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Dossier

Verchain’s Justice : The O’Bannon Trial – Episode 2

Ed O’Bannon vs. The NCAA. The Trial. Episode 2. Les compte-rendus d’audience. Sauce Verchain. Avec beaucoup de virgules, de parenthèses et de points de suspension…

Bonjour à toutes. Oui, à tous aussi. Votre ami Verchain, le gars qui parle de lui à la troisième personne et aime à se coltiner pour The Blue Pennant tous les – vrais – scandales du football universitaire (s’il devait faire la revue des arrestations et des exclusions de joueurs, il y passerait ses journées) et leurs répercussions judiciaires, s’est porté volontaire pour vous retranscrire, de manière la plus simple possible et en mettant les choses en perspective lorsque nécessaire, les différentes phases du procès présenté par certains comme le plus important de l’histoire du sport (rien que ça…) : Ed O’Bannon vs. The NCAA.

En direct live différé d’Oakland, California, voici donc les compte-rendus d’audience. Sauce Verchain. Avec beaucoup de virgules, de parenthèses et de points de suspension…

Dans les épisodes précédents, le showman Robert Noll a captivé l’audience, et séduit Judge Claudia avec ses nombreux propos incompréhensibles et ses multiples blagounettes, avant qu’un ancien receveur ne vienne démontrer qu’il n’avait aucun droit à sa propre image, celle qui vaut 10 dollars par cliché.

Aujourd’hui :

Day Four

En ce quatrième jour, après le show Noll, place à un ancien cadre de NBA TV, Ed Desser. L’objectif des plaignants en citant ce monsieur est de démontrer qu’il existe un vrai ‘marché’ parmi les programmateurs TV pour les droits d’exploitation des images des joueurs. Ed Desser est aujourd’hui consultant spécialisé. C’est à dire qu’il est rémunéré pour venir témoigner.

Malgré les protestations des avocats de Fox présents à l’audience, Judge Claudia a autorisé les plaignants à présenter les clauses du contrat liant le network à la Big 12. Un autre contrat entre la NCAA et CBS/Turner pour la diffusion de la March Madness de basket a été également évoqué.

Les deux contrats évoqués ont été négociés en 2009, soit après le premier dépôt de plainte d’O’Bannon, bien qu’à l’origine, la démarche du camp des plaignants ne portait pas fortement sur les milliards des droits télé (ce n’est qu’en 2012 que les plaignants ont renforcé leur position sur ce point). Les contrats datent de 2010 (Fox) et 2011 (CBS).

Le contrat de Fox contient une clause indiquant que la conférence donne à la chaîne « tous les droits sur l’image et les noms des joueurs » qui sont « raisonnables et nécessaires » pour que la chaîne diffuse les matchs en direct.

Desser a également affirmé que le contrat de la Fox contient une clause « de confort » pour la chaîne limitant les impacts pécuniers d’une éventuelle procédure judiciaire relative aux droits cédés.

Le contrat de la NCAA avec CBS indique la NCAA garantit qu’il ne viole aucune loi relative au droit à l’image des joueurs et des coaches.

Desser a également affirmé qu’une clause dans le contrat de CBS prévoit des dispositions financières d’indemnisation du network en cas de souci judiciaire. Nouveau numéro comique digne du théâtre de boulevard avec l’avocat de CBS qui pénètre dans le prétoire depuis les chaises de l’assistance et réclame que cette clause et ses dispositions demeurent secrètes. Les parties s’entendent finalement pour qu’une partie du contrat demeure confidentielle.

Desser déclare également que l’image des joueurs est l’essence même de ce qu’achètent les chaînes de télé pour diffuser les matchs, arguant que ‘aucune chaîne ne veut montrer un stade vide ou un match dans lequel elle devrait flouter les joueurs’.

Au cours du contre-interrogatoire, l’avocat de la NCAA a fait admettre à Desser que de nombreux contrats de droits sportifs universitaires ne font pas mention de ‘l’image, le nom, l’apparence’ des joueurs. L’avocat a également indiqué que la loi californienne ne reconnaît pas de droit à l’image pour la diffusion d’événements sportifs. L’un des arguments de la NCAA est d’affirmer que de nombreux états sont dans le même cas.

La NCAA n’emploie d’ailleurs jamais le terme ‘joueur’ dans ses contrats, mais le terme de ‘participant’. Un ‘participant’ recouvre donc plus de personnes que l’ensemble des joueurs (les coaches… Verchain ajouterait les cheerleaders bien sur. Et oui, il est prêt à payer pour les cheerleaders d’Oregon, mais c’est une autre affaire).

