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Guide du CFP pour les fans

Le guide du College Football Playoff pour les fans – 3ème partie

Retrouverez la traduction intégrale ou presque du petit livre de Stewart Mandel de FoxSports : The Thinking Fan’s Guide to the College Football Playoff.

Et on continue la traduction du bouquin de Stewart Mandel. Vous saurez tout sur le College Football Playoff…

QU’EN EST-IL DES AUTRES BOWLS ?

Le dernier jour de la saison 2011, Southern Miss a surpris l’invaincue Houston en finale de la Conférence USA, achevant les espoirs des Cougars dirigés par Kevin Sumlin d’une place at-large dans un Bowl BCS. Le Sugar Bowl avait alors deux places à attribuer. Michigan, 10-2, était certain de s’en voir attribuer une. Les Wolverines, avec de nombreux fans dans tout le pays, n’était pas allé à un Bowl BCS en 5 ans. Le Bowl de la Nouvelle Orléans avait deux possibilités intéressantes pour leur trouver un adversaie – Boise State, 11-1 avec le dernier match en carrière de son quarterback fantastique Kellen Moore, et 10-2 Kansas State, avec sa base de fans furieux empressés de pouvoir célébrer une surprenante saison du renouveau.

Lorsque le Dimanche de Sélection arriva, les types de la Nouvelle Orléans prirent la décision surprenante de prendre… Virginia Tech, 11-2 et classé 17ème dans le AP Poll suite à une défaite 38-10 contre Clemson en finale de l’ACC la nuit précédente. Même les fans des Hokies ne semblaient pas particulièrement enthousiastes sur ce coup. Interrogé sur les motivations de cette sélection, le PDG Paul Hoolahan cita… le copinage. Les Hokies avaient disputé son Bowl deux fois dans les années 2000, au contraire des deux autres équipes. Leur coach, Frank Beamer, avait été « un bon ami à travers les années », des mots mêmes de Hoolahan. Le Directeur des Sports (DS) de Kansas State John Currie s’est par la suite plaint à CBSSports.com : « Si vous voulez que les cinq Bowls [BCS] soient les meilleurs Bowls – car c’est l’étiquette qu’on leur colle, alors nous en sommes au point où nous devons avoir des critères plus objectifs de sélection. »

Trois ans plus tard, son vœu est accompli.

Les fans de football universitaire se sont depuis longtemps habitués à un rituel souvent exaspérant du début décembre où les Bowls majeurs sélectionnent les participants bien souvent en fonction de qui fera vendre le plus de tickets et remplira le plus de chambres d’hôtel ou de quel coach ou DS est le plus sympa avec le directeur du Bowl. Mais, dans l’ère du College Football Playoff, même ceux qui ne participeront pas au playoff parmi les ‘Six du Nouvel An’ (Rose, Sugar, Cotton, Orange, Fiesta, Peach) seront déterminés en fonction de… roulement de tambour… leur mérite ! « Les Bowls n’auront aucune influence parce qu’ils n’ont pas besoin d’en avoir une » affirme Hancock. « Le boulot du président du comité de sélections des équipes de chaque Bowl est obsolète. Fini. »

Si vous devez vous souvenir d’une seule chose de ce livre, j’espère que ce sera cela : Le nouveau comité de sélection du Playoff ne sélectionne pas uniquement les quatre équipes demi-finalistes. Je répète : le nouveau comité de sélection du Playoff ne sélectionne pas uniquement les quatre équipes demi-finalistes. Son classement sera utilisé pour sélectionner les 12 équipes qui disputeront les six Bowls majeurs. Et c’est le comité, et pas les Bowls eux-mêmes, qui décidera des affiches respectives.

