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Guide du CFP pour les fans

Le guide du College Football Playoff pour les fans – 1ère partie

Retrouverez la traduction intégrale ou presque du petit livre de Stewart Mandel de FoxSports : The Thinking Fan’s Guide to the College Football Playoff.

Par Stewart Mandel

NDT : Toutes les erreurs éventuelles de traduction sont de la responsabilité du traducteur. Certaines parties du livre ne sont pas traduites (par exemple la préface « pourquoi j’ai écrit ce livre »). Comme de coutume, des Notes Du Traducteur [NDT] seront incluses dans le traduction, pour préciser un point ou faire un bon mot. Enjoy.

Un mot sur l’auteur : Stewart Mandel est un journaliste senior pour FoxSports. Il a couvert le football universitaire pour SI.com et Sports Illustrated pendant 15 ans, et notamment toutes les éditions du BCS National Championship Game hormis la toute première. Il a remporté de multiples récompenses de l’association américaine des journalistes de football. Stewart a écrit son premier livre, Bowls, Polls And Tattered Souls : Tackling the Chaos and Controversy That Reigns Over College Football, en 2007. Vous pouvez vous en procurer des exemplaires d’occasion pour 0,01 $ sur Amazon.com.

Stewart est diplômé d’une licence de journalisme en 1998 de l’université de Northwestern. Son obsession de tout ce qui touche au monde des Bowls peut être attribuée à sa présence au premier Rose Bowl disputé par les Wildcats en 47 ans alors qu’il était en première année. Depuis, il a suivi 11 Rose Bowls pour son travail et demeure fasciné par le coucher de soleil sur les San Gabriel Mountains qu’on aperçoit au cours du troisième quart-temps de la rencontre.

Stewart vit en Californie, à Mountain View, avec sa femme Emily.

QU’EST-CE QUI A PRIS SI LONGTEMPS ??

Princeton et Rutgers ont disputé le premier match de football universitaire de l’histoire, le 6 novembre 1869. il aura seulement fallu 145 ans pour que le plus haut niveau de ce sport décide d’adopter un système de playoffs à 4 équipes. Pendant ces années, des générations de journalistes et d’animateurs de talk shows de sport ont gagné leur vie en posant toutes sortes de variantes de la question : « Pourquoi le football universitaire n’a-t-il pas un playoff comme tous les autres sports ??? »

Eh bien, tout d’abord, les bowls – le sommet inégalé de la fin de saison de football universitaire – sont antérieurs à tout playoff des sports majeurs américains. Le premier Rose Bowl a été disputé le 1er janvier 1902. Les premières World Series [Baseball] ont été disputées 21 mois plus tard, et elles n’étaient pas, techniquement, un playoff, mais une série de rencontres au meilleur des 9 matchs entre deux équipes. Les premiers playoffs NHL [hockey] se sont disputés en 1918, et le premier match de playoffs de NFL n’a pas eu lieu avant 1932. La NCAA a mis en place son tournoi annuel de basket en 1939, la NBA a lancé sa première série de playoffs en 1947. Même le Super Bowl I, le 15 janvier 1967 ne s’appelait pas le Super Bowl à l’époque. Son nom officiel était le AFL-NFL World Championship Game. Le fait que la NFL ait par la suite adopté la terminologie du football universitaire plutôt que l’inverse montre à quel point les bowls étaient dominants pour la plus grande partie du vingtième siècle.

De plus, le football universitaire a débuté comme un sport avant tout régional. Des équipes de la côte Est (Harvard, Yale…) jouaient la plupart du temps contre des équipes de l’Est, celles du Midwest (Michigan, Wisconsin…) d’autres équipes du Midwest. En ces temps de voyage en train, les déplacements à longue distance pouvaient prendre près d’une semaine, et les matchs interrégionaux étaient une forme de grande nouveauté. Et l’idée de couronner un champion national n’a quasiment jamais été évoquée avant que l’Associated Press ne commence à publier son sondage de journalistes aujourd’hui omniprésent pour la première fois en 1936. Même alors, l’idée que des étudiants amateurs des quatre coins du pays puissent voyager sur de longues distances en décembre ou janvier pour déterminer quelle équipe était la meilleur semblait… absurde. Après que Michigan et Notre Dame aient toutes deux fini la saison 1947 invaincues, le coach des Wolverines Fitz Crisler a rejeté l’idée que les deux équipes devraient se rencontrer à l’occasion d’un match de championnat. Evoquant « le climat, l’exigence athlétique et d’autres facteurs », Crisler concluait que « ce serait juste l’occasion d’un débat réchauffé chaque hiver ».

