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USC Trojans

Ed Orgeron doit-il être nommé head coach à USC ?

Alors que coach Ed Orgeron a permis la renaissance des Trojans de USC, une question se pose : Doit-il être nommé head coach ?

Au lendemain de la victoire face à Stanford, alors que l’agitation et l’euphorie ne sont toujours pas retombées, des dizaines de milliers de voix s’élèvent aussi tonitruantes que les mêmes dizaines de milliers de supporters qui se sont abattus sur le terrain à la fin de la rencontre contre le Cardinal ; « Hire Coach O », nouveau slogan de la nation cardinale et or qui sort enfin d’une torpeur prolongée.

L’homme à la tête de ce réveil, béquille du programme de football d’USC suite au renvoi fracassant de Lane Kiffin, s’est mué en phénix pour faire renaître une équipe bancale de ses cendres. Ed Orgeron a ravivé la flamme dans les yeux des joueurs avant d’embraser définitivement le public du Coliseum.

Qui est Ed Orgeron ?

Originaire de Louisiane, ancien defensive lineman à Northwestern State (il demande son transfert de Louisiana State après seulement un entraînement), Ed Orgeron se dirige naturellement vers le coaching dès la fin de son cursus universitaire.

C’est à Miami (FL) qu’il obtient son véritable premier poste important en tant que coach de la ligne défensive, en 1988. Il coache notamment le futur NFL Hall of Famer Warren Sapp et participe aux deux titres nationaux des Hurricanes en 1989 et 1991.  Orgeron est très apprécié des joueurs et il montre déjà des dispositions pour le recrutement en permettant notamment à The U de signer Dwayne Johnson, connu plus particulièrement en tant que catcheur puis acteur de cinéma sous le pseudonyme « The Rock ».

Ed Orgeron essuie plusieurs plaintes pour violences et il décide de quitter Miami (FL) en 1992 afin de remettre de l’ordre dans sa vie. Avec l’aide de son père, il y parvient et revient au coaching en 1994. Il débarque à USC en 1998 alors que le nouvel entraîneur Paul Hackett l’engage comme DL coach. Il est conservé dans le staff à l’arrivée de Pete Carroll en 2000, suite au renvoi de Hackett. Orgeron participe aux campagnes victorieuses des Trojans dont deux titres nationaux en 2003 et 2004. Il rejoint Ole Miss en 2005 en tant que head coach mais il est renvoyé au bout de trois saisons et un bilan médiocre de dix victoires pour vingt-cinq défaites.

Après une petite saison en NFL aux New Orleans Saints en tant que coach de la ligne défensive, Ed Orgeron accepte de rejoindre Lane Kiffin à Tennessee en tant qu’associate head coach, recruiting coordinator et DL coach. Il suit son partenaire à USC en 2010 et occupe les mêmes fonctions jusqu’à cette saison où il a pris la suite de Kiffin en tant qu’interim head coach depuis quelques semaines pour un bilan actuel de cinq victoires et une défaite.

Coach O est également connu pour avoir tenu son propre rôle de coach des Rebels d’Ole Miss à l’écran dans le célèbre film The Blind Side, qui retrace l’ascension de Michael Oher en tant que joueur de football.

Non.

USC cherche un nom ronflant. Par exemple, Kevin Sumlin, head coach de Texas A&M, seule équipe à avoir battu Alabama sur les deux dernières saisons. Sumlin a également dirigé son quarterback Johnny Manziel vers le Heisman Trophy l’an dernier et il se distingue par son agressivité offensive. Un bon renfort associé à Clancy Pendergast et Ed Orgeron qui s’occuperaient quant à eux de la défense.

On sait également que Pat Haden est allé à la rencontre de Jack Del Rio, head coach intérimaire des Denver Broncos, pour un entretien pour le job. Del Rio devrait retrouver sa fonction de coordinateur défensif l’an prochain s’il reste en NFL et il n’a pas fermé la porte à l’opportunité de diriger le programme de football d’USC, son alma mater.

Chris Petersen est l’autre candidat le plus sérieux. Le coach de Boise State a fait de son équipe un programme de football solide et il pourrait booster l’attaque des Trojans.

La précédente expérience de head coaching d’Ed Orgeron ne plaide pas en sa faveur. Renvoyé d’Ole Miss après trois années à la tête des Rebels pour un bilan de 10-25 (3-21 dans la conférence SEC), Coach O n’avait pas su relever un programme en difficulté et le recrutement, son point fort, n’était pas à la hauteur des attentes.

Orgeron avait gravi les échelons à USC, passant de simple coach de la ligne défensive à la fonction supplémentaire de recruiting coordinator avec l’arrivée de Pete Carroll, puis finalement assistant coach un an avant de rejoindre Mississippi, avec le succès que l’on sait pour USC entre 2002 et 2005.

Oui.