Pour autant, ne croyez pas que les ‘Six du Nouvel An’ regrouperont le Top 12 du pays. Ce serait beaucoup trop simple et sympa pour les fans. C’est un système qui demeure sous le contrôle des conférences. Des obligations contractuelles variées doivent d’abord être prises en compte lors de l’affectation des équipes dans les Bowls. En fait, il peut y avoir des cas où une équipe classée plus bas ou pas classée du tout participe à un Bowl qu’elle n’aurait pas atteint dans le système plus restrictif du BCS. Malgré tout, il ne devrait plus y avoir de surprises comme Virginia Tech en 2011 une fois que tout le monde sera familiarisé avec le nouveau mode de fonctionnement. Le procédé de sélection est entièrement objectif, quoique très compliqué :

  • d’abord, les 4 premières équipes sont placées dans les Bowls demi-finales. Comme discuté précédemment, les sites sont prédéterminés dans une rotation.

  • Les champions des cinq conférences avec des Bowls sous contrat – la Big Ten et Pac 12 (Rose), la SEC et Big 12 (Sugar) et l’ACC (Orange) – sont assurés d’une place s’ils ne disputent pas le playoff. Si leur Bowl partenaire est disponible, c’est là qu’ils iront, automatiquement. Si leur Bowl partenaire héberge une demi-finale, ils iront soit au Cotton, au Fiesta ou au Peach Bowl, qui n’ont pas de lien contractuel avec les conférences.

  • Si le Rose, Sugar ou Orange n’accueille pas une demi-finale et perd son champion au profit du playoff, il prendra alors l’équipe de sa conférence la mieux placée dans le classement du comité de sélection. Contrairement à l’ancien système ou cette équipe était contrainte d’être classée dans les 14 premières pour prétendre à une sélection, il n’y a pas de place minimum dans le classement à détenir pour pouvoir être sélectionné. Si l’Orange Bowl perd Florida State classée 1 au profit du playoff et que Georgia Tech classée 22 est la deuxième équipe la mieux classée de l’ACC, les Yellow Jackets sont sélectionnés. Mais croyez moi, c’est quand même un système au mérite. Lisez la suite.

  • L’équipe la mieux classée par le comité des cinq autres conférences (American, Conférence USA, MAC, Mountain West, Sun Belt) a aussi une place garantie au Peach, Cotton ou Fiesta. C’est une différence majeure avec le BCS où un champion non-AQ devait être classé dans le Top 12 ou le Top 16 s’il était classé devant un champion AQ pour être invité à un Bowl majeur. En 2011 et 2013, par exemple, aucune de ces équipes ne s’est qualifiée. Désormais, il y en aura une chaque année. « La Conférence USA est enchantée » aux dires de son commissioner Britton Banowsky. Le mérite, on y vient…

  • Si l’Orange Bowl n’accueille pas une demi-finale, le classement du comité sera en partie utilisé pour déterminer l’adversaire de l’ACC. C’est ici que ça devient vraiment compliqué. La Big Ten, la SEC et Notre Dame ont un accord de partage avec l’Orange Bowl, qui doit prendre l’équipe la mieux classée de ce groupe. Mais il y a des limitations. D’abord, cette équipe ne peut être le champion de la Big Ten ou de la SEC, seulement une équipe at-large. De plus, la Big Ten et la SEC ont chacune la garantie d’avoir une équipe sélectionnée au moins trois fois au cours des 12 ans du contrat alors que c’est seulement deux fois pour Notre Dame. Le choix sera plutôt lisible les premières années mais pourrait devenir plus bizarre à partir de, disons… 2021…

  • Bon, vous êtes prêts ? Les équipes les mieux classées non encore sélectionnées complèteront les places at-large encore disponibles dans les six Bowls. Leur nombre variera d’année en année en fonction de quel Bowl abritera les demi-finales et de quelles conférences disputent les playoffs. Certaines années, il y aura quatre places de disponibles, d’autres il n’y en aura qu’une. Mais si Boise State est classée 7 et qu’Ohio State est classée 8 et qu’il n’y a plus qu’une place disponible dans l’un des six Bowls, le comité ne pourra pas prendre les Buckeyes à la place des Broncos. Les fans des Buckeyes affirmeront sans doute que c’est à cause de l’oversigning [héhé… argument souvent utilisé par la Big Ten lorsque des équipes SEC leur étaient préférées à tel ou tel Bowl BCS…]

