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Guide du CFP pour les fans

Le guide du College Football Playoff pour les fans – 4ème partie

Retrouverez la traduction intégrale ou presque du petit livre de Stewart Mandel de FoxSports : The Thinking Fan’s Guide to the College Football Playoff.

Et on continue la traduction du bouquin de Stewart Mandel. Vous saurez tout sur le College Football Playoff…

COMMENT FONCTIONNERA LE COMITE DE SELECTION ?

S’il est une chose que les fans risquent de regretter du BCS, c’est le fameux classement BCS. À l’origine mis au point par le commissioner Roy Kramer et son équipe, puis modifié environ 682 fois durant ses premières années d’existence, la formule était composée de trois éléments eux-mêmes biaisés :

Vous aviez le Coaches Poll, remis par les représentants d’une profession qui est sans doute celle qui voit le moins de football universitaire les samedis (parce qu’ils coachent, à ce moment-là) et dont la motivation première était souvent liée à leur propre intérêt, vu que certains reçoivent des primes en fonction de la place occupée par leur équipe dans ce classement. « Tous les coaches ont un plan de carrière », écrivait John Henderson du Denver Post en 2009, « ce Poll est le meilleur moyen de le mettre en œuvre. »

Ensuite, vous aviez le Harris Poll, un sondage regroupant un bric-à-brac d’anciens joueurs, coaches, administrateurs et membres des médias qui a été mis en place du fait du refus de l’AP de voir son propre sondage utilisé. Comme l’a déclaré Jim Delany en 2012 : « Tout le monde reconnaît que le système actuel de sondages n’est pas bon ».

Et puis vous aviez un assemblage de six classements par ordinateur dont cinq voyaient leur formule quasiment classée secret défense et rendu totalement neutre par la volonté du BCS de supprimer la marge de victoire de leurs données. Le très renommé classement de puissance de Jeff Sagarin est devenu soudain beaucoup moins intéressant à partir du moment où gagner 3-2 devenait la même chose que gagner 42-3. « C’était juste une tentative d’utiliser les mathématiques comme couverture pour ce que vous vouliez faire », affirmait le statisticien Bill James dans Death to the BCS, « c’est juste des maths qui n’ont aucun sens ».

Au vu de la reconnaissance par les pontes du BCS des défauts de leur classement, les commissioners ont opté pour un changement radical à l’heure de mettre au point le College Football Playoff. Ils ont créé le premier comité de sélection de l’histoire du football universitaire, un panel de 13 personnes chargé non seulement de choisir les 4 équipes des demi-finales mais également les participants dans les autres Bowls des ‘Six du Nouvel An’. Bien que novateur dans le football FBS, ce modèle est familier pour les fans d’autres sports universitaires et pour les médias. Un comité de sélection composé de commissioners et de Directeurs des Sports produit le tableau des 68 équipes du tournoi de basket NCAA de mars tous les ans, un autre le tableau des playoffs de la FCS et d’autres encore dans une multitude de championnats NCAA.

Le public, bien sur, a accueilli ce nouveau comité à bras ouverts.

« Suis-je le seul à être nerveux à propos de ce nouveau ‘comité’ qui prendra toutes les décisions » écrit un fan d’Alabama sur le forum du site BamaOnline.com, ce à quoi un fan répond « Non, tu es en bonne compagnie. »

« Un comité de sélection pour le college football playoff à venir est vraiment une idée mauvaise et stupide », écrit Denis Dodd de CBSSports.com. « Treize personnes dans une pièce décident du premier tournoi final de l’histoire du football universitaire comme s’ils étaient des scientifiques secrets du gouvernement examinant le corps d’un alien ? »

« Je suis plus nerveux au sujet d’un comité à treize membres qui publie son classement et se trompe dans ses sélections que je ne l’étais du temps du BCS » écrit l’éditorialiste de FoxSports.com Clay Travis.

En bref, l’idée de faire confiance à quelques professionnels sélectionnés pour décider quelle équipe termine quatrième et laquelle reste sur le bord de la route est si perturbante pour certains qu’ils en viendraient presque à regretter le temps des votants mal informés et des formules mystérieuses et mathématiquement sans fondement des ordinateurs.

Oh, football universitaire… Seras-tu jamais content ?

Sélectionner les sélectionneurs

Barry Alvarez, ex-coach de Wisconsin

La mise en place d’un comité de sélection a été décidée comme une forme de compromis au cours des négociations de 2012 entre conférences pour savoir si le champ du playoff devait se composer des 4 équipes les mieux classées dans les sondages ou des quatre meilleurs champions de conférence. Le langage spécifique employé à la fois lors de l’annonce de la création du comité et au moment de sa composition est que la mission du comité est de « sélectionner et classer les quatre meilleures équipes pour le playoff et d’affecter les autres équipes dans les Bowls retenus ». Pas les quatre meilleurs champions. Pas les quatre équipes les plus méritantes. Les quatre meilleures équipes. Comment ils définiront ce que sont les 4 meilleures équipes est un mystère à 608 millions de dollars qui sans aucun doute génèrera des tonnes de protestations et des théories du complot sans fin dans les mois et les années à venir, mais les commissioners ont indiqué quels critères ils devront appliquer. « Le comité de sélection a reçu le message très clair que gagner un championnat de conférence et la difficulté du calendrier comptent fortement et que ce sont deux des facteurs déterminants si deux équipes sont difficiles à séparer » a déclaré Larry Scott de la Pac 12. Rien que cela fournit plus de clarté que les sondages traditionnels, dont la principale consigne aux votants était : envoyez votre vote dans les temps.

