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Dossier

Verchain’s Justice : The O’Bannon Trial – Conclusions

Ed O’Bannon vs. The NCAA. The Trial. Les conclusions. Les compte-rendus d’audience. Sauce Verchain. Avec beaucoup de virgules, de parenthèses et de points de suspension…

Bonjour à toutes. Oui, à tous aussi. Votre ami Verchain, le gars qui parle de lui à la troisième personne et aime à se coltiner pour The Blue Pennant tous les –vrais- scandales du football universitaire (s’il devait faire la revue des arrestations et des exclusions de joueurs, il y passerait ses journées) et leurs répercussions judiciaires, s’est porté volontaire pour vous retranscrire, de manière la plus simple possible et en mettant les choses en perspective lorsque nécessaire, les différentes phases du procès présenté par certains comme le plus important de l’histoire du sport (rien que ça…) : Ed O’Bannon vs. The NCAA.

En direct live différé d’Oakland, California, voici donc les compte-rendus d’audience. Sauce Verchain. Avec beaucoup de virgules, de parenthèses et de points de suspension…

Dans les épisodes précédents, on ne s’est pas beaucoup amusés, hormis avec les problèmes de chaise de Mark Emmert, sans doute…

La dernière semaine du procès n’a rien amené de bien signifiant. Encore quelques témoins de la NCAA venus porter les mêmes arguments qu’Emmert ou Jim Delany (yup, that Leaders & Legends guy…), des avocats des plaignants tentant de leur faire dire que les plaignants ont tout de même raison…

Je vous passerai donc les résumés complets des débats pour ce dernier épisode. Parce que bon, vous n’êtes pas là pour lire et relire les mêmes choses… Ah, et surtout, une partie de la semaine a été passée à lire en audience un certain nombre de dépositions écrites allant dans un sens ou dans l’autre, parfois tirées des minutes d’un ancien procès en anti-trust contre la NCAA qui tendait à prouver, en 2007, que les bourses universitaires ne suffisaient pas à couvrir le coût complet de la scolarité et frais annexes (notamment la nourriture).

Signalons juste que la Juge Claudia Wilken a terminé la série d’audiences en posant des rafales de questions sur lesquelles les avocats des deux parties devaient donner leurs réponses, des questions souvent de la forme ‘Que se passerait-il si…’. Une pratique assez iconoclaste dans un prétoire, à ce qu’il paraît. Une façon de montrer qu’elle considérait de manière sincère chacun des arguments exposés ?

Bref, venons-en aux conclusions, au cœur de l’affaire.

Les conclusions

Judge Claudia devra arbitrer entre deux points de vue, sur des éléments qui constituent la base de ce qu’est l’antitrust.

Qu’est-ce à dire ?

Les plaignants devaient établir qu’il y a bien un marché concret pour les droits à l’image des joueurs universitaires. Et que les pratiques de la NCAA qui empêchent que les joueurs soient rémunérés sont contraires aux lois garantissant la liberté de commerce. Les arguments, témoignages, et les conclusions vont dans ce sens. Les joueurs sont spoliés. Voilà ce que disent les plaignants. Si Judge Claudia déclare que le marché n’existe pas ou que les joueurs ne sont pas lésés sur ce marché, il n’y a plus de cas. Rien ne change.

La NCAA devait prouver le contraire, ou au moins limiter la perception d’une spoliation des joueurs, d’une concurrence faussée, etc…

Les arguments présentés par les avocats (non, je ne vous repasserai pas les photos de leur avocate mochasse) payés des millions de la NCAA tendent donc à démontrer que les règles actuelles de la NCAA :

  • Augmentent les possibilités de choix des consommateurs et la demande : la NCAA se base notamment sur une étude démontrant que les fans seraient moins intéressés si les joueurs étaient payés (les plaignants répondant que ce n’est pas la question, qu’on parle juste de rémunérer le droit à l’image).

  • Augmentent la ‘production’ : si les joueurs devaient être rémunérés, certaines facs pourraient décider de quitter la division FBS, réduisant ainsi le nombre de matchs disponibles pour les fans et limiter les opportunités pour les étudiants-athlètes d’avoir une formation universitaire (les bourses hors Division 1 sont inexistantes voire dans quelques rares cas extrêmement faibles). Les plaignants ont su faire remarquer que certaines grosses facs sont déjà prêtes à augmenter le montant des bourses universitaires.