Ce à quoi Desser a répondu : ‘je crois que l’activité des joueurs sur le terrain est quelque chose qui a une valeur, sinon les diffuseurs n’accepteraient pas de payer pour diffuser’.

Ceci a permis à l’expert NCAA en matière de TV, un autre consultant nommé Neal Pilson, ancien président de CBS Sports, qui est passé à la barre, d’affirmer que le fait de mettre en place une compensation financière des joueurs ferait passer les sports concernés pour simplement ‘juste d’autres sports professionnels’, ce qui nuirait ‘à l’intérêt porté par le public à ces sports’. C’est l’une des positions de la NCAA. Limiter l’intérêt du public limiterait les gains potentiels et donc ne permettrait plus d’investir dans les installations universitaires ou la rémunération de professeurs compétents, ce qui limiterait les possibilités de recrutement d’étudiants-athlètes. Car, it is known, les étudiants-athlètes se recrutent en fonction du potentiel scolaire de chaque fac…

Le témoignage de Pilson aura permis une petite bataille de déclarations devant les micros à la sortie de l’audience, chaque camp restant bien évidemment sur sa position, les plaignants se moquant ouvertement de l’expert en affirmant que sa position n’existait que dans sa tête et pas dans le monde réel…

Day Five

Le lendemain, le camp des plaignants a appelé à la barre un autre ancien joueur nommément plaignant, Chase Garnham, ancien joueur de Vanderbilt. Oui, un linebacker pour ceux qui ne connaîtraient pas cette mégastar…

Comme pour O’Bannon et Prothro qui avaient témoigné avant lui, l’objectif des avocats des plaignants était de démontrer que Garnham, comme les autres, était d’abord un athlète avant d’être un étudiant. Ils lui ont fait dire qu’il avait du prendre des médicaments donnés par le staff médical de l’équipe de football avant chaque match de ses saisons junior et senior à cause de blessures et qu’il avait pu observer son avatar dans un jeu vidéo et qu’il n’avait aucun doute sur le fait que c’était lui qui était représenté à l’écran.

Garnham a poursuivi en témoignant que la moitié des joueurs de sa classe d’âge à Vanderbilt avaient pris la même dominante que lui – développement humain et organisationnel. Il a également affirmé s’être disputé avec plusieurs représentants du département des sports des Comodores, dont le directeur des sports David Williams, avant sa saison senior au sujet de la signature d’un accord abandonnant ses droits d’image et de nom nécessaire pour qu’il puisse jouer.

Day Six

Le contre-interrogatoire de Garnham s’est déroulé lundi, à la réouverture du procès. L’avocate de la NCAA a démonté point par point tout ce qui avait été avancé par l’avocat des plaignants.

L’avocate de la NCAA, c’est Carolyn Luedtke. Qui a un nom imprononçable et qui fait peur…

On a donc eu droit au fait que la dominante choisie par Garnham est très populaire parmi les étudiants de Vandy (qu’ils soient sportifs ou non), à l’exposition de deux images issue du jeu vidéo (NCAA Football d’EA, pour ne pas le nommer) représentant celui que Garnham avait identifié comme son avatar vidéoludique et un autre sensé représenter un joueur de Stanford devant lesquelles le linebacker a reconnu que les visages en pixels étaient identiques, à l’exposition du compte Twitter du joueur commentant des émissions TV populaires pour prouver qu’il passait beaucoup de temps devant ces trucs (ce qui tendrait à démontrer que le football ne consommait pas tout son temps, et pas celui qu’il aurait du investir à étudier, ce branleur…), pour finalement conclure sur le fait que Garnham reconnaissait avoir reçu une bourse de 50 000 dollars et avoir terminé son cursus sans avoir de dettes liées à sa scolarité.

L’objectif était une nouvelle fois d’appuyer sur deux des quatres lignes de défense de la NCAA : limiter la compensation financière des étudiants-athlètes permet de préserver l’intégration des études et du sport et l’importance de l’amateurisme permettant de distinguer les sports universitaires des sports pros et donc de préserver l’intérêt du public pour ces événements sportifs…

Bref…

Les plaignants se devaient d’en remettre une couche. Enter Ellen Staurowsky.