J’ai pour ma part des opinions assez tranchées sur le sujet. D’une part, j’ai par le passé voté pour l’AP Poll et je dois bien admettre que, bien que je prenais mon vote au sérieux, il n’avait pas grand chose de scientifique. Comme la plupart des votants, je couvrais un match chaque samedi et par conséquent je ne voyais que des morceaux de match ou les meilleurs moments résumés des matchs qui se déroulaient en même temps. J’avais seulement jusqu’au lendemain midi pour déterminer si l’équipe X était meilleure que l’équipe Y, que je les ai vu jouer ou pas. Donc, comme la plupart des participants, je reprenais souvent les équipes de la semaine précédente et je les déplaçais vers le haut ou le bas de mon classement.

D’un autre côté, j’ai participé à une simulation organisée par la NCAA pour les journalistes afin de voir dans les conditions du réel comment fonctionne le comité de sélection du tournoi de basket et, bien que ce n’est pas parfait, c’est véritablement impressionnant en termes de profondeur d’analyse et d’organisation. Greg Shaheen, un ancien cadre de la NCAA chargé du comité de sélection de basket, nous a aidés, mon collègue Pete Thamel et moi, à mettre en place notre simulation pour le football en utilisant un panel de DS, en 2012. Croyez moi, un groupe de professionnels qui savent de quoi ils parlent assis dans une salle et délibérant avec soin sur leurs sélections est bien plus impressionnant que les polls conduits à la hâte utilisés par le BCS. « Je sais l’importance de regarder les données, l’information qui vous est présentée, de travailler dur pour évaluer les choses sous tous les angles, tout en sachant que vous n’avez pas une éternité pour donner votre sélection » affirme Condoleeza Rice, membre du comité et ancienne membre du cabinet de la Maison Blanche. « … Je sais aussi l’importance d’avoir des collègues qui peuvent questionner vos choix comme vous pouvez questionner les leurs et on obtient de meilleures décisions avec ce procédé collaboratif. »

Cela dit, je suis moins enthousiaste au sujet de certaines des règles initiales adoptées par le comité, j’en reparlerai plus loin. Aussi, je reconnais que sélectionner un comité pour choisir quatre équipes de playoff causera plus de controverse que pour leurs confrères du basket qui doivent en sélectionner 68. « ça vous saute au visage quand vient l’heure de choisir les deux dernières équipes qu’il y a un paquet d’équipes qui peuvent être candidates à ces deux dernières places », admet le DS de Mississippi State Scott Stricklin après avoir participé à notre simulation, « ça sera une tâche impressionnante lorsque le vrai comité sera réuni. »

Et finalement, peu importe à quel point les membres du comité seront qualifiés et respectés, il sera quasiment impossible d’éliminer l’impression de biais personnels que supposeront les fans quant aux sélections du comité. Parce que bien sur, il n’y a pas de meilleurs juges de l’objectivité que des fans acharnés d’une équipe donnée.

« Je vais devoir changer mon adresse mail et mon compte Twitter » plaisante le DS de USC et membre du comité Pat Haden.

Pat Haden, Directeur des Sports à USC

Avant de voir plus en détail comment le comité fonctionnera, familiarisons nous avec les personnes qui vont mener les opérations. Ce n’est pas comme si Bill Hancock était allé prendre 13 personnes à la supérette en bas de la rue. « Nous voulions des personnes de la plus haute intégrité pour ce comité, et nous les avons trouvées » déclarait Hancock au moment de l’annonce de la composition du comité en octobre 2013. « chacun d’entre eux a une grande connaissance du football, un excellent jugement, un vrai engagement et l’amour de notre sport. »

Hancock, qui a passé avec les commissioners des mois pour analyser une liste de 100 nominés potentiels, dit que le groupe a recherché une combinaison de 5 groupes : 1) des anciens coaches, 2) des anciens joueurs, 3) d’anciens administrateurs, 4) d’anciens journalistes et 5) des directeurs des sports en activité. Ils ont retenu au moins un de chaque, avec 10 anciens joueurs, 5 DS en poste, trois membres du College Football Hall of Fame et, au total, 230 années combinées d’expérience dans le football universitaire. Compte tenu de l’engagement en termes de temps et de l’inévitable lot de critiques qu’ils affronteront, il est remarquable que tant de grands noms aient accepté de participer.

« J’ai vraiment ressenti une obligation d’en être », dit le DS de Wisconsin et ancien coach des Badgers Barry Alvarez. « J’ai pu avoir un diplôme grâce au football universitaire. J’ai été capable de suivre ma vocation grâce au football. Le moins que je puisse faire pour rendre ce qui m’a été donné est de faire partie de ce comité. »

Et devinez quoi ? Ils vont travailler bénévolement.

