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[CFP National Championship 2019] Le face-à-face à chaque poste

A quelques heures du choc entre #1 Alabama et #2 Clemson à l’occasion du CFP National Championship Game 2019, tour d’horizon des forces en présence à chaque poste.

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C’est devenu un classique de la nouvelle ère du College Football ! #1 Alabama et #2 Clemson se retrouvent pour la quatrième fois de suite en playoffs, la troisième fois lors de la finale nationale.

Et comme souvent, les Tigers feront figure d’outsiders au moment de croiser la route du Tide. Est-ce justifié ? Élément de réponse, avec les face-à-faces, poste par poste, pour les deux programmes.

Quarterbacks

Alabama : Ces dernières années, Alabama arrivait en finale nationale avec des interrogations au poste de quarterback. Cette saison ne fera pas exception à la règle, mais pour des raisons différentes. Deuxième du dernier vote pour le Heisman Trophy, derrière Kyler Murray, QB Tua Tagovailoa a surfé sur sa passe victorieuse lors du sacre de ‘Bama en 2017. Avec 3 671 yards, 41 touchdowns et 4 interceptions, l’Hawaiien a écrasé la concurrence un temps envisagée avec QB Jalen Hurts. Certes, le numéro 13 a montré des failles lors de la finale de conférence SEC, mais sa prestation aboutie contre Oklahoma a rassuré bon nombre d’observateurs. Autre facteur d’importance : la santé du joueur, souvent amené à quitter le terrain prématurément. Dans ce cas, Nick Saban devra de nouveau compter sur un Hurts au niveau, comme ce fut le cas lors du finish haletant face à Georgia.

Clemson : Comme à Alabama, QB Trevor Lawrence est la nouvelle pépite qui a bouleversé la hiérarchie sur la position. Alternant un temps avec Kelly Bryant en début de saison, le Géorgien de naissance a pris le pouvoir fin septembre pour ne plus le lâcher. Sa bonne vision du jeu et son aptitude à rester calme en toute circonstance seront des atouts majeurs pour Clemson. Fort d’un bon casting de receveur, le true freshman a distribué en 2018, avec 2 933 yards, 27 touchdowns et 4 interceptions. Son remplaçant, QB Chase Brice, a su dépanner quand il le fallait, au lendemain du transfert de Bryant. Mais la différence de niveau semble assez flagrante, comme l’a démontré le match face à Syracuse.

Avantage : Alabama. Les deux quarterbacks ont été bons, mais Tagovailoa a l’expérience en sa faveur. De plus, avec ce qu’a montré Hurts en finale de conférence SEC, Alabama semble paré à une éventuelle blessure de son maître à jouer dans les airs.

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Running backs

Alabama : Longtemps le principal facteur offensif du Crimson Tide, le jeu au sol est devenu un simple complément sous la coupe de Mike Locksley. Mais même quand les vagues sont rares, elles peuvent faire boire la tasse. Comme souvent, le backfield offensif est très fourni, emmené par le physique senior RB Damien Harris (1 020 yards cumulés, 9 touchdowns). Un leader du vestiaire qui a pris sous sa coupe deux futures vedettes annoncées de la NFL : l’explosif RB Najee Harris (724 yards, 4 TD) et le couteau-suisse RB Josh Jacobs (824 yards et 15 touchdowns cumulés), précieux lors de la finale de conférence. En cas de blessure, le sophomore RB Brian Robinson Jr. a déjà rendu de fiers services, avec 2 passages par l’en-but adverse cette saison.

Clemson : Si ‘Bama a un comité de coureur intimidant, Clemson a trouvé son porteur de balle en chef. Rarement depuis C.J. Spiller, les Tigers avaient possédé un running back de l’envergure de RB Travis Etienne. Explosif et doté d’une bonne vision, le sophomore a confirmé sa bonne fin de saison passée et a porté Clemson à bout de bras dans les quelques moments de doute. Résultat : une fiche de 1 573 yards et 22 touchdowns au sol, ce qui en fera, à n’en pas douter, la principale menace offensive des Tigres. Son poids dans l’attaque locale n’empêche pas l’apport de backups aux dents longues. RB Tavien FeasterRB Adam Choice et RB Lyn-J Dixon ont enregistré 1 512 yards et 17 touchdowns à eux trois. Ils ne seront pas de trop pour tenter de fatiguer l’imposant run stop adverse.

Avantage : Clemson. C’est clairement discutable, mais l’abondance de choix a parfois desservi Alabama, avec un jeu au sol parfois en manque de rythme. Même sans vrai running back numéro 1 du côté du Tide, la différence est infime.

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Receveurs – Tight-ends

Alabama : Pour être un prétendant crédible au Heisman Trophy, Tua Tagovailoa a pu compter sur une multitude de cibles sur le campus de Tuscaloosa. Son « go-to-guy » incontestable est WR Jerry Jeudy, auteur de 1 176 yards et 13 touchdowns et annoncé comme le receveur à suivre en vue de la draft 2020. A ses côtés, de multiples solutions profondes comme WR Henry Ruggs III (738 yards, 11 TD) et le héros de la dernière finale nationale, WR DeVonta Smith (638 yards, 6 TD). Le true freshman WR Jaylen Waddle (823 yards, 7 TD) a aussi confirmé tout le bien que l’on pensait de lui en devenant un véritable avaleur d’espace. Outre ce casting impressionnant sur les extérieurs, Alabama peut aussi compter sur des tight ends complémentaires, que ce soit TE Irv Smith (667 yards, 7 TD) et ses bonnes mains ou TE Hale Hentges et ses facultés de bloqueur.

Clemson : Habituelle force des Tigers, le poste de receveur n’a pas déçu non plus en 2018. Comme pour Alabama, ce sont quatre joueurs qui comptent au moins 40 réceptions cette saison et ont rendu cette attaque aérienne imprévisible. WR Tee Higgins (855 yards, 11 TD) est la cible prioritaire de Lawrence, mais WR Amari Rodgers (540 yards, 4 TD) a aussi pris de l’importance au fur et à mesure des semaines. Pour les épauler, WR Justyn Ross s’est mué en véritable machine à big plays, avec 8 touchdowns et un ratio de 20 yards par ballon catché (847 yards au total). Plus sur la possession, le senior WR Hunter Renfrow est moins explosif mais tout aussi décisif, quand il s’agit des moments chauds. C’est d’ailleurs lui qui avait capté le touchdown du titre, en 2016, des mains de Deshaun Watson. Dans un système qui se veut très écarté, d’autres cartes peuvent être sorties de la manche, comme les remplaçants WR Diondre Overton et WR Trevion Thompson (352 yards et 3 TD à eux deux).

