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California Golden Bears

California, retour au premier plan ?

Toujours invaincus en 2015, les Golden Bears de California sont-il de retour parmi j’élite de la conférence Pac-12 ? Élements de réponse.

Après seulement cinq semaines de College Football, cette saison réserve déjà quelques surprises : à l’Ouest, du côté de la Pac-12, que plusieurs observateurs voyaient détrôner la SEC comme nouvelle « superconférence » du football universitaire, les deux seuls programmes encore invaincus sont pour le moins surprenants : Utah et… California !

Au sud, point de Los Angeles malgré les grosses cotes des deux universités de la ville (UCLA, USC) en début de saison, mais une épatante équipe d’Utah. Au nord, territoire dominé par Oregon et Stanford depuis des années, un autre invité surprise avec les Golden Bears de California. Hasard du calendrier, ces deux équipes se rencontrent ce week-end constituant un improbable choc au sommet de la conférence Pas-12 entre deux programmes que personne n’attendait là il y a encore quelques semaines.

Intéressons nous à « l’autre » programme de la baie de San Francisco, grand rival de Stanford, qui rejoue de nouveau les premiers rôles après quelques saisons pour le moins difficiles : California. Domiciliée dans le superbe Memorial Stadium (62 467 places) sur le prestigieux campus de Berkeley, les Golden Bears comptent tout de même 5 titres de champion national (1920, 1921, 1922, 1923, 1937).

QB Aaron Rodgers, ex-Cal

Après une longue traversée du désert à la fin du siècle dernier, California a connu une période de succès au milieu des années 2000 sous la houlette de coach Jeff Tedford, dont une mémorable saison 2004 (10-2) avec un certain… QB Aaron Rodgers à la baguette. Les résultats n’étant plus aussi bons après 2008, Tedford sera remercié fin 2012 et remplacé par Sonny Dykes (ex-Louisiana Tech) qui dirige l’équipe depuis.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le programme est reparti de zéro après une saison 2013 catastrophique (1-11), la pire de l’histoire des Golden Bears, au cours de laquelle l’équipe ne parviendra pas à battre un seul programme FBS, une première depuis 1886 et le début du football américain sur le campus de Berkeley. Seul point positif de cette saison noire : l’éclosion du freshman QB Jared Goff. Joueur à l’énorme potentiel, il redonnait alors un peu d’espoir aux fans pour les années futures. La saison 2014 allait confirmer le redressement des Bears : une équipe en nets progrès, avec une attaque explosive… mais surtout une véritable défense passoire qui allait ruiner tous les espoirs du programme de se mêler dans la course au titre de champion de la division Pac-12 North (fiche de 5-7).

Puis arrive ce début de saison 2015. Désormais junior, QB Jared Goff incarne parfaitement les nouvelles ambitions d’un programme de Berkeley qui veut maintenant lutter pour le titre de conférence. Certainement l’un des tous meilleurs quarterbacks du pays (1630 yards à la passe, 15 TD, 4 INT) et scruté de près par les scouts NFL, il pourrait même devenir un sérieux candidat au Heisman Trophy 2015.

Certes, le calendrier de début de saison des Golden Bears n’a rien eu d’impressionnant : un énorme « cupcake » contre Grambling State (FCS, 73-14), des victoires hors conférence contre San Diego State et Texas, puis deux succès en match de conférence contre le fond de la classe (Washington et Washington State). Mais quand même : le programme n’avait pas connu un tel début de saison depuis 2007, et s’offre même le luxe d’être classé dans l’AP Top 25 pour la première fois depuis 2009. Cerise sur le gâteau, Goff vient de battre le record de l’université pour le nombre de passes de TD (65) et certains observateurs osent même la comparaison avec son illustre prédécesseur devenu depuis le meilleur joueur de football de la galaxie (Aaron Rodgers, of course).

QB Jared Goff, California

Si Goff demeure bien entendu l’atout numéro un des Golden Bears, il dispose de bons éléments autour de lui. Pas de coureur vedette mais une rotation efficace entre RB Vic Enwere (257 yards au sol, 5 TD) qui porte la plupart des ballons, RB Khalfani Muhammad (350 yards, 1 TD) et RB Daniel Lasco (159 yards, 2 TD). Le corps de receveurs est aussi bien fourni et emmené par un WR Kenny Lawler (399 yards, 8 TD) auteur d’un excellent début d’exercice. Cette attaque est donc particulièrement bien dotée et devrait continuer à faire tourner les compteurs jusqu’à la fin de la saison.

Si l’équipe veut continuer à gagner des matchs et jouer les premiers rôles, ce sera plutôt du côté de la défense qu’il faudra regarder. Talon d’Achille du programme depuis plusieurs années, encore très fébrile contre les Longhorns de Texas (victoire 45-44), cette escouade devra prouver contre des adversaires autrement plus coriaces qu’elle a réellement progressé. Et lorsqu’on regarde le calendrier des Bears, plus de doute possible : les choses sérieuses commencent ce week-end. Après le périlleux déplacement à Utah, l’équipe ira du côté de UCLA, avant de recevoir USC puis de se déplacer à Oregon ! Et après tout cela, il faudra encore se déplacer à Stanford pour « Big Game » pour l’avant-dernier match de la saison régulière.