Des montres pour tout le monde.

Même avec l’avènement des vols commerciaux, de la télévision et d’autres développements sociétaux qui ont transformé le sport universitaire en entreprise nationale, la résistance des dirigeants du sport n’a pas molli. Dès les années 50, la NCAA envoyait des équipes de basket aux quatre coins du pays pour son tournoi alors composé de 16 équipes. Huit équipes se retrouvaient à Omaha, Nebraska, pour les World Series Universitaires. Mais les Bowls – dirigés par des groupes locaux, pas par la NCAA – avaient mis la post-saison universitaire en coupe réglée. De 1936 à 1976, le nombre de bowls est passé de seulement 4 à 12, alors que ces rencontres événementielles devenaient une tradition les plus vénérées du sport. En ces temps plus insouciants, il n’y avait pas de plus grande réussite pour une équipe de football universitaire que d’atteindre le Rose ou l’Orange Bowl. En fait, l’AP faisait son sondage final avant les bowls tous les ans jusqu’en 1967, à une exception près ; le coaches poll a fait de même jusqu’en 1973.

« Pourquoi avons nous besoin de playoffs ? Parce que les pros en ont ? » déclara le coach de USC John McKay après la victoire de son équipe dans le Liberty Bowl 1975. « Nous avons mieux. Nous avons 8 ou 10 équipes qui gagnent leur conférence, gagnent leurs bowls, font de superbes saisons. Dix gagnants plutôt qu’un. Tout le monde est content. Les anciens élèves sont ravis. Les recruteurs sont heureux. Ils peuvent tous dire ‘on est numéro 1’. Le coach a une augmentation. Les joueurs passent du bon temps et reçoivent une nouvelle montre… »

John McKay, coach ldes Trojans de USC de 1960 à 1975

Mais, en fait, plusieurs des collègues de McKay ne partageaient pas son opinion. En 1966, le coach de Michigan State Duffy Daugherty, dont l’équipe avait partagé le mythique titre national l’année précédente, suggérait de supprimer les bowls du premier de l’an pour les remplacer par un playoff à 8 équipes regroupant six champions de conférences majeures et deux indépendants. « Les droits télévisés pour un playoff NCAA seraient énormes », affirmait-il. « Cela rapporterait à chaque membre de la NCAA au moins 20000 dollars. » De nos jours, cette somme ne couvrirait même pas le prix d’achat d’une des voitures de fonction de Nick Saban.

Le directeur exécutif de la NCAA Walter Byers a repris l’idée de Daugherty… jusqu’à un certain point. Reprenant un argument que beaucoup d’autres allaient employer encore au cours des cinq décennies suivantes, Byers affirma : « Il demeurera primordial que les intérêts légitimes des amis traditionnels du football universitaire qui, pendant toutes ces années, ont organisé les Bowls soient protégés. » Une commission de neuf membres mise en place par la NCAA, dont la vedette était le coach d’Alabama Bear Bryant a commencé à étudier la faisabilité d’un playoff à partir de 1968 mais a du se saborder sous la pression et les critiques à la fois des conférences majeures et des représentants des Bowls. « On a reçu plusieurs milliers de courriers », déclara le commisioner de la WAC et chairman de la commission Paul Brechler, « et avec des avis très différenciés. »