Amusons nous avec des hypothèses…

Pour mieux conceptualiser le nouveau procédé de sélection, faisons une sélection fictive sur la base de la saison 2013. Par mesure de simplification, nous supposerons que le classement du comité est le même que celui du BCS, qui était celui-ci :

1

Florida State

13-0

ACC Champ

2

Auburn

12 – 1

SEC Champ

3

Alabama

11 – 1

4

Michigan State

12 – 1

Big Ten Champ

5

Stanford

11 – 2

Pac 12 Champ

6

Baylor

11 – 1

Big 12 Champ

7

Ohio State

12 – 1

8

Missouri

11 – 2

9

South Carolina

10 – 2

10

Oregon

10 – 2

11

Oklahoma

10 – 2

12

Clemson

10 – 2

13

Oklahoma State

10 – 2

14

Arizona State

10 – 3

15

UCF

11 – 1

American Champ

Répartissons maintenant les équipes sur la base du lineup 2014-2015 des Bowls, où le Rose et le Sugar accueillent les demi-finales.

  • Florida State, Auburn, Alabama et Michigan State vont en playoff.

  • Le champion de la Pac12, Stanford, est privé de Rose Bowl mais garanti d’une place ailleurs. De même pour Baylor, privé de Sugar Bowl.

  • Attendu que l’Orange a perdu le champion de l’ACC, Florida State, au profit du playoff, il prend l’équipe ACC suivante dans le classement, dans notre cas #12 Clemson. L’adversaire des Tigers sera l’équipe la mieux classée disponible issue de la Big Ten, la SEC ou Notre Dame. Dans notre cas, c’est #7 Ohio State.

  • #15 UCF, en tant que champion le mieux classé des cinq autres conférences, a une place garantie.

  • Les Bowls déjà mentionnés regroupent 9 des 12 places disponibles dans les ‘6 du Nouvel An’, et donc le comité sélectionne les trois équipes restantes les mieux classées pour les trois places restantes. Ici, ce sont #8 Missouri, #9 South Carolina et #10 Oregon.

Ainsi, les trois Bowls sous contrat sont #1 Florida State – #4 Michigan State dans la demi-finale du Sugar (du fait de la proximité géographique de #1 FSU avec la Nouvelle Orleans), #2 Auburn – #3 Alabama dans la demi-finale du Rose (que Dieu nous vienne en aide) et #7 Ohio State – #12 Clemson à l’Orange Bowl (comme c’était d’ailleurs le cas en 2013). Nous ne savons pas bien comment le comité décidera qui joue où entre le Cotton, le Fiesta et le Peach. Mais, au vu d’un communiqué de presse d’octobre 2013 : le comité utilisera la géographie comme critère dans le choix des matchs et leur affectation sur les sites des Bowls… Le comité essaiera d’éviter de programmer des matchs déjà disputés en saison régulière en affectant les équipes aux Bowls non-playoff… Au bénéfice des fans et des étudiants-athlètes, le comité essaiera d’éviter d’affecter une équipe ou un groupe d’équipes au même Bowl de manière répétitive. Les championnats de conférence seront un critère pris en compte lorsque le comité affectera les équipes dans les Bowls (ie si Dallas est un site qui convient à deux équipes, la préférence irait à un champion de conférence).