Hancock affirme que le mandat moyen d’un membre du comité sera de trois ans, mais « certains membres du premier groupe auront des mandats plus courts et d’autres plus longs, ce qui est nécessaire le temps que nous mettions en place un roulement. »

Pour le meilleur et pour le pire, les 13 membres d’origine du panel seront parmi les personnes les plus importantes du football universitaire pour le futur proche.

Mesdames, Messieurs, voici votre comité de sélection.
  • Jeff Long, président, Directeur des Sports d’Arkansas : ancien quarterback universitaire et, durant deux saisons dans les années 80, assistant coach à Duke et Michigan, Long a progressé dans les rangs de directions des sports de cinq facs avant de prendre son premier job de DS à Pittsburgh en 2003. Il a rejoint Arkansas en 2008. En 2012, il a attiré l’attention en licenciant le coach à succès Bobby Petrino suite au scandale ayant vu Petrino mentir à son boss sur les détails d’un accident de moto où sa passagère était sa maîtresse qu’il avait engagée pour travailler dans le programme football. L’homme a donc de l’expérience au niveau des décisions impopulaires. Alma Maters : Ohio Wesleyan (licence), Miami of Ohio (master). Anciens employeurs universitaires : NC State, Duke, Michigan, Rice, Virginia Tech, Eastern Kentucky, Oklahoma et Pittsburgh.

  • Barry Alvarez, Directeur des Sports de Wisconsin : intronisé au College Football Hall of Fame en 2010, Alvarez a coaché les Badgers pendant 16 saisons (1990-2005), menant le programme longtemps moribond à trois victoires au Rose Bowl. Il est directeur des sports de l’université depuis 2005, et est, tout le monde s’en souvient, retourné sur le bord du terrain pour le Rose Bowl 2013 contre Stanford après que son successeur Bret Bielema ait déserté pour Arkansas. Hé, quelqu’un connaît le nom du type qui a débauché Bielema de Wisconsin ? Oh, ouais… C’est le président de ce comité… Autre illustration que le monde est petit, Alvarez a joué linebacker à Nebraska dans les années 60, lorsque le membre du comité Tom Osborne était assistant coach pour l’attaque. Alma Mater : Nebraska (licence et master). Anciens employeurs universitaires : Iowa, Notre Dame.

  • Lieutenant général Michael Gould, ancien superintendant d’Air Force Academy : général trois étoiles de l’Air Force à la retraite et officier décoré, Gould a passé toute sa carrière dans les forces armées, stationné sur des bases autour du monde. Joueur reconnu des Falcons et assistant coach en 1976-77, Gould a finalement progressé jusqu’à diriger l’Académie de 2009 à 2013. En 2010, il était président du conseil d’administration des directeurs de la Mountain West. Clairement, Gould a pris dans sa vie des décisions plus importantes que de sélectionner les meilleures équipes de football du pays. Alma Maters : Air Force (licence), Webster University (master). Anciens employeurs universitaires : Air Force.

  • Pat Haden, Directeur des Sports de USC : quarterback vedette des Trojans au milieu des années 70, remportant deux titres nationaux, Haden a été Rhodes Scholar [bourse d’étude donnée aux étudiants les plus brillants comprenant une année à l’étranger dans les facs les plus prestigieuses, souvent anglaises] tout en jouant en pros chez les Rams de Los Angeles. Prends ça, Tom Brady. Haden a longtemps été un consultant pour la télévision, dont une période en tant qu’analyste pour les matchs de Notre Dame sur NBC de 1998 à 2009. En 2010, il est revenu dans son alma mater pour nettoyer un département des sports ravagé par le scandale NCAA lié à Reggie Bush. Il a passé la plupart de son temps les trois premières années à défendre son coach largement critiqué Lane Kiffin avant de le renvoyer brutalement en septembre 2013 au beau milieu de la nuit, dans un aéroport, suite à une défaite. Il est par conséquent considéré comme un héros dans de nombreuses parties du pays. Alma Maters : USC (master), Université d’Oxford (UK), Ecole de Droit de Loyola.

  • Tom Jernstedt, ancien vice président exécutif de la NCAA : Jernstedt a passé 38 ans à la NCAA avant que l’actuel président Mark Emmert ne supprime son poste dans le cadre d’une des nombreuses ‘restructurations’ de l’institution. Il est aujourd’hui un consultant qui a travaillé pour la Big 12 et la Mountain West. Jernstedt a supervisé le comité de sélection du basket durant des décennies, ce qui incluait le rôle d’agent de liaison entre le comité et le staff de la NCAA. L’homme qui par le passé choisissait les membres de ce comité est aujourd’hui l’un de ceux choisis. Intronisé au Basketball Hall of Fame, Jernstedt a ses racines dans le football, ayant joué quarterback à Oregon de 1963 à 67. Alma Mater : Oregon (licence et master). Ancien employeur universitaire : Oregon.