La possibilité d’un playoff a refait surface au cours de la Convention de la NCAA en 1976 à St Louis, où 134 universités de Division 1 se sont vues proposer un projet destiné à sélectionner les vainqueurs de quatre bowls du Nouvel An pour composer le champ d’un playoff. Le projet n’avait besoin que d’une majorité simple pour être accepté. Mais, une fois encore, les Bowls et les conférences majeures s’y sont opposé, tout comme le fit Sports Illustrated : « Les Bowls majeurs sont la raison d’être d’une poignée de personnels rémunérés et d’une armée de bénévoles , souvent des hommes de fortement appréciés dans leurs communautés » écrivait John Underwood dans un article sur le vote à venir. « … Supprimez l’impression d’être le numéro 1 de n’importe quel Bowl et il s’effondrera probablement ». Le projet n’a jamais été mis au vote.

De nombreux conseils et sous-comités de la NCAA ont lancé des propositions semblablement destinées à être rejetées au cours des années 80 et 90. A cette époque, la Division 1 avait éclaté en deux niveaux, la Division 1-A et la Division 1-AA (aujourd’hui dénommées FBS et FCS), la NCAA mettant en place un playoff pour les plus petites équipes. Mais les conférences majeures (comme la BigTen ou la SEC) avaient tout intérêt à conserver la NCAA loin de leur post-saison. Dans un marché largement dérégulé, les Bowls versaient directement leurs allocations aux universités ou conférences participantes. Les grosses légumes avaient toutes les raisons de craindre qu’un playoff dirigé par la NCAA contraindrait Auburn à partager son chèque du Sugar Bowl avec tous les Appalachian State de la création. De même, dès le début de la réflexion sur un playoff, les Bowls ont largement communiqué sur le fait que toute proposition de playoff constituait une menace sur l’existence même des Bowls. De ce fait, les cadres des Bowls et les volontaires aux vestes colorées ont investi un temps et un argent considérables à inviter à des diners bien arrosés les officiels des universités et des conférences qui leur permettrait de continuer leurs affaires. Par conséquent, toute tentative de mettre en place un système pour couronner un champion national devrait trouver un moyen d’intégrer les Bowls existants dans l’équation.

Fiesta Bowl 1987 – Miami vs Penn State

Belle ironie, un Bowl qui allait se retrouver pris dans un scandale révélant son hospitalité exagérée a par inadvertance déclenché le premier vrai mouvement vers un championnat officiel. En 1986, les deux équipes considérées de manière consensuelle comme les meilleures du football universitaire étaient Miami et Penn State, alors toutes deux indépendantes, et aucune d’elles n’était liée à un bowl en particulier. On était à une époque où les organisateurs des Bowls contractualisaient avec les facs avant même la fin de la saison régulière. Dans notre exemple, le Fiesta Bowl, fondé une quinzaine d’années auparavant, a misé sur le fait que les Canes et les Nittany Lions demeureraient invaincues, ce qu’elles firent, mettant en place un match épique en prime-time entre les équipes classées 1 et 2. Jusqu’alors, les rencontres entre 1 et 2 étaient extrêmement rares dans les Bowls – juste en 8 occasions dans les 56 premières années d’existence du AP Poll – et largement accidentelles. Mais à partir de là, l’idée de faire se rencontrer les équipes classées 1 et 2 prit racine.

En 1992, alors que les conférences s’accaparaient les Indépendants principaux (Florida State dans l’ACC, Penn State dans la Big Ten, Miami dans la Big East), l’ACC, la Big East, la Big 8, la SEC, la Southwest Conference et Notre Dame se sont entendues avec l’Orange, le Sugar, le Cotton et le Fiesta pour former la Bowl Coalition, plus tard renommé la Bowl Alliance. L’accord prévoyait que chaque équipe classée 1 ou 2 et appartenant à ces conférences pouvait être libérée de son accord avec l’un de ces Bowls pour que soit mis en place une rencontre entre le numéro 1 et le numéro 2. De 1992 à 1997, la Coalition / Alliance a réussi à mettre en place 3 rencontres de ce type. L’autre moitié du temps, cependant, l’absence de la Big Ten, de la Pac10 et du Rose Bowl empêchait qu’un match qu’on puisse considérer comme un vrai championnat national ait lieu. Ces trois parties maintenaient depuis 1947 un partenariat exclusif et refusaient férocement de partager leur événement. Pasadena est un endroit idyllique où on peut facilement se sentir coupé du monde environnant. Les personnes en charge de l’évènement n’avaient que peu d’intérêt pour un championnat national. Ils voulaient juste qu’on les laisse profiter de leur Nouvel An. Un Directeur des Sports de premier plan partisan d’un playoff a souvent exprimé sa frustration que le championnat national soit retenu en otage par « La Parade du Rose Bowl ».