Compte tenu de ces critères, j’arrive au calendrier des Bowls suivant :

  • Peach : #8 Missouri (at-large) – #15 UCF (champion non-contrat)

  • Fiesta : #5 Stanford (champion Pac12) – #9 South Carolina (at-large)

  • Orange : #12 Clemson (ACC) – #7 Ohio State (B1G/SEC/ND)

  • Cotton : #6 Baylor (champion Big 12) – #10 Oregon (at-large)

  • Rose : #2 Auburn (SEC Champ) – #3 Alabama (at-large)

  • Sugar : #1 Florida State (champion ACC) – #4 Michigan State (champion Big Ten)

En tant que champions de conférence, Baylor et Stanford ont la préférence géographique. Oregon au Cotton faisait pourtant sens géographiquement et permet d’opposer deux attaques explosives. J’aurais aimé placer South Carolina à Atlanta [Peach] mais cela aurait donné un rematch avec UCF – à moins d’envoyer les Knights en Arizona mais alors l’équipe non-playoff la mieux classée (Stanford) aurait du affronter la moins bien classée. Donc, j’ai donné les Gamecocks au Cardinal, laissant Missouri et UCF au Peach. Le match d’Atlanta, comme les fans des Jacksonville Jaguars, aura donc droit à Blake Bortles plutôt qu’à Johnny Manziel…

Maintenant, on rebat les cartes : même classement, mais supposons que nous sommes en 2016-17, avec le Peach et le Fiesta comme site des demi-finales. Notez les changements de lineup :

  • Orange : #12 Clemson – #9 South Carolina

  • Peach : #1 FSU – #4 Michigan State

  • Fiesta : #2 Auburn – #3 Alabama

  • Cotton : #10 Oregon – #15 UCF

  • Rose : #5 Stanford – #7 Ohio State

  • Sugar : #6 Baylor – #8 Missouri

Dans ce scénario, Stanford, Ohio State, Baylor et Missouri sont toutes affectés dans les Bowls sous contrat avec leur conférence et South Carolina va à l’Orange Bowl en tant qu’équipe disponible la mieux classée du groupe B1G/SEC/ND. Malheureusement, ça créée un rematch entre les Gamecocks et Clemson qui se sont déjà rencontrés en saison régulière, à l’occasion du dernier match. Comme l’Orange et le Sugar ont toutes deux un contrat avec la SEC, on pourrait assister à un échange avec Missouri à l’Orange mais nous en restons pour l’instant à la lettre du règlement.

Juste en modifiant l’identité des Bowls abritant les demi-finales, seul un Bowl, le Cotton, termine avec une place libre après placement des équipes en fonction des contrats, contre trois avec le dispositif de 2014-15. Ce qui laisse Oregon et UCF comme les participants ‘par défaut’. Voici donc une étrange mais bien réelle conséquence au système de rotation : une fois tous les trois ans, le Cotton devra recevoir l’équipe la mieux classée des conférences les moins puissantes parce qu’il n’y aura pas de place disponible ailleurs pour cette équipe. Cette conséquence n’était pas intentionnelle, et le Cotton semble s’en accommoder pour le moment, mais il faut bien souligner qu’il est juste content d’être de retour parmi l’élite des Bowls après plus de vingt ans de purgatoire. On verra comment ils se sentent après de trop nombreuses visites de Northern Illinois.

Liquidation sur les tickets des Bowls.

Une fois encore, on voit l’autonomie des Bowls diminuée dans le nouveau système. Inspirées sans doute par l’ouragan de critiques contre les excès des organisateurs des Bowls issu de Death to The BCS, les conférences ont renforcé leur contrôle sur les dispositions de la post-saison. Par exemple, l’antique pratique d’exiger des participants aux Bowls d’acheter un certain nombre de tickets s’est montrée totalement inefficace à l’heure de StubHub et de Craigslist [un revendeur de billets de particulier à particulier et un site d’annonces entre particuliers]. Les fans ne vont pas acheter des tickets à plein tarif dans le lot attribué aux facs quand il y a des opportunités d’acheter bien moins cher. L’Orange Bowl en particulier a vu certains de ses tickets revendus à des prix aussi faibles que 99 cents l’unité sur des sites comme E Bay. Une recherche rapide a montré qu’une copie de ‘Too Legit To Quit’ de McHammer a été vendue pour le même prix. Des articles sont publiés tous les ans au sujet des facs perdant de l’argent du fait de tickets restés invendus – comme Connecticut perdant 1.8 millions de dollars sur le Fiesta Bowl 2011 comme exemple extrême. Mais les Bowls s’appuient lourdement sur ces ventes garanties de tickets pour ne pas boire le bouillon les années où les rencontres proposées ne sont pas particulièrement attractives.