Avantage : Clemson. Une explosivité similaire mais un panel de profil un poil plus différent pour les joueurs de Dabo Swinney.

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Ligne offensive

Alabama : Si le Tide est devenu aussi dominant dans les airs, c’est aussi grâce à ses excellentes classes de tackles. Annoncé comme un futur premier tour de la draft 2019, LT Jonah Williams compose avec RT Jedrick Wills un rideau de fer sur le pass pro. A tel point que RG Alex Leatherwood a dû se recentrer pour pouvoir jouer titulaire. C Ross Pierschbacher est le leader de cette escouade et a su encadrer le revenant LG Lester Cotton, de retour dans les starters après la suspension de LG Deonte Brown face à Oklahoma. Qu’on se le dise, ce quintet sera très difficile à bousculer !

Clemson : Moins de gros noms sur le papier, mais une homogénéité qui a fait mouche pour faciliter la tâche de Trevor Lawrence et Travis Etienne. Si C Justin Falcinelli n’avait pas manqué un match pour blessure, 4 des 5 joueurs de l’escouade auraient joué l’intégralité de la saison. La star de ce groupe n’est autre que le senior LT Mitch Hyatt, titulaire indiscutable depuis son arrivée sur le campus. Tous deux guards de formation, LG John Simpson et RT Tremayne Anchrum ont su délivrer d’énormes brèches sur le jeu au sol. RG Gage Cervenka complète cette escouade, mais RG Sean Pollard est parfaitement à même de le suppléer.

Avantage : Alabama. Deux groupes complets et homogènes, mais avec une force physique indéniable du côté du Tide.

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Ligne défensive

Alabama : A n’en pas douter, nous passons désormais à des escouades qui pourraient détenir le destin du match entre leurs mains. Car Alabama possède un front-3 tout bonnement délirant ! Ancienne pépite et recrue 5 étoiles, DE Raekwon Davis (53 plaquages, dont 5 et demi pour perte) s’est retrouvé malgré lui dans l’ombre de ses deux compères du premier rideau : DE Isaiah Buggs, meilleur sackeur de son équipe avec 9 unités, et surtout NT Quinnen Williams (67 plaquages, 8 sacks) absolument dominateur sur l’ensemble de la saison. Non content d’être un trio hyper athlétique, ce groupe se veut polyvalent et est parfaitement capable de brouiller les pistes pour le quarterback adverse. Les backups DE LaBryan Ray et DE Philadarian Mathis seraient titulaires dans beaucoup d’autres programmes, mais leur heure devrait rapidement venir.

Clemson : Certes, Clemson a appris avec regret la suspension de sa star DT Dexter Lawrence pour la fin de saison. La faute à une consommation (involontaire ?) de produits interdits. Est-ce la fin des espoirs pour les Tigers ? Pas si sûr, car l’agressivité et le pass rush restent les armes majeures de ce premier rideau. Meilleur sackeur des siens, avec plus de 11 maltraitances sur quarterback adverse, DE Clelin Ferrell est un premier tour de draft annoncé et compose un dangereux duo avec DE Austin Bryant (8 sacks en 2018). Au centre de la ligne, si Lawrence fera défaut, ce ne sera pas le cas de DT Christian Wilkins (13 plaquages pour perte, 5 sacks, 2 passes défendues, 2 fumbles recouverts) capable de sévir sur de nombreux secteurs de jeu. Qui pour l’épauler ? Sans doute DT Albert Huggins, qui a montré de bonnes choses lors du Cotton Bowl. DT Nyles Pinckney a aussi à cœur de prendre sa chance dans le principal événement universitaire de la saison. Abondance de biens ne nuit pas, et Clemson l’a bien compris, en recrutant DE Xavier Thomas, prospect 5 étoiles l’an passé. Son apport et sa rotation sur la ligne défensive ne seront pas de trop pour mettre à mal Tua Tagovailoa.

Avantage : Alabama. Plus versatile, la ligne a aussi l’avantage d’être complet. Une donnée précieuse sur un match d’une telle importance.

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Linebackers

Alabama : Si l’attaque a changé ses bonnes vieilles habitudes, la défense est restée fidèle à elle-même, en faisant du poste de linebacker une place forte de son escouade. Et à coup de recrues 5 étoiles, Nick Saban possède un solide casting pour stopper les velléités adverses. Le junior MLB Mack Wilson (65 plaquages, 5 passes défendues) est sans aucun doute la pièce angulaire de ce deuxième rideau. Digne successeur de Reuben Foster, il est la tour de contrôle de la défense du Tide et le joueur que les coureurs cherchent à tout prix à éviter. Il n’est d’ailleurs pas passé loin du Butkus Award, récompensant le meilleur linebacker universitaire au pays. Son impact a permis à son compère WLB Dylan Moses de se régaler, en enregistrant le plus grand nombre de plaquages pour son équipe, soient 82. Sur les extérieurs, le pass rusher en chef s’appelle SLB Christian Miller, auteur de 8 sacks depuis le début de la saison. Problème : le linebacker strong-side traîne une douleur aux ischios et pourrait être suppléé par le polyvalent senior SLB Jamey Mosley, déjà sollicité en fin de saison passée, lors de la cascade de blessures sur la position. Électron libre, JACK Anfernee Jennings se charge de brouiller les pistes pour l’attaque adverse et cela a plutôt bien fonctionné depuis le début de la campagne de ‘Bama (5 sacks et demi, 10 passes défendues, 2 fumbles recouverts). Un casting taille XXL qui ferait presque oublier l’absence longue durée de LB Terrell Lewis, pour une déchirure des ligaments.

Clemson : Le poste de linebacker est moins fourni côté Tigers. Mais les titulaires ont clairement des arguments à faire valoir. Avec 73 plaquages cette saison, MLB Tre Lamar est le run stopper en chef du coordinateur Brent Venables, et son association avec WLB Kendall Joseph (76 plaquages) a fait des ravages en Caroline du Sud. Non content d’avoir un rôle crucial dans un front 4-2 souvent utilisé par les Tigers, les deux hommes peuvent recevoir l’appui de SLB/S Isaiah Simmons, dont la taille se veut dissuasive sur la couverture profonde et les lancers intermédiaires. Il sait aussi finir les actions au sol, ce qui en fait le meilleur plaqueur de son programme en 2018. Backup de luxe, WLB J.D. Davis a montré des aptitudes sur la poursuite quand on a fait appel à lui.

Avantage : Malgré le dur labeur du trio des Tigers, cette position reste fort logiquement une chasse gardée d’Alabama.