Tout le monde aime Coach O. Les joueurs, les coaches, les supporters, les médias, les adversaires et surtout les recrues. Malgré l’adversité cette saison (renvoi de Kiffin, profondeur d’effectif limitée et joueurs clés blessés), Ed Orgeron a su insuffler l’énergie nécessaire à cette équipe pour l’amener à un bilan de cinq victoires et une défaite (pour deux field goals manqués, face à Notre Dame). Le coach intérimaire a ramené à la vie le jeu dur et physique, à l’ancienne, traditionnel des Trojans, comme les grands coaches de légende d’USC McKay, Robinson et Carroll.

Ed Orgeron est l’anti-Kiffin ; passionné, enthousiaste, dynamique et qui n’hésite pas à afficher ses émotions. Avec lui on se croirait revenu à l’époque, pas si lointaine, de Pete Carroll, quand les joueurs prenaient du plaisir et se battaient bec et ongles sur le terrain. Plusieurs joueurs, notamment le quarterback titulaire Cody Kessler et le meilleur linebacker de l’équipe Hayes Pullard, se sont déclarés prêts à partir en guerre ou à se jeter à travers un mur de briques au nom d’Ed Orgeron. On ne leur demandera évidemment pas de le faire mais cette détermination prouve que les joueurs sont prêts à suivre leur mentor jusqu’en Enfer et qu’ils donneront tout pour lui et par extension pour l’équipe ; « One team, one heartbeat ».

Il sait déléguer les tâches, à l’inverse de Lane Kiffin qui tenait coûte que coûte à s’occuper du play-calling. Ed Orgeron a confié les rênes de l’attaque à Clay Helton, coach des quarterbacks et donc coordinateur offensif, ainsi qu’à Tommy Robinson, coach des running backs. Et le fait est que l’animation offensive s’en porte beaucoup mieux, comme on a pu le voir face à California ou lors de la victoire démonstrative contre Stanford, l’une des meilleures défenses du pays. Dans le même temps Clancy Pendergast reste en charge de la défense et John Baxter des special teams. Coach O est comme un chef d’entreprise qui dispose d’un directeur pour chaque secteur et qui se concentre sur son rôle : motiver les troupes.

Alors oui ou non ?

C’est la question à six millions de dollars, le salaire qu’est prêt à offrir Pat Haden à son futur head coach, et c’est difficile à dire pour l’instant. Coach O a forcément marqué des points précieux avec la victoire face à Stanford mais même en cas de victoire face à Colorado puis UCLA et une participation miraculeuse à un bowl BCS, il ne serait pas assuré d’être conservé à la tête du programme. Il semble cependant évident que des offres de coaching lui soient faites dans un tel scénario et que Orgeron soit tenté d’aller voir ailleurs, où on lui ferait confiance. Et rien ne garantit le succès de coaches comme Sumlin, Gruden, Del Rio ou Petersen à USC. Les Trojans n’ont pas besoin de reconstruire mais seulement de maximiser le potentiel de l’équipe actuelle et Coach O a su le faire avec brio jusqu’ici. Il tient le vestiaire dans une main et les supporters dans l’autre. Pat Haden voit sa future décision rendue chaque semaine plus difficile par les résultats impressionnants de celui qu’il a nommé coach intérimaire et qui pourrait voir son bail prolongé, contre toute attente. Fight On, Coach O !

Taulier du blog USC Trojans FR pendant quelques années, Loïc Baruteu aka Bartholomeo a rejoint définitivement l'équipe de The Blue Pennant en septembre 2013 après plusieurs collaborations fructueuses.

3 Commentaires

3 Comments

  1. yacine

    20 novembre 2013 à 21h48

    Sympa l’article beau boulot ! 😉

    Perso ma réponse serait OUI, simplement parce qu’il a redonné de l’envie et du fighting spirit à ses joueurs qui sont prêts à tout pour coach O (comme tu le dis). Avoir l’équipe à feu derrière soi, une bonne gestion du coaching staff, et remettre le programme sur pieds en si peu de temps après un début de saison combiné à la fin de saison catastrophique de l’année dernière il faut lui donner du mérite.
    Avoir un nom ronflant, c’est beau (mais il faut raquer par contre…pas étonnant que Pat Haden a directement déclaré le salaire de 6 millions) mais ça fait pas tout

    • Loïc Baruteu

      20 novembre 2013 à 22h59

      A ce stade de la saison, je pense que Pat Haden n’aurait pas d’autre choix que de l’engager. Orgeron a fait du super boulot, les joueurs l’adorent et il peut recruter des top prospects, comme il l’a prouvé il y a quelques jours en piquant une recrue à Alabama. En plus si un autre head coach arrive, c’est presque certain qu’Orgeron s’en va. Ça va dépendre de la fin de saison des Trojans maintenant.

  2. Verchain

    21 novembre 2013 à 09h50

    Une participation des Trojans à un bowl BCS tiendrait vraiment du miracle… Battre successivement Colorado et UCLA en comptant sur deux défaitees des Sun Devils d’ASU… Miraculeux, oui…

    L’histoire ne plaide pas non plus en faveur de coach O. Des intérimaires titularisés qui voient leur boulot partir en torche, il y en a un paquet… Dabo Swinney, de mémoire, a réussi… Mais un Larry Coker à Miami par exemple, c’est une autre histoire…

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