Verchain n’a aucune raison, mais alors aucune, d’aller poser ses fesses dans ce prétoire. Paie ton train fantôme…

Professeur de management du sport à Drexel, celle que nous nommerons désormais Morticia est venue parler gros sous et affirmer qu’il y a une demi-douzaine de raisons pour lesquelles on peut considérer que les étudiants-athlètes sont des athlètes d’abord, et des étudiants ensuite. Vous le sentez, là, le comique de répétition ?

Pour faire bon effet, l’avocat des plaignants, Rosenthal, nous a livré une lecture des règles de la NCAA. Deux points plus particuliers, sur le fait de maintenir le sport comme une partie intégrante du cursus universitaire et sur le principe de l’amateurisme qui doit protéger les étudiants-athlètes de l’exploitation des firmes commerciales (bouhhhh!!!).

Ce petit préambule juste pour permettre à Morticia de nous servir sa soupe attendue. Les conférences majeures reçoivent des millions de dollars par an des chaînes de télévision. Et ce sont ces millions qui dictent l’établissement des calendriers des rencontres et a pousser les universités à décider d’ajouter un douzième match de saison régulière dans le courant des années 2000. Citant les études de USA Today ou du Sports Business Journal, Morticia a ensuite discouru sur les augmentations folles des salaires des coaches et sur les sommes englouties dans l’amélioration des installations sportives des facs.

Tout cela pour en arriver à son temps fort, citer les six raisons pour lesquelles les joueurs de football et de basket masculin sont des athlètes avant d’être des étudiants…

  • Le temps consacré au sport (en se basant sur des données publiées par la NCAA)

  • L’accent mis par les universités sur le sport, en citant une autre étude de la NCAA indiquant que seuls 15% des étudiants-athlètes choisiraient leur dominante universitaire actuelle s’ils n’étaient pas membres des équipes sportives.

  • La façon dont sont distribuées les bourses universitaires, citant une étude indiquant que très peu de facs utilisent la possibilité d’offrir des bourses garanties sur plusieurs années (ce qui implique qu’elles se couvrent contre les risques de blessures mettant fin aux carrières des joueurs, en somme).

  • La différence du niveau d’admission entre les étudiants-athlètes des grosses facs et les étudiants lambda dans les mêmes universités.

  • Les taux de réussite aux diplômes qui sont inférieurs pour les joueurs de football et de basket que pour les autres populations universitaires, y compris les étudiants-athlètes des autres sports. Elle se base sur des données NCAA et des études fédérales.

  • Le regroupement massif des étudiants-athlètes dans certaines dominantes universitaires (sous-entendu ‘moins exigeantes’) par rapport aux autres étudiants, en se basant sur une étude menée par Morticia elle-même et ses étudiants pour le compte de USA Today, alors qu’elle était professeur à Ithaca.

Les défendeurs ont employé la vieille technique que vous avez sans doute vu dans toutes les séries judiciaires. Décrédibiliser le témoin.

Plutôt que d’attaquer les arguments de Morticia, l’avocat Luis Li (eh oui) s’est employé à questionner le fait qu’elle basait son témoignage sur des données fournies dans des articles de presse. Tout ça pour démontrer que Morticia n’était pas une experte dans le domaine sur lequel elle témoignait (hé, même Verchain sait tout ce que Morticia rapporte à la barre, c’est dire…). Jusqu’à aller au gag visuel, en fournissant au témoin un téléphone portable, pour qu’elle puisse utiliser sa fonction ‘calculatrice’ pour étayer et vérifier ses chiffres.

Un vrai, beau sketch de prétoire. Le genre de truc qui peut t’amener la sympathie d’un jury…

Ouais… Sauf que dans le tribunal de Judge Claudia… Il n’y a pas de jury…

On en était tellement dans le comique que Morticia s’est même permise de demander à Li ce que ses questions sur ses qualifications avaient à voir avec le cas… Judge Claudia likes this…

Les avocats bien chers de la NCAA se sont donc manqués sur ce coup, en ne testant pas la validité des arguments. Un point pour les plaignants…

La fin du contre-interrogatoire est à suivre…

Coming Next :

Mark Emmert. Oui, le président de la NCAA, qui a tout de même tendance à faire parfois n’importe quoi, sera appelé à la barre jeudi. Can’t wait… Oh, et il y aura la suite de l’interrogatoire de Morticia Staurowsky… Et plein d’autres surprises… Stay tuned !

‘Til next time, take care of yourself, and each other…

Après trois années à commenter le football sous toutes ses formes, Verchain a rejoint la rédaction de The Blue Pennant en 2013 pour vous proposer son College Football Report et quelques autres fantaisies, en exclusivité.

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