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Defensive backs

Alabama : Minkah Fitzpatrick. Ronnie Harrison. Levi Wallace. Anthony Averett. Pendant l’intersaison, Alabama a quasiment dû remplacer l’ensemble de son backfield défensif en raison de départs vers la NFL. Mais Nick Saban a souvent (toujours ?) un coup d’avance. Cette saison 2018 a notamment permis l’émergence de SS Deionte Thompson (75 plaquages, 6 passes défendues), incroyable athlète aussi à l’aise contre le sol que sur la couverture. Plus jeune, son binôme FS Xavier McKinney n’a pas non plus chômé, avec un total de 9 passes bâtées et 2 interceptions pour un Pick-6. Sur le poste de cornerback, la relève a un peu plus souffert et la blessure prématurée de CB Trevon Diggs n’a pas aidé. Transfuge d’LSU, CB Saivion Smith a soufflé le chaud et le froid, mais a montré de belles ressources face à Georgia, avec un total de 11 plaquages. De l’autre côté, le true freshman CB Patrick Surtain II n’a cessé de confirmer son statut de joueur prometteur. Mais son inexpérience reste encore à mettre à son débit. Le nickelback STAR Shyheim Carter a donné pleine satisfaction à son coordinateur Tosh Lupoi, au vu de ses 10 passes défendues et de ses interceptions systématiquement retournés pour des touchdowns.

Clemson : Un groupe solide mais irrégulier. Certes, CB Trayvon Mullen est la vedette incontestable de ce secondary, de par son aptitude à contrecarrer les receveurs adverses et a d’ailleurs été souvent évité par les quarterbacks adverses. Mais peut-il être un facteur décisif ? A l’image d’un Mackensie Alexander il y a quelques saisons, Mullen est hyper athlétique mais n’a pas enregistré la moindre interception en 2018. Pour ne rien arranger, son compère CB A.J. Terrell est souvent un « gambleur » et en dépit de 2 picks cette année, ses instincts restent largement perfectibles. Cet état de fait est tout aussi vrai pour FS Tanner Muse et SS K’Von Wallace dont les performances peuvent varier en fonction de l’humeur du jour. Demandez donc à Texas A&M et South Carolina qui s’étaient régalés dans les airs !

Avantage : Alabama. Moins de fougue, mais une discipline qui peut être salvatrice dans ce genre de situation.

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Équipes spéciales

Alabama : C’est assez rare pour être signalé mais les botteurs de Tuscaloosa ne sont plus aussi affreux que ces dernières années. Certes, K Joseph Bulovas a déjà manqué quatre (!) extra-points depuis le début de la saison, mais son ratio sur field goal est assez encourageant. Sur les punts, le walk-on P Mike Bernier a pris le meilleur sur le freshman P Skyler Delong et ne l’a plus lâché, avec un bon ratio de 37 yards par coup de pied. Sur les phases de retour, les explosifs KR Josh Jacobs et PR Jaylen Waddle se chargeront de faire parler la poudre.

Clemson : Botteur des Tigers depuis son année freshman, K Greg Huegel vit une étrange saison, car avec un ratio de 66%, il connait son pire bilan sur le campus. Tout comme Bulovas, il sera donc à scruter de près dans les moments forts. Son coéquipier P Will Spies a lui été plus convaincant en 2018, avec une moyenne de 39 yards par coup de chausson. Sur les retours, les Tigers ont aussi de quoi faire, avec notamment PR Amani Rodgers sur les phases de punt. Sur kickoffs, KR Derion Kendrick a suppléé Cornell Powell, lors de la blessure de ce dernier. Il va devoir avant tout surveiller la protection de balle, au vu de son fumble presque fatal face à Notre Dame, lors du Cotton Bowl.

Avantage : Egalité. A un moment, choisir pour choisir … à quoi bon ?!

Grand fan de football américain. Spécialiste du football français, de la NFL et du College Football. Rédacteur à The Blue Pennant depuis 2015 et à touchdownactu.com. Animateur sur Radiossa, la radio du football américain.

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National Championship

Clemson, champion national !

Menés par une performance sensationnelle du quarterback true freshman Trevor Lawrence, les Tigers de #2 Clemson terrassent le Crimson Tide de #1 Alabama, 44-16, et deviennent champions nationaux 2018 !

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Crédit photo : Matthew Emmons-USA TODAY Sports

Grâce à un match exceptionnel de son quarterback true freshman QB Trevor Lawrence (20/32, 347 yards, 3 TD) et d’une défense phénoménale, les Tigers de #2 Clemson remportent leur 3ème titre national et le premier depuis 1981. Les Tigers rejoignent le Crimson Tide avec un 2ème titre national de l’ère College Football Playoff après celui de 2016.

Grâce à ce succès #2 Clemson devient le premier programme de l’ère moderne à conclure une saison avec un bilan parfait de 15-0 (Penn avait réussit cet exploit en…1897). Ainsi, les seniors de #2 Clemson (et ceux d’Alabama) ont gagné 55 matchs au cours de leur carrière, un record au niveau de l’élite du College Football. Ces seniors ont d’ailleurs terminé les quatre dernières saisons dans le Top 5. Ce n’était arrivé qu’une seule fois auparavant, lors de l’année du titre national en 1981.

Dominé dans tous les secteurs de jeu, le Crimson Tide de #1 Alabama n’a jamais semblé rentrer dans ce National Championship accordant 482 yards offensifs aux Tigers. Défensivement, les champions nationaux en titre ont commis trop d’erreurs avec des couvertures défensives hasardeuses et une incapacité de stopper les Tigers dans la red zone. De plus, les équipes spéciales ont encore joué des mauvais tours à une équipe de #1 Alabama bousculée par le puissance athlétique de son adversaire.

Les 31 points accordés à #2 Clemson en première mi-temps sont un record (égalé) pour une équipe le programme d’Alabama depuis qu’il est dirigé par coach Nick Saban. Ce dernier espérait remporter un 6ème titre de champion national en 10 ans. En vain. Jamais le Crimson Tide de l’ère Nick Saban ne s’était incliné par un écart de plus de 14 points. Les Tigers l’ont emporté dans cette finale avec 28 points d’écart. Monumental.

Crédit photo : Jeff Chiu, AP

Car l’équipe de coach Dabo Swinney a bien offert un récital (6 TD dont un Pick Six). Le plus effrayant pour les prochaines saisons : ce sont deux true freshman qui ont fait basculer cette finale nationale : QB Trevor Lawrence et WR Justyn Ross (6 réceptions, 153 yards, 1 TD). Avec deux réceptions spectaculaires dont une à une main qui rentre dans la légende des finales, le jeune receveur des Tigers a également scellé le sort de ce match sur une réception de 74 yards dans le 3ème quart-temps qui porta le score à 37-16 enterrant les derniers espoirs du Crimson Tide.