  • Oliver Luck, Directeur des Sports de West Virginia : Après avoir occupé des postes de manager général, de président et de PDG dans différentes franchises professionnelles du Frankfurt Galaxy (Ligue Mondiale de Football Américain) au Houston Dynamo (MLS), l’ancien quarterback de West Virginia et des Houston Oilers est revenu dans son alma mater en 2010. Là bas, l’ancien finaliste du Rhodes Scholar a le plaisir de superviser deux des plus célèbres marginaux du sport universitaire : coach Dana Holgorsen pour le football et coach Bob Huggins pour le basket. Luck a un fils que vous connaissez peut-être. Il se prénomme Andrew et a joué un peu à Stanford. Alma Maters : West Virginia (master), Texas (licence de droit).

  • Archie Manning, ancien quarterback NFL : Manning était une star à Ole Miss qui a non seulement retiré son numéro 18 mais a aussi limité la vitesse de circulation sur son campus à 18 mph en son honneur. Il a passé 14 saisons en NFL, principalement chez les Saints de la Nouvelle Orléans et a disputé deux Pro Bowls avant de prendre sa retraite après la saison 1984. Comme son confrère Oliver Luck, sa lignée NFL est perpétuée par deux quarterbacks dont vous avez peut-être entendu parler, Peyton et Eli. Archie est une figure du football universitaire aujourd’hui encore, que ce soit comme analyste studio pour CBS ou comme patron d’un camp d’entraînement annuel familial qui emploie comme conseillers des quarterbacks universitaires célèbres (et, en de rares occasions, en vire un pour être resté au lit trop longtemps). Alma mater : Ole Miss (master).
    Note : Archie Manning a démissionné de son poste au sein du comité en mars 2015. Il a été remplacé par l’ancien coach de Vanderbilt, Bobby Johnson.

  • Tom Osborne, ancien coach de Nebraska : Osborne aurait sans doute apprécié d’avoir un playoff pendant ses 25 saisons (1973-97) aux commandes à Lincoln, alors que ses Huskers ont remporté 12 titres de la Big 8 et trois titres nationaux (1994, 96, 97), terminé 18 fois dans le Top 10 et obtenu un record de 255-49-3. Sans grande surprise, il est membre du College Football Hall of Fame. Après le coaching, Dr Tom a effectué trois mandats à la chambre des représentants et s’est porté candidat au poste de gouverneur en 2006. Un an plus tard, il est retourné à Nebraska comme directeur des sports, inspirant le mouvement de la fac de la Big12 vers la Big Ten. Oh, et il déteste l’université du Texas (je plaisante). Alma Maters : Hastings College (licence), Nebraska (master et doctorat). Ancien employeur universitaire : Nebraska.

  • Dan Radakovich, directeur des sports de Clemson : Tight end, punter, et étudiant-coach pour Indiana University of Pennsylvania, Radakovich a passé plus de 30 ans dans les administrations sportives universitaires. Avant de prendre le poste de DS à Clemson en 2012, il a occupé le même poste à Georgia Tech pendant six ans. Radakovich est aussi membre du comité consultatif de la NCAA, un panel de 10 DS mis en place par Emmert en 2013 pour apporter leur avis en matière de règlements. Le travail de notre comité semble une jolie parade de carnaval comparé à la tâche d’essayer de réguler la NCAA. Alma Maters : Indiana University of Pennsylvania (licence), University of Miami (master) [The U, baby!!!]. Anciens employeurs universitaires : Miami, Long Beach State, South Carolina, American, LSU, Georgia Tech.

  • Condoleeza Rice, professeur à Stanford : Rice, qui a grandit à Birmingham, Alabama, est une fan acharnée du Crimson Tide et la fille d’un ancien coach de football a servi comme provost à Stanford où elle a embauché l’ancien coach et membre du comité de sélection Tyrone Willingham. Bien sur, le public la connaît surtout pour son rôle de conseilleur à la sécurité nationale et secrétaire d’état [ministre des affaires étrangères] sous l’ancien président George W Bush. Et lorsque sa nomination au comité a fuité en 2013, une certaine partie des suiveurs de football, les Néanderthaliens, l’ont désigné avant tout comme… une fille. « Tout ce que Rice sait du football, c’est des choses que quelqu’un lui a dit » déclarait l’ancien coach d’Auburn Pat Dye à la radio. Dans le même temps, le coach de Stanford David Shaw déclarait au Stanford Daily que Rice et lui avaient dessiné des jeux offensifs afin de « créer des déséquilibres en faveur des tight ends de Stanford ». Donc, quoi qu’on lui ait raconté, ça a fonctionné. Alma Maters : University of Denver (master, doctorat), Notre Dame (master).