Les ventes garanties de tickets ne sont pas abandonnées, mais les conférences ont obtenu que l’allocation de chaque fac soit limitée à 12500 tickets au lieu de 17500 tickets du temps du BCS (sans compter le Rose). « Le nombre de Bowls avait augmenté et les fans ont été surexposés à l’offre dans certaines régions, ce qui fait que la demande de tickets a baissé. » affirme le commissioner de la Big Ten Jim Delany. « Nous pensions que la situation n’était pas équilibrée. Pourquoi au juste devions nous acheter tous ces tickets ? »

Jusqu’à quel point le train des Bowls a déraillé ? En mars 2014, le Fiesta Bowl a licencié 33 de ses employés, citant la baisse de chiffre d’affaires dans le nouveau système car c’est le CFP et non les Bowls qui dirigent le nouveau match de championnat. « Nous n’avons plus la variété de revenus que nous avions » déclare Duane Woods, le directeur exécutif par intérim du Bowl. « Le paysage est très différent de ce qu’il était par le passé. » Des sources familières avec les contrats affirment que la perte de chiffre d’affaires n’est pas aussi criante que ce que dépeint Woods mais contraint les Bowls à vendre plus de tickets par eux-mêmes.

Le changement dans les relations entre les Bowls et les conférences impacte également les Bowls de moindre importance. Par le passé, les Bowls partenaires des conférences choisissaient leurs participants dans un ordre basé principalement sur leurs prestige et montants alloués respectifs. Bien qu’il y avait des restrictions dans le procédé – par exemple une clause interdisant à un Bowl de choisir une équipe au record de 8-4 au lieu d’une au record de 10-2 – les Bowls choisissaient globalement en fonction de leurs propres critères opaques comme le nombre de fans des équipes ou la manière dont les équipes avaient terminé la saison. Cela fournissait d’ailleurs aux bénévoles des Bowls dans leurs jolies vestes rouges ou jaunes l’occasion de se voir attribuer des places en tribune de presse pour ‘superviser’ des participants potentiels, à travers tout le pays. D’ailleurs, vous savez bien que le Gator Bowl arbitrait entre Nebraska et Minnesota en fonction de ce qu’avait pensé un opticien de 66 ans faisant partie de son comité d’organisation de son voyage gratuit à Lincoln, Nebraska…

Afin de permettre des matchs plus attractifs et d’éviter que des équipes fassent plusieurs années de suite le voyage au même Bowl, l’ACC, la Big Ten et la SEC emploient désormais un ordre de sélection moins rigide dans le nouveau cycle de Bowls en regroupant les Bowls par catégorie. À la fin de la saison, les conférences travailleront « en accord avec les facs et les Bowls » pour déterminer la bonne équipe pour chaque rencontre, selon la SEC. Traduction : Mike Slive sélectionnera. « Si une équipe va au même Bowl pour la troisième année de suite, on va probablement s’en alarmer » dit Jim Delany de la Big Ten. « Nous prenons la responsabilité d’influencer [le placement des équipes dans les Bowls]. On va probablement être critiqués là-dessus. »

Pour mieux comprendre les différences entre cette nouvelle approche et l’ancienne, comparons la composition des Bowls de la Big Ten 2013 et son procédé de sélection directe de 1 à 8 avec la composition 2014-2019 et son mode de sélection par groupes de 2 à 9 dans un système par palier. Note : dans la colonne 2014-2019, « College Football Playoff » prend en compte les demi-finales et toutes les équipes sélectionnées pour l’Orange, le Rose ou un des ‘Six du Nouvel An’. De même, le Little Caesar’s Bowl est supprimé et remplacé par un nouveau match à Detroit, alors que le Gator Bowl et ses 68 ans d’existence est maintenant appelé le TaxSlayer Bowl. Heureusement que quelqu’un veille…