Du côté de #1 Alabama, QB Tua Tagovailoa (22/34, 295 yards, 2 TD, 2 INT) n’a su donner le rythme habituel à son équipe. Pire, son Pick Six d’entrée de jeu a donné un élan aux Tigers, qui ont su construire leur confiance autour de ce big play défensif.

Le film du match

Après un 3-and-out des Tigers, premier coup de théâtre : QB Tua Tagovailoa se fit intercepter par CB AJ Terrell sur le 3ème jeu du match. Résultat : un Pick Six de 42 yards, qui mit le feu au Levi’s Stadium ! Quel entame de match pour l’équipe de Dabo Swinney. Les Tigers ne pouvaient rêver de meilleurs débuts.

Pourtant, le quarterback sophomore du Crimson Tide ne tarda pas à répliquer et sans paniquer, il retrouva immédiatement sa confiance avec une bombe à destination de WR Jerry Jeudy (5 réceptions, 139 yards, 1 TD) dans le dos de S Tanner Muse. Boom ! TD de 62 yards des champions nationaux qui n’ont pas eu le temps de gamberger.

Mais il était dit que ce début de match serait un festival offensif ! Après 3 passes incomplètes pour commencer cette finale, le true freshman QB Trevor Lawrence se connecta d’abord avec WR Trevion Thompson (2 réceptions, 27 yards) sur 8 yards avant de tenter la passe longue sur WR Tee Higgins (3 réceptions, 81 yards, 1 TD) dans le dos de DB Savion Smith. Rebelotte ! Passe de 62 yards. Et dès le snap suivant, RB Travis Etienne (92 yards au sol, 2 TD et 1 réception, 5 yards, 1 TD) s’échappe sur le côté gauche de la ligne de scrimmage pour un TD de 17 yards. C’est alors la folie du côté des fans des Tigers. 14-7 après 4 minutes et 30 secondes.

Crédit photo : Micah Green, The Sumter Item

Et le rythme complètement fou de ce début de National Championship s’emballa encore un peu plus. Un drive de 75 yards en 10 jeux parfaitement dirigé par QB Tua Tagovailoa et conlut par l’inattendu TE Hale Hentges pour un TD aérien de 9 yards. On n’a pas encore passé les 9 minutes de jeu que les deux équipes ont déjà inscrit 2 TD chacune. Mais voilà, les vieux démons du Crimson Tide sont revenus le hanter… lorsque K Joseph Bulovas (1/1 FG, 1/2 XP) manqua la conversion. Cette erreur allait-elle couter cher en fin de rencontre ? 14-13 pour #2 Clemson.

Le Crimson Tide reprit la possession du ballon en fin de premier quart-temps et la troupe de coach Nick Saban entra dans la redzone sans tarder. Tout laissait penser qu’on allait encore assister à un TD… DT Austin Bryant se chargea de stopper l’attaque au sol de #1 Alabama qui dût se contenter d’un FG de 25 yards de K Joseph Bulovas. 16-14 pour #1 Alabama.

Vous pensez que le tempo allait baisser ? Absolument pas ! QB Trevor Lawrence appuya encore là où ça faisait mal du côté de #1 Alabama : DB Savion Smith. Le defensive back du Crimson Tide commit une interférence défensive sur WR Tee Higgins et RB Travis Etienne conclut ce 3ème drive des Tigers par son second TD de la soirée. Une course à travers la défense passoire de #1 Alabama. #2 Clemson repassait devant 21-16.

Plus agressif et quasi-parfait dans l’exécution offensive et défensive, #2 Clemson provoqua alors le 2ème turnover du match : une interception de la star défensive de ce match, CB Trayvon Mullen, sur une très mauvaise lecture de QB Tua Tagovailoa. Le defensive back des Tigers remonta le ballon sur 46 yards jusqu’à la ligne de 47 yards du Crimson Tide.

QB Trevor Lawrence trouva alors WR Hunter Renfrow à deux reprises, puis WR Amari Rodgers (2 réceptions, 30 yards) pour un gain de 26 yards. Les Tigers étaient encore aux portes de l’end-zone de #1 Alabama et qui d’autre que RB Travis Etienne pour terminer le travail ? Le running back des Tigers capta une passe à la cuillère pour son 3ème TD de cette finale ! #2 Clemson venait de faire le premier break. 28-16 à 4:38 de la fin de ce second quart-temps.

Crédit photo : Marc Revilas, USA Today Sports

Le score sera finalement de 31-16 à la mi-temps en faveur de #2 Clemson grâce à un FG de K Greg Huegel. La défense du Crimson Tide était alors incapable de stopper un QB Trevor Lawrence parfaitement protégé par une ligne offensive étonnement imperméable (aucun sack concédé). Le second rideau du Crimson Tide était également gêné par l’explosivité d’un RB Travis Etienne de gala. Nick Saban fût tellement désespéré par sa défense (et de ses équipes spéciales), qu’il tenta deux 4ème downs. Malgré un net avantage concernant la possession du ballon (19:26), les champions nationaux semblaient vacillants après ces 30 premières minutes.

#1 Alabama se devait de marquer des points rapidement au retour des vestaires et le Crimson Tide ressorti alors le bon vieux smashmouth football. Les Tigers résistèrent forçant K Joseph Bulovas à entrer sur le terrain. Tout le monde sentait le fake FG… et #2 Clemson aussi ! DL Nyles Pinckney stoppa le holder QB Mac Jones pour le 3ème turnover de #1 Alabama !

QB Trevor Lawrence fit alors payer cash cette erreur de Nick Saban. Une passe magique du quarterback des Tigers pour un WR Justyn Ross qui profita de la glissade (et de la blessure de CB Savion Smith) pour inscrire le 5ème TD des Tigers sur un catch-and-run de 74 yards. K Greg Huegel envoya la conversion sur le poteau mais les Tigers creusaient un écart définitif. 37-16 pour #2 Clemson en milieu de 3ème quart-temps.

Et les choses n’allaient pas s’arranger pour #1 Alabama. QB Trevor Lawrence et WR Justyn Ross offrirent alors un show sensationnel, le receveur du Crimson Tide réussissant deux réceptions acrobatiques le long de la sideline. Son coéquipier WR Tee Higgins inscrira quelques instants plus tard le 6ème TD des Tigers sur une réception de 5 yards. 44-16 pour une équipe de #2 Clemson, qui filait vers le titre national.

Résumé en vidéo

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Alabama vs Clemson, Acte IV : l’ultime preview

Pour tout savoir sur le National Championship Game 2019.

