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Blaze of Glory

Blaze of Glory : Chapitre 15

Blaise Collin revient sur l’actualité de la semaine dans le monde du College Football et décerne sa « Blaze of Glory ».

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Quinzième édition de cette chronique consacrée à l’actualité du College Football. Comme ce qui compte avant tout c’est que Urban Meyer prenne sa retraite à l’issue du Rose Bowl pour raisons de santé (ça ne vous rappelle rien ?), on va surtout se concentrer sur les conférences Power 5. Désolé UAB, mais le titre de conférence C-USA deux ans seulement après avoir relancé le programme de football supprimé en 2014 n’intéresse personne…

Le Maitre et Marguerite

Le football est un sport qui se joue à onze contre onze et à la fin Nick Saban bat ses anciens assistants. Avec la victoire d’Alabama en conférence SEC contre Georgia (35-28), Nick Saban est toujours invaincu contre ses anciens assistants. Le gourou du Crimson Tide a remporté ses seize rencontres sur le score moyen de 40 à 14.

A trip down memory lane

Comme ce n’est pas bien de se vanter, BoG ne vous chantera pas le refrain de « je vous l’avais bien dit » mais, soyons honnête, il vous l’avait bien dit… à l’issue de la première semaine :

On se calme et on respire un grand coup

C’est la première semaine de College Football. Hormis si votre QB s’est fracturé le pouce ou votre RB star s’est retourné le genou, que U State ait galéré pour se défaire de U Tech, que U A&M ait atomisé un paillasson de conférence inférieure ou que U of X ait perdu son premier match à U A&T ne signifie absolument rien en présage de la saison à venir. À la fin du jour, Alabama et Clemson joueront pour le titre et votre équipe favorite finira grosso-modo là où tout le monde l’attend. Donc « chill out and enjoy the ride ! »

Bon, qui étaient les favoris pour remporter les conférences P5 en pré-saison ? Alabama, Clemson, Ohio State, Oklahoma et Washington. Et qui a gagné ? Alabama, Clemson, Ohio State, Oklahoma et Washington. CQFD.

Bon, honnêteté maximale, BoG avait aussi prédit que :

Notre Dame, oui, bien sûr, Notre Dame va aller en playoff…

Comme quoi, tout le monde peut se tromper…

Quatre à la suite

Jusqu’à ce weekend, Florida était la seule équipe de FBS à avoir remporté quatre titres de conférence consécutivement. Les Gators ont dominé la SEC de 1993 à 1996.

Il faut désormais ajouter Clemson (ACC) et Oklahoma (Big 12) qui ont réalisé la passe de quatre entre 2015 et 2018.

Plus longue série de bowls en cours

Virginia Tech s’est qualifié pour son 26ème bowl de rang en dominant Marshall (41-20) dans son match de rattrapage (match du 15 septembre contre East Carolina annulé pour cause d’ouragan Florence).

Les Hokies détiennent désormais la plus longue série en cours après que Florida State a failli à se qualifier pour la post-saison, mettant un terme à sa série de trente six bowls consécutifs.

Georgia (21), Oklahoma (19), LSU (18), Boise State (16), Wisconsin (16), Alabama (14), Clemson (13), Oklahoma State (12), Stanford (9) et Texas A&M (9) complètent le Top 10.

Evidemment, les sanctions imposées à des équipes comme Penn State (Sandusky) ou Ohio State (tatouages) faussent quelque peu le classement.

Adversaires communs

Notre Dame – Michigan : 24-17
Ohio State – Michigan : 62-39

Notre Dame – Northwestern : 31-21
Ohio State – Northwestern : 45-24

Si Ohio State et Notre Dame jouaient à la baballe sur un grand rectangle vert, lequel (Ohio State) mettrait une fessée à l’autre (Notre Dame) ?

Retraite

Paul Johnson (Georgia Tech) et Bill Snyder (Kansas State) raccrochent le playbook.

Paul Johnson était à la tête des Yellow Jackets depuis 2008 (82V-59D) avec qui il a remporté la conférene ACC en 2009. Avant cela, il a entrainé Georgia Southern (1997-2001, 62V-10D) d’où il a emmené sa triple option à Navy (2002-2007, 45-29).

Bill Snyder termine son deuxième terme à Kansas State (215V-117D-1N). Il a remporté deux titres de la Big 12 avec les Wildcats en 2003 au cours de son premier terme (1989-2005) et en 2012 lors du second (2009-2018).

Stats en vrac

La moyenne de yards par jeu de Texas contre Oklahoma (27-39) est passé de 7 à 2 entre les deux mi-temps de la finale de conférence Big 12.

En parlant de seconde mi-temps en dedans, Georgia n’a couru que 12 yards après la pause contre Alabama (28-35). Et Alabama a remonté 14 points de retard, un record en finale de conférence SEC.

En parlant de record, Clemson n’a accordé que 8 yards à la passe contre Pittsburgh (42-10), le plus petit total lors d’une finale de conférence ACC.

Ohio State a gagné 30 de ses 31 derniers matches contre Northwestern. Leur unique défaite de la série remonte à 2004, en prolongation.

Matchs poubelles

Comme chaque semaine, il y a quelques matchs qui ne méritaient pas l’attention de BoG au quatrième quart temps. Florilège, par ordre alphabétique :

Clemson s’est offert le titre de conférence le plus facile de son histoire en écrabouillant Pittsburgh (42-10).

NC State n’a eu aucune pitié pour son voisin d’East Carolina (58-3).

South Carolina n’a pas forcé contre Akron (28-3)

Tops

Un flambeau pour… Clay Thorston (QB Northwestern) qui a débuté son cinquante deuxième match contre Ohio State (24-45), un nouveau record en B1G.

Un brasier pour… Chase Young (DE Ohio State) et ses trois sacks contre Northwestern (45-24).

Un feu d’artifice pour… WR Collin Johnson (WR Texas) et ses 177 yards en 8 réceptions contre Oklahoma (27-39), nouveau record de la finale de conférence Big-12.

Flops

Un pétard mouillé pour… Clay Thorston (QB Northwestern) et ses deux interceptions et fumble perdu contre Ohio State (24-45).

Une douche froide pour… Kenny Pickett (QB Pittsburgh) et ses deux fumbles perdus contre Clemson (10-42) qui s’ajoutent à une ligne de statistiques fort peu impressionnante (4/16, 8 yards, 1 INT / 11 courses, 10 yards).

Un naufrage titanesque pour… Georgia et sa feinte de punt ratée au milieu du terrain à trois minutes de la fin de la finale de conférence SEC alors que les Dagws et le Tide étaient à égalité 28 partout. Avec Justin Fields (QB Georgia) et les titulaires défensifs d’Alabama sur la pelouse, à peu près tout le monde s’attendait à une feinte et à une passe ou une course du quarterback remplaçant des Bulldogs. Comme on ne la fait pas à Nick Saban, la feinte a royalement foiré et le Crimson Tide n’a plus eu qu’un demi-terrain à remonter pour aller remporter la SEC.

Bons points et bonnet d’âne

Classement hebdomadaire des conférences P5 (Victoires – Défaites) basé sur les rencontres hors conférence :

1. ACC : 2V – 0D (Total : 36V – 17D)
2. SEC : 1V – 0D (Total : 50V – 6D)
2. Big 12 : 1V – 0D (Total : 22V – 7D)

B1G : 0V – 0D (Total : 27V – 13D)
Pac-12 : 0V – 0D (Total : 24V – 12D)

Et le classement final à l’issue de la saison régulière est donc…

1. SEC 50-6
2. Big 12 22-7
3. ACC 36-17
4. B1G 27-13
5. Pac-12 24-12

Que les trois premiers du classement aient envoyé leurs champions au playoff et que les deux derniers aient été laissés sur le carreau n’est-il que pure coïncidence ? Quoi qu’il en soit, la post-saison sera le vrai étalon de la valeur respective des conférences P5.

Course à l’Heisman

Sans surprise, le Comité Heisman a annoncé ses trois finalistes :

Tua Tagovailoa (QB Alabama) est sorti en cours de match contre Georgia (35-28), touché à la cheville droite. Avant cela, il avait lancé autant d’interception dans le match que durant tout le reste de la saison. Il est vrai qu’il n’a pas été aidé par ses receveurs qui ont relâché un nombre anormal de ballons.
Stats : 10/25, 164 yards, 1 TD, 2 INT

Kyler Murray (QB Oklahoma) a porté son équipe dans les airs contre Texas (39-27), les Sooners n’ayant pas leur rendement habituel au sol.
Stats : 25/34, 379 yards, 3 TD / 10 courses, 39 yards

Dwayne Haskins (QB Ohio State) a été à nouveau stratosphérique contre Northwestern (45-24).
Stats : 34/41, 499 yards, 5 TD, 1 INT

Dernier carré

Et le playoff sera…

#1 Alabama – #4 Oklahoma
#2 Clemson – #3 Notre Dame

Le Comité de Sélection s’est réuni, le Comité de Sélection a bûché et le Comité de Sélection a tranché. Le Comité de Sélection a donc décidé qu’Alamaba (13-0), Clemson (13-0), Notre Dame (12-0) et Oklahoma (13-1) iraient jouer le playoff.

Le tenant du titre jouera l’attaque la plus prolifique de l’histoire à l’Orange Bowl de Miami tandis que Tigers et Domers croiseront le fer au Cotton Bowl de Dallas. Le numéro 1 a généralement l’avantage de jouer le plus près possible de chez lui mais Dallas n’est pas vraiment un terrain conquis pour le Tide, bien au contraire.

Les bookmakers de Las Vegas n’ont pas perdu de temps pour annoncer leurs cotes : Alabama sera favori de 14 points et Clemson de 11.5.

Avec trois équipes invaincues en saison régulière, Ohio State est devenu le premier champion de conférence avec une seule défaite à ne pas aller au playoff. Apparemment, mettre une trempe à la meilleure défense du pays ne suffit pas à compenser une déroute contre une équipe moyenne.

Ce que le Comité de Sélection n’aime pas non plus ce sont les équipes à deux défaites. Georgia, qui a donné à Alabama tout le fil que le Tide pouvait retordre, est clairement l’une des quatre meilleures équipes du pays mais n’a pas été retenu pour le playoff. Les Bulldogs, qui étaient quatrième du classement la semaine passée et ont perdu de peu contre le numéro 1 du pays, ce qui est somme toute logique, ont reculé d’une place à la faveur d’Oklahoma. Donc, la quatrième meilleure équipe du pays perd contre la meilleure équipe du pays et n’est plus, de facto, la quatrième meilleure équipe du pays. Si ça n’a aucun sens pour vous, c’est normal. Et l’explication est tout à fait logique…

« The selection committee chooses the four teams for the playoff based on strength of schedule, head-to-head results against common opponents, championships won and other factors.
The committee has been instructed to place an emphasis on strength of schedule, head-to-head matchups and conference championships. »

Voilà ce que dit le site officiel du College Football Playoff. Toutes les discussions sur la meilleure équipe ou l’équipe la plus méritante, etc. sont inutiles : il n’est nulle part précisé que les quatre participants au playoff doivent être les meilleures équipes ou les plus méritantes. Il y a juste une série de critères à prendre en compte (comprendre : à ne pas grossièrement ignorer). Mais le Comité de Sélection aurait très bien pu justifier de mettre Georgia et Ohio State à la place de Notre Dame et Oklahoma et ses arguments n’auraient pas vraiment pu être disputés.

