles Lakers. Harvard, alma mater du joueur d’origine asiatique, s’est aussi illustré ces trois dernières années en remportant chaque saison le titre de conférence Ivy League, qui regroupe les huit universités historiquement les plus prestigieuses des Etats Unis (Brown, Columbia, Cornell, Dartmouth, Harvard, Princeton, Pennsylvania et Yale). L’équipe de coach Tommy Amaker a également participé trois fois consécutives à la fameuse March Madness, le tournoi de basketball masculin pour remporter le titre de champion national, et a passé un tour lors de ses deux dernières participations.

Si au basketball Harvard affronte régulièrement certaines des meilleures équipes du pays, ce qui lui a permis d’être classé dans le top 25 national à plusieurs reprises ces dernières années, il en va tout autrement au football. Cantonné à la sous-division FCS, la petite sœur en Division I de la toute-puissante FBS, le Crimson se contente de rencontrer des adversaires plus modestes et à sa portée. Même si, aujourd’hui, Harvard semble désormais en mesure de pouvoir faire beaucoup mieux.

Interrogé par le Wall Street Journal, le quarterback du Crimson, Connor Hempel, estime que son équipe pourrait se mesurer à des équipes du bas de tableau de la FBS et espérer l’emporter. Et pour cause, Harvard semble sur une pente ascendante historique. La conjoncture actuelle dans la conférence Ivy League, et a fortiori à Harvard, se montre en faveur du développement des programmes sportifs. Si les huit écoles de la Ivy League ont toujours refusé de distribuer des bourses d’étude aux étudiants-athlètes, privilégiant l’aspect académique et favorisant les potentiels élèves avec des difficultés financières, l’évolution du système ces dernières années a permis aux sportifs de profiter bien plus de la générosité de ces universités que par le passé.

Aujourd’hui, toujours d’après le Wall Street Journal, environ 60% des étudiants à Harvard bénéficient d’une aide financière considérable tandis que 20% profitent d’une gratuité totale. La récente politique de l’université en matière de bourses s’étend aujourd’hui aux étudiants-athlètes, qui viennent de tout le pays. Ce qui a permis au programme de football de recruter des prospects bien plus talentueux sur le plan sportif, bien que l’aspect académique ne soit pas éludé. Désormais munis de la perspective d’obtenir un diplôme au sein de l’une des universités les plus prestigieuses au monde, tout en profitant d’une aide financière partielle ou complète, de nombreux joueurs choisissent de rejoindre Harvard.

Il existe encore peu de joueurs provenant de la conférence Ivy League en NFL, même si l’on en compte certains notables comme le quarterback Ryan Fitzpatrick des Houston Texans ou le fullback Kyle Juszczyk des Baltimore Ravens, tous deux anciens joueurs du Crimson. La tendance pourrait s’inverser, puisque Harvard compte notamment plusieurs prospects suivis par des scouts de la Ligue au sein de son effectif.

En outre, si les équipes de football issues de la Ivy League ne prenaient pas part aux rencontres de post-saison auparavant, en raison de la période dédiée aux examens, le nouveau système de playoffs à vingt-quatre équipes pour désigner un champion national en FCS devrait permettre aux meilleurs de la conférence, tels Harvard, Yale et Dartmouth cette année, de se mêler à la lutte. Avec même des chances de victoire finale grâce aux récents progrès de ces programmes de football.

Cette saison, le Crimson de Harvard est invaincu avant d’affronter l’un de ses plus grands rivaux, les Bulldogs de Yale. Avec six victoires en conférence, et trois de plus face à d’autres programmes FCS, les hommes du coach Tim Murphy n’ont jamais été inquiété et ils profitent de la meilleure défense de la Ivy League pour écraser la plupart de leurs adversaires. En face, Yale possède la meilleure attaque, portée par le running back Tyler Varga, qui a inscrit vingt touchdowns cette saison en l’espace de neuf rencontres. Un match qui s’annonce explosif, et ce pour d’autres raisons que le simple aspect sportif.

En effet, outre le fait d’être l’une des plus anciennes rivalités du college football, cette rencontre entre Harvard et Yale marque l’anniversaire des dix ans de l’une des farces les plus connues et les plus brillantes de l’histoire du football universitaire. En 2004, un groupe de faux étudiants de Harvard avait réussi à faire lever des panneaux à mille huit-cents supporters du Crimson, leur laissant croire que le message ainsi constitué par la tribune formerait les mots « go Harvard » (« allez Harvard ») alors qu’il affichait finalement « we suck » (« on craint »). Malgré une victoire 35-3 pour le Crimson, les supporters de Harvard ne se sont jamais remis de cette offense.

Le Business Insider est allé à la rencontre des deux anciens étudiants de Yale à l’origine de cette farce, Mike Kai et David Aulicino, qui ont détaillé le long processus de ce gag. Si l’idée de base est venue d’une conversation farfelue, elle a ensuite fait son chemin et le « Harvard Pep Squad » a été créé pour mener à bien la farce, jusqu’à obtenir l’accès à la tribune des supporters de Harvard pour leur distribuer les panneaux de carton à soulever pour former le message. Avec un budget de sept cent cinquante dollars, Kai et Aulicino ont finalement largement rémunéré leur coup avec une vente de posters d’une photographie de la tribune affichant le message tronqué, et ont fait don des bénéfices à des œuvres caritatives.

Alors que ce week-end ne propose pas de grandes affiches, si ce n’est la rivalité entre USC et UCLA pour la suprématie de Los Angeles et de la division South de la conférence Pac-12, la fameuse troupe du ESPN College GameDay a choisi de se rendre à Cambridge, dans le Massachusetts, pour couvrir l’événement de cette rencontre entre Harvard et Yale. Avec à la clé le titre de conférence et une saison sans défaite pour le Crimson, ou le partage de la suprématie de la Ivy League entre les deux rivaux. Et peut être une revanche en tribunes pour les supporters locaux, après dix ans d’amertume.

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