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The Blue Pennant vous propose une couverture exceptionnelle du CFP National Championship Game 2019 qui verra s’affronter le Crimson Tide de #1 Alabama et les Tigers de #2 Clemson, lundi 7 janvier prochain.

#1 Alabama (14-0) vs #2 Clemson (14-0)

CFP NATIONAL CHAMPIONSHIP
Santa Clara, Californie
Levi’s Stadium
Lundi 7 janvier 2019
20h00 (heure Est, 02h00 en France)

Jusqu’au coup d’envoi, toute la rédaction se met sur le pont pour vous présenter une série d’articles quotidiens concernant ce duel entre les deux meilleurs programmes de College Football depuis quatre ans :

Présentation du match dans l’épisode 80 du Podcast.
La saison des Clemson Tigers.
La saison du Crimson Tide d’Alabama.
La méthode Saban.
Le face-à-face à chaque poste.
Les clés du match.
Les media days.

Et n’oubliez pas : à partir du jeudi 3 janvier 2019, notre rédacteur en chef et reporter, Morgan Lagrée, sera sur place pour couvrir l’événement ! Vous pourrez suivre de l’intérieur et en temps réel, les différents événements médiatiques via notre compte Twitter @thebluepennant et notre page Facebook pour des LIVE exclusifs.

Vous aurez un accès exclusif aux coulisses de cet événement planétaire avec des videos Live et un montage quotidien !

Le samedi 5 janvier, vous pourrez suivre les Media Days en direct du SAP Arena de San José (à partir de 11h30, 17h30 en France).

Le lendemain, dimanche 6 janvier, ce sera l’heure des conférences de presse des deux coachs finalistes, en direct du de l’Executive Ballroom du San Jose McEnery Convention Center (à partir de 12h, 18h00 en France).

Enfin, le lundi 7 janvier, Morgan Lagrée sera accrédité en tribune de presse au Levi’s Stadium de Santa Clara pour vous proposer un récit au plus près de l’action !

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National Championship

[CFP National Championship 2019] Les clés du match

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Sur bien des points, l’Alabama Crimson Tide et les Clemson Tigers, qui s’affronteront en finale du College Football Playoff 2018 pour la troisième fois en quatre ans, sont très similaires.

Elles sont toutes les deux entrainées par des head coaches brillants, dirigées en attaque par des jeunes quarterbacks qui sont meilleurs passeurs que la majorité des QB NFL, soutenues par des jeux au sol efficaces et défendues par des lignes défensives dévastatrices. Elles possèdent également des équipes spéciales qui sont parmi les pires du pays. Personne n’est parfait mais ces deux équipes-là s’en approchent dangereusement, il n’y a qu’à constater le fossé qui les sépare du reste de la FBS.

En plus des deux finales précédemment jouées (1 victoire partout), Alabama et Clemson se sont également affrontées l’an dernier en demi-finale. C’est donc le quatrième acte qui nous sera proposé le 7 janvier au Levi’s Stadium de Santa Clara, antre des San Francisco 49ers. Et il y a fort à parier que le spectacle sera à nouveau au rendez-vous. La fatigue d’une majorité du public à l’égard de ces deux équipes et de cette confrontation devenue annuelle au plus haut niveau du College Football ne devrait pourtant pas être : le College Football a travaillé depuis des années à couronner la meilleure équipe universitaire, d’abord avec le système BCS, puis en introduisant un facteur humain plus prépondérant avec ce playoff et son comité de sélection, et Alabama et Clemson sont clairement les deux meilleures équipes de cette saison de College Football et des saisons passées. Et, n’en déplaisent à certains, elles se retrouveront probablement en finale l’an prochain compte tenu de la jeunesse de leurs effectifs respectifs.

En route donc pour Alabama-Clemson Round 4 ! La belle après la victoire d’Alabama en janvier 2016 (CFP 2015) et celle de Clemson en janvier 2017. Fait intéressant, le plus mal classé des deux a toujours remporté le match : #2 Alabama 45-40 #1 Clemson (2016), #2 Clemson 35-31 #1 Alabama (2017), #4 Alabama 24-6 #1 Clemson (2018). La tendance se poursuivra-t-elle ? Rien n’est moins sûr si l’on se penche attentivement sur les clés du match.

Quelques chiffres pour commencer

Statistiques Alabama Clemson
Adversaires Tide Tigers Adversaires
Points par match 16.2 47.5 44.0 13.4
Jeu au sol
yards/match
109.2 202.9 256.8 90.8
Jeu au sol
yards/course
3.4 5.3 6.9 2.4
Jeu aérien
yards/match
202.1 322.2 273.5 192.5
Jeu aérien
yards/passe
5.9 11.3 8.1 6.3
Conversion 3ème tentative 31.4% 53.7% 44.6% 27.8%
Conversion 4ème tentative 44.4% 50.0% 60.0% 33.3%
Taux de réussite (TD+FG
dans la zone rouge
71.4% 81.4% 86.7% 76.7%
Différence ballons gagnés/perdus
par match
0.8 0.2
Pénalités
Yard/match
54.9 51.4 53.6 47.1
Sack/match 1.1 3.4 3.8 1.2
Efficacité des équipes spéciales
Rang national (sur 130)
77ème 125ème
Field Goal
Pourcentage de réussite
72.2 60.0
Punt
Yard/match
34.0 36.6

Alabama possède la meilleure attaque du pays et Clemson la meilleure défense. Mais le Tide est deuxième en défense et les Tigers sont quatrième en attaque, ce qui ne constitue pas des écarts significatifs.

En apparence, Alabama semble dominer dans le jeu aérien et Clemson dans le jeu au sol. Les 2.4 yards par course accordés par les Tigers à leurs adversaires sont la troisième meilleure performance défensive contre la course de ces dix dernières années derrière Alabama en 2016 (2.0 ypc) et Texas en 2009 (2.2 ypc). Le Crimson Tide n’a pas grand-chose à envier à Clemson dans ce secteur mais peut, en revanche, faire valoir son différentiel attaque-défense bien supérieur à la passe (11.3 – 5.9 = 6.4 contre 8.1 – 6.3 = 1.8).

Le taux de conversion en troisième tentative de Clemson n’est pas brillant, encore faut-il pouvoir forcer les Tigers à jouer des troisièmes tentatives. Clemson manque surtout d’efficacité sur les situations de gains courts.

Autre enseignement de ce tableau de statistiques, Clemson est une machine à sack (numéro 1 dans le pays) mais Alabama n’est pas loin derrière.

Les deux équipes ont des faiblesses notoires du coté de leurs équipes spéciales. Dans un match serré où elles devront punter plus qu’à leur habitude, la bataille de position sur le terrain sera cruciale et les coups de pieds pourraient s’avérer déterminants.