Conclusion : le Comité de Sélection met qui il veut au playoff et il n’y a aucune logique irréfutable derrière sa décision. Oui, le système est complètement biaisé et pourri mais, tant que les commissaires de conférences et les présidents d’universités ne monteront pas au créneau, nous auront tous les ans à subir ces choix discutables. Cela dit, pour un fan pur et dur, ce qui compte c’est avant tout de battre le rival et de remporter sa conférence. Au moins, ces deux choses là sont décidées sur le terrain, le reste ce n’est que de la politique cramoisie…

Blaze of Glory

Cette semaine, l’auréole de gloire revient à Jalen Hurts (QB Alabama). Le junior d’Alabama a été titulaire pendant deux ans à Alabama (26-2), emmenant le Tide à deux finales nationales. Remplacé par Tua Tagovailoa en cours de match l’an dernier en finale contre Georgia, Jalen Hurts a perdu la place de numéro 1 au profit du sophomore cette saison. Il aurait pu partir sous d’autres tropiques mais a choisi de rester fidèle à Bama. Et sa fidélité a payé. Après la blessure de Tua lors de la finale de conférence SEC, Jalen Hurts (7/9, 82 yards, 1 TD / 5 courses, 28 yards, 1 TD) est rentré à dix minutes de la fin du match avec son équipe menée de sept points. Un touchdown à la passe et un touchdown au sol plus tard, Bama repartait d’Atlanta avec le titre de conférence.

Membre de la Football Writers Association of America, Blaise Collin est un passionné de football universitaire et de NFL, passé par l'Idaho et basé en Californie depuis 2018. Après avoir contribué au au site elitefoot.com, il a rejoint la rédaction de 4th&Goal en 2013. Il partage désormais sa vision du football sur The Blue Pennant et sur footballamericain.com.

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2 commentaires

2 Comments

  1. KCC89

    8 décembre 2018 at 18h26

    Autant certaines années, j’ai pu comprendre les critiques à propos des équipes sélectionnées, autant cette année, je ne vois pas de débat: 3 équipes invaincues parmi celles du Power 5 ou assimilées en PO, accompagnées par le vainqueur de la 2 ou 3ème meilleure conférence (selon les avis) du College Football.

    • Blaise

      13 décembre 2018 at 18h48

      Ca n’est pas tellement le résultat qui est discutable mais plutôt la procédure. Si fin décembre on avait mis Georgia et Notre Dame sur un même terrain ou Ohio State contre Oklahoma, qui aurait gagné ? Alors, bien sûr, avoir deux défaites ou se faire torcher par une équipe moyenne doit compter au final, tout comme gagner sa conférence. Le problème c’est qu’on nous vend la sélection des quatre meilleures équipes (dont Georgia, par exemple, fait probablement partie) alors que nulle part le site du CFP ne mentionne le terme « meilleur ». C’est juste la sélection de quatre équipes en prenant en compte une demi-douzaine de critères dont certains doivent avoir plus de poids que les autres. Mais le processus ne détermine pas d’ordre, cela reste très subjectif, et donc le Comité fait à peu près ce qu’il veut. Mais cette absence de règles fixes commence déjà à effriter le système: sur le long terme ne pas sélectionner une équipe à deux défaites finira par devenir un critère à éliminer (il suffit que la troisième meilleure équipe du pays perde contre les deux meilleures). Bref, certains journalistes trouvent que cela fait le charme du CFB, d’autres que le système actuel est foireux. Il fut un temps où remporter sa conférence était le but de la saison, ça n’est même plus le cas. Et je ne parle même pas des bowls. Les équipes moyennes sont toujours contentes d’aller perdre de l’argent en Floride mais pour celles qui flirtent avec le playoff, la déception de manquer le Top 4 peut devenir plus forte que l’excitation d’aller jouer dans un bowl majeur. Le système a toujours été dysfonctionnel parce que le CFB n’est pas conçu pour avoir un champion national vraiment déterminé sur le terrain (puisqu’à l’origine c’est plus ou moins les journalistes de l’Associated Press qui attribuaient un titre de champion et tout le monde avait l’air d’accord avec ça, même si une palanquée d’équipes revendiquent des titres nationaux obtenus suite au vote d’autres organismes). Bref, on s’avance doucement vers un playoff à huit équipes avec ticket automatique pour les champions de conférence mais ça n’arrangera sans doute rien vu qu’il y aura forcément des surprises dans ces finales et toujours des discussions sur les deux wild-cards. Ca ne fait que repousser le problème un peu plus loin (pourquoi le 3ème n’est pas 2ème, puis le 5ème pas 4ème, puis le 9ème pas 8ème) mais au final on va encore avoir Alabama-Clemson en finale cette année et c’est exactement ce que nous aurait donné le classement BCS ou le classement de l’AP. Donc, au final, tout va bien !

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Blaze of Glory

The Blaze of Glory – Chapitre 28

Blaise Collin revient sur l’actualité de la semaine dans le monde du College Football et décerne sa « Blaze of Glory ».

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Crédit photo : Dylan Buell/Getty Images

Vingt-huitième édition (2019 – Semaine 12) de cette chronique consacrée à l’actualité du College Football. Comme ce qui compte avant tout c’est que la carrière universitaire de Tua Tagovailoa (QB Alabama) soit terminée, on va surtout se concentrer sur les conférences Power 5. Désolé Temple, mais la cinquième saison consécutive à plus de six victoires pour la première fois depuis 1971-1975 n’intéresse personne…

Tua, la tuile

La petite sortie du week-end à Starkville a tourné au cauchemar pour Alabama. Pas au tableau d’affichage puisque le Crimson Tide a facilement disposé de Mississippi State (38-7) mais QB Tua Tagovailoa (14/18, 256 yards, 2 TD) s’est déboîté la hanche sur un placage juste avant la mi-temps et, un transport à l’hôpital et un diagnostic médical plus tard, la saison du quarterback titulaire de Bama est terminée. Après la rencontre, Nick Saban a expliqué qu’il avait prévu de sortir son quarterback titulaire à la fin de la série qui devait lui servir d’entrainement live au « 2-minute drill ». 

Même s’il n’est que dans sa troisième année à Tuscaloosa, il est probable que l’on ne revoit plus Tua dans un uniforme pourpre. Ou, pire, peut-être jamais dans un uniforme tout court. Avec, en plus, ses blessures précédentes aux deux chevilles, les scouts NFL pourraient estimer le risque trop grand. Ce serait une fin cruelle pour l’un des meilleurs QB à évoluer à Alabama et, sans doute, le meilleur de l’ère Saban.

La carrière de Tua Tagovailoa n’aura pas duré deux saisons, entre sa sortie du banc pour offrir le titre national à Bama contre Georgia (26-23) en 2017 et cette blessure (Tua a remplacé QB Jalen Hurts dans quelques matchs en 2017, mais qui s’en souvient ?). Et bien que Tua n’a pas mené le Crimson Tide au titre de SEC contre Georgia (35-28) en 2018 (Jalen Hurts a remplacé Tua, blessé à la cheville) et a perdu la finale du College Football Playoff 2019 contre Clemson (16-44), sa place est assurée au panthéon des quarterbacks d’Alabama.

Le cas LSU

LSU a dominé Ole Misss (50-38) pour rester invaincu (10-0, 6-0). Les Tigers ont terminé un quatrième match à 50 points ou plus cette saison, ce qui n’était plus arrivé dans le Bayou depuis 1908. QB Joe Burrow (32/42, 489 yards, 5 TD, 2 INT / 9 courses, 26 yards) continue de battre tous les records de passe à Baton Rouge : 268 passes complétées, 3687 yards, 41 TD dont 38 à la passe et huit matchs à plus de 300 yards à la passe, tous records sur une saison. En outre, son pourcentage de passes complétés en 2019 (78.5%) serait le plus haut de l’histoire de la NCAA si Joe Burrow parvient à le maintenir.

Louisiana State glane plus de 550 yards et marque près de 48 points en moyenne par match, ce qui paraît improbable pour quiconque a suivi le College Football ces dix-quinze dernières années.

Le seul petit problème de LSU ? Sa défense, 47ème de FBS… Contre Ole Miss, QB John Rhys Plumlee (9/16, 123 yards, 1 INT / 21 courses, 212 yards, 4 TD) s’est trimbalé dans la défense des Tigers. Et RB Jerrion Ealy (13 courses, 141 yards) a aussi profité de la journée portes-ouvertes. Les deux joueurs ont combiné pour plus de 350 yards et 10 yards par course. De quoi s’inquiéter à l’approche de la finale de SEC contre RB De’Andre Swift (Georgia) et des playoffs contre RB Travis Etienne ou la paire QB Justin Fields / RB J.K. Dobbins (Ohio State) ?

Depuis 2009, les dix champions nationaux ont tous eu une défense dans le Top 20, à l’exception d’Auburn en 2010 (mais les autres Tigers comptaient dans leur rang un certain Cam Newton…) et huit d’entre-elles avaient une défense dans le Top 10. Cette année, les principaux candidats au Playoff ont tous des défenses bien supérieures à celle de LSU : Ohio State 1ère, Clemson 2ème, Utah 4ème, Georgia 6ème et Oregon 14ème.

Crédit photo : OU athletics

On revient de loin

En s’imposant à Baylor (34-31), Oklahoma a réalisé le plus gros retournement de situation de son histoire, en remontant un déficit de 25 points contre les Bears. Menés 3-28 après moins de 20 minutes de jeu, les Sooners, pourtant privés de WR CeeDee Lamb ont finalement réappris à défendre et la machine QB Jalen Hurts (30/42, 297 yards, 4 TD, 1 INT / 27 courses, 114 yards) s’est enfin mise en route après une interception et un fumble perdu en premier quart temps qui ont tous deux menés à des touchdowns de Baylor. La vapeur s’est renversée et OU a conclu la partie en intercpetant QB Charlie Brewer (18/29, 194 yards, 2TD, 1 INT / 17 courses, 65 yards, 2 TD) à 29 secondes de la fin du match.

Cette remontée de 25 points est la plus large enregistrée par la NCAA (depuis 1937) contre une équipe avec un bilan de 9-0 ou mieux. Depuis l’instauration du College Football Playoff en 2014, l’intégralité des 162 équipes qui se sont retrouvées en cours de match avec un déficit de 25 points ou plus avaient, jusqu’ici, toutes perdu.

Avec cette victoire à l’arrachée, Oklahoma (9-1, 6-1) récupère la première place de la conférence Big XII à Baylor (9-1, 6-1). Les Bears recoivent Texas (6-4, 4-3) puis vont à Kansas (3-7, 1-6) et n’ont besoin que d’une victoire pour valider leur ticket pour la finale de conférence. Les Sooners sont dans la même situation avec TCU à domicile (5-5, 3-4) et un déplacement à Oklahoma State (7-3, 4-3). Une revanche explosive se profile à l’horizon…

Texas is back!

2018 était censée être la rampe de lancement du retour de Texas au plus haut niveau. Après une entame ratée à Maryland (29-34), les Longhorns avaient enchainé six victoires de rang, dont une contre USC (37-14) pour le prestige, mais surtout contre Oklahoma (48-45) à la Red River Rivalry. Les Horns s’étaient inclinés contre les Sooners lors de la revanche au Big XII Championship (27-39) mais avaient fini en beauté en dominant Georgia (28-21) au Sugar Bowl pour rendre une copie finale de 10-4.