Mais, en 1994, l’autonomie du Rose Bowl a privé le champion invaincu de la Big Ten, Penn State, de la possibilité d’un championnat national, qui est allé au premier du classement, l’invaincue Nebraska. « C’est une honte que les deux meilleures équipes du pays ne se soient pas rencontrées » a alors déclaré le quarterback des Nittany Lions Kerry Collins. Si vous ne le saviez pas, dix huit mois plus tard, les commissioners des autres conférences – et tout particulièrement Roy Kramer de la SEC – ont finalement persuadé ceux qui restaient en dehors du système de rejoindre une Super Alliance, qui fut juste après renommée Bowl Championship Series à l’aube de sa saison inaugurale, en 1998.

Quinze ans plus tard, Kramer, alors retraité, raconta à AL.com à quel point le Rose Bowl était inquiet de perdre ses deux champions traditionnels au profit d’un autre Bowl. Kramer a rassuré les dirigeants du Rose en leur montrant que les champions de la Big Ten et de la Pac 10 avaient seulement fini numéros 1 et 2 une seule fois dans les 50 années précédentes (deux fois, en réalité). Et bien sur, quand le premier classement BCS est paru le 26 octobre 1998, les deux premiers étaient… UCLA et Ohio State. « Le Rose Bowl était prêt à quitter le BCS » se souvient Kramer. «Je leur ai dit : ‘Bon, même si ça arrivait, ça ne le fera plus au cours des 50 prochaines années’. C’était vraiment tendu… ». Heureusement, Tennessee et Florida State ont terminé la saison 1 et 2.

Je suppose que tous ceux qui lisent ces lignes ont vécu au moins une partie de l’époque BCS. Nul besoin de rappeler l’histoire de ses 16 ans d’existence. Malgré toutes les critiques, le système a largement rempli son objectif initial. À l’exception de l’aberrante saison 2003, il a produit un champion unanimement reconnu chaque saison. L’intérêt pour la saison régulière est monté en flèche à mesure que les fans d’équipes d’une certaine conférence se préoccupaient fébrilement des résultats dans les autres conférences qui impactaient la course au BCS Championship Game. « Si vous considérez la croissance du marché du football universitaire de 98 à 2013, c’est quasiment incroyable », affirme le commissioner de la Big Ten Jim Delany. « le football universitaire s’est détaché des autres sports pour aujourd’hui être considéré comme le deuxième sport le plus populaire aux Etats Unis. Le BCS a vraiment développé et donné une portée nationale à notre sport. »

Avec l’attention croissance vint aussi le temps de la critique. En 2003, le président de Tulane Scott Cowen a organisé une coalition de conférences non qualifiables automatiquement pour le BCS (Conférence USA, Mountain West…)pour réclamer un système plus égalitaire. Le Congrès a mené des auditions. « Les créateurs du BCS l’ont mis en place en pensant que c’était une finalité » affirme le commissioner de la SEC Mike Slive, « mais d’autres personnes y ont vu le début de quelque chose de nouveau ».