L’approche physique et mentale

Une des composantes importantes de ce match sera la fraicheur physique et mentale des deux équipes. Ce quinzième match mettra un terme à une longue saison, la plus longue jouée par tous les joueurs de première année, on pense notamment à Trevor Lawrence (239/366, 2933 yards, 27 TD, 4 INT / 54 courses, 157 yards, 1 TD). La gestion des petits bobos est également essentielle, comme la cheville de Tua Tagovailoa (223/331, 3671 yards, 41 TD, 4 INT / 53 courses, 199 yards, 5 TD).

Facteur supplémentaire qu’il faudra bien gérer : les trois heures de décalage horaire entre la Californie et la côte Est qui peut dérégler les organismes et perturber le sommeil. Les deux équipes n’ont que peu l’habitude de voyager pour jouer sur la côte Ouest.

Le meilleur QB gagnera-t-il le match ?

Il faudrait déjà déterminer lequel de Tua Tagovailoa ou de Trevor Lawrence est le meilleur quarterback. Et l’on se gardera bien de répondre directement à cette question.

Le QB d’Alabama est plus expérimenté à ce niveau de la compétition, ayant déjà (brillamment) joué (et gagné) une finale l’an passé. Trevor Lawrence est le petit nouveau à ce stade mais il n’a toujours pas montré de signe de faiblesse sous les spotlights.

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Sans l’avouer publiquement, Dabo Swinney a préparé Trevor Lawrence pour ce match. Pas pour gagner contre South Carolina ou Notre Dame mais pour battre Alabama. Conscient que le jeu de passe est sans doute ce qui a couté le titre 2017 aux Tigers, le HC de Clemson a ajouté à son armada offensive l’arme ultime destinée à faire tomber le roi Alabama. Le jeune QB de Clemson est un joueur générationnel, déjà comparé à Andrew Luck ou Peyton Manning, talentueux, mature, doté d’un bras solide, calme dans la poche, capable de lire une défense et d’identifier les blitz. Son seul défaut est peut-être sa baisse de productivité lorsqu’il n’est mis sous pression que par les quatre hommes de ligne défensive, ce qui laisse plus de défenseurs pour couvrir les receveurs. Dans ces situations, son pourcentage de complétion est l’un des plus mauvais de FBS et Alabama est la meilleure équipe pour mettre de la pression défensive sans blitzer. L’une des clés de ce match sera donc la capacité d’Alabama à déguiser son schéma défensif, montrer un blitz pré-snap pour décrocher en couverture de passe en envoyant un rush traditionnel à quatre joueurs. En revanche, si le Tide laisse trop de temps à Trevor Lawrence pour lancer, la soirée pourrait être longue pour son secondaire.

De l’autre côté, il y a Tua Tagovailoa, l’homme le plus populaire de l’état d’Alabama hormis dans cette petite enclave nommée Auburn. Le QB de Bama est un phénomène athlétique, précis dans ses passes, notamment lorsqu’il est en mouvement, doté d’une mécanique impeccable et qui est maitre dans l’art de ne donner aucun indice sur le jeu à venir lorsque Bama sort son arsenal de « run-pass option ». Grâce à ses jambes il peut étendre la durée d’un jeu jusqu’à trouver un receveur ouvert ou glaner lui-même les yards à la course, même si ce n’est pas la composante principale de son jeu.

Les deux quarterbacks sont essentiellement des purs passeurs mais ne se dérobent pas quand il s’agit de courir. C’est comme ça que Trevor Lawrence s’est blessé contre Syracuse. Clemson préfèrerait donc sans doute ne pas avoir à mettre son QB dans cette situation mais il faudra aussi compter sur ses jambes dans ce match car il n’hésitera pas à les utiliser si besoin est.

Avec quatre interceptions chacun au cours de la saison, les deux quarterbacks sont plutôt prudents avec le ballon. Les deux équipes ne perdant pas beaucoup de ballons, il est peu probable que l’on voit beaucoup d’interceptions dans cette finale. Ce qui peut vouloir dire que la première équipe à perdre le ballon pourrait le payer cher au final.

Au final, la clé réside essentiellement dans lequel des deux QB sera capable de mieux résister à la pression défensive et délivrer des passes dans des fenêtres de tir réduites.

Ligne défensive : avantage Clemson

Si Clemson a un avantage sur Alabama, et c’est peut-être le seul, c’est au niveau de la ligne défensive. DE Clelin Ferrell, DT Christian Wilkins et DE Austin Bryant ont tous choisi de faire l’impasse sur la Draft NFL pour rester à Clemson. Un seul objectif en tête : battre Alabama et remporter le titre national.

Cette ligne défensive est l’une des meilleures que le College Football ait vu depuis longtemps. Et cela tombe à pic pour Clemson puisque ce match pourrait se gagner dans les tranchées, notamment sur les courses intérieures. Les Tigers n’ont eu aucun mal à défendre contre la course dans leur demi-finale contre Notre Dame (88 yards accordés au sol) au Cotton Bowl et ce malgré la suspension de DT Dexter Lawrence. Mais il pourrait faire cruellement défaut contre le jeu au sol d’Alabama qui est, comme presque tous les ans, d’une autre dimension.

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Alabama peut aussi se vanter d’avoir l’une des meilleures lignes défensives du pays. Elle l’a montré à l’Orange Bowl contre Oklahoma. L’an passé, la ligne offensive de Clemson n’avait pas trouvé la solution contre les DL de Bama et les Tigers avaient été sévèrement battus. Ce ne sera à nouveau pas une partie de plaisir, notamment quand il faut deux joueurs offensifs pour bloquer DT Quinnen Williams. Ce qui laisse plus de liberté à DE Isaiah Buggs et DE Raekwon Davis pour aller titiller le quarterback adverse. La solution pour Clemson sera peut-être de jouer avec du tempo pour fatiguer la défense d’Alabama. Tout aussi talentueuse qu’il soit, le groupe de joueurs de ligne défensive manque un peu de profondeur de banc, ce qui pourrait tourner à l’avantage des Tigers s’ils forcent Bama à jouer avec des remplaçants un brin moins talentueux.