Évidemment, tous les médias ont bondi sur le dos de la vache à longues cornes pour ce qui devait être une grosse saison 2019. Texas s’est incliné en début de saison contre LSU (38-45), ce qui n’a rien de honteux compte tenu de la saison jusqu’ici invaincue des Tigers, et se sont présentés à la Red River Rivalry avec un bon bilan de 4-1. Mais ils n’ont pas réitéré l’exploit de l’année passée et ont perdu contre leur rival (27-34). Cela a semble-t-il fait dérailler la machine qui a eu un mal de chien à se défaire de Kansas (50-48) puis a perdu à TCU (27-37) avant de gagner de peu contre Kansas State (27-24) et de perdre de peu aussi à Iowa State (21-23). Et voilà donc UT à 6-4 avant d’aller affronter Baylor (9-1, 6-1) puis de conclure contre Texas Tech (4-6, 2-5). Pas exactement la saison espérée et attendue par les fans…

Fin de série

273 matchs et 46 ans. C’est la durée de la série de matchs joués à guichet fermé par Notre Dame à South Bend. Avant ce week-end, le dernier match où les tribunes n’étaient pas pleines à Notre Dame Stadium était le 20 octobre 1973 contre Air Force (48-15). C’est contre une autre équipe des Forces Armées, Navy, que la série vient de s’achever, avec quasiment la même punition (52-20).

De façon assez triste, c’était la première fois depuis 1978 que les deux universités étaient classées dans le Top 25 au moment de s’affronter. Cette année-là, le Fighting Irish avait dominé les Midshipmen à Clevland (27-7).

Cette série de 273 matchs étaient la deuxième plus longue derrière l’intouchable Nebraska et ses 373 matchs, série en cours.   

L’info qui ne sert à rien (édition « frères sur le terrain »)

Contre UMass (45-6), le quarterback de Northwestern, Aidan Smith (7/13, 76 yards, 2 INT), a complété l’intégralité de ses sept passes pour WR Riley Lees (7 réceptions, 76 yards / 1 course, 4 yards). Aucun autre receveur des Wildcats n’a été crédité d’une réception.

Crédit photo : Iowa football

L’enfer de Kinnick

On entend souvent dire qu’il est difficile de gagner à Kinnick Stadium, surtout pour les équipes du Top 10. On se souvient notamment des défaites de #3 Michigan (13-14) en 2016 ou de #3 Ohio State (24-55) en 2017 ou encore de toute la peine du monde qu’a eu #4 Penn State à battre Iowa en 2017 (21-19) avec un TD à la dernière seconde pour quitter Iowa City avec une courte victoire.

BoG a voulu vérifier si la légende est réelle et si Kinnick Stadium est vraiment un piège pour les équipes du Top 10. Depuis 1999 et l’arrivée de Kirk Ferentz à la tête des Hawkeyes, le record d’Iowa contre des équipes du Top 10 est 10-22 dont 7-9 à domicile.

Plus impressionnant encore, lors de ses dix derniers matchs à Kinnick, Iowa est 5-1 contre le Top 7 (la seule défaite est contre Penn State en 2017).

Brothers in arms

Vendredi, Drew Ramsey et ses Elder Panthers ont dominé Liam Clifford et ses St. Xavier Bombers lors des demi-finales du playoff de division 1 de l’association sportive des lycées de l’Ohio (28-24).

Qu’à cela ne tienne, le lendemain, QB Sean Clifford (11/23, 179 yards, 1 TD / 10 courses, 55 yards, 2 TD) a vengé son petit frère en menant ses Penn State Nittany Lions à la victoire contre QB Peyton Ramsey (31/41, 371 yards, 1 TD / 12 courses, 31 yards, 2 TD) et ses Indiana Hoosiers (34-27).

L’info qui ne sert à rien (édition « frères dans la vie »)

Dans la famille Ramsey, je voudrais l’ainé Montana « Tanner » (nommé après Joe Montana), le cadet Peyton (nommé après Peyton Manning) et le benjamin Drew (nommé après Drew Bledsoe).

D’après les infos recueillies par BoG, le papa Doug, entraineur à Elder High School, n’est pas du tout obsédé par les quarterbacks…  

Réseaux sociaux

Puisqu’on parle de Sean Clifford, le quarterback de Penn State a effacé tous ses comptes sur les réseaux sociaux après avoir reçu des menaces de mort suite à la défaite des Nittany Lions à Minnesota (26-31) en Semaine 11.

BoG souhaiterait donc remercier Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat et toutes les autres applications qui permettent à tous les dégénérés de la planète d’exprimer leur si précieuse opinion en toute impunité à la face du monde. Votre contribution au bien-être social est sans commune mesure…

Crédit photo : Clemson Football

Matchs poubelles

Comme chaque semaine, il y a quelques matchs qui ne méritaient pas l’attention de BoG au quatrième quart temps. Florilège, par ordre alphabétique :

Alabama a écrasé Mississippi State (38-7) mais perdu QB Tua Tagovailoa (14/18, 256 yards, 2 TD) sur blessure à la hanche.

Clemson a détruit Wake Forest (52-3) avec un record égalé de quatre passes de touchdown pour QB Trevor Lawrence (21/276, 272 yards, 4 TD) dont trois pour WR Tee Higgins (4 réceptions, 64 yards, 3 TD). Les Tigers deviennent la troisième équipe, après Army en 1944 et Nebraska en 1972, à remporter quatre matchs consécutifs par plus de 45 points (Boston College 59-7, Wofford 59-14, à NC State 55-10 et WF 52-3). Les 50 ou plus points marqués lors de chacun de ces matchs égalent le record de quatre matchs d’affilé à plus de 50 points de la conférence ACC.

Florida State (6-5, 4-4) est devenu éligible à la post-saison en dynamitant Alabama State (49-12). Les Seminoles sont 2-0 depuis le licenciement de Willie Taggart mais il est peu probable qu’Odell Haggins, l’entraineur en chef intérimaire, soit définitivement investi. Le poste de Head Coach est toujours ouvert.

Michigan a fessé son petit frère Michigan State (44-10) pour la cinquième défaite de rang des Spartans (4-6, 2-5) qui devront impérativement s’imposer à Rutgers et battre Maryland pour aller en post-saison.

Northwestern a facilement dominé UMass (45-6). Les Wildcats, qui n’avaient marqué que 38 points au total lors de leurs cinq précédents matchs, étaient favoris de 39 points et ont gagné de… 39 points.

Notre Dame a coulé Navy (52-20) avec le troisième match à plus de cinq touchdowns pour QB Ian Book (14/20, 284 yards, 5 TD / 5 courses, 31 yards), ce qui établit un nouveau record de l’école.

Ohio State (10-0, 7-0) n’a pas couvert les 52 points de Las Vegas contre Rutgers (56-21) mais les Buckeyes ont signé leur dixième succès de plus de 24 points en dix matchs. Seul Nebraska en 1971 avait réussi un tel exploit avant tOSU. Cette année-là, la série des Cornhuskers s’étaient arrêtés au onzioème match contre Oklahoma (35-31). Les Bucks accueillent Penn State à Columbus pour leur onzième match et sont favoris de douze points.

Oregon a aisément disposé d’Arizona (34-6). Par la même occasion, les Ducks ont remporté la Pac-12 North et continuent leur retour dans la conversation pour le College Football Playoff.

Syracuse (4-6, 1-5) a écrabouillé Duke (49-6) et met fin à une série de quatre défaites consécutives (à NC State 10-16, Pittsburgh 20-27, à Florida State 17-35, Boston College 27-58). Il faudra gagner à Louisville (6-4, 4-3) et contre Wake Forest (7-3, 3-3) pour aller en bowl.

Utah a laminé UCLA (49-3) en forçant notamment cinq pertes de balles des Bruins. Les Utes (9-1, 6-1) n’ont plus qu’Arizona (4-6, 2-5) et Colorado (4-6, 2-5) entre eux et la finale de conférence Pac-12.

Virginia Tech (7-3, 4-2) a blanchi Georgia Tech (45-0) et prépare idéalement sa fin de saison et ses confrontations contre Pittsburgh (7-3, 4-2) et à Virginia (7-3, 5-2) qui décideront du vainqueur de l’ACC Coastal.

Cuillère de bois

Missouri était attendu comme l’une des possibles révélations de la saison et candidat au titre de la SEC East. Le transfert de QB Kelly Bryant de Clemson était censé être le facteur « X » qui allait emmener Mizzou au somment de la conférence.

Et, même après un raté à Wyoming en ouverture de la saison (31-37), Missouri est resté dans le radar des médias avec cinq succès consécutifs.

Puis, Mizzou s’est incliné successivement à Vanderbilt (14-21) et à Kentucky (7-29). Mais, avec Georgia et Florida encore à venir, Mizzou a mathématiquement conservé ses chances de remporter la division East de la SEC.

La théorie ne s’est pas traduite en pratique et les Tigers ont été balayé à Georgia (0-27) et contre Florida (6-23) en étant anémique en attaque. Après avoir marqué une moyenne de 39 points lors de ses six premiers matchs, Mizzou n’en a que marqué 27 lors de ces quatre derniers.

Missouri a donc un bilan de 5-5 qui devrait s’améliorer avec la venue de Tennessee (5-5, 3-3) et le déplacement à Arkansas (2-8, 0-6). Mais les Tigers sont toujours inéligibles à la post-saison suite à une sanction de la NCAA pour fraude académique en 2015 et 2016.

Crédit photo : Notre Dame Football

Tops

Un flambeau pour… WR Chase Claypool (7 réceptions, 117 yards, 4 TD) et ses quatre touchdowns aériens lors de la victoire de Notre Dame contre Navy (52-20).

Un brasier pour… RB Evan Hull (24 courses, 220 yards, 4 TD) et ses quatre touchdowns au sol lors de la victoire de Northwestern sur UMass (45-6).

Un feu d’artifice pour… RB Najee Harris (17 courses, 58 yards, 3 TD / 3 réceptions, 51 yards, 1 TD) et ses quatre touchdowns (trois au sol et un dans les airs) lors de la victoire d’Alabama à Mississippi State (38-7).

Flops

Un pétard mouillé pour… QB Jalen Hurst (30/42, 297 yards, 4 TD, 1 INT / 27 courses, 114 yards) et son interception et ses deux fumbles perdus lors de la victoire d’Oklahoma à Baylor (34-31).

Un seau d’eau pour… QB Dorian Thompson-Robinson (20/36, 219 yards, 2 INT) et des deux interceptions et deux fumbles perdus lors de la défaite de UCLA à Utah (3-49).

Un naufrage titanesque pour… Alabama qui, malgré la facile victoire à Mississippi State (38-7), a perdu lourd sur le terrain avec les blessures de QB Tua Tagovailoa (14/18, 256 yards, 2 TD), DT Raekwon Davis (1 placage) et WR Henry Ruggs III (3 réceptions, 39 yards).

Bons points et bonnet d’âne

Classement hebdomadaire des conférences P5 (Victoires – Défaites) basé sur les rencontres hors conférence :

1. B1G : 1V – 0D (Total : 35V – 8D)
2. ACC(*) : 1V – 0D (Total : 32V – 14D)
Big XII(**) : 0V – 0D (Total : 24V – 6D)
SEC : 0V – 0D (Total : 36V – 12D)
Pac-12 : 0V – 0D (Total : 24V – 11D)

(*) La rencontre hors-conférence entre Wake Forest et North Carolina (24-18) n’est pas comptabilisée.

(**) Il n’aura fallu que vingt-cinq chroniques pour que BoG réalise l’erreur : si « B1G > Big Ten » alors « Big XII > Big 12 ». Désolé, Bob Bowlsby…

Dernier carré

Et le playoff sera…

#1 LSU – #4 Oregon
#2 Ohio State – #3 Clemson

On commence à y voir un peu plus clair dans la course au College Football Playoff. Ou bien… ?

En supposant que LSU batte Georgia au SEC Championship Game, que Ohio State batte Penn State ce week-end, que Clemson reste Clemson et qu’Oregon remporte la Pac-12, le CFP a ses quatre participants.