Hormis l’addition d’un cinquième Bowl et l’ouverture plus grande faite aux petites équipes à partir de 2006 – ce qui nous donna le moment le plus fantastique de l’ère BCS, la victoire suprise de Boise State contre Oklahoma au Fiesta Bowl – le système demeura quasiment inchangé pendant 16 ans. Les excuses, pardon, les explications les plus communément avancées pour justifier que le fait d’augmenter le champ de deux équipes supplémentaires [NDT : pour déterminer le champion] serait un vrai désastre incluaient un conflit avec les études (mais il est normal que la FCS de jouer jusqu’à 4 matchs de plus), le risque de blessures (apparemment pas pris en compte lorsqu’il s’est agi d’approuver une douzième rencontre de saison régulière au milieu des années 2000), la sur-commercialisation (mais bien sur…) et le « bracket creep », un terme inventé par les consultants surpayés en relations publiques du BCS – parmi lesquels l’ancien porte parole de la Maison Blanche Ari Fleischer – pour illustrer la spirale négative qui verrait le champ d’un playoff inévitablement aller de 4 à 8 puis 12 puis 16 équipes (mais c’est probablement ce qui va finir par arriver).

Mort au BCS

Plus ses tenants défendaient le système, plus les critiques s’accumulaient. En 2010, le BCS devait faire avec une possible procédure en antitrust de la part du Procureur Général de l’Utah ; des plaintes étaient déposées auprès de l’IRS [le fisc américain] par un comité d’action politique, Playoff PAC ; et paraissait le livre à charge Death to the BCS [un must-read, vraiment] par le journaliste de Yahoo Sports Dan Wetzel et deux co-auteurs. Les deux derniers groupes concentraient leurs attaques sur l’opulence de certains comités organisant les Bowls, comme le ‘Summer Splash’ de l’Orange Bowl, un voyage organisé tout compris aux Bahamas pour les commissioners et les directeurs des sports. Le débat sans fin sur le playoff avait maintenant un programme de croisière (‘Tenue pour le dîner : décontractée’) comme argument.

En 2011, le Fiesta Bowl fournit aux adversaires du BCS les munitions ultimes lorsqu’un audit prouva que le PDG historique John Junker, déjà dans la tourmente du fait de contributions illégales à une campagne politique (pour lesquelles il a été condamné à six mois de prison en 2014), avait fait payer par le Bowl tout un tas de dépenses douteuses, incluant 30000 dollars pour une fête d’anniversaire à Pebble Beach [lieu d’un des tournois de golf les plus prestigieux] ou une addition de 1200 dollars dans un club de striptease. Le Fiesta a été autorisé à demeurer un bowl BCS mais a du payer une amende d’un million de dollars. Pourtant, en août de la même année, Jim Delany de la Big Ten se déclarait « heureux du status quo ».

Et soudain, il ne l’était plus. Au sortir d’une réunion des commissioners le 8 janvier 2012 à la Nouvelle Orleans, avec les négociations pour la prochaine post-saison prévues à l’été, Delany a dit à propos d’un playoff à quatre équipes : « Tout est possible. Les fondateurs [du BCS] sont les six conférences majeures plus Notre Dame. Il y a quatre ans, cinq d’entre nous ne voulaient pas en parler. Maintenant, les gens veulent avoir cette conversation. »

Voilà une concession impressionnante pour un commissionner dont la conférence, avec la Pac12 et le Rose Bowl, a longtemps été considérée comme « l’Axe de l’Obstruction » – comme l’a écrit Austin Murphy de SI – à toute discussion constructive sur le playoff. L’impossible devenait possible. Tout juste cinq mois plus tard, le DS de Notre Dame, Jack Swarbrick se tenait devant les journalistes à l’occasion d’une conférence de presse organisée à la hâte à Chicago, flanqué des commissioners de la FBS et annonçait : « Nous avons atteint un consensus autour d’un playoff avec quatre équipes suivant un classement. » Les Présidents d’universités donnaient leur aval six jours plus tard. J’ai écrit quelques jours plus tard : « que quelqu’un vérifié qu’il ne va pas se mettre à pleuvoir des cochons et qu’il n’est pas en train de geler en enfer. »