California est sans doute capable de faire jeu égal avec les meilleurs programmes de la conférence, en particulier grâce à son attaque de feu emmenée par le prodigieux QB Jared Goff, mais ce sera sa défense qui devra se mettre au niveau pour espérer continuer de jouer les premiers rôles et de concrétiser son statut de « surprise de début de saison » en « révélation de l’année ». Premiers éléments de réponse dès ce week-end dans l’Utah.

PS : A noter lorsque l’on parle du programme de Berkeley, la surprenante capacité d’un programme universitaire considéré comme « moyen » à sortir des joueurs qui deviennent de véritables vedettes dans la ligue professionnelle. Outre Aaron Rodgers (QB, Green Bay Packers), on peut également citer Marshawn Lynch (RB, Seattle Seahawks), Tony Gonzalez (TE, Kansas City Chiefs puis Atlanta Falcons, retraité depuis 2013), DeSean Jackson (WR, Washington Redskins) ou encore Keenan Allen (WR, San Diego Chargers).

Passionné de football depuis une quinzaine d'années, il est propriétaire des Packers de Green Bay (NFL) et a un petit faible pour les Golden Bears de Californie depuis son passage au Memorial Stadium en 2012. Suivant tout particulièrement la Pac 12 et la Big 10, il rejoint l'équipe de rédacteurs de The Blue Pennant à l'automne 2014.

6 Commentaires

6 Comments

  1. pep

    7 octobre 2015 à 21h06

    « Certes, le calendrier de début de saison des Golden Bears n’a rien eu d’impressionnant  »
    Tout est dit: c’est à partir de maintenant que tout se joue pour Cal et surtout qu’on verra ce que cette équipe et Jared Goff a dans le ventre! Perso, pour l’instant, je demande à voir…

  2. Verchain

    8 octobre 2015 à 15h04

    Une défaite éventuelle à Utah ne serait pas une croix définitive sur les ambitions de Cal en Pac12 North non plus… Donc, gros test cette semaine, mais il restera Oregon et Stanford… In Jared Goff we trust !

  3. louvressac

    8 octobre 2015 à 16h05

    historiquement l’université de cal berkeley est une (et c’est un euphémisme) des meilleures fac américaine en ce qui concerne le rugby avec quelque chose comme 25 titres de champions nationaux depuis 1980… les petits génies des golden bears préferent ils jouer taloneur ou pillier au que nose guard ou defensive end ? est ce une des raisons du relatif effacement de l’équipe de foot depuis tout ce temps ?

  4. Verchain

    8 octobre 2015 à 18h58

    Je ne suis pas spécialiste comme notre ami Tuzz de la fac de Berkeley, mais il me semble bien qu’ils doivent avoir une politique de recrutement limitée par plusieurs facteurs, et notamment le niveau scolaire demandé.

    C’est la 20° fac classée par US News Report, et dans les facs FBS il y a juste Stanford (4), Duke (8), Northwestern (12), Vanderbilt (15), Notre Dame et Rice (18 ex aqueo). Cela fait qu’il reste 121 facs autres derrière Cal-Berkeley… (BYU est 66°, rien que pour toi…) (Miami est 51°, juste pour moi, juste devant Ohio State, Florida est 47°, FSU 96°, comme Alabama, Auburn est encore pire).

    Pas vraiment des powerhouses historiques (hormis ND), même si Stanford sous Harbaugh avait eu une politique de recrutement national de types assez doués scolairement pour intégrer à qui ils pouvaient vendre le fait que si ça ne marchait pas dans le foot pro, ils auraient toujours un putain de diplôme qui vaudrait quelque chose sur le marché. Stanford, en plus, n’est pas si loin géographiquement, et un peu mieux cotée, ce qui ne facilite pas les choses. Les athlètes médiocres ou débiles scolairement vont à UCLA ou USC (j’entends déjà hurler les fans des Trojans…) ou Oregon.

    Dieu avait du passer par un Junior College avant d’intégrer les Bears, il me semble…

  5. Tuzzz

    9 octobre 2015 à 12h07

    Exact pour Dieu (Amen), il a joué un an en Junior College (Butte Community College) avant d’être remarqué par Jeff Tedford et d’intégrer Berkeley. Loué soit notre divin Maître.

    Pour l’université, je ne sais pas exactement quelles sont les conditions de recrutement, mais il est certain qu’il faut tout de même faire preuve d’un minimum de capacité cérébrale pour avoir le droit de l’intégrer. Il faut dire que le niveau est pas dégueu: 72 prix Nobel (dont 30 anciens étudiants), 7 médailles Fields (dont 3 anciens étudiants), 20 Oscars, 11 prix Pulitzer, entre autres…Dans le top 4 du classement de Shangai depuis plus de 10 ans, juste derrière Stanford. Je pense effectivement que la fac souffre de la concurrence de Stanford qui est mieux classée au niveau académique ET au niveau sportif depuis maintenant quelques années, pour une situation géographique très proche, à deux pas de la ville la plus cool de la planète.

  6. Verchain

    9 octobre 2015 à 14h02

    La plus gaie de la planète, tu veux dire (not that there’s anything wrong with that)…

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