Comme le montre le tableau de statistiques, les deux unités sont très performantes à stopper la course et à atteindre le quarterback. Clemson a légèrement plus de talent pur mais la ligne offensive d’Alabama est légèrement meilleure que celle des Tigers. Ce qui nous ramène à la capacité des deux quarterbacks à gérer la pression des lignes défensives adverses pour trouver leurs receveurs et à celle des lignes offensives d’ouvrir des trous pour le jeu au sol. Ce qui nous amène à…

« Skill players » : Alabama un cran au-dessus

Clemson possède avec RB Travis Etienne (190 courses, 1572 yards, 22 TD / 11 réceptions, 73 yards, 1 TD) l’un des tous meilleurs coureurs du College Football. Le joueur de deuxième année a été instrumental tout au long de la saison pour Clemson, permettant aux Tigers de se sortir de situations parfois mal embarquées. Néanmoins, un gouffre le sépare statistiquement des autres options au sol de Clemson, RB Tavien Feaster (75 courses, 429 yards, 6 TD), RB Adam Choice (70 courses, 536 yards, 7 TD) ou RB Lyn-J Dixon (62 courses, 547 yards, 5 TD).

Alabama n’a pas ce genre de problème avec un groupe beaucoup plus homogène composé de RB Damien Harris (139 courses, 819 yards, 9 TD), RB Josh Jacobs (109 courses, 593 yards, 11 TD) et RB Najee Harris (108 courses, 724 yards, 4 TD).

Malgré plus de 200 yards au sol contre Notre Dame, le jeu de course de Clemson n’a pas été aussi percutant qu’à son habitude et Alabama présente un tout autre challenge que le Fighting Irish. Compte tenu que personne ne parvient vraiment à courir contre les Tigers, si la versatilité du Tide lui permet d’engranger les yards au sol, le match pourrait être rapidement plié. Et Alabama a prouvé par le passé qu’il y a toujours un coureur sur son banc qui peut apporter une solution quand les titulaires peinent. Pour Clemson, en revanche, si le jeu au sol n’est pas productif, il faudra mettre le match dans les mains de son jeune et (relativement) inexpérimenté QB. Une situation pas désespérée mais loin d’être idéale.
La spécificité des deux équipes cette année est qu’elles peuvent très bien gagner des matchs sans leurs jeux au sol grâce à leurs corps de talentueux receveurs. Là encore, l’avantage du talent va à Alabama avec notamment WR Jerry Jeudy (63 réceptions, 1176 yards, 13 TD), WR Henry Ruggs III (45 réceptions, 738 yards, 11 TD) WR Jaylen Waddle (43 réceptions, 823 yards, 7 TD) ou encore WR Irv Smith (40 réceptions, 667 yards, 7 TD). Et on peut ajouter WR Devonta Smith (36 réceptions, 628 yards, 6 TD) qui a rendu la meilleure fiche statistique du lot en demi-finale contre Oklahoma.

De leur côté, les Tigers peuvent compter sur des receveurs très physique avec Tee Higgins (56 réceptions, 855 yards, 11 TD) et Justyn Ross (40 réceptions, 847 yards, 8 TD) et le joueur de quinzième année Hunter Renfrow (47 réceptions, 534 yards, 1 TD). Les deux premiers ont puni Notre Dame en demi-finale. Le dernier était le héros de la finale de 2016, offrant la victoire et le titre national à Clemson.

Les receveurs des deux équipes seront opposés à des secondaires qui n’ont pas fait preuve d’une solidité à toute épreuve. Alabama a perdu cinq de ses six defensive backs de l’an dernier (seul Trevon Diggs était de retour cette année). Oklahoma l’avait bien compris en mettant Patrick Surtain II en grande difficulté à l’Orange Bowl et il y a fort à parier que le jeune joueur sera testé par l’escouade aérienne de Clemson. Les Tigers ont aussi souffert par moment cette saison lâchant plus de 300 yards à quatre reprises et plus de 500 yards par deux fois.

Dans les deux cas, le problème est identique : le secondaire est toujours laissé à lui-même lorsque la défense envoie des blitz. D’où l’importance pour l’une comme l’autre des deux équipes de pouvoir mettre de la pression sur la ligne offensive sans dépeupler le « back 7 ». Les deux équipes sont certaines de concéder des gros jeux à la passe. Et l’on sait que c’est une statistique, comme les pertes de balles, qui détermine souvent l’issue des matchs.

En guise de conclusion…

Les deux équipes ont des quarterbacks talenteux qui se feront un plaisir de découper la défense adverse si le temps leur en est laissé. Comme toujours, établir le jeu au sol, notamment à l’intérieur entre les tackles, permettra d’enlever un peu de pression sur le jeu aérien et les play-actions pourraient être dévastatrices contre les secondaires un peu fragiles des deux équipes. A ce petit jeu, Alabama a un petit avantage grâce à son groupe de coureurs plus complet.

Clemson possède la meilleure ligne défensive mais sa ligne offensive pourrait davantage souffrir contre la ligne défensive du Tide. Si les deux QBs ont un peu de temps pour lancer, il y aura de gros gains dans les airs, les receveurs de chaque équipe étant clairement supérieurs à leurs adversaires directs. Les receveurs d’Alabama sont plus talentueux mais ceux de Clemson devraient avoir moins de difficultés contre les DBs du Tide.

Le match ne se jouera pas à grand-chose. Toutes choses égales, et si les points forts de deux équipes se neutralisent, les équipes spéciales pourraient décider du sort de cette rencontre. Alabama a un maigre avantage dans ce secteur.

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National Championship

[CFP National Championship 2019] La saison 2018 d’Alabama

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Crédit photo : Jason Clark / Daily Mountain Eagle

Avant la confrontation entre les deux monstres du College Football pour la quatrième année consécutive, et la troisième fois en finale, petit retour sur les saisons respectives des deux équipes. Après #2 Clemson, on poursuit avec #1 Alabama.

#1 Alabama Crimson Tide

Pour Alabama, la chiffre à retenir est peut-être le « 5 ». Comme le nombre de participations du Tide au College Football Playoff en autant d’éditions ? Oui. Et non. Aussi comme le pourcentage du temps pendant lequel Bama a été menée en 2018 : moins de 5% de leurs 840 minutes de matchs. Et si on retire Georgia du mix, les éléphants de Tuscaloosa n’ont été derrière au score que pendant soixante-dix secondes sur leurs treize autres matchs… A ce niveau, on peut parler de statistiques de mammouth…

La saison a débuté par une atomisation en règle de Louisville (51-14). QB Tua Tagovailoa (2 TD à la passe et 1 TD à la course dans ce match) a débuté la rencontre, reléguant QB Jalen Hurst (26 victoires et 1 titre national à la ceinture pour seulement 2 défaites à l’entame de la saison) au rang de remplaçant de luxe. C’est un peu laisser la Ferrari au garage parce que la Lamborghini a fini sa période de rodage… Cette démonstration de force sera quelque peu revue à la baisse une fois que le pays aura réalisé le niveau apathique de Louisville post Lamar Jackson (2-10 dont 0-8 en conférence ACC).