Avec deux défaites, Georgia sera éliminé. Mais si les Dawgs battent les Tigers, les deux équipes iront au Playoff et la Pac-12 et la Big XII n’auront plus que leurs yeux pour pleurer.

Avec la blessure de Tua Tagovailoa, Alabama finira par perdre son avantage sur Oregon/Utah, à moins que QB Mac Jones démolisse Auburn et que le Crimson Tide soit aussi fort sans Tua qu’avec.

Utah peut prendre la place d’Oregon en remportant leur probable confrontation en finale de conférence Pac-12.

Penn State est encore dans la course si les Nittany Lions s’imposent à Ohio State et remportent la revanche contre Minnesota (ou battent Wisconsin) au B1G Championship Game.

Oklahoma (ou Baylor) peut encore espérer mais il va falloir un peu d’aide devant…

Minnesota a encore son destin entre les mains : un titre de la B1G leur offre un ticket au CFP.

Le classement du comité de sélection du CFP :

1. LSU (10-0)
2. Ohio State (10-0)
3. Clemson (11-0)
4. Georgia (9-1)
5. Alabama (9-1)
6. Oregon (9-1)
7. Utah (9-1)
8. Penn State (9-1)
9. Oklahoma (9-1)
10. Minnesota (9-1)

Blaze of Glory

Cette semaine, l’auréole de gloire revient (encore) à RB Jonathan Taylor qui, lors de la victoire 37-21 de Wisconsin à Nebraska (25 courses, 204 yards, 2 TD), est devenu le premier joueur de Wisconsin à passer plus de 200 yards à trois reprises à un même adversaire. C’est aussi la première fois qu’un tel exploit est réalisé en FBS depuis un quart de siècle. En outre, Jonathan Taylor est devenu le recordman de yards au sol pour un joueur de troisième année (5634 yards), devançant désormais Hershell Walker (5596 yards à Georgia en 1980-1982). Il n’a fallu que 836 courses au Badger pour atteindre sa marque, contre 1043 courses au Bulldog. Jonathan Taylor est désormais deuxième en B1G devant Archie Griffin (5575 yards) mais encore loin derrière Ron Dayne (7125 yards), dont le record n’est sauvé que parce que la star de Wisconsin sera professionnelle en 2020. Enfin, comme si tout ça ne suffisait pas, Jonathan Taylor a signé son onzième match à plus de 200 yards au sol depuis 2017, le reste de la conférence B1G en a douze pendant la même période…

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Blaze of Glory

The Blaze of Glory – Chapitre 27

Blaise Collin revient sur l’actualité de la semaine dans le monde du College Football et décerne sa « Blaze of Glory ».

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le

Crédit photo : Aaron Lavinsky/Star Tribune

Vingt-septième édition (2019 – Semaine 11) de cette chronique consacrée à l’actualité du College Football. Comme ce qui compte avant tout c’est que la direction de l’Association des étudiants de l’université d’Alabama a interdit aux élèves de manifester contre Donald Trump pendant le match contre LSU, on va surtout se concentrer sur les conférences Power 5. Désolé Appalachian State, mais la première équipe de la Sun Belt à battre deux Power 5 dans une saison (North Carolina 34-31 et South Carolina 20-15) n’intéresse personne…

Dans les tribunes

Les étudiants d’Alabama pris à manifester contre Donald Trump lors de sa venue à Bryant-Denny Stadium pour la Rencontre du Siècle numéro-2-le-retour entre le Crimson Tide et LSU étaient menacés de perdre leur accès à la section étudiante du stade pour le reste de la saison. Apparemment, la direction de l’Association des étudiants n’est pas un grand supporter du Premier Amendement de la Constitution américaine qui prône la liberté d’expression. Ou alors, certains individus choisis par les dieux sont au-dessus de la Constitution…

Hormis quelques huées ci et là, la présence du Président a été plutôt bien accueilli par les fans d’Alabama ou ceux de LSU qui avaient fait le déplacement à Tuscaloosa.

Les tigres ont bouffé l’éléphant

Dans le « match du siècle numéro 2 le retour », LSU a dominé Alabama (46-41) et mis fin à 31 victoires consécutives du Tide à domicile et infligé à Nick Saban sa cinquième défaite seulement à Bryant-Denny Stadium en 83 matchs depuis sa prise de fonction en 2008.

Les 33 points marqués par les Tigers à la mi-temps (33-13) sont le plus gros total encaissé par Nick Saban à Bama. Les 46 points au final sont le plus grand nombre de points accordés par le Crimson Tide en SEC depuis une défaite 43-51 à Tennessee en 2003 (oui, il fut un temps où les Volunteers pouvaient battre le Tide) mais il avait fallu cinq prolongations. Il faut remonter à une défaite à Ole Miss en 1970 (23-48) pour trouver un plus large total de points marqués contre Alabama durant le temps réglementaire, l’équipe était alors coachée par Paul « Bear » Bryant. Pour finir sur ces statistiques historiques, les 87 points combinés sont le plus haut total de points marqués dans la série (que Bama mène 53-26-5) et Alabama n’avait jamais perdu de match dans l’ère AP (i.e., depuis 1936) en ayant marqué 41 points.

Louisiana State a donc vaincu le signe indien en parvenant enfin à battre Bama. Leur dernier succès remontait à 2011 et le « match du siècle » remporté 9-6. Deux mois plus tard, le Crimson Tide prenait sa revanche contre les Bayou Bengals au BCS Championship Game (21-0) pour remporter le titre national.

LSU (9-0, 5-0) a désormais un boulevard devant lui avec trois matchs de saison régulière contre Ole Miss (4-6, 2-4) à l’extérieur puis Arkansas (2-8, 0-6) et Texas A&M (6-3, 3-2) à Baton Rouge avant de probablement affronter Georgia (8-1, 5-1) au SEC Championship Game.

QB Joe Burrow (31/39, 393 yards, 3 TD / 14 courses, 64 yards) peut aussi commencer à rêver sérieusement du Trophée Heisman si LSU va en playoff et qu’Alabama et Oklahoma le regarde à la télé. Malgré une cheville en délicatesse, QB Tua Tagovailoa (21/40, 418 yards, 4 TD, 1 INT) a quatre passes de TD dans la rencontre. Quant à QB Jalen Hurts (18/26, 273 yards, 3 TD, 1 INT / 22 courses, 68 yards, 2 TD), dont les Sooners ont échappé de peu à une défaite contre Iowa State (42-41), il a pour l’instant de meilleures statistiques que ses deux prédécesseurs à OU, Baker Mayfield et Kyler Murray, qui ont tous deux remporté le trophée.

Geaux Louisiana

Si LSU a gagné ce week-end, toutes les équipes de Louisiane de Division 1 (FBS + FCS) se sont donnés le mot et ont également remporté leurs matchs :

Louisiana-Lafayette : 48-7 à Coastal Carolina

Louisiana Monroe : 45-31 contre Georgia State

Louisiana Tech : 52-17 contre North Texas

Grambling State : 19-16 (OT) contre Alcorn State

Northwestern State : 34-13 contre Lamar

Nicholls : 48-27 contre Houston Baptist

Southern : 58-7 contre Virginia University of Lynchburg

Southeastern Louisiana : 34-0 à Central Arkansas

Tulane et McNeese étaient au repos.

Row the boat

En battant Penn State (31-26), Minnesota a atteint la barre de 9-0, ce dont personne vivant sur Terre ne se souvient avoir vu de ses yeux vu puisque la dernière fois que les Golden Gophers ont atteint un tel bilan remonte à 1904.

Cette surprenante victoire contre une équipe de l’AP Top 10 est la première pour Minnesota depuis 2000 et la première à domicile depuis 1977. Elle permet aux Gophers d’intégrer ledit Top 10, ce qu’ils n’avaient plus fait depuis 1962. Les (vraiment) plus anciens se souviennent peut-être que Minnesota était abonné du Top 10 dans les années 30 et 40. Ils ont terminé numéro 1 du tout premier classement AP en 1936, puis ceux de 1940 et 1941. Champions nationaux en 1934 et 1935, ils auraient également trusté la première place si le classement avait été créé quelques années plus tôt.

Avec ce revers à Minneapolis, James Franklin est désormais 1-7 contre des équipes classées loin de State College. Sa seule victoire l’a été à Iowa (17-12) cette année.

Indiana pas-Jones et le classement AP perdu – mais retrouvé

Indiana n’avait plus été classé dans l’AP Top 25 depuis 1994, la plus longue disette de toutes les équipes Power 5. Malgré une semaine de repos, les Hoosiers ont intégré le classement et fêteront cette première contre Penn State (qui a gagné 20 de leurs 21 rencontres).

De façon anecdotique, ce sera la première fois depuis 1937 et Iowa qu’une équipe affrontera la même année les équipes toutes deux classées de Minnesota et d’Indiana.

Départ poussif

Baylor s’est imposé dans la douleur à TCU (29-23 3OT), la faute en partie à un départ de tortue. Les Bears étaient menés 0-6 à la mi-temps, la première fois en 18 matchs qu’ils n’avaient pas marqué en première période.

Ce fut chaud

Oklahoma a perdu en Semaine 9 à Kansas State (41-48). Après une semaine de repos, les Sooners étaient en quête de rédemption. OU n’ayant plus perdu deux matchs consécutivement depuis 1999 (à Notre Dame 30-34 et contre Texas 28-38), les fans pouvaient presque dormir tranquille dans les tribunes pour la venue d’Iowa State.

Sans compter qu’Oklahoma a pris une confortable avance à la mi-temps (35-14) et que les Sooners n’avaient jamais perdu depuis 1937 et 194 matchs en menant de 21 points à la pause.

Toutes ces belles statistiques ont failli partir en fumée si QB Brock Purdy (19/30, 282 yards, 5 TD / 15 courses, 55 yards, 1 TD) ne s’était pas fait intercepter par CB Parnell Motley sur une conversion à deux points à 24 secondes de la fin du match. OU s’en est miraculeusement sorti (42-41) après avoir encore été poreux en défense…

Deux sur deux

Iowa State n’est pas la seule équipe de l’état de l’Iowa à avoir perdu sur une conversion à deux points manquée.

Iowa s’est incliné à Wisconsin (22-24) en ne parvenant pas à égaliser sur une tentative à deux points à trois minutes de la fin de la partie.

Futilité et Las Vegas

Soyons clair : la conférence ACC ne sert à rien. Clemson (10-0, 7-0) est premier de la division Atlantic, que les Tigers ont remporté grâce à leur victoire à NC State (55-10) et en profitant de la défaite de son dauphin Wake Forest (7-2, 3-2) à Virginia Tech (36-17). Cette semaine, WF rend visite à Clemson. Duel de choc, donc, entre le premier et le deuxième de la division. LA bande à Dabo est favorite de 34.5 points…

Soyons clair : Rutgers ne sert à rien. Les Scarlet Knights (2-7, 0-6) collectionnent les fessées en B1G (0-30 à Iowa, 0-52 à Michigan, 7-48 contre Maryland, 0-35 à Indiana, 7-42 contre Minnesota et 10-38 à Illinois). 

Woo pig sooie

Chad Morris a été remercié par Arkansas après la lourde défaite des Razorbacks contre Western Kentucky (19-45).

Tout comme Willie Taggart à Florida State la semaine passée, le Head Coach d’Arkansas est viré moins de deux ans après avoir remplacé Brett Bielema (désormais coach de la ligne défensive des New England Patriots après avoir été, lui aussi, licencié par Arkansas). Le bilan de 4-18, dont quatorze défaites en quatorze matchs de SEC, ne plaide évidemment pas en sa faveur.