  • Mike Tranghese, ancien commissioner de la Big East : Tranghese a travaillé pour la Big East depuis sa création en 1979 jusqu’à ce qu’il prenne sa retraite 30 ans plus tard, notamment comme deuxième commissioner de 1990 à 2009. Au début de son mandat, il a convaincu les membres d’inviter des facs comme Miami ou Virginia Tech pour lancer une conférence de football. Lorsque l’ACC a fait son raid au milieu des années 2000 en prenant les Canes et les Hokies, il a maintenu la conférence en incorporant Cincinnati, Louisville et USF. Sentant que la Big East était une bombe à retardement, il a pris sa retraite juste avant que la conférence n’explose pour de bon. Tranghese a été membre du comité de sélection du basket de 1996 à 2001 et coordinateur du BCS en 2003-04. Oh, et il déteste l’ACC (je plaisante à moitié). Alma Mater : St Michael’s College (licence et master). Anciens employeurs universitaires : American International College, Providence.

  • Steve Wieberg, ancien journaliste de USA Today : journaliste sportif récompensé par des awards, Wieberg a travaillé pour USA Today de sa création en 1982 à 2012. Il couvrait le basket et le football universitaires, écrivant parfois des articles sur économie de la NCAA et d’autres aspects business. Il sait qu’il siègera au comité aux côtés de ses anciens sujets d’articles. « Je me sens un peu comme Ringo alors qu’il y aurait 4 John, 4 Paul et 4 George dans le groupe » disait-il au moment de sa nomination. Je connais Steve du temps où nous couvrions ensemble un certain nombre d’évènements et il n’aura aucun problème à confronter sa connaissance du football avec les autres célébrités rassemblées dans la salle. Alma Mater : Missouri.

  • Tyrone Willingham, ancien coach : Willingham est devenu l’un des coaches les plus recherchés du milieu au cours de ses années à Stanford au milieu des années 90, remportant deux fois les honneurs de coach de l’année de la Pac10 et menant le Cardinal à leur première victoire au Rose Bowl en 28 ans. En 2002, Notre Dame fit de lui le premier coach afro-américain de l’université. Il a mené les Irish à un record surprenant de 10-3 pour sa première saison avant que sa carrière ne parte en flammes. Après que Notre Dame l’a renvoyé après deux saisons décevantes, il est engagé par Washington où il produit cinq records perdants de suite, touchant le fond à 0-12 au cours de sa dernière saison. Alma Mater : Michigan State. Anciens employeurs universitaires : Michigan State, Central Michigan, NC State, Rice, Stanford, Notre Dame, Washington.

Juste parce que vous êtes paranoïaques…

Tyrone Willingham, ex-coach de Notre Dame

Le comité de sélection du basket est largement anonyme, à l’exception du président qui va sur CBS après que le tableau est annoncé. Pour le football, par contre, il semble que le public connaîtra bientôt les 13 noms aussi bien que la liste des coaches de la SEC ou les engagements des futures recrues de leur équipe favorite. C’est en partie lié à la résonance de noms comme Osborne ou Rice. Mais c’est principalement parce que leurs décisions ont des enjeux très élevés. Si le comité de sélection du basket sélectionnait le Final Four, vous connaîtriez probablement leurs noms aussi. « Deux DS m’ont dit que jamais de la vie ils n’envisageraient d’en faire partie » affirme Alvarez. « Il faut avoir le cuir épais dans ce business ».

J’ai recensé les différentes affiliations universitaires de tous les membres pour montrer à quel point des conflits d’intérêt supposés pourraient voir le jour en fonction des équipes qui seront dans la position d’être candidates année après année. Bien sur, les organisateurs du CFP et les membres du comité eux mêmes chercheront à vous convaincre qu’il n’y aura aucune inquiétude à avoir. « Je pense que ceux qui ont travaillé dans différents endroits ont l’intégrité pour se détacher de ces relations et faire ce qui est dans le meilleur intérêt du football universitaire » affirme Long.

Dans une conférence de presse d’avril 2014, Hancock et Long ont annoncé en grande pompe un règlement de récusation savamment composée énumérant les conditions sous lesquelles un membre du comité devrait s’abstenir d’un vote ou d’une discussion concernant une équipe spécifique. Il n’y en a pas beaucoup. Si une université vous salarie – pour un job effectif ou en rémunération différée pour un emploi en son sein – vous ne pouvez pas voter. Et c’est tout. Rien n’empêchera Haden de voter sur les rivaux de USC que sont Notre Dame ou UCLA ou Willingham de voter sur les équipes qui l’ont viré. Rien n’empêchera Luck de voter sur l’université qui a aidé son fils à devenir un quarterback multimillionnare.

Mais les membres du comité ne sont pas aussi préoccupés que peuvent l’être les fans des équipes concernées.