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Néanmoins, Alabama a commencé à faire jaser les médias avec son attaque jugée par beaucoup comme la meilleure de son histoire. Ce n’est pas Arkansas State (défaite 7-57) qui contestera l’éloge après une nouvelle démonstration de force du duo de quarterbacks du Tide (4 TD pour Tua dont 3 dans le premier quart temps et 2 TD pour Jalen dans deuxième quart temps). Et si la défense d’Alabama ne semble pas aussi solide que les années passées (Arkansas State a amassé 391 yards dans ce match), elle fait le toutefois boulot (un seul TD pour les Red Wolves).

On aurait pu facilement croire à un écran de fumée lorsque Ole Miss a marqué sur son tout premier jeu du match pour l’entrée en lice d’Alabama en conférence SEC. Écran de fumée, certes, mais plutôt pour les Rebels dont le groupe de receveurs, l’un des tous meilleurs du pays, ne réceptionnera que pour 58 yards sur les 59 minutes et 49 secondes restantes du match. Alabama est revenue au score en soixante-dix secondes avant d’envoyer l’artillerie lourde. Score final : 62-7.

Le match le plus accroché de toute la saison d’Alabama est peut-être, en tout cas au niveau du score, celui à College Station ou Texas A&M ne s’est incliné « que » de 22 points (45-23). Avant la finale de conférence SEC, c’est le score le plus serré du Tide. C’est dire la domination de Bama, illustrée à merveille par une nouvelle démonstration de Tua Tagovailoa (5 TD dont 1 à la course dans ce match) qui n’a pas pris un snap dans le quatrième quart temps pendant les 2/3 de la saison régulière.

Les matchs contre Louisiana-Lafayette (56-14) et à Arkansas (65-31) ont été deux autres promenades de santé pour le Crimson Tide. Et l’on a vu tout le fossé qui sépare le haut de tableau de la SEC des pauvres Razorbacks avec lesquels Tua Tagovailoa s’est amusé (334 yards et 4 TD en 10 passes) en deux quart temps et demi.

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Et si la venue de QB Drew Lock et de Missouri aurait pu constituer une menace pour la défense d’Alabama, le futur pro n’a réussi que 50% de ses passes pour 142 yards, 1 TD et 2 interceptions. Dans le même temps, Tua restait fidèle à lui-même (265 yards et 3 TD) et Alabama ressortait du match avec une nouvelle victoire facile (39-10).

Ce n’est évidemment pas Tennessee qui allait mettre à mal la machine Alabama. Le Tide est reparti de Knoxville avec un succès de plus (58-21) et une semaine de repos à l’horizon pour préparer le choc à LSU.

En fait de choc, le déplacement d’Alabama à Baton Rouge face à LSU sera l’occasion pour Tua Tagovailoa d’enfin prendre un snap dans le dernier quart temps mais surtout de montrer que la défense est aussi l’une des forces de l’équipe, ce qu’elle confirmera la semaine suivante contre Mississippi State. Dans les ceux cas (29-0 à LSU et 24-0 contre Mississippi State), le Tide a étouffé le jeu au sol de ses adversaires (12 yards pour les Tigers et 44 yards pour les Bulldogs), pourtant traditionnellement l’un de leurs points forts. Pas que leurs attaques aériennes (184 yards pour LSU et 125 yards pour MSU) aient fait des étincelles, cela dit.

Avec autant de puissance de feu, on pouvait s’attendre à ce que The Citadel soit une victime expiatoire de plus sur la route de Bama. On pouvait craindre la centaine de points, bien que Nick Saban ait probablement opté pour un peu de clémence en fin de match. Il n’en fut rien et, même si le Tide en planta tout de même cinquante, la grosse surprise de ce match a été son score à la mi-temps : 10-10 ! Plus d’un fan d’Alabama a dû se gratter la tête à la pause en se demandant comment, au nom de Dieu, ce fut possible que The Citadel, THE CITADEL !!!, tienne en échec la 33ème équipe de NFL…Bon, Alabama a vite remis les choses à leur place en seconde mi-temps (et évité de peu d’être menée au score sur un FG raté des Bulldogs) et terminé la partie avec une confortable avance (50-17). Peut-être le Tide avait-il déjà la tête à l’Iron Bowl… ?

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Il ne fallait pourtant pas se faire tant de mouron pour le choc annuel d’avec le rival Auburn. Les Tigers ont maintenu le suspense une mi-temps avant d’exploser en seconde période. 52-21 au final et 5 TD à la passe de Tua Tagovailoa (record de l’école égalé) et 6 TD au total en ajoutant son TD à la course (record de l’école). Rien que cette performance lui aurait assuré une place au panthéon d’Alabama.

Et c’est ainsi que, forte de son record de 12-0, Alabama pouvait s’envoler vers Atlanta pour affronter Georgia, que beaucoup d’observateurs considéraient, à juste titre, comme son adversaire le plus coriace de la saison. Les fans des Dawgs doivent encore se demander comment Georgia a laissé échapper ce match qu’elle menait 28-21 à l’entame du dernier quart temps et dans lequel leur bourreau de l’année passée en finale nationale s’est montré sous un plutôt mauvais jour avec 40% de complétion seulement et deux interceptions au compteur. La réponse ? Une quatrième tentative pauvrement exécutée au milieu du terrain à trois minutes de la fin du temps réglementaire qui a mis Alabama dans un fauteuil et des pantoufles pour aller chercher une victoire inespérée grâce à l’ancien titulaire remplaçant le nouveau titulaire qui l’avait auparavant remplacé. Autrement dit, Jalen Hurts a sauvé la soirée pour le Tide avec un premier TD à la passe en mouvement puis un second à la course pour offrir le titre de la SEC à Alabama (35-28) et envoyer le Tide en playoff. Pas mal pour un joueur qui avait toutes les raisons de demander son transfert après avoir perdu le poste de QB #1 mais qui a choisi de rester fidèle à son université malgré tout.

Pour la cinquième fois sur cinq, Alabama s’est donc qualifiée pour le playoff. Sur sa route en demi-finale, la meilleure attaque du College Football, mais aussi une de ses pires défenses. Les spectateurs de l’Orange Bowl ont à peine eu le temps de terminer leur premier seau de pop-corn qu’Alabama avait déjà vingt-huit points d’avance sur Oklahoma. Et même si les Sooners ont maintenu un semblant de suspense en dominant statistiquement la seconde moitié du match et en revenant par trois fois à onze points du Tide, Kyler Murray et Cie n’ont jamais été en mesure de vraiment inquiéter Bama qui s’est imposée avec une avance somme tout confortable (45-34) pour accéder à une nouvelle finale nationale, sa quatrième consécutive en cinq ans.

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