2013 2014-2019

1

BCS

1

College Football Playoff

2

Capital One

2 à 4

Capital One

3

Outback

2 à 4

Outback

4

Buffalo Wild Wings

2 à 4

Holiday

5

Gator

5 à 7

TaxSlayer or Music City

6

Texas

5 à 7

San Francisco

7

Heart of Dallas

5 à 7

Pinstripe

8

Little Caesar’s

8 & 9

Heart of Dallas Armed Forces Bowl

8 & 9

Detroit

En plus d’employer un système par groupe, la Big Ten a également contraint tous les Bowls avec des contrats de 6 ans à accueillir au moins 5 équipes différentes sur la durée ; le Pinstripe a un contrat de 8 ans doit en accueillir au moins 6 différentes. « Si vous signez un contrat pour 6 ou 8 ans, vous devez être capable de faire bouger de place les équipes » déclare Delany. En théorie, toutes ces modifications devraient être en mesure de produire des affiches renouvelées et donner aux fans l’opportunité de visiter une variété de villes – tout en rendant impossible pour les journalistes comme moi de produire nos articles prévoyant la composition des Bowls avant la fin de saison avec une certaine exactitude…

Rien de tel que trop de football

Même les conférences les moins puissantes ont renforcé leur contrôle sur les opportunités de post-saison – quoique pas toujours de leur propre chef. Lorsque l’American Athletic Conference s’est mise en quête de partenaires pour le cycle 2014-2019, elle s’est aperçue qu’une conférence avec Memphis plutôt que Louisville ou SMU plutôt que Syracuse n’était pas très attrayante pour les Bowls de Floride. Alors, la conférence a lancé son propre Bowl, le Miami Beach Bowl, qui sera joué à Marlins Park [et qui devrait attirer aussi peu de monde que les matchs de baseball des Marlins…]. La conférence est propriétaire et organise le Bowl et l’adversaire de la première année sera l’indépendante BYU.

Ce match est l’un des quatre nouveaux Bowls qui rejoignent le paysage en 2014, avec le Bahamas Bowl (vous aurez besoin d’un passeport avec vos tickets pour le match), le Boca Raton Bowl (qui ne sera pas disputé dans une maison de retraite) et le Camellia Bowl à Montgomery, Alabama (le Camellia est la fleur officielle de l’Alabama, ce qui me surprend un peu, je croyais qu’elle devait se trouver dans le jardin de Nick Saban). Tous ces Bowls présentent une combinaison d’équipes de l’American, de la Conférence USA, de la MAC et de la Sun Belt. Un autre match, le Cure Bowl à Orlando rejoindra la compagnie en 2015, ce qui portera le total à 39 Bowls plus le championnat national.

Entre temps, en 2014, 59,3% des équipes FBS – 76 sur 128 – participeront à un Bowl. VOUS avez un trophée et VOUS avez un trophée, et VOUS aussi et…

Mon opinion sur le ‘trop de Bowls’ a changé au cours des années. Dans Bowls, Polls and Tattered Souls je proposais de diviser par deux le nombre de Bowls, et il n’y avait à l’époque que le modeste nombre de 32 bowls au total… La prédominance dans ces Bowls d’équipes à 6-6 qui n’avaient bien souvent que gagné deux matchs en conférence avait dévalué le système. « Aucun doute là dessus. Plus de Bowls, plus d’exposition, la participation à un Bowl n’avait plus rien de spécial » affirme Delany, « On veut quelque chose de spécial, et si vous avez trop de matchs, le côté spécial de l’expérience Bowl s’effrite ».