« J’ai beaucoup de respect pour Stanford et j’aime beaucoup David Shaw, mais je pense que je peux évaluer Stanford très justement » affirme Luck. « Mis à part l’université pour laquelle je travaille et qui me donne un chèque toutes les deux semaines, je pense que je peux être juste sur le cas de n’importe quelle équipe. » Au sujet des DS du comité discutant et votant sur les équipes qui composent leurs propres conférences, Luck déclare : « Je pense que ça fait beaucoup de sens de demander à Barry Alvarez ‘hé, tes gars ont joué Michigan la semaine passée, dis nous ce que tu en penses, dis nous ce que tes coaches en on dit… A la fin, s’il y a des théories du complot, c’est génial, mais je suis persuadé que ce groupe va bien faire les choses. »

« Je peux vous dire, avec mon expérience du comité de basket, que si quelqu’un essayait de franchir la ligne jaune, on l’arrêtait tout de suite », affirme Tranghese. « Les autres membres ne laissent pas faire. La plus grande priorité est l’intégrité, pour moi. »

La raison pour laquelle il pourrait être particulièrement facile pour le comité de sentir que quelqu’un essaie d’intriguer est que d’ici la fin de la saison, ils se connaîtront sacrément bien. À l’origine, les organisateurs pensaient que le comité se réunirait en plusieurs occasions au cours de la saison mais ne se livrerait à l’exercice de la sélection qu’en de rares occasions avant la publication du classement début décembre. « Il n’y aura pas de publication hebdomadaire, comme ce que nous avions avec le BCS » déclarait Hancock en octobre 2013. Six mois plus tard, le comité et lui-même changeaient de position et annonçaient qu’un classement de Top 25 serait publié toutes les semaines à partir de la dernière semaine d’octobre, et qu’il serait présenté dans un show de début de soirée sur ESPN. Juste comme le BCS. En 2014, le premier classement sera annoncé le 28 octobre.

C’est un tout nouveau jour. Le mardi.

Le comité se réunira physiquement tous les lundis et mardis pendant six semaines de suite, au Gaylord Texan Hotel de Dallas, où ils laisseront très certainement une sacrée note de room service. Ils se réuniront ensuite pour le classement qui compte réellement au cours du dernier weekend de la saison, annonçant leur classement, le tableau du playoff et les autres Bowls des ‘Six du Nouvel An’ le dimanche (le 7 décembre en 2014). « A partir du moment où on allait faire un classement, nous avons ressenti le besoin de le faire chaque semaine », dit Long. « C’est ce à quoi les fans sont habitués, et nous pensions que ça laisserait un vide dans l’univers du football universitaire de ne pas avoir de classement pendant plusieurs semaines. »

Quoique compréhensible, c’est une décision malheureuse. Manifestement, il n’était pas réaliste de penser que le comité allait travailler dans l’ombre toute la saison et émerger le dernier dimanche de la saison comme Moïse avec les Tables de la Loi. Ce serait trop détonnant. Mais en faisant son propre sondage hebdomadaire, le comité abandonne ce qui a mené à sa création, et qui était sans doute l’élément le plus important : différencier leur processus de celui des polls traditionnels.

De la Force (du calendrier)

Florida State vs Florida

Une des conséquences inévitables des sondages Top 25 est le biais de la continuité. Si en tant que votant de l’AP vous considérez avant la saison que USC est #1 et Oklahoma est #4, il vous faut souvent des preuves très fortes du contraire pour que vous changiez d’avis. Exemple : on a vu très tôt dans la saison 2013 que le double champion en titre Alabama avait une défense qui n’était pas au niveau exceptionnel de ses devancières, alors que Florida State écrabouillait tous ses adversaires. Mais les votants n’ont daigné mettre les Noles devant le Tide à la première place qu’après qu’Alabama a perdu son dernier match de saison régulière. « Tous les polls de l’histoire du football universitaire tendaient à refléter le passé et pas la vérité de la saison en cours », déclare le commissioner de la Big Ten Jim Delany. « J’aime vraiment le comité parce qu’il se base sur ce que les gens font, pas sur qui ils sont ou ce qu’ils ont pu faire avant. »

Bien qu’il est juste de dire que le travail du comité sera théoriquement dégagé des perceptions d’avant saison, ils auront eux aussi un point de départ à compter de fin octobre à partir duquel les équipes monteront ou descendront dans leur classement jusqu’en fin de saison. Juste comme un poll. S’ils font leur boulot comme prévu, les classements du comité pourrait diverger fortement de ceux de l’AP ou des coaches (qui ne vont pas disparaître), ce qui va sans doute ajouter à la confusion. « En approchant de la fin, les gens vont sans doute avoir une opinion assez fine de ce qui va se passer, mais en fonction des résultats des derniers matchs ils pourraient avoir de sacrées surprises », dit Haden. « Ce qu’il se passera en finale de conférence pourrait avoir un impact très fort sur le choix des membres sur le choix de la quatrième équipe ». Ce qui est sans doute une des raisons pour lesquelles le comité s’est senti obligé de publier des mises à jour régulières de son classement. Ils anticipent un processus d’acclimatation.