Pire, les Razorbacks ont été humiliés à domicile par une équipe du G5 emmené par QB Ty Storey (23/32, 213 yards, 1 INT / 17 courses, 77 yards, 2 TD) qui était l’an dernier… titulaire à Arkansas. Les arrivées de QB Ben Hicks et de QB Nick Starkell, en provenance de SMU et de Texas A&M, respectivement, ont poussé Ty Storey à partir sous d’autres cieux. Ironiquement, aucun des deux transferts n’a joué contre les Hilltoppers, pour cause de blessure. Et, John Stephen Jones (3/10, 27 yards, 1 INT), le petit fils du propriétaire des Dallas Cowboys, Jerry Jones, n’a pas été particulièrement brillant pour ses débuts.  

Chad Morris se consolera tout de même avec le chèque de dix millions de dollars qui accompagne son départ de Fayetteville.

THE… Ohio State University

Avec le démantèlement de Maryland (73-10), Ohio State a désormais remporté ses neuf matchs par plus de 20 points, la première telle série depuis 1973.

Cette année-là, le dixième match des Buckeyes s’était soldé par un nul 10-10 à Michigan, suffisant pour remporter la Big Ten (à égalité avec les Wolverines qui avaient gagné tous leurs autres matchs par au moins deux TD) et aller punir USC au Rose Bowl (42-21), là aussi par plus de 20 points.

En 1973, le champion national était encore déterminé par divers classements. Les journalistes (AP) avaient sacré Notre Dame (11-0) et les coaches avaient préféré Alabama (11-1).

De façon assez amusante, ces titres ont été attribués avant les bowls. Si seulement les coaches avaient su que ND allait battre Bama au Sugar Bowl (24-23). Et si seulement les journalistes avaient pu comparer la gifle reçue par USC contre OSU au Rose Bowl à la défaite moins lourde des Trojans à South Bend (14-23)…

Cette année, pour leur dixième match de la saison, Ohio State reçoit Rutgers. BoG ne parierait pas sur un match nul… 

Chase Young

La star défensive de Ohio State était suspendue contre Maryland pour avoir emprunté de l’argent et permettre à sa petite amie de venir le voir jouer au Rose Bowl (victoire des Buckeyes 28-23 contre Washington) début janvier. Oh, le vilain, le vilain, le vilain. C’est très mal ce que tu as fait, Chase, très très mal. Pas bien du tout du tout du tout…

En tant qu’étudiant-athlète, la NCAA interdit formellement les dons d’argent, cadeaux, pinces de crabes gratuites, tatouages gratuits et toutes autres bricoles dont rêvent les jeunes de 18 à 21 ans. En outre, plutôt que de faire venir sa copine jusqu’à Pasadena depuis Columbus pour le voir jouer au ROSE BOWL !!!, il aurait pu juste lui refiler la montre à $200, le sac-à-dos à $100 ou n’importe quel cadeau de $500 son choix acheté aux frais du Rose Bowl… Mais non, il a préféré violé les règles de la NCAA et demander de l’argent à une tierce personne pour acheter un billet d’avion… De là à rentrer dans des considérations socio-racio-économiques et débattre du fait que la famille d’un joueur de FBS n’a pas les moyens de dépenser $500 dans un billet d’avion pour la Californie…

L’erreur pourrait coûter jusqu’à quatre matchs de suspension, ce qui ramènerait Chase Youg sur les terrains pour le B1G Championship (en admettant que les Buckeyes battent Penn State à Columbus le 23 novembre). L’université espère voir la suspension réduite à deux matchs, la sanction dans le cas où l’emprunt ne dépasse pas $500 et est totalement remboursé, ce qui semble être le cas. Cela précipiterait le retour de Chase Young juste à temps pour affronter les Nittany Lions.

Pas de temps à perdre

Contre Vanderbilt (56-0), Florida a marqué la moitié de ses points au troisième en moins de trois minutes secondes de possession de balle :

1. Passe de TD QB Kyle Trask pour WR Trevon Grimes : 1 jeu, 66 yards, 13 secondes
2. Passe de TD de Kyle Trask pour WR Kyle Pitts : 2 jeux, 51 yards, 27 secondes
3. TD sur fumble recouvert : 80 yards, 10 secondes
4. TD sur course de QB Emory Jones : 5 jeux, 79 yards, 124 secondes

We love Lovie

Qui aurait cru qu’Illinois serait éligible à la post-saison en 2019 ? Avec sa victoire à Michigan State (37-34), le Fighting Illini (6-4, 4-3) a validé son ticket pour un bowl de fin de saison.

Bon, avec la venue de Northwestern (1-8, 0-7) pour conclure la saison régulière, cela ne faisait plus guère de doute.

Mais la victoire à East Lansing n’en est pas moins belle : après être tombé loin derrière (3-28), Illinois a réalisé le plus gros retour (25 points) de son histoire, battant le précédent record de 20 points à Michigan en 1999 (35-29) et contre Rutgers en 2005 (33-30 OT).

Matchs poubelles

Comme chaque semaine, il y a quelques matchs qui ne méritaient pas l’attention de BoG au quatrième quart temps. Florilège, par ordre alphabétique :

Clemson a atomisé NC State (55-10) et montré au comité de sélection du College Football Playoff qu’il méritait mieux qu’une cinquième place au premier classement du CFP. C’est le cinquième titre de division (Atlantic) pour les Tigers, record de conférence ACC.

Florida a blanchi Vanderbilt (56-0) avec la meilleure performance d’un QB, Kyle Trask (25/37, 363 yards, 3 TD, 2 INT / 7 courses, 25 yards, 1 TD) depuis le dernier match de Tim « demi-dieu » Tebow et une redoutable efficacité au sol de son back-up QB Emory Jones (2/3 47 yards / 5 courses, 34 yards, 3 TD).

Notre Dame a écrasé Duke (38-7) grâce notamment jambes de QB Ian Book (18/32, 181 yards, 4 TD, 2 INT / 12 courses, 139 yards) qui a battu son record personnel de yards au sol.

Ole Miss a déroulé contre New Mexico State (41-3) en marquant ses cinq touchdowns au sol.  

Ohio State a pulvérisé Maryland (73-14) avec dix touchdowns, leur second plus gros total de l’ère AP et un 83-21 passé à Iowa en 1950.

Cuillère de bois

South Carolina s’est incliné à Columbia contre Appalachian State (15-20). Bien sûr, les Mountaineers (8-1, 4-1) sont la crème de la crème en Sun Belt et 25ème du dernier classement CFP mais tout de même…

Mais les Gamecocks sont en chute libre après leur surprenante victoire à Georgia (20-17 2OT). Ils ont été successivement battus par Florida (27-38) dans un match, il est vrai, qu’ils auraient pu gagner avec un peu de réussite, puis tapé à Tennessee (41-21). Une solide victoire contre Vanderbilt (24-7) a permis d’entretenir l’espoir d’une participation en post-saison mais ce revers à domicile contre App State enverra les Cocks (4-6, 3-4) en vacances fin novembre après leur match du week-end à Texas A&M (les Aggies sont favoris de 10.5 points) et leur final contre Clemson…

Tops

Un flambeau pour… LB Terrel Bernard (19 placages, 3 TFL, 1 sack) et ses 19 placages et son sack lors de la victoire de Baylor à TCU (29-23 3OT).

Un brasier pour… QB Jarren Williams (15/22, 253 yards, 6 TD / 7 courses, 23 yards) et ses six passes de TD, nouveau record de l’école, lors de la victoire de Miami contre Louisville (52-27).

Un feu d’artifice pour… RB Clyde Edwards-Helaire (20 courses, 103 yards, 3 TD / 9 réceptions, 77 yards, 1 TD) et ses quatre touchdowns contre Alabama. Aucun running back n’avait plus marqué trois touchdowns à une équipe coachée par Nick Saban (college ou NFL) depuis 1995 (Lawrence Phillips qui avait marqué à quatre reprises pour Nebraska contre Michigan State (10-50) lors de la première saison de Nick Saban avec les Spartans).

Flops

Un pétard mouillé pour… QB Brian Lewerke (19/36, 251 yards, 1 TD, 3 INT / 11 courses, 96 yards, 1 TD) et ses trois interceptions, dont une retournée pour touchdown, lors de la défaite de Michigan State contre Illinois (34-37).

Un seau d’eau pour… QB Max Duggan (14/32, 140 yards, 1 TD, 3 INT / 14 courses, 46 yards) et ses trois interceptions lors de la défaite de TCU contre Baylor (23-29 3OT), dont une sur le dernier jeu de la troisième prolongation.

Un naufrage titanesque pour… QB Sean Clifford (23/43, 340 yards, 1 TD, 3 INT / 10 courses, 39 yards) et ses trois interceptions lors de la défaite de Penn State à Minnesota (26-31), dont une dans la end-zone sur sa dernière passe du match qui aurait donné la victoire aux Nittany Lions et permis aux Nitts de rester invaincus.

Bons points et bonnet d’âne

Classement hebdomadaire des conférences P5 (Victoires – Défaites) basé sur les rencontres hors conférence :

1. SEC : 1V – 2D (Total : 36V – 12D)
2. ACC(*) : 0V – 1D (Total : 31V – 14D)
B1G : 0V – 0D (Total : 34V – 8D)
Big XII(**) : 0V – 0D (Total : 24V – 6D)
Pac-12 : 0V – 0D (Total : 24V – 11D)

(*) La rencontre hors-conférence entre Wake Forest et North Carolina (24-18) n’est pas comptabilisée.

(**) Il n’aura fallu que vingt-cinq chroniques pour que BoG réalise l’erreur : si « B1G > Big Ten » alors « Big XII > Big 12 ». Désolé, Bob Bowlsby…

Dernier carré

Et le playoff sera…

#1 LSU – #4 Alabama
#2 Ohio State – #3 Clemson

Comme LSU a gagné contre Alabama (46-41), les Tigers récupèrent la place de numéro 1 et devraient la conserver jusqu’au 8 décembre et le classement CFP final. BoG parie sur une victoire de Louisiana State contre Georgia en finale de SEC, qui donnerait deux défaites aux Dawgs et leur fermerait la porte du playoff.

Ohio State n’a plus que Penn State pour l’empêcher d’atteindre la finale de conférence B1G et on voit mal les Nittany Lions s’imposer à Columbus, Chase Young ou pas. Même une défaite à Michigan n’empêchera pas les Buckeyes d’accéder au playoff en cas de titre de conférence.

Clemson n’a personne sur sa route et a enfin atteint son rythme de croisière et montré sa vraie valeur.

Il reste donc une place à prendre. Pour le vainqueur de la Pac-12 ou de la Big XII ? Ou pour Alabama qui ne s’est incliné que de cinq points contre LSU avec un quarterback jouant sur une jambe et demi ? Pour autant que BoG déteste l’idée de deux équipes de la SEC au playoff, il faut être lucide…

Le classement du comité de sélection du CFP :

1. LSU (9-0)
2. Ohio State (9-0)
3. Clemson 10-0)
4. Georgia (8-1)
5. Alabama (8-1)
6. Oregon (8-1)
7. Utah (8-1)
8. Minnesota (9-0)
9. Penn State (8-1)
10. Oklahoma (8-1)

Blaze of Glory

Cette semaine, l’auréole de gloire revient à WR Rashod Bateman (7 réceptions, 203 yards, 1 TD) qui devient seulement le second joueur de Minnesota à réceptionner pour plus de 200 yards dans un match des Golden Gophers. Qui plus est, sa performance contre Penn State (31-26) établit un nouveau record pour un Gopher au TCF Bank Stadium et marque la première fois qu’un joueur de Minnesota réceptionne pour plus de 200 yards dans un match de B1G puisque l’autre performance à 200 yards est celle de WR Ryan Thelwell contre Ball State en 1996 avec 228 yards. 