  • Préservent une juste concurrence : payer les joueurs reviendrait à mettre en concurrence des facs à énormes budgets avec d’autres à tout petits budgets, qui ne seraient pas à même de payer autant les joueurs, les entraînant dans un cercle vicieux d’appauvrissement pendant que les plus riches s’enrichiraient… Les facs ne pouvant proposer le même ‘produit’, la concurrence serait faussée. Les plaignants affirment que les meilleures facs en termes de sport recrutent déjà dans un groupe de joueur auquel les petites facs n’ont pas accès.

  • Promeuvent l’intégration par le sport : des joueurs rémunérés seraient plus concentrés sur le sport que sur les études, les délaissant totalement pour certains. Les règles permettent à des jeunes gens qui ne pourraient jamais faire d’études de recevoir un enseignement de qualité. La NCAA se base notamment sur l’amélioration des taux de réussite aux diplômes pour prouver son point. Les plaignant constatent que les taux de réussite des étudiants-athlètes sont largement inférieurs à ceux des étudiants traditionnels.

Si Judge Claudia est convaincue par un seul des quatre arguments majeurs, elle pourrait rendre un verdict en faveur de la défense.

De toute façon, c’est loin d’être fini. Les parties doivent maintenant soumettre leurs conclusions écrites (les plaignants auront le droit de soumettre une réponse aux arguments de la NCAA). Judge Claudia va se retirer dans sa tanière pour délibérer avec elle-même, et rendre son verdict, qui n’est pas attendu par les spécialistes américains avant début août.

Le verdict

Que penser de ce que va faire Judge Claudia ?

Les arguments des deux parties sont parfois fallacieux, et se sont amendés avec le temps. Les demandes des plaignants, par exemple, étaient dans une logique de rétribution d’anciens joueurs avant d’accepter dans leur partie des joueurs en activité (et donc de proposer une rémunération pendant la carrière). La NCAA a évolué également quant à la possibilité d’une compensation sous forme de bourses universitaires augmentées de manière à couvrir le coût total de présence en fac pour les étudiants-athlètes.

Je n’arrive pas à situer politiquement Judge Claudia, qui semble relativement neutre, pas marquée gauchiste en lutte contre le Big Business (la NCAA aurait déposé une motion en récusation). Pas marquée ultra-conservatrice, non plus… Bref, tout peut arriver. Chaque camp a posé ses arguments…

S’il faut que je tente de me ridiculiser en pronostiquant le verdict, j’ai confiance en l’argument massue de la NCAA : payer les joueurs perturberait grandement UN marché : celui des fans, avec le risque d’une certaine désaffection. Donc, le risque de voir le flot de cash se réduire, au détriment de l’aspect universitaire financé en partie par les revenus du sport (en petite partie, OK, mais par exemple un T Boone Pickens aurait-il été aussi généreux avec Oklahoma State à qui il a payé des amphis par exemple). Les plaignants ont tapé fort avec la reconnaissance d’Electronic Arts que la firme de jeu vidéos est prête à négocier pour pouvoir de nouveau publier le jeu NCAA qui manque cruellement à ma ludothèque personnelle sur PS4…

Allez, si vous voulez un pari : quel que soit le verdict, il y aura un appel. Et un risque certain d’aller jusqu’à la Cour Suprême…

Allez les amis, j’espère que ces articles ont été un peu didactiques et un peu amusants aussi (oui, je sais, j’ai déjà été beaucoup plus drôle…). On se retrouve fin août au plus tard pour la première saison de l’ère du College Football Playoff. Alors…

Après trois années à commenter le football sous toutes ses formes, Verchain a rejoint la rédaction de The Blue Pennant en 2013 pour vous proposer son College Football Report et quelques autres fantaisies, en exclusivité.

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Guerlouche

    5 juillet 2014 à 18h13

    puisse tu dire la verité et qu’on ai un NCAA football sur PS4 🙂

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