« Ce sera différent de tout ce que les gens ont connu jusque maintenant », affirme Hancock. « La saison évolue. C’est fluide. Des équipes s’améliorent, d’autres perdent pied. Il y a des blessures qui changent la dynamique d’une équipe. Certaines équipes vont affronter une équipe au complet début septembre et d’autres joueront cette même équipe en novembre, mais ce sera comme jouer une équipe différente. Et le comité pourra prendre tous ces facteurs en considération, ce qu’un ordinateur ne pourrait pas faire. »

Le fait que le comité prenne ces éléments en compte est en lui seul un changement énorme par rapport aux polls traditionnels. De même, l’importance qu’ils placeront dans la difficulté du calendrier. Alors que les votants d’AP, de Harris, des coaches pouvaient donner une petite importance au niveau de compétition affronté par les équipes, le premier facteur déterminant dans le classement d’une équipe était son nombre de défaites. À quelques exceptions près, être invaincu vaut plus qu’avoir une défaite, une défaite plus que deux, deux plus que trois. Si une équipe du Top 10 perd un match contre une autre équipe du Top 10 à la dernière seconde sur un field goal, la coutume chez les votants traditionnels est de considérer que cette équipe est soudainement cinq ou six places moins bien classée qu’elle l’était la semaine précédente, même si les équipes qui passent devant elle au classement ont passé la semaine à battre des équipes de FCS ou de conférences mineures.

Par contraste, dans l’ère du playoff, il est tout à fait possible qu’une équipe à 11-2 qui a affronté un calendrier particulièrement compliqué soit mieux classée qu’une équipe à 12-1 qui a passé sa saison à disposer d’équipes de faible niveau. A ce moment là, le pétage de plombs collectif des fans atteindra 3.1 sur l’échelle de Richter. Mais, encore une fois, c’est une bonne chose. Cela pourrait motiver les équipes de l’élite à renforcer leur calendrier hors conférence, et donc créer de meilleures affiches pour les fans. Le playoff à venir a déjà poussé certaines équipes à programmer des séries futures de haut niveau, particulièrement dans la Big Ten, qui passera de 8 à 9 matchs de conférence à partir de 2016 (imitant la Big 12 et la Pac12) et qui décourage ses membres de programmer des adversaires issus de la FCS. « Vous ne pouvez rien faire contre votre calendrier de conférence », affirme Alvarez, « c’est votre objectif – en fonction de votre choix d’adversaires hors conférence… Il est très facile pour moi de voir quel est l’objectif du calendrier d’une équipe. »

Tout de même, la fureur s’est déchaînée quand la SEC et l’ACC ont annoncé qu’elles resteraient à 8 matchs de conférence au printemps 2014 (bien qu’elles ont annoncé recommander à leurs membres de programmer au moins une rencontre par saison contre une équipe membre du Power Five), alimentant la paranoïa dans un milieu déjà passablement sujet à la chose. « Si nous allons dans un playoff et que ce système est fait pour durer, alors nous devons tous jouer avec les mêmes règles » affirme David Shaw, le coach de Stanford [et voilà, encore ce nerd qui fait sa pleureuse… avec les mêmes règles… T’as le bonjour des Petites Soeurs des Pauvres] après l’annonce faite par la SEC. « Nous jouons 9 de nos 12 rencontres au sein de notre conférence, pourquoi ne feraient-ils pas la même chose ? »

Mais les inquiétudes de Shaw pourraient n’avoir aucun fondement. En fait, il semble même que des équipes comme la sienne pourraient bénéficier fortement du nouveau système. En 2013, le Cardinal a fini à 11-2 en saison régulière, remporté le championnat de la Pac12, et terminé cinquième du classement BCS tout en jouant le 4° calendrier le plus difficile du pays selon le classement Sagarin. Ils ont remporté six victoires contre des équipes classées dans le Top 30 de Sagarin et auraient pu prétendre à une place en playoff. Dans le même temps, Alabama et sa seule défaite au compteur n’a battu que deux équipes du Top 30.

« La preuve sera donnée par les faits », assure Larry Scott, « mais je pense que la plupart du temps, nous allons prendre le bénéfice du doute quand une équipe sera très proche d’une autre. Et la difficulté du calendrier que nous avons sera un facteur déterminant pour l’équipe que nous choisirons. » Lorsque viendra, inévitablement, le jour où une équipe de la Pac12 passe devant une équipe de la SEC pour la dernière place du playoff, vous pouvez être certains de deux choses : 1) les auditeurs qui passeront à l’antenne dans le show de Paul Finnebaum le jour suivant balanceront des trucs qu’on n’a jamais entendu en radio et 2) la SEC passera à 9 matchs de conférence. Point barre.

Dans le même temps, des calendriers déséquilibrés entre les conférences diverses, et, dans certains cas, au sein même d’une conférence, pourraient constituer un gros défi pour le comité. Dans la Big12, il est facile de déterminer la meilleure équipe de la saison. Les 10 équipes se rencontrent toutes entre elles. Mais dans la SEC à 14 équipes, les équipes jouent seulement deux équipes de l’autre division. Idem pour l’ACC et en 2014 et 2015 pour la Big Ten. « Les équipes ne jouent pas le même calendrier », déclare Tranghese. « Quelqu’un peut bien dire ‘telle conférence est la deuxième conférence la plus dure du pays’, ça ne veut rien dire pour moi. C’est contre qui tu joues qui compte. »

Par exemple, en 2013, Missouri a gagné la SEC East avec un record de 11-1. Avant la finale de conférence, toutefois, les Tigers n’avaient pas joué contre les trois premières équipes de l’Ouest (Auburn, Alabama, LSU) et avaient perdu contre l’équipe la mieux classée de leur division (South Carolina). Leurs meilleures victoires à ce moment étaient contre 8-4 Georgia et 8-4 Texas A&M, et ils avaient joué contre Murray State, Toledo, Indiana et Arkansas State hors conférence. S’ils avaient battu Auburn en finale de la SEC, ils auraient sans doute participé au BCS Championship. Un comité de sélection n’aurait sans doute pas fait ça. « Pour le comité, que vous jouiez 8 ou 9 matchs de conférence importe peu. Ce qui compte, c’est le calendrier de tout le monde dans son intégralité, tous les 12 ou 13 matchs » affirme Hancock.