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Blaze of Glory

The Blaze of Glory – Chapitre 26

Blaise Collin revient sur l’actualité de la semaine dans le monde du College Football et décerne sa « Blaze of Glory ».

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Vingt-sixième édition (2019 – Semaine 10) de cette chronique consacrée à l’actualité du College Football. Comme ce qui compte avant tout c’est que, d’après Kirby Smart, on essaie d’assassiner ses receveurs et son QB Jake Fromm, on va surtout se concentrer sur les conférences Power 5. Désolé Antonio Gibson (WR Memphis), mais les TD de 50 yards en réception, 97 yards en retour de kick-off et 78 yards à la course contre SMU (54-48), une première contre une équipe FBS depuis 2008, n’intéressent personne…

Grosse murge sur le parking derrière le stade

L’abus d’alcool étant dangereux pour la santé, on ne devrait plus surnommer Florida-Georgia (le match, pas la ligne) le « World’s Largest Outdoor Cocktail Party ».

Quoiqu’il en soit, ce sont les Bulldogs qui ont fait couler le champagne à l’issue de la rencontre (24-17). Kirby Smart était ravi de la prestation de ses jeunes receveurs et de son quarterback Jake Fromm (20/30, 279 yards, 2 TD) qu’il a encensés en sortant du terrain. Personne n’a vraiment compris « qui » essayait de les « assassiner »…

Quoiqu’il en soit, les Dawgs ont désormais remporté les trois derniers matchs de la rivalité, après avoir perdu les trois précédents.

Les Gators ont marqué leurs deux touchdowns dans les airs sur des services de QB Kyle Trask (21/33, 257 yards, 2 TD), ce qui n’a rien d’étonnant puisque Georgia est imperméable au sol : les Bulldogs sont la seule équipe FBS à ne pas avoir encore accordé de TD à la course.

Avec cette victoire, les Dawgs (7-1, 4-1) sont sur la voie royale pour atteindre la finale de conférence SEC et peuvent encore rêver du playoff. Missouri (5-3, 2-2), @Auburn (7-2, 4-2), Texas A&M (6-3, 3-2) et Georgia Tech (2-6) se dressent sur la route d’Atlanta pour Georgia. Si les Bulldogs font deux faux pas, les Gators (7-2, 4-2) devront faire un sans-faute contre Vanderbilt (2-6, 1-4), à Missouri (5-3, 2-2) et contre Florida State (4-5). A noter que Mizzou peut encore remporter la division puisque les Tigers affronteront Georgia et Florida.

Happy Valley

Penn State a reçu l’officialisation du dépôt de la marque « Happy Valley » après une année de validation de la demande par le bureau américain des brevets. L’université, nichée dans une vallée du centre de la Pennsylvanie connue sous le nom de « Happy Valley », pourra désormais protéger l’utilisation du surnom sur vêtements et autres pièces d’habillement.

Plus tôt cette année, Ohio State avait vu sa demande de brevet pour le fameux « The » rejeté par le même bureau.

L’info qui ne sert à rien

QB John Stephen Jones est le nouveau quarterback titulaire d’Arkansas (2-7, 0-6). Il est aussi le petit-fils de Jerry Jones, propriétaire des Dallas Cowboys et champion national en 1964 avec les Razorbacks.

Pour son premier match de titulaire, le freshman affrontera Western Kentucky (5-4). L’équipe de Conference USA est emmenée par QB Ty Storey, un ancien joueur d’Arkansas…

Un de chute

La saison des licenciements est arrivée et c’est Florida State qui a dégainé le premier en virant Willie Taggart moins de deux ans après son arrivée à Tallahassee.

Débauché d’Oregon après une seule petite année (7-5), Willie Taggart est revenu en Floride où il a redressé South Florida (2-10, 4-8, 8-5, 10-2) mais les Seminoles ne lui ont même pas laissé finir sa seconde saison. L’an passé, FSU a manqué la post-saison pour la première fois en 36 ans en terminant 5-7. Après les trois quarts de la saison 2019, Florida State (4-5, 3-4) est en danger de manquer un bowl pour la seconde année consécutive, ce qui n’est plus arrivé dans le Panhandle floridien depuis 1975-1976. Ce deuxième raté dans les années 70 correspond à la première année aux commandes de Bobby Bowden, qui a ensuite emmené les Seminoles au sommet avec deux titres nationaux (1993 et 1999), douze titres de conférences ACC (FSU était indépendant jusqu’en 1991) et une série de quatorze saisons consécutives à plus de dix victoires qui ont coïncident avec quatorze classements consécutifs dans le Top 5.

Après le départ à la retraite de Bobby Bowden, son assistant Jimbo Fisher a repris le flambeau et n’a pas déçu : un titre national (2013), trois titres de conférence ACC et six saisons à plus de dix victoires en huit ans. Parti à Texas A&M après une dernière saison décevante (5-6) terminée par Odell Haggins (2-0), Jimbo Fisher a laissé un gros vide à combler. Apparemment, la marche était trop haute pour Willie Taggart, en tout cas d’après son département athlétique.

Le Directeur Athlétique David Coburn a donc décidé de faire un chèque bien gras de 17 millions de dollars à son Head Coach pour faire de la place. En virant son HC avant même la fin de la saison, Florida State espère prendre un avantage sur la compétition et avoir son nouveau Messie en place avant la fin novembre et sur les routes du recrutement bien avant la période de signature des lycéens qui ouvre le 19 décembre.

Entre le portail de transfert qui autorise les joueurs à changer d’université comme bon leur semble et l’éviction des entraineurs avant même qu’ils aient eu le temps de recruter leurs propres joueurs, on est bel et bien entré dans l`ère du football universitaire de consommation. Les fans et riches anciens élèves de Florida State pensent sans doute que les Nick Saban et Dabo Swinney poussent sur les orangers…

L’info qui sert absolument à quelque chose

Tua Tagovailoa (QB Alabama) a été vu sur le terrain d’entrainement avec ses coéquipiers et a partagé les répétitions avec son backup Mac Jones.

Ce n’est certainement pas une bonne nouvelle pour les fans de LSU, à quelques jours du choc entre les deux dernières équipes invaincues de la SEC. L’autre mauvaise nouvelle pour les Tigers est le départ de l’équipe de Michael Divinity Jr, l’un des linebackers titulaires, pour raisons personnelles.

Matchs poubelles

Comme chaque semaine, il y a quelques matchs qui ne méritaient pas l’attention de BoG au quatrième quart temps. Florilège, par ordre alphabétique :

Boston College a surclassé Syracuse (58-27) avec près de 500 yards au sol dont presque la moitié pour RB AJ Dillon (35 courses, 242 yards, 3 TD).

Clemson a plié Wofford (59-14) et signé par là-même sa 24ème victoire de rang. 

Illinois a giflé Rutgers (38-10) en dominant la bataille des ballons perdus (3-0).

Indiana a éteint Northwestern (34-3) et remporté un 4ème match consécutif pour la première fois depuis 1993.

Kansas State a facilement disposé de Kansas (38-10) qui n’a pu stopper les jambes de QB Skylar Thompson (9/16, 129 yards / 17 courses, 127 yards, 3 TD). Les Wildcats ont remporté les onze dernières confrontations entre les deux rivaux, égalant le record de la série qu’ils détenaient déjà (1993-2003).

Michigan a fessé Maryland (38-7) en marquant notamment sur le coup d’envoi, un retour de kick-off de 97 yards gagnant par WR Gilles Jackson (1 réception, 4 yards).

Mississippi State a démoli Arkansas (54-24) avec un RB Kylin Hill (21 courses, 234 yards, 3 TD) étincelant.

Oregon a laminé USC (56-24) en ne produisant que 50 yards offensifs de plus que les Trojans (405-355). C’est la seconde plus large marge victorieuse pour les Ducks contre USC (34-0 en 1915) et le second plus grand nombre de points concédés par Southern California au Coliseum (Oregon 62-51 en 2012).

Texas A&M s’est promené contre UTSA (45-14) mais il a fallu une grosse performance de RB Isaiah Spiller (20 courses, 217 yards, 3 TD) pour ne pas laisser le doute s’installer dans la tête des Aggies après que les Roadrunners ont ouvert le score. Le coureur de TAMU a répondu du tac-au-tac par un touchdown de 60 yards sur le premier jeu après le kick-off.

Wake Forest a cartonné NC State (44-10) et renoué avec le succès grâce au retour de blessure de QB Jamie Newman (25/38, 287 yards, 3 TD / 11 courses, 30 yards, 2 TD).

Cuillère de bois

Northwestern (1-7, 0-6) s’est lourdement incliné à Indiana (3-34) et perdu, par la même occasion, un sixième match consécutif. La seule victoire des Wildcats, en Semaine 2, est contre UNLV (2-7, 0-5). La piètre prestation contre Stanford (7-17) en ouverture de la saison s’est avérée prémonitoire : le Cardinal n’est pas en grande posture en Pac-12 (4-4, 3-3) et, hormis lors de la victoire contre les Rebels (30-14), les Wildcats n’ont pas marqué plus de 15 points par match, avec notamment six matchs à dix points ou moins dont leurs quatre derniers. NW est d’ailleurs dernier de FBS avec 9.8 points par match, la seule équipe à moins de 10 points. C’est aussi le plus petit total par une équipe Power 5 depuis 2001. Avec de telles prestations offensives et déjà sept défaites dans la musette, les Wildcats sont officiellement hors-course pour la post-saison moins d’un an après avoir remporté la B1G West.

Tops

Un flambeau pour… TE Jack Freudenthal (4 réceptions, 16 yards, 3 TD) et ses trois touchdowns en quatre réceptions lors de la victoire de Wake Forest contre NC State (44-10).

Un brasier pour… DL Gregory Rousseau (8 placages, 5 TFL, 4 sacks) et ses quatre sacks lors de la victoire de Miami à Florida State (27-10).

Un feu d’artifice pour… DB Bryce Thompson (3 placages, 3 INT) et ses trois interceptions lors de la victoire de Tennessee contre UAB (30-7).

Flops

Un pétard mouillé pour… QB Max Duggan (21/39, 258 yards, 1 TD, 3 INT / 16 courses, 86 yards, 1 TD) et ses trois interceptions lors de la défaite de TCU à Oklahoma State (27-34).

Un seau d’eau pour… QB Jacob Eason (29/52, 316 yards, 4 TD, 2 INT) et ses deux interceptions et un fumble perdu lors de la défaite de Washington contre Utah (28-33).

Un naufrage titanesque pour… QB Kedon Slovis (32/57, 264 yards, 3 TD, 3 INT) et ses trois interceptions et un fumble perdu lors de la défaite de USC contre Oregon (24-56).

Bons points et bonnet d’âne

Classement hebdomadaire des conférences P5 (Victoires – Défaites) basé sur les rencontres hors conférence :

1. SEC : 2V – 0D (Total : 35V – 10D)
2. ACC(*) : 1V – 1D (Total : 31V – 13D)
B1G : 0V – 0D (Total : 34V – 8D)
Big 12 : 0V – 0D (Total : 24V – 6D)
Pac-12 : 0V – 0D (Total : 24V – 11D)

(*) La rencontre hors-conférence entre Wake Forest et North Carolina (24-18) n’est pas comptabilisée.