Mais, finalement, le Camellia Bowl fait du mal à qui ? Les coaches et les joueurs ont trois semaine de plus ensemble (sauf pour les coaches qui quittent leur poste pour en prendre un autre et les joueurs qui transfèrent entre deux semestres), les fans peuvent voir leur équipe une fois de plus et nous tous avons droit à plus de football. Si vous doutez de l’intérêt d’avoir du football un jour de semaine en décembre, sachez que les Bowls avec le moins d’audience sur ESPN dépassent en audimat à peu près tous les autres évènements sportifs de la chaîne hors football. Par exemple, en 2013, le match du 27 décembre entre Syracuse et Minnesota au Texas Bowl a eu une meilleure audience (2,5) que la finale du tournoi de la Big East de basket entre Louisville et Syracuse quelques jours plus tôt (2,1). A cinq exceptions près, les 35 bowls de cette année ont eux plus d’audience que la moyenne de Sunday Night Baseball sur la chaîne (1,3). Aussi, quand la MAC ou la Sun Belt ont contacté ESPN au sujet du lancement de plus de Bowls, la chaîne n’a pas attendu pour sortir le carnet de chèques. ESPN diffuse aujourd’hui 38 des 39 matchs de post-saison et organise même 10 d’entre eux. « Notre investissement dans le business des Bowls est gigantesque, et nous voulons nous assurer que l’entreprise des Bowls est saine financièrement » affirme Burke Magnus de ESPN.

[Je vous passe le listing complet des Bowls pour la période 2014-2019. Parce que, en ce qui me concerne, je me contrefous du Belk Bowl de Charlotte (ACC-SEC), de l’Independance Bowl de Shreveport, Louisiane (SEC-ACC) ou du Buffalo Wild Wings Bowl de Tempe, Arizona (Big Ten – Pac 12)]

Les Bowls ont indéniablement perdu de leur cachet au fil des ans et il sera intéressant de voir comment le College Football Playoff impactera leurs affaires. Après tout, comme évoqué dans un chapitre précédent, la principale raison empêchant le football universitaire de décider d’adopter un système de playoff aura été la crainte de voir disparaître le système des Bowls. Pour le moment, leur nombre est en croissance continue. Et même si la plupart des fans n’ont pas noté l’affiche Louisiana Lafayette – Sans Diego State lorsque le calendrier 2011 a été publié, il y avait 2 millions de foyers américains devant leur téléviseur pour voir le kicker des Raging Cajuns Brett Baer réussir un field goal alors que l’horloge atteignait zéro. Les plus petits Bowls survivront tant que ESPN (et peut être FoxSports 1 à un moment) a des heures d’antenne à remplir.

Le Rose, le Sugar, l’Orange et le Fiesta, avec entre 70 et 90000 sièges à remplir et des légions de bénévoles dévoués, risquent de souffrir le plus si le playoff transforme leurs affiches en match de consolation pour les participants et leurs fans les années où ces Bowls n’hébergeront pas une demi-finale. Il reviendra alors au comité de sélection de mettre en place les affiches les plus attrayantes. « Le monde entier sera concentré sur les équipes 1 à 4 » déclare le DS de UCLA Dan Guerrero, « mais les implications du classement à partir du rang 5 sont cruciales. »

C’est parce que pour la première fois de l’histoire, la performance globale d’une équipe aura des conséquences directes sur les affiches des Bowls. Nous pouvons tous normalement nous accorder pour dire que les affiches des Bowls majeurs déterminées par des critères objectifs sont du gagnant-gagnant pour tout le monde dans le football universitaire – hormis bien sur pour les fameux superviseurs des comités de sélection des Bowls qui ne pourront plus se balader dans le pays aux frais de la princesse…

Après trois années à commenter le football sous toutes ses formes, Verchain a rejoint la rédaction de The Blue Pennant en 2013 pour vous proposer son College Football Report et quelques autres fantaisies, en exclusivité.

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