C’est le football, idiot !

Sachez bien que les membres du comité ne vont pas seulement s’appuyer sur les scores et les calendriers. Ils prévoient de voir des matchs. Un paquet de matchs, même. Le staff du CFP a équipé chacun d’entre eux avec un I Pad pour ce faire et a sollicité les conférences et DragonFly, un service de scouting vidéo utilisé par de nombreux programmes universitaires, afin que les membres aient accès à la fois aux diffusions télévisées et aux montages vidéos utilisés par les coaches pour qu’ils puissent tout voir, à leur convenance. « Mes dimanches seront entièrement consacrés à ça » assure Haden.

Dans le même temps, une société nommée SportsSource Analytics développe une plateforme de données qui permettra aux membres de classer les équipes selon ‘des centaines’ de catégories statistiques. Les membres du comité ont pu en avoir un aperçu au cours d’une réunion d’intersaison en 2014. « Nous leur avons demandé de reprendre toutes les données en remontant aussi loin dans le passé que possible, 13 ou 15 ans, et de prendre toutes les centaines de catégories qu’ils avaient (comme troisième et dix dans les 20 yards adverses) et de classer ces catégories en fonction de l’importance qu’elles ont pour les champions ou les équipes du Top 10. » déclare Luck. « Est ce que c’est ce à quoi les gens pensent toujours ? Le ratio de turnovers ? Les yards au sol ? Les yards au sol contre ? Je vais me concentrer sur les catégories qui ont prouvé être un facteur commun historiquement pour les équipes championnes. »

Et même, personne ne peut savoir avec certitude pour le moment comment les divers membres vont définir ce que sont les ‘4 meilleures équipes’. Hormis les critères déjà évoqués (difficulté du calendrier, rencontres directes…), les organisateurs ont clairement affirmé que chacun des membres du comité aura la liberté de décider comment exactement il ou elle évalue une équipe de football. « Il n’y aura pas une seule unité de mesure comme le RPI, qui est fortement surévalué en basket » affirme Hancock.

Est-ce que les membres du comité s’appuieront plutôt sur des mesures statistiques plus avancées comme l’efficacité F/+ de Football Outsiders ? Est-ce que nous aurons plutôt le toujours ambigu ‘test visuel’ ? « Chacun ici apporte une analyse personnelle un peu différente » affirme Alvarez. « En ayant analysé des heures de matchs, je pense en savoir un peu sur le football et sur ce qu’est une bonne équipe ».

Le comité a promis la transparence et Long, en tant que président, ira sur ESPN tous les mardis soir pour expliquer le raisonnement du comité. Mais il n’y aura pas de reporter dans la salle du comité. Il n’y aura pas de publication du Top 25 individuel de chaque votant, parce que ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Le comité va plutôt confronter des échantillons d’équipes avec d’autres, conduire des micro-sondages pour produire le classement global. En tant que groupe dont les décisions vont affecter les vies de multiples coaches et joueurs et la joie ou le rejet total qui en suivra de millions de fans, le comité du College Football Playoff est destiné à devenir l’un des plus sur-analysés et des plus remis en question des groupes de décisionnaires. Certaines années, le tableau va se dessiner de lui-même, mais la plupart du temps, il n’y aura tout simplement pas de bonne sélection possible.

« Il y aura des décisions très délicates à prendre » dit Hancock, qui s’est penché sur les saisons précédentes pour les analyser (comme je vais le faire juste après). « La décision certaines années entre 4-5-6 aurait été déchirante. D’autres années, c’est entre 3-4-5 que ce serait déchirant. Quoi qu’il arrive, cette année, l’an prochain ou les suivants, ce sera difficile. Nous n’avons pas créé le playoff pour supprimer le conflit. Nous savions que le conflit ferait toujours partie de l’affaire. »

Mais vous pourrez maintenant reporter vos frustrations sur 13 personnes plutôt que sur un groupe de plus de 160 votants et un assemblage de mystérieuses formules d’ordinateurs. C’est un progrès. Vraiment. Vous pourriez juste ne pas être d’accord avec ça le 7 décembre, quand votre équipe sera laissée à la porte du playoff…

Après trois années à commenter le football sous toutes ses formes, Verchain a rejoint la rédaction de The Blue Pennant en 2013 pour vous proposer son College Football Report et quelques autres fantaisies, en exclusivité.

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