Dernier carré

Et le playoff sera…

#1 Ohio State – #4 LSU
#2 Alabama– #3 Clemson

Pour la première fois depuis 1996 les trois premières équipes du classement AP (LSU, Alabama et Ohio State) étaient toutes au repos le même week-end. Clemson affrontait l’ogre Wofford (59-14). Pas de quoi changer les pronostics mais le comité du College Football Playoff nous a fait l’honneur de son premier classement annuel qui déterminera fortement le classement final et les quatre heureux élus :

1. Ohio State (8-0)
2. LSU (8-0)
3. Alabama (8-0)
4. Penn State (8-0)
5. Clemson (8-0)
6. Georgia (7-1)
7. Oregon (8-1)
8. Utah (8-1)
9. Oklahoma (7-1)
10. Florida (7-2)

Comme vu précédemment (mais pour ça il faut lire BoG dans l’ordre !), Florida n’a que peu de chance d’atteindre le playoff. Oklahoma et le futur vainqueur d’Oregon-Utah auront besoin, quant à eux, d’un peu d’aide.

Le vainqueur d’Alabama – LSU prend une place. Si ledit vainqueur remporte la SEC, le perdant pourrait aussi gagner son ticket, si le match est serré. Si ledit vainqueur perd en finale SEC contre Georgia, les Dawgs seront dans le dernier carré mais la SEC pourrait tout de même prendre deux places, encore une fois si la finale est serrée. On n’ose imaginer un scénario à trois équipes SEC en playoff mais ça n’est pas théoriquement à exclure.

Scénario à peu près identique entre Ohio State et Penn State, en admettant déjà que les Nittany Lions ne perdent pas à Minnesota ce week-end et que les Buckeyes ne se plantent pas dans le fossé contre Maryland ou à Michigan. Si OSU bat PSU et remporte la B1G, les Bucks sont en playoff, même avec une courte défaite chez les Wolverines. Les Nitts peuvent aussi conserver leur place dans le Top 4 en perdant de peu à Columbus et si leurs vainqueurs finissent invaincus. Si Penn State gagne au Horseshoe et la B1G derrière, scénario identique mais inversé : Ohio State pourrait rester dans le Top 4 si leur défaite est serrée et si PSU ne perd pas à Minnesota ou contre Indiana. Dans les deux cas, un raté monumental contre un adversaire inférieur de la conférence pourrait pénaliser le champion de la B1G au profit de celui de la Big 12 ou Pac-12.

Clemson punche son ticket en restant invaincu en conférence ACC mais une défaite des Tigers avant la finale leur garantirait quasiment une élimination de la course au playoff, hormis scénario catastrophique pour le carré de tête. Il n’y a plus guère que Wake Forest (7-1, 3-1) qui peut mettre des bâtons dans les roux des Tigers mais le match de clôture à South Carolina (4-5) pourrait aussi constituer une surprise. A noter que si les Demon Deacons s’imposent à Clemson et ne perdent pas à Virginia Tech (5-3, 2-2) ce week-end, et contre Duke (4-4, 2-3) et à Syracuse (3-6, 0-5) ensuite, ils disputeraient la finale de conférence ACC au détriment de Clemson.

Si Alabama – LSU et Ohio State – Penn State sont tous deux très serrés et que les quatre équipes balaient le reste de leur compétition, on pourrait même concevoir un champion de conférence invaincu laissé sur le carreau (mais, ne rêvons pas, aucun membre du comité n’en aura le courage).

Bref, le mois de novembre va de toute façon se charger de mettre de l’ordre dans tout ce merdier, à commencer ce week-end avec :

Ohio State – Maryland
Alabama – LSU
Minnesota – Penn State
NC State – Clemson
Georgia – Missouri
Oklahoma – Iowa State
Florida – Vanderbilt

Blaze of Glory

Cette semaine, l’auréole de gloire revient à Chuba Hubbard (RB Oklahoma State). Contre TCU (34-27), le Canadien (20 courses, 223 yards, 2 TD) a rendu son quatrième match d’affilé à plus de 200 yards, ce qui n’avait plus été réalisé en conférence Big 12 depuis 1998 et Ricky Williams (Texas 1995-1998) et à Oklahoma State depuis 1988 et Barry Sanders (OK State 1986-1988). Les deux joueurs ont remporté le Trophée Heisman ces années-là. L’exploit est d’autant plus impressionnant que c’est la première fois qu’une équipe de TCU coachée par Gary Patterson, à Fort Worth depuis 2000, accorde plus de 200 yards au sol à un adversaire.

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Blaze of Glory

Blaze of Glory : Chapitre 25

Blaise Collin revient sur l’actualité de la semaine dans le monde du College Football et décerne sa « Blaze of Glory ».

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Vingt-cinquième édition (2019 – Semaine 9) de cette chronique consacrée à l’actualité du College Football. Comme ce qui compte avant tout c’est que PJ Fleck a officiellement invité College Game Day à Minneapolis pour la rencontre du 9 novembre entre Minnesota et Penn State, on va surtout se concentrer sur les conférences Power 5. Désolé UConn, mais la victoire contre UMass (56-35) qui met fin à une série de vingt-deux défaites consécutives contre des équipes FBS n’intéresse personne…

Pearl Harbor

Tous les fans de films de guerre ou amateurs d’histoire se souviennent de Pearl Harbor, ce bombardement d’un atoll américain du Pacifique par l’Empire du Japon pendant la Seconde Guerre Mondiale. C’était le 7 décembre 1941.

Quel rapport avec le College Football ? Deux semaines avant, les Minnesota Golden Gophers avaient conclu leur saison invaincus, remportant leurs huit matches, et avaient été sacrés champions nationaux. C’est la dernière fois que Minnesota a débuté (et dans ce cas terminé) une saison 8-0. Avant Pearl Harbor, donc.

La dernière fois, jusqu’au week-end dernier qui a vu les Gophers atteindre la marque de 8-0 après pulvérisation de Maryland (52-10). RB Rodney Smith (17 courses, 103 yards, 1 TD) en a profité pour s’emparer du record de nombre de « all-purpose » yards de l’université avec encore cinq matchs à jouer dans la saison.

Le 9 novembre, 8-0 Minnesota reçoit 8-0 Penn State au TCF Bank Stadium (les deux équipes sont au repos cette semaine). Ce sera la première fois depuis 1903 que les Golden Gophers à 8-0 recevront une équipe invaincue. Cette année-là, 8-0 Minnesota avait atomisé 4-0 Iowa (75-0) et terminé invaincu à 14-0-1.

Pour fêter l’événement, PJ Fleck, le Head Coach des Gophers, a profité de sa conférence de presse d’après match pour demander à College Game Day de venir poser son studio mobile à Minneapolis. Manque de bol pour le rongeur rameur, le 9 novembre est aussi la date à laquelle 8-0 LSU rend visite à 8-0 Alabama à Tuscaloosa (tous deux également au repos ce week-end).

Ce sera d’ailleurs la première fois dans l’ère AP que deux matchs opposants des adversaires à 8-0 se dérouleront le même jour. Mais ESPN choisira-t-il le match du siècle au détriment de l’expérience unique que représente ce duel au sommet de la B1G à « Twin Cities » ?

Considérant que les Gophers ont perdu vingt-trois matchs consécutifs à domicile contre des équipes du Top 10 (depuis une victoire sur Michigan 16-0 en 1977), qu’ils n’ont plus battu d’équipe du Top 25 à Minneapolis en étant eux-mêmes classés depuis 1961 (Purdue 10-7) et que Penn State a gagné cinq de leurs six dernières confrontations, il est probable que Rece Davis, Lee Corso, Kirk Herbstreit, Desmond Howard, Maria Taylor et David Pollack passent ce week-end du 9 novembre dans le Sud profond !

Calendrier SEC

Il y a quelques semaines, Nick Saban avait déclaré en conférence de presse d’après-match qu’Alabama était prêt à jouer n’importe qui, n’importe où et n’importe quand. Cela répondait à des critiques sur le calendrier un peu tendre du Crimson Tide qui, comme toutes les équipes de la SEC, ne joue que huit matchs de conférence, s’offre chaque année une semaine de repos contre une équipe FCS, et a parfois du mal à trouver des adversaires de taille qui acceptent de se frotter à eux.

Cette semaine, le directeur athlétique de Florida, Scott Stricklin, a adressé un message à tous ses collègues des conférences Power 5 sur Twitter pour leur demander de ne pas hésiter à le contacter s’ils souhaitent jouer un aller-retour contre les Gators lors des saisons à venir.

On en connait en Floride qui aimeraient bien en avoir l’opportunité mais ne sont pas P5 (kof kof, UCF, kof, kof) et d’autres qui remplissent les critères mais aimeraient probablement passer leur tour pour quelques années (kof, kof, FSU, kof kof).

Le cas Harbaugh

Une semaine après avoir encore été critiqué pour une nouvelle défaite contre une équipe du Top 10 (21-28 à Penn State), Jim Harbaugh a conduit Michigan à une destruction en règle de Notre Dame (45-14).

Autant dire que personne hors d’Ann Arbor n’a vu la claque arriver, et certainement pas les Fighting Irish qui avaient presque un boulevard vers le playoff avec la défaite surprise d’Oklahoma à Kansas State (41-48).

Jim Harbaugh a donc, pour quelques semaines, fait taire les critiques. Qui, en toute honnêteté n’avaient pas vraiment lieu d’être. Explication en chiffre :

Lors du départ à la retraite de Lloyd Carr (122-40, 5 titres de la B1G, 1 titre national) en 2007, Michigan a fait venir Rich Rodriguez dont le bilan entre 2008 et 2010 (3-9, 5-7, 7-6) n’a pas convaincu. Exit donc RR, et bienvenue à Brady Hoke qui, de 2011 à 2014 est allé à reculons : 11-2, 8-5, 7-6 et 5-7.

Cela n’a évidemment pas suffi et Michigan s’est alors tourné vers un enfant du pays, Jim Harbaugh, qui a servi de quarterback au légendaire coach des Wolverines, Bo Schembechler, joué quinze ans en NFL, mené les San Francisco 49ers au Super Bowl en 2012, et transformé Stanford en une vraie équipe de foot.

En quatre ans et demi, Jim Harbaugh a pour l’heure un bilan de 44-16 : 10-3, 10-3, 8-5, 10-3 et 6-2. On parle évidemment beaucoup du 2-10 contre des équipes du Top 10 mais moins du fait que treize des seize défaites l’ont été contre des équipes qui ont fini leurs saisons à plus de dix victoires, l’une est le surprenant revers à Iowa en 2018 (13-14) et les deux dernières sont en 2019 contre Wisconsin (35-14) et Penn State (28-21) qui devraient tous deux finir à plus de dix victoires.

La question est bien évidemment de savoir si UoM paie Jim Harbaugh 7.5 millions de dollars par an pour remporter dix matchs par saison en battant tous les adversaires inférieurs ou pour battre Ohio State et remporter des titres de B1G et nationaux. La réponse semble être la seconde option mais le fait est que ni Nick Saban ni Dabo Swinney ne vont venir coacher à Michigan et qu’aucun autre coach n’a un résumé à la hauteur de l’entraineur des Wolverines.

Bon, après, si USC ne veut vraiment pas d’Urban Meyer…

Geaux Tigers

Un qui a moins de problème avec les équipes du Top 10 récemment est Ed Orgeron qui a remporté sept de ses huit dernières confrontations avec LSU, y compris le face-à-face avec Auburn (23-20) qui n’a plus gagné à Baton Rouge depuis 1999 et essuyé dix revers de rang en Louisiane.