A ce jour, nul parmi ceux ayant pris part aux discussions n’a mentionné l’élément déclencheur pour la volte-face apparemment soudaine du groupe. « Ils ont écouté les fans », insistait le directeur exécutif du BCS Bill Hancock ce printemps là, sans expliquer pourquoi ils ne l’avaient pas fait 13 ans auparavant. Il est facile de souligner que le match pour le titre hautement impopulaire entre Alabama et LSU a pu donner un coup de boost. Ironiquement, le seul commissioner à avoir poussé en faveur d’un playoff depuis le plus longtemps, Mike Slive de la SEC, était celui qui en avait le moins besoin à ce moment. Sa conférence était au beau milieu d’une dynastie qui allait comporter sept titres consécutifs, causant du ressentiment et de la jalousie parmi ses confrères.

Mais le vent avait tourné bien avant. D’abord, trois des six conférences majeures – la Big East, Big XII et Pac12 – avaient changé de commissioner entre 2009 et 2011. Toutes les six ont intégré ou perdu des équipes dans la folie du réalignement. Mais surtout, les dirigeants du BCS s’étaient épuisés à défendre le système. « On était arrivés à un point où les dirigeants de l’université me demandaient : ‘vous pourriez faire quelque chose pour que je n’ai pas à m’occuper de ça tout le temps ?’ », déclare Swarbrick. « ‘Je suis vraiment fatigué d’en entendre parler dans mon courrier, de la part des partenaires, et des représentants du Congrès. Je ne veux plus parler de ça. Je veux juste diriger mon université.’ »

Le BCS ne pouvait pas mourir sans une dernière petite guerre pour que chacun marque son territoire. Le commissioner de la Pac12, Larry Scott, entre autres, insista pour un playoff uniquement composé de champions de conférence. La SEC n’était pas d’accord. La Big Ten a proposé de jouer les demi-finales dans les stades sur les campus – au grand bonheur de nombreux gars du Midwest désillusionnés qui pensaient sans doute que leurs équipes gagneraient plus de bowls si les températures étaient plus froides – mais n’a pas trouvé de soutien sur le sujet. Et le débat sur le mode de sélection des équipes est devenu comme un interminable show d’information des chaînes du câble. Finalement, ils se sont décidés pour des sites neutres, aucune restriction sur les participants et un comité de sélection pour remplacer le classement BCS, quelques uns des points que j’évoquerai dans les pages suivantes. « C’est gratifiant » dit Slive de son long combat pour un playoff qui devenait enfin victorieux. « ça nous a pris 10 ans. »

Oh, et, avant que vous ne demandiez : « ça restera à quatre équipes pour 12 ans » a déclaré Hancock en avril 2014. « [Les commissioners] ont choisi un playoff à quatre équipes car c’est un fonctionnement qui ne remet en cause ni la saison régulière ni les Bowls… On devrait l’adopter, l’aimer, le chérir et adorer entendre les mots ‘College Football Playoff’. Qui y aurait cru ? »

Duffy Daugherty y a cru le premier, il y a 50 ans. Bien sur, il voulait 8 équipes. Mais, hé, on est à mi-chemin. On en reparle dans un demi-siècle…

Après trois années à commenter le football sous toutes ses formes, Verchain a rejoint la rédaction de The Blue Pennant en 2013 pour vous proposer son College Football Report et quelques autres fantaisies, en exclusivité.

4 Commentaires

4 Comments

  1. pep

    23 août 2015 à 13h38

    Merci Mr « who is not impressed » pour ce superbe travail de traduction.
    Je pense dévorer les parties mises à notre disposition.

  2. Verchain

    26 août 2015 à 15h11

    Salut et merci. C’est bien l’intégralité du livre qui est dispo, sauf la préface sans grand intérêt… Nouveau lecteur ? Parce que cette traduction commence à dater…

    • pep

      30 août 2015 à 20h06

      Non mais il me semblait que l’année dernière tu n’avais traduit seulement qu’une partie.

  3. Colt

    26 août 2015 à 18h12

    Par respect pour l’immense Verchain, ca mériterait que je lise son travail de collégien, de College Football je veux dire …
    Ton blog me manque, snif …

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