Louisiana State est la première équipe à remporter trois matchs contre des équipes du Top 10 lors des huit premiers matchs de la saison (45-38 à Texas, 42-28 contre Florida et 23-20 contre Auburn) mais la victoire contre les Longhorns compte-t-elle vraiment ?

Une classe à part

Les Tigers seront d’ailleurs contents d’être classés lorsqu’ils se rendront à Tuscaloosa le 9 novembre parce qu’Alabama a signé son quatre-vingt-neuvième succès de rang contre des équipes non-classées en écrabouillant Arkansas (48-7). Nick Saban était pourtant privé de son quarterback titulaire, Tua Tagovailoa (touché à la cheville en Semaine 8 contre Tennessee – 35-13), pour la première fois en treize ans à Alabama.

Côté négatif, en revanche, cette punition des Razorbacks a aussi marqué un nouveau record de la conférence SEC avec trente-et-un matchs consécutifs remportés à la maison par le Crimson Tide. A-t-on mentionné que le choc nucléaire entre LSU et Bama se jouera à Bryant-Denny Stadium ?

Les fans de Louisiana State prient tous les jours Saint Bernard (le saint patron de la Louisiane, pas le chien) pour que Tua Tagovailoa ne soit pas remis à temps pour la rencontre…

Le nouveau Harbaugh ?

Pour boucler la boucle, retour rapdie sur la piètre performance de Notre Dame à la Big House. Démontés par Michigan (14-45), les Fighting Irish n’ont rien eu de vraiment combatif.

Cette défaite élimine définitivement ND de la course au playoff, ce dont certains se réjouiront sûrement vu que la dernière sortie des Irish au playoff s’est soldée par une fessée administrée par Clemson en demi-finale l’an dernier (3-30). Pour être tout à fait juste, les Tigers ont aussi corrigé Alabama en finale (44-16) donc la lourde défaite contre le champion en titre est à relativiser.

Sauf que Notre Dame n’a pas exactement brillé lors de ses grands rendez-vous sous l’ère Brian Kelly : 14-42 contre Alabama en finale BCS en janvier 2013 et 28-44 contre Ohio State au Fiesta Bowl de janvier 2016.

Brian Kelly a un bilan de 65-36 depuis son arrivée à South Bend en 2010, ce qui inclut 3-4 en bowl. Si les Domers recrutent à l’échelle nationale plus que quiconque, ils ne voyagent, en revanche, pas très bien quand il s’agit du terrain : 4-13 contre des équipes classées loin de leurs bases depuis 2013 (juste après leur finale BCS) et 2-12 lorsque l’on réduit l’échantillon au Top 20.

Avec cette défaite contre les Wolverines, les Irish n’ont plus gagné à Ann Arbor depuis 2005, enregistrant leur cinquième défaite d’affilé dans le Michigan. Après remporté les confrontations en 2014 (31-0) et 2018 (24-17), ND laisse donc la couronne à UM en attendant que les deux rivaux recroisent le fer pour une double confrontation en 2033-2034. Deux nouveaux coaches seront alors à la tête des programmes historiques. Pour la petite histoire, Michigan mène la série 19-17-1.

Historique

Après avoir remporté quatre de ces cinq confrontations contre Penn State, Michigan State s’est incliné contre les Nittany Lions (7-28) à East Lansing. Avec les défaites à Ohio State (10-34) et à Wisconsin (0-38), c’est la première fois dans leur histoire que les Spartans perdent trois fois consécutivement par plus de vingt-et-un points.

Ni queue ni tête

L’étonnante statistique a déjà été mentionnée mais, après son succès à Iowa State (34-27), Oklahoma State a désormais un bilan de 6-3 contre des équipes du Top 25 et de 4-6 contre des équipes non-classées ces deux dernières années.

Les Cyclones, qui ont remporté le match à Stillwater l’an dernier (48-42), n’ont plus battu les Cowboys deux fois d’affilé depuis les saisons 2000 (33-26) et 2001 (28-14). OSU reprend, en revanche, la main dans la confrontation après leurs six succès de rang de 2011 à 2017.

Matchs poubelles

Comme chaque semaine, il y a quelques matchs qui ne méritaient pas l’attention de BoG au quatrième quart temps. Florilège, par ordre alphabétique :

Alabama a étrillé Arkansas (48-7) et QB Mac Jones (18/22, 235 yards, 3 TD) a parfaitement rempli son rôle de remplaçant de Tua Tagovailoa, laissé au repos pour soigner sa cheville. Le petit frère QB Taulia Tagovailoa (6/8, 45 yards) a aussi vu le terrain contre les Razorbacks.

Clemson a dynamité Boston College (59-7) avec un QB Trevor Lawrence (16/19, 275 yards, 3 TD / 8 courses, 42 yards) enfin redevenu lui-même (ou tout du moins la meilleure version de lui-même). Les trois touchdowns de RB Travis Etienne (16 courses, 109 yards, 3 TD / 3 réceptions, 33 yards) ont aussi bien aidé.

Minnesota a exterminé Maryland (52-10) pour mener sa barque au port des invaincus après neuf semaines de compétition. Les Terps, eux, s’enfoncent toutes les semaines un peu plus dans les bas-fonds après avoir tutoyé les cieux en Semaine 2 (Syracuse 63-20).

Ohio state a fessé Wisconsin (38-7) en chipant deux fumbles à QB Jack Coan (10/17, 108 yards, 1 TD) et en limitant RB Jonathan Taylor (20 courses, 52 yards) à 2.6 yards par courses. Les Buckeyes ont remporté leurs sept derniers matchs contre les Badgers.

Utah a blanchi California (35-0) en ne laissant que quatre-vingt-trois yards offensifs aux Golden Bears. RB Zach Moss (17 courses, 115 yards, 2 TD / 3 réceptions, 89 yards) n’en finit plus de battre les records d’école : une semaine après s’être adjugé celui du nombre de yards au sol en carrière, il a ajouté le nombre de TD à la course (33) et signé son quinzième match à plus de cent yards au sol.

Cuillère de bois

Ennemis sur le terrain mais main dans la main pour partager le bonnet d’âne de la semaine, Oklahoma et Texas ne se sont pas vraiment illustrés ce weekend.

Oklahoma s’est fait surprendre par Kansas State (41-48) en confirmant l’adage que « on a une défense jusqu’à ce qu’on ait plus de défense ». Les Sooners n’avaient plus perdu à Manhattan depuis 1996 et avaient gagné treize des seize derniers matchs contre les Wildcats.

Mais après avoir montré des progrès en défense, OU a totalement craqué contre KSU qui a marqué son plus haut total de points contre une équipe du Top 10 de l’ère AP.  C’est aussi le plus haut total de points concédés par Oklahoma contre un adversaire non-classé dans la même période. Les bourreaux du jour signent leur premier succès contre un Top 5 depuis 2006.

De l’autre côté de la Red River, Texas s’est incliné contre TCU (27-37) en étant classé dans le Top 15 pour la première fois depuis 1961. Les Longhorns, qui ont failli perdre à domicile contre Kansas (50-48) la semaine passée, ont la pire défense de leur histoire (117ème sur 130) et doivent encore affronter les 14ème (Baylor), 15ème (Iowa State) et 17ème (Texas Tech) attaques du pays.

Tops

Un flambeau pour… TE Pat Freiermuth (5 réceptions, 60 yards, 3 TD) et ses trois touchdowns lors de la victoire de Penn State à Michigan State (28-7). Ça n’est pas tous les jours qu’on voit un tight end marquer autant.

Un brasier pour… RB Joshua Kelley (34 courses, 164 yards, 4 TD) et ses quatre touchdowns lors de la victoire de UCLA contre Arizona State (42-32).

Un feu d’artifice pour… DE Chase Young (6 placages, 5 TFL, 4 sacks) et ses quatre sacks (record de l’école) et deux fumbles forcés lors de la victoire d’Ohio State contre Wisconsin (38-7).

Flops

Un pétard mouillé pour… QB Nick Starkel (5/19, 58 yards, 3 INT) et ses trois interceptions lors de la défaite d’Arkansas à Alabama (7-48).

Un seau d’eau pour… QB Sam Ehlinger (22/48, 321 yards, 2 TD, 4 INT / 9 courses, 43 yards) et ses quatre interceptions lors de la défaite de Texas à TCU (27-37).

Un naufrage titanesque pour… QB Brock Purdy (39/62, 382 yards, 1 TD, 3 INT) et ses trois interceptions au cours des quatre derniers drives (dont une retournée pour TD) lors de la défaite d’Iowa State contre Oklahoma State (27-34).

Bons points et bonnet d’âne

Classement hebdomadaire des conférences P5 (Victoires – Défaites) basé sur les rencontres hors conférence :

1. B1G : 2V – 0D (Total : 34V – 8D)
Big 12 : 0V – 0D (Total : 24V – 6D)
SEC : 0V – 0D (Total : 33V – 10D)
ACC(*) : 0V – 0D (Total : 30V – 12D)
Pac-12 : 0V – 0D (Total : 24V – 11D)

(*) La rencontre hors-conférence entre Wake Forest et North Carolina (24-18) n’est pas comptabilisée.

Dernier carré

Et le playoff sera…

#1 Alabama – #4 Clemson
#2 Ohio State– #3 LSU

Oklahoma (à Kansas State 41-48) et Notre Dame (à Michigan 14-45) nous ayant offert de bien jolies prestations ce week-end, BoG les exclut tous deux officiellement de la course au playoff. Bien sûr, les Sooners peuvent toujours remporter la Big 12 et postuler à une place dans le dernier carré en tant que champion de conférence à 13-1 mais à la place que qui ? Le champion en titre Clemson ? La machine de guerre Alabama ? Une équipe d’Ohio State qui joue mieux sans l’un des tous meilleurs entraineurs de l’histoire du College Football ? Les Bayou Bengals qui détruisent tout sur leur passage ?

Bon, encore une fois, l’équation est simple : Clemson n’a personne sur la route de 13-0 et un n-ième titre de conférence ACC. Le vainqueur d’Alabama-LSU sera 13-0 et champion SEC. Le perdant aura une courte défaite contre le vainqueur invaincu de la SEC. Ohio State sera invaincu en B1G et si, par miracle Penn State s’impose fin novembre à Columbus, les Nittany Lions seront champions invaincus de conférence. Quelle place cela laisse-t-il à Oklahoma ou Oregon (qui a eu le courage de jouer et dominer Auburn mais a fini par perdre le match, à l’inverse de LSU).

Évidemment, si Oklahoma peut perdre à Kansas State, Alabama peut perdre à Auburn, LSU peut être surpris par Texas A&M, Ohio State peut se faire surprendre par Michigan (ou pas…) et Clemson… bon, il ne faut pas pousser BoG dans les orties, non plus, Clemson ne perdra ni contre Wake Forest à la maison, ni à South Carolina, ni contre Dieu sait quelle équipe remportera l’ACC Coastal.

Et n’oublions pas que Florida et Georgia n’ont pas encore dit leur dernier mot et si l’une des deux équipes de la SEC East remporte la conférence, elle validera son ticket pour le playoff. Le perdant de la finale (probablement LSU ou Bama) sera probablement aussi du voyage à moins d’une sortie de route d’ici-là.

Bref, Big 12 et Pac-12, merci d’avoir participé mais maintenant passez votre chemin, il n’y a plus rien à voir pour vous !

Blaze of Glory

Cette semaine, l’auréole de gloire revient à JK Dobbins (RB Ohio State) qui, avec sa performance (20 courses, 163 yards, 2 TD / 3 réceptions, 58 yards) contre Wisconsin (38-7), devient le premier Buckeye à courir pour plus de mille yards lors de ses saisons de freshman (1403), sophomore (1053) et junior (1110).

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